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Nouvelles

Route Toffo-Lalo-Agbangnizoun-Abomey-Djidja: Les travaux d’aménagement et de bitumage lancés hier
[caption id="attachment_28444" align="alignnone" width="1024"]Route Lalo toffo Agbangnizoun abomey djidja[/caption]

Ce mardi 20 mars est un grand jour pour les populations d’Agbangnizoun, de Djidja, d’Abomey, de Toffo, de Lalo et environs. Il consacre le lancement du vieux projet d’aménagement et de bitumage de la route Toffo-Lalo-Agbangnizoun- Abomey-Djidja. Un moment de fête qui a mobilisé plusieurs ministres, députés, maires et autres sages et notables.

Les populations des localités de Toffo, Lalo-Agbangnizoun, Abomey, Djidja diront bientôt adieu au calvaire dû à l’état de dégradation avancé des voies d’accès. Il a été procédé hier au lancement des travaux d’aménagement et de bitumage des routes Toffo-Lalo (28,44 km), Lalo-Agbangnizoun (20,12 km), Agbangnizoun-Abomey (12,37 km), Abomey-Djidja (23 km) et autres bretelles connexes (23,60 km). Outre ces principaux tronçons, ces travaux qui dureront trente-six mois, comportent la construction d’un pont de 60 mètres de portée entre Toffo et Lalo, des bretelles Agnagna-Rnie2, de la voie Cana-Abomey (9,90 km); Abomey-Mougnon (6,5km) et des bretelles Mougnon-Ceg2 Zakpo (8,20km), Ceg2-
Marché Bohicon (2,30km) et Actel Bohicon (0,80km) et Mougnon-Djidja (16,50 km).
D’un coût global de plus 98,365 milliards F Cfa, sur financement du budget national avec un préfinancement direct de l’entreprise adjudicataire, ces travaux sont confiés à l’entreprise libanaise Nicolas Sroudji Etablissement Côte d’Ivoire (NSE-CI). Le contrôle-surveillance sera assuré par l’entreprise luxembourgeoise TR Engineering/Heros GC. Le matériel déjà disponible sur le terrain, rendez-vous est pris dans trois ans pour l’inauguration.
Hier, à la cérémonie qui consacre le lancement officiel des travaux d’aménagement et de bitumage de ces routes, trois ministres étaient présents à Agbangnizoun : Cyr Koty en charge des Infrastructures ; Joseph Djogbénou de la Justice et Fortuné Nouatin de la Défense nationale. Le conseiller du chef de l’Etat, Lazare Sèhouéto, les préfets du Zou et de l’Atlantique, les maires des communes traversées par le projet, des têtes couronnées du plateau d’Abomey n’ont pas voulu non plus se faire conter l’événement du lancement de ce vieux projet qui tend à enfin se concrétiser. C’était aussi la grande mobilisation des populations qui étaient devenues bien sceptiques après les nombreux faux bonds vécus avec le régime défunt.
Tour à tour, le maire d’Agbangnizoun,Gaspard Gboli-Honon, le préfet du Zou, Firmin Kouton, ont salué cette volonté du gouvernement à accorder une importance capitale aux grands chantiers de développement inscrits dans le Programme d’actions du gouvernement (Pag) parmi lesquels le chantier d’aménagement et de bitumage de la route Toffo-Lalo-Agbangnizoun-Abomey-Djidja qui permettra à coup sûr un regain à la croissance dans la région.
Pour le ministre Cyr Koty, ce sont ces routes bientôt réalisées qui permettent aux paysans, artisans et autres opérateurs économiques de pouvoir convoyer leurs produits, les marchandises vers les villes. Et l’importance de ces voies d’accès aujourd’hui dégradées dans l’économie du Bénin n’est donc plus à prouver. Mieux, ce projet, une fois réalisé, devra davantage relier les communes du Zou, du Couffo et de l’Atlantique. Puis, au-delà des communes, ces pénétrantes à construire seront le ciment qui renforcera ces trois départements.

Actualités 21 mars 2018


Coupe de la Caf: Fin de parcours pour Energie Fc
[caption id="attachment_28443" align="alignnone" width="1024"]Fin de parcours pour Energie Fc[/caption]

Energie Football de la Société béninoise d’Energie électrique (Sbee) a fini sa course dans la Coupe de la Confédération africaine de football, dimanche 18 mars dernier à Calabar. Battus (0-2) à l’aller, Jean-Marie Guera et ses coéquipiers ont encore subi la loi des joueurs Enyimba (3-2) au U.J. Usuene stadium. L’espoir et la détermination n’ont pas suffi aux poulains de Stanislas Akélé qui ont forcé l’admiration en trouvant par deux fois le chemin des filets.

Menés au score dès la 3e minute, les Béninois ont égalisé au retour des vestiaires par le biais d’Aimé Santou (53e). Mais, les joueurs d’Enyimba vont doubler la marque. Paul Odjouwassi ramènera la parité (2-2). Malheureusement, Energie Fc va encaisser un troisième but sur penalty vers la fin du temps réglementaire. Avec ce résultat, Energie Football club ne fera pas partie des trente-deux clubs qualifiés pour la suite de la compétition.
La grosse surprise de ce tour reste l’élimination du Zamalek aux tirs au but face aux modestes Ethiopiens de Wolaitta Dicha. L’aventure continue, en revanche, pour les clubs qui vont passer les barrages de la compétition. Ils seront fixés, ce mercredi 21 mars, à travers le tirage au sort.
Les 32 qualifiés pour les barrages sont : Bidvest Wits (Afs), Super Sport United (Afs), CR Belouizdad (Alg), USM Alger (Alg), CARA (Cgo), CS La Mancha (Cgo), ASEC Mimosas (Civ), Williamsville AC (Civ), AS V Club (Rdc), Al Masry (Egy), Deportivo Niefang (Eqg), Saint George (Eth), Wollaita Dicha (Eth), Gor Mahia (Ken), CF Mounana (Gab), Aduana Stars (Gha), Djoliba (Mli), Fosa Juniors (Mad), Raja Casablanca (Mar), Renaissance Berkane (Mar), Costa do Sol (Moz), UD Songo (Moz), Akwa Utd (Ngr), MFM FC (Ngr), Plateau Utd (Ngr), Rayon Sports (Rwa), Génération Foot (Sén), Al Hilal (Sud), Hilal El Obeid (Sud), Young Africans (Tan), Zanaco (Zam) .

 

Sports 20 mars 2018


Réforme du système partisan au Bénin: Nécessité d’enraciner la démocratie et la formation citoyenne

La classe politique béninoise ne rassure plus. Telle est de nos jours la conviction de plusieurs citoyens béninois. A la question de savoir pourquoi cette classe politique est peu crédible, la réponse ne tarde pas à venir : les partis politiques sont réduits à des clubs électoraux ! Nous avons donc affaire à une relation de causalité. Nous pouvons aisément dire que le malheur de la classe politique se trouve dans le fonctionnement hasardeux des partis politiques. 

Pour que la classe politique béninoise retrouve ses lettres de noblesse et la crédibilité qu’on attend d’elle, il faut une chose : restaurer les partis politiques. Sinon, le Bénin court le risque du suicide de la démocratie. Et pour cause !
Que peut-on dire de la démocratie en occultant le role irremplaçable des partis politiques ? C’est au sein des partis politiques en l’occurrence que le débat de l’organisation de la société est véritablement mené en amont. C’est au sein des partis politiques que des citoyens apprennent à développer la culture démocratique à travers leur engagement à se préoccuper de l’avancée de la nation. C’est au sein des partis politiques que des projets de société sont bâtis sur la base des aspirations des populations à la base. C’est aussi au sein des partis politiques que des moyens de conquête du pouvoir sont conçus et mis en œuvre.
Les partis politiques s’érigent ainsi en un véritable outil de transformation de la société démocratique.

I- Historicité et mutations des premiers partis politiques

L’historicité des premiers partis politiques se fonde sur les origines lointaines et celles déterminantes qui ont conduit à leur création.

A-Les origines lointaines

Au XIIIe siècle en Grande-Bretagne, pendant la période coloniale, le choix sur certains citoyens chargés d’élaborer des lois pour la cité se faisait par des élections.1 A partir du XVIIe siècle, les Etats-Unis d’Amérique, sortis du joug colonial de la Grande-Bretagne, firent aussi des élections ; ces élections ont permis d’une part de désigner des citoyens compétents pour élaborer des lois susceptibles de régir la société, et d’autre part de procéder à la désignation des dirigeants ou gouvernants.
Ces différentes pratiques électives qui s’observaient dans la prise de certaines décisions engageaient la vie des sociétés: « Cette pratique élective a été suivie d’un élargissement progressif du droit des citoyens à exprimer leurs vues sur les questions politiques et à chercher et diffuser l’information ».2
Mais cette petite possibilité qui permettait aux citoyens d’émettre leurs opinions sur les sujets les concernant et concernant leur cité, ne leur garantissait pas le droit de se constituer en toute évidence en association pour des fins politiques. L’obtention d’un tel droit ou d’un tel privilège mettra beaucoup de temps. Jusqu’au XVIIe siècle, le droit des citoyens de se regrouper dans un creuset politique pour mener des réflexions sur l’organisation de leur cité et la gestion qu’en font leurs dirigeants n’était pas chose effective.
En effet, les périodes précédentes ont été celles où l’affirmation des Droits de l’Homme et des libertés n’était pas des principes acquis par les individus. L’usage de la force, de la contrainte, de la tyrannie, de l’oppression et de la servitude régnait en maître et compromettait la volonté des citoyens de vivre épanouis. Cela est d’autant plus évident du fait de la dépendance de certaines colonies par rapport aux puissances colonisatrices comme la Grande-Bretagne. Les dirigeants craignaient une implication active et dynamique des groupes constitués des citoyens, et ce, par rapport à la gestion de la cité.

B- Les origines déterminantes :

Mais au début du XVIIIe siècle, les citoyens pouvaient enfin sortir de leur clandestinité pour exposer à la face de l’opinion nationale leur point de vue sur la gestion courante des affaires de leur cité. Ainsi, « au sein des organes législatifs, les organisations politiques qui n’étaient auparavant que des « factions» sont ainsi devenues des partis politiques. Les membres de la majorité au pourvoir-les « ins»-s’opposaient à ceux qui étaient au dehors-les « outs »-, lesquels, en Grande-Bretagne, allaient officiellement former « la loyale Opposition à Sa Majesté»3. Cette organisation de la vie politique en Grande-Bretagne présageait l’implication plus tard des citoyens dans la manière avec laquelle les dirigeants se comportaient dans la gestion des biens du peuple. Le Roi et ses conseillers ou son collège n’étaient plus totalement libres dans la prise des décisions engageant la vie de la cité. Ainsi, «dans l’Angleterre du XVIIIe siècle la faction soutenant le monarque et celle qui lui était opposée, constituée par la majeure partie de la noblesse rurale, allaient progressivement se transformer en Tories (conservateurs) et Whigs (libéraux)».4 L’idée ne va pas se limiter seulement à l’Angleterre. Elle s’étendra aux autres nations où les principes de la démocratie sont de mise dans la gestion des affaires de la cité. Ainsi en Suède, l’organisation politique prit un nouvel élan et une autre recomposition. En effet, « au parlement de Suède, à la même époque, les membres des partis adverses se dénommaient eux-mêmes, non sans facétie, les Hats et les Caps-les « chapeaux» et les «bonnets ».5
Au terme de leur congrès constitutif de Philadelphie de 1787, les Etats-unis d’Amérique décidèrent eux aussi d’adopter une organisation politique qui confère aux citoyens les prérogatives pouvant leur permettre de s’impliquer dans la gestion du pouvoir. En effet, l’avènement des premiers partis politiques dans cet Etat fédéral est dû à la mobilisation des citoyens sur toute l’étendue du territoire national6 contre John Adams qui visait à dissuader les nationaux à ne pas accueillir favorablement la politique de John A. qui prônait la fédération des Etats qui ont recouvré leur souveraineté pour en faire des Etats fédérés ayant un gouvernement fédéral avec des prérogatives exorbitantes :
« pour faire valoir leurs vues, ils ont pris rapidement conscience qu’ils ne pouvaient se contenter de s’opposer aux fédéralistes au gouvernement et au congrès: il fallait ravir le pouvoir à leurs adversaires. Pour y parvenir, force était de remporter les élections nationales, ce qui exigeait qu’ils organisent leurs partisans à travers tout le pays. En moins d’une décennie, Jefferson, Madison et leurs sympathisants ont créé un parti politique, une organisation structurée et verticalement jusqu’aux plus modestes circonscriptions, districts et municipalité, qui renforcerait la cohésion de leurs partisans entre et pendant les campagnes électorales et s’assureraient de leur participation effective au scrutin ».7 Il faut rappeler que le parti mis sur pied par Jefferson s’imposa comme « le premier parti électoral d‘assise populaire jamais créé dans le monde ».8

II- Les partis politiques et la culture démocratique

La culture démocratique peut s’entendre comme l’ensemble formé par des idées et attitudes qui conduisent les citoyens à se préoccuper de façon permanente du respect des principes démocratiques. Ainsi, avec une telle volonté sans cesse renouvelée de se conformer aux règles de démocratie, les citoyens développent en eux et autour d’eux des aptitudes qui sont à même de leur permettre d’être aptes et favorables à l’appropriation et à l’application des exigences de la démocratie. Robert Dahl insistera sur le fait « qu’une culture démocratique mettra certainement l’accent sur la valeur de la liberté individuelle et assurera, du coup, la promotion de droits et de libertés supplémentaires… Celle-ci contribuera à former des citoyens adhérant à un certain nombre de principes : la démocratie et l’égalité politique sont des objectifs à rechercher ; l’armée et la police doivent être placées sous l’autorité du pouvoir civil ; il est nécessaire de maintenir la place des institutions démocratiques fondamentales… les différences et divergences politiques internes doivent être tolérées et protégées ».9
Au vu de ce qui précède, il ressort que la culture démocratique permet une meilleure implication des citoyens dans la construction d’une société qui garantisse à ces derniers l’épanouissement et la prospérité. Mais cette culture démocratique ne peut être chose effective ou une réalité que lorsque les partis politiques seront fortement mis à contribution.
En effet, en tant que espace de formation et de mobilisation des citoyens en vue de la conquête du pouvoir, les formations politiques constituent de toute évidence le cadre par excellence où des réflexions et des aptitudes liées à la promotion de la culture démocratique sont à même d’être suscitées et développées. Dans leur volonté de se sentir responsables et interpellés par la gestion des biens de la nation, les citoyens sont appelés à s’imprégner des valeurs et principes démocratiques : « pourquoi les institutions démocratiques ont-elles pu survivre aux crises dans certains pays et pas dans d’autres ? », se demande Robert Dahl. A cette question, lui-même apporte la réponse : « … la stabilité de la démocratie est beaucoup mieux assurée dans un pays où les citoyens et les responsables politiques sont solidement acquis aux idées, aux valeurs et aux pratiques démocratiques. La démocratie trouve son meilleur soutien lorsque ces convictions sont profondément enracinées dans la culture nationale et transmise de génération en génération : en d’autres termes, lorsque le pays possède une culture démocratique».10
Les partis politiques constituent entre autres, le cadre favorable à l’apprentissage de ces vertus démocratiques. La démocratie, pour servir réellement l’animal politique qu’est l’homme, a besoin de démocrates. Et le démocrate ne se décrète pas ; il se forme à l’école de l’assimilation des vertus démocratiques. Cette école, ce cadre approprié, ce sont les partis politiques qui «améliorent…l’éducation civique des citoyens et leur connaissance des problèmes politiques, leur apportent, avec l’indispensable information, de multiples occasions de discuter, débattre et acquérir les compétences nécessaires à l’exercice de la politique ».11

B- Les partis politiques et la bonne gouvernance

Le désir de tout citoyen est de voir les biens de la nation être gérés selon les règles de l’art. Depuis l’époque de Socrate12, on préconisait déjà avec insistance, la bonne gestion des affaires publiques, en critiquant l’égoïsme et la cupidité des détenteurs du pouvoir relativement détachés des maux sociaux de l’époque. 13
Pour réussir cette gouvernance, il faut des citoyens épris des valeurs y afférentes ; et les partis politiques où se forgent les personnalités à même de présider aux destinées de la nation constituent le cadre favorable pour promouvoir une telle pratique. La bonne gouvernance est un attribut de la démocratie.
Les partis politiques ont pour tâches essentielles la formation des citoyens qui désirent s’engager dans la vie publique, mais aussi la mobilisation des groupes d’individus à travers un projet de sociétés en vue de conquérir le pouvoir. Outre ces objectifs conférés par la charte de fonctionnement des partis politiques en République du Bénin, il leur est également reconnu le devoir de promouvoir le respect et la défense des droits de l’Homme, le respect du bien public, la lutte contre le régionalisme le racisme, l’ethnocentrisme…
En s’attelant à ces tâches républicaines, les formations politiques contribuent substantiellement à l’institutionnalisation de la bonne gouvernance, et ce, dans le temps présent et pour les générations à venir ; cela constituera en quelque sorte le legs d’un héritage institutionnel. Car il faut faire observer que la bonne gouvernance se caractérise « par la participation, la responsabilité, la transparence, la primauté du droit, la recherche de l’efficience, de l’efficacité et de la justice pour tous. Elle intègre non seulement l’Etat, mais aussi le secteur privé et la société civile dans le cadre d’une division et d’une complémentarité des tâches ».
Par le devoir permanent de former les membres, la régularité des débats sur les affaires publiques, et des prises de positions objectives sur la gouvernance, les partis politiques offrent une culture des principes caractéristiques de la bonne gouvernance qui, faut-il le rappeler, doit constituer le point de convergence des actions des formations politiques, sans exception aucune. Une fois donc présidant aux destinées de la nation, les formations politiques n’auront normalement qu’à faire montre de leurs capacités en matière de gestion de la chose publique pour conduire à bon port les aspirations du peuple.

III- Les réformes institutionnelles et structurelles

A- L’indispensable présence des partis politiques au sein du Parlement

Tout parti politique a pour principal objectif d’exercer le pouvoir, et ce, par le biais d’un projet de société. Cela suppose au préalable son implication dans l’animation de la vie politique nationale. Cette participation active et dynamique à la gestion des affaires de la nation peut se faire sous plusieurs formes : les débats au sein du parti, les sorties médiatiques, l’organisation des séminaires de réflexion, mais aussi et surtout, la participation aux activités au sein du pouvoir législatif. L’Assemblée nationale, en tant que deuxième pouvoir de la République, constitue le lieu et l’institution par excellence où se mènent des débats d’idées entre différents partis politiques, et ce, sur des questions engageant la vie de la nation...
En effet, selon l’article 96 de la loi fondamentale,15 « l’Assemblée nationale vote la loi et consent l’impôt », et l’article 98 précise les règles qui sont du domaine de la loi ; il s’agit de :
« La citoyenneté, les droits civiques et les garanties fondamentales accordées aux citoyens pour l’exercice des libertés publiques, le statut général de la fonction publique… ».16 Le rôle du parlement dans la politique nationale de développement s’avère donc important ; il constitue « le champ d’action approprié à cet effet … Il est indispensable de leur assurer (les partis politiques), de quelque façon, une participation et une influence continues sur le processus de formation de la volonté politique».17
L’Assemblée nationale étant constituée uniquement que des députés encore appelés élus du peuple, ce serait évident de contraindre les partis politiques à se faire absolument représenter au sein de ce haut lieu de décision politique. En effet, la présence obligatoire d’au moins un député d’un parti politique se justifie par le fait que c’est au sein du parlement que se décident à grande échelle les politiques de développement de la nation. Et tout parti politique qui n’y aurait pas au moins un député pour le représenter ne peut prétendre être utile à la nation. Ce parti pourrait perdre certains avantages comme l’aide financière de l’Etat aux partis politiques mais aussi, ou l’interdiction de prendre part à deux élections législatives, locales et présidentielle à venir.
Il serait souhaitable que tout parti politique qui ne parviendrait pas au terme des élections législatives ou locales à disposer d’au moins un député et un conseiller respectivement au parlement, et au sein du conseil communal doit au risque de se voir appliquer la mesure ci-dessus citée se rallier à un autre parti qui se serait conformé aux prescriptions. Car « un parti politique est une organisation durable articulant une action locale et nationale dont les dirigeants ont pour volonté la conquête et l’exercice du pouvoir politique grâce à la recherche d’un soutien populaire ».18
Ces mesures n’ont que pour objectif de faire des partis politiques de véritables espaces à partir desquels des citoyens se préparent pour exercer le pouvoir. Ainsi, les partis politiques n’attendront plus la période des élections pour mettre en état de veille leurs militants ou les citoyens comme c’est le cas au Bénin.

A- Vers l’institutionnalisation de «La maison des partis politiques »

L’engagement de tout citoyen dans la vie publique ainsi que l’exercice par ce dernier de responsabilités publiques et politiques sont comparables à un sacerdoce qui exige apprentissage et formation permanents. L’objet de la présence du citoyen sur la scène publique, c’est bien évidemment son dévouement pour la cause commune, la gestion efficace et efficiente des biens de la nation. Cette responsabilité ne saurait être confiée à tout individu, c'est-à-dire, tout citoyen qui n’aurait pas au préalable des prédispositions sur les notions de biens publics, nation, service, culture démocratique, probité, transparence, patrie, patrimoine national…
La nécessité d’instituer un cadre permanent de réflexion et de formation pour une responsabilité plus accrue du citoyen et une dynamique des partis politiques s’avère importante. Ce cadre institutionnel peut porter le nom de « La Maison des partis politiques », à l’instar de la « Maison des Médias Thomas Mègnassan» qui, après plusieurs années d’existence, a joué un rôle prépondérant dans l’affirmation de la presse béninoise dans le processus de consolidation de notre jeune démocratie.
Outre les médias, la société civile dispose aussi à son niveau d’un cadre de rencontre, de concertation, de formation et de veille permanente, aux fins d’apporter sa pierre à l’édification d’une société de démocratie. La même expérience peut être aussi faite au niveau des partis politiques ; seulement dans le cas d’espèce, l’acte de naissance de « La Maison des partis politiques » doit émaner de l’Assemblée nationale qui, de concert avec l’Exécutif, élaborera une charte de fonctionnement de cette institution. Celle-ci aura à sa tête un organe directeur qui pour sa crédibilité sera composé de députés en activité et hors d’activité, de représentants du Gouvernement, de professeurs d’universités, d’hommes politiques, tous marqués par une expérience de l’histoire politique de notre pays.
La tâche principale de cet organe directeur consistera à se préoccuper en permanence de la formation des jeunes, des chefs de partis politiques et de toute personne qui nourrit le désir de s’engager dans l’animation de la vie publique et politique du Bénin. « La Maison des partis politiques» aura également à émettre ses points de vue sur la dynamique des partis politiques au Bénin, et ce, à travers des rapports, des investigations, des séminaires …; dans cette volonté de redonner aux formations politiques leur lettre de noblesse, «La Maison des partis politiques» s’évertuera à concevoir des idées en vue de susciter au sein du parlement ou du gouvernement des propositions ou projets de loi allant dans le sens de l’affirmation des partis politiques au cœur du processus démocratique amorcé par le Bénin depuis février 1990.

IV- La question de la réhabilitation de « l’animal politique »

L’article 35 de la loi fondamentale prévoit : « les citoyens chargés d’une fonction publique ou élus à une fonction politique ont le devoir de l’accomplir avec conscience, compétence, probité, dévouement et loyauté dans l’intérêt et le respect du bien commun ».19 Au regard de l’évolution de la vie politique, économique, sociale et culturelle de notre pays depuis 1990, cette disposition constitutionnelle semble ne pas préoccuper la classe politique et les cadres béninois. C’est pourquoi, il urge que des suggestions allant dans ce sens soient faites.

L’homme politique devant
les faits

Les hommes politiques (pour la plupart d’entre eux) du fait des nombreux cas de mauvaises gestions, de dilapidations des biens publics, de la gabegie financière, de la corruption…, semblent avoir perdu toute crédibilité devant les citoyens. Et pour cause : « les difficultés quotidiennes en matière de santé, d’éducation et de survie tout simplement avaient largement frustré le peuple…, les instances habituelles de mobilisation, notamment les partis politiques ont simplement déserté le forum ».20
A l’approche des élections, les hommes politiques sont perçus comme des bailleurs de fonds, rassembleurs de foule, grands orateurs, des leaders apparemment décidés à vouloir mener une lutte implacable contre la paupérisation, la misère ambiante dans laquelle végètent les populations. Mais après leur descente même dans les hameaux les plus reculés, avec à la clé l’espèce sonnante et trébuchante, des vivres, du matériel de tous genres, c’est à peine une fois avant les élections à venir que les populations les reçoivent: « ainsi, on a vu des jeunes gens des localités rurales se mobiliser pour accueillir tous les leaders qui parcourent leur localité et recueillir systématiquement les dons en nature et en espèce dont les hommes politiques semblent particulièrement prolifiques en période électorale ».21
Autre fait qui amène de plus en plus les populations à perdre toute considération à l’égard des hommes politiques, c’est l’opulence dans laquelle vivent certains d’entre eux qui accèdent aux milieux politiques. En effet, point n’est besoin de rappeler le constat selon lequel tous ceux qui s’adonnent à la politique dans notre pays changent momentanément de mode de vie et deviennent en l’espace de quelques mois des hommes nantis ou tout quand même mieux confortés qu’auparavant. C’est à croire par conséquent que la politique est pourvoyeuse de richesses ; elle nourrit considérablement son homme au Bénin, un métier presque ! C’est alors qu’aujourd’hui beaucoup de jeunes optent pour le milieu politique aux fins de se faire une fortune :
« Ainsi, en est-on arrivé à entendre des jeunes élèves et étudiants rétorquer à leurs parents ou enseignants qui les rappellent à la nécessité du travail et de la persévérance que telle personnalité politique ou du monde des affaires n’a pas atteint leur niveau scolaire ou, pire encore n’a pas « d’affaires propres » et pourtant elle est vénérée dans la cité ».22 Cette situation a été malheureusement renforcée par de nombreux cas de détournements, de corruptions, de prévarications crasseuses ou d’autres manipulations frauduleuses; le phénomène « d’achat d’hommes politique » en l’occurrence des députés à l’Assemblée nationale relayé par la presse renforce la déconsidération des populations vis-à-vis des leaders politiques : les déclarations de la députée Rosine Soglo en décembre dernier lors du vote de rejet de recevabilité du projet de révision de la Constitution du Bénin est encore gravées dans les mémoires.23

La formation de l’élite
béninoise

L’élite est définie selon le Dictionnaire Larousse comme «l’Ensemble des personnes les plus remarquables (d’un groupe, d’une communauté) »24 ; les élites peuvent être aussi définies comme des citoyens épris de l’amour du travail bien fait, de la justice, du respect de la législation, du patriotisme… Il s’agit dans le cas d’espèce en l’occurrence des leaders politiques, - les militants de partis politiques, conseillers communaux, maires, députés, ministres…-, qui doivent être amenés à se rendre compte de l’enjeu de la politique et par ailleurs contraints à observer ses exigences. Il faut même penser à son introduction à la base :
« …la formation politique est en tant que préoccupation importante de la société mise en œuvre au niveau des écoles, des universités, des partis politiques, des syndicats, des églises et des associations… Elle aborde aussi bien des questions relatives à la définition de la politique et à ses répercussions sur le système démocratique que la sauvegarde et l’approfondissement de la démocratie par le biais de la formation civique et politique»25. L’espace politique doit être amené à constituer un cadre de mobilisation des citoyens épris du bien de tous, et par conséquent, une activité qui requiert de la part de ceux ou celles qui veulent s’y adonner des vertus, des qualités, des compétences :
« une réelle réhabilitation de l’Homme politique peut consister en une application réelle des règles d’incompatibilité entre les activités politiques et certaines fonctions ou professions. Une vraie réhabilitation peut consister en l’élection ou en la promotion de citoyens aux compétences professionnelles établies, à la probité morale reconnue… »26 .
Cela peut tout simplement rimer avec la rigueur observée dans le choix des membres des institutions de la République.27 Ainsi, selon par exemple les dispositions de l’article 115 de la constitution pour ce qui concerne les membres de la Cour constitutionnelle, il est demandé que «outre la condition de compétence professionnelle, il faut être de bonne moralité et d’une grande probité ».
La démocratie a besoin de démocrates ; et le démocrate, c’est celui qui se met au service de son pays à travers le mode politique d’organisation politique retenu. A cet effet, les dirigeants politiques doivent davantage permettre à la justice de s’auto-saisir des cas de malversation financière, de corruptions, de détournement de deniers publics ; cela contribuera à amener ceux en charge de la gestion des biens de la nation à faire montre d’une transparence totale dans l’exercice de leurs fonctions respectives. Car, le règne de l’impunité au Bénin a fait croire à certaines personnes qu’on peut faire la politique au Bénin sans craindre d’aller en prison. L’engagement des citoyens sur l’arène politique doit certes être encouragé mais des garde-fous ne doivent pas manquer d’être prévus en cas de malversations ou autres infractions.
En conclusion, la politique telle que pratiquée au Bénin ne rassure toujours pas les citoyens: «… l’élection de mars 2006 a montré que les partis politiques ont été absents pendant les grands débats politiques »28. Au vu de cela, il faut trouver d’autres alternatives pour faire comprendre au peuple qu’il a son rôle à jouer dans la construction d’une société où il fera bon vivre pour tout le monde : « la noblesse de l’engagement politique est indéniable. Les abus qui existent ne doivent pas être l’arbre qui cache la forêt de tous ceux qui, animés par le souci de la justice et de la solidarité, se dépensent pour le bien commun et conçoivent leurs activités comme un service et non comme un moyen de satisfaire leur ambition personnelle»29

*Observateur de la vie
politique et auteur

Société 20 mars 2018


Cas des bêtes mystérieusement éventrées à Tchaourou: Le chien sauvage à la base de la psychose enfin abattu
[caption id="attachment_28441" align="alignnone" width="370"]Le chien sauvage[/caption]

La traque engagée par les chasseurs traditionnels de Tchaourou, suite à l’abattage mystérieux des bœufs et moutons égorgés et vidés de leur sang, a fini par être concluante ce lundi 19 mars, aux premières heures. En fait, il s’agit d’un canidé, un chien sauvage qui était à la base de la psychose dans laquelle vivait la population de la commune depuis quelques semaines.

Les chasseurs traditionnels de Gorro, à Tchaourou, ont fini par débusquer, ce lundi 19 mars, l’animal mystérieux qui donnait de l’insomnie à la population de la commune, depuis une vingtaine de jours. Au lieu d’un chacal, d’une hyène ou d’une panthère, des animaux qui étaient suspectés, il ne s’agissait que d’un chien. Devenu sauvage, ce carnivore semait la terreur sur son passage. La nuit profonde, il surgissait de sa cachette pour éventrer et égorger les bêtes, et prendre les yeux, les oreilles et les mamelles. Après l’avoir abattu, les chasseurs l’ont transporté à Parakou, pour le présenter au chef de l’Inspection forestière du Borgou.
« C’est suite aux instructions de notre maire, que nous avons commencé par monter la garde un peu partout, chaque nuit. Il se fait qu’hier, l’animal s’est rendu à Gorro, l’endroit où il avait déjà abattu deux bêtes. C’est au moment où il s’est mis à pourchasser les moutons, que mes hommes l’ont tué », a indiqué le président des chasseurs, Yèkini Assika, expliquant les circonstances de sa capture. « Grande a été notre surprise de constater que c’est un chien abandonné. Il a suffisamment fait de ravages », a-t-il fait remarquer.
Le commandant Théophile Sinadouwirou, chef de l’Inspection forestière, a alors confirmé que l’animal abattu est un chien et non un chacal. « L’animal a quitté son propriétaire et a rejoint la brousse depuis plusieurs années. Il revient périodiquement dans les villages pour faire des dégâts », a-t-il expliqué.
Après plusieurs jours de panique, les populations de Tchaourou et ses environs retrouvent leur quiétude. Elles n’ont plus de crainte à nourrir par rapport à leurs bétails.

Société 20 mars 2018


Audience à la Cour constitutionnelle: L’ambassadeur allemand Achim Tröster reçu par Théodore Holo
[caption id="attachment_28440" align="alignnone" width="1024"]ambassadeur allemand Achim Tröster reçu par Théodore Holo[/caption]

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience, ce lundi 19 mars au siège de l’institution à Cotonou, l’ambassadeur d’Allemagne près le Bénin, Achim Tröster. Les deux personnalités ont discuté des questions relatives au fonctionnement de l’institution et à la coopération entre les deux pays.

Cette audience entre en ligne de compte des prises de contact du nouvel ambassadeur avec les présidents des institutions du Bénin. « Comme je suis nouvellement venu, il est de bon ton que je rencontre les responsables des institutions du pays », a laissé entendre Achim Tröster. Il se dit satisfait des énormes efforts faits par la Cour constitutionnelle pour la consolidation de la démocratie et l’Etat de droit au Bénin. Il félicite le président Théodore Holo et tous les conseillers de la Cour pour le travail excellent qu’ils abattent à travers les décisions rendues. « Ce qui m’a impressionné ce sont les décisions rendues par la Cour. Et je les félicite pour leur travail », a-t-il ajouté. Pour lui, la Cour constitutionnelle est une institution qui garantit la stabilité dans le pays et renforce le système démocratique. « C’est un grand atout pour le Bénin », a-t-il conclu?

Société 20 mars 2018


Aménagement des espaces verts au Bénin: Plaidoyer pour l’implication des horticulteurs
[caption id="attachment_28437" align="alignnone" width="1024"]Aménagement des espaces verts au Bénin[/caption]

Plusieurs Béninois s’adonnent à l’horticulture dans les grandes villes du pays. Des chefs-d’œuvre sont partout créés dans nos villes et cela, grâce à l’imagination et au labeur de talentueux horticulteurs. Mais malheureusement, ces agents des espaces verts ne sont pas valorisés dans nos communes.

Dès la descente de la passerelle de Houéyiho jusqu’au carrefour Cadjèhoun à Cotonou, de part et d’autre de la route bitumée, se dressent de véritables jardins où exercent des horticulteurs. Ils sont installés le long de la clôture de l’Asecna sur des dizaines de mètres. Une véritable industrie horticole où l’on rencontre des fleuristes, des pépiniéristes, des bouquetiers, des planteurs, des arboriculteurs, des forgerons fabricants d’arrosoirs et des potiers. Ces agents des espaces verts s’activent autour des fleurs, et autres espèces végétales.

L’amour pour le jardinage et la recherche de gain a conduit dame Céline Tossou à abandonner le tricotage pour devenir jardinière, fleuriste et pépiniériste depuis bientôt trois décennies. Elle a suivi son mari, à l’origine, mécanicien de profession, pour commencer le maraîchage et aboutir progressivement aux fleurs. Elle forme avec son mari et sa petite fille une équipe composée de trois horticulteurs qui travaillent quotidiennement. Formés sur le tas et n’ayant pas été à l’école, ils ignorent tout de ce vaste domaine dans lequel ils exercent depuis des années. Ils ne connaissent pas grand-chose des différents corps de métiers dans ce secteur si bien que fleuristes, jardiniers, pépiniéristes sont confondus.
« J’ai hérité ce métier de mon père qui s’est formé lui aussi chez des Blancs en Côte d’Ivoire », confie Marcel Adjassoho, bouquetier. Même le forgeron, fabricant d’arrosoirs, trouve son compte à ses côtés. Audace Kpadonou, 14 ans, élève en classe de troisième aide son père jardinier depuis trois ans dans l’arrosage des fleurs et la pépinière. Audace a déjà une passion pour les plantes. A ses heures de repos, il entretient des fleurs et des plantes. Ce jeune élève connaît déjà les astuces pour avoir de meilleurs espaces verts. « Il faut arroser dès la pépinière et après, bien entretenir les arbustes et les fleurs », a-t-il conseillé.
Formé dans trois différents jardins, Marcellin Soglo, horticulteur, est à la fois, fleuriste, bouquetier et pépiniériste. Selon lui, il faut être spécialiste de tout ceci pour pouvoir véritablement vivre de son art. N’ayant pas de gros marchés au plan national, il est difficile d’avoir des manœuvres qu’il faut payer à la fin du mois. Selon lui, seuls ceux qui travaillent en famille ne se plaignent pas.
Les horticulteurs de la cité Houéyiho mettent en valeur diverses espèces de plantes. Plusieurs clients passent dans leur jardin pour admirer ou se procurer ces plantes. En dépit de la manne quotidienne, ils souhaitent être associés à la gestion des espaces verts dans la ville de Cotonou. En témoignent les propos de Sylvestre Kpossou qui déplore que les horticulteurs ne soient pas véritablement associés à la gestion des espaces verts dans les grandes villes. « On pourrait mieux vivre de notre art, si on était associé à la gestion des jardins publics créés sans entretien çà et là ».

Des agents des espaces verts négligés

Une main-d’œuvre non négligeable existe au Bénin pour entretenir les espaces verts, vu le nombre important d’horticulteurs sur nos grandes artères. Et pourtant, plusieurs jardins publics des grandes villes comme Cotonou et Abomey-Calavi sont abandonnés et laissés aux intempéries. Pas un horticulteur, ni un arroseur pour veiller à la préservation de ces sites. De l’Espace Gantin au stade de l’Amitié en passant par les grands carrefours, on s’aperçoit qu’il n’y a pas d’agents spécialisés pour s’occuper de ces sites. Une fois mis en terre, les gazons, les fleurs et autres espèces ne sont plus entretenus, ni arrosés.
Éric Aïvodji, formateur en horticulture et en aménagement des espaces verts, passionné de la nature, promoteur de l’Ecole de vie et de biodiversité d’Abomey-Calavi, pense que ces hommes et ces femmes rendent d’énormes et de louables services à la nation dans le domaine de la protection de l’environnement, ainsi que dans le domaine social et économique. C’est pourquoi, suggère-t-il, les pouvoirs publics ainsi que les communes doivent les aider en créant dans nos communes respectives des marchés de plantes ornementales ou des zones de production de ces espèces ornementales. Selon lui, il y a nécessité absolue, aujourd’hui, de penser à un encadrement raisonné de ces acteurs, afin d’améliorer leurs technicité et opérationnalité. Les nombreux espaces verts des villes doivent constituer la ceinture verte du territoire des communes favorisant les promenades et la détente. « Malheureusement, faute d’un horticulteur commis à la tâche, ces espaces sont abandonnés à eux-mêmes », a-t-il fait remarquer. Il ne conçoit pas que des plans de maisons soient faits sans prévision d’un espace vert bien aménagé. Christelle Gnidéhouè, consultante en communication, responsabilité sociétale et environnementale et présidente de la Fondation Gnidéhouè, pense que les horticulteurs jouent un grand rôle dans la préservation de l’environnement. Car, « en tant que discipline scientifique et artistique et en termes de contribution à l’alimentation, à la santé, à la protection de l’environnement et aux activités socioculturelles, l’horticulture joue un rôle très important dans le bien-être humain ». Aussi, les vastes zones de paysage naturel et les espaces aménagés garnis d’arbres, d’arbustes et de couvertures végétales contribuent-ils à l’absorption des substances nocives de l’atmosphère, fait remarquer Eric Aïvo, formateur en horticulture.

Des espèces composant les couronnes

Marcellin Soglo exerce depuis environ vingt ans. Chez lui, se dressent en cette fin de matinée du 16 mars deux différentes couronnes : l’une en fleurs artificielles et l’autre avec des fleurs naturelles.
« Nous commandons ces tiges-ci sur Lomé. Il y en a ici mais pas suffisamment », explique-t-il. Il décrit les différentes espèces qui composent la couronne naturelle : aster jaune (mais il y a également le blanc, le violet et le beige), bec de canard, et rose de porcelaine. « Il y a également le rouge. Nous disposons également de l’antirium, du lis et du pastirium », relève Marcellin Soglo.
Toutes ces pièces sont emballées, selon lui, soit dans des sachets, soit dans des pots en terre cuite ou en ciment ou encore en petites caisses plastiques.
Il y a également sur le site visité, mais chez d’autres horticulteurs, bien d’autres espèces aux vertus médicinales et spirituelles avérées.

Environnement 20 mars 2018


Déroulement du Ravip dans le Zou: Le ministre Agbénonci satisfait de l’adhésion des populations

Le ministre Aurélien Agbénonci, superviseur départemental Zou/Collines du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) s’est rendu à Abomey, samedi 17 mars dernier, pour s’enquérir de l’évolution de l’opération d’enrôlement des citoyens. A travers cette descente sur le terrain, il entendait toucher du doigt les réalités inhérentes à cette opération, échanger avec les acteurs de terrain pour, si nécessaire, y apporter des améliorations significatives.

L’autre objectif de cette sortie, c’est de susciter encore plus l’adhésion des populations à cette initiative du gouvernement. Il s’agit d’encourager les équipes à ratisser large et de ne laisser personne en rade à la fin de cette première phase de l’opération.
Lancée le 1er novembre 2017 pour une durée de six mois, l’opération de recensement dans le cadre du Ravip est un succès dans la mesure où le taux d’enrôlement tourne autour de 86 % dans la ville d’Abomey, selon les statistiques présentées par le maire d’Abomey, Blaise Ahanhanzo-Glèlè. Au plan national, la moyenne du taux d’enrôlement est d’environ 76 % au 12 mars 2018, à en croire les estimations officielles. Un résultat encourageant qui appelle à encore plus de responsabilité.
Dans cette optique, le ministre Aurélien Agbénonci a tenu une séance de travail à l’Hôtel de ville d’Abomey avec le conseil communal d’Abomey et les parlementaires du Zou en présence du préfet Firmin Kouton. Il avait à ses côtés, pour la circonstance, le ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, M. Fortunet Alain Nouatin.
A la suite de cette séance de travail, cap a été mis sur le terrain. De Détohou à Hounli en passant par Agbokpa et Djègbé, le ministre Aurelien Agbénonci, accompagné des élus de tous ordres, a noté avec satisfaction le déroulement du recensement à travers une adhésion massive des populations.
Lors de son périple d’Abomey, il a eu des échanges conviviaux avec les sages et notables et autres personnalités de la région. A cette occasion, il a appelé à une vraie cohésion et une mobilisation encore plus accrue autour des réformes du président Talon et de son gouvernement.
Source : MAEC

Actualités 20 mars 2018


Promotion du dialogue inter-religieux : Albert Tévoèdjrè inaugure la « Maison africaine de la paix »

« Théophania, La Maison africaine de la paix » sise à Adjati dans la commune d’Adjarra, est officiellement mise en service, ce lundi 19 mars, pour promouvoir le dialogue inter-religieux et interculturel. Le joyau a été inauguré par le professeur Albert Tévoèdjrè, son promoteur, qui avait à ses côtés des autorités politico-administratives, diplomatiques et religieuses du Bénin et d’ailleurs.

Adjati, une banlieue de la commune d’Adjarra et située à 6 km environ de Porto-Novo, est devenue depuis ce lundi 19 mars, le carrefour de promotion de la paix dans le monde. C’est du moins le rêve nourri par le professeur Albert Tévoèdjrè, président du Centre panafricain de prospective sociale-Institut Albert Tévoèdjrè (Cpps-Iat) en initiant le projet de construction de « Théophania, La Maison africaine de la paix » inaugurée hier.
Erigé sur un domaine cumulé de 2000 m2, ce centre a pour mission de promouvoir la paix par un autre chemin, celui du dialogue inter-religieux et interculturel soutenu par des actions sociales et de développement.
Pour Albert Tévoèdjrè, il ne devrait pas avoir un nom plus évocateur que « Théophania » signifiant, pour l’église catholique, la manifestation de la joie de Dieu. Il dit avoir retenu ce nom pour magnifier la bonté divine à travers l’érection du joyau. En effet, n’étant pas fortuné, le frère Melchior était à mille lieues de savoir que son rêve allait être concrétisé, ce lundi 19 mars où la communauté catholique célèbre la fête de saint Joseph, le prénom de son géniteur. Albert Tévoèdjrè n’était pas certain que Dieu allait accompagner son initiative lorsque l’inspiration du projet lui était venue en mai 2016 au moment où il lançait le projet « La paix par un autre chemin » dont l’origine émane de l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue inter-religieux et interculturel. Aujourd’hui, le frère Melchior se réjouit que Dieu ait porté le projet à travers des personnes de bonne volonté, des institutions nationales et internationales et autres qui ont mis la main à la poche pour le soutenir. Ce miracle qui a commencé depuis la pose de la première pierre du joyau se poursuit, renseigne le président du Cpps-IAT. Albert Tévoèdjrè en veut pour preuve ce qui s’est passé, dimanche 18 mars dernier, la veille de la cérémonie d’inauguration de l’édifice, où il s’est retrouvé en face d’un engagement financier urgent à régler de 2 millions de F Cfa alors qu’il ne possédait que 500 000 francs Cfa sur lui. Il était en train de réfléchir à comment trouver le complément quand vingt minutes plus tard, révèle Albert Tévoèdjrè, il reçoit une délégation nigériane envoyée par l’ancien président de la République, Olusegun Obasandjo qui lui offre 2050 dollars comme soutien.

Exporter la paix comme le coton

Ce don était venu, selon lui, à point nommé. Ce qui renforce davantage sa conviction que la providence veille méthodiquement sur « Théophania » où peuvent vivre et agir ensemble au nom de la paix, des chrétiens de tous bords, des musulmans, des adeptes des religions endogènes et des acteurs d’autres obédiences confessionnelles. Car, selon Albert Tévoèdjrè, Dieu a pris le Bénin pour servir de modèle de paix dans le monde. « Théophania » est née pour partager cette paix avec les autres pays d’Afrique et du monde. « Comme le coton, le Bénin veut exporter la paix », insiste le frère Melchior qui annonce que la « Maison africaine de la paix » se veut une graine semée pour d’interminables actions sociales et de développement afin de faire rayonner davantage le Bénin. Pour cela, Albert Tévoèdjrè sollicite l’appui des personnes généreuses, des institutions publiques comme privées et autres organismes internationaux pour l’aider à achever le joyau, encore en chantier même si l’inauguration a été faite.
L’originalité et la pertinence du projet ont été saluées par toutes les personnalités qui se sont succédé au pupitre. Des témoignages élogieux de l’initiative ont été faits par tous les intervenants dont le maire d’Adjarra, Michel Honga ; le nonce apostolique près le Bénin et le Togo, Brian Udaiwgue, représentant le pape François ; le directeur du Bureau régional de l’Afrique de l’Ouest de l’Organisation internationale de la Francophonie (Oif), Eric Adja, représentant le secrétaire général de l’Oif, sans oublier les représentants des délégations du Tchad, du Nigeria et des confessions religieuses toutes tendances confondues. Tous félicitent le frère Melchior pour sa vision à travers ce projet traduisant l’expression spirituelle multiple à objectif unique, à savoir la paix. « A 88 ans, le professeur Albert Tévoèdjrè nous montre qu’on peut toujours rêver pour le développement de son pays», salue le coordonnateur du projet, Eugène Gnimassoun qui trouve que l’initiative est une mine d’opportunités pour le développement du Bénin et surtout d’Adjati où afflueront bientôt des touristes?

Société 20 mars 2018


Secteur agricole et de la transformation dans l'Atacora-Donga: Des ministres à l’écoute de promoteurs d’initiatives individuelles

Les ministres en charge de l’Agriculture et du Commerce ont saisi l’occasion du lancement officiel de la campagne de commercialisation des noix de cajou pour visiter des initiatives individuelles dans des domaines agricole, agro-pastoral et de la transformation, à Ouaké, Birni et Daringa dans la commune de Djougou, jeudi 15 et vendredi 16 mars derniers. Des sites de production et de transformation qui témoignent de l’immense potentiel agricole et semi-industriel du pays.

La pépinière de Soulé Tchao dans la commune de Ouaké est un exemple de réussite dans le secteur agricole et les ministres Gaston Dossouhoui et Serge Ahissou s’en sont rendu compte lors de leur visite. Le promoteur, a expliqué Inoussa Séro Chabi, agent de l’Agence territoriale de développement agricole 4 (Atda 4), est à une production de 16 000 plants pour une prévision de 24 000 plants. «Il a une grande expérience dans le domaine dans lequel il exerce depuis 1984. Il a commencé la production des plants greffés ou non en 2011», confie-t-il à la délégation des ministres.
Exerçant dans ce domaine au sein d’un projet où il était chef d’équipe, le promoteur a pris son destin en main au terme du projet en se mettant à son propre compte. « J’ai commencé par produire les essences forestières et après des manguiers. Cela m’a permis d’aller me perfectionner au Sénégal. Au retour, j’ai enclenché avec le greffage d’anacardier. Je suis parmi les meilleurs puisqu’ayant au moins 96 % de réussite. J’ai une société de semences de plants de dix personnes. Nous formons régulièrement de jeunes qui, après, se mettent à leur compte ou aident à former d’autres», indique le promoteur Soulé Tchao. Un bilan qu’il entend valoriser davantage avec l’appui de l’Etat, tout comme les autres promoteurs rencontrés lors du périple ministériel.
Après Ouaké, la délégation des ministres s’est rendue dans la commune de Djougou pour visiter une unité de production de jus de cajou. Quatre ans après l’installation de son unité, Thérèse Orou Ali, la promotrice nourrit de grandes ambitions et ne cache pas sa détermination à aller bien loin. Formée au Lycée agricole de Sékou, son unité de transformation est à une production de 40 000 bouteilles de jus par an. Et elle compte bien produire pour le compte de cette année 50 000 bouteilles. « Nous employons 18 personnes et travaillons avec 504 femmes sur le plan régional», défend-elle, tout en sollicitant un soutien de l’Etat pour mieux valoriser ce label.
Tout ce potentiel sera enrichi au cours de la tournée des deux ministres par la découverte de la ferme agro-pastorale Cenadis de Birni. Une ferme qui, selon Christian Gandaho, agronome, directeur technique du site, a été créée en 2007 à Makrou Ouirou dans l’arrondissement de Birni, commune de Kouandé. L’activité principale de la ferme est la production d’anacarde sur une superficie de 700 ha sur un ensemble d’au moins 1000 ha. D’autres cultures telles que le maïs, le soja et l’arachide sont également développées sur ce site qui abrite par ailleurs des centaines de bovins et une petite unité de transformation du jus de pomme de cajou en alcool. Une expérience saluée par les deux ministres qui ont eu une séance de travail avec le promoteur et le personnel permanent estimé à 25 agents contre 300 occasionnels.
Un magasin de stockage d’une capacité de 100 tonnes d’anacarde implanté à Daringa, dans la commune de Djougou, a été également visité par les deux ministres.
Face aux diverses doléances des producteurs et transformateurs, les ministres Gaston Dossouhoui et Serge Ahissou leur ont recommandé des institutions d’appui pour les aider à développer leurs activités pour une plus-value au secteur agricole.

Société 20 mars 2018


Campagne cotonnière dans la zone Nord: Encore 100 000 tonnes à évacuer vers les usines d’égrenage
[caption id="attachment_28433" align="alignnone" width="1024"]Campagne cotonnière dans la zone Nord[/caption]

Déjà plusieurs mois que la commercialisation du coton a commencé dans la zone Nord du Bénin. L’objectif étant d’évacuer la production à temps vers les usines d’égrenage, mais 100 000 tonnes attendent toujours dans les champs et les marchés autogérés, avec des risques de mouille ou d’incendie dû aux feux de brousse.

Une nouvelle fois, le Bénin a réalisé une production record de coton, après les 450 000 tonnes de la précédente campagne. Mais l’évacuation de la production à temps vers les usines d’égrenage pose problème. Ainsi, le coton continue encore de traîner dans les champs et autres marchés autogérés, après la récolte, il y a des mois. Pour la zone Nord, sur une prévision de 490 000 tonnes, 362 000 tonnes ont déjà été enlevées par les usines, 31 000 tonnes sont entreposées dans les camions en stationnement dans les usines. Ce qui fait 394 000 tonnes qui sont déjà au niveau des usines. Il reste environ 100 000 tonnes à évacuer des champs ou des marchés autogérés vers les usines d’égrenage.
A Gogounou, par exemple, il y a encore 15 000 tonnes qui attendent. La commune de Malanville compte encore 7 000 tonnes de coton à évacuer. Sègbana, Bembèrèkè et Kalalé sont également dans cette situation avec respectivement 3 000, 6 000 et 12 000 tonnes. D’autres localités comme Kandi ne sont pas épargnées.
Avec 3 000 tonnes à évacuer par jour, explique le délégué de la région Nord pour l’Association interprofessionnelle du coton (Aic), Latifou Belco Boukari, il faut encore plus d’un mois pour arriver à bout des 100 000 tonnes. Si tout se déroule normalement, l’évacuation prendra fin entre le 20 et le 25 avril.
Sur le plan national, on était à 466 000 tonnes de coton enlevées par les usines, à la date du jeudi 15 mars dernier. Dans ces 466 000 tonnes, sont comprises les 433 000 entièrement reçues au niveau des usines. Il y a également 32 000 tonnes de coton devant les usines. Ce qui fait un taux global de 82,9 % de la production évacuée?

Société 20 mars 2018


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