La Nation Bénin...
Nouvelles

L’on est encore à plus d’un an des élections législatives de 2019. Mais les potentiels candidats sont déjà en échauffement sur le terrain avec des activités politiques et des opérations de charme par-ci par-là afin de ratisser large.
La bataille pour les législatives de 2019 qui semble avoir commencé timidement dès le lendemain de l’installation officielle des députés de la septième législature se fait de plus en plus sérieuse. La quasi-totalité des états-majors est en effervescence. Il ne se passe plus de week-end sans activité politique sur le terrain. C’est pratiquement la course contre la montre aussi bien dans le camp présidentiel que dans celui des forces politiques qui ont milité pour le rejet de la procédure de la révision constitutionnelle, le 4 avril dernier au Parlement. Il ne devrait d’ailleurs en être autrement, car qui veut aller loin ménage sa monture.
Le samedi 19 août dernier a été particulièrement riche en évènements politiques à Cotonou. Il a enregistré une avalanche d’activités des politiciens, toutes tendances confondues, sur le terrain. C’est d’abord la mouvance présidentielle qui a fait parler d’elle au Palais des congrès avec la création de la coalition politique baptisée « Bénin en route ». Elle est constituée d’une centaine de partis, mouvements, associations et personnalités politiques mues par le seul souci de soutenir le Programme d’action du Gouvernement (Pag). Cette coalition est présidée par Jean-Baptiste Hounguè qui a été, on ne peut plus précis, sur l’objectif de ce creuset à savoir : assurer au chef de l’Etat une majorité confortable de 80% de députés au Parlement en 2019.
A quelques mètres du Palais des congrès de Cotonou, se tenait aussi une autre activité politique du camp présidentiel. Il s’agit ici de l’adhésion de plusieurs personnalités politiques au bloc de l’Union fait la Nation (Un) présidée par Bruno Amoussou. L’ancien ministre chargé de la Communication, Etienne Kossi, sous l’ex-président Boni Yayi, quitte sa famille politique « Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) » pour rejoindre l’Un avec son parti « le Congrès pour la mobilisation des valeurs citoyennes (Cmvc).
Cerise sur le gâteau, l’Un a enregistré, ce même samedi, l’adhésion volontaire de deux autres formations politiques en l’occurrence le Parti pour le progrès de la démocratie béninoise (Ppdb) d’Emmanuel Koï et le Mouvement des écologistes du Bénin (Meb -Les Verts). Tous les deux ont aussi signé le protocole d’accord d’intégration à l’Un au même titre qu’Etienne Kossi. Tous ces trois soutiens ne viendront qu’huiler davantage la machine de l’Union fait la Nation pour les prochaines élections législatives dans la cinquième circonscription électorale composée des communes d’Abomey-Calavi, Sô-Ava et Zè, le bastion électoral des trois nouveaux adhérents.
Non aux canards boiteux !
Toujours ce même samedi 19 août, la Renaissance du Bénin (Rb), aile Abraham Zinzindohoué, enregistrait de nouveaux adhérents pour l’enracinement du parti après la crise qui l’a frappé. Une descente est prévue dans les tout prochains jours à Cotonou, à Abomey-Calavi et dans le Zou pour remettre définitivement sur orbite le parti pour accompagner les actions du chef de l’Etat. C’est dire que les partisans du président Patrice Talon sont bien conscients de l’enjeu des élections législatives de 2019 devant permettre au Gouvernement de poursuivre ses actions de développement dans des conditions apaisées.
Mais, tout comme le camp présidentiel, les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qu’on pourrait considérer comme la principale force politique de l’Opposition aussi ne dort pas. Elle refuse de mourir et occupe le terrain à sa manière pour remobiliser sa troupe. C’est dans ce cadre que l’alliance a entrepris une tournée nationale depuis le 8 juillet dernier. Le périple a connu son épilogue, samedi 19 août dernier, par l’étape de Cotonou où l’alliance a mis ses militants en ordre de bataille pour les joutes électorales à venir, notamment les législatives de 2019, les communales et locales de 2020 et la présidentielle de 2021.
« Nous sommes très contents de cette grande mobilisation des militants Fcbe du Littoral qui ont donné la preuve de ce que l’alliance Fcbe reste et demeure la plus grande force du pays. Depuis le début de cette tournée, l’engouement a été le même partout. Nous sommes convaincus que cette dernière étape ouvre la porte à l’organisation du congrès national qui est déjà imminent. Nous allons nous réorganiser afin de faire face efficacement aux joutes électorales prochaines ». Cette déclaration de Kamar Ouassangari, ancien conseiller technique de l’ancien chef d’Etat Boni Yayi, à l’issue des assises, résume tout l’enjeu des consultations législatives de 2019 pour les Fcbe et alliés.
Ainsi, dans un camp comme dans l’autre, l’heure est au resserrement des rangs dans la perspective des joutes législatives de 2019, les huitièmes du Renouveau démocratique. Celles-ci s’annoncent rudes au regard des signes avant-coureurs notés actuellement sur le terrain. Chacun des états-majors multiplie les stratégies pour ratisser large à l’issue de ce scrutin. Les tractations et la bataille seront plus rudes au fur et à mesure qu’on s’approche de ces élections. Vivement que les choses se passent dans la paix pour le rayonnement de la démocratie au Bénin !?

Les populations de la commune d’Abomey-Calavi et environs ont fini avec le calvaire qu’elles vivaient au niveau de la traversée de la dépression de Sodo qui relie la localité de Hêvié à celle de Cococodji. Le pont en matériaux définitifs a été réalisé sur financement de la Banque mondiale à travers le Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain (Pugemu) et inauguré ce mardi 22 août.
Finies les de difficultés des populations pour accéder désormais à l’arrondissement de Hêvié et environs dans la commune d’Abomey-Calavi à partir de la base des sapeurs-pompiers à Cococodji. Les travaux de construction du pont de Sodo qui relie ces localités, sont complètement terminés et le joyau inauguré hier.
Le président-directeur général de l’Agetur, Lambert Koty, maître d’ouvrage délégué du chantier, a rappelé que ce pont dessert plus de 120 000 personnes en toutes saisons. Le pont en réalité était une dépression sommairement aménagée avec une digue constituée d’une batterie de trois dalots au lieudit Sodo. Elle est régulièrement inondée rendant très difficile l‘accès à cette cité durant les saisons pluvieuses. Pendant ces moments difficiles, la seule alternative est un contournement de plus de 40 km par la route inter-Etats n°2, puis l’arrondissement de Ouèdo sur des voies peu carrossables.
Pour Lambert Koty, c’est pour remédier à cette situation que le Gouvernement du Bénin, grâce à l’appui de la Banque mondiale, a initié dans le cadre du second financement additionnel du Projet d’urgence de gestion environnementale en milieu urbain (Pugemu) la construction du pont de Sodo en lieu et place de la digue existante. La réalisation de l’ouvrage a coûté au total, une somme de 3 493 600 745 francs Cfa hors taxe.
A l’inauguration de cet ouvrage hier, le maire de la commune d’Abomey-Calavi, Georges Bada, a témoigné sa gratitude à l’endroit de ceux qui ont œuvré pour la réalisation de ce joyau dans sa commune avant de prendre l’engagement au nom des populations pour son entretien. Même engagement du côté du préfet de l’Atlantique Jean-Claude Codjia qui accepte de prévoir pour la mairie, un budget d’entretien de cet ouvrage qui fait partie d’une des plus grandes réalisations du Gouvernement dans son département.
Un symbole
Après Fifadji dans la commune de Cotonou, c’est Hêvié qui accueille l’une des plus grandes réalisations du Pugemu, a fait savoir le ministre du Cadre de Vie et du Développement durable, José Tonato. Ce pont, souligne-t-il, est un ouvrage qui permettra une grande mobilité des populations. « C’est un symbole qui présage de grandes ambitions du Pag », indique-t-il avant de promettre aux populations que cet ouvrage sera complété du bitumage de la voie Abomey-Calavi Hêvié-Cococodji en double avec une deuxième partie du pont, pour offrir une grande mobilité des populations.
Le ministre d’Etat, chargé du Plan et du Développement, Abdoulaye Bio Tchané, très fier de l’inauguration de cet ouvrage, a rappelé que les interventions du Pugemu sont capitales et sont bien arrimées aux Objectifs du développement durable (Odd) par le Bénin.
Abdoulaye Bio Tchané a félicité le coordonnateur du Pugemu et son équipe pour avoir réussi à tenir dans un temps record le pari de la construction de ce joyau. Il a saisi l’occasion pour remercier la Banque mondiale représentée à l’inauguration par sa vice-présidente chargé du développement durable, Laura Tuck, et la Représentante résidente de l’institution au Bénin, Katrina Sharky.
A son tour, la vice-présidente de la Banque mondiale chargée du développement durable de manifester sa joie d’être pour la première fois au Bénin, un pays qui attache du prix à la protection de l’environnement. « La Banque mondiale est fière d’avoir contribué à la réalisation de ce pont », a dit Laura Tuck qui rappelle qu’avec plus de 50 milliards de francs Cfa de son institution, Pugemu a financé la réalisation de plusieurs ouvrages dans les villes du Bénin. Elle réitère l’engagement de Banque mondiale à accompagner le Bénin dans la réalisation des ouvrages pour le bien-être des populations?
Les caractéristiques du pont Sodo
L’ouvrage inauguré hier à Hêvié est composé d’un pont de 240 m de long, constitué de 12 travées de 20 m chacune avec un tablier d’une longueur totale de 10 m supportant deux voies de circulation de largeur 3,50 m chacune ; deux bandes d’arrêt d’urgence et un trottoir de longueur 1,25 m. Ce pont est fondé sur 72 pieux de profondeur variant entre 50 et 60 m.
Le pont est constitué aussi de corps évidés formant ouvrages de transition de 12 m de long côté Hêvié (fondé sur neuf pieux) et 24 m côté Cococodji. De part et d’autre du pont, il y a deux voies d’accès appelées rampes de 120 m de long côté Cococodji et 150 m de long côté Hêvié, disposant d’une plateforme de 10 m de large constituée d’une chaussée bidirectionnelle de 7 m de largeur, deux bandes d’arrêt d’urgence et de trottoir?

La salle du peuple du Palais de la République a abrité dans l'après-midi du mardi 18 juillet 2017, la cérémonie de remise du rapport de la Commission d’étude sur la création de la Force unique de Sécurité intérieure qui sera opérationnelle dès le 1er janvier 2018. Alors que la France annonce le retour de la police de proximité, la commission Hessou a bien fait de mettre l’accent sur la police communautaire dans son rapport. Reste que le Gouvernement et son chef tiennent compte de cette dimension en mettant un accent particulier sur une police en phase avec les communautés qu’elle veut protéger.
La commission Hessou a suggéré que la Police républicaine adopte le modèle de police communautaire qui vise à établir des partenariats stratégiques avec la population en vue de réduire la criminalité, en s’attaquant à ses causes réelles afin de trouver des solutions viables et permanentes. Partout dans le monde libre, la Police est d’abord et avant tout une police de proximité, une police communautaire qui s’inscrit dans une stratégie de territorialisation de la sécurité publique.
Le Bénin, au temps du président Mathieu Kérékou 2, a été reconnu comme le deuxième pays le plus sécurisé de l’Afrique, juste derrière la Tunisie. Mais de nos jours, cette prouesse d’antan semble une chimère, un vœu pieux. Différentes stratégies ont été expérimentées par les autorités qui ont eu la charge de déterminer et de conduire la politique sécuritaire du pays. Au finish, le concept de collaboration a été retenu et plus tard, celui de la police de proximité en est sorti. « Avec le caractère multidimensionnel et multidisciplinaire de la question sécuritaire, il s’avère nécessaire que les citoyens, principaux bénéficiaires de la sécurité, contribuent à sa production en aidant les forces de sécurité publique par des informations sur les faits et gestes criminels, renseignent notamment sur les individus suspects nichés dans leurs environnements, tout en évitant eux-mêmes les comportements à risque », soulignait le ministre Benoît Dègla en son temps.
La collaboration citoyens-forces de l’ordre: les prémices d’une police communautaire
Le défi aujourd’hui est d’organiser les élus locaux et les citoyens à divers niveaux afin qu’ils contribuent, aux côtés des forces de sécurité publique, à offrir à la communauté nationale un niveau de sécurité digne des pays les plus paisibles de la planète.
Tout comme il est difficile à un médecin de soigner un malade qui ne se conforme pas aux prescriptions médicales, il est aussi difficile de sécuriser un citoyen qui se met régulièrement en danger ou qui est passif et indifférent aux faits et gestes criminogènes « alertes» dans son environnement. Il est donc nécessaire de sensibiliser méthodiquement les citoyens sur trois aspects de la sécurité publique qui leur incombent.
Le premier aspect est la connaissance des comportements à risque afin de les éviter. Lorsqu’un citoyen transporte des millions de francs Cfa jusqu’à son domicile, il y transporte également des risques d’insécurité. Aujourd’hui, les dessous de plusieurs enquêtes ont révélé que même des enfants et des proches parents des victimes ont été complices des malfrats. En effet, l’entourage douteux signale aux braqueurs et aux individus malintentionnés l’existence de fortes sommes d’argent dans la maison ou le véhicule de leurs parents, les mettant en insécurité, dans l’espoir d’un retour sur le butin. Or, tout braquage à main armée comporte des risques d’atteinte à la vie humaine. Le manuel sur la participation des acteurs civils au renforcement de la sécurité publique s’est efforcé à énumérer certains comportements à risque que tout citoyen devrait éviter. Les dix commandements sécuritaires du citoyen évoquent également ces éléments de base qui ont été largement diffusés par le ministère de l’Intérieur il y a quelques années.
Le second aspect de la contribution du citoyen à la sécurité est relatif à la vigilance qu’il doit développer envers tout fait suspect et tout individu suspect. Il devra ainsi porter à l’attention des autorités administratives et surtout sécuritaires ces éléments d’information. Le hasard étant rare en matière de fait d’insécurité, les malfrats s’efforcent de faire ce que les flics appellent le repérage. Ainsi, les habitués des polars constatent que les premiers enquêteurs sur les lieux d’un forfait demandent aux victimes et au voisinage « s’ils n’ont rien observé d’inhabituel les jours précédant le crime». Dans les pays développés, les caméras de surveillance dans les grandes villes sont épluchées afin d’identifier des individus suspects. Le citoyen doit cultiver le réflexe de pouvoir observer sans effort les faits et les individus inhabituels de son environnement. Alerter les forces de sécurité publique (Police et Gendarmerie) serait une action préventive et donc une préservation de la sécurité.
Le troisième et dernier aspect de la contribution des acteurs civils au renforcement de la sécurité publique est la collaboration avec les forces de sécurité publique. Cette collaboration peut être suscitée par les forces de sécurité publique à titre préventif ou répressif, mais elle peut être également déclenchée par le citoyen en guise d’alerte. Ce partenariat dynamique entre acteurs civils et forces de l’ordre est déterminant pour une sécurité proactive.
Mais, il faudrait aller plus loin en posant les véritables bases d’une police républicaine de proximité.
Les enjeux d’une police communautaire
En France, l’objectif principal poursuivi par la création de la police de proximité réside essentiellement dans la volonté du pouvoir politique de juguler le sentiment d’insécurité, de prévenir et de réduire la délinquance, à travers une image plus proche et plus rassurante de la Police. D’où l’idée de transformer l’image de la police afin de favoriser ses rapports avec la population au plus près et comme le dit le sociologue Sébastien Roché, de faciliter le « vivre ensemble ». Selon l’inspecteur général de Police, Osseni Maïga Anki Dosso, la police de proximité repose fondamentalement sur trois piliers qui sont : la prévention, la proximité dans le mode d’intervention et la coopération qui implique un partenariat entre autorités locales, nationales, le secteur privé et associatif. Pour ce général de Police à la retraite, « La police de proximité n’est pas seulement une politique de territorialisation, c’est une police qui est à la fois préventive, dissuasive et répressive. A cet égard, elle exerce pleinement ses prérogatives de police judiciaire, participe aux renseignements, met en œuvre les outils de la police scientifique et technique.
Par ailleurs, le développement de la police de proximité vise à substituer à une police essentiellement réactive et mobilisée sur des missions de maintien de l’ordre, une police proactive, plus proche et plus à l’image de la population et dès lors, capable d’apporter des réponses satisfaisantes aux attentes des habitants en matière de sécurité par la mobilisation de toutes les possibilités de la prévention, de la dissuasion comme de la répression. En réalité, l’utilisation de la force publique ne doit se faire que lorsque la prévention et la dissuasion ont échoué ».
Aujourd’hui, la France retourne à la police de proximité à l'image des pays bien sécurisés comme le Canada. Le Bénin doit s’approprier le concept et lui donner le contenu qui sied à ses réalités car, d’un pays à l’autre, les sensibilités et les mentalités ne sont pas les mêmes, même si le fond reste similaire. Il faut passer d’un policier commis de l’Etat, professionnel de la sécurité, qui baigne dans une stratégie formulée par sa hiérarchie ou son haut commandement, qu’il vient appliquer envers et contre tous. Or, selon le professeur de législations pénales Pierre-Henri Bolle de l’Université de Neuchâtel (Suisse), « L’objectif final de la police communautaire ou de proximité est un véritable partenariat entre la police et la communauté pour résoudre la criminalité, mais aussi, de façon plus générale, pour répondre aux problèmes complexes du contrôle social ».
Les travaux préliminaire sur la police de proximité initiés par le Ministère de l’Intérieur du Bénin en 2013 avec l’appui de la coopération allemande à travers la Fondation Hanns Seidel, la police de proximité vise à donner une nouvelle perception de la police aux citoyens et une nouvelle perception des citoyens à la police, de sorte que les barrières tombent pour un vrai partenariat et que la police puisse garantir les droits humains, même en cas de répression.
Toujours selon l’universitaire Pierre-Henri Bolle dont les travaux inspirent largement cette partie de la réflexion, l’expérience des Etats-Unis et du Canada restent édifiants. La police de proximité cohabite avec la “police professionnelle”, caractérisée, sur le front des opérations, par l’intervention de patrouilles motorisées, considérées comme un moyen de dissuasion des criminels potentiels, et par l’intervention rapide en réponse aux appels reçus du public.
- Premièrement, la police de proximité fait des forces de l’ordre des gardiens et des agents de la paix. Les policiers ne sont plus simplement des représentants des forces de l’ordre chargés de faire échec aux infractions. En cela, ils apparaissent comme des membres de la population payés pour s’occuper, à plein temps, dans l’intérêt du bien-être commun, des tâches qui incombent autant à chaque citoyen ;
- Deuxièmement, la police adopte une stratégie de consultation constante de la communauté. Cela permet d’établir des programmes d’action parfaitement adaptés à chaque localité et aux besoins d’intérêt local. Cette démarche diffère du modèle traditionnel, en vertu duquel les relations entre la police et la communauté sont établies dans ses bureaux au quartier général et appliquées par des agents aux ordres, qui exécutent avant de réclamer.
- Troisièmement, la police adopte une attitude proactive : au lieu d’attendre passivement les appels ou d’effectuer des patrouilles au hasard, la police prévoit, anticipe, en cernant les problèmes du crime et du désordre au niveau local. A cette fin, elle fait appel à la participation de la population, de la communauté locale. La surveillance s’effectue en partie par l’analyse des tendances révélées par les demandes au niveau local, au lieu de traiter chaque incident comme un dossier distinct, que l’on ferme lorsque l’affaire est élucidée. Pour ce faire, la police a recourts à tous les moyens susceptibles d’accroître et d’améliorer les contacts avec la population, par exemple le zonage, les patrouilles de quartier à pied, l’affectation d’agents à des secteurs précis, l’îlotage, les mini-postes et les bureaux de police d’accès facile. A cet effet, lors d’une mission effectuée en Chine en 2015 par une délégation de communicateurs béninois, nous avons pu observer l’usage par la ville de Pékin des postes de police de proximité logés dans des conteneurs aménagés et climatisés. Dotés de caméra de surveillance, ces postes de proximité permettent un rapport décomplexé entre la police et les citoyens. Ce dispositif, bien sûr, se combine avec ceux d’intervention rapide, utilisés traditionnellement par la police béninoise.
- Quatrièment, la police développe toutes formes de coopération avec les autres organismes de la société, ce que nous appelons les acteurs civils de la sécurité publique. Le travail initialement fait au ministère de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des cultes prévoit de les regrouper dans un dispositif local appelé Comité local de sécurité. La composition pertinente de ces comités locaux témoigne de l’ambition qui a conduit à cette expérience.
En effet, l’intervention des différentes composantes de la société reste nécessaire, puisque la Police ne peut pas être partout à la fois et qu’il est impossible d’affecter un agent à une personne ou à une famille. Au Bénin, on parle des élus locaux, de la chefferie traditionnelle, des sociétés privées de gardiennage, des confessions religieuses, des opérateurs hôteliers et touristiques, des transporteurs… Ailleurs, on parle des services sociaux, de lutte contre le chômage, de l’instruction publique et de la formation professionnelle, de l’amélioration du logement et les services sanitaires.
Cinquièment, la conception communautaire de la police de proximité permet d’élaborer des tactiques visant à réduire la peur du crime. Il appartient alors à la police de veiller à ce que ces “groupes ou personnes vulnérables, ou qui se considèrent comme tels”, de prendre des “mesures utiles de prévention du crime”, en collaboration avec elle, et “profitent ainsi d’un environnement plus sûr”.
Territorialiser la sécurité publique au Bénin
Quand bien même les lois sur la décentralisation prévoient une territorialisation de la sécurité publique en conférant au maire, au chef d’arrondissement et au chef de quartier de ville et de village des compétences en matière de sécurité et de police administrative, la culture du centralisme chez les forces de l’ordre et les autorités préfectorales étouffe toute volonté d’agir localement en matière de sécurité publique. Or, qui mieux que le maire, le conseil communal et les organes infra-communaux peuvent prévenir la délinquance et soutenir efficacement l’action des forces de l’ordre ? Aujourd’hui, il est difficile aux communes qui en ont les moyens de se doter d’une police municipale. D’où la nécessité de créer et d’entretenir une synergie locale de sécurité.
La ville de Paris est un modèle réussi de territorialisation de la sécurité publique quand bien même elle reste très loin des expériences américaines, canadiennes, allemandes et suisses. Ce qui montre bien que les pays bien décentralisés sont, en plus d’être les mieux développés et les plus stables, les plus sécurisés.
Le modèle parisien passe par le Contrat local de sécurité (contrat parisien de prévention et de sécurité dont la dernière version couvre la période 2015-2020), qui intègre tous les acteurs, leur rôle, leur responsabilité et les actions à mener, de même que les moyens à mobiliser. Au Bénin, nous parlons plutôt de Plan local de sécurité déjà réalisé dans certaines communes avec l’appui de l’Agence béninoise de gestion intégrée des espaces frontaliers (Abegief). Les Plans locaux de sécurité (Pls), c’est la forme béninoise des Contrats locaux de sécurité en France. Il s’agit d’une stratégie territoriale de sécurité et de prévention de la délinquance. Dans une brillante communication du Docteur Marcel Ayité Baglo, directeur général de l’Abegief, à l’une des séances de constitution des Cls, le Pls a été largement présenté. « Un plan local de sécurité part du postulat que la sécurité est l’affaire de tous. Pour son efficacité, il exige un décloisonnement des relations entre les différents corps des Forces de sécurité d’une part, et entre celles-ci, l’appareil judiciaire, les administrations décentralisées et déconcentrées ainsi que les organisations de la Société civile locale, d’autre part. Pour cela, le pan local de sécurité demande une mobilisation et un engagement de l’ensemble de la société locale qu’elle soit civile, para militaire ou militaire. Un plan local de sécurité est à la fois un outil de prévention et de gestion de l’insécurité. Il est en même temps un référentiel d’éducation à la paix, à l’ordre public et au respect des droits de l’homme et du citoyen. C’est un précieux document qui doit être élaboré à partir des problèmes sécuritaires spécifiques à chaque type de territoire. D’où l’exigence d’un diagnostic global de sécurité du territoire local concerné ». L’existence de ces Pls élaborés en synergie avec tous les acteurs concernés par la sécurité publique dans le ressort territorial de la commune et validé par le Conseil communal est l’étape indispensable pour asseoir les bases d’une sécurité publique efficace et durable. La sécurité des citoyens dans leur vie quotidienne et la tranquillité publique ne peuvent pas être assurées de façon durable sans une action prospective, collective et coordonnée portant à la fois sur la prévention, la sanction et l'éducation civique. Pour organiser cette coopération, le maire doit centraliser les préoccupations de ses concitoyens et leurs attentes et engager son Conseil dans cette action, car sans la sécurité, aucun des enjeux de la décentralisation ne sera atteint. De même, les gestes de chacun concourent à la sécurité de tous.
Dans cette vision, il est nécessaire d’inclure une instance citoyenne comme les comités consultatifs de sécurité, les leaders communautaires de sécurité ou les comités locaux de sécurité, expérience abandonnée à tort par les pouvoirs publics au Bénin.
Le concept de Comité local de sécurité est né ou remis en vigueur lors du Forum national sur la contribution des acteurs civils au renforcement de la sécurité publique tenu le 20 décembre 2011 à Cotonou. Le Comité local de sécurité est un contrat local de sécurité établi par l’ensemble des acteurs dans les champs de la prévention et de la sécurité sur un territoire donné. Il peut être établi au niveau d’une commune, d’un arrondissement, d’un quartier de ville ou d’un village. Il s’intègre à l’action publique territoriale en matière de sécurité et participe à la politique de sécurité intérieure. C’est un cadre de concertation et d’échange entre les forces de sécurité publique et les représentants des différentes couches socio professionnelles. L’objectif du Cls est de rendre plus performantes la police et la gendarmerie nationales et d’améliorer la prévention et la dissuasion du crime et de toute autre forme de délinquance. Le Cls contribue à assurer la veille sécuritaire permanente des localités, recueillir les informations, les communiquer aux forces de sécurité et dénoncer les faits d’insécurité dans les localités. Pour ce qui concerne leurs attributions, les Cls devraient diagnostiquer les problèmes de sécurité de la localité et proposer des solutions, sensibiliser les populations sur les problèmes de sécurité de la localité et organiser ensemble avec les forces de sécurité la prévention et la dissuasion en amont de la délinquance. Les Cls, sous diverses formes, existent dans les pays développés et en Afrique et ont donné lieu à des Plans locaux de sécurité dont ils sont partie intégrante.
Les réformes du système de sécurité initiées à juste titre par le chef de l’Etat, le président Patrice Talon, doivent intégrer cette dimension communautaire et territoriale. La commune reste un démembrement de l’Etat et les élus locaux des représentants de l’Etat. Ne pas s’appuyer sur ces entités territoriales, à l’heure du local, voue à l’échec toute réforme du Gouvernement, même dans le domaine de la sécurité publique ou intérieure.
Par Franck S. KINNINVO*
Société 23 août 2017

Samedi 26 août prochain, Abomey accueillera la finale du jeu-concours " Gbecenyo" (Gbétchégnon). Une initiative de valorisation de la langue Fongbé voulue par plusieurs natifs, cadres et personnalités des communes du plateau d’Abomey. L’ambition, c’est de faire en sorte que cette langue devienne un élément d’unification, donc un facteur de développement.
Les localités d’Abomey, Bohicon, Zakpota, Zogbodomey, Djidja et Agbangnizoun s’approprient la langue fongbé comme facteur de développement. C’est à travers le jeu-concours " Gbecenyo" (Gbétchégnon, entendez « ma langue est belle »), lancée le dimanche 30 juillet dernier à Abomey et dont la finale aura lieu le samedi 26 août prochain à la place Goho à Abomey. Plus de 400 candidats étaient inscrits pour prendre part aux différents jeux. Répartis en seize équipes, ils avaient à faire des recherches pour répondre à 192 questions de culture générale notées sur 40 points et expliciter 272 proverbes en fongbé, rubrique notée sur 60 points. Le jury de ce jeu-concours est présidé par le professeur Albert Bienvenu Akoha, enseignant de linguistique générale et de littérature orale à l'Université d'Abomey-Calavi, ancien doyen de l’ex- Faculté des lettres, arts et sciences humaines (Flash).
Plusieurs ressortissants de ces localités veulent faire du fongbé un outil qui rassemble les populations et donc capable d’induire le développement. A l’instar de certains pays dont les citoyens manient avec aisance leur langue nationale, les initiateurs de ce jeu veulent donner la possibilité aux leurs d’emprunter la même voie. Au-delà de la langue, c’est la culture, les us et coutumes arrimés au fongbé que les initiateurs projettent de transmettre aux générations actuelles et futures qui, trop préoccupées de leur réussite scolaire, se cramponnent à la langue officielle et foulent aux pieds les langues nationales à même de leur permettre de mieux intégrer les réalités endogènes.
Pour inverser la tendance, Gbecenyo a été initié. Le choix des vacances scolaires pour lancer un tel projet ne relève pas du hasard, soutiennent les organisateurs. Pour eux, il est question d’occuper autrement et utilement la jeunesse en cette période en l’aidant à opter pour des loisirs sains (jeu-concours) en lieu et place de la dépravation et par la même occasion, de leur léguer un précieux héritage (la langue et la culture fon). Ainsi instruits et outillés, ils devaient devenir des agents de développement et se positionner comme fer de lance du développement de leur région et par ricochet du pays tout entier. Outre le jeu-concours à court terme, il est prévu sur le moyen et long termes des bains linguistiques, touristiques et culturels. Ce qui aura pour but d’améliorer leur connaissance de la langue et de la culture fon.
Toute initiative visant le développement est la bienvenue au niveau du Gouvernement. C’est fort de cela que le ministre en charge de la Justice, Joseph Djogbénou, apporte son soutien et son appui au jeu-concours " Gbecenyo". Pour lui, « La langue est pour toute communauté un patrimoine à promouvoir et à préserver ». Analysant alors la pertinence de ce jeu-concours, il y voit « une initiative qui s’inscrit parfaitement dans le Programme d’action du Gouvernement (Pag). Programme au sein duquel la valorisation de la culture et la promotion du tourisme sont hissées au rang de priorités. Sauf que le garde des Sceaux, Joseph Djogbénou, ne s’en tient pas aux mots. Le projet n’aurait pas pu voir le jour sans son soutien, laisse-t-on entendre du côté de l’organisation?

On connaissait « Cœur d'or », un projet dédié au bien-être des personnes démunies qui fait chaque année des heureux dans plusieurs orphelinats et centres à vocation sociale du pays. Mais depuis quelques jours, Espoir Ahamada, Miss Espoir de son nom d’artiste, a lancé les activités de la Fondation «Yaovi Ahamada» pour mieux faire parler son engagement social.
C’est sous la bannière d’une Fondation à but non lucratif financée par ses prestations en tant que musicienne chanteuse qu’Espoir Ahamada, Miss Espoir de son nom d’artiste, poursuit depuis quelques jours sur le terrain ses actions en faveur des couches les plus démunies. Celle qui était le chantre de la mobilisation des dons, vivres, ressources et vêtements au profit des orphelins, des veuves, des malades mentaux et des personnes en situation difficile est passée à une étape supérieure. Elle a lancé mercredi 16 août dernier, la « Yaovi Ahamada » du nom de son regretté père. « La Fondation Yaovi Ahamada organisera la fête de Noël pour les enfants, des campagnes de collecte de vivres pour les enfants déshérités à travers le concept « Cœur d’or », égaiera les hommes en arme chaque année au cours d’un spectacle inédit et ira au secours des couches sociales défavorisées, tout en s’activant dans plusieurs autres secteurs sociaux», explique Miss Espoir.
Et, à peine a-t-elle vu le jour, que ladite fondation se montre déjà très active.
Le lendemain de son lancement, soit le jeudi 17 août dernier, sa génitrice a organisé au profit des éléments des Forces armées béninoises un concert gratuit qui vise à les égayer. Trop occupés à veiller à la sécurité des personnes et des biens, et même à l’intégrité du territoire national, les hommes en arme, estime Espoir Ahamada, manquent de temps pour se divertir. Elle se propose donc de les divertir à travers ce concert devenu une tradition.
Pélagie la vibreuse, Sèna Noble, Nikanor, Lady G, Lyz Yèhoué, Ras I Baré, Ya Salam, Alby et d'autres artistes ont pris part à ce concert organisé au quartier général de l’état-major général des Forces armées béninoises.
Désormais, c’est la fondation naissante qui prend sur elle d’organiser ce concert comme toutes les autres actions sociales de cette artiste de la musique béninoise. D’ailleurs la fondation est dédiée à son géniteur, ancien footballeur béninois et gardien de but honoraire de l’équipe des Dragons de l’Ouémé. C’est aussi en son honneur qu’un match de gala de football opposant les éléments des Forces de sécurité et de défense et les hommes des médias et acteurs du showbiz a été organisé en prélude au lancement?

Palikini Sika Konto était devant la cour d’assises de la cour d’appel de Parakou, ce lundi 21 août, pour répondre du crime de coups mortels. Il a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle. Mis sous mandat de dépôt le 27 novembre 2013, il a encore quinze mois à passer derrière les barreaux.
Pour avoir participé à une vindicte populaire sur la personne d’Hélène Kpouakou soupçonnée d’être une sorcière, Palikini Sika Konto paie un lourd tribut. Déclaré coupable de coups mortels, infraction prévue et punie par les dispositions de l’article 309 alinéas 4 du Code pénal, il a été condamné à cinq ans de réclusion criminelle.
A la barre, il a collaboré avec la cour pour la manifestation de la vérité. Comme à l’enquête préliminaire et devant le juge d’instruction, Palikini Sika Konto a reconnu qu’il était présent sur les lieux et a également porté deux coups à dame Hélène Kpouakou.
Pour l’avocat général, il n’y a pas l’ombre d’un seul doute, les faits reprochés à Palikini Sika Konto peuvent être qualifiés de coups mortels. Selon lui, les éléments constitutifs d’une telle infraction sont réunis, l’accusé ayant avoué qu’il voulait simplement infliger à la victime une correction qui a mal tourné. « Il ne s’agit pas d’un homicide involontaire comme son conseil va tenter de vous le faire croire », a expliqué Fiacre Azalou Tokpassi aux membres de la cour. Il requiert contre lui dix ans de réclusion criminelle.
Dans sa plaidoirie, le conseil de l’accusé a estimé qu’ils l’ont laissé porter seul le fardeau de la solution qui était celle de les aider à se débarrasser d’une sorcière. Selon Me Olga Anassidé, la victime n’est pas morte sur-le-champ. Elle était dans un état critique lorsque son client a quitté les lieux. « On l’a abandonnée quelque part, sans le moindre soin. C’est quand elle a rendu son dernier souffle que le chef du village est allé informer les gendarmes », a insisté l’avocate, relevant les insuffisances du dossier. « Palikini Sika Konto n’est pas le seul à lui avoir porté des coups. Qu’est-ce qui prouve que ce sont ses deux coups qui ont donné la mort à la victime, alors qu’on parle d’une foule surchauffée. Son tort est d’être le seul étranger dans le village », poursuit Me Olga Anassidé. Pour elle, son client ne mérite pas de porter seul ce fardeau, mais d’assurer la part de responsabilité qui lui revient dans ce qui est survenu. Elle trouve alors les dix ans proposés par le représentant du ministère public excessifs.
Présidant la cour, Edouard Ignace Gangny avait comme assesseurs, Alexis Mètahou et Arlen A. Dossa-Avocè. Le ministère public était représenté par Fiacre Azalou Tokpassi et le greffier est Me Ambroise Alassane. Marguerite Kombetto, Emile N’Yaba N’Dah, Maféirou Célestin Babahoum et Sabi Goro Monsi Kora ont été désignés comme jurés.?
Les faits de la cause
Dame Hélène Kpouakou allait chercher du bois de chauffage dans les environs du village Yanyanmou et était accompagnée de la fille de son amie BougnonWorko. A leur retour, la petite parlait à peine. Dame Bougnon Worko accuse Hélène Kpouakou de sorcellerie. Un groupe de jeunes gens dont Palikini Sika Konto traînèrent alors Hélène Kpouakou dans la brousse. Ils lui infligèrent des coups auxquels elle n’a pas survécu
Société 22 août 2017

Lorsque survient une grossesse chez la femme, il lui est souvent recommandé d’aller en consultation prénatale pour en assurer un bon suivi afin que la délivrance se passe sans anicroche. Quel sont les actes obligatoires pour un bon suivi d’une grossesse ? Le docteur Daouda Sikirou, gynécologue obstétricien au centre de santé de Kétou, nous en donne la réponse.
La Nation : Dites-nous Dr, en quoi consiste la consultation prénatale ?
Dr Daouda Sikirou : La consultation prénatale est l’ensemble des soins préventifs et promotionnels administrés et mis à la disposition de la femme enceinte. Chaque consultation prénatale doit, en fonction de sa date au cours de la grossesse, répondre à un certain nombre d'objectifs et, il existe des moyens pratiques d'y parvenir.
Quels sont les examens obligatoires pour la femme enceinte et à quoi servent-ils ?
Dans tous les cas, un point de l’état clinique de la femme est fait par le gynécologue à chaque consultation avant de demander des examens complémentaires qui permettent de détecter les anomalies qui ne sont pas visibles ou perceptibles par le médecin. Il s’agit notamment du groupage sanguin et rhésus qui permettent de connaître le type sanguin de la femme afin de prendre des précautions nécessaires en cas de suspicion d’incompatibilité dans le système du groupe sanguin et rhésus et de prendre en charge sans retard les anémies graves de la femme enceinte ou après l’accouchement. Il y a également le test de Coombs indirect et la recherche d’agglutinines irrégulières (Rai) systématiques aux 3e, 6e, 8e et 9e mois, pour toute patiente rhésus négatif. Il y a la sérologie de la syphilis. C’est une maladie infectieuse pouvant être responsable de complications comme l'avortement spontané, la mort fœtale in utero, ainsi que le syndrome de syphilis congénitale. La sérologie de la rubéole et de la toxoplasmose ; la glycosurie et l’albuminurie permettant de dépister une insuffisance rénale, une infection urinaire ou un syndrome vasculo-rénal sont également des examens à faire pendant la grossesse.
Certains examens ne sont pas obligatoires, mais recommandés comme l’échographie, la sérologie Vih. Certains sont des examens de circonstance : l’examen cytobactériologique des urines, le prélèvement cervico-vaginal, la sérologie de l’hépatite B, la sérologie de l’hépatite C, la numération formule sanguine et dosage de la ferritine sérique, le dépistage du diabète gestationnel entre 24 et 28 semaines de grossesse par un test de charge en glucose (test d’O’Sullivan, Hgpo), le dépistage streptocoque B.
Qu’en est-il de la vaccination de la femme enceinte ?
Il y a quatre types de vaccins autorisés chez la femme enceinte: le vaccin contre le tétanos. Il est sans danger et protège le nouveau-né du tétanos néonatal. Il faut faire un rappel au 7e mois ; le vaccin injectable contre la poliomyélite. C'est un vaccin contenant un virus inactivé et sans danger ; le vaccin contre la grippe saisonnière et grippe A (H1N1). Il est recommandé quel que soit le stade de la grossesse chez les femmes enceintes surtout dans les zones à risque ; le vaccin contre l’hépatite B. C'est un vaccin sans danger pour la femme enceinte et le
fœtus.
Il arrive qu’en dépit d’un bon suivi de la grossesse, la femme enceinte se trouve confrontée à des difficultés lors de l’accouchement, qu’est-ce qui explique cela ?
En fait, les consultations prénatales permettent de surveiller la grossesse, d’explorer les risques encourus par la femme enceinte et d’anticiper ou de traiter les urgences éventuelles qui surviennent. Les consultations prénatales sont donc des consultations de dépistage qui constateront la normalité des phénomènes dans la très grande majorité des cas. Le médecin devra cependant maintenir son attention en éveil pour ne pas passer à côté d'états aux confins du pathologique ou franchement anormaux, dont l'aggravation brutale peut être fâcheuse pour la mère et l'enfant. C’est par la qualité des consultations prénatales, notamment, que la mortalité périnatale et la mortalité maternelle peuvent être réduites.
Malheureusement, la qualité des consultations prénatales laisse encore à désirer dans nos structures sanitaires au Bénin, même dans les centres de référence. Même dans les pays développés où la qualité des consultations prénatales est acceptable, les urgences surviennent toujours. C’est dans l’anticipation sur la gestion des urgences obstétricales que ces pays arrivent à maintenir les indicateurs très faibles.
Quels sont les risques qu’encourt une femme enceinte dont la grossesse n’a pas été suivie par un professionnel de la santé ?
Les complications pouvant découler d’une grossesse non ou mal suivie sont de plusieurs ordres. Il y a des complications sur grossesse et des complications liées à l’accouchement. Il s’agit par exemple des pertes de grossesse, des fausses couches, des morts fœtales in utero…C’est aussi la morbidité et la mortalité maternelles élevées ; la morbidité et la mortalité périnatales élevées.
Que doit faire la femme enceinte pour assurer un bon suivi de sa grossesse ?
La femme doit mettre en œuvre un plan pour l’accouchement qui consiste à : identifier un agent de santé compétent qu'elle ait contacter au moment approprié ou une structure sanitaire ; identifier une maternité de son choix ou une structure sanitaire de niveau spécifique pour l’accouchement ; prendre des dispositions pour le transport d’urgence au lieu d’accouchement au moment opportun ; disposer d’un fonds pour payer les soins d’un accouchement ou d’une urgence ; savoir comment prendre les décisions lors du début du travail ou si des signes de danger surviennent ; prévoir un accompagnant pour se rendre à la maternité, si possible, qui pour rester avec la femme pendant son travail et son accouchement et quelqu’un pour s’occuper de sa maison et de ses enfants en son absence ; prévoir des articles nécessaires pour un accouchement hygiénique (garniture / linges, savon, draps propres, récipient pour le placenta) et sûr et pour le nouveau-né (couvertures couches, vêtements…)?
Propos recueillis par Reine AZIFAN
Santé 22 août 2017

Les députés membres du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) soutenant les actions du chef de l’Etat se sont réunis à nouveau, ce lundi 21 août, à la salle polyvalente du palais des Gouverneurs à
Porto-Novo.
La rencontre fait suite à une première tenue le lundi 7 août dernier. Les discussions se sont toujours déroulées à huis clos en présence du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Selon des sources échappées, tout comme le 7 août dernier, les échanges ont surtout tourné encore autour de la restructuration du Bmp pour le rendre plus fort. La rencontre d’hier aurait surtout été exigée par certains membres pour permettre au coordonnateur du Bmp, l’honorable Bruno Amoussou, qui n’était pas à la dernière réunion, de restituer à la séance le point de ses échanges le 27 juillet dernier avec le chef de l’Etat à Cotonou. Ce que ce dernier a fait ce lundi 21 août. Cette séance de restitution a permis de mettre tous les députés du Bmp au même niveau d’informations, renseignent nos sources annonçant pour bientôt des descentes politiques du Bloc sur le terrain pour mettre les militants en ordre de bataille autour du chef de l’Etat, Patrice Talon n
Th. C. N.
Politique 22 août 2017

Démarré le mercredi dernier au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou, le championnat du département de l’Atlantique et du Littoral a pris fin, vendredi 18 août dernier sur une note de satisfaction des organisateurs.
Parmi les joueurs, toutes catégories confondues, qui ont participé à ce championnat, 40 sont qualifiés pour le championnat national.
Dans la catégorie des 12 ans et moins, chez les filles, Rodia Noudogbessi, Idjoma Udensi, Aïda Garba, Eliaza Honfoga et Emmanuel Udensi; Ridor Noudogbessi; Gillian Nahum et Pacôme Kakpo chez les garçons, ont pu s’en sortir.
Dans la catégorie des 14 ans et moins, Gloriana Nahum, Emilienne Gankpontchého, Youssra Noudogbessi, Emilienne Honfoga se sont illustrées chez les filles et alors que chez les garçons, Mariano Kpodozinou, Bruce Dylane, Toïb Noudogbessi, Sordick Noudogbessi ont émerveillé.
Dans la catégorie des 16 ans et moins, chez les filles Gift Udensi , Frida Houngbo, Chelsea Agaounga, Lysiane Adidji ont dicté leur loi à leurs adversaires et chez les garçons, Robert Bokini, Aristide Sètomè, Giovanni Sègodo et Vence N’tcha ont fait de même.
En ce qui concerne la catégorie des 18 ans et moins, chez les filles, Carmène Kpadonou, Bernice Saïzonou, Steffi Houngbo, Bissola Lassissi ont vaincu leurs vis-à-vis et chez les garçons, Delmas N’tcha, Arnaud Sèwanou, Lionel Hounsinou et Sylvestre Monnou se sont imposés.
Chez les séniors dames, on retrouve Sandrina Saïzonou, Yvonne Saïzonou, Anicette Ahounou, Yvette Saïzonou.
Quant aux séniors hommes, on retrouve Magloire Yakpa, Charles Kodjo, Jean Sègodo, Christian Olowakinnou?
Breide Rivel GANSE (Stag.)

Zangbéto et ses adeptes sont à couteaux tirés avec les membres d'une église des assemblées de Dieu dans une affaire de présumé vol de poulet. C'est à Doukonta, un village de Lokossa, dans le Mono où le fétiche a pris le contrôle du périmètre de l'église. Cette ambiance conflictuelle a été exacerbée par le renforcement du dispositif de prise de possession, ce dimanche 20 août, et aucune messe n’a pu être dite dans l’église. En lieu et place des fidèles et leur pasteur, c’est zangbéto qui a régné sur les lieux bouclés avec des rameaux. Des branchages de divers arbres y ont été également déposés, par endroits. A en croire le chef des adeptes du zangbéto de la localité, John Hounza, il s’agit de l’expression d’une vengeance contre le pasteur de l’église, la famille de celui-ci et ses fidèles. Ces derniers, aux dires de John Hounza, les auraient humiliés quelques jours plus tôt. Des témoins rapportent que tout est parti de la grand-mère du pasteur qui aurait "accusé", le jeudi 17 août 2017, la communauté du culte zangbéto d'avoir volé de sa basse-cour, le poulet attaché à leur fétiche alors que celui-ci était à la tête d'une procession de ses adeptes vers le temple du vodoun tolègba où des rituels annuels devraient y être accomplis. La grand-mère serait soutenue dans cette entreprise de dénonciation par son petit-fils, le pasteur, et d'autres fidèles de l'église dont des dames que John Hounza a soupçonné d'avoir tenté, dans la foulée de l'ambiance surchauffée, de toucher au zangbéto. "Toutes choses qui constituent des interdits dans le culte du fétiche", déplore John Hounza qui a déposé, entretemps contre toutes ces provocations, une plainte au commissariat de police de Lokossa. Après quelques rencontres infructueuses en vue d'un règlement à l'amiable, une séance de médiation est prévue, pour ce lundi 21 août, entre les dignitaires des deux religions sous l'égide des élus et du commissaire de la ville de Lokossa. Peut-être de là sortira la solution d'apaisement de la communauté des adeptes du culte zangbéto. Les deux communautés religieuses cohabitent à Doukonta depuis plusieurs années.
Politique 21 août 2017