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Reportée faute de quorum le jeudi 9 mars dernier, la deuxième session extraordinaire de l’année 2017 s’ouvre finalement ce lundi 13 mars à l’Assemblée nationale, quel que soit le nombre de députés présents. Les douze dossiers inscrits à l’ordre du jour pourront être enfin examinés.
Les députés devront commencer dès ce lundi par délibérer sur les douze propositions de lois inscrites à l’ordre du jour de la deuxième session parlementaire extraordinaire demandée par la majorité d’entre eux. Ces points ont fait l’objet d’une retraite parlementaire, il y a quelques jours à Dassa-Zoumè. Ce qui a permis aux députés de s’approprier le contenu de ces différents textes pour pouvoir les examiner en connaissance de cause. L’examen en séance plénière démarre ce jour. Les rapports des douze dossiers sont déjà finalisés par les commissions permanentes qui ont travaillé en avant-première sur ces propositions de lois. Vendredi 10 mars dernier, jusqu’au soir, le ministre de l’Economie numérique et de la Communication, Rafiatou Monrou était au palais des Gouverneurs pour la finalisation en commission de la proposition de loi portant sur l’économie numérique en République du Bénin. Plusieurs autres de ses collègues dont celui l’Economie et des Finances, Romuald Wadagni, et celui de la Justice et de la Législation, Joseph Djogbénou, y étaient aussi toute la semaine pour le même exercice devant les députés.
Les travaux en commission étant passés, il ne reste donc que ceux des séances plénières qui révéleront le sort de chacun des dossiers inscrits au rôle de la session. Les douze propositions de lois concernent notamment l'activité d'affacturage, le crédit-bail, la modification de la loi n° 2013-01 du 14 août 2013 portant Code foncier et domanial, les conditions et la procédure d'embauche, de placement de la main-d'œuvre et de résiliation de contrat de travail, l’organisation du secret de la défense nationale, le régime des zones économiques spéciales en République du Bénin. A ces textes initiés par des députés s’ajoutent la proposition de loi portant Code du numérique, la modification de la loi n°2009-02 du 07 août 2009 portant Code des marchés publics et des délégations de service public, le régime général d'emploi des collaborateurs extérieurs de l'Etat, le renseignement et l’identification des personnes physiques n
Actualités 13 mars 2017

Le Bénin dispose d’énormes atouts pouvant lui permettre de rivaliser avec les grandes destinations d’Afrique. Sauf que le pays s’y prend mal. Le taux de fréquentation de la richesse touristique laisse à désirer, du moins jusqu’à un passé récent. Mais on note une volonté affichée du régime du Nouveau départ à révolutionner le secteur.
Le Bénin met la barre haute et se fixe de grandes ambitions à l’horizon 2021 pour son secteur touristique. Pour y arriver, le Gouvernement déploie ces derniers mois l’artillerie lourde. Plans, projets, projections, prévisions… le tourisme à peine présent dans les débats publics est devenu la tasse quotidienne. Ministres, chefs d’agence, puis le président de la République lui-même ne font pas dans la dentelle. « Patrice Talon nous fait rêver », confesse Alméric Fandohan, jeune opérateur touristique. Le président de la République du Bénin, dit-il, lui donne des raisons de s’accrocher à un secteur d’où il comptait partir « pour se chercher ailleurs ».
En effet, le discours du chef de l’Etat est accrocheur. « Nous sommes riches d’un patrimoine historique extraordinaire dont nous pouvons être fiers. Ce patrimoine doit nous permettre de développer le tourisme, un secteur capteur d’emplois et capable de faire rayonner le Bénin dans le monde. Enfin, nous avons un capital humain de grande réputation avec de nombreux Béninois qui se distinguent dans le monde entier », s’enorgueillit le président Patrice Talon, à l’occasion du lancement du programme d’action de son gouvernement, promettant ainsi que le jadis quartier Latin de l’Afrique « va redorer son blason et révéler au monde ses talents et ses compétences ».
Le secteur est hissé au rang des priorités de son quinquennat. Sur les 45 projets phares du mandat, le tourisme absorbe six : Parc de la Pendjari, cité lacustre de Ganvié, pôle Abomey – Porto-Novo, tourisme premium-tata Somba, cité historique de Ouidah, stations balnéaires.
A la tête de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et du développement du tourisme (Anpt), créée pour booster le secteur et le hisser au rang de priorité de développement, l’écrivain et metteur en scène José Pliya enchaîne les actions pour donner corps au rêve du président Patrice Talon. « Notre objectif d’ici la fin du quinquennat c’est d’atteindre 700 000 touristes », projette l’homme. Mais l’ambition ici n’est pas seulement en termes de chiffres. José Pliya explique en effet que l’autre ambition, c’est d’augmenter la part du tourisme de loisirs. « Toutes les projections nous donnent de bons espoirs d’y arriver parce que nous allons développer la Pendjari, les Tata Somba, créer un nouveau musée à Abomey, un nouveau musée des arts, civilisation et Vodoun à Porto Novo, développer le tourisme balnéaire et historique avec la route de l’esclave à Ouidah », annonce-t-il.
Officiellement, indique le directeur de l’Anpt, entre 2017-2021 un investissement de 600 milliards de francs Cfa est prévu pour le tourisme. « Un effort sans précédent » qu’il salue, arguant que le chef de l’Etat et son gouvernement ont pris la mesure de la situation. « Quand vous avez un vrai trésor, une mine d’or, vous mettez beaucoup de moyens dedans parce que savez que le retour sur investissement sera colossal. C’est ce que nous faisons. Investir dans notre tourisme, créer des espaces, aménager nos sites touristiques, créer de vrais produits touristiques aménager des packages et dès qu’on l’aura fait, l’Etat aura fait ses investissements, le privé prend le relais pour faire fructifier », poursuit-il.
Autant de balises qui verront arriver les touristes avec de nouveaux « produits phares » et « une communication internationale ». Seulement, il faudra, détaille-t-il, réhabiliter les réceptifs hôteliers, former les guides … D’ici deux ans, donc en 2019, « une grande campagne internationale sur la destination Bénin » sera faite, promet-il. José Pliya se veut tout de même prudent : « Nos projections sont prudentes, mais nous pensons objectivement que les cinq cent mille touristes peuvent être dépassés d’ici la fin du quinquennat ».
En fait, le Bénin ne tire pour l’instant que peu de choses de son secteur touristique malgré l’énorme potentialité dont le pays regorge. Le secteur ne représente que 0,7% du Pib. Les derniers chiffres officiels, pour la saison 2014-2015 « parlent de 200 000 touristes ». Un chiffre peu accrocheur lorsqu’on observe le taux de fréquentation de certains pays ouest-africains. « Quand on observe l’absence de politique, on peut l’accepter. Sans rien faire, on a droit à 200 000 personnes. Imaginez qu’avec un peu de communication on peut doubler ce chiffre là », soutient José Pliya.
Tourisme de loisirs et d’affaires
« Pour développer le tourisme, il faut réussir à réaliser l’attractivité des territoires donc la préservation et la mise en valeur du patrimoine. Ces actions induisent la création d’emplois et on crée des richesses qui impactent la population. Nous allons créer des facilités et des conditions pour que les gens aillent visiter nos sites », soutient Richard Sogan, secrétaire général du ministère en charge du Tourisme. Des aménagements pour faciliter l’accès aux sites, bien accueillir les touristes, l’érection des équipements de confort, la modernisation des routes, du système de transport, de santé sont autant d’éléments prévus, selon lui, pour mettre les touristes dans le confort. D’autres aménagements à proximité des sites sont prévus pour impacter le tourisme et même au-delà les populations en général et les communautés vivant dans la zone. Le « tourisme de voisinage » aura ainsi tout son sens, aux côtés du tourisme international, explique-t-il. « Il y a un lien, de manière à ce que toutes les actions soient inclusives. Nous allons donc créer une nouvelle race d’entrepreneurs, faciliter l’accès au crédit parce qu’on va créer les conditions pour que les porteurs de projet dans le cadre du touriste culturel puissent créer de la richesse et des devises. Et les promoteurs seront des privés. De nouveaux marchés vont se créer et même les banques vont en bénéficier », espère Richard Sogan.
Une vision largement partagée par José Pliya. Celui-ci projette deux formes de tourisme : le tourisme d’affaires et le tourisme de loisir. Si le premier est déjà présent au Bénin, par contre le second reste peu développé et il compte y travailler. « Pour le tourisme d’affaires, les infrastructures sont déjà en place et est la première niche du tourisme béninois. Ce que nous voulons tout en conservant ce tourisme d’affaire, c’est augmenter la part du tourisme de loisir ». C’est pour cette nouvelle cible que le patron de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et du développement du tourisme dit travailler. Pour ces nouveaux touristes : Occidentaux, Afro-descendants… il sera créé les infrastructures y afférentes. « Notre objectif c’est de changer la donne. Nous allons aménager nos sites, créer de nouveaux réceptifs hôteliers dans les villes qui vont accueillir les sites de loisirs… », insiste José Pliya. Un travail qui, reconnaît-il, « a besoin de temps ». D’autres « mesures suivront pour faciliter le visa électronique par exemple et alléger l’arrivée des touristes internationaux. A côté des facilités offertes aux africains, il faut qu’il y ait au moins une simplification numérique pour que les autres touristes aient la même facilité pour venir au Bénin », suggère-t-il aussi.
La suppression des visas : un pas de géant
Le Bénin allège les formalités d’entrée sur son territoire à plusieurs pays africains. Les ressortissants des pays comme l’Afrique du Sud, l’Angola, le Cameroun, la République démocratique du Congo, le Gabon, le Tchad, la Guinée équatoriale, la Tanzanie, le Rwanda, le Zimbabwe etc… peuvent, depuis quelques jours, fouler le sol béninois sans difficulté et formalité protocolaires de visas. Les ressortissants de ces pays « sont exemptés du visa d’entrée au Bénin pour une durée n’excédant pas 90 jours ». Cette mesure inspirée de l’expérience rwandaise avait été annoncée par le chef de l’Etat béninois, de retour d’une visite officielle effectuée au Rwanda du 29 au 31 août 2016. Si la mesure vise à faciliter les échanges entre le Bénin et les autres pays du continent, elle penche également en faveur de la promotion touristique.
« Il s’agit d’une mesure très importante puisqu’il y avait déjà les pays de la Cedeao qui n’avaient pas besoin de visas mais là, le Gouvernement suivant la volonté du chef de l’Etat, a entériné que 40 pays n’ont plus besoin de visas pour venir au Bénin », explique José Pliya. Selon lui, « c’est un grand pas » et c’est aussi « l’un des premiers verrous pour le développement du tourisme, la circulation des personnes sans tracasserie administrative ». Et d’ajouter que « c’est d’abord un geste politique ». Pour le secteur touristique, poursuit-il, « c’est un signe puissant adressé à tous les tours opérators pour leur dire de se tenir prêts ». Avec cette mesure, pense José Pliya, les professionnels de tourisme qui se plaignaient auront du grain à moudre. La suppression de ces tracasseries administratives, pense-t-il, « libère des énergies » et le Bénin peut espérer du monde qu’il faudra « accueillir dans de bonnes conditions ».
Oscar Tossavi, directeur d’une agence de tourisme et de billetterie, salue également la prise de cette décision pour laquelle les professionnels du secteur se sont battus depuis de nombreuses années. « Nous avions mené pas mal de démarches pour faire comprendre que ce qui fait que des pays comme le Sénégal ont de l’avance sur nous en ce qui concerne le flux touristique, c’est d’abord les questions de visa », explique-t-il. Pour lui, lorsque le touriste pense à toute la tracasserie, et qu’il n’a pas un intérêt particulier ou une urgence, il est démotivé. « Entre un pays qui n’exige pas le visa avant embarquement dans l’avion et celui qui en fait une obligation, le taux de fréquentation n’est pas le même », commente-t-il. Mais, indique Oscar Tossavi, il reste des efforts à faire. La décision du chef de l’Etat, observe-t-il, ne touche que le visa et à court terme accordé aux Africains. « Une telle décision, limitée aux Africains, ne va pas trop booster le flux touristique tel qu’on le pense », soutient l’opérateur. Et d’argumenter ensuite que cette mesure est accordée à des pays « qui ont presque les mêmes curiosités touristiques » que le Bénin. « Ils viendront peut-être faire des affaires », lance-t-il.
Quid de la Route des pêches?
Le projet dit « Route des pêches » a été annoncé depuis des années comme un élément majeur du renouveau touristique du Bénin. Mais des actes à la parole, il s’est creusé un long fossé qui n’a permis aucune matérialisation. Les décennies se sont écoulées sans que le fameux projet ne prenne corps. Des énonciations, de la parole, quelques actions d’éclat… et puis, plus rien. La fameuse Route des pêches n’a jamais réussi à se concrétiser. Il a fallu attendre les ultimes moments du second mandat de Boni Yayi, président de la République d’alors pour que démarre, enfin, les travaux censés aboutir à l’érection de la route tant attendue. Ensuite, le Gouvernement du président Patrice Talon qui a repris à son compte ce projet dans son Programme d’action a, en Conseil des ministres, mercredi 15 février dernier, décidé de donner un coup d’accélérateur au projet et de le redimensionner. Les ambitions ont été également revues à la hausse.
« Dans le cadre de la mise en œuvre du Programme d’action du Gouvernement et en vue de décongestionner la ville de Cotonou, le Gouvernement a retenu de faire passer désormais une partie du trafic portuaire par la route des pêches. Dans cette perspective, la structure de la chaussée initialement retenue devrait être redimensionnée en vue de la renforcer », annonce le ministre d’Etat secrétaire général à la présidence de la République au sortir du conclave gouvernemental.
« Les négociations engagées avec l’entreprise Adeoti Sarl (société en charge des travaux Ndlr) ont permis de retenir une nouvelle structure de la chaussée dont les caractéristiques rassurent quant à la solidité de cette voie, qui pourra supporter un trafic lourd pour une durée de 20 ans », indique-t-il. C’est encore lui qui fait savoir que le Conseil des ministres « a autorisé la poursuite des travaux sur la base des nouvelles options retenues et la prise d’un avenant au marché relatif à l’exécution des travaux d’aménagement et de bitumage de la Route des pêches phase I, tronçon Cotonou-Adounko (13,20 Km) confiés à l’entreprise Adeoti Sarl.
Le coût global des travaux s’élève à 26,2 milliards de F Cfa hors taxe. Le financement est assuré par la Banque ouest-africaine de développement (Boad) et un préfinancement de l’entreprise concernée à hauteur de 18,7 milliards F Cfa. Une nouvelle qui vient comme pour apaiser les incrédules comme J.B., promoteur d’un espace de divertissement situé sur la plage de Fidjrossè. Pour lui, il y a désormais « des raisons de croire que la route se fera ». Mais tous ne voient pas cette nouvelle option d’un bon œil.
Dans un article publié récemment dans un quotidien de la place, Dominique Fifatin écrit : « Le projet de la Route des pêches était venu à point nommé et devrait permettre au Bénin de promouvoir, entre autres, le tourisme côtier en vue d’en tirer un meilleur profit pour l’économie béninoise. Malheureusement, le Gouvernement actuel a remis en cause cette vision et a suspendu la construction de cette route ». Selon le communiqué du Conseil des ministres du mercredi 15 février, retient-il, « Le Gouvernement a retenu de faire passer désormais une partie du trafic portuaire par la route des pêches ». Et pour lui, « Cette décision met en danger le tourisme côtier » dans notre pays.
A l’en croire, « Le Bénin dispose de l’une des plus petites côtes en Afrique avec une longueur de 125 km dont à peine la moitié est réellement exploitable à des fins touristiques… La bande jouxtant l’aéroport de Cotonou et conduisant à Ouidah qui correspond au projet touristique de la Route des pêches, paraît la plus adaptée à l’exploitation touristique ». Aussi, indique-t-il que « comme le prévoit le Programme d’action du Gouvernement, cette zone se prête à l’aménagement de stations balnéaires pour en faire des espaces de loisirs et de détente et accueillir des hôtels de haut standing, ainsi que des établissements de luxe ». Sa conclusion, c’est que « la déviation du trafic portuaire par la route des pêches réduira certainement l’attrait touristique de cette zone » et « le passage de camions gros porteurs ne rime pas avec le tourisme balnéaire ».

Le Bénin a honoré ce mercredi 8 mars, le rendez-vous de la Journée internationale de la femme (Jif). Les manifestations officielles se sont déroulées au Palais des congrès de Cotonou et ont fait ressortir le lien entre l’autonomisation féminine et le développement. C’était l’occasion pour le ministre en charge des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, de procéder au lancement du projet ‘’Vikanhiho’’ de lutte contre le mariage des enfants.
La problématique de l’autonomisation socioéconomique des femmes est au cœur de la 22e édition de la Journée internationale des femmes (Jif) au Bénin. Pour réaliser ce préalable de développement, le pays entend libérer les capacités économiques de ses femmes en leur donnant les moyens de se réaliser. Le thème « Autonomisation socio-économique de la femme : un pas vers le développement du Bénin » retenu au plan national renseigne bien sur la volonté du pays de mettre les femmes dans les conditions idéales et de les associer à l’élan de construction de la Nation.
Pour faire de l’autonomisation des femmes une réalité, le Bénin ne doit plus se permettre le luxe de les mettre à l’écart. Pour y arriver, il lui faudra s’attaquer véritablement aux violences qui touchent la couche. C’est le cri de cœur du chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur genre et protection sociale, Jonathan Richter qui invite à réfléchir sur les obstacles qui entravent le potentiel des filles et des femmes. Il insiste surtout sur la lutte contre la non scolarisation des filles, les mariages d’enfants et les violences basées sur le genre.
Délivrant le message du secrétaire général de l’Onu, le coordonnateur résident du Système des Nations Unies, Siaka Coulibaly, mettra l’accent sur l’égalité des sexes comme facteur de développement. Selon lui, ce challenge va de pair avec l’autonomisation des femmes. « L’autonomisation et l’égalité des sexes sont essentielles au développement des sociétés et cruciales pour le programme du développement mondial », indique-t-il. Pour réaliser cet idéal, argumente-t-il, « Nous devons nous engager à faire tout possible pour mettre fin aux discriminations et à promouvoir les femmes ».
Pour relever le défi de l’autonomisation des femmes, les Nations Unies semblent entièrement disposées à accompagner les efforts du Bénin. « Je renouvelle le soutien du peuple américain aux initiatives visant à promouvoir les femmes et les filles », a réitéré l’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique près le Bénin, Lucy Tamlyn.
Bientôt des maisons de l’autonomisation
Pour réaliser l’autonomisation des femmes, Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat en charge du développement indique la conduite à adopter. « Il est temps de repenser sa participation au Développement de la Nation », tranche-t-il. La construction d’une vraie nation reste un vœu pieu, sans la contribution des femmes, affirme-t-il. Une préoccupation que le Gouvernement du Nouveau départ prend à bras-le-corps, assure-t-il. La 1ère édition de la Jif sous le nouveau régime rime avec l’ouverture prochaine des Maisons de l’autonomisation économique des Femmes (Maef), creuset de développement des compétences et de la créativité pour les filles déscolarisées. Une nouveauté qui permettra aux femmes de jouer leur rôle en faveur de l’essor économique du Bénin.
Toutefois, l’autonomisation de la femme ne peut être possible si la couche est décimée par des maladies. C’est ce qui explique le partage des informations sur le dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus et sur la planification familiale au lancement des activités.
La visite des stands et des cliniques mobiles a mis un terme à la cérémonie officielle de la Jif. Cap a été mis dans l’après-midi sur la prison civile de Cotonou où les autorités ont fait don aux femmes détenues. Aussi, ont elles fait des plaidoyers en vue de la libération de celles qui n’ont pas pu payer leur caution et de celles qui, pendant six mois, conformément aux lois pénales n’ont pas rencontré le juge.

A l’instar de la communauté internationale, le Bénin célèbre ce mercredi 8 mars, la Journée internationale de la femme. A la veille de cet évènement, le ministre en charge des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, a délivré un message à la nation, exhortant les populations béninoises à reconnaître aux femmes et aux filles leurs vraies places.
La Journée internationale de la femme est célébrée en souvenir des luttes des ouvrières au début du XXe siècle. Elle offre l’occasion au monde entier de passer à la loupe la situation féminine. Le Bénin ne se soustrait pas à ce devoir de mémoire. Dans son adresse à la nation hier, le ministre en charge des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, a rappelé que le statut social de la femme demeure l’un des obstacles majeurs au développement harmonieux et équitable de la société. Toutefois, nuance-t-elle, le Bénin peut se féliciter du chemin parcouru en matière d’émancipation des femmes. Elle n’en veut pour preuve que l’adhésion du pays à la plupart des instruments internationaux relatifs à la promotion de la femme et du genre, l’engagement des partenaires techniques et financiers aux côtés du Gouvernement et de la collaboration de la société civile.
Malheureusement, dénonce-t-elle, beaucoup d’obstacles freinent encore l’élan de promotion des femmes. Entre autres, la méconnaissance par les femmes des textes de lois, leur faible niveau d’instruction, la marginalisation dans les instances décisionnelles et les discriminations de tout genre.
Dans le cadre de la présente édition, les Nations Unies ont retenu pour thème « Les femmes dans un monde du travail en évolution : une planète 50-50, d’ici à 2030 ». Un thème qui, selon le ministre, exhorte « à franchir le pas vers l’égalité entre les sexes d’ici à 2030, en faisant en sorte que le monde du travail soit accessible à toutes les femmes », elles qui sont faiblement représentées dans le monde du travail. « Une très grande majorité des femmes travaille dans l’économie informelle et les tâches domestiques et exerce des activités peu rémunérées et peu qualifiées, ne bénéficiant pratiquement d’aucune protection sociale », se désole-t-elle. Or, souligne Adidjatou Mathys, « Le fait que les femmes aient plus de ressources a des répercussions majeures sur le développement parce qu’elles ont tendance à consacrer une plus grande part de leur revenu à leur famille ». Selon le ministre, l’augmentation du revenu des femmes et leur contrôle accru sur les dépenses familiales peuvent se traduire par des améliorations au chapitre de la nutrition, de la santé et de l’éducation des enfants, … ».
C’est ce qui justifie le choix du thème national : « Autonomisation socio-économique des femmes, un pas vers le développement du Bénin ». La problématique préoccupe d’ailleurs le Gouvernement qui a dédié trois projets majeurs aux femmes pour les sortir de la précarité. Il s’agit, précise le ministre, du Projet d’assurance pour le renforcement du capital humain, du Projet d’autonomisation économique des femmes et de promotion du genre et du Projet de protection des couches vulnérables.
Au chronogramme de la quinzaine entrant dans le cadre de la Jif, indique Adidjatou Mathys, des séances de dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus, suivies des offres de planification familiale et de visites aux femmes incarcérées dans nos prisons.
Elle exhorte les femmes et les hommes à favoriser l’éducation de la jeune fille, à accompagner les femmes dans les activités génératrices de revenu, aux soins de santé, à l’héritage des biens immeubles et aux instances décisionnelles.

Les rois et chefs traditionnels devraient jubiler à la suite de l’audience que le président de la République leur a accordée, samedi 4 mars dernier. En plus d’une reconnaissance juridique, tout sera mis en œuvre pour faire d’eux des acteurs de développement, a promis le président de la République.
Trois doléances majeures ont été faites par la délégation des rois et chefs traditionnels du Nord reçus en audience, samedi 4 mars au palais de la présidence de la République. Sa Majesté Gangorosuambu, roi de Kika, a expliqué au président Patrice Talon, le rôle remarquable des chefferies aux plans politique, économique et socioculturel en faveur de la paix et du développement. Selon lui, il est nécessaire pour le pays de recentrer le concept de la chefferie et de la royauté et de clarifier l’ordre protocolaire à l’intérieur de cette composante pour en avoir une meilleure organisation.
Au-delà de l’organisation, les rois souhaitent être aux côtés des autorités pour le développement. Ils ont des « objectifs précis en conformité avec le Programme d’action du Gouvernement (Pag) » et l’ont fait savoir au président de la République. Ils souhaitent ainsi « participer aux côtés des autorités locales et nationales aux œuvres de développement à travers les questions de population, de santé et d’éducation ». Ce qui implique, poursuit sa Majesté Gangorosuambu, « l’identification des rois dans une administration décentralisée, l’identification du rôle de l’administration vis-à-vis des rois, l’établissement de modes de collaboration entre les deux entités afin d’associer les rois en général et leur organisation faîtière nationale, le Haut conseil des rois du Bénin (Hcrb) en particulier aux œuvres de développement ». Apporter assistance aux autorités locales et nationales pour la vulgarisation et l’implémentation sur le terrain des actions de développement dans tous les domaines et celles liées au Pag, travailler en coordination avec les autorités au niveau national pour doter les rois d’un texte juridique national et les associer aux tâches de maintien de la paix et de sécurité. C’est là, la dernière doléance faite par la délégation au chef de l’Etat, en présence du député Rachidi Gbadamassi et du maire de la commune de Parakou, Charles Toko.
Des doléances bien reçues par le président de la République qui a promis agir pour redonner à cette entité, la place qui est la sienne. « Vous incarnez l’autorité morale et traditionnelle dans tout le Bénin, les ancêtres, les parents… à ce titre, je suis votre fils et quand le père vient au fils lui apporter la bénédiction, vous comprenez combien il peut être honoré et heureux », a introduit le chef de l’Etat avant de dévoiler ses ambitions pour la chefferie traditionnelle. « Je prends vos doléances comme de simples rappels », indique le chef de l’Etat. Pour lui, la reconnaissance de la chefferie traditionnelle sera intégrée au projet de révision qui sera transmis dans les jours à venir au Parlement. Ceci, pour donner un statut juridique à ces gardiens de la tradition.
Restauration de palais royaux
Le chef de l’Etat compte ainsi « donner un sens à la mission de la chefferie » pour que son « rôle dans la cité soit efficace et effective aux côtés de l’administration publique ».
Dans le cadre du vaste programme d’investissement pour le secteur du tourisme prévu dans le Pag, quelques palais de grands royaumes traditionnels anciens vont être restaurés. L’annonce a été faite par le président Patrice Talon, au cours de l’audience qu’il a accordée aux chefs traditionnels et rois du septentrion. « Nous choisirons. L’Etat ne pourra pas tout restaurer. Cela ne devrait pas faire l’objet de complication. Nous allons nous employer à œuvrer pour donner plus de sérénité à la royauté », a promis le chef de l’Etat. Mais prévient-il, tout se fera pour que « l’intervention de l’Etat n’aggrave pas le déchirement »?

Le président de la Cour constitutionnelle s’est entretenu, vendredi 3 mars dernier dans son cabinet, avec plusieurs délégations reçues en visite de courtoisie et de prise de contact. De nombreux sujets ont été abordés.
Quatre nouveaux ambassadeurs du Bénin en partance pour leurs pays d’accueil respectifs composent la première délégation reçue en audience par le président Théodore Holo, vendredi 3 mars dernier. Les diplomates étaient en visite de courtoisie et de prise de contact pour les échanges d’usage avant leur départ pour la prise de fonction. Il s’agit de Naïm Akibou en partance pour l’Iran ; Eric Saïzonou pour l’Afrique du Sud ; Baré Mohamed, le Qatar et Zacharie Akplogan, la Belgique.
Selon Eric Saïzonou, porte-parole de la délégation, cette rencontre est une visite de présentation des nouveaux ambassadeurs au président de la Cour constitutionnelle. Au terme de leur audience, les diplomates se sont dits satisfaits des échanges qu’ils ont eus avec leur hôte. « Nous avons reçu des conseils très avisés de la part du président dans les domaines où chacun de nous est appelé à servir dans ses nouvelles fonctions », indique Eric Saïzonou.
Le président de la Cour constitutionnelle a également reçu les membres de l’Association nationale des anciens parlementaires (Asnap) du Bénin. Rafiatou Karimou qui conduit cette délégation est allée présenter les membres du nouveau bureau de ladite association au président Théodore Holo. Ces anciens parlementaires s’emploient à mettre leurs expériences au service de la nation béninoise à travers plusieurs activités telles que la vulgarisation des lois et textes de la République.
Une autre délégation conduite par Esther Orou, présidente du comité d’organisation de la Journée internationale de la femme, a été introduite par la suite chez le président Théodore Holo. Les échanges ont porté sur les activités prévues dans le cadre de l’organisation de ladite journée. Esther Orou dit avoir reçu le soutien du président de la Cour constitutionnelle pour le bon déroulement des manifestations.
Concours international de procès
Le professeur Ibrahim Salami était également au cabinet du président de la Cour constitutionnelle. Il y est allé parler avec son hôte de l’organisation prochaine au Bénin du concours international de procès simulé « Charles Rousseau » en droit international. Ledit concours se déroule du 28 avril au 6 mai 2017 au Bénin. Le professeur Ibrahim Salami est porteur d’une invitation de participation qu’il a adressée à son hôte. « Je suis venu solliciter sa participation à ce concours qui va donner un rayonnement international à notre pays », affirme-t-il.
Actualités 06 mars 2017

Le ministère en charge des Affaires sociales a organisé une marche de cœur ce dimanche 5 mars au profit de la gent féminine. Les ministres Adidjatou Mathys, Oswald Homéky et Rafiatou Monrou et d’autres personnalités ont rehaussé de leur présence cette manifestation qui s’inscrit dans le cadre de la célébration de la Journée internationale de la femme (Jif) édition 2017.
Très tôt hier dimanche, pourtant jour de culte, des femmes venues de divers horizons du pays se sont massivement mobilisées pour la marche de cœur organisée par le ministère des Affaires sociales dans le cadre de la Journée internationale de la femme, édition 2017. Partis du stade de l’Amitié Général Mathieu Kérékou aux environs de 7 h avec des pancartes et banderoles portant des messages relatifs à la promotion des droits des femmes et des filles, les marcheurs ont rallié la place de l’Etoile rouge avant de revenir vers 9 h au point de départ. Sur place, on pouvait distinguer la présence des associations féminines, des Ong, des personnalités politiques, les partenaires techniques et financiers, les délégations de femmes de la Police, de la Gendarmerie et des sapeurs-pompiers. On peut y lire du soutien aux femmes en détention abusive, aux filles précocement mariées, aux femmes victimes des discriminations de tout genre, aux femmes leaders politiques ou du plaidoyer en faveur de l’éducation des filles, de l’égalité de chance d’accès aux ressources productives entre les deux sexes. A ce tableau, s’ajoutent des doléances pour corriger les inégalités qui touchent les femmes.
La représentante de la société civile, Sidikatou Adamon Houédété, a plaidé pour la relance du micro-crédit, la valorisation du statut de la femme, la dynamisation de l’Institut national pour la promotion de la femme (Inpf), et la lutte contre la féminisation de la pauvreté.
Pour le chef de file des partenaires techniques et financiers du secteur genre et protection sociale, Jonathan Richter, la marche est un parfait exemple des actions de base que les citoyens peuvent mener pour améliorer leur santé. Elle témoigne du souci des initiatrices de l’entretien de leur propre santé et celle des autres femmes.
Expliquant le bien-fondé de la marche, le ministre en charge des Affaires sociales, Adidjatou Mathys, souligne qu’une population en bonne santé est créatrice de richesse. Cet idéal, insiste-t-elle, n’est pas réalisable sans la femme.
Au-delà des avantages au plan sanitaire, cette marche est la preuve de l’attachement du Nouveau départ à l’amélioration des conditions de vie des femmes, précise-t-elle. « Nous avons voulu célébrer autrement la Journée internationale de la femme afin d’identifier les causes réelles des discriminations qui les touchent et de passer aux solutions durables », souligne-t-elle.
Adidjatou Mathys en a profité pour remettre cinq tricycles aux femmes handicapées, don de l’ambassade de Chine au Bénin. Le thème de la Jif, édition 2017 est intitulé « Autonomisation socioéconomique des femmes, un pas vers le développement du Bénin ». Ce thème montre que l’autonomisation de la femme passe par sa prise en compte sur tous les plans?

Des paysans de Sah-Condji, un village de l’arrondissement de Djanglanmey à Grand-Popo, sont sous le choc. Ils sont victimes d’un incendie déclaré, vendredi 3 février, à partir d’un feu de brousse, selon quelques témoins. Les flammes ont causé beaucoup de dégâts matériels dont environ trente cases parties en fumée. Aucune perte en vie humaine n’est enregistrée. Cependant, on compte deux personnes blessées qui ont eu la vie sauve grâce à des militants de la Croix- Rouge qui les ont référés rapidement à l’hôpital de Comé.
L’incendie aurait pu être plus dévastateur sans le recours au Groupement régional des sapeurs-pompiers de Lokossa, enfin doté d’un nouveau camion d’intervention. La propagation des feux, explique un agent du groupement, a été facilitée par la précarité des matériaux de construction des cases ainsi que leur contenu : huile rouge, noix palmistes et autres résidus des noix de palme. « L’inexistence du moindre poteau d’eau dans toute la commune de Grand-Popo a constitué un obstacle à l’efficience de notre action », a-t-il déploré. Il a fallu que des autorités usent de leur leadership pour les aider à trouver un point d’eau en vue de recharger leur véhicule dans la localité. Autrement, le camion serait obligé de parcourir une soixantaine de kilomètres pour aller à Comé, localité proche disposant de poteau d’eau.
Ce cas d’incendie repose la problématique de la répartition spatiale des poteaux d’eau sur l’ensemble du territoire national.
Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo

Ce jeudi 2 mars à Agoué à Grand-Popo, s’est ouvert un séminaire des députés de la 7e législature sur le thème « Amélioration de la représentation de la femme au Parlement ».
Comme à Dassa-Zoumè où ils se sont penchés pendant six jours sur une douzaine de propositions de lois qu’ils étudieront en commission et examineront en plénière, les quatre-vingt-trois parlementaires béninois réfléchissent sur les actions à mener pour favoriser une représentation substantielle des femmes à l’Assemblée nationale. L’atelier de deux jours pourra accoucher d’une proposition de loi dans ce sens pour que le tir soit corrigé peut-être dès la prochaine législature après l’adoption de ce texte.
Les travaux ont été lancés par le président de l’Assemblée nationale qui avait fait la promesse de l’organisation de ce séminaire de réflexion lors de son discours d’ouverture de la 2e session ordinaire de l’année 2016 en octobre dernier. Me Adrien Houngbédji a mis l’accent sur toute la pertinence de la rencontre. En effet, les statistiques nationales renseignent que depuis la 1ère législature en 1991 jusqu’à ce jour, le ratio Femmes/Députés n’a jamais atteint la barre des 10% au Parlement béninois qui reste dès lors un mauvais élève en matière d’opérationnalisation des mesures pour l’amélioration de la place de la gent féminine dans la vie publique. A titre illustratif, de huit femmes députés au cours de la sixième législature (2011-2015) soit 9,6%, elles ont dégringolé à sept sous la septième législature en cours soit 8,4%. Un tableau peu reluisant qui contraste avec la situation dans plusieurs autres pays africains, notamment au Rwanda où le taux de représentation est de 63,8%, 42,7% au Sénégal, 41,8% en Afrique du Sud, 31,1% au Cameroun, 17,6% au Togo et 14,6% au Niger. La présidence du Parlement sud-africain est même actuellement assurée par une femme. Ce qui n’a jamais été encore le cas au niveau de l’Assemblée nationale du Bénin qui n’a connu jusqu’ici que des hommes au perchoir. Toutes choses qui interpellent et appellent à des actions. C’est ce qu’ont compris les députés de la 7e législature en organisant ce conclave de deux jours. Il s’agira pour eux de réfléchir sur la problématique et de dégager un consensus sur le contenu d’une proposition de loi qu’ils auront à voter pour inverser la tendance?

Le Bénin a traversé une profonde crise vers la fin des années quatre-vingt et comme pour parer au pire, le Général Mathieu Kérékou, alors grand camarade de lutte et président de la République, convoqua une conférence nationale dite des forces vives de la nation. Il s’agissait essentiellement de réunir dans la même salle, les acteurs politiques que sociaux, les intellectuels ainsi que les artisans du pays pour réfléchir sur la situation calamiteuse du Bénin et de trouver la thérapie nécessaire pour y remédier...
La tension était vive et perceptible. Une forte anxiété habitait chaque conférencier et débordait même par delà les clôtures de l’hôtel Plm Alédjo où se tenaient les assises. Ce n’était pas gagné d’avance. Tous ceux qui ont vécu cette période, se souviennent encore et il est bon de le faire savoir à ceux qui n’ont pas eu ce privilège. Le renouveau démocratique au Bénin n’a pas été un simple cadeau mais il a été gagné de haute lutte.
En effet, les esprits ne se sont libérés qu’après l’historique discours du Président Mathieu Kérékou dont il me plaît ici de ressortir quelques extraits : « En cette séance solennelle de la clôture officielle des travaux de la conférence nationale, nous voudrions remercier et féliciter vivement tous les délégués qui n’ont ménagé ni leurs forces, ni leurs santés pour faire en sorte que l’impasse soit évitée et que les espérances du peuple béninois ne soient pas déçues. Aussi voudrions-nous une fois encore vous dire combien nous nous réjouissons de l’enthousiasme avec lequel vous avez massivement répondu à notre appel et de l’ardeur avec laquelle vous avez travaillé sans désemparer durant neuf jours et souvent tard dans la nuit. Nous tenons également et surtout à féliciter notre présidium et plus particulièrement l’homme de piété qui a présidé vos travaux, Son Excellence Mgr Isidore de Souza ici présent. Nous lui rendons un vibrant hommage pour son courage, sa patience, sa sensibilité et sa fermeté, et surtout pour sa lucidité et sa clairvoyance, toutes qualités rares chez le commun des mortels, qualités avec lesquelles il a réussi à gérer toutes les contradictions concentrées au sein de la conférence. Tous ces remerciements s’adressent aussi à tous les anciens présidents que nous ne considérons pas, en ce qui nous concerne, comme des délégués à la conférence, mais nos invités de marque.
Le renouveau démocratique qui vient d’être consacré au niveau de la conférence ouvre la voie d’une nouvelle légitimité dans notre pays, le Bénin. Commander, c’est prévoir, dira l’autre. Et c’est pourquoi à l’ouverture des travaux de cette conférence, lundi 19 Février 1990, nous avons dit que nous étions pleinement conscients des conséquences et de toutes les implications qui découleront de vos travaux. Nous ne sommes pas surpris et nous sommes donc calme parce que nous nous y attendons, mais dans un cadre plus respectueux que celui que nous avions vécu à certains moments. Dieu merci, la solution a été trouvée grâce au président du présidium.
Aujourd’hui mercredi 28 février 1990, nous prenons à témoin le peuple béninois tout entier en affirmant solennellement notre engagement à faire mettre en œuvre de manière réaliste toutes les décisions issues des travaux de la conférence nationale des forces vives de la nation.
Excellences, Mesdames, Messieurs, au nom de l’intérêt supérieur de la nation et du peuple béninois tout entier, nous disons que les décisions prises par la conférence seront appliquées dans l’ordre et la discipline librement, consentie. Ce n’est pas du défaitisme, ce n’est pas la capitulation, c’est une question de responsabilité nationale. »
Il est important de souligner qu’avant ce discours, les conférenciers avaient déjà eu droit au rapport général de la conférence ; un rapport brillamment présenté par le rapporteur général, le professeur Albert Tévoédjrè. Pour mémoire, je voudrais vous convier à savourer quelques extraits : « Monsieur le président, il n’y a pas de vent favorable à celui qui ne sait où il va. Vous avez voulu que je traduise nos convergences, je m’y suis efforcé sans vraiment toujours réussir à faire passer toute l’intensité du message. Mais je suis persuadé que chacun de nous, de Bertin Bona à Simon Ogouma, de Paulin Hountondji à Robert Dossou, de Joseph Kèkè à Adrien Houngbédji, de Moucharaf Gbadamassi à Théophile Paoletti, du président Emile Derlin Zinsou au président Mathieu Kérékou, nous avons décidé de tendre la main les uns aux autres. Cette Conférence veut avoir réussi à réconcilier la Nation avec elle-même. Tous les autres problèmes, si nous sommes fidèles aux décisions que nous avons prises, sont déjà résolus en puissance. Il serait tragique que notre sort, le sort de tout ce peuple soit celui de l’aiglon « de vouloir à l’histoire ajouter des chapitres, et n’être plus qu’un front qui se colle à des vitres ». Alors parce que nous avons juré de ne plus jamais humilier l’intelligence, parce que les chaînes sont brisées et que nous avons définitivement conquis le droit de parler au nom de l’Afrique, et des libertés fondamentales des hommes et des femmes de ce continent, parce que nous entrons désormais en partenaire majeur, dans un monde majeur, parce que la nuit s’est dissipée et que l’aube nouvelle rayonne : « Au travail mes amis ! » Nous avons vaincu la fatalité »
Aujourd’hui 28 février 2017, soit vingt-sept ans après cette remarquable transition amorcée, que reste-t-il de l’héritage ? Que deviennent les acquis du renouveau démocratique ? Du président Mathieu Kérékou à Monseigneur Isidore de Souza en passant par les présidents Emile Derlin Zinsou, Hubert Maga, Justin Ahomadegbé et autres comme Moucharaf Gbadamassi, Salomon Biokou, Bertin Borna,..etc. peuvent-ils être fiers du Bénin et des Béninois d’aujourd’hui ? Difficile de répondre à ces questions, tellement les fondamentaux sont en difficulté. Tellement l’esprit citoyen a complètement déserté le forum. Tellement la classe politique et même syndicale a perdu tout son charme et a cessé d’être la locomotive ; surtout la classe politique. Les plus vieux ne servent plus d’exemple encore moins de référence ; les plus jeunes rassurent difficilement. Où en sommes-nous vingt-sept ans après avoir donné un si bel exemple à toute l’Afrique et au monde entier. La situation est préoccupante et nous avons le devoir de nous préoccuper de ce que devient le Bénin et les Béninois. De l’extérieur, les observateurs avertis sont confus. Que se passe-t-il dans ce pays qui dans un passé récent servait encore d’exemple dans maints domaines. Que se passe-t-il exactement ? La réponse n’est pas aisée. Il faut absolument renouer avec les repères en donnant priorité au Bénin en tout temps et en tout lieu. La conscience citoyenne doit nécessairement habiter chaque Béninoise et chaque Béninois où qu’il se trouve. Le Bénin reste une promesse que nous devons réaliser. A l’occasion du 28 février 2017, je convie toutes les forces vives de la nation à un ressaisissement pour que vive le Bénin de nos rêves et de nos espérances.
* président du parti Conscience citoyenne
Par Moukaram A.M. BADAROU *
Actualités 01 mars 2017