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La gouvernance Internet dans l’espace de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest focalise les attentions, les 27 et 28 juillet à Cotonou. Rafiatou Monrou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication en a lancé les réflexions, en présence des acteurs du secteur.
« La sécurité numérique pour le développement socio-économique et la paix », c’est le thème principal du neuvième forum ouest-africain sur la gouvernance d’Internet qui se tient à Cotonou. Cette rencontre de deux jours se penchera sur les risques et menaces qui pèsent sur cet écosystème et sur les moyens de nos concitoyens, confie Rafiatou Monrou, ministre de l’Economie numérique et de la Communication. Pour elle, il n’y a pas de développement dans le désordre, dans un climat de suspicion, où tout le monde se méfie de tout le monde et où personne ne fait confiance aux infrastructures existantes. « Il faut donner à nos populations des raisons d’investir et de se sentir en sécurité dans ce monde dématérialisé où les frontières, à défaut d’exister, deviennent virtuelles et difficiles à délimiter », explique-t-elle.
Sur le segment de marché que représente le commerce électronique (8,7% des ventes de détail dans le monde avec d’immenses potentiels de progression), il y a encore pour nos économies des places à prendre, poursuit-elle. « Nous devons les prendre ; il sera nécessaire de se mettre aux normes aussi bien pour les produits que pour les services », argumente Rafiatou Monrou.
Les réflexions seront axées sur la lutte contre la cybercriminalité et la restauration de la confiance dans les écosystèmes numériques. Le Bénin a fait le pari de se transformer en une plate-forme de services numériques de l’Afrique de l’Ouest pour l’accélération de la croissance et de l’inclusion sociale d’ici 2021, informe-t-elle.
La Cedeao organise le forum sur la gouvernance Internet pour permettre à ses citoyens d’en tirer le meilleur bénéfice comme infrastructure essentielle de communication et de développement, affirme Isaïas da Rosa, commissaire Tic de la Cedeao. « Nous sommes conscients que les Tic ne peuvent pas être la locomotive de l’intégration régionale sans un cyber-environnement sécurisé », relève-t-il. La menace de la cybercriminalité demeure omniprésente dans l’espace sous-régional, fait-il observer. Faisant allusion aux pertes financières liées à la cybercriminalité, Isaïas da Rosa justifie le thème du forum qui se penche sur la cybercriminalité. Les objectifs, précise-t-il, sont entre autres la nécessité d’identifier les actions concrètes prises pour lutter efficacement contre les menaces cybernétiques, y compris le cyber-terrorisme ainsi que la façon de renforcer la sécurité numérique afin de protéger les citoyens et les infrastructures nationales critiques.
Il a dévoilé les cinq thèmes programmés pour les deux jours de conclave et émis l’espoir que l’amélioration de l’efficacité économique, la sécurité, la croissance, la création d’emplois et des prix abordables pour tous seront bientôt une réalité pour les citoyens de la Cedeao.
C’est le même espoir que nourrit Franck Kouyami, président du forum sur la gouvernance Internet au Bénin, qui témoigne sa gratitude aux sponsors et personnalités qui ont œuvré pour la tenue effective du forum.
Quant à Mary Uduma, coordonnatrice du West Africa Internet Governance Forum (Waigf), elle a rappelé comment Internet est attaché à notre vie. La régulation de ce canal de communication relève des politiques publiques de gouvernance. Internet favorise la recherche, l’éducation et le commerce et requiert la sécurité pour en tirer tous les bénéfices pour le développement, relève-t-elle. Il s’agit d’engager et d’entretenir le progrès avec Internet, plaide-t-elle.
Objectifs du forum de Cotonou
L’édition de Cotonou aboutira à la création d’un cadre propice et convivial permettant aux experts réunis de mener les réflexions visant à élaborer des plans d’action pour faire de l’Afrique de l’Ouest une région de référence dans le domaine. La rencontre permettra de façon stratégique aux Etats de la sous-région de mettre en place une synergie entre les acteurs en charge de l’éducation, de l’énergie, des télécommunications, du transport et de l’eau afin de rationaliser les dépenses et investir dans la mutualisation des infrastructures Tic en vue d’améliorer l’accès à Internet et de réduire les coûts de connexion. Aussi, est-il question de sensibiliser les Etats de l’Afrique de l’Ouest à prendre des dispositions législatives afin de faire de l’Internet un outil officiel de communication à l’intérieur, entre les Etats de la sous-région et permettre aux citoyens d’avoir accès aux services publics d’une façon plus aisée.
Des questions relatives aux ressources fondamentales et infrastructures critiques de l’Internet seront également traitées afin d’aider à trouver des solutions aux problèmes découlant de leur mauvaise gestion. Par ailleurs, seront recensées les nouvelles questions et préoccupations liées à l’accès et à l’usage de l’Internet afin de les porter à l’attention des organes compétents et du public.

Cotonou a été, du 19 au 23 juillet derniers, la capitale du wushu africain. Le ministre des Sports, Oswald Homéky, a reçu, ce jeudi 27 juillet, les athlètes béninois qui, à l’occasion, n’ont pas fait piètre figure.
Comme le noble art, jusqu’à une époque récente, le wushu peut désormais être considéré comme la discipline de consolation des nombreux échecs du sport béninois. En témoignent les performances que les pratiquants de cet art martial au Bénin ne cessent de réaliser à chacune de leurs sorties. La dernière en date, ce sont les 15 médailles qu’ils ont engrangées au cours de la sixième édition du Championnat d’Afrique de wushu que Cotonou a eu l’honneur d’accueillir du 19 au 23 juillet dernier.
Les acteurs de cet exploit qui fait la fierté du Bénin et de son wushu étaient, ce jeudi 27 juillet au cabinet du ministre des Sports, Oswald Homéky. Ce dernier leur a transmis les félicitations de l’Etat béninois. Il a également remercié le président de la Fédération béninoise de wushu, Patrice Koménan Dossou-Yovo et les membres de son bureau exécutif. Un satisfecit leur a été décerné, pour avoir réussi l’organisation de cette compétition.
Plusieurs pays du continent ont participé à ce championnat. Ce qui n’a pas empêché le Bénin de s’en tirer à si bon compte. Il a réaffirmé, à l’occasion, sa détermination à faire partie des grands pays du wushu en Afrique.

Les membres du comité d’organisation du 1er août ont animé un point de presse, mercredi 26 juillet dernier, à l’Etat-major général des Forces armées béninoises à Cotonou. Objectif : informer du niveau des préparatifs et des dispositions à prendre en compte par le public dans le cadre des manifestations.
Dans quatre jours, le Bénin célèbrera le 57e anniversaire de son accession à la souveraineté internationale. C’est dans ce cadre que le comité d’organisation a donné un point de presse mercredi dernier à Cotonou, pour informer le peuple des diligences déjà faites dans ce sens et des dispositions utiles à prendre en compte par les usagers.
Plusieurs étapes marqueront les 57 ans d’indépendance du Bénin : d’abord, la retraite au flambeau dans la nuit du 31 juillet au 1er août ; ensuite, le dépôt de gerbe par le président de la République, Patrice Talon, à la place du Souvenir, le 1er août en mémoire des enfants du Bénin morts pour la liberté.
Cette année, le peuple aura droit à un défilé militaire et paramilitaire qui sera exécuté par les forces de sécurité et de défense nationales. Le colonel Eric Sosthène Dazan, vice-président du comité de pilotage de la fête, souligne que le traditionnel match de football sera remplacé par un géant concert au stade de l’Amitié général Mathieu Kérékou de Kouhounou. L’animation sera assurée par des artistes béninois.
Concernant le défilé militaire et paramilitaire, le capitaine de vaisseaux Aballo Abdul Kader Illiassou, président du sous-comité coordination et commandant des troupes, indique qu’il se déroulera sur l’avenue des armées sur l’axe allant du carrefour Unafrica à la place de l’Etoile-Rouge, et ceci en deux phases. La première, celle du défilé pédestre, débutera avec la revue des troupes par le chef de l’Etat et sera ouvert par le commandant de troupe, suivi de la présentation du drapeau national et de sa garde.
Le passage des écoles militaires et des détachements des forces paramilitaires marquera également le défilé. Les unités des forces armées béninoises clôtureront le défilé pédestre avec le passage des détachements du 1er bataillon des forces commando-parachutistes.Cette phase sera suivie du défilé motorisé. Cette année, ne défileront que les matériels majeurs de la réserve opérationnelle, ceux de la direction centrale du Génie des armées, du Groupement national des sapeurs-pompiers…, précise-t-il.
A en croire les conférenciers, le 1er août de cette année ne souffrira d’aucune faille. Les manifestations officielles se dérouleront à Cotonou. Même si le programme projette une fête sobre, les petits plats sont déjà mis dans les grands pour un déroulement sans anicroche des manifestations, rassurent les conférenciers.
Les déviations à emprunter
Pour sa part, le vice-président du sous-comité sécurité, le commissaire de division, Louis Tankpinou Tokpanou, apporte des détails concernant les dispositions sécuritaires et le plan de circulation arrêté à l’occasion. Ledit plan prévoit pour la période du vendredi 28 juillet à 6 h au mardi 1er août à 15 h, cinq déviations à emprunter par les usagers. La première prend en compte la zone du stade de l’Amitié-Ceg Zogbo-Fifadji-Sainte Rita. La deuxième, c’ est le tronçon Stade de l’Amitié-Sica Toyota -Agontinkon-Ste Rita. Le troisième contournement concerne le stade de l’Amitié-Sica Toyota -Passage supérieur Houéyiho-Mosquée Cadjèhoun-Epp Cadjèhoun-Carrefour Soneb. Le quatrième contournement, c’est l’axe Fidjrossè-Passage supérieur Houéyiho -Vodjè rails- Eneam-Ceg Gbégamey-Bourse du travail. Le cinquième et dernier axe part de Fidjrossè-Calvaire à Erévan en passant par Gondwana.
D’ores et déjà, les conférenciers exhortent les populations à la patience, au calme et à la compréhension, adaptés à la circonstance en cas d’éventuels désagréments. Ces consignes n’épargnent pas les éléments des forces de défense et de sécurité non impliqués dans l’exercice, soulignent-ils.
Aux médias, le commissaire Louis Tokpanou demande de régler le problème d'accréditations avant le jour J, de suivre les consignes des forces de sécurité publiques en ce qui concerne le respect de la zone de presse. Ils devront également éviter les obstructions à la circulation lors des interviews accordées aux autorités avant leur départ. Autrement, ceux qui ne respecteront pas ces consignes s’exposeront à des sanctions sévères, avertit-il.

Longtemps attendue, l’élection du maire de la commune de Ouidah s’est faite dans l’après-midi de ce jeudi 27 juillet. Par 11 voix contre une abstention, la seule candidate au poste de maire a été élue par ses pairs conseillers. Célestine Adjanohoun présidera désormais aux destinées de la cité historique de Kpassè après la destitution de son prédécesseur, Sévérin Adjovi après neuf ans à la tête de la commune. Ancienne député des Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), celle qui hérite d’une commune que nombre d’observateurs jugent en ruines, a été directrice générale de la Société béninoise d’Electricité et d’Eau (ex SBEE). Passionnée de sport elle a dirigé la Fédération béninoise de basket-ball pendant de longues années et son militantisme politique fait d’elle l’une des femmes les plus engagées de son temps. Elle devient la deuxième femme maire du Bénin pour la mandature 2015-2020 après Mariétou Tamba, maire de la commune de Pèrèrè.
Politique 27 juil. 2017

Le maire des Aguégués, Victor Hounsa, a reçu, ce mercredi 26 juillet, 180 dispositifs de lavage des mains pour réduire, un tant soit peu, les problèmes liés à l’hygiène et à la malnutrition dans sa commune lacustre.
Les Aguégués sont l’une des communes du Bénin où sévissent avec acuité les problèmes d’hygiène et de malnutrition. Peu de citoyens de cette cité lacustre qui lavent régulièrement les mains à l’eau propre et au savon avant et après les repas, les selles ou la manipulation d’ordures. Ce qui dresse souvent le lit au choléra, à la conjonctivite, à la gale, à la poliomyélite et autres affections qui ne manquent pas d’avoir des conséquences sur l’état des enfants et des femmes enceintes. C’est pour éviter ces maladies qu’un important lot de dispositifs de lavage des mains a été remis aux autorités de cette commune lacustre, ce mercredi 26 juillet, dans l’enceinte de l’école primaire publique d’Agbodjèdo, située dans l’arrondissement de Houédonou.
Au total, 180 dispositifs de lavage des mains à l’eau et au savon ont été acquis au profit des écoles maternelles et primaires, des ménages, des centres de santé, des centres nutritionnels des arrondissements de la commune pour leur permettre de prévenir les risques liés au manque d’hygiène.
En fait, il s’agit d’un appui du Gouvernement à travers le Secrétariat permanent du Conseil national de la santé, de l’alimentation et de la nutrition et le projet multi-sectoriel de la santé, de l’alimentation et de la nutrition piloté par le consortium d’Ong Autre Vie-Gbéwa.
En remettant les matériels au maire des Aguégués, le directeur exécutif de cette Ong, Romuald Djivoèssoun, s’est réjoui que la cérémonie de remise de ces dispositifs intervienne à un moment où la commune est exposée aux menaces d’inondation. Il espère que l’usage de ces dispositifs aidera les autorités communales à prévenir les maladies hydriques et hygiéniques. Romuald Djivoèssoun a fait part à la population des autres acquis et impacts de ce projet dans la commune pour le bien-être nutritionnel surtout des enfants de moins de cinq ans, à travers des actions notamment de sensibilisation des parents, de l’organisation des séances de suivi de croissance, des séances de démonstration culinaire et autres dans les seize villages des Aguégués identifiés comme des localités à haut risque sur le plan nutritionnel.
Le maire des Aguégués félicite le Gouvernement béninois et la Banque mondiale qui appuie le projet afin de garantir une bonne santé aux populations de sa commune. Les problèmes d’hygiène et de malnutrition constituent des défis de santé publique qui sont autant prioritaires que la construction des routes et des ponts, apprécie Victor Hounsa. Ces problèmes seraient, selon lui, à la base des maladies des écoliers et élèves et des échecs scolaires massifs dans les zones déshéritées dont sa commune. Car, à en croire le maire, il serait démontré que l’enfant qui a connu un mauvais état nutritionnel dans les deux premières années de sa naissance est voué à l’inintelligence à vie. Victor Hounsa salue le fait que cette cérémonie de remise de dispositifs de lavage des mains intervienne à un moment où le monde entier célèbre la semaine de l’allaitement dont l’importance pour la survie des enfants n’est plus à démonter.
Le conseiller pédagogique des Aguégués, Firmin Lokossou et le chef village d'Agbodjèdo, Justin Gbéssounon ont aussi loué l’initiative du Secrétariat permanent du Conseil national de la santé, de l’alimentation et de la nutrition placé sous tutelle de la présidence de la République. Ils promettent de faire un bon usage des dispositifs remis pour le bien-être de leurs populations.

L’élection de Julien Afohounha à la tête du conseil communal de Bonou, intervenue le 3 avril dernier, est invalidée, ce mercredi 26 juillet, par la Chambre administrative de la Cour suprême.
L’élection du désormais ex-maire de Bonou, Julien Affohounha, n’a pas suivi la procédure régulière en la matière. En tout cas, c’est la décision à laquelle est parvenue, ce mercredi 26 juillet, la Cour suprême, juge du contentieux des élections municipales et communales et locales. La haute juridiction y a décelé un vice de forme.
En effet, selon des sources proches du dossier, le remplaçant du maire Emmanuel Zounmènou suspendu devrait être élu au plus tard quinze jours après la suspension. Ce qui n’a pas été le cas ici où l’élection est intervenue bien après le délai prescrit par la loi portant Code électoral en République du Bénin. C’est donc pour cette raison fondamentale que la haute juridiction a décidé d’invalider l’élection de Julien Afohounha. La même décision du juge électoral devrait emporter aussi les fauteuils de Thiery Tolégbè et Alexandre Dansou respectivement élus, le 3 avril dernier, aux postes de 1er et 2e adjoints au maire. Joint par téléphone, le camp du maire déchu, Julien Afohounha, se dit serein. Il pense que Emmanuel Zounmènou rétablit par cette décision de la Cour suprême ne garde pas le fauteuil pendant longtemps. Puisqu’il n’est pas issu de la liste majoritaire actuelle du conseil communal. Il promet dès lors de revenir à la charge dans une procédure régulière pour lui faire la fête et lui arracher le fauteuil dans les tout prochains jours. Emmanuel Zounmènou va-t-il se laisser avoir encore ? On attend de voir.
Il faut préciser que l’élection du maire Julien Afohounha et de ses deux adjoints fait suite à la suspension du maire sortant Emmanuel Zounmènou par le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy. L’autorité préfectorale a pris cette décision pour faire respecter la loi au sein du conseil communal de Bonou dont la majorité a basculé au profit des Forces Cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) suite à l’invalidation par la Cour suprême le 2 décembre 2016, du siège du conseiller Bernard Bodéa de la liste de L’Union fait Nation (Un). Cette invalidation a mis désormais les Fcbe comme première force politique majoritaire au sein de conseil communal composé de neuf membres. Or, selon l’article 400 du Code électoral, c’est la liste qui a la majorité absolue des sièges qui donne le poste de maire. Les Fcbe sont crédités désormais de cinq sièges contre deux sièges respectivement pour les listes de l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement (And) et l’alliance Eclaireur dont est issue le maire suspendu. Sur les neuf conseillers, six ont pris part au vote. Les autres dont le maire suspendu Emmanuel Zounmènou ont opté pour la politique de la chaise vide. Il a formé un recours devant la Cour suprême pour attaquer l’arrêté préfectoral le suspendant. Lequel recours vient de prospérer au détriment de Julien Afohounha qui était le troisième maire élu de Bonou en moins de deux ans de la troisième mandature de la décentralisation. Emmanuel Zounmènou qui s’installe à nouveau dans le fauteuil de maire avait lui aussi hérité, le 6 octobre 2016, du fauteuil de maire après la destitution d’Alexandre Zannou contre qui une frange de ses collègues reproche avait des actes de « mauvaise gestion ».

La destitution du maire de Ouidah, Sévérin Adjovi, les enjeux de sa succession ainsi que la supposée implication du chef de l’Etat dans une telle entreprise sont entre autres préoccupations abordées à travers cet entretien avec le professeur Roger Gbégnonvi, ancien ministre et membre du Conseil des sept (C7), conseil de notables de la cité historique de Kpassè.
La Nation : Vous faites partie de ceux qui ont mené la fronde ayant conduit à la destitution du maire Sévérin Adjovi. Quelles sont les motivations d’une telle épreuve de force ?
Roger Gbégnonvi : Le véritable meneur, c’est une meneuse, si le mot pouvait exister. Elle s’appelle Mme Célestine Adjanonhoun, membre du conseil communal de Ouidah. C’est elle qui, la première, s’est dit qu’il n’est pas possible que la ville de Ouidah soit abandonnée dans cet état par le maire qui l’aura dirigée pendant neuf ans d’affilée. Et c’est vrai que l’état de ruine de Ouidah est manifeste ; ça crève l’œil. Elle a été donc la première à donner de la voix au sein du conseil en faisant remarquer tout ce qui ne va pas. En justifiant ses remarques, elle a beaucoup écrit ; elle a fait beaucoup de déclarations. Et des jeunes conduits par Clergé Gomez ont pris la relève. Les gens de mon acabit ne sont venus qu’après. Et il faut comprendre ce retard de notre part à réagir et à aider les jeunes. Ouidah est une ville traditionnelle et traditionnaliste et quand on a mon âge, on coïncide fatalement avec ce milieu qui vous a fait naître et qui vous a vu grandir. On ne conteste pas l’autorité pour un oui ou un non. L’autorité c’est l’autorité. Il n’a pas été nommé chef par le fâ, mais ça y ressemble un peu. C’est le chef de famille, on le respecte. Il fait mal, on murmure. Et donc nous nous contentions de murmurer jusqu’au jour où nous nous sommes décidés à soutenir Mme Célestine Adjanonhoun et tous ces jeunes qui se battent tout seuls. C’est ainsi qu’on a fini par me voir. Mais je n’étais pas seul ; il y avait deux ou trois personnes le jour où on a fait le plus de bruits et quelques autres qui étaient plus âgées que moi, mais vu les fonctions que j’ai occupées dans ce pays, j’ai été mis en vedette.
C’est certes un mouvement qui est né à la suite de nombreuses dénonciations, mais d’aucuns disent qu’il y a des mains tapies derrière tout ceci….
Je ne pense pas qu’il y ait la moindre main tapie derrière ou s’il y en a. Nous, les notables réunis au sein du C7, Conseil des sept, au mois de juin 2016, lorsque nous avons appris que Ouidah perdait définitivement son titre de chef-lieu de département qu’il n’a jamais été mais qu’il espérait avoir à la place d’Allada, nous nous sommes dit : c’est foutu. Tout s’en va.
Nous qui avons un certain âge, nous savons que Ouidah était la cathédrale, c’est là que tous les prêtres étaient ordonnés ; la cathédrale nous a quittés pour se retrouver à Cotonou. Tout nous quitte et voilà que la capitale du département allant à Allada, c’est toutes les administrations qui vont partir ou qui ne s’installeront pas à Ouidah.
Ouidah étant déjà en ruine, jusqu’où s’arrêtera sa ruine ? Nous nous sommes réunis et notre premier acte a été d’écrire au chef de l’Etat pour lui demander de faire quelque chose pour la ville de Ouidah. Le deuxième acte a été d’adresser au maire un mémorandum qui fait état des problèmes qui se posent à la ville de Ouidah et qui ne dépendent pas de l’autorité centrale, avec la demande de rencontrer tout le conseil communal. Requête à laquelle le maire a accédé en nous recevant très vite avec le conseil communal. Nous avons présenté en long et en large avec le sourire et la plus grande politesse tout ce qui ne va pas. Mais les réponses verbales qu’il nous a données nous ont paru bizarres. Par exemple, lorsque nous avons souligné la saleté de la ville, il nous a répondu pour s’excuser que les véhicules de la voirie étaient en panne. Il nous a fallu beaucoup de patience, beaucoup de respect pour ne pas lui jeter au visage que nous avons tous une voiture qui tombe en panne et que, s’il faut continuer à nous en servir, il faut bien la faire réparer. Ceci nous a révoltés. Bref, il y a plein d’autres faits tels que des dossiers de malversation de son jeune frère aujourd’hui en prison, pour environ 130 millions de francs Cfa détournés sur le dos des morts, c’est-à-dire au cimetière ; l’achat d’une voiture de luxe de fonction à 38 millions de francs Cfa au moment où la commune n’aurait pas quelques centaines de milliers de francs Cfa pour sa propreté. C’est quand même curieux !
Le maire aurait pu saisir la perche que nous lui avons tendue au lieu de nous raconter à nous qui avions fait quelques années d’études des inepties pour justifier son incapacité à faire face aux problèmes de la commune.
La correspondance adressée par le C7 au chef de l’Etat a-t-elle été un déclic pour mettre en branle la machine de destitution du maire Sévérin Adjovi ?
La correspondance qui a servi de déclic est celle que nous avons adressée au maire. La petite correspondance que nous avons adressée au chef de l’Etat tient en une page et demie. La seule chose que nous avons demandée au chef de l’Etat c’est de faire à notre ville un statut administratif particulier. Tandis que celle, lourde et longue, adressée au maire compte quatre pages.
Mais je vois là où vous voulez en venir. Dans tout ce qui se passe, surtout dans la déstabilisation des maires de certaines communes, on voit la main invisible du chef de l’Etat ; je viens de vous dire qu’en ce qui me concerne, membre et porte-parole du C7, je n’ai vu nulle part la main du chef de l’Etat.
Maintenant, je vous confesse que personnellement et avec d’autres membres du C7, nous avons souhaité que le chef de l’Etat intervienne pour nous aider à destituer le maire. En faisant quoi ? Je ne sais pas. Nous l’avons souhaité, mais nous n’avons pas eu l’occasion de lui écrire ni de lui parler dans ce sens. Mais nous l’avons souhaité. Et s’il l’avait fait nous serions très heureux. Sinon, je vous dis, honnêtement et franchement que de façon visible, tout ce qui s’est passé jusqu’à la destitution du maire Sévérin Adjovi, c’est nous qui l’avons fait.
Y-a-t-il derrière tout ça une main invisible ? Je ne sais pas. Je viens de vous décrire le processus qui nous a conduits à sa destitution. C’est un processus tout à fait normal dans lequel vous chercherez en vain une main invisible.Toutes les mains dans cette affaire ont été visibles et c’était les nôtres. Celle de Mme Adjanonhoun, des jeunes ; ensuite ils ont été douze pour demander sa destitution, il a manqué le 13e apôtre. Et pendant cinq mois nous avons tous eu peur qu’il n’y ait des défections dans leur rang, puisque c’est l’argent qui parle. La peur de voir le maire en débaucher parmi eux était grande, mais les douze ont tenu bon au point de trouver le treizième apôtre. Et mieux, ils se sont retrouvés à quinze au finish sur les dix-neuf conseillers pour le destituer.
Tout ceci s’est passé dans la même mouvance que les velléités de destitution observées dans certaines communes ces derniers temps. Est-ce une coïncidence ?
Nous à Ouidah, nous n’avons pas fait du suivisme. Nous n’avons pas regardé les autres destituer leur maire pour nous décider à le faire également. Ça fait neuf ans que l’ancien maire dirigeait d’affilée cette ville. La seule chose qu’il ait faite c’est la mairie qui, extérieurement, est belle et qui donne une certaine allure à Ouidah, vue de l’extérieur. A l’intérieur, c’est autre chose. J’y suis entré à plusieurs reprises. En dehors de son bureau qui fait présidentiel, tous les autres bureaux commencent déjà à s’effriter. Il a laissé croire qu’il avait construit cette ‘’belle’’ mairie avec l’argent de la commune et son propre argent. Ce qui l’autorisait à mettre une grande photo de lui contre le mur d’entrée comme s’il était le président non pas de la République mais de Ouidah. Un président à vie. C’était un mensonge. C’est les fonds Fadec qui ont servi à la construction de ces bâtiments. L’administration centrale l’a obligé à enlever la photo et à faire mention des fonds Fadec comme source de financement. Le maire Sévérin Adjovi se comportait dans la ville comme un président de la République et se faisait appeler même ‘’président-maire’’ et se déplaçait avec sirène. Il a fallu mon collègue de la Décentralisation d’alors, Issa Démolé Moko, pour le rappeler à l’ordre. En plus de tous ces faits, les populations ont fini par comprendre que leur maire n’en voulait que pour son prestige et ses intérêts. Il a oublié le développement de la ville.
Dans cette ville qui se meurt il n’y a rien qui puisse attirer les étrangers. Or, Ouidah a besoin de l’argent des gens de Cotonou, de Porto-Novo et de Parakou qui viendront y voir quelque chose, y séjourner quelques jours et dépenser leur argent. Ouidah a besoin de sa diaspora qui est nombreuse. Ouidah a besoin d’une grande communauté de vie et de collaboration avec les noirs des Etats-Unis qui sont tous passés par ici. Et le dernier bateau dont ils ont souvenir là-bas s’appelle ‘’Ouidah’’. Et donc, ils ont envie de retourner aux sources. Il faut quelque chose pour les attirer et les retenir ensuite mais rien de tel à Ouidah.
Etre maire, c’est avoir de la vision. Notre maire n’en avait pas. Nous espérons que celui ou celle qui va le remplacer va avoir une vision et une prévision. Sinon, ce qui vient de se passer risque de se répéter mais on n’attendra plus neuf ans pour déloger le maire qui fait reculer la ville au lieu de la faire progresser.
De votre position de notable, comment pourriez-vous influencer le vote pour l’élection du prochain maire ?
Nous n’avons aucune capacité à influencer l’élection du prochain maire parce que n’étant pas du conseil communal. Tout ce qu’on peut bien faire, c’est de parler aux candidats. Aujourd’hui, il y a une lutte pour le pouvoir, mais il nous faut leur rappeler que l’intérêt de la commune, c’est le développement et il faudra se battre pour relever ce défi. De l’extérieur, nous les aurons à l’œil et ferons pression pour leur rappeler l’état de la commune et les griefs qu’on avait contre l’ancien maire.
Le Programme d’action du Gouvernement semble faire la part belle à la commune de Ouidah fort de son statut de ville historique. Etes-vous optimiste quant au décollage de la commune sous le prisme des investissements attendus de ce programme ?
C’est là que nous attendons le chef de l’Etat, non pas comme une main invisible, mais comme main visible (Rires).
Jusqu’à présent, Ouidah a plus perdu plus qu’il n’a gagné de l’élection de Patrice Talon, son fils. Nous avons perdu des titres, des services, etc…
Ouidah ne peut plus se permettre d’être orgueilleux, vu tout ce qu’on lui a enlevé, mais il nous reste la mer et cette réputation historique de cité esclavagiste qui n’est pas nécessairement heureuse. Cependant, on peut bâtir quelque chose de positif sur une réputation qui n’est pas bonne et là c’est le Pag qui est en charge. Nous espérons que ce que nous n’avons pas pu obtenir en arrachant ou en gardant le statut de chef-lieu, nous l’obtiendrons parce que Ouidah reste, en dépit de tout, une ville historique et touristique que le Pag nous aidera à reconstruire. Des atouts que n’a pas la ville d’Allada.

L’approvisionnement en eau potable des populations de ses Etats membres est une question qui préoccupe l’Union économiques et monétaire ouest-africaine (Uémoa). Consciente des difficultés auxquelles sont confrontées celles des communes de Sègbana et de Kandi, elle a fait réaliser à leur profit respectivement 19 et 11 forages à motricité humaine.
L’eau, c’est la vie ; mais elle n’est pas disponible partout. C’est le cas à Sègbana et Kandi, deux communes de l’Alibori où les populations se livrent à une corvée pour assurer leurs besoins en eau au quotidien. Pour se procurer le précieux liquide auprès des rares lieux de distribution qui existent, elles doivent se réveiller tôt le matin pour faire la queue. Certaines sont obligées de parcourir de longues distances pour aller se ravitailler au marigot. D’autres, et ce sont les plus nombreuses, préfèrent se contenter des eaux de surface. Ce qui les expose aux maladies hydriques.
Sensible à leur calvaire, l'Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) s’est portée à leur chevet. Dans les cinq arrondissements de Sègbana et leurs villages les plus reculés, elle a fait réaliser en 2008 et 2010,dix-neuf forages équipés de pompes à motricité humaine. Chacun de ces ouvrages est repéré par ses coordonnées GPS.
Le deuxième adjoint au maire, Imorou Adamou, reconnaît l’importance de ces ouvrages pour les populations. Avant lui, le chef Service eau, hygiène et assainissement de la commune, Sakibou Orou Gani, a indiqué que sur les dix-neuf ouvrages installés, une quinzaine est fonctionnelle. Quant aux autres, elles ont besoin d’un entretien, en fonction de la nature de leur panne.
Après cet état des lieux présenté par le chargé des questions eau, hygiène et assainissement, le représentant résident du Bureau de représentation de la Commission de l’union au Bénin, Yaovi Kounhundé, et les membres de sa délégation ont visité quelques sites dans les localités de Guéné Koussi II, Longban et à Piami. C’est pour constater de visu sur le terrain, les informations qui ont été portées à leur connaissance. Par rapport au fonctionnement des ouvrages depuis leur mise en service et comment les populations en jouissent, ils ont eu l’occasion d’écouter leurs délégataires, la plupart ayant été mis en gestion déléguée. Les populations rencontrées ont tenu, par les voix de Barikissou Garba et Taïrou Guéné Koussi, à exprimer leur reconnaissance à l’Uémoa grâce à laquelle elles ont aujourd’hui de l’eau potable. Pour l’entretien, les membres de la communauté bénéficiaire s’organisent pour avoir un champ dont les ressources, tirées de la vente des produits de la récolte, permettent de faire face aux dépenses de réparation, en cas de panne. Une expérience originale qu’a appréciée le représentant résident. Ailleurs dans la même commune, ce sont les fonds mobilisés lors de la vente de l’eau qui servent à ces dépenses, d’autres cotisent pour réparer les éventuelles pannes, à défaut de 1 F Cfa/ tonne prélevé au niveau du coton. « Lorsque la panne est grande, c’est la mairie qui intervient. Si ce n’est pas le cas, nous le faisons grâce aux 1 000 F Cfa que nous collectons par mois auprès des abonnés, ou aux 25 F Cfa par bidon », explique le gestionnaire du forage de Longban, Emmanuel Moutouama.
De la gestion des ouvrages
« Les réalisations de l’Uémoa dans la commune de Sègbana ont consisté en des forages équipés de pompe à motricité humaine. Au total, les quatre réalisés en 2008 et les quinze de 2010 ont conduit l’institution à débourser 170 585 288 F Cfa », a expliqué le directeur technique de l’Agetur, Simon Goudou.
A en croire le chef Service Eau, Hygiène et Assainissement, Sakibou Orou Gani, sur les dix-neuf forages dont Sègbana a été doté par l’Uémoa, 15 sont encore fonctionnels. Les quatre autres enregistrent de petites pannes. « Leur réparation nécessite des pièces de rechange légères qui cependant ne sont plus dans notre stock », a-t-il déploré. Il assure que leur commande a déjà été lancée. Après la réception provisoire et définitive des forages, explique Sakibou Orou Gani, on procède à un mode de gestion qui est la délégation.
En effet, la gestion de l’ouvrage est confiée à une personne désignée par la communauté. Par rapport aux relations qui lient la mairie et les communautés bénéficiaires, en ce qui concerne la gestion des fonds, cette personne verse une redevance en fonction de la taille de la localité, entre 35 000 et 50 000 F Cfa à la mairie. « Les réparations des pannes de moins de 5 000 F Cfa sont à la charge des communautés elles-mêmes. Pour ce qui est des grosses pannes, c’est la mairie qui s’en occupe », a clarifié Sakibou Orou Gani.
« Au regard de ce que j’ai vu, c’est très satisfait que je repars de Sègbana. Surtout au niveau de la prise en charge des ouvrages qui ont été concédés aux populations. Par rapport à leur gestion, j’ai noté une complicité entre les autorités communales et les communautés bénéficiaires à la base », s’est réjoui le représentant résident de l’Uémoa. Il partage la joie des populations d’avoir désormais à portée de main de l’eau potable. Leurs besoins, se faisant toujours persistante dans le domaine, il a promis de plaider auprès de ses supérieurs hiérarchiques à Ouagadougou afin qu’elles bénéficient davantage de forages.
Après Sègbana, la délégation était aussi à Kandi pour le même exercice. Outre les onze forages équipés de pompe à motricité humaine dont huit ont été mis en service en 2008 et trois en 2011, l’Uémoa y a construit un magasin de 2 000 tonnes pour le stockage des graines et des récoltes. Les travaux du magasin sont prévus pour être réceptionnés en août prochain. Le coût cumulé de ces ouvrages à Kandi est estimé à 199 682 796 F Cfa.

Sara Idohou est une femme pluridisciplinaire engagée et qui veut montrer la voie de la réussite à bon nombre de femmes et de jeunes béninois et africains,à travers l’entrepreneuriat et le coaching. La jeune entrepreneure de 27 ans est une afro-optimiste qui entend mettre ses expériences et son sens de la détermination au service du développement.
Une self-made woman en action ! Sara Idohou est un modèle de réussite et un parcours inspirant pour la jeunesse en quête de repère. Celle qui rêve de devenir une incontournable dans le domaine du coaching et de l’entrepreneuriat au Bénin, en Afrique et dans le monde, se donne tous les moyens pour assouvir ce rêve. Son modèle dit-elle, ‘’c’est sa propre version améliorée’’. Elle entend peser de tout son poids pour aller de l’avant en s’inspirant parfois du vécu de l’ex-first lady des Etats-Unis, Michèle Obama pour ses qualités de grande oratrice, et son sens de l’équilibre entre sa carrière, sa vie de couple et son statut de mère. A côté de celle-ci, elle aime bien aussi parler du n°2 de facebook, Sheryl Sandberg (femme d’affaires focalisée sur le potentiel que toutes les femmes devraient exploiter) et de Mode Castanou, écrivaine, femme d’influence et de Dieu. Sara Idohou qui s’inspire en particulier de la bienveillance et du sens du respect désintéressé de sa génitrice, est plus qu’utile à bon nombre de jeunes pour qui l’auto-emploi est la voie pour se réaliser au Bénin.
A 27 ans, teint bronzé, la taille moyenne, souriante et l’air jovial, Sara se présente comme une entrepreneure multidimensionnelle. Eloquente avec un débit fluide, on imagine combien de fois elle doit être imposante devant les assemblées où elle partage son savoir et ses expériences sur l’entrepreneuriat et le coaching. Outre ces volets, elle a également fondé une Ong dénommée ‘’Young leaders corporation’’ qui intervient dans le domaine de l’éducation. Dans ce registre, elle s’intéresse au développement des projets allant dans le sens de l’entrepreneuriat, du leadership et du développement personnel, ciblant en priorité les jeunes et les femmes dans tout le Bénin.
Pour Sara Idohou, entreprendre n’était pas une option, mais une obligation. Pour preuve, elle est aujourd’hui serial entrepreneure. Sa première entreprise est un cabinet de formation et de coaching, offrant des formations pour renforcer les capacités du personnel des entreprises et de l’assistance comptable et fiscale. La deuxième dénommée ‘’Ifèshola empire’’ s’investit dans la promotion du made in Bénin dans plusieurs secteurs. A présent, elle travaille pour le développement du secteur de l’agrobusiness, où elle s’emploie à valoriser tout produit à base de l’ananas du Sud-Bénin. Fondatrice de ‘’parcoursinspirant.com’’, un label axé ‘’success stories’’ qui met les projecteurs sur des modèles de réussite via un éditorial en ligne ainsi que des conférences-panel mensuelles, Sara compte bien élargir son palmarès.
Donner sens à son destin
Alors qu’elle gagnait de façon régulière son salaire avec sa licence professionnelle dans une entreprise privée de la place, un jour, elle décide sur un coup de tête de rompre délibérément son contrat d’embauche. Un départ qu’elle dit avoir bien mûri et qu’elle ne regrette pas. « Je gagnais un bon salaire le mois. Sauf que je ne pouvais plus m’investir bien dans les choses que j’aimais. A un moment donné, je me suis dit que je me sauverais la vie si je partais », raconte-t-elle, pleine d’assurance. Pour elle, le sens de la liberté est primordial. « J’aime gérer mon temps, et quand on parle de liberté, ce n’est pas seulement le temps, mais aussi la liberté financière. On ne peut pas atteindre cette liberté si l'on est juste salarié, il faut investir dans plusieurs domaines pour avoir plusieurs sources de revenus », argumente-t-elle.
Dans une société où les jeunes sont tant calqués sur l’impression et l’opinion du voisinage, la jeune coach fait fi de ces considérations pour donner un sens à sa vie.
Quant à la question de savoir si le fait d’avoir mis un terme à son contrat d’embauche a brisé l’espoir de ses parents et de son entourage, Sara Idohou, affiche un sourire, puis répond sans ambage : « Le but principal dans la vie, c’est d’être heureux. On n'est heureux, que lorsqu’on fait ce qu’on aime. Même si l’argent contribue au bonheur, il ne rend pas heureux. Quand on entreprend, c’est pour avoir un meilleur statut social ». Comme pour affirmer que l’entrepreneuriat lui colle à la peau, elle ajoute : « J’ai compris au travers de mon expérience qu’il fallait absolument avoir le courage d’aller vers mon rêve et de le poursuivre quelles que soient les difficultés auxquelles je suis confrontée ».
Mais Sara n’est pas qu’entrepreneure. Elle est de même sur le champ du social à travers des activités de salubrité et de don de sang. Dans ce volet, elle a une présence assez remarquable à travers ses collaborateurs et des volontaires avec qui elle mène une cinquantaine d'actions depuis 2012.
En termes d’expérience de réussite, elle pense avoir truqué. Car, ce qui la rend davantage visible, ce sont aussi ses actions sociales, affirme-t-elle. Ce sont entre autres actions qui lui ont valu de rejoindre le Conseil des jeunes de l’Ambassade des États-Unis près le Bénin. Sa détermination au sein de ce conseil, lui a permis de participer au programme américain ‘’Yali’’ en 2015. Après cette expérience, elle faisait partie des deux Béninois sélectionnés pour représenter son pays à une Conférence internationale en Russie, avant d’être nominée par la Jeune chambre internationale (Jci), comme la plus jeune remarquable « en accomplissement personnel », en 2015. Tout ceci couronné par l’Oscar de la jeunesse parmi les trois organisations les plus actives en 2015. En 2016, elle est nominée‘’leadership award’’ par l’Académie de la jeune élite béninoise avant d’être sélectionnée en 2017 dans le cadre de la Journée internationale de la femme en tant que l’une des cinquante jeunes femmes africaines les plus ‘’impactantes’’ par Oneworld Foundation.
Outre ces dimensions, la jeune entrepreneure fait, en effet parler d’elle à travers le label ‘’parcoursinspirant’’, via le lien www.parcoursinspirant.com à travers le prix de la jeune inspiration. Un espace virtuel ouvert aux jeunes de 18 à 23 ans qui s’efforcent à se révéler.
Marquer son temps
En réalité, Sara vit son époque et veut marquer son temps. «Je ne dors pas sur mes lauriers. Chaque jour, je me demande ce que je peux faire de plus pour mieux réussir et être une inspiration pour les autres », explique-t-elle.Même avec ce palmarès aussi impressionnant, elle ne se bombe pas pour autant le torse. Au contraire, elle regarde l’horizon avec la conviction que l’avenir du Bénin appartient aux jeunes. « Je suis fière de l’effort de mon Ong en dépit de leurs moyens limités. Mais quand je regarde le territoire béninois dans son ensemble, je suis insatisfaite, je veux encore pénétrer certaines zones pour mieux servir ». Sara Idohou, c’est le sens de l’humilité. Une qualité qu’elle attribue aux grands esprits. « Je suis fière de n’être qu’un grain de sable sur une berge, parce que le Bénin regorge de talents, de personnes inspirantes. Je ne me compte pas comme une personne extraordinaire parmi ces gens-là, mais je suis néanmoins fière que des gens me voient comme un exemple de réussite », sourit-elle. Au-delà de l’humilité, un bon entrepreneur doit également asseoir son leadership à travers le dialogue entre lui et ses collaborateurs. Cette qualité ne lui fait pas défaut. Selon elle, il n’est pas facile pour une femme d’entreprendre à cause des complexes d’infériorité et de supériorité que développent certaines gens parmi ses cibles. Pour y arriver, souligne-t-elle, elle privilégie la communication avec ses collaborateurs en vue de mieux les écouter, de les comprendre, et de permettre à chacun d’exprimer le maximum de son potentiel. Sur ce point, conçoit-elle, l’homme ne vaut que par la femme. C’est pourquoi, Sara préfère parler d’équité au lieu d’égalité homme-femme, lorsqu’on évoque les deux concepts. « Les femmes sont polyvalentes. Par contre, les hommes sont séquentiels, et ont surtout besoin de l’aide d’une femme pour se développer. Même les textes religieux le soulignent. Par conséquent, ils ne peuvent bénéficier d’une aide inférieure à eux ». D’ailleurs, elle partage bien l’adage selon lequel ‘’éduquer une femme, c’est éduquer une nation’’. « Nous sommes dans une société de dépravation des mœurs. S’il n’y a pas une nouvelle race de femmes qui prend ses responsabilités en montrant le bon chemin aux jeunes, la société court à la dérive », souligne-t-elle. « Si nous voulons laisser un Bénin digne à la prospérité, il faudrait que nous aidions nos jeunes sœurs à aller de l’avant dès aujourd’hui», ajoute-t-elle.
Néanmoins, elle reste convaincue que l’appui d’un homme à côté d’une femme est indispensable. Si elle connaît de plus en plus une ascension dans sa vie, c’est aussi grâce au soutien de son époux à qui elle rend témoignage.

La session de remplacement ou des malades réservée aux candidats absents lors de l’examen du Certificat d’études primaire (Cep), session de juin dernier, a pris fin ce mardi 25 juillet, dans le Mono et le Couffo. Seulement une poignée de candidats a répondu à l’appel alors qu’ils étaient environ 1500 absents de juin dernier. Les causes de cette situation sont nombeuses.
La phase écrite de la session de remplacement du Certificat d’études primaires (Cep) a enregistré, ce mardi, sa dernière composition écrite et le cap est mis sur la phase des épreuves sportives. Mais déjà, beaucoup s'interrogent par rapport à l’effectif important des candidats qui ont manqué à l’appel, dans le Mono et le Couffo.
Sur un effectif de 17 inscrits dont neuf filles, c’est finalement six candidats qui étaient présents à la session de remplacement dans l’unique centre de composition du Mono. Le Couffo n’a enregistré que quatre candidats ayant réellement planché.
Ce sont des statistiques largement en deçà de l’effectif des absents enregistrés au cours de la session de juin. 889 candidats n’ont pas pu se présenter à la session de juin dernier dans le Couffo ; 16 étaient exclus. Le Mono en avait totalisé 686 dont neuf exclus. Ces données prouvent que beaucoup d’écoliers inscrits au départ ont abandonné l’examen du premier diplôme du cursus scolaire au Bénin.
La cause est de plusieurs ordres. D’abord sur le plan financier, la constitution de dossier pour la session des malades nécessite l’obtention d’un certificat médical dûment signé d’un responsable de centre santé agréé, en plus de l’acte de naissance du candidat. Et c’est à ce niveau que le bât blesse. Car, il faut débourser 5 000 francs Cfa comme frais d’établissement dudit document et beaucoup de parents n’en ont pas les moyens.
Ensuite, il y a la sous-information des parents par rapport à l’organisation de la session des malades. Cette session jouit peu ou pas du tout de visibilité dans les médias. Le ministère en charge du secteur et ses démembrements n’en font pas un événement. Le moindre communiqué à son sujet n’est diffusé sur les stations de radio dans les localités en vue d’informer les parents de l’organisation d’une telle phase de repêchage des absents aux examens nationaux.
L’exode rural serait enfin la cause principale de la déperdition des candidats. Serge Hounkanrin, directeur départemental de l’Enseignement maternel et primaire pour le Couffo, le décrit d’ailleurs comme un phénomène récurrent dans les localités du Mono et du Couffo. Son homologue en charge du Mono, Lambert Bossou, avance que la plupart des écoliers concernés sont conduits dans des pays comme le Nigeria et la Côte d’Ivoire dès la fin des cours. Ils y sont convoyés pour servir de main-d’œuvre, selon un élu local de Dogbo qui dénonce que ce soit parfois par enlèvement que les enfants sont embarqués en aventure.
Les foyers de ce phénomène sont aussi connus. C’est le cas des circonscriptions scolaires de Dogbo où 104 absents sont dénombrés sur 1 369 candidats et de Toviklin avec 98 absents sur 1 320 inscrits en 2016. Le grand nombre d’absents est noté à la circonscription scolaire de Bopa qui a enregistré 154 défections dans le rang de ses candidats. L’exode rural, pour certains acteurs de la Société civile, « fait plus de ravages au sein de la couche juvénile du Mono et du Couffo que ne laissent transparaître les taux des absences relevés en période d’examen ». Patrice Kohoundé, ancien directeur départemental en charge des Enseignements maternel et primaire, alertait en 2016 qu’« Il urge de renforcer la sensibilisation contre le phénomène ». Aujourd’hui encore son cri de détresse mérite d’être repris par tous les activistes du respect des droits des enfants. Une chose est de rendre l’école gratuite, mais l'autre est de sécuriser les enfants en vue de les maintenir dans le système scolaire.