La Nation Bénin...
Nouvelles

Mise en accusation du chef de coups mortels, Roi Bello Adamou, bouvier de nationalité nigériane âgé de 28 ans, était à la barre, lundi 13 février dernier. Mis en détention le 25 janvier 2015, il vient à peine de purger 2 ans sur les sept qui lui ont été infligés.
Sacrifier, sous de simples soupçons, son fidèle ami au profit de l’amour que l’on voue à sa femme ? La question mérite réflexion, en cette période au cours de laquelle l’heure est à la célébration de la Saint-Valentin.
En effet, Roi Bello Adamou et Moussa Garba, deux bouviers peulhs originaires du Nigeria, résidents à Winra, dans l’arrondissement de Kika, commune de Tchaourou, se sont liés d’amitié. Le 25 janvier 2015, ils se sont rendus comme à leur habitude au marché de la localité. C’était pour se bourrer, jusqu’à l’ivresse, de la boisson locale « Tchoucoutou » et de stupéfiants, notamment du Tramadol, avant de quitter les lieux aux environs de minuit. Le lendemain matin, le corps inanimé de Moussa Garba a été retrouvé au domicile de Roi Bello Adamou qui lui, était absent. Très tôt, les soupçons se sont rapidement portés sur ce dernier.
Peu de discernement devant l’amour
Interpellé puis inculpé pour coups mortels, Roi Bello Adamou a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. A la barre, lundi 13 février dernier, il a expliqué que c’est après avoir surpris Moussa Garba en train de sortir de la chambre de sa femme, qu’il s’est bagarré avec lui. Ce dernier ayant refusé de partir, Roi Bello Adamou s’est dit avoir été contraint de lui donner un coup de bâton sur la tête. « Nous sommes des amis, mais ce n’est pas à deux que nous avons marié ma femme », a indiqué l’accusé. « Ton ami avait-il l’habitude de s’introduire dans la chambre de ton épouse ? », lui demande le président Jean-Pierre Yérima Bandé. « Non. C’est à mon retour du marché où nous étions allés ensemble nous distraire, que j’ai constaté qu’il m’avait devancé et était dans la chambre de ma femme. Je lui ai envoyé le coup sans savoir où, il allait le recevoir », a répondu Roi Bello Adamou.« Il m’a confié qu’il avait l’intention de coucher avec ma femme », a poursuivi Roi Bello Adamou, avant de se faire réprimander par son conseil, Me Victor Y. Adigbli. Ce dernier lui a demandé de ne pas mentir sur le compte de la victime qui est déjà décédée. « A quelle occasion te l’a-t-il dit ? », a voulu savoir l’avocat. « Le jour où je l’ai surpris. Il m’a dit qu’il est venu chez ma femme », insistera l’accusé.
Aujourd’hui, il ne sait même plus où se trouve sa femme. Depuis son arrestation, elle ne lui a même pas rendu visite une seule fois.
Penses-tu que ta femme peut aimer au point d’attenter à la vie de quelqu’un, pour l’amour qu’elle a pour toi ? Si c’était à refaire, prendras-tu encore le risque de tuer pour une femme ? A ces questions de son avocat, il avoue n’avoir tiré aucun bénéfice de son acte.
Le bulletin n°1 de Roi Bello Adamou ne porte mention d’aucune condamnation antérieure. Son entourage l’apprécie beaucoup, mais déplore l’acte qu’il a commis sous l’effet du Tramadol.
« Que vaut la vie ? », s’est interrogé d’entrée, l’avocat général, Lucien Mahulé Aballo, invité à prendre ses réquisitions. Citant André Malraux, il laissera entendre que « La vie ne vaut rien et rien ne vaut la vie ». Selon lui, la vie n’a pas de prix, elle est sacrée et on ne doit pas la supprimer. « Si c’est par son propre ami qu’il faut encore la perdre sur la base de simples soupçons, de façon violente avec un coup de gourdin, il y a quelque chose qui ne va pas », fera observer le représentant du ministère public.
Roi Bello Adamou a-t-il volontairement porté des coups et fait des blessures à son ami Moussa Garba ? Ce dernier est-il décédé des suites de ces coups et blessures ? Répondant par l’affirmative à ces deux questions, l’avocat général conclut à la réunion des éléments constitutifs du crime de coups mortels prévu et puni par l’article 309 alinéa 4 du Code pénal. Il a également relevé la volonté coupable et l’intention délictuelle de l’accusé. S’en tenant au rapport d’expertise médico-psychiatrique réalisé sur l’accusé, il le trouve accessible à la peine pénale. Ainsi, au bénéfice de ses observations, il requiert qu’il plaise à la cour de condamner Roi Bello Adamou à dix ans de travaux forcés et aux frais envers l’Etat.
Autant le conseil de l’accusé, Me Victor Y. Adigbli a admiré les réquisitions du ministère public, autant il dit l’avoir méconnu en ce qui concerne la sentence proposée. « On vous demande d’envoyer ce jeune homme derrière les barreaux, en plus des deux années qu’il vient déjà d’y passer, pour huit autres années supplémentaires », dira l’avocat, s’adressant aux membres de la cour.
Déjà jugé par la nature
Selon Victor Y. Adigbli, ce procès est l’expression la plus achevée de l’absurdité et de la bêtise. « Toutefois, il y a des éléments à charge et à décharge. C’est un Nigérian qui aurait facilement pu fuir vers son pays, mais il est resté et a été pris. Il a également reconnu les faits qui, par surcroît, se sont produits la nuit. S’il était un criminel professionnel, il aurait cherché à faire disparaître le corps de son ami et il n’y aurait pas eu de trace », a souligné Me Victor Y. Adigbli. Avant d’être condamné, estime son conseil, Roi Bello Adamou a déjà été jugé par la nature. « Il a commis l’acte parce qu’il croyait être cocufié. Entre l’amitié et l’amour, il n’a pas eu le réflexe de relativiser. Sous l’effet de l’alcool et du Tramadol, l’irréparable a été commis », déplorera-t-il. « Devant l’amour, il n’y a plus de place au discernement. La colère devient une courte folie, la passion », fait-il remarquer en invitant la cour à donner une chance à son client de se racheter.
La cour, à sa délibération, déclare Roi Bello Adamou coupable d’avoir porté des coups et faits des blessures à Moussa Garba avec cette circonstance que ces coups et blessures ont entraîné la mort sans intention de la donner. Il l’a condamné à la peine de sept ans de réclusion criminelle en le dispensant de l’interdiction de séjour. Placé en détention depuis le 25 janvier 2015, Roi Bello Adamou passera encore cinq ans en prison.
Jean-Pierre Yérima Bandé a présidé la cour. Ses assesseurs étaient Noël Houngbo et Francis E. Bodjrènou. Le fauteuil du ministère public a été occupé par Lucien Mahulé Aballo. Me Jacques Marie Agoï a tenu la mémoire de la cour. Les jurés étaient Emile N’Dah N’Yaba, Imorou Abdoulaye, Célestin Maféïrou Babahoum et Kouandi Toura.

Les populations de la commune de Dassa-Zoumè ont failli passer des heures chaudes suite à la chute d’un camion en provenance du Niger, et transportant un produit sensible. Des diligences ont été faites pour épargner les riverains de tout risque.
L'opinion a été ameutée ces dernières heures au sujet de la chute d’un camion en provenance du Niger et transportant de l’uranium. La dangerosité du produit et les risques potentiels encourus ont fait craindre le pire pour la population. Selon nos recoupements, il s'agit d'une activité courante. « Le camion vient du Niger et a été affrété par le groupe Areva pour faire embarquer sa cargaison au port de Cotonou ; Areva étant une société française qui exploite l'uranium dans des mines au Niger », précise nos sources. Mieux, il n’y aurait aucune menace pour les populations. « Le produit transporté n'est pas encore de l'uranium mais l'uranate », rectifie la direction de la communication de la Présidence de la République. Toujours auprès de cette direction, on apprend que la chute de ce camion présente un risque zéro pour les populations, puisque « le conteneur ne s'est pas éventré », justifie-t-elle. « Les barils rangés dans le conteneur et contenant l'uranate sont restés étanches ; le produit ne s'est donc pas dispersé et ne s'est pas déversé sur le sol », fait observer également la direction de la communication.
Mieux, des diligences ont été déjà faites par le ministre de l'Intérieur et de la Sécurité qui a fait un tour sur le site avec d’autres responsables publics. Sur place, il a donné des instructions et sensibilisé les populations. C'est ainsi qu'un périmètre de sécurité a été établi pour empêcher la population de s'approcher des lieux de l'accident. Ensuite, une grue de 40 tonnes a été dépêchée sur place mais elle s'est révélée inefficace mais Areva a, dès lors, pris des dispositions pour faire venir une grue plus adaptée de Lomé. De fait, la situation serait passée sous contrôle. Aux dernières nouvelles, les manœuvres engagées par la société seraient déjà terminées et le conteneur a repris la route pour sa destination initiale.
Société 15 févr. 2017

Dans le box des accusés de la première session de la cour d’assises de la Cour d’appel de Parakou, samedi 11 février dernier, il y avait Antoine N’Tcha, 47 ans, cultivateur et père de trois enfants à Boukoumbé. Pour avoir commis un crime de meurtre, il a été condamné à la peine de quinze ans de réclusion criminelle.
Une soirée festive de « Patanti » à Boukoumbé tourne au drame entre deux cousins ivres. A l’origine, il y a un problème de partage du produit de la vente d’un immeuble successoral.
Les cousins Antoine et Menon N’Tcha, de retour de la réjouissance populaire, mercredi 26 mai 2010, aux environs de 22 h 30, étaient tous ivres. C’est dans cet état que Menon N’Tcha a lancé un duel à son cousin Antoine N’Tcha qui, malgré son refus, parvint à le plaquer au sol. Afin d’essuyer l’affront qu’il venait ainsi de subir, Menon s’est servi d’une lanière pour le chicoter. En réplique, Antoine N’Tcha qui avait un couteau en poche, le sortit et lui asséna un premier coup dans le ventre et un second au niveau du cou, avant de prendre la fuite.
Une supposée vente de parcelle
Interpellé et inculpé de meurtre, Antoine N’Tcha a reconnu les faits à toutes les étapes de la procédure. A la barre, samedi 11 février dernier, il a tellement varié, au point où, à plusieurs reprises, le président Abdou Moumouni Seïdou Gomina, le représentant du ministère public, Malick Nourou-Dine Bakary et son conseil, Maximin Cakpo Assogba, ont été obligés de lui demander de se calmer. Chaque fois, ils lui ont également rappelé qu’il jouait sa vie et avait intérêt à contribuer à la manifestation de la vérité.
A l’arrivée, l’accusé indiquera que c’est parce qu’il réclamait à Menon N’Tcha sa part du produit de la vente d’un terrain appartenant à eux tous, que le drame est survenu. « Je ne voulais pas le tuer. C’est mon petit-frère », laisse-t-il entendre, acculé de questions. « Au cours de l’enquête préliminaire et devant le magistrat instructeur, il n’a jamais été question de vente de parcelle dont tu réclames le partage du reste de l’argent issu de la vente », lui rappellera le président Abdou Moumouni Seïdou Gomina.
Assailli de questions par la cour, l’accusé finira par avouer qu’il s’est rendu au domicile de l’accusé. C’est après que ce dernier l’ait terrassé et chicoté, qu’il est allé chercher le couteau qui a servi à le poignarder à deux reprises, chez lui.
Un dossier mal monté
Se fondant sur l’article 295, base légale de l’homicide commis volontairement, le représentant du ministère public, Malick Nourou-Dine Bakary, a indiqué que Antoine N’Tcha a porté des coups de couteau sur Menon N’Tcha. L’élément intentionnel, selon lui, est caractérisé par la volonté de donner la mort, en utilisant une arme dangereuse et en ciblant des parties vitales du corps de la victime. C’était pour répliquer à la gifle et aux coups de lanière que Menon N’Tcha lui a administrés. « Il a eu le temps d’aller chercher son couteau. Il a eu le temps de former son dessein. Il voulait en finir avec son cousin. L’arme utilisée et les parties choisies démontrent sa volonté de faire mal », insiste l’avocat général. Pour lui, tous les éléments constitutifs de l’homicide volontaire sont réunis et la responsabilité de l’accusé ne fait aucun doute. « Il n’y a aucune excuse de provocation et on ne saurait également évoquer la légitime défense », poursuit l’avocat général.
Antoine N’Tcha ne souffrant d’aucune maladie mentale pouvant abolir le contrôle de ses actes au moment des faits, le ministère public le trouve accessible à la sanction pénale et invite la cour à le condamner à vingt ans de réclusion criminelle.
Dans sa plaidoirie, le conseil de l’accusé, Me Maximin Cakpo Assogba, estimera que l’argumentaire sur lequel l’avocat général a pris ses réquisitions est fondé sur des faits problématiques. « Vous avez à vous fonder sur quels faits ? Ils ne sont ni prouvés, ni objectifs. Nous sommes-là, dans des conjectures et les variations de l’accusé », s’interroge-t-il. Selon lui, ce n’est pas la faute à son client, mais celle de l’officier de police judiciaire et du magistrat instructeur qui ont mal fait le travail. « Quel est le mobile de l’infraction, si ce n’est pas au cours de l’audience que nous nous sommes rendus compte que tout est partie d’un problème de vente de parcelle ?», s’interroge Me Maximin Cakpo Assogba. Il regrette que l’avocat général ait également considéré les déclarations de l’épouse de la victime. Pour lui, on ne saurait se baser sur des hypothèses pour admettre qu’il y a eu meurtre. « Le ministère public n’a pas pu le démontrer. Les deux cousins sont revenus ivres d’une fête », essaie-t-il de justifier. Au regard des carences du dossier, il demande à la cour de disqualifier le crime de meurtre en coups mortels, infraction prévue et punie par l’article 309 du Code pénal. Ce qui lui permettra de condamner son client au temps qu’il a déjà passé en prison. Au subsidiaire, il invite à tenir compte des circonstances du décès de la victime, suite à une querelle consécutive à la réclamation d’une part de la vente d’une parcelle.
La cour maintient Antoine N’Tcha dans les liens de l’accusation d’homicide volontaire et le condamne à la peine de quinze ans de réclusion criminelle. Mise en détention le 2 juin 2010, c’est derrière les barreaux de sa prison où il continuera à limer ses dents pendant huit ans, que lui parviendront les échos de la fête de « Patanti » à Boukoumbé.
C’est Abdou Moumouni Seïdou Gomina qui a présidé l’audience. Ses assesseurs étaient Mathieu Kakpo Assogba et Firmin Amoussou. Me Brice Dossou-Yovo a tenu la mémoire de la cour et Malick Nourou-Dine Bakary représentait le ministère public. Les jurés avaient noms, Soulémane Dramane, Anselme Sossou, Oumar Baparapé et Charlotte O. Ombari.

Tous les 14 février se célèbre la Saint –Valentin. Que revêt cette fête dite de l’amour ? Monnelle Hounzandji Laté, conseillère conjugale et encadreur des fiancés à Minifa, un centre de préparation au mariage et chargée des affaires familiales au Centre universitaire apostolique, aborde à travers cette interview les dangers d’une vie sexuelle précoce, la gestion des désirs sexuels et invite les apprenants à donner priorité à leurs études.
La Nation : Quelles différences y a-t-il entre le sentiment amoureux et l’amour ?
Monnelle Hounzandji Laté : l’amour revêt un sens plus profond que le sentiment amoureux. L’amour fait appel à une décision de la volonté ; l’on décide d’aimer quelqu’un, de lui faire du bien, de se sacrifier pour lui ou pour elle, braver les obstacles pour le bien de l’autre. L’amour n’est pas possessif et ne fait pas de l’autre une propriété privée de laquelle on tire une satisfaction égoïste. Ce genre d’amour est stable contrairement au sentiment amoureux qui est un état dans lequel vous vous retrouvez sans l’avoir décidé. On entend souvent dire « tomber amoureux », cela est très révélateur. Le sentiment amoureux fait de vous une victime de l’être que vous pensez aimer. Le sentiment amoureux est souvent instable, il peut être dirigé vers une personne A aujourd’hui et peu de temps après il est orienté vers B.
Les sentiments amoureux chez les adolescents ne favorisent-ils pas les pulsions sexuelles ?
Le désir sexuel n’est pas une mauvaise chose en soi. Que ce désir se manifeste chez un ado ou un adulte c’est normal, car l’Humain est ainsi créé. Le jeune élève qui éprouve ce désir (juste à ce stade) doit le considérer comme faisant partie du fonctionnement naturel de son corps. C’est la mauvaise orientation que donnera le jeune élève à ces désirs sexuels qui est en cause.
Mais comment expliquer ces pulsions sexuelles dans la fleur de l’âge ?
Les biologistes et les psychologues sont mieux outillés pour expliquer cela. Mais je puis dire que nous sommes tous des êtres sexués, c’est-à-dire dotés d’un sexe. C’est l’un des signes distinctifs entre hommes et femmes. Le passage de l’enfance à l’adolescence est marqué par certains événements aussi bien chez le jeune garçon que chez la jeune fille. C’est la puberté. Au cours de cette période, de nombreux changements s’observent dans la vie du jeune. Ces changements sont physiques, psychiques, émotionnels… Les pulsions sexuelles en font partie. Mais cela ne justifie pas le fait que le jeune doive se livrer à la satisfaction de ces pulsions sexuelles.
Et, quand le désir sexuel est là, comment faire pour le canaliser, pour ne pas aller à la dérive ?
Le désir sexuel est une énergie qu’il faut maîtriser et ne pas donner libre cours à toute pulsion qui vient à naître. Est-ce parce qu’on a faim et qu’on passe devant une pâtisserie, y entrer, se jeter sur les croissants, les dévorer pour ensuite sortir comme si de rien n’était ? Cela n’a aucun sens ! Le bon sens voudrait qu’on entre dans la pâtisserie, acheter les croissants et les manger ensuite. L’humain est doté d’intelligence qui l’aide à prendre les bonnes décisions au bon moment. Pour le cas de nos jeunes élèves, le conseil que je leur donne c’est que, pendant ces moments, ils doivent orienter cette énergie sexuelle vers d’autres activités telles que le sport, la lecture (une saine lecture ; pas une lecture qui va entretenir ses désirs sexuels), parler avec ses parents ou une personne mature et digne de confiance, de ce qu’ils ressentent. À cet âge, le corps du jeune subit de nombreux changements. Il doit accepter que ce soit un phénomène naturel et s’armer de patience pendant la traversée de cette période de sa vie, sans chercher à livrer son corps à des expériences réservées aux adultes unis par les liens du mariage.
Quels dangers courent les apprenants de nos jours en jouant aux jeux de copain-copine alors qu’ils sont encore sur les bancs ?
Les dangers sont énormes. D’abord, ces jeunes vont se retrouver propulsés dans le monde des adultes alors qu’ils n’y sont pas préparés. Les enfants et les adolescents ont besoin de l’affection de leurs parents, de leurs proches ; cela constitue une sécurité pour leur vie. Les copinages sont généralement éphémères, ce qui intéresse et préoccupe les jeunes, c’est la curiosité : l’on veut laisser libre cours au désir charnel, c’est là que les attouchements vont commencer, entraînant le jeune dans un cercle vicieux. Les jeunes courent le danger d’avoir une vie sexuelle précoce, désordonnée et insatisfaite. À la quête de la satisfaction, ils multiplient les partenaires ; c’est là que naissent les déceptions surtout pour les jeunes filles. Et, comme c’est la mode aujourd’hui on assiste à des grossesses en milieu scolaire, le manque de concentration sur les études, l’abandon des classes. Ils deviennent précocement adultes, des adultes par accident, sans avoir toutes les armes nécessaires pour affronter la vie adulte.
Voulez-vous dire donc qu’il n’est pas possible de concilier le sexe et les études ?
Je pense qu’il n’est pas possible de poursuivre deux lièvres à la fois. De plus, on emploie souvent une expression populaire « Chaque chose en son temps », qui est en fait tirée de la Bible et précisément du livre de l’Ecclésiaste au chapitre 3, les huit premiers versets. Le jeune qui tient à concilier sexe et études choisit de sacrifier son avenir. J’ai vu des jeunes qui sont devenus pères et mères, étant encore sur les bancs du collège. Ils ont dû abandonner l’école pour subvenir à leurs propres besoins et à ceux de l’enfant. Ils sont devenus des personnes amères et révoltées parce qu’ils auraient voulu qu’on leur parle de comment gérer les sentiments amoureux et attendre le bon moment pour entretenir une relation amoureuse qui conduit au mariage. Les études sont censées préparer le jeune à devenir une personne utile pour sa société, à réaliser des rêves, se forger un statut social. Vouloir à tout prix céder aux pulsions sexuelles lui coûtera du temps, de l’énergie et les moyens de vos parents qui travaillent dur pour assurer un avenir à leurs progénitures.
Dans la marche du jeune vers l’âge adulte, il doit se fixer des objectifs, se poser les bonnes questions. Qui serai-je dans les cinq prochaines années ? Quel diplôme dois-je avoir ? Que ferais-je après mes études ? Qu’est-ce que le mariage ? Quelles sont ses implications ? Suis-je prêt à m’y engager ? Suis-je capable de me discipliner pour atteindre mes objectifs? La réponse à ces différentes questions constitue des pistes qui vont orienter le jeune. Il saura si c’est déjà le bon moment de s’engager dans une relation amoureuse. Pour moi, on ne se lève pas du jour au lendemain pour s’engager dans une relation, cela demande de la préparation et qu’on respecte les objectifs qu’on s’est fixés pour sa vie. Celui qui est mature, qui n’est plus à charge de ses parents, qui est émotionnellement et psychologiquement équilibré, capable de prendre des décisions importantes dans sa vie et d’assumer les choix qu’il fait. Celui qui est responsable et socialement situé, qui comprend ce que signifie avoir un conjoint pour la vie, celui-là est à même de choisir un conjoint.
Quels conseils avez-vous à cet effet à l’égard des jeunes apprenants en ce moment de Saint-Valentin ?
Le jeune doit savoir qu'il est, par son intelligence, une réponse aux problèmes, aux maux qui minent son environnement, son pays... Et il peut gâcher cette opportunité en se livrant à une vie sexuelle précoce, désordonnée, dont il sera le seul à en porter les conséquences. Le 14 février, c’est le prétexte pour certains jeunes pour livrer leurs corps à l’immoralité. Mais ils doivent se poser les vraies questions. Voudrais-tu être une orange sucée et jetée, qui n’intéresse personne et qui ne sert plus qu’à être mise à la poubelle ? Ou bien aimerais-tu être un vase d’honneur qui sera apprécié, respecté de tous ? Quelle histoire voudrais-tu écrire ? Réfléchis à ces questions et prends la bonne voie pour ton bonheur durable.
Société 14 févr. 2017

Pour des raisons diverses, certaines femmes accouchées préfèrent rentrer chez elles et continuer les soins après. Un comportement contraire aux exigences de la maternité qui aurait voulu que toute nouvelle parturiente soit hospitalisée 48 heures au moins après la naissance de son bébé avant d’être libérée.
N’eurent été les bienfaits du Financement basé sur les résultats (Fbr) qui, dans ses critères d’évaluation, accorde une place de choix à la propreté dans les centres de santé et les hôpitaux, l’état dégradant, crotté et crasseux de certaines maternités très peu de femmes enceintes y fréquenteraient. De ce fait, il n’est pas toujours plaisant de rester longtemps à la maternité après accouchement. En plus, l’accueil déplaisant et repoussant de certaines sages-femmes constitue une des raisons de refus d’hospitalisation des femmes après leur accouchement. Ces refus ne sont pas seulement dus à l’état des centres de santé et aux comportements des agents, mais cela dépend aussi des occupations de certaines femmes qui sont sans aide sans oublier la peur chez certaines femmes et de leurs familles de voir gonfler les frais d’hospitalisation. Pourtant, le court séjour après la naissance permet de prévenir de graves dangers pour les enfants.
La naissance est marquée par le passage de la vie intra-utérine à la vie aérienne, et d’un état de dépendance totale à l’autonomie chez le nouveau-né. Cette transition met en jeu des phénomènes d’adaptation, rapides et vitaux pour la respiration et la circulation, plus progressifs pour d’autres fonctions. Selon la sage-femme, nutritionniste, Jeannine Agbo Lawani, de la direction de la Santé de la mère et de l’enfant (Dsme), il s’agit pour les sages-femmes de vérifier la qualité de l’adaptation à la vie extra-utérine et s’assurer de la normalité des grandes fonctions physiologiques, apprécier la maturité et la trophicité, dépister d’éventuelles anomalies ou malformations congénitales, repérer des facteurs de risque individuels. Aussi, est-il question de diagnostiquer et traiter les pathologies de la période néonatale précoce, s’assurer du développement d’une relation mère-enfant satisfaisante, donner des conseils de puériculture appropriés et répondre aux questions des parents.
Toutes choses qui permettent d’identifier les situations de risques auxquels le nouveau-né et sa mère sont confrontés.
Il existe des situations à risque et les situations pathologiques. Lorsque l’accouchée rentre très tôt chez elle, il n’est plus aisé de bien suivre l’enfant. Il est important de savoir les pathologies ou traitements maternels pouvant retentir sur la santé du nouveau-né comme le diabète, la pré-éclampsie, les infections, les pathologies psychiatriques. Ce sont des précautions pour corriger les malformations congénitales diagnostiquées en anténatal ou lors du 1er examen à la naissance comme : la cardiopathie, hernie de coupole diaphragmatique, les malformations pulmonaires, les anomalies de fermeture du tube neural. Il est important de pouvoir prévenir l’hypothermie, le dépistage de l’atrésie des choanes, les soins ducordon ombilical, une antibioprophylaxie conjonctivale. Voilà, autant de raisons qui font qu’une sage-femme ne doit permettre à une femme accouchée de rentrer chez elle aussitôt après l’accouchement. Car, tout nouveau-né bénéficie d’un examen clinique complet en salle de naissances avant son transfert dans le service des suites de couches avec sa mère. Au moins un autre examen complet est effectué pendant le séjour à la maternité. De grandes variations cliniques sont possibles entre les nouveau-nés et un certain nombre d’anomalies mineures peuvent être décelées?

Les arbres ne seront plus traités comme ils l’ont été dans un passé plus ou moins récent. Le président de la République, Patrice Talon, en a donné le ton lors de la rencontre qu’il a eue avec les musulmans, samedi 4 février dernier. Il y aura bientôt une loi pour réglementer les coupes d’arbres.
« Au Bénin, on coupe les arbres, n’importe qui coupe les arbres. On en coupe à la maison, on en coupe dans les rues », déplore le président Patrice Talon. Pour lui, dans un pays ordonné, l’arbre concourt à la vie. « Bientôt, on va prendre une loi pour interdire ces pratiques », prévient le président de la République qui en précise les contours.
Pour couper un arbre dans sa propre maison, révèle-t-il, par rapport aux nouvelles normes qu’il entend ériger, il faut demander l’autorisation du maire. « On va instaurer ça, même si c’est difficile », relève le président Patrice Talon. En guise d’illustration, expose le président de la République, celui qui a planté un arbre en perd la paternité : parce que ça devient un patrimoine commun. Pour illustrer et étayer son propos, il interroge ses hôtes. « Est-ce que quand on met un enfant au monde, on peut le frapper, le tuer comme on veut ? Il répond par la négative avant de justifier qu’il en est ainsi de l'arbre parce que l’enfant devient la propriété de l’humanité.
« Nous avons collectivement l’obligation de protéger les arbres », indique encore le président de la République. Il explique que cela est prescrit parce que les arbres, par analogie aux enfants, sont indispensables à notre vie. « Il n’y a plus d’arbres à Cotonou, il n’y a pas de poubelles…Il n’y a plus d’espace où on peut se retrouver », déplore-t-il, gardant encore de bons souvenirs de la ville de Cotonou de son enfance, des années 60 où l’ombre des arbres faisait encore la fierté de cette ville côtière enviable et enviée. « Quand moi j’étais enfant, il y avait plein d’arbres à Cotonou. Il n’y en a plus aujourd’hui », se désole-t-il.
Par ailleurs, il a fait savoir qu’il n’est plus possible de se reposer sous les arbres qui ont été plantés à l’époque pour, non seulement embellir la cité des Toffin, mais également réserver de l’ombrage à ceux qui arpentent ses rues bien tracées contrairement à celles des anciennes villes du pays.
Le président de la République est enfin décidé et résolu à remettre les villes béninoises au goût du jour. « Nous avons décidé de transformer au moins un peu nos grandes villes », a martelé le président de la République qui place cette nouvelle option dans un cadre global. « Nous sommes engagés à mettre en place un programme d’investissements important pour agir et bitumer la plupart des voies dans nos grandes villes … », a insisté le président Patrice Talon qui compte sur les impôts des Béninois pour améliorer leur cadre de vie et leur procurer plus de bonheur dans leur vécu quotidien?

Le relogement des sinistrés de l’opération de déguerpissement du marché de friperie de Missèbo a suscité la réaction d’une famille présumée propriétaire du domaine. Convoqué par le procureur de la République, le directeur général de la Société de gestion des marchés autonomes (Sogéma), Armand Gansè, apporte des clarifications et en profite pour aborder des sujets d’actualité concernant la ville de Bohicon.
Le directeur général de la Société de gestion des marchés, Armand Gansè, a procédé au relogement des sinistrés de l’opération de déguerpissement du marché de Missèbo sur le site réservé à cet effet à Akpakpa. Cette décision n’a pas plu à la famille Ahounou qui réclame le droit de propriété sur le domaine occupé préalablement par la Poste du Bénin.
Dans la clarification faite, samedi 11 février à Abomey, le directeur général de la Sogéma a rappelé que, contrairement à ce qui est ventilé sur les réseaux sociaux, ce n’est pas sa personne qui est visée dans ce dossier, mais plutôt celle du directeur général et que le domaine en question fait effectivement objet de litige entre la famille Ahounou et l’Etat béninois depuis 2012.
De même, il reconnaît que le domaine a été frappé d’indisponibilité. Mais, il précise qu’entretemps, une autre décision de justice est venue remettre en cause l’indisponibilité, ce que personne ne précise aujourd’hui. Il se dit serein quant à l’issue de cette affaire et précise que l’Etat, pour cause d’utilité publique, peut s'arroger un domaine.Ce qui est le cas aujourd’hui, selon lui.
Armand Gansè invite au calme et rassure que le Gouvernement actuel agira toujours dans l’intérêt des populations et qu’il ne cèdera point aux manipulations de quelque nature que ce soit. Il dit sa détermination à accomplir la mission que lui a confiée le chef de l’Etat, avec assiduité et détermination. Comme prouesses à la tête de la Société de gestion des marchés autonomes, il dit avoir réussi à dessoucher la mafia qui a confisqué le marché international de Dantokpa.
Il a saisi l’occasion pour confirmer la rumeur au sujet de la brouille entre lui et le maire de la commune de Bohicon, Luc Atrokpo, son ancien ‘’mentor’’ avec qui il ne s’entend plus. Armand Gansè promet même faire des révélations sur la gestion qui est faite de la commune de Bohicon dans les jours à venir.
Il reconnaît avoir été utilisé par le passé par certains politiciens qui ont du mal à accepter sa promotion et sa proximité avec le chef de l’Etat. Le péché mignon qu’il dit avoir commis pour ses détracteurs est d’avoir tourné dos au parti la Renaissance du Bénin. « Mes gens qui sont sur le parc auto de Bohicon sont persécutés », signale-t-il ?

Finaliste du concours artistique ‘’L’Afrique a un incroyable talent’’, Thibaut Adotanou reste l’un des meilleurs ambassadeurs de l’art de la magie de son pays. Artiste slameur et metteur en scène, il a été à l’initiative de la création de cirques dans plusieurs pays d’Afrique. A travers cet entretien, il évoque sa brillante participation au concours international d’arts qui a révélé ses talents au monde entier et sa carrière de magicien ainsi que les obstacles à l’exercice d’un tel métier en Afrique.
La Nation : A la suite de votre brillante participation au concours international d’arts dénommé ‘’L’Afrique a un incroyable talent’’, quels sentiments vous animent en tant qu’ambassadeur de votre pays à ce grand rendez-vous artistique ?
Thibaut Adotanou : C’est un sentiment de fierté, de reconnaissance à ce pays qui m’aura tout le temps inspiré. Je pense qu’il s’agit avant tout de la consécration de tous mes efforts et sacrifices à exceller dans mon art. C’est également le témoignage de ma reconnaissance à tous ces soutiens dont j’ai bénéficié de la part d’amis, de proches et de tous ceux qui ont cru en moi.
Pour un jeune qui embrasse la carrière de magicien, quelles sont les contraintes à une telle profession surtout que la magie dans certains milieux reste encore un art redouté?
C’est difficile et très compliqué d’être magicien en Afrique car beaucoup de personnes pensent toujours que l’art de la magie a quelque chose à voir avec la sorcellerie ou le gris-gris.
Comment définissez-vous l'art de la magie dans un environnement comme le nôtre où certaines pratiques occultes sont légion?
La magie pour moi c’est l’art de produire des illusions, de faire apparaître ou disparaître des objets, par des manipulations ou des trucages. Montrer à son public ce qu’il ne peut comprendre. Mais dans un pays comme le Bénin où la religion de base qui est le vodoun montre une autre face de la magie, je ne pourrai par dire que je suis magicien, mais je suis illusionniste, transformiste et prestidigitateur. Les magiciens traditionnels du Bénin sont dotés de forts pouvoirs surnaturels et mystiques, transmis de génération en génération, car ils peuvent communiquer leur pouvoir à leurs enfants ou petits-enfants, mais certains d’entre eux pratiquent également la magie que je pratique et que certains appellent la magie blanche. La magie béninoise, dans sa forme la plus sombre, peut causer beaucoup de dégâts : tuer, rendre misérable, rendre stérile, provoquer des accidents, bloquer sur le plan spirituel ou financier des personnes. Aujourd'hui encore au Bénin, on adore les bois, les eaux, on fait des sacrifices (animaliers) quelquefois pour avoir de l'argent ou pour pouvoir enfanter. Je respecte beaucoup tout ce qu’il y a de mystique autour de nos pratiques mais j’ai de la peine à y croire moi-même.
En tant que magicien vous faites sans doute l'objet de certains comportements dont les jugements suggestifs à votre endroit. Quelles ont été les pratiques dont vous avez été victime et quelle a été votre réaction?
Que ça soit au Bénin ou autre pays d’Afrique j’ai toujours eu le même problème. Comme dans mes spectacles j’ai l’habitude de produire des billets de banque ou de faire disparaître et apparaître des êtres humains, de faire voler des objets ou de deviner ce que pensent les autres, beaucoup de mes frères et sœurs africains pensent que je suis un sorcier ou j’ai un pacte avec le diable. Je vous donne juste un exemple sur mon propre pays, le Bénin où j’ai été révélé au public à travers les chaînes de télévision par mes tours de magie. A la suite de ces passages, il y a eu des institutions financières qui avaient peur que je les vole ; des bonnes dames mettaient le chapelet sur mon argent avant de le prendre. D’autres personnes ne veulent plus me croiser car elles ont peur que je leur fasse du mal. Il y a aussi certains de mes amis qui ne m’approchent plus. C’est vraiment difficile être un magicien en Afrique.
Considérez-vous la magie comme un art abouti où l'on n'est pas censé remettre en cause ses connaissances?
Pour être magicien, il faut être mentalement fort, créatif, tricheur et innovateur. Car la magie est comme tout autre art de scène. Je veux parler de la musique, du théâtre, de la danse… Un magicien a une forte obligation de montrer à son public ce qu’il n’a jamais vu. C’est pour cela que je regarde beaucoup de spectacles et écoute la musique pour trouver l’inspiration.
Au stade où vous en êtes, quelles sont les perspectives pour une meilleure éclosion de vos talents de magicien ?
Je me forme car je ne suis pas encore le meilleur de ma génération. Il y a bien de magiciens qui sont moins âgés que moi et qui font des miracles sur scène. Mais il sera temps que mon pays me soutienne dans mes aventures car c’est difficile d’avancer dans le milieu artistique sans soutien financier ou matériel?
Culture 13 févr. 2017

Le Bénin a déployé ces dernières années de nombreux efforts pour l’amélioration des conditions sanitaires et sociales de sa population. Des avancées ont été obtenues, mais de nombreux défis restent en suspens comme par exemple la question du financement du secteur. Vendredi 10 février à Cotonou, il a été organisé un dialogue national sur la question.
Plus de quinze ans après le sommet d’Abuja au cours duquel les chefs d’Etat du continent se sont engagés pour allouer 15% du budget national au secteur de la santé, le financement du bien-être des populations souffre toujours de nombreux dysfonctionnements. Le Bénin qui a fait de l’investissement dans ce secteur une condition pour le développement économique et social est encore loin de satisfaire à cet engagement. Seulement 6 à 7% de ses revenus sont consacrés au secteur avec une tendance baissière ces dernières années. A cette difficulté se greffent de nombreux maux qui ont rendu le secteur malade. Ces derniers mois, dans la vague des réformes que projette le Gouvernement, réformes traduites dans le Programme d’actions du Gouvernement (Pag), la santé des populations a été érigée au rang de priorités et il s’est tenu, vendredi 10 février dernier, un dialogue national sur le financement de ce secteur. Ces assises se tiennent au moment où le Bénin est résolument engagé dans une dynamique devant conduire à l’atteinte du troisième objectif de développement durable (Odd 3) à savoir « Promouvoir la santé pour tous et à tous les âges », selon Alassane Séïdou, ministre de la Santé publique.
Mais pour lui, la question du financement reste un des leviers à actionner pour améliorer les indicateurs du secteur. La mobilisation des ressources internes est déterminante pour l’atteinte de cet objectif. A ce dialogue jugé crucial par la plupart des intervenants, Gouvernement, députés, société civile, secteur privé, partenaires techniques et financiers y ont tous été conviés.
Diagnostic
Selon Mark Dybul, directeur exécutif du Fonds mondial, le Bénin a fait des progrès ces dernières années même si le paludisme reste la première cause d’hospitalisation au Bénin. De même, poursuit-il, de nombreuses barrières entravent l’accès aux soins de santé des populations. Pour sa part, Marie Heuts du Bureau diplomatique de l’ambassade de Belgique et chef de file des partenaires techniques et financiers (Ptf) en santé soutient que « Le sous-financement du secteur de la santé doublé de la lourdeur des procédures ainsi que la répartition inégale à divers niveaux du système est le premier des défis qui ressort du plan sanitaire finalisé en avril 2016 ». La faiblesse du plateau technique et l’absence des ressources humaines de qualité constituent, selon son analyse, autant d’éléments justificatifs de cet état de choses. Elle trouve aussi que la fragmentation du financement dans le secteur avec plus de 17 mécanismes de gratuité est un obstacle tant à la transparence qu’à la rationalité des ressources financières existantes. Malgré ce tableau, des avancées importantes dans la lutte contre le Sida et le paludisme ont été enregistrées même si d’importants défis comme la réduction de la mortalité maternelle et infantile, le manque d’accès aux médicaments, de qualité et à un prix abordable, l’accès géographique et surtout financier d’une bonne partie de la population aux soins de santé, l’absence d’assurance maladie… maintiennent encore, selon le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, le Bénin dans une zone d’inconfort quant aux prouesses au plan sanitaire.
Marie Heuts propose alors qu’il soit réalisé un diagnostic approfondi de ses différentes sources de financement, condition sine qua non, appuie-t-elle, pour identifier les entraves à un bon financement. Aussi, suggère-t-elle une programmation opérationnelle et cohérente des financements et une gestion efficace pour l’absorption du budget du secteur dont le taux oscille actuellement à 85% malgré les efforts déployés. Mais elle note avec « le vent de réformes qui souffle sur le Bénin depuis l’avènement du nouveau régime », l’expression « d’une volonté des autorités à faire du Bénin un modèle de gouvernance sur le continent ».
Nouveaux mécanismes
Le Bénin est assez conscient des défis qu’il doit relever quant à l’amélioration de son système sanitaire. Son gouvernement en a fait une priorité en l’établissant comme troisième pilier de son programme d’actions. Le financement étant un défi capital, le ministère de la Santé s’est doté, à en croire le ministre Alassane Séïdou, de tous les outils nécessaires notamment le document de stratégie nationale de financement et celui du mécanisme de financement innovant. Dans le cadre de la recherche de nouvelles stratégies de mobilisation accrue des ressources pour le financement de la santé, un forum de plaidoyer à l’endroit des députés a eu lieu en octobre 2016. L’analyse de la situation de mobilisation des ressources nationales en faveur de la santé a été réalisée en novembre 2016, grâce à l’appui d’une mission du Fonds mondial. Visiblement, le terrain a été largement préparé et le dialogue national du vendredi 10 février sur le financement du secteur, « vise à donner forme à ces initiatives aux fins d’aboutir à une feuille de route dont l’exécution permettra d’augmenter de manière substantielle le financement national de la santé au Bénin », déclare le ministre de la Santé.
En dehors des ressources nationales à capter, pour que le Bénin puisse atteindre les Odd d’ici à 2030, il faut des ressources supplémentaires, plaide le représentant des Ptf, Marie Heuts. Il faudra aussi, propose-t-elle, rechercher des sources novatrices de financement, lever des taxes, l’investissement du secteur privé et prendre l’engagement pour accompagner les réformes, afin d’inverser la tendance actuelle.
L’espoir fondé par le Gouvernement sur l’issue de la rencontre sera rappelé par le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané qui indique qu’une telle option est révélatrice de la place de choix que le Gouvernement accorde à la santé. Selon lui, au-delà des interventions classiques dans le secteur de la santé, il faudra identifier les moyens, mécanismes et partenaires nécessaires et réfléchir à toutes les mesures fiscales et structurelles à mettre au profit du secteur. « Les assises proposeront des pistes possibles, crédibles et pertinentes de réalisation des ambitions du Gouvernement. Les travaux de ce dialogue sont cruciaux pour la mise en place d’un système de santé durable, généreux, durable et résilient permettant au Bénin de répondre efficacement aux situations d’urgence en matière de santé », conclut le ministre d’Etat?

La demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance en vue de la destitution du maire Alassane Zoumarou est loin d’être politique, tentent de justifier les conseillers dissidents.
Vingt au départ à se liguer contre le maire Alassane Zoumarou, ils ne sont que treize conseillers au finish pour maintenir la pression sur lui, sur un ensemble de vingt-neuf élus communaux. Si les choses semblent revenir à la normale, depuis le 1er février dernier avec le repli de sept des vingt conseillers dissidents vers le maire pour lui assurer un soutien « indéfectible », il importe de souligner que le reste n’entend pas démordre. Le collectif des dissidents précise que la demande de convocation d’une session extraordinaire pour un vote de défiance en vue de la destitution du maire Alassane Zoumarou n’est motivée par aucune intention politique. Ce qui est reproché à ce dernier est loin d’être le fait d’intrigue politicienne mais tient d’un problème de gouvernance, selon Abraham Akpala Abichayi, porte-parole du collectif des conseillers dissidents. Les faits, à l’en croire, sont d’une extrême gravité.
Il est effet évoqué, entre autres, la question relative à la réfection de la résidence du maire pour un montant de 15 millions de francs Cfa et dont les travaux ont été achevés avant le démarrage du processus de passation de marché, le lancement de travaux de curage de caniveaux qui, soutient-il, est une activité non-inscrite dans le plan de travail annuel de la commune, la question de la gestion des valeurs inactives avec la levée illégale de taxes. A ceci s’ajoutent le non-respect des délibérations du conseil communal, des agissements portant entorse à la cohésion et à la paix sociale, une mauvaise gestion des ressources humaines. Toutes choses constituant, selon le porte-parole, des fautes lourdes conformément à l’article 55 de la loi 97-029 du 15 Janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin?
Politique 13 févr. 2017