La Nation Bénin...
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Les gagnants des lots de la Tranche commune, entente 2017 sont connus depuis la nuit du vendredi 28 juillet dernier, au cours d’une soirée de gala organisée à Cotonou. Dame chance a diversement souri à chacun d’eux, tout en les faisant entrer dans la grande famille des millionnaires de la sous-région.
Le Burkinabè Lassane Nagoulma est l'heureux gagnant du gros lot de la Tranche commune entente 2017 dont le tirage a eu lieu, vendredi 28 juillet dernier au palais des Congrès de Cotonou. Dix millions de francs Cfa ont été empochés par ce jeune citoyen du pays des hommes intègres, venu à Cotonou à l’instar des autres gagnants pour tirer le lot qui devait lui revenir. Emotion à peine contenue, le gagnant qui ne réalisait pas encore dans les minutes qui ont suivi sa prouesse, ce qui lui arrivait n’avait que des mots de remerciements à Dieu. Avec 10 millions empochés, l’homme retourne chez lui, heureux d’avoir bénéficié de cette cagnotte rendue possible par la volonté communautaire d’offrir des lots importants aux citoyens des pays du Conseil de l’entente.
Un peu moins chanceux que lui, le Béninois Antoine Honvou a aussi des raisons de célébrer sa joie. Le Béninois s’est adjugé, lui, le deuxième plus gros lot du tirage, c’est-à-dire cinq millions de francs, à la satisfaction et à la joie des acteurs de la Loterie nationale du Bénin (Lnb) avec à leur tête, son directeur général Gaston Zossou.
Pour le Bénin, le Togo, le Burkina Faso, le Niger, la Côte d’Ivoire, ils étaient au total quinze gagnants pour une cagnotte de 35 millions F Cfa. Hormis ces deux heureux, les autres gagnants se sont partagé le reste qui, pour un million, qui pour 1,5 million, qui pour 4 millions… Ceci, dans une ambiance de fête et de gaieté assurée par des artistes comme Sèssimè du Bénin et King Mensah du Togo.
« Des millions comme s’il en pleuvait », a caricaturé le directeur général de la Lnb, Gaston Zossou, pour exprimer la joie de ses pairs et lui, de faire autant d’heureux gagnants en une seule soirée, dans cinq pays à la fois. « Les dieux de la chance sont descendus des cieux pour faire des heureux dans plusieurs maisons », soutient-il.
La tranche se porte à merveille
Ce tirage né de la volonté des chefs d’Etat et de Gouvernement du Conseil de l’Entente de voir leurs populations respectives contribuer aux efforts de développement dans l’un ou l’autre pays en est à sa vingt-troisième édition abritée par le Bénin, a permis d’inaugurer un centre de jeunes dans la localité de Mèdédjonou, non loin de Porto Novo. « La tranche se porte à merveille et contribue au grand bien des populations qui en récoltent les fruits », salue le représentant du ministre de l’Economie et des Finances, Joël Zodjihoué à l’occasion du tirage. « Un jeu d’excellence », selon lui, qui a le mérite de renforcer l’intégration sous régionale à travers le financement volontaire d’infrastructures sociocommunautaires. « Travailler humblement et ensemble » pour le bien-être de tous, tel est le leitmotiv du directeur général de la Lnb, Gaston Zossou qui, au cours de cette même soirée, a passé le maillet de la Tranche commune entente au directeur général de la Loterie nationale du Burkina (Lonab), Touwinde Simon Tarnagda. C’est lui qui tient désormais les rênes de cette instance sous-régionale. Il lui reviendra également la charge d’organiser le vingt-quatrième tirage prévu en 2018 au Burkina Faso. « J’ai couru ma session du relais… Merci de poursuivre l’œuvre », lui a lancé son prédécesseur, Gaston Zossou. L’ensemble des activités de la soirée s’est déroulé sous la supervision de Me Janvier Dossou Gbété, huissier de justice.
Société 31 juil. 2017

Un an après sa prise de fonction, le préfet de l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah, montre toute sa capacité à assumer la mission de représentant du chef de l’Etat dans le département. Tôt, sa volonté à instaurer la cohésion au sein de l’administration départementale et à ne point désarmer face aux divers problèmes des populations des neuf communes dont elle assure la tutelle, a conquis ceux qui se montraient bien sceptiques à son avènement.
L’intérieur du bureau en dit long sur le caractère de celle qui y travaille. Avec ses mobiliers en ordre, ses dossiers bien rangés sur la table, il séduit le visiteur qui éprouve dès lors l’envie de s’asseoir avec confiance pour écouter la maîtresse de céans : Déré Lydie Chabi Nah, 38 ans. A l’aise dans son boubou aux couleurs vives fleuries, cette native de la commune de Kérou, est tout un symbole. Préfet de l’Atacora, celle qui officiait, il y a peu de temps, comme assistante de son prédécesseur a tôt imprimé sa marque au pouvoir de commandement. Prenant de court ceux qui demeuraient sceptiques quant à sa capacité réelle à faire face à la mission à elle dévolue. « Telle une mère de famille qui sait gérer les divergences et les contradictions, elle a su instaurer au sein de l’administration préfectorale une bonne ambiance. Elle se bat beaucoup et sa présence sur tous les fronts le montre. Je dirai sans abuser des mots que c’est un administrateur civil au vrai sens du terme », témoigne Nestor N’tcha M’po, chef service Affaires générales de la Préfecture de Natitingou. Dans la Cité des Nanto, vieux et jeunes, hommes et femmes sont tous unanimes : sans le dynamisme et l’engagement de Déré Lydie Chabi Nah, nombre de situations auraient vicié l’entente entre les diverses communautés vivant dans le département de l’Atacora.
Check Nourou Dine Mouhamed Sanni, imam central de la commune de Natitingou, se rappelle de toute la diplomatie dont a usé le préfet pour aider au retour de la paix au sein de la communauté musulmane secouée par une crise de succession sans précédent.
Outre la gestion de la crise de l’imamat à Natitingou et des questions liées à la sorcellerie dans la commune de Ouassa-Péhunco, elle s’est distinguée par la conduite de l’opération de déguerpissement des espaces publics dans la commune de Natitingou, la lutte contre l’alcool frelaté dans le département, le combat contre les grossesses précoces en milieu scolaire et d’apprentissage, les actes de légalité au profit des collectivités locales et l’assistance-conseil, le suivi et la mise en œuvre des actions du Gouvernement, égrène le chef service des Affaires générales pour montrer toutes les actions à mettre à son profit. S’il y a lieu de considérer également celles dont bénéficient les agents de la Préfecture, Nestor N’tcha M’po cite le paiement d’arriérés de primes de carburant, l’amélioration des conditions de travail au niveau de différents services, les travaux de rénovation de bâtiments et la construction d’un nouveau parking. Des initiatives qui n’ont pas été prises sans l’avis des agents à travers leurs représentants au Comité de direction.
« Je trouve qu’elle est brave. Elle donne plus qu’on en attend d’elle. La manière dont elle a conduit l’opération de libération des espaces publics dans la ville de Natitingou est à saluer », apprécie son prédécesseur, Gervais N’Dah Sékou. Celui-là même qui lui a mis le pied à l’étrier et qu’elle appelle affectueusement ‘’papa’’.
Loin de s’attribuer ces faits d’arme, Déré Lydie Chabi Nah, en toute modestie, rend hommage à ses collaborateurs dont elle se dit très proche et sans qui « ses actions n’auraient pas aujourd’hui leur impact ». Mieux, confie-t-elle, du haut de son bureau, « Aucune de mes décisions n’est prise sans les conseils avisés de mes collaborateurs ». A l’écoute de ces derniers dont elle salue le professionnalisme, elle ne transige pas sur les principes de l’administration et attache du prix au sens du devoir et au service. Ceci dans l’intérêt des usagers de l’administration publique.
Femme battante
Stagiaire à ses débuts à la préfecture de Natitingou, celle qui a perdu ses parents, dès les classes du cours primaire, a vite gravi les échelons au sein de l’administration publique, révélant ses capacités à transcender les écueils et difficultés qui s’érigent sur son parcours.
Un parcours qu’elle n’aurait pas connu sans l’aide de ses tuteurs et de sa volonté caractérielle à s’en sortir. Dans l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah a très tôt pris conscience du fléau de l’illettrisme et de la déscolarisation, sources de sous-développement. Par ignorance, manque de ressources financières ou du fait des pratiques coutumières (excision, mariage forcé et précoce…) et des préjugés sexistes, rares sont les parents qui envoient leurs enfants à l’école et les y maintiennent. Pis, les grossesses précoces assombrissent l’avenir des jeunes filles. Plus nombreuses, mais aussi plus marginalisées, les jeunes filles ont un destin de femme tout tracé : aider leur mère dans les tâches domestiques, attendre qu’on leur trouve un mari et faire à leur tour des enfants. Ce qui renforce le cercle vicieux de la pauvreté.
1485 cas de grossesses précoces ont été enregistrés dans les collèges de l’Atacora entre 2013 et 2016. Pour celle qui, ayant été à l’école en connaît les bienfaits, il faut inverser la tendance. D’où son engagement à éradiquer les grossesses en milieu scolaire d’ici l’an 2020, avec l’appui d’institutions internationales telles que Unfpa et Plan International. Le péril des grossesses précoces en milieu scolaire est à réprimer par toutes les voies et moyens, admet-elle.
En véritable amazone de la lutte contre les grossesses précoces, elle répand partout la bonne nouvelle de la réussite des filles à l’école et démontre aux communautés la nécessité d’envoyer les enfants et, surtout les filles, à l’école. En même temps, elle ne marchande pas sa disponibilité à prendre part à toutes les initiatives allant dans ce sens. Présentée comme un modèle de réussite dans le département elle écume les collèges et lycées des neuf communes du département pour appeler les jeunes filles à résister à la sirène des hommes et rappelle aux potentiels auteurs de grossesses précoces les textes de lois qui réprimandent leurs actes.
« Le phénomène non seulement réduit de façon drastique le nombre de filles dans les collèges et lycées avant la classe de terminale, mais surtout donne d’argument à certains parents à ne plus envoyer leurs filles à l’école, parce que pour eux, la finalité c’est leur ramener une grossesse », estime-t-elle.
Si pour nombre d’observateurs, l’engagement du préfet constitue une arme pour contraindre les indélicats à se ranger, ils adoubent cette responsabilité sociale qu’elle porte en plus de ses charges administratives. « Il fallait un engagement fort pour faire face à certaines réalités dont les grossesses précoces en milieu scolaire et la non déclaration des naissances. Et l’autorité de tutelle l’incarne à merveille dans l’Atacora à travers ses prises de position et décisions », constate Roger Bakary, directeur de l’Unité de programme Nord de Plan International Bénin.
Une sensibilité qui ne surprend d’ailleurs pas Gervais N’dah Sékou. « J’avais fait d’elle une spécialiste des cas sociaux. Lorsqu’il y avait un cas social, elle le gérait à la perfection », se rappelle-t-il, fier d’elle.
De nature tempérée et assez joviale, cette jeune dame, au teint bronzé et aux yeux pétillants derrière ses verres clairs, fait montre d’une simplicité qui contraste avec sa rigueur quand il s’agit de travailler. Des principes que prennent en compte ses collaborateurs qui n’entendent nullement s’attirer sa foudre.
Administrateur civil sortie en 2012 de l’École nationale d’Administration et de Magistrature (Enam) de Ouagadougou au Burkina-Faso après une maîtrise en Droit privé à la Faculté de droit et de sciences politiques (Fadesp) de l’Université d’Abomey-Calavi, elle assume avec dévouement sa mission sous l’égide du chef de l’Etat à qui elle témoigne toute sa reconnaissance. Lui qui, selon elle, affiche sa vision de voir les populations de l’Atacora s’épanouir à travers le Programme d’action du Gouvernement. Elle en veut pour preuves les efforts déployés par le Gouvernement tant en moyens matériels qu’en stratégies d’intervention des forces de sécurité publique pour faire face à l’insécurité grandissante dans le département, les travaux de bitumage de la route nationale Inter-Etats Natitingou-Boukombé-Korentière et la relance du projet de micro-crédits aux plus pauvres Nouvelle-génération.
Et croit au renouveau de la région de l’Atacora avec les différents projets du Pag dont les plus importants demeurent le développement du secteur touristique, le projet d’asphaltage des rues de certaines communes. En digne défenseuse de son terroir elle n’est pas prête à baisser les bras face aux enjeux de développement de l’Atacora et se félicite de cette ambitieuse vision du président de la République, Patrice Talon à changer le visage du département.

La destitution du maire de Ouidah, Sévérin Adjovi, les enjeux de sa succession ainsi que la supposée implication du chef de l’Etat dans une telle entreprise sont entre autres préoccupations abordées à travers cet entretien avec le professeur Roger Gbégnonvi, ancien ministre et membre du Conseil des sept (C7), conseil de notables de la cité historique de Kpassè.
La Nation : Vous faites partie de ceux qui ont mené la fronde ayant conduit à la destitution du maire Sévérin Adjovi. Quelles sont les motivations d’une telle épreuve de force ?
Roger Gbégnonvi : Le véritable meneur, c’est une meneuse, si le mot pouvait exister. Elle s’appelle Mme Célestine Adjanonhoun, membre du conseil communal de Ouidah. C’est elle qui, la première, s’est dit qu’il n’est pas possible que la ville de Ouidah soit abandonnée dans cet état par le maire qui l’aura dirigée pendant neuf ans d’affilée. Et c’est vrai que l’état de ruine de Ouidah est manifeste ; ça crève l’œil. Elle a été donc la première à donner de la voix au sein du conseil en faisant remarquer tout ce qui ne va pas. En justifiant ses remarques, elle a beaucoup écrit ; elle a fait beaucoup de déclarations. Et des jeunes conduits par Clergé Gomez ont pris la relève. Les gens de mon acabit ne sont venus qu’après. Et il faut comprendre ce retard de notre part à réagir et à aider les jeunes. Ouidah est une ville traditionnelle et traditionnaliste et quand on a mon âge, on coïncide fatalement avec ce milieu qui vous a fait naître et qui vous a vu grandir. On ne conteste pas l’autorité pour un oui ou un non. L’autorité c’est l’autorité. Il n’a pas été nommé chef par le fâ, mais ça y ressemble un peu. C’est le chef de famille, on le respecte. Il fait mal, on murmure. Et donc nous nous contentions de murmurer jusqu’au jour où nous nous sommes décidés à soutenir Mme Célestine Adjanonhoun et tous ces jeunes qui se battent tout seuls. C’est ainsi qu’on a fini par me voir. Mais je n’étais pas seul ; il y avait deux ou trois personnes le jour où on a fait le plus de bruits et quelques autres qui étaient plus âgées que moi, mais vu les fonctions que j’ai occupées dans ce pays, j’ai été mis en vedette.
C’est certes un mouvement qui est né à la suite de nombreuses dénonciations, mais d’aucuns disent qu’il y a des mains tapies derrière tout ceci….
Je ne pense pas qu’il y ait la moindre main tapie derrière ou s’il y en a. Nous, les notables réunis au sein du C7, Conseil des sept, au mois de juin 2016, lorsque nous avons appris que Ouidah perdait définitivement son titre de chef-lieu de département qu’il n’a jamais été mais qu’il espérait avoir à la place d’Allada, nous nous sommes dit : c’est foutu. Tout s’en va.
Nous qui avons un certain âge, nous savons que Ouidah était la cathédrale, c’est là que tous les prêtres étaient ordonnés ; la cathédrale nous a quittés pour se retrouver à Cotonou. Tout nous quitte et voilà que la capitale du département allant à Allada, c’est toutes les administrations qui vont partir ou qui ne s’installeront pas à Ouidah.
Ouidah étant déjà en ruine, jusqu’où s’arrêtera sa ruine ? Nous nous sommes réunis et notre premier acte a été d’écrire au chef de l’Etat pour lui demander de faire quelque chose pour la ville de Ouidah. Le deuxième acte a été d’adresser au maire un mémorandum qui fait état des problèmes qui se posent à la ville de Ouidah et qui ne dépendent pas de l’autorité centrale, avec la demande de rencontrer tout le conseil communal. Requête à laquelle le maire a accédé en nous recevant très vite avec le conseil communal. Nous avons présenté en long et en large avec le sourire et la plus grande politesse tout ce qui ne va pas. Mais les réponses verbales qu’il nous a données nous ont paru bizarres. Par exemple, lorsque nous avons souligné la saleté de la ville, il nous a répondu pour s’excuser que les véhicules de la voirie étaient en panne. Il nous a fallu beaucoup de patience, beaucoup de respect pour ne pas lui jeter au visage que nous avons tous une voiture qui tombe en panne et que, s’il faut continuer à nous en servir, il faut bien la faire réparer. Ceci nous a révoltés. Bref, il y a plein d’autres faits tels que des dossiers de malversation de son jeune frère aujourd’hui en prison, pour environ 130 millions de francs Cfa détournés sur le dos des morts, c’est-à-dire au cimetière ; l’achat d’une voiture de luxe de fonction à 38 millions de francs Cfa au moment où la commune n’aurait pas quelques centaines de milliers de francs Cfa pour sa propreté. C’est quand même curieux !
Le maire aurait pu saisir la perche que nous lui avons tendue au lieu de nous raconter à nous qui avions fait quelques années d’études des inepties pour justifier son incapacité à faire face aux problèmes de la commune.
La correspondance adressée par le C7 au chef de l’Etat a-t-elle été un déclic pour mettre en branle la machine de destitution du maire Sévérin Adjovi ?
La correspondance qui a servi de déclic est celle que nous avons adressée au maire. La petite correspondance que nous avons adressée au chef de l’Etat tient en une page et demie. La seule chose que nous avons demandée au chef de l’Etat c’est de faire à notre ville un statut administratif particulier. Tandis que celle, lourde et longue, adressée au maire compte quatre pages.
Mais je vois là où vous voulez en venir. Dans tout ce qui se passe, surtout dans la déstabilisation des maires de certaines communes, on voit la main invisible du chef de l’Etat ; je viens de vous dire qu’en ce qui me concerne, membre et porte-parole du C7, je n’ai vu nulle part la main du chef de l’Etat.
Maintenant, je vous confesse que personnellement et avec d’autres membres du C7, nous avons souhaité que le chef de l’Etat intervienne pour nous aider à destituer le maire. En faisant quoi ? Je ne sais pas. Nous l’avons souhaité, mais nous n’avons pas eu l’occasion de lui écrire ni de lui parler dans ce sens. Mais nous l’avons souhaité. Et s’il l’avait fait nous serions très heureux. Sinon, je vous dis, honnêtement et franchement que de façon visible, tout ce qui s’est passé jusqu’à la destitution du maire Sévérin Adjovi, c’est nous qui l’avons fait.
Y-a-t-il derrière tout ça une main invisible ? Je ne sais pas. Je viens de vous décrire le processus qui nous a conduits à sa destitution. C’est un processus tout à fait normal dans lequel vous chercherez en vain une main invisible.Toutes les mains dans cette affaire ont été visibles et c’était les nôtres. Celle de Mme Adjanonhoun, des jeunes ; ensuite ils ont été douze pour demander sa destitution, il a manqué le 13e apôtre. Et pendant cinq mois nous avons tous eu peur qu’il n’y ait des défections dans leur rang, puisque c’est l’argent qui parle. La peur de voir le maire en débaucher parmi eux était grande, mais les douze ont tenu bon au point de trouver le treizième apôtre. Et mieux, ils se sont retrouvés à quinze au finish sur les dix-neuf conseillers pour le destituer.
Tout ceci s’est passé dans la même mouvance que les velléités de destitution observées dans certaines communes ces derniers temps. Est-ce une coïncidence ?
Nous à Ouidah, nous n’avons pas fait du suivisme. Nous n’avons pas regardé les autres destituer leur maire pour nous décider à le faire également. Ça fait neuf ans que l’ancien maire dirigeait d’affilée cette ville. La seule chose qu’il ait faite c’est la mairie qui, extérieurement, est belle et qui donne une certaine allure à Ouidah, vue de l’extérieur. A l’intérieur, c’est autre chose. J’y suis entré à plusieurs reprises. En dehors de son bureau qui fait présidentiel, tous les autres bureaux commencent déjà à s’effriter. Il a laissé croire qu’il avait construit cette ‘’belle’’ mairie avec l’argent de la commune et son propre argent. Ce qui l’autorisait à mettre une grande photo de lui contre le mur d’entrée comme s’il était le président non pas de la République mais de Ouidah. Un président à vie. C’était un mensonge. C’est les fonds Fadec qui ont servi à la construction de ces bâtiments. L’administration centrale l’a obligé à enlever la photo et à faire mention des fonds Fadec comme source de financement. Le maire Sévérin Adjovi se comportait dans la ville comme un président de la République et se faisait appeler même ‘’président-maire’’ et se déplaçait avec sirène. Il a fallu mon collègue de la Décentralisation d’alors, Issa Démolé Moko, pour le rappeler à l’ordre. En plus de tous ces faits, les populations ont fini par comprendre que leur maire n’en voulait que pour son prestige et ses intérêts. Il a oublié le développement de la ville.
Dans cette ville qui se meurt il n’y a rien qui puisse attirer les étrangers. Or, Ouidah a besoin de l’argent des gens de Cotonou, de Porto-Novo et de Parakou qui viendront y voir quelque chose, y séjourner quelques jours et dépenser leur argent. Ouidah a besoin de sa diaspora qui est nombreuse. Ouidah a besoin d’une grande communauté de vie et de collaboration avec les noirs des Etats-Unis qui sont tous passés par ici. Et le dernier bateau dont ils ont souvenir là-bas s’appelle ‘’Ouidah’’. Et donc, ils ont envie de retourner aux sources. Il faut quelque chose pour les attirer et les retenir ensuite mais rien de tel à Ouidah.
Etre maire, c’est avoir de la vision. Notre maire n’en avait pas. Nous espérons que celui ou celle qui va le remplacer va avoir une vision et une prévision. Sinon, ce qui vient de se passer risque de se répéter mais on n’attendra plus neuf ans pour déloger le maire qui fait reculer la ville au lieu de la faire progresser.
De votre position de notable, comment pourriez-vous influencer le vote pour l’élection du prochain maire ?
Nous n’avons aucune capacité à influencer l’élection du prochain maire parce que n’étant pas du conseil communal. Tout ce qu’on peut bien faire, c’est de parler aux candidats. Aujourd’hui, il y a une lutte pour le pouvoir, mais il nous faut leur rappeler que l’intérêt de la commune, c’est le développement et il faudra se battre pour relever ce défi. De l’extérieur, nous les aurons à l’œil et ferons pression pour leur rappeler l’état de la commune et les griefs qu’on avait contre l’ancien maire.
Le Programme d’action du Gouvernement semble faire la part belle à la commune de Ouidah fort de son statut de ville historique. Etes-vous optimiste quant au décollage de la commune sous le prisme des investissements attendus de ce programme ?
C’est là que nous attendons le chef de l’Etat, non pas comme une main invisible, mais comme main visible (Rires).
Jusqu’à présent, Ouidah a plus perdu plus qu’il n’a gagné de l’élection de Patrice Talon, son fils. Nous avons perdu des titres, des services, etc…
Ouidah ne peut plus se permettre d’être orgueilleux, vu tout ce qu’on lui a enlevé, mais il nous reste la mer et cette réputation historique de cité esclavagiste qui n’est pas nécessairement heureuse. Cependant, on peut bâtir quelque chose de positif sur une réputation qui n’est pas bonne et là c’est le Pag qui est en charge. Nous espérons que ce que nous n’avons pas pu obtenir en arrachant ou en gardant le statut de chef-lieu, nous l’obtiendrons parce que Ouidah reste, en dépit de tout, une ville historique et touristique que le Pag nous aidera à reconstruire. Des atouts que n’a pas la ville d’Allada.

Les résultats des examens de fin d’année au titre de l’année scolaire 2016-2017 sont proclamés. Ils restent meilleurs par rapport à ceux de l’année dernière. Ce qui réjouit tous les acteurs du système éducatif dont la plupart pensent que les réforment engagées par le Gouvernement seraient à l’origine de cette amélioration des performances des élèves.
Le système éducatif béninois suscite de nouveau l’espoir de tous les acteurs. Les résultats du Certificat d’études primaires (Cep), du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et du Baccalauréat pour le compte de l’année scolaire 2016-2017 sont à l’origine de cette fierté. Les statistiques de cette année, le démontrent à suffisance. Au plan national, le Cep a enregistré un taux de réussite de 65,15% contre 41,98% en 2016. La même progression s’est observée au niveau du Bepc qui a donné 50,56% contre 16% l’année dernière. Les résultats du Baccalauréat 2017 se sont inscrits dans la même logique d’amélioration de performance. On note à ce niveau 41,78% de taux de réussite contre 30,13%. Ces résultats très encourageants ne sont pas le fruit du hasard.
A la suite des résultats catastrophiques l’année dernière, le Gouvernement avait pris ses responsabilités en décidant d’opérer des réformes dans le secteur éducatif pour redorer le blason de l’éducation béninoise. Ainsi, des mesures ont été prises à tous les niveaux pour que chaque acteur joue dorénavant plus efficacement son rôle. Des recrutements ont été faits pour pallier le manque criard d’enseignants dans le secteur. Des inspecteurs ont été recrutés pour mieux assurer l’encadrement. Certains instituteurs ont été même punis, l’année dernière, pour insuffisance de résultats. C’est le cas de 618 directeurs d’école primaire qui ont été relevés de leurs postes, déchargés et remplacés pour avoir obtenu 0% de taux d’admis lors du Cep 2016. Tous les directeurs ont donc travaillé au cours de cette année scolaire 2016-2017 sous la même menace de sanction. Résultat, aucun directeur d’école n’a donné 0% pour le Cep 2017.
Un réaménagement de calendrier scolaire a permis de faire passer les examens de Bepc et du baccalauréat avant celui du Certificat d’études primaires qui lui aussi passe avant les dernières compositions dans les écoles primaires. Toutes choses qui ont eu pour avantage de permettre aux instituteurs de bien finir les programmes dans les classes intermédiaires. Les nominations des premiers responsables pédagogiques dans les écoles et collèges cette année étaient plus règlementaires que par le passé.
Des bonds de plus de 60 points
Les réformes engagées ont donc commencé à produire leurs fruits, est-on tenté de dire. Le constat est encore plus reluisant quand on entre dans les statistiques au niveau des séries par rapport à l’examen du baccalauréat. Des candidats de certaines séries ont fait des bonds extraordinaires. C’est le cas de la série E dont le taux d’admis, cette année, est le plus élevé de toutes les séries alors qu’en 2016, on avait enregistré le taux de réussite le plus bas dans la même série sur l’ensemble des résultats : 9,09%. Soit un bond d’environ 66 points. Cette variation est aussi notée dans plusieurs autres séries. On est donc en droit de dire que les réformes impactent positivement le système éducatif.
Cependant, il reste des efforts à faire dans le système éducatif pour davantage de résultats. Dans les collèges publics, par exemple, les programmes des classes intermédiaires restent toujours inachevés. Le problème de manque d’enseignants reste aussi préoccupant malgré les efforts du Gouvernement qui a commencé le recrutement d’enseignants. D’autres recrutements sont d’ailleurs en vue. On note aussi le problème d’effectifs pléthoriques. La formation des enseignants reste aussi un des maillons faibles du système. Le nombre de professeurs vacataires est toujours supérieur au nombre des professeurs certifiés ou contractuels de l’Etat. Tous ces éléments montrent que les réformes doivent se poursuivre pour améliorer davantage le système.

Les travaux des quatrièmes journées scientifiques de la Société béninoise de parasitologie-mycologie (Sobepam) ont été lancés, ce mardi 25 juillet à Cotonou, par le ministre de la Santé
Alassane Séïdou. Portant sur le thème « Prise en charge du paludisme et des maladies tropicales négligées », ces journées offrent l’occasion de faire le point des actions qui ont été menées par le Bénin pour lutter contre lesdites maladies.
« Une société scientifique vit par la qualité des activités qu’elle organise », affirme le président du Comité scientifique de la Société béninoise de parasitologie-
mycologie (Sobepam), le docteur Marcel Zannou. Cela traduit le bien-fondé des quatrièmes journées scientifiques sur le thème « Prise en charge du paludisme et des maladies tropicales négligées » dont les travaux ont démarré hier à Cotonou.
La présidente de la Sobepam, le professeur Dorothée Akoko Kindé-Gazard, a situé le contexte de la tenue desdites journées avant de faire le point des actions qui ont été menées jusque-là par son organisation. Créée en 2009, la Sobepam, selon sa présidente, entend assurer l’arrimage entre les institutions qui effectuent les recherches scientifiques et les structures qui sont appelées à mettre en application les résultats des recherches.
Pour réussir les actionsvisant une meilleure santé des populations, Dorothée Akoko Kindé-Gazard estime qu’il faut orienter les réflexions sur ce qu’elle appelle « les déterminants de la santé ». Il s’agit, explique-t-elle, des facteurs qui entrent en jeu afin que les populations soient en bonne santé ou non. Il s’agit, a-t-elle souligné, des facteurs socio-économiques qui se rapportent à l’habitat, l’urbanisme et l’aménagement rural, les modes de vie, la situation de l’emploi, les modes de consommation, les loisirs. Elle cite également les facteurs psychoculturels qui sont relatifs à la scolarisation, la mentalité des populations devant les problèmes sanitaires, les coutumes, croyances et traditions en matière de santé. La présidente de la Sobepam affirme qu’il y a tant à faire dans la lutte contre les maladies qui affectent les populations les plus pauvres.
Initiative salutaire
Le représentant du représentant-résident de l’Organisation mondiale de la Santé au Bénin, le docteur Télesphore Houansou, a salué l’initiative qui vise à faire le point des recherches réalisées au Bénin dans le cadre de la lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées. Des recherches dont les résultats permettront, selon lui, d’améliorer les performances des programmes du ministère de la Santé dans les domaines abordés au cours des travaux.
Le docteur Télesphore Houansou souligne que l’Oms met un point d’honneur à la recherche surtout lorsqu’elle est portée par les chercheurs/scientifiques qui vivent dans les zones où sévissent les maladies concernées. En tant que source d’informations nouvelles pour établir le diagnostic, déterminer les besoins et résoudre les problèmes de santé, la recherche, estime le représentant du représentant-résident de l’Oms, doit avoir une place de choix dans chacune des initiatives. Pour ce faire, il faudrait à son avis, intégrer dans les démarches, des activités de recherche multidisciplinaire, qui sont susceptibles de promouvoir les formes endogènes de traitement et de prévention des maladies.
Heureux de la tenue de ces journées scientifiques, le ministre de la Santé, Alassane Séïdou, estime qu’elles constituent une occasion exceptionnelle. Car, elles permettront une discussion et des échanges entre parasitologues, entomologistes, biologistes, médecins, anthropologistes, praticiens de la Médecine traditionnelle, chercheurs, professionnels de la santé, scientifiques de tous horizons. Elles sont également une occasion de faire l’état des lieux des affections les plus meurtrières du Bénin, notamment par rapport aux connaissances nouvelles acquises par la communauté scientifique. C’est pourquoi, il se réjouit d’être avec les chercheurs et les différents acteurs dans le cadre de ces journées scientifiques.
Durant les deux jours de travaux, il sera question de deux grandes conférences dont celle inaugurale a été donnée hier par la présidente de la Sobepam et d’une trentaine de communications.

Pour redonner vie aux Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), Eugène Azatassou, le coordonnateur de l’alliance et les siens étaient face aux militants du Zou, ce dimanche 23 juillet à Abomey, dans la perspective du prochain congrès et surtout des législatives à venir.
Après Dassa-Zoumè dans les Collines le samedi, la délégation des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) était, ce dimanche à Abomey dans le cadre de leur tournée nationale entreprise, il y a quelques jours. Après avoir perdu le pouvoir et beaucoup d’alliés dans une saignée sans discontinue, les Fcbe sont désormais comme un oiseau qui a perdu toutes ses plumes et obligé de résister jusqu’à la saison prochaine pour se faire un nouveau plumage. Pour se repositionner, l’alliance politique Fcbe de Boni Yayi se remobilise sur le terrain dans la dynamique des prochaines échéances électorales.
A cet effet, le coordonnateur national des Fcbe, Eugène Azatassou, et son équipe ont rencontré les militants de l’alliance dans le Zou pour échanger sur les questions de politique nationale. Eugène Azatassou était entouré du député Fcbe Jean-Marie Allagbé ; du représentant de l’alliance dans le Zou, Prosper Adoukonou et de plusieurs autres personnalités de ce regroupement politique. Une seule préoccupation revenait constamment : tout faire pour repositionner les Fcbe pour efficacement faire face à la gouvernance actuelle. « Malgré tout ce qui est fait contre nous comme basses besognes, les Fcbe ne mourront pas. Pour réussir à nous enterrer, il faut commencer par faire ce que nous avions fait en 10 ans avec notre leader charismatique. Si ce n’est pas le cas, donc les Fcbe ont encore de beaux jours devant », laisse entendre Prosper Adoukonou, représentant de l’alliance dans le Zou. Il est appuyé par le député Jean-Marie Allagbé et le coordonnateur Eugène Azatassou qui dressent un tableau bien sombre de la gouvernance actuelle qui, en quelques mois seulement, aura déçu beaucoup, selon eux. Ils citent tour à tour « les annulations des concours, les casses anarchiques à travers les villes du pays, la fermeture de plusieurs sociétés d’Etat, la suppression des emplois et la compression des agents, les audits ciblés, des réformes mal réfléchies, etc. ». Ils poursuivent en se désolant qu’« en quelques mois seulement, le grand espoir nourri se soit mué en un désenchantement total pour les Béninois ».
Au cours de ce face-à-face avec les Fcbe d’Abomey et environs, les responsables ont aussi échangé avec l’assistance sur le fonctionnement interne de l’alliance qui devra aller au congrès incessamment afin de mieux s’organiser. A propos de la saignée actuelle qui se traduit par des départs, ils estiment que certains de leurs anciens camarades « ont voulu entretemps conduire l’alliance dans les bras du pouvoir actuel sans tenir compte de la forme de gouvernance et de la souffrance des populations et comme ça n’a pas prospéré, ils ont préféré vite rejoindre la mouvance en quittant le navire Fcbe ». Pour Eugène Azatassou, seul le prochain congrès pourrait définir la position des Fcbe par rapport au Gouvernement. C’est la base qui décidera de la voie à prendre. Pour l’instant, nous travaillons à consolider les Fcbe qui constituent la seule alternative sérieuse, forts de ses 10 ans d’expérience du pouvoir, face à la gouvernance actuelle.

Kigali, la capitale rwandaise, a été du 19 au 21 juillet dernier, le point de convergence de centaines de jeunes Africains. Ils y étaient pour le Youthconnekt Africa Summit 2017 et ont eu l’opportunité d’être entretenus par de nombreux leaders sur l’avenir du continent ainsi que les outils à mettre à leur disposition pour relever ce défi.
7079 candidatures enregistrées, 3121 accréditations, 90 pays présents et 19 millions de followers à travers le monde via les réseaux sociaux. Ces statistiques illustrent l’importance du Youthconnekt Africa Summit 2017 qui a mobilisé des jeunes Africains autour des thématiques relatives à leur avenir et au développement du continent. Au cœur de cette rencontre, la question de l’entrepreneuriat et de l’emploi des jeunes. L’ambition, c’est de parvenir d’ici 2020 à la création d’au moins 50 millions d’emplois et par la même occasion, encadrer le potentiel créatif du continent noir.
A Kigali, de nombreux jeunes porteurs de projets ont partagé leurs idées et innovations avec leurs pairs pour susciter d’autres vocations. Mais il était également question de partage d’expériences. Et à ce propos, des leaders en devenir comme la Malienne Hawa Deme, fondatrice du Mouvement Dieya, vont se révéler comme des éclaireurs. « Il n’y a pas de politique sans leadership », introduit-elle, saluant ensuite la vision de développement en cours au Rwanda. Un pays dont elle dit admirer les efforts et l’engagement. « Nous avons besoin de confiance en nous-mêmes », lance-t-elle ensuite aux centaines de jeunes tout ouïs devant son message.
Armand Yav, conseiller du président de la République démocratique du Congo, n’en dira pas moins. Le plus jeune des collaborateurs du président Joseph Kabila invite les dirigeants africains à redonner à la politique son sens. Car, opine-t-il, celle actuellement en cours sur le continent ne sert pas les communautés.
« Il faut s’impliquer », lance Oswald Homeky
Une jeunesse mobilisée pour l’émergence d’un nouveau type de leader sur le continent. C’est le message lancé à l’endroit de la jeunesse africaine par le ministre béninois des Sports, Oswald Homéky, président de la Conférence des ministres de la jeunesse et des sports de la Francophonie (Confejes). Invité à partager son expérience avec les participants au Youthconnekt Africa Summit, il a indiqué la voix de l’engagement et de l’implication active dans la gestion des affaires de la cité et de la chose politique comme seule issue pour eux d’inverser la tendance actuelle sur le continent. « La pratique politicienne a parfois poussé les jeunes à penser qu’ils n’ont pas leur place en politique », mais la politique évolue et cette vue des choses, de l’analyse du ministre, est une mauvaise appréciation. Mais l’implication à elle seule ne suffira, nuance-t-il aussi. Il est impérieux, pense le ministre, de la faire accompagner d’un leadership. Aussi, salue-t-il dans cette même veine, celui du président rwandais Paul Kagamé.
Alioune Badara Thiam, chanteur et producteur de Rn’B américano-sénégalais, plus connu sous son nom d’artiste Akon, aura également à l’endroit des participants un message similaire. « L’Afrique doit trouver sa marque. Les grandes puissances ne peuvent le devenir sans nos richesses. La valeur de l’Afrique se trouve dans ses ressources et sa jeunesse », souligne le chanteur dont l’exemple de réussite et surtout l’engagement pour la cause du développement du continent font école auprès des jeunes qui lui vouent une grande admiration. A leur endroit, il martèlera d’ailleurs ceci : « Vous devez grandir avec vos pays dont vous êtes les forces motrices ». Les citoyens doivent prendre l’engagement de construire le continent, poursuit Akon pour qui « les jeunes sont une bombe à retardement sur un continent qui regorge pourtant de potentialités ».
Quid de la « Doctrine de Kigali » ?
Faire émerger « Les héros de l’Afrique » ! C’est là l’une des résolutions prises au cours du sommet de Kigali qui se veut, selon les organisateurs, le point de départ d’un avenir plus radieux pour les jeunes Africains. Lequel point de départ se traduira par la mise en place d’outils, de moyens et de mécanismes d’accompagnement aux fins d’offrir aux jeunes, les moyens d’agir. Même si elle n’a pas été formalisée, il y a eu ce que d’aucuns ont appelé « La doctrine de Kigali ». Celle-ci voudrait que la question de l’emploi des jeunes soit abordée avec plus de rapidité. « Le chômage sera combattu et les programmes du passé seront mis à l’écart. On donnera aux jeunes l’accès aux capitaux et des aptitudes pour transformer l’Afrique et la conduire au développement », soutient le Kenyan Mukhisa Kituyi, secrétaire général de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cunced) au sujet de cette doctrine.
Mais Kigali n’a pas été que paroles et engagements. Le milliardaire chinois, Ma Yun, dit Jack Ma, président d’Alibaba group qui a pris une part active aux travaux promet d'initier 200 jeunes Africains à l’apprentissage du e-commerce au siège de son groupe. « Nous allons partager tout ce que nous savons avec ces jeunes », s’engage-t-il. Mieux, il promet de travailler avec des universités et gouvernants africains pour enseigner le e-commerce et l’intelligence artificielle, afin que les jeunes Africains puissent mieux s’occuper du développement de leur continent. Mais la plus grande nouvelle du Youthconnekt Africa Summit 2017 reste sans aucun doute l’annonce faite par Jack Ma de mettre en place un fonds d’un montant de 10 millions de dollars « pour aider les jeunes à créer et financer leurs rêves ». Rêves auxquels s’associe le président rwandais Paul Kagamé qui, à la clôture des travaux, a rappelé aux jeunes qu’ils ont beaucoup de talents à vendre. « Notre futur collectif se trouve entre vos mains », leur a-t-il lancé.
Par Josué F. MEHOUENOU (Envoyé spécial à Kigali)
Actualités 24 juil. 2017

Le verdict de l’examen du Certificat d’études primaires (Cep) session des 26, 27 et 28 juin derniers est désormais tombé. La délibération et la proclamation des résultats ont été faites cet après-midi du vendredi 21 juillet dans les locaux du ministère des Enseignements maternel et primaire à Porto-Novo. Selon le directeur des examens et Concours (Dec) du Memp, Victor Adohinzin, le taux d’admis au plan national est de 65,15% contre 41,98% en 2016. Le Littoral occupe la première place avec un taux de 76,82% par rapport au classement par département. Il est suivi encore de l’Atlantique, comme c’était d’ailleurs le cas pour le verdict des examens du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) et du Baccalauréat de cette année. Le département s’en est tiré à bon compte en arrachant la deuxième place avec un pourcentage d’admis de 72,68%. L’Atlantique est suivi des départements du Couffo (71,71%), de l’Ouémé (70,04%), du Plateau (67,39%), du Zou (65,91%), du Borgou (65,17%), des Collines (62,86%), du Mono (61,58%), du Borgou (58,84%) et de l’Atacora (56,08%). Le département de la Donga tient la lanterne rouge avec un score de 53,63%. Pour le Dec/Memp, ces taux ne prennent pas en compte les résultats des candidats à besoins spécifiques tels que les sourds muets et les aveugles et amblyopes. Ils ne prennent pas également en compte la session des malades qui démarre le lundi 24 juillet prochain dans les chefs-lieux des douze départements du Bénin. C’est d’ailleurs pour cela que Victor Adohinzin estime ne pas pouvoir être en mesure de révéler la moyenne du premier au Cep 2017. D’autant plus que les moyennes peuvent évoluer avec les résultats de la session des malades.
La proclamation des résultats sera suivie dans les heures suivantes de l’étape du désanonymat. Laquelle va révéler la liste nominative des candidats admis qui sera transférée aux directeurs départementaux chargés des Enseignements maternel et primaire pour proclamation dans les écoles. Ce qui signifie que chaque candidat au Cep 2017 peut déjà être fixé sur son sort dès ce soir même, assure le Dec/Memp.
Education 21 juil. 2017

Le Conseil des ministres s’est réuni mercredi, le 19 juillet 2017, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, président de la République, chef de l'Etat, chef du Gouvernement.
Au cours de la séance, le Conseil a approuvé plusieurs dossiers.
I- Mesures normatives
Les projets de décrets ci-après ont été adoptés :
1.1 Projet de décret portant modification du décret portant création, organisation, attributions et fonctionnement de l’Office béninois des Services de volontariat des jeunes.
Le ministre des Sports a présenté au Conseil des ministres un projet de décret portant modification du décret n° 2010-667 du 31 décembre 2010 portant création, attributions, organisation, et fonctionnement de l’Office béninois des Services de volontariat des jeunes, placé sous sa tutelle.
Cette modification s’est avérée nécessaire pour actualiser certaines de ses dispositions au regard du contexte institutionnel actuel.
En adoptant le décret, le Conseil des ministres a instruit le ministre de l’Economie et des Finances, de mettre à la disposition du ministère des Sports, les ressources nécessaires au fonctionnement effectif de cette structure.
1.2 Projets de décrets portant attribution de domaines pour la construction de résidences et de bureaux des ambassades de l’Arabie Saoudite et du Maroc.
L’attribution de domaines pour l'érection d'infrastructures devant abriter les chancelleries et résidences au profit de ces deux ambassades participe de la volonté du Gouvernement de renforcer les relations de coopération avec ces pays amis et de pérenniser les acquis.
Le Conseil des ministres a donc adopté deux projets de décrets portant attribution de domaines à ces deux ambassades et instruit le ministre de l’Economie et des Finances, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, d’accomplir diligemment des formalités y relatives.
1.3 Projet de décret portant définition des fonctions et rationalisation de la gestion des effectifs et des affectations des diplomates dans les postes diplomatiques et consulaires du Bénin.
La gestion des ressources humaines du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, avec la nouvelle vision de diplomatie de développement proactive, nécessite la révision des textes législatifs et réglementaires organisant la carrière des diplomates.
Le présent projet de décret s’inscrit dans ce cadre et vise essentiellement à moderniser les méthodes de travail de l’administration du ministère, à le doter d’outils performants capables de soutenir une diplomatie de développement, en veillant à assurer :
- une gestion plus rationnelle et plus efficace des effectifs, ainsi que des ressources financières et matérielles mises à la disposition des postes diplomatiques et consulaires ;
- une organisation plus pragmatique des affectations basée sur les besoins réels des postes diplomatiques et consulaires, en les dotant d'agents aptes à s’acquitter efficacement de leurs responsabilités ;
- une gestion rationnelle des charges salariales.
Le Conseil des ministres a adopté le décret et instruit le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération à l'effet de prendre les mesures budgétaires subséquentes.
Le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et le ministre du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales ont été instruits aux fins d’élaborer le cadre réglementaire définissant les qualifications et fixant les quotas pour le recrutement du personnel local dans les missions diplomatiques.
Le ministre de l’Economie et des Finances mettra à la disposition du ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, en temps opportun, les fonds nécessaires à cet effet.
1.4 Projet de décret portant modification du décret n°20I6-I37 du 17 mars 2016 portant statuts particuliers des corps des personnels de la Police nationale.
Le décret n°2016-137 du 17 mars 2016 portant statuts particuliers des corps des personnels de la Police nationale abroge le décret n°97-622 en date du 30 décembre 1997 sur le même objet et reprend la structuration prévue par la loi 2015-20 du 19 juin 2015 portant Statut spécial des personnels des Forces de sécurité publique et assimilés. Il fixe, en outre, en ses articles 94 et 95, les modalités de reversement dans les nouveaux corps.
Mais, l'examen de la mise en œuvre de ce reversement automatique des Inspecteurs de Police et Officiers de Paix, actuellement en formation complémentaire, dans le nouveau corps, serait, en terme d'effectif, contraire à l’article 8 du décret n° 2016-137, qui fixe le quota des officiers subalternes des grades de sous-lieutenant et de lieutenant de police, par rapport à l'effectif total des officiers.
Le Conseil des ministres a adopté le présent décret modifiant le décret n° 2016-137 du 17 mars 2016 portant statuts particuliers des corps des personnels de la Police Nationale et instruit le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, de prendre les dispositions nécessaires pour sa mise en œuvre.
II. Communications.
Sous cette rubrique, les dossiers suivants ont été approuvés :
2.1 Mise en formation initiale des nouveaux officiers de justice.
Le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation a présenté au Conseil des ministres, une communication relative à la mise en formation initiale des nouveaux officiers de justice.
Conformément aux textes en vigueur, les candidats reçus au concours externe ou professionnel d’officiers de justice sont astreints à une formation professionnelle de deux (02) années académiques, dans un établissement agréé par l’Etat.
Le Conseil des ministres a approuvé la communication et instruit le garde des Sceaux, ministre de la Justice et de la Législation, de veiller à la formation des intéressés à l’Ecole nationale d’administration et de magistrature, sur les deux années académiques.
Il est demandé au ministre de l’Economie et des Finances, de mettre à la disposition du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, les moyens nécessaires à cet effet.
2.2 Relance des cantines scolaires gouvernementales dans 1574 écoles primaires publiques, à compter de la rentrée scolaire de septembre 2017.
Le ministre des Enseignements maternel et primaire a présenté au Conseil des ministres, une communication relative à la relance des cantines scolaires gouvernementales dans 1 574 écoles primaires publiques, à compter de la rentrée de septembre 2017.
En effet, les cantines scolaires constituent un des moyens pour attirer les enfants à l’école, pour les y maintenir et pour contribuer à une amélioration des résultats scolaires, donc à l'atteinte des objectifs de l’Education Pour Tous (EPT). Or, l’évaluation du programme d'alimentation scolaire mis en œuvre ces dernières années, a révélé que les cantines scolaires gouvernementales sont non fonctionnelles, voire inexistantes, occasionnant l’accroissement du taux de déscolarisation et de déperdition scolaire dans les zones défavorisées de notre pays. Pour pallier cette situation qui pénalisait les enfants et augmentait le taux d'abandon et d'échec scolaires, le Gouvernement a décidé de financer de manière massive les cantines scolaires et a sollicité à cet effet les services du Programme alimentaire mondial (PAM) qui dispose en la matière d’une expérience avérée.
Grâce à ce nouveau dispositif, le Gouvernement mettra à la disposition du PAM, sur la période 2017-2021, un montant de vingt-sept milliards deux cents millions (27.200.000.000) FCFA, entièrement pris en charge par le budget national. Cette somme servira à faire fonctionner les cantines scolaires. Ainsi, 351.109 écoliers des douze (12) départements du pays, répartis dans 1.574 écoles des localités les plus déshérités, recevront chaque jour, dans les cantines installées dans leurs écoles, des repas durant toute l’année scolaire.
Le Conseil des ministres a approuvé la communication et instruit le ministre de l’Economie et des Finances, pour mettre diligemment à la disposition du PAM la première tranche qui s’élève à un montant de trois milliards quatre cent millions (3 400 000 000) francs CFA en vue des diligences à accomplir pour le fonctionnement effectif des cantines dès la rentrée de septembre 2017.
Le ministre des Enseignements maternel et primaire, pour sa part, a été instruit à l’effet de prendre les dispositions nécessaires pour la mise en œuvre effective de ce programme, dès la signature de l’accord y afférent.
Un Comité de suivi composé de neuf (9) membres sera mis sur pied pour effectuer régulièrement des missions de contrôle sur le terrain en vue de s’assurer de l’effectivité du fonctionnement des cantines et de la qualité des repas servis aux apprenants.
2.3 Organisation d'une rencontre au Bénin.
Le Conseil a autorisé l’organisation, dans notre pays, de la troisième réunion africaine des directeurs généraux de la Protection civile, qui se tiendra à Cotonou, du 26 au 28 octobre 2017.
2.4 Comptes rendus.
2.4.1 Rapport de la Commission d’étude de la création d'une force unique chargée de la sécurité intérieure en République du Bénin.
Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique a présenté au Conseil des ministres, le rapport de la Commission d’étude de la création d’une force unique chargée de la sécurité intérieure en République du Bénin.
Ce rapport est un document de référence en matière des réformes engagées par le Gouvernement pour doter le Bénin d’une police républicaine et totalement vouée à l’œuvre de développement économique et social de notre pays. A ce titre, il servira de support principal pour la réussite de toutes les opérations prévues dans le cadre de l’instauration de la Force Unique de Sécurité Intérieure au Bénin.
En prenant acte du rapport, le Conseil des ministres, a décidé de mettre en place un Comité de relecture et de mise en œuvre des conclusions de la Commission d'étude de la création d’une Force unique chargée de la sécurité intérieure.
2.4.2 Rapport du Comité technique de mise en œuvre et de suivi des réformes de l’Administration du système éducatif.
Le Conseil des ministres a pris connaissance du rapport technique de mise en œuvre et de suivi des réformes de l’Administration du système éducatif, présenté conjointement par le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le ministre des Enseignements secondaire, technique et de la Formation professionnelle et le ministre des Enseignements maternel et primaire.
Le système éducatif du Bénin, en dépit des nombreux efforts consentis par les Gouvernements successifs, connaît encore des dysfonctionnements. C’est pourquoi, la reconstruction de ce système est devenue incontournable en vue de le mettre en phase avec les ambitions de développement du pays.
Le présent rapport est un document de référence pour la mise sur pied d’un Conseil national de l’Education (CNE) qui aura les compétences les plus étendues pour dépolitiser le système éducatif et professionnaliser le métier de l’enseignant.
Le Conseil des ministres a pris acte du rapport et a décidé de la misse sur pied d’un Comité technique chargé de la relecture des projets de textes proposés, de la conduite du processus de mise en place du CNE, y compris le recrutement du Secrétaire Général.
2.4.3 Missions effectuées à l'étranger.
Les comptes rendus de la participation de notre pays aux différentes réunions internationales ci-après ont été approuvés :
- réunions de trois instances de l’Ecole supérieure multinationale des Télécommunications (ESMT), qui ont eu lieu à Nouakchott, en République islamique de Mauritanie, du 24 au 26 avril 2017 ;
- réunions statutaires de l’Association des producteurs de pétrole africains (APPA), qui se sont déroulées à Abidjan, en Côte d’Ivoire, du 28 au 31 mars 2017.
III- Mesures individuelles
Une nomination a été prononcée.
Au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération,
Sur proposition du ministre,
Consule générale du Bénin à New-York : madame Myrina C. F. AMOUSSOUGA.
Fait à Cotonou, le 19 juillet 2017.
Le Secrétaire général du Gouvernement,
Edouard OUIN-OURO
Actualités 21 juil. 2017

Les 241 798 candidats au Certificat d’études primaires (Cep), session de juillet 2017, prendront connaissance de leur résultat ce vendredi. Les résultats seront d’abord dévoilés aux directeurs départementaux en charge des Enseignements maternel et primaire. Ces derniers sont d’ailleurs conviés pour ce vendredi 21 juillet, à cet effet, à Porto-Novo au siège du ministère chargé du secteur.
Les apprenants et leurs parents seront, par la suite, informés par ces autorités aidées des responsables des établissements scolaires dans les différentes localités du pays. Les élèves qui n’auront pas tiré leur épingle du jeu vont devoir s’apprêter pour l’année prochaine. Mais ils ne seront pas les seuls à se faire du souci. Les directeurs d’école doivent être aussi préoccupés par leur propre sort à l’issue de ces résultats d’autant plus que le ministre Salimane Karimou avait réitéré son intention de faire appliquer, à nouveau, la sanction contre les faibles taux de réussite. En 2016, les directeurs d’école n’ayant obtenu le moindre admis au Cep soit 0% de succès, avaient été déchargés de leur fonction.
Education 20 juil. 2017