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Nouvelles

Entretien avec Dr Hervé Aholoukpè, directeur du Cra-Pp/Inrab:Point des recherches sur le palmier à huile et perspectives
Dr Hervé Aholoukpè est le directeur du Centre de recherches agricoles Plantes pérennes (Cra-Pp) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab). A la faveur des Journées scientifiques sur la promotion des chaînes de valeur du palmier à huile tenues du 24 au 26 novembre dernier à Pobè, il nous a entretenu sur la mission du centre, les acquis ainsi que les perspectives des recherches pour la promotion de cette culture. Interview… La Nation : Monsieur le directeur, présentez-nous le Centre de recherches agricoles Plantes pérennes dont vous avez la charge ! Dr Hervé Aholoukpè : La création du Centre de recherches agricoles Plantes pérennes (Cra-Pp) de l’Institut national des recherches agricoles du Bénin (Inrab) remonte à 1922 mais il est connu sous sa dénomination actuelle depuis 1996. La mission de notre centre, c’est de générer des informations, des connaissances et de développer des technologies pour la promotion des filières palmier à huile et cocotier.Pour ce faire, le centre mène différentes actions relatives à la conservation et l’utilisation des ressources génétiques du palmier à huile et du cocotier, à l’amélioration du rendement et de la qualité des produits de récolte, à la sélection pour la croissance lente en hauteur chez le palmier à huile et le cocotier et l’adaptation des cultures à la sécheresse. La station de recherche sur le palmier à huile localisée dans la commune de Pobè s’étendait sur une superficie de 794 ha au départ. Aujourd’hui, nous sommes sur une superficie de 708 ha, parce qu’une superficie de 86 ha a été cédée d’une part au lycée technique et d’autre part à la mairie pour l’installation de réserves administratives. La superficie plantée en palmier à huile au niveau du centre est de 423 ha et nous avons une réserve botanique de 115 ha. En matière de Ressources humaines, le centre dispose de 126 agents dont 8 femmes, auxquels s’ajoutent des agents occasionnels qui tournent mensuellement autour de 200. En quoi consistent les activités de recherche du centre ? Les activités du Cra-Pp portent sur l’amélioration génétique du palmier à huile pour la résistance aux agents pathogènes, l’amélioration de la santé des sols et des techniques culturales sous palmeraie et sous cocoteraie, la protection phytosanitaire du palmier à huile et du cocotier. Elles consistent à faire des croisements entre des palmiers géniteurs pour la création de variétés performantes de palmier à huile, avec pour objectif d’améliorer le rendement en régime et en huile de palme, la qualité de l’huile de palme, la tolérance aux maladies et à la sécheresse. Nous avons des champs de conservation des ressources phytogénétiques collectées, des champs généalogiques, des essais génétiques et des champs semenciers, tout cela à travers des cycles d’amélioration variétale. Un cycle dure une vingtaine d’années. Le Cra-Pp est aujourd’hui au troisième cycle d’amélioration des variétés de palmier à huile. Quels sont les acquis enregistrés à ce jour ? Le progrès pour l’amélioration variétale a permis de passer des noix de palme à coque épaisse et d’une épaisseur de pulpe réduite à des fruits de grosse épaisseur de pulpe pour une augmentation du rendement en huile. Des efforts ont été également faits en matière d’amélioration de la qualité de l’huile de palme. Nous sommes passés d’une huile à acidité moyenne à une huile à faible acidité. L’amélioration de la tolérance aux maladies a permis de passer des plants sensibles à la fusariose et au ganoderma à des plants moyennement tolérants à ces deux agents pathogènes du palmier.De même, les recherches ont permis de diminuer la sensibilité des variétés à la sécheresse. Au nombre des acquis, nous avons aujourd’hui trois principales variétés qui sont diffusées. Elles ont le même rendement d’huile à l’hectare qui se situe autour de 14,5 tonnes/ha de régimes et 3,5 tonnes/ha d’huile de palme, sur des sols de plateau non irrigués. Ces variétés peuvent donner jusqu’à 18 tonnes à l’hectare en zone hydromorphe ou lorsque le sol est irrigué. Elles ont une croissance en hauteur lente, soit 3 m à l’âge de 12 ans, et sont moyennement tolérantes à la fusariose et au ganoderma qui provoquent la destruction du palmier à huile. Nous avons la variété «Africadé» qui a une croissance lente, est tolérante à la maladie de la fusariose ; la variété « midagbédé/Okpè-Elékpoda » qui a une croissance lente, est tolérante à la maladie de la fusariose, et donne une huile de qualité, c’est-à-dire à faible acidité, et la variété « Nouvimahou » ayant une croissance lente, tolérante à la maladie de la fusariose et du ganoderma. Pour ce qui est de l’adaptation à la sécheresse et aux changements climatiques, nous faisons dans un premier temps des observations sur les dégâts de la sécheresse sur les terres. Aujourd’hui, il y a des variétés moyennement tolérantes à la sécheresse mais de par les résultats sur la physiologie de la plante, nous avons pu définir les distances d’apport d’engrais et de l’eau. En matière de fertilisation minérale et de techniques culturales spécifiques au palmier, où en est-on ? Les nouvelles variétés de palmier à huile créées sont testées pour différentes techniques culturales et de fertilisation. Le Cra-Pp fait des recherches sur la régénération des sols; les associations de cultures telles que la tomate, le manioc, l’ananas. Certaines cultures associées comme l’ananas, le manioc entrent en concurrence nutritionnelle potassique avec le palmier à huile et ne lui permettent pas de bien se développer. Nous recommandons généralement l’introduction des légumineuses qui couvrent bien le sol et jouent le rôle d’apport de nutriments et de paillis pour éviter une forte évapotranspiration, car le palmier à huile est une culture exigeante en eau. Des recherches sont également faites sur la gestion des feuilles d’élagage et de résidus de récolte dans les palmeraies ; la fertilisation minérale par des essais de fumures et des études sur les symptômes des déficiences minérales, que ce soit en magnésium, en potassium, en bore ou en azote, qui créent souvent le jaunissement général des feuilles. Nous faisons également des études sur les végétaux, notamment la mineuse des feuilles de palmier à huile dont les dégâts sont semblables aux effets de la sécheresse. Les feuilles s’assèchent et lorsque ces dégâts sont généralisés, cela peut entraîner une perte de plus de 50 % de la production. Il y a quelques années, une nouvelle chenille ravageuse du palmier à huile est apparue. Le Cra-Pp s’est positionné rapidement sur deux problématiques de recherche pour étudier la biologie de cette espèce nouvellement apparue. Aujourd’hui, cette espèce est identifiée et nous sommes en train de mener la recherche pour mettre au point une méthode de lutte contre ce ravageur. Il y a quelques semaines, cette chenille est revenue et a dévasté quelques palmiers dans le département du Plateau. Comment sont valorisés les produits de recherche ? Nous disposons d’un parc de 6000 palmiers géniteurs pour la création variétale. Aujourd’hui, plus de 3000 géniteurs sont en service pour la production de semences améliorées. Chaque géniteur produit en moyenne plus de 2000 graines/an. Ce matériel est diffusé dans le monde entier : en Afrique, en Asie et en Amérique Latine à travers le partenariat de l’Inrab avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad) à travers sa filiale PalmElit en France depuis plusieurs décennies. Nous livrons par exportation de graines germées du Bénin vers ces pays. Il y a aussi une livraison directe par des champs semenciers installés avec le matériel de l’Inrab dans certains pays tels que la Colombie, la Thaïlande, l’Equateur, pour la mise à disposition des semences améliorées aux planteurs. Et pour toutes activités de livraison des graines à l’international, nous avons obtenu la certification Iso/9001V2015. La production est faite suivant des processus et normes bien définis. Il y a des activités de marketing qui se font. Ces différentes activités ont valu au Cra-Pp des distinctions internationales pour la qualité du travail qui y est fait. Ce sont des résultats de plusieurs années de recherche soutenue. C’est le lieu de rendre hommage aux différents directeurs et à tous les chercheurs qui nous ont précédés. Comment le centre coopère-t-il avec les autres structures impliquées dans la recherche agricole ? Le Cra-Pp, à travers l’Inrab, établit un partenariat avec différentes institutions pour la recherche,la formation, la valorisation des produits de recherche, etc. Au plan national, nous travaillons avec les universités et lycées agricoles pour la formation et le co-encadrement des élèves et étudiants. Avec les Agences territoriales de développement agricole (Atda) et les directions départementales de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Ddaep), dans la formation, la recherche-développement, la direction de la Production végétale (Dpv), nous faisons le suivi des acteurs. A l’international, nous collaborons avec la Société d’investissement en agronomie tropicale (Siat) dont une succursale est à Presco au Nigeria où nous faisons une évaluation des différentes variétés dans les conditions écologiques favorables au Nigeria où cette société a mis à la disposition de l’Inrab plus de 550 ha pour des essais génétiques. A travers le partenariat Cirad/ PalmElit, il y a le renforcement de capacités des chercheurs béninois, des échanges scientifiques, la facilitation de contact avec des laboratoires pour des analyses nécessitant des équipements spécifiques, la recherche en réseau avec des équipes de chercheurs d’autres pays, la prospection de marchés semenciers et la vente de semences à l’international. Quid de la formation des pépiniéristes agréés ? Nous formons et nous faisons le suivi des pépiniéristes agréés. Qu’il vous souvienne, dans les années 90, il y a eu un déclin des palmeraies industrielles. Le Cra-Pp a initié la diffusion du matériel sélectionné, d’où la promotion des palmeraies villageoises. En 1995, huit pépiniéristes ont été formés et sensibilisés sur l’utilisation des graines germées que nous recommandons fortement pour la production des plants sélectionnés au profit des planteurs. En 1996, on a augmenté l’effectif à 25, puis à 40 en 2003 et à 60 en 2012. Aujourd’hui, on peut dire qu’on a une quarantaine de pépiniéristes fidèles à qui on livre des graines germées, à travers un dispositif qui implique les Atda. Aujourd’hui, nous avons plus de 200 demandes de formation en attente. Mais c’est progressivement que nous allons les former et couvrir toute la zone oléicole parce qu’il faut une certaine répartition géographique pour faciliter l’accès des producteurs aux plants de palmier à huile. La demande de graines germées est exprimée vers l’Atda qui transmet au Cra-Pp qui, à son tour, livre aux pépiniéristes pour produire les plants à mettre à la disposition des producteurs. Nous venons aussi en appui aux coopératives d’aménagement rural (Car) pour la relance de leurs activités. Nous avons initié cette année la mise en place de pépinière délocalisée du Cra-Pp sur les sites des Car. Nous avons demandé aux coopératives de se regrouper autour des sites où il existe déjà des équipements pour accueillir les pépinières, c’est-à-dire un système d’irrigation par exemple. Au total, nous avons eu six collectifs, en l’occurrence ceux des Car d’Atchonsa et d’Affamè dans l’Ouémé, ceux des Car du Plateau, du Mono, de l’Atlantique où la Car Ouidah Nord (Caron) a exprimé le besoin d’avoir son site propre de pépinière. Nous les appuyons pour la conduite des pépinières mises en place. Parlez-nous des perspectives en matière de recherche? La création variétale ou l’amélioration génétique est une activité continue de recherche. Les variétés tolérantes à la fusariose et au ganoderma sont toujours en cours d’amélioration. Il en est de même des variétés tolérantes à la maladie de la pourriture du cœur du palmier. Celles tolérantes à la sécheresse sont en cours de création, notamment la variété « Akoudé/Omitchohan » qui donne 27 tonnes de régimes dans une écologie favorable et un taux d’extraction de 28 % dans quelques années. C’est le palmier du futur pour le Bénin. Nous prévoyons de faire des actions en termes de valorisation des sources d’eau. Il est prévu dans le Programme national de développement de la filière palmier à huile (Pndf-Ph) que le Cra-Pp installe des sites pilotes de recherche sur la maîtrise de l’eau, pour aller vers les différents systèmes d’irrigation, notamment les sources artésiennes et le système par l’énergie photovoltaïque. Les recherches sur le cocotier, on en entend très peu parler. Qu’en est-il ? C’est vrai que les recherches sur le palmier à huile sont très en avance sur celles sur le cocotier, mais je puis vous assurer que les recherches sur le cocotier ne sont pas délaissées. Pas du tout ! Actuellement, la recherche sur cette culture est en train d’être relancée pour que cette filière aussi prenne de l’envol. Le programme de recherche sur le cocotier sera élaboré dans le sens de l’amélioration génétique et sur l’agronomie du cocotier ainsi que les sous-produits de transformation du cocotier. Société 17 déc. 2020


JOURNEE NATIONALE CONTRE LA CORRUPTION, ÉDITION 2020: Message de l’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption
Le mardi 08 décembre 2020, le Bénin a célébré  la quinzième édition de la Journée Nationale contre la Corruption. Préoccupés par la gravité des problèmes que pose la corruption et de la menace qu’elle constitue pour la stabilité et la sécurité des sociétés, les Etats Membres des Nations-Unies, dont le Bénin, se sont coalisés afin de mettre en place la Convention des Nations Unies contre la corruption, un instrument juridique multilatéral capable d’endiguer la corruption au niveau mondial. Notre pays est également Etat partie à plusieurs autres instruments internationaux notamment le Protocole de la CEDEAO sur la lutte contre la corruption et la Convention de l’Union Africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption. Ces différents instruments mettent l’accent sur la nécessité de sensibiliser les citoyens sur la nocivité du fléau que constitue la corruption et de mener des réflexions stratégiques pour y faire face. L‘institution  par décret n°2006-773 du 31 décembre 2006 de la Journée Nationale  contre la Corruption, célébrée le 8 décembre de chaque année,  s’inscrit dans ce contexte. Elle constitue une occasion pour mettre en lumière la problématique de la lutte contre la corruption et de réaffirmer la détermination des différents acteurs concernés par ladite lutte. L’organisation de cette édition est marquée par une réflexion analytique de l’ANLC sur différentes évaluations et appréciations des institutions et organismes internationaux  sur le Bénin, dans le domaine de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance en général, au cours de la période de 2017 à 2020. Les annotations ou appréciations de quelques organismes internationaux Le Bénin, notre pays, au cours de ces dernières années a fait l’objet de plusieurs évaluations par des organismes internationaux dans le domaine de la lutte contre la corruption et de la gouvernance en général. L’Autorité Nationale de Lutte contre la Corruption, pour la présente occasion, s’est intéressée aux annotations de certains de ces organismes à savoir : Transparency International, Afrobaromètre, la Banque Mondiale à travers l’Evaluation de la Politique, des Institutions Nationales (CPIA), International Budget Partnership (IBP) et la Fondation Mo Ibrahim. Interprété sur l’échiquier international et  africain, le classement de Transparency International montre que le Bénin enregistre une avancée constante ces dernières années. Ainsi, de 95ème place sur 176 pays évalués avec une note de 36 points sur 100 en 2016, le Bénin est passé au 85ème rang sur 180 pays évalués en 2017 ; il a occupé la 80ème place en 2018-2019. Les scores obtenus par le Bénin évoluent de  de 39 points sur 100 en 2017,  à 41 points sur 100 en 2019.Une avancée de quinze (15) places a été enregistrée sur la période. Dans son dixième rapport publié en liaison avec Transparency International sur l’évolution de la corruption en Afrique  en 2019, Afrobaromètre, un réseau de  panafricains indépendants  qui mesure et analyse l’évolution du point de vue des citoyens sur la gouvernance, la démocratie, la société civile, les performances économiques, la qualité de vie et spécialement en matière de corruption, a révélé que le Bénin fait partie des 07 pays ayant réalisé les meilleurs scores  dans le domaine de la corruption sur 35 pays africains évalués. L’Evaluation de la Politique et des Institutions Nationales (CPIA), un rapport produit par la Banque Mondiale suite à une évaluation des pays essentiellement d’Afrique subsaharienne sur les principaux facteurs qui soutiennent la croissance et la réduction de la pauvreté, fait remarquer qu’au rang des 14 pays de la région qui ont vu leur note globale de la CPIA évoluer en 2019, figure le Bénin qui a été qualifié de pays « non fragile » avec une économie dynamique. Ledit rapport ajoute aussi que l’augmentation de la note globale du Bénin démontre des progrès dans la qualité de la gestion économique. Les résultats de l’Enquête sur le Budget Ouvert (EBO) de International Budget Partnership (IBP) de 2019, institution de notation partenaire du Fonds Monétaire International (FMI) et de la Banque Mondiale, classent le Bénin au premier rang des pays d’Afrique francophone en matière de transparence budgétaire et 51ème sur 117 pays évalués sur le plan mondial. De 39 points sur 100 en 2017, le Bénin est passé à 49 points sur 100 en 2019, faisant ainsi un bond de 10 points. L’EBO a également évalué les possibilités formelles offertes au public pour une participation significative aux différentes étapes du processus budgétaire et les pratiques de l’exécutif, du législatif et de l’Institution Supérieure de Contrôle dans ce processus. En 2019, pour la participation au processus budgétaire, le Bénin a obtenu une note de 24 points sur 100 contre 09 points sur 100 en 2017 et, en ce qui concerne le contrôle budgétaire, le Bénin a obtenu une note de 57 points sur 100. Le dernier rapport Mo Ibrahim de la bonne gouvernance, publié le lundi 16 novembre 2020, renseigne que le Bénin a fait un bond de 11.0 dans la lutte contre la corruption entre 2010 et 2019. Mesurant l’absence de corruption dans le secteur public précisément, le rapport met en exergue  une avancée qualitative de 20.1 sur la même période. Le Bénin est classé 13ème sur 54 pays concernés en Afrique. Cette avancée du Bénin reconnue par les standards internationaux au plan de la lutte contre la corruption et de la bonne gouvernance en général, est sans doute la résultante de la concrétisation d’une volonté des pouvoirs publics d’endiguer et surtout de prévenir le fléau. D’importantes mesures ont été prises par ceux-ci en termes de réformes institutionnelles et normatives auxquelles s’ajoute un ensemble de mesures administratives, tout ceci  avec l’accompagnement de diverses structures partenaires. Que retenir des réformes entreprises par les pouvoirs publics alors ? Au titre des mesures normatives et institutionnelles, on peut retenir entre autres :
  • la révision de la constitution avec l’institution d’une cour des comptes ;
  • l’adoption et la promulgation de la loi N° 2018-17 du 05 juillet 2018 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme en République du Bénin. Cette loi place désormais le Bénin dans le concert des nations décidées à prévenir et à réprimer le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive ;
  • la création d’une juridiction dénommée « Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme » en abrégé CRIET à compétence nationale à travers l’adoption et la promulgation de la loi n° 2018-13 du 02 juillet 2018 modifiant et complétant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin modifiée et création de la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme ;
  • l’adoption et la promulgation de la loi n°2018-16 du 28 décembre 2018 portant code pénal en République du Bénin. De nombreuses infractions encadrées par divers textes sont désormais entérinées et consolidées dans ladite loi. C’est le cas des infractions prévues dans la loi n°2011-20 du 12 octobre 2011 portant lutte contre la corruption et autres infractions connexes en République du Bénin ;
  • l’adoption de la loi n°2018- 23 du 26 juillet 2018 portant nouvelle charte des partis politiques en République du Bénin. Cette loi vient régler entre autres, le problème du financement des partis politiques et  donc la réduction des flux financiers illicites au sein des partis politiques ;
  • la réforme du code des marchés publics pour poursuivre la mise en conformité avec les directives de l’UEMOA, et assurer un meilleur encadrement du gré à gré.
  • l’adoption d’une loi sur le renforcement de la gouvernance juridique et judiciaire ;
Au titre des mesures administratives qui contribuent à la lutte contre la corruption, on peut citer, entre autres :
  • la mise en œuvre d’une politique de dématérialisation destinée à créer moins de contacts physiques entre les agents publics et les usagers de l’administration publique. Cette politique s’est déjà traduite, entre autres, par la mise en place de la plateforme educmaster pour la gestion administrative de tous les établissements publics du Bénin ; l’ouverture de guichets uniques dans le domaine du foncier, de la gestion des pensions de retraite et de la fiche de paie des agents de l’Etat. La dématérialisation concerne également le secteur des impôts, la création des entreprises, l’état des personnes. Ces mesures d’assainissement ont abouti à la découverte des agents publics fraudeurs pour un préjudice de plusieurs dizaines de millions de francs CFA.
  • l’élaboration et la mise en œuvre d’un Plan d’Orientation Stratégique de l’administration Fiscale (POSAF 2017-2021)  dont l’un des enjeux majeurs  est la réduction de la fraude fiscale.
  • la mise en œuvre d’un nouveau Plan Global de Reformes de la Gestion des Finances Publiques (PGRGFP) 2017-2020 qui a le mérite d’avoir doté le Bénin d’un système de gestion des finances publiques transparent, performant, conforme aux standards internationaux, respectueux de la répartition constitutionnelle des prérogatives entre les institutions, et mettant résolument les finances publiques au service du développement du Bénin. La problématique de l’impunité, un facteur important pour la lutte contre la corruption est prise en compte à travers plusieurs de ses axes. (Axes 2,3 et 4).
En définitive,  que ce soient les rapports des études sur la lutte contre la corruption, au niveau national qu'international, le Bénin a été marqué sur le plan de la gouvernance économique depuis 2017 à ce jour, par une visibilité des actions des pouvoirs publics dans la lutte contre la corruption. L’ouverture budgétaire, la participation citoyenne au processus de décision financière et la pratique de reddition de comptes érigées au rang de critères clés de gouvernance financière au Bénin sont illustratives. Le renforcement de la CENTIF, la création de la CRIET et surtout le règlement de la question du financement des partis politiques sont aussi des actions fortes dans le cadre de la lutte contre la corruption. A cet égard la présidente de Transparency International, Mme DELIA FEREIRA RUBIO, conseille de s’attaquer de toute urgence au problème du financement des partis politiques car « Les pays où l’administration est la plus corrompue sont ceux où les règles de financement des campagnes électorales sont inexistantes ou mal appliquées ». Nécessité de poursuivre ces efforts Au regard des défis de la lutte contre la corruption, l’ANLC estime qu’il  est impérieux que ces efforts consentis par les pouvoirs publics soient maintenus et complétés par d’autres actions  pertinentes pour des résultats encore plus probants. Les différentes performances enregistrées par le Bénin et mises en exergue par les divers organismes internationaux dans leurs rapports classent, pour la plupart, le Bénin en dessous de la barre du seuil des moyennes. Pour figurer au rang des pays les mieux classés, il urge que les citoyens béninois adoptent des comportements éthiques en harmonie avec la vision du Chef de l’Etat qui est de faire de la lutte contre la corruption une action quotidienne. Les agents de l’Etat, les usagers des services publics et les agents  du secteur privé  doivent œuvrer  pour une réduction des actes de corruption et pratiques connexes, en dénonçant et/ou sanctionnant les actes de corruption selon les textes en vigueur. La tolérance zéro vis-à-vis des actes de corruption et autres infractions connexes reste le crédo de l’ANLC. Voilà pourquoi la vulgarisation des différents textes sur la lutte contre la corruption et la promotion de la bonne gouvernance revêt une importance cardinale car les principes qu’ils contiennent, prônent non seulement l’amour de la patrie, la sauvegarde de l’intérêt général, l’esprit de sacrifice, mais aussi et surtout, indiquent les pistes pour ne pas confondre les biens publics avec ceux personnels.
Actualités 16 déc. 2020


Frontière bénino-nigériane : Muhammadu Buhari ordonne la réouverture immédiate
La frontière entre le Bénin et le Nigeria fermée depuis août 2019 sera rouverte, selon les autorités nigérianes. Un soulagement pour les populations des deux pays dont les activités économiques sont au ralenti. Le président du Nigeria Muhammadu Buhari vient en effet d’ordonner la réouverture immédiate de la frontière fermée depuis plus d’un an. Cette réouverture met ainsi fin au calvaire des populations des deux pays. Plus qu’un dénouement, la nouvelle de la réouverture des frontières nigérianes relance le développement des activités économiques entre les deux pays. Actualités 16 déc. 2020


Tournée de la Cour suprême à Allada et Toffo: Les Opj renforcés sur l’enquête judiciaire
Après avoir inspecté les lieux de détention et les juridictions sis dans le département du Littoral, la délégation de la Cour suprême a mis le cap, hier mardi 15 décembre, sur l’Atlantique, notamment Allada et Toffo. Outre les contrôles de routine et la sensibilisation au respect des droits du justiciable, les Officiers de police judiciaire ont été renforcés sur l’enquête judiciaire. L’enquête judiciaire est l’assiette qui sert de base à la procédure judiciaire. De l’enquête judiciaire dépend en grande partie l’orientation du procès. C’est au regard de l’importance de cette opération que la Cour suprême a décidé de renforcer les Officiers de police judiciaire rattachés au tribunal de première instance de deuxième classe d’Allada sur l’enquête judiciaire. Les échanges entre les Opj et la délégation de la Cour suprême ont été introduits par le président Georges Toumatou, conseiller à la chambre judiciaire de la Cour suprême. D’entrée, il rappelle que le Code de procédure pénale a consacré 37 articles à cette opération. « L’enquête se définit comme l’ensemble des actes effectués par la police judiciaire sous la direction du procureur de la République territorialement compétent, et qui consistent, avant toute décision de poursuite, à rassembler les éléments de preuves et à en rechercher les auteurs... », fait savoir le magistrat Georges Toumatou. Il ajoute que pour débuter, l’enquête suppose une suspicion d’infraction. Mais parfois, l’enquête est déclenchée sans suspicion. C’est le cas de la découverte d’un cadavre. Le communicateur évoque essentiellement deux types d’enquête : l’enquête préliminaire et l’enquête de flagrance. La durée de l’enquête est de 48 h quand le suspect est en détention provisoire et cette détention ne peut être prorogée que par décision du procureur. Entre autres actes entrant dans le cadre de l’enquête, le magistrat Georges Toumatou cite le contrôle d’identité et la perquisition. Il précise : « Le contrôle d’identité peut être un contrôle administratif ou un contrôle judiciaire soit d’initiative de la police, soit d’initiative du ministère public. Quant à la perquisition, elle ne peut être engagée avant 6 h ou après 21 h ». Somme toute, les Opj ont été invités à ne pas abuser de leurs prérogatives au mépris des droits du justiciable, et à prendre davantage soin de l’enquête judiciaire qui constitue le point de mire de la procédure pénale. Les Opj en sont bien conscients mais ils doivent faire face aux difficultés de fonctionnement, notamment au déficit de matériel. Ils ont alors exhorté le président de la Cour suprême à plaider en leur faveur. « Je vous encourage pour les services que vous rendez à la République malgré les problèmes que vous rencontrez... Nous allons œuvrer pour que la police judiciaire soit dotée ne serait-ce que du minimum pour bien faire son travail », leur a promis le président Ousmane Batoko. Une tournée devenue une tradition sous Ousmane Batoko « L’exercice auquel nous nous livrons s’inscrit dans une démarche de veille. Cette tournée que nous organisons chaque année a pour but de vérifier si les droits des justiciables sont garantis dans les juridictions et si les droits de l’homme sont respectés dans les lieux de détention », a expliqué le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko au préfet de l’Atlantique puis aux maires d’Allada et de Toffo, hier lors de la tournée dans l’Atlantique. Pour le président Ousmane Batoko, les droits du justiciable sont aussi sacrés que ses devoirs. « Autrefois, les justiciables étaient accueillis dans les commissariats avec des coups de pied ou de poing... Nous espérons que de telles pratiques ont disparu ! Poursuivi, accusé et même condamné, le justiciable a des droits », a déclaré Ousmane Batoko. Le préfet s’est réjoui de constater que cette initiative du président Ousmane Batoko a des impacts positifs sur le traitement des dossiers et sur les conditions de détention. « Nous devons saluer cette initiative qui est devenue une tradition sous votre mandature. Cette tournée permet au justiciable de se sentir considéré. Nous espérons que cette initiative va se poursuivre », a déclaré Jean Claude Codjia, préfet de l’Atlantique. Après avoir échangé avec le préfet de l’Atlantique et le maire d’Allada, la délégation s’est rendue au commissariat central d’Allada où les registres d’affaires courantes, de garde à vue et de déferrement ont été examinés, et où les cellules de détention ont été inspectées. Idem au commissariat central de Toffo. Au Tribunal de première instance de deuxième classe d’Allada, la délégation s’est entretenue avec les magistrats. « On n’est pas magistrat pour soi-même. On est juge pour servir. Nous sommes au service du justiciable. Nous devons faire en sorte que nos rapports avec les justiciables soient empreints de délicatesse. Nous devons faire de notre justice une justice digne », a insisté le président Ousmane Batoko. Actualités 16 déc. 2020


Inspection de la Cour suprême dans les juridictions et prisons: Pour consolider le respect des droits des justiciables
Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko a démarré, hier lundi 14 décembre, une tournée d'inspection dans les juridictions de fond et les prisons du Littoral et de l'Atlantique... C'est une mission de contrôle qui répond au souci de maintenir un bon rapport entre le justiciable et la justice et de sauvegarder les droits de l'homme. Contrôle des registres du Commissariat central de Cotonou, vérification des cas de garde à vue, détection des situations irrégulières, recueil des difficultés de fonctionnement... C'est l'exercice auquel s'est livrée la délégation de la Cour suprême à l'occasion de sa tournée d'inspection dans les juridictions de fond et les prisons des départements du Littoral et de l'Atlantique. L'objectif est d'ancrer et de renforcer la position de la justice béninoise dans l'édification de l'État de droit. En effet, la loi a donné compétence à la Cour suprême d'inspecter non seulement les juridictions de fond mais aussi tous les lieux de détention... Je me suis informé aux fins de savoir si cet exercice a déjà été mise... A en croire le président Ousmane Batoko, cette prérogative de la Cour suprême n'avait été mise en oeuvre qu'une fois avant sa mandature. C'est pourquoi il a institué la tournée d'inspection au titre de ses actions. « La justice étant l'ossature de l'État de droit dans un pays, il est important que ce secteur prenne une part active à la consolidation de la démocratie et cela passe par le rapprochement de la justice du justiciable. De même, dans les commissariats, il importe de savoir si les officiers exercent leurs fonctions dans le respect des droits de l'homme et des lois de la République », a expliqué le président Ousmane Batoko... L'exercice d'inspection a été répété à la prison civile de Cotonou où la délégation de la Cour suprême a également rencontré les mineurs et les femmes en détention pour s'enquérir des conditions de leur détention et les rassurer du traitement de leurs dossiers en justice. Sur les lieux, la délégation a constaté avec étonnement que des centaines de détenus attendent toujours leur procès. Toutes choses dont la délégation a discuté avec les autorités judiciaires. Rencontre avec les acteurs de la justice Face aux officiers de police judiciaire et aux magistrats en fonction dans les juridictions de Cotonou, le président de la Cour suprême a tenu un langage franc. Il a insisté sur le fait que l'accès équitable à la justice et le respect des droits de l'homme doivent être une réalité concrète dans les tribunaux et cours ainsi que dans les commissariats et prisons. « Il ne s'agit pas de propos politiques mais il est question de remplir la mission que l'État vous confie... Il est question de faire en sorte que les relations entre justice et justiciable soient empreintes de délicatesse, de respect mutuel, de courtoisie, de simplicité... Que personne n'ait plus peur au Bénin, en entrant dans un commissariat ou en venant au tribunal», a affirmé Ousmane Batoko. Il a exhorté les acteurs judiciaires à faire preuve de professionnalisme et de courtoisie dans leurs rapports avec les justiciables. Aussi, il a reconnu et encouragé tous les acteurs du secteur justice pour les efforts consentis dans la consolidation de l'État de droit et dans la restauration de la confiance des justiciables en la justice. Par ailleurs, la délégation de la Cour suprême a entretenu les officiers de police judiciaire sur leur mission, sur celle du parquet puis sur la relation qu'il doit avoir entre la police judiciaire et le parquet. Acteur fondamental de la procédure judiciaire, la police judiciaire entretient avec le procureur une relation étroite, car c'est le procureur qui dirige la procédure judiciaire. Les Opj ont été invités à faire du respect de la légalité la boussole de toute opération judiciaire. Conscient de leurs conditions précaires de travail, le président de la Cour suprême a promis de faire le plaidoyer pour que la police judiciaire soit renforcée comme cela se doit. Lors de la rencontre avec les magistrats, la délégation de la Cour suprême a relevé la nécessité pour la justice béninoise de faire preuve de célérité pour dire le droit et pour décongestionner les maisons d'arrêt. Car à la prison civile de Cotonou, sur plus de 1500 détenus, un peu plus de 400 personnes ont fait l'objet de condamnation. Ce qui veut dire que plus de mille personnes attendent d'être jugées. « Il est attendu de nous une justice de qualité rendue avec célérité dans le respect des droits des justiciables. Une justice qui punit le coupable et préserve l'innocent d'une condamnation injuste... », fait savoir le président Ousmane Batoko. Actualités 15 déc. 2020


Campagne « seize jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre »: Féministes et activistes apprécient
Les seize jours d’activisme contre les Violences basées sur le genre se sont déroulés du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination des violences à l’égard des femmes au 10 décembre, Journée internationale des droits de l’Homme. Le bilan de cette édition, quoique globalement satisfaisant, selon certaines femmes, laisse un goût d’inachevé qu’il faudra corriger les prochaines années. Isabelle Otchoumaré, porte-parole de la Ligue béninoise des droits des femmes « La campagne a pris fin, mais la lutte doit continuer » La campagne des seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg) de 2020 a été meilleure par rapport à celles des éditions antérieures. J’ai noté au-delà des messages de sensibilisation publiés sur les réseaux sociaux, des activités de terrain. Plusieurs organisations ont pris une part active à cette campagne. Certaines d’entre elles ont organisé des séances de sensibilisation, mené des actions de soutien aux victimes….Les hommes ne nous ont pas marchandé leur soutien. Je suis heureuse de savoir que la population est en train de comprendre que la lutte contre les violences basées sur le genre est l’affaire de tous. La campagne a pris fin certes, mais la lutte doit continuer. Elle doit se mener quotidiennement. On ne doit pas attendre les seize jours d’activisme pour mener des actions. Il faut organiser des séances de sensibilisation, faire des plaidoyers, soutenir les victimes autant que faire se peut. Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin « Les déballages ont favorisé les dénonciations » La crise sanitaire actuelle n’a pas empêché la célébration de l’édition 2020 des seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg). Il y a eu beaucoup de manifestations et d’initiatives qui ont collé à l’actualité de la crise sanitaire. Je note plusieurs innovations dans la façon de mettre en œuvre la présente campagne. Beaucoup de ces initiatives ont porté sur la question du harcèlement sexuel, sans doute en raison des différentes dénonciations qui ont marqué cette année. Les déballages autour de cette problématique ont permis dans une certaine mesure aux femmes de faire des dénonciations, de parler de leur vécu et de leurs expériences sur le sujet sans langue de bois. C’est un effort louable. Il n’y a pas que la question du harcèlement sexuel quand on évoque les Vbg. C’est important qu’on puisse mobiliser les femmes et les hommes autour de la question. Je salue les acteurs impliqués dans la mise en œuvre de cette campagne et surtout je les exhorte à plus d’efforts pour aboutir à de meilleurs résultats. Mariam Mondukpè Tchitou, activiste des droits des femmes « Je remercie les hommes qui sont des exemples de la non-violence à l’égard des femmes et des filles » Les seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre (Vbg) ont eu pour thème cette année, « Orangez le monde, financez, intervenez, collectez ». Beaucoup d’actions ont été menées au niveau national autour de ce thème. Des expositions, des compétitions de basket, des ateliers, des colloques, des sensibilisations sur les différents canaux d’information. Ce sont des efforts très louables à perpétuer. J’ai noté une grande mobilisation des femmes autour de la campagne. Elles sont de plus en plus conscientes qu’elles doivent briser le silence et faire front à toutes formes de Vbg. Le ministère des Affaires sociales et les associations comme Wanep Bénin et le collectif féminin ne sont pas restés en marge de cette activité. Cependant, une grande majorité de femmes n’est pas assez impliquée dans cette campagne, notamment les femmes rurales ou analphabètes. La célébration est restée l’apanage des femmes citadines et intellectuelles. Pour les années à venir, je propose des actions concertées entre les institutions et les acteurs. Ce faisant, les résultats seront plus visibles et percutants. La lutte contre les Vbg est un combat de chaque instant. Ne baissons pas la garde et restons toutes mobilisées. Je voudrais remercier les hommes qui se battent à nos côtés et qui sont des exemples de la non- violence à l’égard des femmes et des filles. Hermione Ligan, chef division information Atlantique FM, présidente de l’Ong femme engagée pour le sport « Il ne faut pas mettre de côté les hommes dans ce combat » La campagne mondiale des seize jours d’activisme contre les Vbg s’est déroulée du 25 novembre au 10 décembre 2020. Je dresse un bilan à la fois positif et négatif. Au cours de cette campagne, plusieurs organisations de défense des droits humains ont effectivement mouillé le maillot. Il y a eu moins d’actions physiques à cause de la Covid-19. Par contre, l’écart est comblé sur les réseaux sociaux. Les jeunes filles et les femmes arrivent à comprendre et à mieux expliquer les violences qu’elles subissent. On doit se donner la main pour éradiquer ce phénomène. Il faut une synergie d’actions pour atteindre nos objectifs. La lutte contre les Vgb ne doit pas se limiter à la campagne des seize jours d’activisme. Ça doit être une lutte quotidienne. Il ne faut pas mettre de côté les hommes dans ce combat. Il faut encourager les victimes à rompre le silence. Plus elles témoignent, plus d’autres victimes prennent conscience de leur propre situation. Il faut permettre à la femme d’exercer un métier de son choix et lui offrir les moyens de pouvoir s’autonomiser parce que le manque de moyens financiers peut également entraîner des violences. Francine Toupé Enianloko, présidente de l’Association ‘’Femme de demain Bénin’’ « Les filles ont compris qu’elles ne doivent pas se laisser malmener » Je dresse un bilan élogieux de la campagne des seize jours d’activisme, malgré cette période tumultueuse de Covid-19. Le Bénin à travers mon association y a participé en mobilisant plus de cinq cents femmes pour suivre des webinaires et des formations en ligne, notamment sur les vbg et le leadership des jeunes filles, en référence au thème retenu à l’échelle internationale. Les jeunes lycéennes et collégiennes de plusieurs pays d’Afrique et du Bénin ont saisi cet espace d’échanges pour exprimer leurs préoccupations et leurs profondes aspirations. Ça leur a permis d’avoir une vision globale de ce monde en perpétuel mouvement et de déconstruire les préjugés culturels en vue de l’accélération du changement social. Elles ont compris qu’elles ont des potentialités et qu’elles ne doivent se laisser malmener par quiconque. Ces différentes initiatives leur permettront de développer l’estime de soi. Le bilan a été globalement satisfaisant. Toutefois, il faut penser à étendre ces rencontres virtuelles les fois à venir. Si Onu-femme, l’Unicef et les autres partenaires peuvent se donner la main, on pourra atteindre des résultats plus encourageants. Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO Société 15 déc. 2020


Délocalisation de leur lieu de commerce: Les assurances du chef de l’Etat aux femmes de Dantokpa
Alors que de nombreux marchés secondaires sont en construction dans la ville de Cotonou, les femmes du marché Dantokpa ne voient encore rien venir quant à leur lieu de commerce. Samedi 12 décembre dernier à l’occasion de la tournée de reddition de comptes du chef de l’Etat, à Cotonou, elles ont soulevé la préoccupation, mais ont été apaisées et rassurées par le chef de l’Etat. Le marché international de Dantokpa sera-t-il ou pas délocalisé ? Quand ? Pour quelle destination ? Quel sort pour ses occupants ? Quid du marché Gbogbanou? Dans la tête des commerçantes, et des usagers du marché Dantokpa, mille questions trottent quant au sort de ce lieu de commerce, dans le cadre des réformes mises en œuvre par le gouvernement relativement aux marchés. Alors qu’elles se sont massivement mobilisées, samedi 12 décembre, pour être présentes à la séance de reddition de comptes du chef de l’Etat pour l’étape de la commune de Cotonou, elles n’ont pas manqué de chercher à en savoir davantage. La présentation du directeur de la Communication évoquant certaines réalisations du gouvernement sans oublier le focus sur les marchés secondaires a davantage attiré leur attention sur le sujet. A l’étape actuelle du déploiement du Programme d’action du gouvernement, 35 marchés modernes sont en construction sur l’ensemble du territoire national dont neuf dans la ville de Cotonou. Interpellé par la responsable des femmes du marché Dantokpa sur le sujet, le président Patrice Talon s’est employé à lever l’équivoque. Dans un premier temps, le chef de l’Etat a confirmé la délocalisation dudit marché. Il sera déplacé vers l’arrondissement de Glo Djigbé dans la commune d’Abomey-Calavi pour une partie. L’autre partie se retrouvera au niveau du stade de l’Amitié, et sera essentiellement dédiée aux vendeurs de bijoux et autres. Le président de la République a rassuré les femmes que le gouvernement tient compte de tous les aspects liés à un tel projet. Des études sociologiques, environnementales, ainsi que des études d’impact environnemental… Rien n’a été omis ni laissé au hasard, et c’est ce qui justifie le temps mis par les travaux en amont, soutient-il. Autre inquiétude soulevée par les femmes, la distance. Du cœur de la ville de Cotonou pour Glo Djigbé, elles estiment la distance énorme. Explications et assurances Réaction légitime à première vue, reconnait le président mais qui tombe devant l’ambition du gouvernement et la nécessité d’assurer une sécurité maximale aux usagers du marché. Selon le chef de l’Etat, il faut un site qui réponde à de multiples exigences. Le nouveau marché doit pouvoir contenir les entrepôts, les magasins, un dispositif sécuritaire qui permette de réagir promptement et sans difficulté en cas d’incendie ou d’accident. Il faut également assurer sur le nouveau site, toutes les commodités pour que l’activité économique prospère et se déroule dans les conditions idoines. En quête du site pouvant répondre à toutes ces exigences, celui de Glo Djigbé était le meilleur et le plus indiqué, d’où son choix. S’agissant de la crainte des vendeuses liée à la fréquentation du lieu au regard de la distance, il a, là encore, tenu un langage d’apaisement. Le président Patrice Talon soutient en effet que le besoin de se ravitailler y conduira les acheteurs. Exemples à l’appui, il démontre que partout ailleurs, le déplacement d’un lieu de commerce, surtout de notoriété, a souvent laissé place à des grincements de dents et même à des mécontentements. Mais une fois réalisé, progressivement, tout le monde se convainc de la pertinence du projet. Compatissant, le chef de l’Etat dit comprendre l’état d’esprit des femmes du marché. Mais il leur dira que rien de grand ni de beau ne se fait sans sacrifice et qu’il faille pour tout un chacun, en consentir dans le cadre de la délocalisation du marché. Concernant, le cas du marché voisin de Gbogbanou, il disparaitra avec Dantokpa, a soutenu le président. Selon ses explications, d’autres projets non moins rentables sont retenus par le gouvernement pour les lieux et ils seront même plus bénéfiques pour les promoteurs que les baux consentis actuellement pour les boutiques et magasins. Ces projets concernent entre autres la mise en valeur de la berge lagunaire. Actualités 15 déc. 2020


Reflexion: Les dérives de la Cadhp
Depuis quelque temps, l’un des avocats de Monsieur Sébastien Germain Ajavon, en la personne de Me Vey fait des incursions répétées dans la vie politique de notre pays, le Bénin. Quand il n’écrit pas une lettre ouverte au Président de notre République dans laquelle il s’autorise des jugements de valeur sur l’état de notre pays et de sa démocratie avec des relents de donneur de leçons, il envahit les plateaux de télévision, France 24 notamment, pour vendre les mérites de ses propres succès devant la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples. Il ressort de sa lettre ouverte et de son interview qu’il s’est battu devant la juridiction panafricaine pour obtenir, pour le compte de son client, le droit de prendre part à l’élection présidentielle de 2021 au Bénin. Pour ce faire, il a obtenu dans un premier temps, la suspension des élections communales de 2020 et, dans un second temps, l’annulation pure et simple de la révision constitutionnelle de Novembre 2019 et de certaines autres lois. Le premier Arrêt est resté sans suite, les élections communales s’étant déroulées à bonne date et le second connaîtra à coup sûr le même sort, c’est-à-dire que le Bénin ne reviendra pas sur cette révision constitutionnelle pas plus qu’il n’annulera les autres lois querellées. Sur le principe, nous n’avons rien contre les condamnations de l’Etat béninois, pour autant qu’elles soient justifiées. Ce qui nous préoccupe davantage, c’est la légèreté avec laquelle la Cour Africaine mène certains raisonnements juridiques et nous ne pouvons nous réjouir de la condamnation de notre pays sur des fondements autres que le Droit. Nous observons, pour le regretter, le bonheur qu’éprouvent certains de nos compatriotes, à des fins inavouées, toutes les fois que notre pays est condamné par la Cour ; il n’y a, pour cela, qu’à consulter les réseaux sociaux pour s’en rendre compte. Nous n’arrivons toujours pas à nous y résoudre. Mais quand nous eûmes fini d’écouter Me Vey et de lire aussi bien sa lettre ouverte que les Arrêts de la Cour, deux questions nous vinrent à l’esprit: sont-ils de mauvaise foi(I) et sont-ils au moins préoccupés par la crédibilité de la Cour (II) ? I / Une mauvaise foi évidente Me Vey ainsi que la Cour ne sauraient ignorer un fait irréfragable qui est celui du statut de réfugié politique de leur client et surtout des conséquences attachées à ce statut. En effet, quitter son pays d’origine où l’on a construit toute sa vie (familiale, professionnelle, sociale, politique et autres) pour demander la protection d’un autre pays en y obtenant le statut de réfugié, c’est nécessairement parce que, comme le rappellent de façon constante la doctrine et l’abondante jurisprudence en la matière, l’on craint pour sa vie et que l’on y est persécuté. En effet, ni Me Vey ni la Cour africaine ne sauraient ignorer que le mot « réfugié » s’applique,« à toute personne qui, craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut, ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays, ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels évènements, ne peut ou en raison de ladite crainte, ne veut y retourner » (voir article premier paragraphe A.2 de la Convention de Genève du 28 juillet relative au statut des réfugiés et entrée en vigueur le 22 avril 1954). Le simple bon sens voudrait alors que l’on ne puisse pas affirmer d’un côté, que l’on craint pour sa vie dans son pays, que l’on y est persécuté, qu’on le quitte pour aller chercher refuge ailleurs où l’on acquiert le statut de réfugié et, de l’autre côté, prétendre y retourner pour prendre part à une élection présidentielle; c’est une question de bon sens avant d’être une question de Droit. D’ailleurs, dans la mise en œuvre de ce statut de réfugié et conformément aux dispositions pertinentes des Annexes de ladite Convention, il est établi un titre de transport, un passeport qui contient la liste des pays, au premier rang desquels, le pays d’origine, dans lesquels le porteur est interdit de séjour; et pour cause ! Et c’est pour contourner cette interdiction de bon sens que de nombreux Africains jouissant du statut de réfugié et voulant rentrer dans leur pays d’origine en violation de leurs obligations, choisissent d’atterrir, d’abord dans un pays limitrophe avant de rentrer frauduleusement sur leur territoire national, à la faveur des circuits informels et parallèles. De même, Me Vey et les Juges de la Cour ne sauraient ignorer les dispositions de l’article 15 de la Convention de Genève du 28 juillet relative au statut des réfugiés ci-dessus évoquée, pas plus qu’ils ne sauraient ignorer les dispositions pertinentes de l’article 3 de la Convention de l’Oua, devenue Ua, régissant les aspects propres aux problèmes des réfugiés en Afrique. Le premier, l’article 15 de la Convention de Genève, est consacré aux droits d’association des réfugiés. Il prescrit aux Etats contractants d’accorder « aux réfugiés qui résident régulièrement sur leur territoire, en ce qui concerne les associations à but non politique et non lucratif et les syndicats professionnels, le traitement le plus favorable accordé aux ressortissants d’un pays étranger, dans les mêmes circonstances ». En prenant soin de parler avec précision « d’associations à but non politique », ce n’est que pour mieux exclure de ces droits, les associations à but politique. Or dans le cas d’espèce, M. Sébastien Germain Ajavon est toujours au Bénin, malgré son statut de réfugié, un président de parti, l’Union sociale libérale (Usl). Le second, l’article 3 de la Convention de l’Ua, est relatif à l’interdiction de toute activité subversive. Il prescrit, d’une part,à tout réfugié de « s’abstenir de tous agissements subversifs dirigés contre un Etat membre de l’Ua et, d’autre part, à tous les Etats signataires de s’engager à « interdire aux réfugiés établis sur leur territoire respectif d’attaquer un quelconque Etat membre de l’Union africaine par toutes activités qui soient de nature à faire naître une tension entre les Etats membres et notamment par les armes, la voie de la presse écrite et radiodiffusée ». Les procès multiples intentés à Arusha contre le Bénin et dont les arrêts sont aussi abondamment divulgués par la presse écrite et diffusés puis relayés par les réseaux sociaux peuvent être considérés, à juste titre, comme des « agissements subversifs » de « nature à faire naître une tension » au Bénin. Si le gouvernement béninois le désirait, il pourrait élever une protestation auprès de la France par le canal diplomatique, comme il est de coutume, contre une « action subversive menée sur son sol par un réfugié politique d’origine béninoise ». Et c’est bien là le piège à cons dans lequel l’Avocat de M. Sébastien Germain Ajavon et la Cour l’ont conduit ; le premier en lui recommandant le statut de réfugié pour lui éviter un séjour irrégulier en France et la seconde, ensemble avec l’Avocat, en lui donnant l’illusion qu’ils pouvaient l’installer, à coups d’arrêts, à la Marina, la Présidence de la République béninoise. Or, même si toutes les demandes de la Cour étaient appliquées par l’Etat du Bénin, M. Sébastien Germain Ajavon ne pourra jamais aller à l’élection présidentielle de 2021 à cause de son statut de réfugié politique octroyé par la France. En revanche, la Cour a raté une occasion de faire avancer, par un bel arrêt, la cause des réfugiés, notamment sur la question de leurs droits politiques, si elle en avait profité pour ouvrir ouvertement le débat. Et c’est parce que nous présumons que ni les juges de la Cour ni l’avocat de M. Sébastien Germain Ajavon n’ignoraient le statut de réfugié politique de ce dernier ainsi que les obligations qui en découlaient que nous en concluons qu’ils sont, soit de mauvaise foi, soit de moralité douteuse. On peut juste s’étonner que les avocats de l’Etat Béninois n’aient pas soulevé non plus ce point dans leurs plaidoiries. En tout état de cause, l’attitude des juges de la Cour impacte négativement la crédibilité de la Cour. II / De la crédibilité de la Cour La crédibilité d’une juridiction et plus encore d’une juridiction régionale réside presque entièrement dans la force de l’argumentaire juridique de ses arrêts, de sorte que même lorsqu’un camp perd un procès devant elle, il puisse s’exclamer « mais l’arrêt est très bien rédigé » !! C’est ce qui manque le plus aujourd’hui aux arrêts de la Cadhp contre le Bénin et que traduisent d’ailleurs,fort à propos,les nombreuses opinions dissidentes qui s’expriment à chaque fois. Nous nous attarderons ici et de façon non exhaustive, sur quatre exemples pour bien montrer cette légèreté qui caractérise le raisonnement juridique des juges de la Cour. Le premier exemple, c’est le fait de condamner le Bénin sur des fondements irréels et inexacts. En effet, le Bénin a été sommé d’abroger une loi qui interdirait le droit de grève au Bénin. Le problème avec cette décision, c’est qu’aucune loi n’interdit le droit de grève au Bénin. Nous avons beau chercher, nous ne la trouvons pas.Il y a, certes, eu une tentative d’abrogation du droit de grève mais la Cour constitutionnelle présidée par le Professeur Théodore Holo avait alors déclaré la loi inconstitutionnelle en rappelant fort opportunément au gouvernement qu’il pouvait réorganiser comme il le voulait le droit de grève dans le cadre d’une loi mais qu’en aucun cas, il ne pouvait le supprimer. Dès lors, une nouvelle loi sur le droit de grève en République du Bénin qui n’autorise la grève qu’à raison de deux jours par mois, a été votée. Elle constitue aujourd’hui le cadre de référence du droit de grève au Bénin et c’est dans ce cadre que les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi ont fait grève fin novembre et début décembre dernier. Certes, le politique et donc l’opposition politique peut dénoncer cette loi et considérer, ainsi qu’elle le fait, que le droit de grève est réduit à sa plus simple expression au point de lui enlever toute utilité fonctionnelle, voire politique et stratégique ; elle sera dans son droit. Mais une Cour régionale ne peut dire que la loi a supprimé le droit de grève alors que ce n’est pas vrai : ce faisant, elle ne fait plus du Droit, elle fait de la politique et ça, pour un Etat membre, c’est inadmissible. Dans ces conditions, l’Etat du Bénin est fondé à dénoncer de tels comportements et si l’organisation de la Cour l’avait permis, il serait fondé à introduire un recours en réparation de préjudice moral subi du fait de la divulgation virale de fausses informations sur les réseaux sociaux suivie de commentaires tout aussi malveillants les uns que les autres qui sont de nature à salir l’image du pays. Le deuxième exemple, c’est le fait de condamner le Bénin sur des fondements sans objet. En effet, en condamnant l’Etat du Bénin à annuler la révision constitutionnelle de novembre 2019, la Cour invoque notamment, l’article 10 alinéa 2 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance qui dispose que les « Etats parties doivent s’assurer que le processus d’amendement ou de révision de leur Constitution repose sur un consensus national comportant, le cas échéant, le recours au référendum ». En dehors du référendum, qu’elle recommande le cas échéant, la Charte ne donne aucune définition, même indicative, du consensus. Par contre, l’on peut définir négativement le consensus par ce qu’il n’est pas et le moins que l’on puisse dire, c’est que le consensus n’est pas l’unanimité. Dès lors, lorsque le Bénin décide de réviser sa Constitution, il s’en tient à son droit interne et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas eu besoin de la Charte pour poser la première définition constitutionnelle du consensus. Elle est contenue dans sa Constitution de 1990 alors que la Charte n’a été adoptée qu’en 2007 et n’est entrée en vigueur qu’en 2012. Aux termes de l’article 155 de la Constitution béninoise, « La révision n’est acquise qu’après avoir été approuvée par référendum, sauf si le projet ou la proposition en cause a été approuvée à la majorité des quatre cinquièmes des membres composant l’Assemblée ». Autrement dit, pour le Constituant béninois, le consensus a deux définitions, la première, ce sont les quatre cinquièmes des Députés et la seconde, c’est le vote référendaire positif. Le problème avec cette décision de la Cour, c’est que la révision constitutionnelle querellée a été acquise à l’unanimité des députés présents ou représentés, donc au-delà des quatre cinquièmes exigés par le consensus de la Constitution: Il ne revient donc à la Cour que de le constater.Mais si au lieu de se contenter de le constater, elle se préoccupe de la couleur de l’Assemblée, de la régularité ou non de son élection etc., etc., elle ne fait plus du Droit; elle fait de la politique car ces observations relèvent du politique et donc de l’opposition qui, de toutes les façons, ne se prive pas de les faire. De même, le droit à l’information qui serait, selon la Cour, violé dans cette procédure est fortement contestable car non seulement il n’y a pas une façon unique d’organiser le droit à l’information, mais aussi et surtout nul, et surtout pas le demandeur, ne peut se prévaloir d’avoir demandé des informations relatives à cette question auprès des autorités compétentes et que celles-ci aient volontairement refusé de les lui donner ; et d’ailleurs tous les documents officiels sont aujourd’hui presque instantanément disponibles sur les réseaux sociaux. Par ailleurs, la Cour demande l’abrogation de réformes cinq mois seulement avant l’élection (Novembre 2020-Avril 2021), alors même que, d’une part, ces lois ont été promulguées dix-sept mois avant l’élection (Novembre 2019-Avril 2020), là où la Cedeao prescrit un délai de six mois avant les élections et, d’autre part, que la Cour attend douze mois après leur adoption (novembre 2019-novembre 2020) pour demander leur abrogation. La Cour ne peut se substituer aux Cours et Conseils constitutionnels des Etats membres pour s’inscrire dans le rôle d’arbitre de la politique. Le troisième exemple, c’est quand la Cour demande au Bénin, un peu plus tôt dans l’année, de suspendre l’organisation des élections communales en attendant sa décision au fond parce que le fait pour M. Sébastien Germain Ajavon de ne pas aller à l’élection présidentielle de 2021 lui créerait des dommages irréparables. Le problème, c’est qu’elle se fait une idée trop extensive pour ne pas dire trop laxiste du« dommage irréparable ». Peut-on sérieusement considérer le fait pour un citoyen de ne pas prendre part à une élection présidentielle, aléatoire par sa nature -puisqu’une élection, on peut la gagner comme on peut la perdre-et répétitive par sa finalité -puisqu’elle s’organise tous les cinq ans-comme pouvant occasionner des dommages irréparables ? Si le Bénin avait suivi cette demande, les élections communales n’auraient pas été organisées à bonne date ; elles auraient été organisées au mieux, en Janvier 2021 et, au pire, en Avril 2021, étant entendu que le processus électoral s’étale au Bénin sur trois mois minimum. Le grand collège des parrains n’aurait jamais été constitué à temps pour l’élection présidentielle de 2021. Par ailleurs et dans le même registre, considérer le parrainage comme une mesure d’exclusion est bien ridicule car par essence, tout critère, de quelque ordre et de quelque nature que ce soit est nécessairement exclusif : tout est dans la pertinence du critère. Sauf à considérer que tous les parrains sont élus sur les listes des partis soutenant l’action du Gouvernement (Up et Br) et une frange de l’opposition (les Fcbe) ; mais ce faisant, la Cour ne fait plus du Droit, elle fait de la politique et elle ne la fera jamais mieux que l’opposition qui ne rate aucune occasion de le rappeler. Le quatrième exemple, c’est quand la Cour demande à l’Etat béninois de s’opposer à l’exécution d’une décision de justice dans l’Affaire Société Générale Bénin contre la Société d’Hôtellerie, de Restauration et de Loisirs (Shrl) pour, quelque temps plus tard, lui reprocher de violer le principe de la séparation des pouvoirs. En tout état de cause, avec toutes ces décisions, oh combien contestables, on ne peut plus faire l’économie d’une réflexion de fond sur les réformes à faire au niveau de cette Cour. Il faudrait regarder du côté de son organisation et de son fonctionnement. En effet, il n’est plus concevable que les Etats ne puissent pas avoir les moyens de contester leurs condamnations ; le principe de double degré de juridiction doit être instauré : c’est d’ailleurs un acte de souveraineté. Une autre direction de la réforme doit concerner la procédure de désignation des Juges. Aujourd’hui, la qualité ainsi que la compétence de la majorité des Juges sont douteuses. Une troisième direction des réformes doit concerner la redéfinition et disons-le tout de go, la limitation des compétences de la Cour. La Cour ne peut continuer de faire une interprétation lato sensu des droits de l’homme pour définir sa compétence et aucun Etat ne peut accepter qu’elle se transforme en Tribunal de première instance et de dernier recours en toutes les matières, qu’elles soient commerciale, administrative, judiciaire, constitutionnelle et des comptes. La voie de la réforme est la seule solution pour lui éviter des crises futures ; il est urgent de procéder à ces réformes car après les retraits du Bénin et de la Côte-d’Ivoire il ne reste plus que six pays sur cinquante-quatre qui lui permettent de fonctionner et à force d’afficher des manquements aussi graves, elle court le risque de disparaître. : Par Prudent Victor Topanou Maître de conférences de Sciences politiques Université d’Abomey-Calavi Actualités 15 déc. 2020


Reddition de comptes du chef de l’Etat à Cotonou: Les grandes réalisations du quinquennat revisitées
Fin en apothéose du périple national de reddition de comptes du président de la République, l’étape de Cotonou a également permis de faire un point global de la mise en œuvre du Programme d’action du gouvernement. Utopique pour les uns, irréaliste pour les autres, sans doute en raison de son coût de réalisation estimé à 9039 milliards, le Programme d’action du gouvernement (Pag) lancé le 16 décembre 2016, a été largement évoqué au cours de la séance de reddition de comptes entre le président de la République et les populations de Cotonou. Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la Communication à la Présidence de la République, s’est fait le devoir de faire le point des grandes réalisations du quinquennat. Le rêve dont beaucoup doutaient s’est pourtant concrétisé, retiendra-t-on de son intervention. La quasi-totalité des réformes prioritaires ont été exécutées. La mise en œuvre des projets prioritaires se poursuit. Tout le pays est en chantier, a confirmé le directeur de la Communication. Détails, chiffres et statistiques au point, il s’est évertué à illustrer la croissance amorcée par le Bénin depuis la mise en œuvre de ce programme de développement dont la finalité est de révéler le Bénin. La révision de la Constitution, le dialogue politique, la réforme du système partisan qui restitue l’animation de la vie politique aux acteurs politiques, le système politique en pleine mutation, l’assainissement du paysage politique, la révision du Code électoral pour tendre aussi vers des élections groupées… Au plan politique, les prévisions du Pag pour consolider la démocratie n’ont pas faibli. Il en est de même du renforcement du système judiciaire, de la réorganisation de la carte judiciaire, de la réorganisation de la défense et de la sécurité avec notamment des recrutements, des moyens logistiques et financiers pour une meilleure sécurisation du pays… « Nous sommes dans la bonne dynamique et notre pays s’est bien distingué », se félicite le directeur de la Communication.Autres secteurs impactés, la diplomatie, l’état civil, le climat des affaires. Au plan économique, on ne peut non plus nier les avancées du Bénin. Même si on laisse de côté les notations et autres reconnaissances d’organismes internationaux de grande réputation, on peut retenir le remboursement des dettes intérieures du pays, la création de plus de huit cent mille emplois formels et informels, directs et indirects comme des signaux porteurs. Sa présentation n’occultera pas l’énergie. Un secteur dans lequel un programme d’investissement massif a été déployé pour assurer l’autonomie du pays. Le bilan des réalisations faites à ce niveau témoigne de la rigueur du chef de l’Etat et de son équipe. Le Bénin dispose d’une nouvelle centrale à Maria Gléta qui assure la moitié des besoins du pays. Il a aussi soldé sa dette de 40 milliards envers le Nigeria et le Ghana et prévoit pour les semaines à venir, le lancement des travaux pour la construction d’une deuxième centrale. Des succès d’un secteur à un autre Pour ce qui est des infrastructures et des transports, rien à dire, à en croire les explications de Wilfried Léandre Houngbédji, le pays s’est là aussi remis sur les rails. On notera entre autres, la modernisation du sous-secteur aérien avec la réhabilitation et la mise aux normes de l’aéroport de Cadjèhoun, la poursuite des travaux préparatoires pour la construction de l’aéroport de Glo Djigbé, la création de la Société des aéroports du Bénin, et le développement en cours d’une nouvelle offre aéronautique en partenariat avec un opérateur privé. Le tourisme restera tout de même l’un des chantiers sur lesquels, le régime a prouvé sa détermination à révéler le Bénin. Des investissements massifs de l’ordre de 400 milliards Cfa sont prévus et la plupart des projets annoncés ont démarré. N’eût-été la maladie à coronavirus qui a freiné quelque peu l’élan en cours, bien des chantiers seraient plus avancés à la date de cette présentation, explique le directeur à la Communication à la présidence. La rénovation du parc de la Pendjari, la cité historique de Ouidah, l’aménagement d’une station balnéaire, le pole touristique d’Abomey, le pôle muséal de référence autour du musée vodoun de Porto-Novo, le palais royal Baru tem à Nikki, la halte touristique d’Allada, les sept arènes culturelles dont les études sont déjà achevées… jamais le tourisme n’a autant été au cœur de l’action des dirigeants du pays. « Les résultats achèvent de convaincre qu’une belle dynamique est en cours », laisse entrevoir le bilan fait. D’autres secteurs tout aussi importants et logés en bonne place dans le Pag feront aussi l’objet de ce bilan. On en déduit que le Bénin, comme ne cesse de le rappeler le chef de l’Etat, a pris son envol. Les efforts déployés ces cinq dernières années dans le tourisme, les arts et la culture, l’artisanat, le numérique, l’éducation, la santé le prouvent à merveille et fondent sans doute le refrain quasi-quotidien des populations qui veulent voir « la dynamique en cours se poursuivre ». Actualités 15 déc. 2020


1er  championnat virtuel africain de kata: Les  karatékas béninois en demi-finale  
Sept des huit athlètes béninois présents au  premier e-championnat africain de kata sont qualifiés pour le deuxième tour de la compétition. Il s’agit de Bararath Abé Codjo, Gracia Aboudou, Giovanna Aditi, Ihsane Adjanohoun, Skeriane Azonyito, Laissu Diallo et Jorès Kpadonou. Seul  Blaise Wongla n’a pas pu tirer son épingle. Arrivée première dans la catégorie kata individuel féminin,  Bararath Abé Codjo disputera la finale contre le Gabonais Kaela Akamanzi Kabalisa. Quant à Gracia Aboudou, Giovanna Aditi, Ihsane Adjanohoun, Skeriane Azonyito, Laissu Diallo et Jorès Kpadonou, ils disputeront les demi-finales dans leur catégorie. L’enregistrement de la performance vidéo de ce 2e tour continental est ouvert ce lundi 14 décembre. Rock Quenum, président de la Fédération béninoise de karaté, se dit heureux de la performance de ses athlètes qui portent ainsi, haut l’étendard du Bénin à cette compétition de e-kata individuel féminin et masculin destinée aux athlètes des deux sexes âgés de 8 à 13 ans.  A noter que les arbitres officiels de cet événement seront sélectionnés par la Commission  des arbitres de l'Union des fédérations africaines de karaté (Ufak). Sports 14 déc. 2020


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