La Nation Bénin...
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Que faire pour réduire la fréquence des flammes sur le site des palais royaux d’Abomey, à défaut d’y mettre définitivement un terme ? Sur la question, les approches ne manquent pas et les avis techniques sont tout aussi variés.
« Il faut absolument associer les familles royales et la mairie d’Abomey à la gestion du musée. Ces deux structures doivent jouer un rôle plus important à un niveau de responsabilité plus élevé sur la base d’un cahier des charges qui définit le rôle de chacun. Il faut également un investissement important pour sécuriser l’espace muséal, un renforcement du personnel d’entretien… ». C’est ce que préconise Didier Houénoudé, directeur du Patrimoine culturel au ministère du Tourisme et de la Culture, face aux incendies répétés dans les palais royaux d’Abomey. Il propose également la mise en place de « mécanismes d’alerte qui peuvent prévenir les risques d’incendie ». La finalisation du plan de gestion et du plan de gestion des risques peuvent aussi amoindrir les risques, pense ce docteur en histoire de l’art.
Pour Franck Ogou, spécialiste et expert en gestion de patrimoine culturel en service à l’Ecole du Patrimoine africain (Epa) à
Porto-Novo, en tenant compte de la nature et des causes de ces incendies, on peut être amené à faire trois observations. La première, c’est que « les communautés ne se reconnaissent plus dans leur bien et ne trouvent aucun intérêt à contribuer à leur préservation ». Cela implique, note-t-il, la mise en application de « l’une des recommandations de la mise en œuvre de la convention de 1972 à savoir l’implication des communautés dans la gestion des biens patrimoniaux ». Secundo, il relève la défectuosité des installations et la vétusté des matériels, sans oublier le faible effectif du personnel qui n’arrive pas à avoir le regard sur toute l’étendue du site. Selon lui, la résolution de ces trois problèmes constituera un début de solution aux incendies répétés à Abomey.
« Il est possible de remédier à cette catastrophe », pense aussi Pacôme Alomakpé, gestionnaire de patrimoine culturel, qui suggère comme « solution ultime », le respect du plan de gestion de ce bien patrimonial. Lequel, indique-t-il, intègre dans ses mesures, un code de sécurité stricte. « C’est ce qui est d’ailleurs universel et relève du bon sens quand il est question de la vie, de la protection et de la valorisation d’un bien culturel de reconnaissance mondiale », explique-t-il.
Au-delà de ces solutions plutôt techniques, le directeur du patrimoine culturel va en appeler aussi à la responsabilité des Béninois. Il s’agit, dit-il, « d’un bien qui appartient à tous les Béninois. L’Etat n’est pas le seul à devoir participer à la gestion et à la sécurité du site ». Pour Didier Houénoudé, accuser l’Etat ou encore le ministère en charge de la Culture n’aidera en rien à résoudre les problèmes des musées (fréquentation et autres difficultés). « Très peu de Béninois se soucient de leur fonctionnement et également très peu les fréquentent », déplore-t-il.
Risques de déclassement ?
La question de la fréquence des incendies sur le site va de pair avec les interrogations sur le déclassement ou non de ce site, le premier du Bénin classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Sur la question, les techniciens n’ont pas toujours une convergence de points de vue. Pour Franck Ogou, le risque de déclassement est permanent sur tous les sites inscrits au patrimoine mondial, seulement que ce n’est pas le même degré de risque partout.
S’agissant du cas d’Abomey, « le risque pourrait être plus élevé qu’ailleurs pour les nombreux problèmes de gestion du site, pas seulement à cause des incendies qui ne sont que la partie visible de l’iceberg ». Ce site « doit attirer plus l’attention des pouvoirs publics si nous voulons garder ce label », poursuit ce spécialiste du patrimoine à qui on doit, entre autres, la réfection du Jardin des plantes et de la nature de Porto-Novo. Aussi, révèle-t-il qu’un un plan de gestion des risques pour le site d’Abomey existe et résulte d’un atelier organisé en 2013. Un plan qui met l’accent sur les risques liés aux incendies et propose des solutions.
L’autre chose qui pourrait menacer le site et conduire vers son déclassement, analyse-t-il, ce sont les informations véhiculées à propos, « en des termes très alarmants et ambigus ». Son appel : « restons positifs et travaillons tous à préserver l’image de notre pays par la protection et la valorisation de nos patrimoines ». Didier Houénoudé, lui, pense que « pour l’instant il n’y a pas de risques de déclassement » car « l’incendie est mineur et n’a pas touché les collections, ni les réserves, ni les espaces d’exposition permanente et temporaire ». L’origine des flammes sur le site ne préoccupe pas moins ces techniciens et c’est sans mettre des gants que Pacôme Alomakpé soutient que « le défi du feu sur les sites des palais royaux d’Abomey sort de l’ordinaire et on peut croire que le mal provient de l’acte humain… le feu destructeur n’est pas anodin ».
Toujours est-il que le patrimoine culturel béninois ne se porte pas si mal que cela, affirme le directeur du patrimoine culturel. « Certaines pratiques rituelles et festives permettent de préserver le patrimoine immatériel. Des municipalités et des équipes du ministère en charge de la Culture travaillent à inventorier ce patrimoine culturel afin de pouvoir le rendre plus visible à l’international. Mais ce travail ne peut porter de fruits que si les populations elles-mêmes s’approprient leurs biens et décident de les protéger. Ce ne sont pas tous les éléments du patrimoine culturel qui ont besoin de grands moyens pour l’entretien ou la sauvegarde. Parfois, certains gestes simples de respect sont suffisants pour aider à une meilleure conservation du patrimoine culturel », certifie Didier Houénoudé n

Le Conseil des ministres s'est réuni mercredi, le 6 septembre 2017, sous la présidence de monsieur Patrice Talon, Président de la République, chef de l'Etat, chef du Gouvernement.
Au cours de la séance, le Conseil a approuvé plusieurs dossiers.
I. Mesures normatives.
Les dossiers ci-après ont été adoptés :
1.1 Projet de décret portant conditions de déroulement de la campagne de commercialisation 2017-2018 des amandes de Karité.
Le Conseil des ministres a entériné les propositions de la Commission permanente d'approvisionnement en facteurs de production, de commercialisation des produits agricoles et du commerce général et fixé le prix plancher des amandes de karité à 100 FCFA le kilogramme.
Cette décision vise à encourager les acteurs à la base de la chaîne de collecte et de commercialisation à poursuivre l'observance des conditions optimales de traitement et de stockage afin d'améliorer sensiblement la qualité de ce produit.
Par ailleurs, le Conseil des ministres s'est penché sur la question du transport des produits agricoles en général et de l'état des pistes rurales sur toute l'étendue du territoire national en particulier.
Le constat fait est peu reluisant et se rapporte à la qualité des travaux souvent mal exécutés ainsi qu'a la dispersion des ressources dans plusieurs ministères, notamment celui de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche et celui des Infrastructures et des Transports.
Pour corriger ces contreperformances, le Conseil a décidé de ce qui suit :
- regrouper en un seul programme tous les besoins d'aménagement et de réfection de pistes rurales sur l'ensemble du territoire national ;
- confier les travaux de réfection de pistes rurales au Ministère des Infrastructures et des Transports qui procédera chaque année aux travaux de réfection et/ou de construction de pistes rurales selon une programmation établie ;
- actualiser la classification des pistes pour se conformer à la réglementation en vigueur ;
- constituer un répertoire d'entreprises techniquement éligibles qui participeront aux consultations ;
- instaurer un contrôle rigoureux des travaux à effectuer par une réorganisation des structures de contrôle.
1.2 Adoption du budget de fonctionnement de l'Unité de Coordination du Projet «Assurance pour le Renforcement du Capital Humain » (UCP-ARCH).
En vue de permettre le démarrage de ses activités, le Conseil des ministres a adopté le budget de l'Unité de Coordination du Projet (UCP) chargée de la conduite du processus devant aboutir à la création de l'Agence Nationale de Protection Sociale (ANPS), dans le cadre de la mise en oeuvre du projet « Assurance pour le Renforcement du Capital Humain ».
Le ministre de l'Économie et des Finances a été instruit de prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer, le fonctionnement effectif de l'UCPARCH.
Il. Communications.
Sous cette rubrique, les dossiers suivants ont été approuvés :
2.1 Candidature du Bénin au poste de Juge à la Cour Pénale Internationale
Le Conseil des ministres a marqué son accord et son soutien à la candidature du Bénin au poste de juge à la Cour pénale internationale (CPI).
A cet effet, il est demandé au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et au ministre de la Justice et de la Législation, d'organiser le plaidoyer nécessaire en faveur de l'élection de la candidate de notre pays, Mme Reine Alapini Gansou, à cette fonction.
2.2 Point des négociations sur la Zone de Libre Échange Continental (ZLEC).
Le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat a présenté au Conseil des ministres, le point des négociations sur la création de la Zone de Libre Echange Continental (ZLEC).
Ces négociations ont été lancées par l'Union Africaine en juin 2015, faisant suite à une décision de la 25e session ordinaire de l'Assemblée des chefs d'État et de gouvernement de l'Union Africaine à Johannesburg.
L'objectif principal desdites négociations est d'aboutir, à la fin de l'année 2017, à un accord commercial global et mutuellement bénéfique entre les États membres de l'Union Africaine.
Les résultats des dernières négociations menées dans ce cadre se présentent comme suit :
- les modalités de négociations tarifaires, avec un niveau d'ambition de libéralisation à 90%, ont été retenues ; il a été demandé aux partenaires techniques et financiers, de déterminer des critères liés à la désignation des produits sensibles, à la liste d'exclusion et à la clause anti-concentration ;
- les modalités des négociations sur le commerce des services, telles qu'arrêtées par le Forum des négociations et la réunion des Hauts fonctionnaires, ont également été retenues ;
le calendrier des réunions sur les négociations de la ZLEC a été révisé.
Le Conseil des ministres a pris acte du point de ces négociations et instruit le ministre de l'Economie et des Finances, le ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et la Pêche, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération et le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Artisanat, qui président les travaux des Groupes de Travail Techniques au niveau national, de suivre les réunions des Groupes de Travail Techniques au niveau continental afin d'y faire valoir les spécificités de notre pays.
2.3 Rencontre et manifestations au Bénin
Le Conseil des ministres a autorisé l'organisation, dans notre pays, de la rencontre et des manifestations suivantes :
- 1re session de la grande Commission mixte de Coopération Bénino-Sud-Africaine, qui se tiendra à Cotonou, courant novembre 2017;
-20e édition de la Journée nationale de mobilisation pour la lutte contre les troubles dus à la carence en iode (TDCI), qui se déroulera à Ouèssè,
le 27 septembre 2017. A cet effet, des instructions ont été données au ministre de la Santé et au ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, de saisir l'occasion pour sensibiliser les populations sur la qualité du sel propre à la consommation, de poursuivre le contrôle systématique du sel importé et de procéder désormais au contrôle du sel produit localement ;
- Journée mondiale de lutte contre la rage, qui se déroulera le 28 septembre 2017.
2.4 Participation à des rencontres internationales
Le Conseil des ministres a marqué son accord pour la participation, de notre pays aux différentes rencontres ci-après :
- réunions de haut niveau, aux manifestations parallèles et au débat général de la 72e session ordinaire de l'Assemblée générale de l'Onu, qui se tiendra à New York, aux Etats-Unis, du 12 au 27 septembre 2017;
- 5e réunion des ministres d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP) chargés de la Pêche et de l'Aquaculture, qui se tiendra aux Bahamas, du 18 au 21 septembre 2017.
2.5 Comptes rendus.
2.5.1 Mesures prises pour enrayer l'épizootie affectant les hippopotames dans la réserve de la Pendjari.
Le ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche a rendu compte au Conseil des ministres, des mesures prises pour enrayer l'épizootie affectant les hippopotames dans la réserve de la Pendjari.
Il ressort des visites effectuées sur le terrain et des premières investigations menées que :
- Le phénomène observé n'est pas le premier dans l'histoire du Parc. Des mortalités similaires d'hippopotames avaient été en effet enregistrées courant 2014;
- le diagnostic d'infection par Bacillus anthraas devra être confirmé par un laboratoire de référence sollicité en Allemagne, dans les délais les plus courts ;
- l'équipe de veille installée par le CENAGREF et appuyée par la firme African Parks Network (APN) est instruite pour suivre quotidiennement l'évolution de la situation ;
- African Parks Network (APN), compte tenu de son expertise en la matière, doit se mettre en relation avec les Services Vétérinaires, le CENAGREF et autres structures en charge de la gestion des Parcs pour proposer un plan de réaction rapide ;
- l'Atacora, dans sa zone Ouest, étant en endémicité de charbon bactéridien, la Direction Départementale de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche (DDAEP) et le Projet de Lutte contre le Charbon Bactéridien ont été instruits de démarrer, sans délai, des séances de sensibilisation en direction des populations. A cet effet, il a été décidé que la dose vaccinale cédée à cinquante (50) francs CFA aux éleveurs soit gratuite, avec obligation pour les éleveurs de faire vacciner leurs animaux.
African Parks Network (APN), le CENAGREF et les Services Vétérinaires ont été instruits aux fins des actions urgentes ci-après :
- mise en place d'une équipe de recherche des carcasses pour ensevelissement, dans un rayon de 5 km autour de la mare ;
- gestion des carcasses autour de la mare aux canards (équarrissage puis enfouissement en profondeur raisonnable avec de la chaux vive) ;
- marquage des lieux d'enfouissement pour qu'ils soient reconnaissables de loin ;
- isolement des champs maudits.
Le Conseil des ministres a approuvé ces mesures et instruit le ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable et le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité publique, de prendre les dispositions nécessaires, chacun en ce qui le concerne, pour un suivi rigoureux des actions à mener.
Le ministre de l'Economie et des Finances mettra à la disposition du ministre de l'Agriculture, de l'Elevage et de la Pêche, les moyens nécessaires à cet effet.
23.2 Mission à l'étranger.
Le Conseil des ministres a approuvé le compte rendu de la participation de notre pays à la 9e réunion panafricaine des délégués africains de l'Organisation mondiale de la Santé Animale (OIE) sur la position coordonnée de l'Afrique sur les normes sanitaires, qui a eu lieu à Nairobi, au Kenya, du 3 au 5 mai 2017.
Fait à Cotonou, le 6 septembre 2017.
Le Secrétaire Général du Gouvernement,
Edouard OUIN-OURO

Le ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a réuni, ce jeudi 7 septembre, les préfets des douze départements du
Bénin, à Allada dans le cadre de la première conférence des préfets pour le compte de l’année 2017. Au cours de ce conclave présidé par le ministre Barnabé Dassigli, il a été question de faire le bilan des différentes préfectures après la création de nouveaux chefs-lieux de départements, il y a un an.
Le préfet du département de l’Atlantique, Jean-Claude Codjia, au nom de ses collègues des autres départements réaffirme leur détermination à assumer la mission qui leur a été assignée. A l’ouverture de la première conférence des préfets au titre de l’année 2017 hier, il a fait un bref bilan de tout ce qui a été fait au niveau des départements depuis la prise de décret ayant créé les nouveaux chefs-lieux de départements et les nouvelles préfectures, il y a un an. Toutefois, il déclare qu’il est temps que la tutelle cesse d’être, en raison de la modicité de ses moyens, une menace, un poids mort pour les communes dont elle se retrouve souvent à son corps défendant à solliciter paradoxalement des moyens à des fins personnelles. Toutes choses qui, dit-il, entachent sa crédibilité. C’est pourquoi il demande que des moyens soient mis à leur disposition pour jouer correctement leur rôle.
Le maire de la commune
d’Allada, Michel Acléhinto, s’est réjoui du choix porté sur sa ville, chef-lieu du département de l’Atlantique, pour abriter cette importante rencontre. Il souhaite qu’il soit pris, au terme de cette première conférence, des décisions allant dans le sens d’une politique de refinancement des collectivités locales.
Michel Acléhinto a demandé qu’il soit revu aussi les lourdeurs administratives qui pénalisent les communes en ce qui concerne le décaissement des fonds à leur profit.
Procédant à l’ouverture des travaux de la conférence, le ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale, Barnabé Dassigli, a souligné que le processus de la décentralisation est perçu comme un impératif de justice territoriale. Un impératif qui, poursuit-il, doit aboutir à la responsabilisation des collectivités locales, à une administration de proximité capable de produire des services publics à moindre coût et à l’accès amélioré aux services de base de qualité. Mais toutes ces ambitions et tous ces efforts, à son avis, risquent d’être hypothéqués s’ils ne sont pas accompagnés de concertation régulière du personnel de commandement mis en place à cet effet.
En effet, la première conférence des préfets qui s’est déroulée hier, rentre dans le cadre des concertations périodiques qui réunissent autour du ministre en charge de la Décentralisation, les responsables de l’administration territoriale en vue d’échanger sur le fonctionnement de leurs administrations en lien avec les missions qui leur sont confiées.
A l’ordre du jour
Pour Barnabé Dassigli, cette rencontre se penche prioritairement sur la situation intérieure des départements, la gouvernance au niveau desdits territoires. Elle offre également, ajoute-t-il, l’occasion de parler de préoccupations diverses et des comportements attendus des responsables départementaux, en vue de renforcer et de rehausser le rôle de dépositaire de l’Etat au niveau des préfets.
Le ministre en charge de la Décentralisation a cité au titre des questions diverses, les préoccupations relatives à la qualité des ressources humaines, et des effectifs insuffisants, au renforcement des capacités du personnel, à l’amélioration de la qualité des services aux usagers et aux mesures à prendre pour répondre efficacement aux sollicitations des communes. « Nous ne devons pas perdre de vue le principal rôle des préfectures », a insisté Barnabé Dassigli. Il rappelle que ce rôle consiste à organiser les services publics de manière à être en mesure de contrôler la légalité des actes des autorités communales et de leur fournir l’assistance- conseil nécessaire à l’exercice réel de leurs compétences.
« Les défis qu’impose l’enracinement de la décentralisation au Bénin sont nombreux et semblent parfois insurmontables », a dit le ministre qui conclut qu’il faut que les acteurs du processus à tous les prennent la mesure des efforts et des sacrifices à consentir pour mériter davantage la confiance des populations.

Son single «Totché» s’est révélé comme une ode pour le tourisme béninois. Elle y vante son pays, ses atouts, son art culinaire… Morceau révélateur d’une chanteuse qui se veut elle-même une ambassadrice du tourisme national.
« Mon pays est magnifique. On y mange bien. On y vit bien. Il est admirable, avec ses atouts, ses attraits, sa beauté. Ses habitants sont beaux, bons, adorables… ». Le single Totché (Mon pays) de Fatima Kouchekeho, Faty de son nom d’artiste vante et vend le Bénin. L’artiste magnifie et louange le jadis quartier latin de l’Afrique qu’elle affiche comme un havre de paix, un asile de bonheur où règnent belle vie et bonne ambiance. « Sais-tu que mon pays est magique ? », chante-t-elle aussi. Le morceau doit sa composition à l’expérience de sa génitrice. Faty est née et a grandi en Côte d’Ivoire. Elle a connu le pays de Houphouët, avant les tragiques évènements qui ont mis à mal sa paix légendaire.
A cela s’ajoutent les autres foyers de tension qui couvent dans la sous-région pendant que le Bénin s’impose comme un pays de tranquillité. Elle a donc entrepris, selon son témoignage, d’inviter les Béninois à préserver cette paix et à la consolider. Le meilleur moyen trouvé pour y parvenir, confie souriante la jeune artiste, c’est de leur faire toucher du doigt les atouts et la beauté du pays.
La chanson « Totché » est ainsi née ! Depuis 2014, elle a fait le tour du Bénin et de l’Afrique. Bien d’autres pays du monde ont aussi goûté aux délices de cette composition vue par certains comme Symphorose Soton, Béninoise de la diaspora comme « l’hymne du tourisme béninois ». En Italie où elle vit et travaille depuis plus de 10 ans, « Totché » est devenu pour elle « le principal moyen de penser au pays et de se sentir fière de son origine », confie-t-elle. Depuis ses vacances de 2015 où elle a découvert ce morceau, elle l’écoute au quotidien.
« Je ne m’attendais pas à cet accueil si chaleureux. C’était ma première expérience. J’étais choriste pour plusieurs artistes béninois et de la sous-région avant. Le single a été très bien accueilli. Ce n’est pas évident qu’une première sortie soit autant appréciée, même au-delà du Bénin. Je prends cela comme une grâce. Il y a encore beaucoup de travail à faire, mais je suis déjà assez contente du début », confesse de son côté l’artiste.
Des succès, cette composition en a connus. Quatre prix au total lui ont été décernés depuis 2014 où le single est sorti. Parmi eux, les prestigieux prix « Meilleur vidéo de l’année 2014 de Bénin Top 10 », « Meilleur artiste 2014 du prix Icône Africa », « Meilleur artiste espoir 2014 de Bénin Top 10 ». Mais ce n’est pas tout. A l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture de la dernière édition du Festival international de théâtre du Bénin (Fitheb), le très réputé metteur en scène Dine Alougbine surfe également sur cette chanson. La chorégraphie de fin de scène de sa mise en scène, avec des dizaines d’artistes est faite sur Totché. Faty était de la partie. La parade fut belle, impressionnante et le morceau rythmait sous le stand-ovation du public qui ne pouvait s’empêcher de danser, de célébrer le génie artistique du Bénin. Pour la jeune et séduisante linguiste de formation dont l’imposante allure renvoie à l’image des amazones du Danxomè, c’était un gain de plus.
Très engagée pour le Bénin
La musique de Faty ne se limitera pas à « Totché ». Les merveilles du Bénin, elle n’a pas fini de les chanter. Ce n’est donc pas exclu que d’ici là, elle revienne sous les feux de la rampe, avec un autre son, qui parle du Bénin.
« On ne force pas l’inspiration. Dès que j’aurai une nouvelle chanson pour le Bénin, je m’empresserai de le faire. Totché est une inspiration. Si une autre inspiration me vient, c’est avec fierté que je vais sortir d’autres chansons pour le Bénin », explique Faty. « Ma vocation, c’est la valorisation du Bénin », s’engage-t-elle aussi. Laquelle vocation elle accomplit à travers par le chant. « La musique est le chemin de mon accomplissement. C’est en chantant que je me sens près des autres. Je m’exprime, je parle de moi, des autres. La musique, c’est mon moi. A travers cette musique, je voudrais partager le quotidien de tout le monde », assure l’artiste.
Mais Faty ne sait pas que louanger les atouts de son pays. L’injustice, elle voudrait la dénoncer aussi à travers son art. Il faudra donc y compter pour ses prochaines sorties discographiques. La jeune artiste qui fait dans l’afro-rock avec diverses subtilités acoustiques chante prioritairement en langues nationales. Elle se donne pour sujets la femme, l'espoir, la vie, le travail, la cohésion sociale… et tous autres thèmes qui touchent au quotidien. Et si elle a choisi la musique, c’est parce que, dit-elle : « C’est le principal moyen pour moi de m’exprimer. Pour moi, la musique permet de toucher plus rapidement le cœur des gens ».
Son art, Faty compte le mettre au service de son pays. Son diplôme de maîtrise en didactique des langues obtenu en 2010 peut donc attendre. Pour l’instant, l’auteur de « Totché » et de « Nyonatché » (ces deux singles) est calée musique. Elle veut y faire carrière. Début 2018, son premier album sera sur le marché, plein de surprises, mais surtout valorisant le Bénin. « Je ne compte pas faire marche arrière. J’ai une lourde tâche et je n’ai pas encore atteint mon objectif. Ma carrière est entamée et je compte la poursuivre. C’est toute ma vie, c’est toute mon énergie », s’engage par ailleurs Fatima Kouchekeho?

Les places publiques sont des espaces sains, de détente, accessibles à tous et contribuent à l'embellissement d’une ville. Mais cela ne semble pas être le cas à Bohicon où elles sont mal entretenues et jonchées de mauvaises herbes et d'ordures.
Le carrefour Zakpo, le jardin public du marché central et la place Sètondji, sont trois grandes places publiques de Bohicon dont l’état laisse à désirer. Le carrefour Zakpo à la sortie nord de la ville est depuis un certain temps occupé par la broussaille qui la rend insalubre. Ceci en dépit du fait que ce carrefour est la place la plus en vue de Bohicon, étant le point central du Bénin par lequel il faut forcément passer pour aller au Sud ou au Nord du pays. Ce mauvais état de la place ternit l’image de la ville carrefour et même celle du pays pour les étrangers.
Ensuite, le jardin public, situé sur la voie quittant le carrefour Mokas pour la ville d’Abomey, n’échappe pas non plus à ce phénomène. Il est occupé, non seulement par des touffes d’herbes, mais pire encore constitue un dépotoir d’ordures et d’ossements de bœufs pour les populations et surtout pour les bouchers qui sont aux alentours.
De même, la place Sètondji, plus récente que les deux premières, subit déjà le même traitement que le carrefour Zakpo à la différence que la végétation y est plus abondante, constituée de hautes herbes et susceptibles d’abriter des reptiles et d’autres types de bestioles nuisibles pour les usagers.
Ce mauvais état des places publiques de Bohicon ne semble guère préoccuper les populations environnantes ni les autorités politico-administratives. Une sensibilisation de la population sur l’importance de l’entretien des places publiques et une lutte implacable contre l’insalubrité à travers des journées hebdomadaires ou mensuelles de salubrité s’avèrent nécessaires face à ce phénomène qui prend de l’ampleur et qui n’honore pas la ville carrefour?
Par Michel MASSESSI (stag) A/R Zou-Collines
Société 07 sept. 2017

Le Conseil des ministres de ce mercredi 6 septembre a entériné les propositions de la Commission permanente d’approvisionnement en facteurs de production, de commercialisation des produits agricoles et du commerce général relatives à la filière karité. Pour les acteurs de cette filière, c’est une bonne nouvelle qui devrait booster leurs activités.
La filière karité pourrait se hisser d’ici là au rang des filières d’avenir qui impacteront significativement l’économie béninoise. C’est du moins l’ambition du Gouvernement qui en fait une priorité. Il s’est penché sur le sujet, ce mercredi 6 septembre en Conseil des ministres. Le Gouvernement se propose de donner un coup de pouce à cette filière et d’aider ses acteurs à mieux se porter. Raison pour laquelle, il a entériné les propositions de la Commission permanente d’approvisionnement en facteurs de production, de commercialisation des produits agricoles et du commerce général relatives à la filière karité. A cette occasion, le prix plancher des amandes de karité a été fixé à 100 F Cfa le kilogramme.
Cette décision vise à encourager les acteurs à la base de la chaîne de collecte et de commercialisation à poursuivre l’observance des conditions optimales de traitement et de stockage afin d’améliorer sensiblement la qualité de ce produit, a-t-on appris. On devrait y lire également un attachement du Gouvernement à cette autre filière qui mobilise également de nombreux acteurs. Il y a peu, les acteurs de la filière anacarde jubilaient face à la prise de certaines décisions devant durablement impacter leur activité. Désormais, c’est autour de ceux qui s’investissent au niveau de la filière karité d’en faire autant.
Une aube nouvelle, pourrait-on dire qui vient rallonger les centres d’intérêt économique du chef de l’Etat et de son gouvernement et qui ne devrait point manquer d’impact sur les acteurs de la filière, sur l’économie béninoise et sur le développement national en général?
lOrientations pour l'entretien des pistes rurales
Ce mercredi en Conseil des ministres, le Gouvernement a envisagé des mesures pour un meilleur entretien des pistes rurales. L’objectif ici, c’est de faciliter la circulation des produits agricoles et de soulager les producteurs souvent enclins à d’énormes difficultés.
Plus de dilapidations de ressources dans l’aménagement des pistes rurales, moins de difficultés pour les producteurs, plus d’aisance dans le transport des produits agricoles. Ce sont là, autant de raisons qui expliquent la nouvelle orientation que compte donner le président de la République et son gouvernement à l’entretien des pistes rurales. Le Conseil des ministres du mercredi 6 septembre s’est penché sur cette question jugée de grande importance. En s’intéressant à la filière karité à laquelle il compte donner un nouveau coup de pouce, l’Exécutif a voulu par la même occasion aider le monde agricole à se soulager d’une des grosses difficultés, en l’occurrence le transport de ses produits.
Il est ainsi envisagé désormais, de regrouper en un seul programme tous les besoins d’aménagement et de réfection de pistes rurales sur l’ensemble du territoire national, de confier les travaux de réfection de pistes rurales au ministère en charge des Infrastructures, « d’actualiser la classification des pistes pour se conformer à la règlementation en vigueur » et de rendre disponible par la même occasion « un répertoire d’entreprises techniquement éligibles qui participeront aux consultations ».
Un meilleur entretien des pistes avec plus de rigueur, un meilleur suivi, un contrôle plus exigeant…, ce sont autant de résultats que visent Patrice Talon et son gouvernement en se proposant d’indiquer une nouvelle méthode de gestion des pistes rurales. De quoi susciter la joie au niveau des producteurs qui n’ont que trop souffert des difficultés de transport des produits issus de leurs activités. L’autre impact que pourrait avoir cette option du gouvernement, c’est d’améliorer les rendements et les performances du secteur agricole béninois.
J. F. M.

Le consul général de la République de Guinée équatoriale en poste au Bénin, Leandro Ebang Miko Angue, a rencontré la presse locale, ce mercredi 6 septembre, dans les locaux de la représentation diplomatique de son pays à Cotonou. Il a entretenu les journalistes sur l’affaire dite des « biens mal acquis » par des dirigeants équato-guinéens et sur les relations de coopération qui unissent nos deux pays.
« Le peuple de la République de Guinée équatoriale à qui il revient de traiter les affaires de son pays, reconnaît que son excellence monsieur Téodoro Nguema Obiang Mangue est un entrepreneur et toutes ses activités commerciales sont légales dans le pays de sorte que toute sa fortune est légale ainsi que ses biens acquis », a affirmé, ce mercredi 6 septembre à Cotonou, Leandro Ebang Miko Angue, consul général de la Guinée Equatoriale au Bénin.
Il y a quelques mois, une Ong internationale a fait une accusation contre le vice-président de la Guinée équatoriale, Teodoro Nguema Obiang Mangue, pour ses biens qu’elle juge de « mal acquis » et a déposé une plainte devant la justice française qui a fini par prononcer une condamnation. Pour éclairer l’opinion publique et donner la position de son pays, le diplomate équato-guinéen était face à la presse pour apporter des clarifications. Pour lui, les affaires de son pays doivent être réglées de façon interne par les Equato-guinéens eux-mêmes qui tiennent à leur souveraineté. Il demande alors que la justice française annule son verdict.
Il a rappelé que son pays, ami de tous les pays du monde, a commencé par avoir des ennuis depuis la découverte du pétrole dans ses eaux et surtout depuis que la bonne utilisation des ressources l’a fait évoluer. Il s’est demandé si l’Europe en général ou la France en particulier possèdent une quelconque disposition juridique interdisant l’achat de propriété dans leur pays et pourquoi l’Ong en question ne s’est jamais intéressée à connaître l’origine de l’argent investi par des Européens en Afrique.
Il a affirmé que le vice-président de son pays cité dans cette affaire a été formé en France avant de revenir dans son pays entreprendre des activités commerciales en créant des entreprises dans différents secteurs. La France est l’un des pays dans lesquels il a étendu ses affaires.
Leandro Ebang Miko Angue a insisté que son pays n’a jamais eu des malentendus avec la France avec qui, il entretien de bonnes relations de coopération.
En ce qui concerne les relations de coopération entre le Bénin et son pays, le consul général de la Guinée-équatoriale au Bénin a indiqué qu’elles sont au beau fixe. Pour preuve, le Bénin est le pays au monde où les compagnies aériennes de ce pays frère et ami effectuent plus de vols. De même des étudiants béninois ont obtenu des bourses pour aller étudier en Guinée équatoriale, fait-il savoir.

La société Cimbénin a inauguré, ce mercredi 6 septembre à son siège à Sékandji, commune de Sèmè-Podji, une nouvelle ligne de production du ciment. Cet investissement vient renforcer sa position sur le marché cimentier béninois.
La société de ciment Cimbénin fait passer sa capacité de production de 600 000 à 800 000 tonnes l’an. La filiale du groupe HeidelbergCement a inauguré hier sa deuxième ligne de production aux fins de répondre convenablement à la demande de plus en plus forte sur le marché béninois. « Depuis cinq ans, la pénurie de ciment s’est accentuée avec le boom de développement amorcé par les grands chantiers de l’Etat. Nous avions alors lancé en décembre 2015 les travaux de construction de cette unité, qui ont duré 21 mois », confie Sarp Taskapilioglu, directeur général de Cimbénin. Il indique que ce second broyeur vient surtout renforcer l’investissement du groupe qui, au-delà de la création de la société en 1991, s’est aussi déployé dans l’exploitation de la carrière de calcaire à Fongba, commune de Lokossa, et la carrière de granulats à Setto, commune de Djidja. « Nous avons une collaboration étroite avec les autorités et nous menons la politique de gagnant-gagnant-gagnant, pour notre société, pour l’Etat et pour la population bénéficiaire », précise-t-il. Au profit des populations de Sèmè-Kpodji, il assure que la société s’est réellement investie dans sa mission de responsabilité sociétale, avec environ 150 millions F Cfa consacrés aux œuvres sociales entre 2012 et 2017.
La nouvelle ligne de production sera alimentée en clinker par la société sœur du Togo et en calcaire par la carrière de Fongba. Sarp Taskapilioglu assure que cette unité va induire des emplois directs et indirects, avec un effet d’entrainement sur les services associés au secteur cimentier.
Charlemagne Honfo, maire de la commune de Sèmè-Podji applaudit l’ouverture de cette nouvelle ligne de production d’autant qu’elle va renforcer l’appui de Cimbénin aux communautés riveraines. « Nous sommes très reconnaissants pour la politique à visage social de CimBénin. Beaucoup d’actions sociales ont été posées mais il reste encore beaucoup à faire », plaide l’autorité communale. Le maire se préoccupe surtout de la question de la pollution de l’air liée à la présence de l’usine à Sèkandji. Tout en reconnaissant les efforts de la société pour garantir une bonne santé des riverains, Charlemagne Honfo l’encourage à faire du mieux que possible pour un respect strict des normes de sécurité.
Protéger l’industrie locale !
Le ministre en charge de l’Industrie, Lazare Sèhouéto souligne que ce nouveau joyau de Cimbénin vient renforcer le pack de production du ciment au Bénin. Cet investissement, poursuit-il, vient à point nommé, permettant au Bénin de disposer d’un stock supplémentaire pour aborder avec sérénité les grands chantiers du programme d’actions du gouvernement. Le ministre soutient que le Gouvernement est très soucieux de la concurrence déloyale qui perturbe le secteur cimentier local et reste à cheval sur le respect des règles de concurrence devant protéger les industries locales. « L’engagement du Gouvernement à cet effet est total. Le Bénin ne peut pas structurer son économie sans que les règles soient respectées, sans que la concurrence soit saine », martèle Lazare Sèhouéto, qui crédite Cimbénin d’une bonne note en matière de respect des normes de sécurité.
La société Cimbénin, promotrice du ciment ‘’ Buffle’’ est une filiale de HeidelbergCement, un groupe constitué de capitaux allemands et norvégiens, deuxième plus grand cimentier au Bénin. Le groupe dont l’expertise est reconnue dans la production de clinker et de ciment de qualité, est présent dans 60 pays avec 3.036 sites et 60.000 employés.

Le ministère en charge de la Fonction publique rend désormais possible la consultation par les agents de l’Etat de leurs actes administratifs de carrière. Cette plateforme électronique lancée, ce mardi 5 septembre, fait partie d’un paquet de chantiers de dématérialisation de certaines procédures au niveau de la Fonction publique.
Le chemin de croix récurrent des agents de l’Etat dans le suivi des actes de carrière tire vers sa fin. La bonne nouvelle est tombée, hier, avec le lancement officiel de l’accès matérialisé aux actes administratifs de carrière des agent permanents de l’Etat (Ape) par le ministère en charge de la Fonction publique. Pour le directeur général de la Fonction publique par intérim, Eusèbe Agoua, il s’agit d’une mutation profonde, un couronnement de la volonté politique de faire de l’administration béninoise une administration de développement. « La dynamique actuelle est de donner l’image d’une administration de développement qui fera reculer les nombreuses plaintes des usagers », soutient-il.
La réforme repose sur trois chantiers informatiques phares à savoir la plate-forme sms de renseignements des agents de l’Etat sur leur dernière situation administrative, la plateforme de mise en ligne sécurisée des actes administratifs de gestion des carrières et de pension ainsi que le module d’avancement des agents de l’Etat avec production des actes administratifs.
Sur le premier chantier, le ministère, grâce à un partenariat avec les réseaux GSM, offre la possibilité à tout agent de l’Etat de s’enquérir de sa situation administrative à partir d’un téléphone portable. Le processus présente deux étapes : la phase d’inscription et celle de consultation. Primo, le requérant envoie par SMS sa date de première prise de fonction au format JJMMAAAA plus son numéro matricule au numéro 66 89 99 99 ou au 63 63 60 60. Le système après validation de son inscription lui renvoie un code secret. Secundo, ce code est à nouveau envoyé en plus du numéro matricule aux mêmes numéros de téléphone. Le requérant reçoit alors un message qui lui indique son nom et prénoms, sa date de prise de fonction, son grade actuel et la référence de l’acte administratif dans le circuit.
Vers l’avancement automatique ?
Les deux derniers chantiers sont exécutés à partir du portail web du ministère, www.travail.gouv.bj. « Ce site offre désormais à tout agent de l’administration de télécharger des actes administratifs les concernant grâce à un système d’inscription sécurisé », souligne Prosper Idohou, chef division à la Cellule de gestion du fichier unique de référence (Cgfur) à la direction générale de la Fonction publique. De même, le site offre un espace carrière à partir duquel l’agent peut disposer de toutes les informations concernant sa situation administrative. Prosper Idohou assure que les mesures de sécurité ont été prises sur les diverses plateformes pour protéger les données personnelles des agents.
« Le ministère veut asseoir son décollage sur des piliers qui ne laissent aucune chance à la tricherie ou à l’imperfection, à la lenteur administrative, à l’approximation, à la corruption, aux tracasseries d’accès aux services », affirme Adidjatou Mathys, ministre en charge du Travail. Elle souligne que la réforme sur l’accès dématérialisé aux actes administratifs de carrière des agents de l’Etat est un pan de la révolution numérique que le gouvernement entend introduire dans les pratiques administratives. Ainsi, elle estime que ces plateformes modernes vont désormais faciliter la communication avec les agents de l’Etat afin qu’ils se consacrent mieux à leur travail en lieu et place des multiples déplacements dans les couloirs de la direction générale de la Fonction publique. « Il est désormais possible de connaître votre dernière situation administrative, à travers votre téléphone portable par un simple sms », renseigne le ministre. Adidjatou Mathys assure que les agents ne vont plus se débattre « pour évoluer et changer de grade, déposer un dossier et le suivre, faire des allers-retours interminables souvent à grands frais, pour faire évoluer ledit dossier ». Elle évoque d’autres chantiers en projet, en l’occurrence l’avancement automatique et la dématérialisation du circuit de traitement des dossiers, en relation avec le ministère de l’Economie et des Finances?

L’Internationale des services publics (Isp) en collaboration avec la Fondation Friedrich Ebert organise, les 5 et 6 septembre à Cotonou, un atelier sur la justice fiscale. La finalité de cet atelier est de mettre en place au Bénin une plateforme qui rassemblera les syndicats et d’autres parties prenantes pour développer une campagne nationale contre les flux financiers illicites.
Le représentant-résident de la Fondation Friedrich Ebert au Bénin, Dr Rudolf Traub, déclare que l’Afrique n’est pas pauvre. C’est un continent qui, selon lui, est riche. Seulement que cette richesse, déplore-t-il, est pillée par plusieurs groupes d’intérêts, y compris les entreprises multinationales. Il a fait ces remarques, hier, à l’ouverture des travaux de l’atelier de deux jours sur la justice fiscale qui se tient depuis hier à Cotonou. Un atelier qui regroupe des syndicalistes, des représentants d’Organisations de la Société civile (Osc) et d’association qui travaillent sur la gouvernance économique.
Dans le cadre de son mandat, l’Internationale des services publics (Isp) pour l’Afrique s’engage à insuffler les règles mondiales en mettant la pression sur les Gouvernements nationaux. L’objectif étant de les amener à se doter de régimes fiscaux efficaces d’une part et à renforcer leur capacité financière à fournir des soins de santé publique, l’éducation, l’eau, l’énergie, la protection sociale, et le développement des infrastructures et bien d’autres services publics aux citoyens et aux travailleurs d’autre part.
Pour le coordonnateur de l’Isp, Daniel Oberko, c’est dans le cadre de cet engagement qu’un atelier a été organisé, l’année dernière, à l’intention des Osc sur les flux financiers illicites. Et, au terme de cet atelier de formation, les directives ont été définies. L’atelier en cours, dit-il, est la suite de celui de l’année dernière et consiste à partager les réflexions.
Dr Rudolf Traub, pour sa part, dénonce le fait que les multinationales et l’élite dans la société mettent de l’argent dans des comptes créés dans les paradis fiscaux. Selon le Global Financial Integrity (Gfi), le Bénin et d’autres pays francophones ont été mentionnés parmi les victimes de la question des flux financiers illicites. Mais le niveau de perte du pays pourrait permettre de financer l’éducation publique, les soins de santé et d’autres formes d’infrastructures sociales et publiques.
En organisant un atelier sur la justice fiscale, l’objectif est d’augmenter le niveau de sensibilisation et d’éducation sur les flux financiers illicites, au sein des syndicats et des Osc, d’éduquer les participants sur le rôle de la taxe/des impôts dans le développement et la justice sociale dans la création d’emplois et le financement de services publics, de mettre en place une plateforme de justice fiscale au Bénin.
Fier de la tenue de cet atelier, le directeur général adjoint des Impôts et des Domaines, Justin Agbikossi, dira que le rôle des impôts dans le développement d’un pays n’est plus à démontrer. Cet atelier, selon lui, est une occasion pour faire comprendre aux multinationales pourquoi il faut payer des impôts justes. Il a remercié l’Isp et la Fondation Friedrich Ebert de leur avoir donné cette occasion?