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Nouvelles

Sit-in de l’UMPB à la HAAC «Rien ne va nous impressionner», dixit le président de la HAAC

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) a apporté des précisions dans la soirée du vendredi 13 janvier dernier sur le sit-in refoulé des professionnels des médias et la situation des sept organes de presse suspendus par son institution depuis plusieurs semaines.

« Nous sommes sereins. Il n’y a pas péril en la demeure. La HAAC n’invente rien. Elle est chargée de l’application des textes dans le domaine de compétence qui lui a été attribué. Nous veillerons à ce que nous soyons toujours dans ce cadre et rien ne vas nous impressionner », laisse entendre le président de la HAAC, Adam Boni Tessi qui s’est prêté dans la soirée du vendredi 13 janvier dernier aux questions des médias. Il répondait ainsi aux préoccupations de journalistes venus couvrir des audiences à son cabinet, au sujet du sit-in des acteurs des médias qui, dans la matinée, voulaient manifester leur mécontentement au sujet de la suspension de sept organes. Au nombre de ces organes, quatre n’ont pas de convention avec son institution, mais trois en ont mais ils ont délocalisé leurs sites sans avis, soutient le président de l’instance en charge de la régulation des médias. Selon ses explications, « Une délégation a été en mission sur les sites pour se rendre compte de la véracité et devrait faire un rapport ». Et ce rapport, mentionne-t-il, est toujours attendu. Et c’est là que Adam Boni Tessi semble ne pas comprendre les mobiles du sit-in et la visée de ses initiateurs. « Ceux qui ont voulu faire le sit-in ne se sont pas rapprochés de nous pour s’informer de la réalité », s’offusque-t-il. Même l’information du sit-in ne lui serait parvenue, en tant que président d’institution, que « la veille à 19 heures » alors que depuis la matinée, précise-t-il, l’information circulait sur les réseaux sociaux. 

« Lorsque j’ai eu la motion écrite transcrite, à travers l’analyse, j’ai dit que nous n’empêchons pas la réalisation du sit-in quand bien même dans les textes, il y a des règles et un canevas, des prescriptions », soutient Adam Boni Tessi. Même si c’était régulier, insiste-t-il, il fallait transmettre l’avis, soixante-douze heures avant, pour permettre à l’autorité de prendre les dispositions. «C’est sur les réseaux sociaux que l’information se relayait abondamment. Nous connaissons la tradition dans laquelle vit notre pays actuellement. Nous sommes situés dans la zone portuaire qui est une zone à haut risque par rapport à différents éléments. Le second site est situé à Jonquet qui est aussi une zone à risque. Donc, nous avons estimé que n’ayant pas pris les dispositions, on ne pouvait pas ouvrir la HAAC pour que les gens viennent. Dans le cas d’espèce, il aurait fallu qu’il y ait eu une assemblée générale et que les gens puissent nous tendre la liste de ceux qui viendront pour qu’on puisse contrôler. Un sit-in ne s’organise que là où on travaille. Personne parmi eux ne travaille à la HAAC. Nous avons dit que nous ne les empêchons pas mais s’ils peuvent venir faire leur sit-in devant l’institution, il n’y a pas de problème. A partir de ce moment, c’est aux autorités locales qu’ils auront à faire parce que c’est en dehors de la HAAC ». Ce sont là, les explications fournies par Adam Boni Tessi sur la manifestation.
« Nous estimons être entrain de régler déjà le problème. Cela n’a pas besoin de la rue. Et même si les gens devraient s’impliquer, il y a des voies de recours. Il y a le recours préalable. Aucune demande d’audience n’ait été faite qu’on a refusée; les promoteurs eux-mêmes ont demandé des audiences et on les a reçus. Aucune association ne s’est adressée à nous pour une audience. Aucune lettre ne nous a été adressée à cet effet. Nos décisions sont exécutoires mais susceptibles de recours devant la Cour suprême », poursuit Adam Boni Tessi. En tout cas pour lui, « Toutes les voies légales n’ont pas été suivies. C’est seulement la rue qu’on a voulu utiliser ».

Actualités 16 janv. 2017


Audience à la HAAC : Adam Boni Tessi échange avec plusieurs acteurs

Deux délégations sont allées s’entretenir dans la soirée du vendredi 13 janvier dernier avec le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) au siège de ladite institution.

L’instance de régulation des médias au Bénin pourrait bénéficier d’une intense coopération et d’une collaboration active d’institutions sœurs de plusieurs pays en relation diplomatique avec le Bénin. Ces préoccupations sont inscrites en bonne place dans le cahier de charges des nouveaux ambassadeurs du Bénin au Koweït, au Nigéria et en Russie. Vendredi dernier, les trois représentants de l’Etat béninois qui font le tour des institutions de la République depuis peu, et qui ne devraient pas tarder à rejoindre leurs nouveaux postes, sont allés échanger avec Adam Boni Tessi, président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC), en présence d’autres conseillers et responsables de l’institution. 

Cette séance aux allures protocolaires n’en est pas une, a nuancé le porte-parole de la délégation, Issifou Moudjaïdou Soumanou, ambassadeur du Bénin près le Koweït en présence de ses pairs Marcelline Adjovi, ambassadeur du Bénin au Nigeria avec résidence à Abuja et René Koto Yérima, ambassadeur du Bénin près la Russie. «Nous donnons un sens profond à cette démarche et c’est pourquoi nous avons tenu à être reçus ensemble», déclare Issifou Moudjaïdou Soumanou. Appréciant toujours ce déplacement qu’il crédite de bonnes intentions et surtout de perspectives heureuses pour la HAAC et pour le pays en général, il expose cette séance comme une aubaine pour prendre également des conseils en vue de la réussite de la mission qui est désormais la leur. Mais c’est surtout sur la coopération entre la HAAC et les institutions dans les pays de leurs girons que misent ces ambassadeurs qui comptent apporter un plus au fonctionnement institutionnel et surtout technique de l’institution par le truchement de la coopération. Une vision à laquelle adhère le président Adam Boni Tessi. Avec quelques-uns de ses conseillers, il a exploré avec ses hôtes les chantiers possibles et des engagements ont été pris de part et d’autre.

Paix et sort des médias suspendus

Avant ces hommes de la diplomatie, la Fondation Malèhossou, éprise de paix et très active pour un Bénin prospère, a échangé avec le président de la HAAC et sa suite. Entre les deux parties, les échanges ont été en faveur d’une paix profonde dans le pays. Depuis dix ans, selon Yacoubou Malèhossou, porte-parole de la délégation, cette fondation s’est employée à cela. Et, faisant le point de ses activités et de la situation du pays en général, il y a quelques jours, elle s’est montrée soucieuse de la situation dans le monde des médias. Le sort des sept organes de presse interdits d’émission depuis plusieurs semaines préoccupe cette fondation dont des responsables au haut niveau, notamment les imams Issa Yessoufou, Moutawakil Boukari Malik et autres, ont tous effectué le déplacement. Au sortir de l’audience, Yacoubou Malèhossou estime que sa délégation a eu avec le président de la HAAC des échanges qui lui ont permis d’en savoir davantage sur l’institution, mais aussi et surtout sur la situation des médias suspendus. La fondation a fait un plaidoyer en leur faveur et promis rencontrer les promoteurs concernés. Elle en a donc profité pour exhorter aux recours pacifiques, à la compréhension et à la patience. «Le bruit ne fait pas du bien», conclut-il.

Actualités 16 janv. 2017


Propriété intellectuelle: Les députés aguerris sur l’accord de Bangui révisé

Les députés de la septième législature ont été sensibilisés vendredi dernier à Porto-Novo sur l’importance de la propriété intellectuelle et la nécessité pour le Bénin de ratifier l’accord de Bangui révisé, acte du 14 décembre 2015. Les travaux ont été lancés par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété, en présence du ministre chargé de l’Industrie, Lazare Sèhouéto.

Rien ne devrait désormais hypothéquer l’adoption par l’Assemblée nationale de l’accord de Bangui révisé, acte du 14 décembre 2015. Les députés béninois ont suivi à cet effet, vendredi dernier à Porto-Novo, une séance d’information et de sensibilisation animée par la direction générale de l’Agence nationale de la propriété intellectuelle (Anapi). La rencontre a connu la présence des deux présidents clés des commissions chargées de l’étude de ce projet de loi portant autorisation de ratification de cet accord. Il s’agit de Nassirou Bako Arifari, président de la Commission chargée des affaires étrangères et Alexis Agbélessessi, président de la Commission des lois, de l’administration et des droits de l’Homme. Lazare Sèhouéto, ministre de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, s’est réjoui de l’adhésion des députés pour ce dossier. Ce qui s’est manifesté par leur forte participation aux travaux. Pour lui, l’importance de l’accord de Bangui révisé, acte du 14 décembre 2015, n’est plus à démontrer. Lazare Sèhouéto a insisté sur les avantages de cet accord qui renforce les compétences de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI) et permet l’élargissement des licences d’office en matière de brevet dans les domaines de la santé et de la défense nationale. 

Le champ de compétence de cet accord prend désormais en compte certains aspects de la propriété littéraire. Le Bénin se doit d’aller vite pour ratifier cet instrument de la communauté internationale pour forger et booster son développement, a souligné le ministre. Toutes choses que partage aussi le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété. Le Bénin doit saisir les avantages de cet accord pour sortir de l’ornière du sous-développement et réduire la pauvreté. La propriété intellectuelle détient beaucoup de moyens notamment pour renforcer la lutte contre la contrefaçon et la piraterie, fait remarquer Eric Houndété. Il a attiré l’attention des députés sur l’objectif de l’atelier à savoir réfléchir sur l’importance de la propriété intellectuelle et les raisons majeures de la révision de l’accord intervenue à Bangui en 2015. Il ne s’agit pas de remettre en cause l’accord, a précisé le premier vice-président de l’Assemblée nationale qui a procédé au lancement de la séance d’information et de sensibilisation. Entre autres communications, celle portant sur le thème « L’importance de la propriété intellectuelle dans le processus de développement » a retenu l’attention des députés?

Actualités 16 janv. 2017


Réformes politiques et institutionnelles: Le PRD réitère son soutien à Patrice Talon

Les militants du Parti du renouveau démocratique (PRD) ont présenté, à Porto-Novo, leurs souhaits de l’année 2017 à leur président Me Adrien Houngbédji. A l’occasion, ils ont réaffirmé leur engagement politique derrière le chef de l’Etat, Patrice Talon, pour l’aboutissement des réformes politiques et institutionnelles.

Le président Patrice Talon peut compter sur le soutien du Parti du renouveau démocratique. Fidèles à leurs déclarations le 22 mars 2016, soit deux jours après le second tour du scrutin présidentiel, Me Adrien Houngbédji et les siens sont revenus à la charge pour réaffirmer leur totale adhésion aux idéaux et à la vision du nouveau locataire du palais de la Marina, notamment pour la réforme du système partisan béninois. « De grands défis nous attendent. D’abord, cet engagement que nous avons pris pour accompagner les reformes politiques et institutionnelles annoncées par le chef de l'Etat. Ensuite, accompagner la gouvernance actuelle du pays tout en légiférant parce que nous sommes un parti qui a chevillé au corps, le sens des responsabilités », a souligné d’entrée, au nom des militants, Augustin Ahouanvoébla, président du groupe parlementaire PRD au Parlement. « Nous allons assumer nos responsabilités nouvelles qui conduisent le parti à regarder dans la nouvelle dynamique que pourraient nous imposer les reformes à venir; ces reformes pourraient engendrer des mutations profondes au sein des formations politiques; ces reformes pourraient nous amener  à prospecter d'autres horizons, conduire les partis vers de grands regroupements politiques avec à la clé, la réforme du système partisan », insiste-t-il à la suite du secrétaire général du parti, Wabi Fagbémi. C’est pourquoi il appelle les militants PRD qui ont tourné dos au parti pour une raison ou une autre à revenir à la maison. « L'heure est à la réconciliation, au renforcement de toutes nos structures horizontales et verticales, à la grande ouverture que vous ne cessez de prôner depuis peu, vers les militants qui nous ont abandonnés », poursuit Augustin Ahouanvoèbla. Il a invité les uns et les autres à faire preuve de conscience, de probité et de loyauté, chacun à son poste de responsabilité dans la nouvelle direction qui sera celle du parti bientôt. En réponse aux bons vœux pour 2017 de ses militants empreints de bilan et de perspectives, le président du PRD a laissé entendre que le soutien du parti au président Patrice Talon est sans faille. « Depuis l’avènement du président Patrice Talon, depuis que nous avons dit que nous le soutenons, nous l’avons fait sans faille. Nous l’avons fait avec détermination. Nos députés en sont témoins. Nos maires et conseillers en sont témoins. Nos structures à la base en sont témoins et nous allons continuer comme cela parce que nous sommes restés fidèles à nous-mêmes », souligne Me Adrien Houngbédji. Selon lui, la réforme du système partisan est une urgence. « Nous devons revoir les choses de telle sorte que nous ayons au Bénin, un nombre réduit de partis politiques. …Nous devons revoir les choses de telle sorte que l’Etat finance les activités des partis politiques et que si nous ne le faisons pas, la démocratie va mourir au Bénin », analyse le président du PRD. «Je suis persuadé que si nous restons dans cette direction, le PRD sera encore un parti plus grand dans les prochaines années », conclut Me Adrien Houngbédji?

Politique 16 janv. 2017


Sit-in de l’UMPB à la HAAC : Les professionnels des médias empêchés de manifester

Le sit-in projeté vendredi 13 janvier dernier au siège de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) s’est soldé par un fiasco. Les manifestants ont été accueillis, à chaud, par une horde de policiers bien armés, et prêts à dégainer.

La cour de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (HAAC) devrait être bruyante dans la matinée du vendredi 13 janvier. C’est ce qu’avait prévu l’Union des professionnels des médias du Bénin (UPMB), instance faîtière des journalistes. Banderoles et vuvuzélas au point, les professionnels des médias étaient résolus à se faire entendre de l’autorité de régulation qui, de leur entendement, a outrepassé ses prérogatives en mettant des scellés aux portiques de plusieurs organes de presse et pour divers motifs. 

Mais à l’arrivée, rien ! Le sit-in a été noyé par un détachement d’éléments de la Compagnie républicaine de sécurité (CRS) qui ont matinalement pris possession des alentours du siège de l’institution avant l’arrivée même des manifestants. Les militaires chargés de la sécurité des lieux ont bloqué le portail. Un véhicule anti-émeute, trois pick-ups et des éléments lourdement armés, matraques, gaz lacrymogènes, casques de protection et autres dispositifs de répression à portée de main… C’est l’arsenal qui a accueilli les manifestants qui ont dû se ranger devant la direction générale de la Douane pour définir une alternative.
A 7 h 30, banderoles noires au front, les manifestants seront sommés par un groupe de trois policiers, Honoré Dessou en tête, de libérer la devanture de la direction générale de la Douane et des Droits indirects. Un espace public qui n’a pas à être illégalement occupé, lance-t-il sur un ton menaçant. Les couleurs de la confrontation venaient d’être annoncées. Entre temps, des responsables syndicaux, des défenseurs des droits humains et autres activistes de la liberté ont rallié le mouvement. Parmi eux, Anselme Amoussou, nouveau secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin).

Libérer l’espace public

Repliés du côté opposé de la voie, le président de l’UPMB et les siens n’ont pas eu le temps de bien se positionner, qu’une nouvelle sommation leur est faite. Cette fois-ci plus nombreux, très menaçants et prêts à bousculer, les résistants n’ont laissé aucune possibilité d’exploitation. « La voie publique n’est pas faite pour çà. Allez chez vous… libérez cet espace. Dégagez ! Je vous ai avertis », enjoint Honoré Dessou à la tête d’une dizaine d'éléments, dispositifs au point, prêts à agir. Ceinturés, les professionnels des médias ont, à reculons, vidé ce nouvel emplacement choisi sous la menace des policiers dépêchés sur les lieux. Menaces à peine voilées des hommes en bleu qui juraient faire mal à la moindre résistance. Fort heureusement, il n’y en aura pas. Le président de l’UPMB et les siens ont été empêchés de chanter, de siffler les vuvuzélas, de déployer la grande banderole au logo de l’Union avec l’inscription « Non à la fermeture des espaces de libertés. Non au chômage des journalistes au Bénin » et autres pancartes apprêtées pour la circonstance. De la devanture de la direction des Douanes et Droits indirects, les manifestants ont été «raccompagnés» par les flics jusqu’à la devanture de la direction générale de la Sonacop. Ils avaient entrepris de se séparer des manifestants avant de se raviser pour se remettre à nouveau à leurs trousses, les priant d’avancer à pas rapides et de disparaître de leur vue. Cette course-poursuite au cours de laquelle quelques incidents mineurs ont failli déclencher les hostilités, va connaître son point culminant au carrefour camp Ghézo, dernier tournant pour rejoindre la Bourse du Travail. Piqués par une vive colère, les policiers ont brusquement encerclés les manifestants, lacrymogènes au point, les menaçant de charger si le groupe ne s’éclatait pas en plusieurs sous-groupes pour prendre des directions distinctes. Finalement, les acteurs des médias et les autres rejoindront la Bourse du Travail après des sueurs froides.

Plus jamais ça !

Reconnu comme un espace de liberté par excellence, la Bourse du Travail verra enfin les passions se déchaîner. Animations, slogans hostiles, chants, danses… tout y était. Le président de l’UPMB, Franck Kpotchèmè qui, visiblement, avait perdu de sa verve depuis les injonctions policières au siège de la HAAC, va la retrouver pour « exprimer son indignation face au retard extraordinaire qu’accuse la HAAC à procéder à la réouverture des médias audiovisuels arbitrairement suspendus ». « Plus vous prétendez compresser la presse, plus l’explosion sera forte », souligne-t-il en paraphrasant Chateaubriand. « Plus jamais ça ! », scandent-ils alors pour expliquer que le sit-in visait à exiger « une réouverture sans délai et sans condition des organes victimes de l’excès de zèle d’un président de la HAAC qui doit être le seul à connaître les motivations réelles de sa décision ». Les manifestants recevront aussi surplace, le soutien de plusieurs responsables syndicaux. Anselme Amoussou de la CSA-Bénin, Noël Chadaré de la COSI-Bénin, Paul Essè Iko de la CSTB et autres leur ont promis qu’ils ne seront pas seuls dans ce combat pour la défense de la liberté d’expression et qu’au besoin, tous les travailleurs seront mis dans la rue à leurs côtés.

Actualités 16 janv. 2017


Loi de finances de l’Etat gestion 2017: L’OECCA-Bénin outille ses membres sur les nouvelles mesures fiscales

L’Ordre des experts comptables et comptables agréés du Bénin (OECCA-Bénin) aguerrit ses membres sur les nouvelles mesures fiscales contenues dans la loi de finances de l’Etat gestion 2017. En attendant la session de formation prévue pour le mardi 25 janvier prochain à l’hôtel Azalaï de la plage à Cotonou, il a organisé à l’intention de ses membres une session de formation sur la loi. C’était mercredi 11 janvier dernier à Cotonou.

Chaque année, l’Ordre des experts comptables et comptables agréés du Bénin (OECCA) organise une formation pour porter l’information aux entreprises et aussi aux cabinets membres de l’Ordre sur les mesures fiscales incorporées à la loi de finances de l’Etat gestion 2017. C’est pour sacrifier à cette tradition que l’ordre a organisé, mercredi 11 janvier dernier, une formation à l’intention des cabinets membres.
En effet, votée en décembre dernier, la loi de finances de l’Etat exercice 2017 comporte de nouvelles mesures fiscales. Pour le président de l’OECCA-Bénin, Cosme Goundété, il est important de savoir ce qui a été apporté comme nouveauté à la fiscalité des entreprises.
« Celui qui ne connaît pas la loi est condamné à la subir mais celui qui connaît la loi a l’opportunité de savoir ce qu’il faut saisir comme atouts et les risques à cerner de manière à les convertir en opportunités et en atouts pour l’entreprise », a déclaré le président de l’OECCA. Au cours de la formation du mercredi dernier, les cabinets membres de l’ordre ont partagé leurs expériences en matière d’application des mesures fiscales avant de prendre connaissance des nouvelles obligations qui sont les leurs et les dispositions à prendre pour les assumer pour éviter d’avoir à subir la loi.
Invité à cette séance de formation, le directeur général des Impôts et des Domaines, Nicolas Yénoussi, indique qu’en l’absence d’entreprises prospères, pas d’impôts. « Je le sais très bien et là-dessus, je ne suis plus qu’un vieux nègre », explique-t-il pour reprendre les termes de Meka dans Le Vieux nègre et la médaille de Ferdinand Oyono.

Epargner le contribuable béninois….

La loi de finances de l’Etat gestion 2017 comporte de nouvelles mesures fiscales créant des obligations à la charge des citoyens que des droits à leur profit. Il va de soi, selon Nicolas Yénoussi, que des partenaires privilégiés des entreprises comme les experts comptables et comptables agréés, soient tous au même diapason pour bien conseiller les dirigeants d’entreprises et les aider à présenter une comptabilité probante. Ainsi, l’accomplissement de la mission de la Direction générale des Impôts et des Domaines serait plus aisé à maints égards avec des entreprises républicaines, connaissant leurs droits et leurs devoirs, en un mot, averties, bien conseillées et bien éduquées.
Pour le directeur général des Impôts et des Domaines, comment un homme peut-il connaître les règles de la vie, ses droits et devoirs s’il n’y a personne pour les lui enseigner ? Il vivrait, selon lui, tel un ignare, un ignare calfeutré. « On me dira que l’ignorance n’est pas un vice, certes, je m’en doute », souligne Nicolas Yénoussi qui estime que sans être un vice, l’ignorance peut, cependant faire perdre tout, comme fortune, boulot, droits, voire la vie elle-même. C’est pour épargner le contribuable béninois de cette déchéance au plan fiscal que la formation du mercredi dernier a eu lieu.

Economie 16 janv. 2017


Célébration de la fête du vodoun: Le grain de sel des touristes et étrangers

La fête des religions endogènes célébrée le 10 janvier de chaque année depuis plus de deux décennies n’est plus seulement la fête des adeptes des divinités du panthéon vodoun. Elle est aussi et surtout la fête des touristes qui de plus en plus ne se laissent plus conter l’événement.

Mardi 10 janvier. La Place du Non retour qui borde la plage de Ouidah, la cité des Kpassè, est noire de monde. Depuis des heures, des adeptes de nombreuses divinités défilent, chantent, jubilent, font des démonstrations et tentent de valoriser leurs dieux respectifs. Au nombre des délégations défilantes, celle des Mamissi (adeptes de Mami Wata) se fait distinguer par l’apparat de ses membres. Tout de blanc vêtu, pagne noué au cou, à la taille, longues perles multicolores au cou, ils s’avancent, dansant au son des tambours vers l’emplacement à eux réservé sur les lieux de la célébration de cette fête qui accueille chaque année des centaines de personnes venues d’un peu partout. Au passage de cette délégation, l’attention du public se focalise très vite sur l’un de ses membres. En plus de sa taille qui lui permettait de se distinguer des autres Mamissi, un homme à la peau blanche, moustache bien taillée, exécute des pas au même titre que les autres, tout souriant. Il s’appelle Sikassi, du moins à l’instant et à toutes autres occasions en lien avec le culte vodoun. De nationalité française, cet adepte particulier a été initié avec la bénédiction de la reine Kondodo, épouse du pontife du culte vodoun au Bénin, sa majesté Daagbo Hounon Hounan Tomadjrèhoukpon II, au cours d’un voyage au Bénin. « Je crois que ce sont les dieux qui m’ont appelé pour m’initier ou plutôt le divin, l’ultime », confesse-t-il, royalement installé au devant d’une vingtaine de Mamissi. « Avant, le vodoun, c’était juste une idée pour moi. Dans la tradition blanche, il est perçu comme quelque chose d’obscur », révèle l’homme dont le discours et la vision sur les cultes endogènes au Bénin ont changé depuis bien longtemps, sans doute à la suite de son initiation. « Ils honorent et célèbrent les racines de la vie et du coup je les accompagne. Et le fait que je sois Blanc me permet d’assister aux mélanges des cœurs, à la différence des cultures dans le respect de la tradition », raconte-t-il. « La divinité qui m’habite vient de la mer », nous révèle-t-il également. Puis, Sikassi qui préfère cette appellation à son nom à l’état civil, laisse entendre : « C’est mon cœur qui parle du vodoun ». Mais il ne nie pas la complexité dont il fait l’objet depuis cette initiation qui l’oblige à se partager entre deux peuples dont les points de vue, en tout cas sur le vodoun, sont loin de converger.

Un Houngan nommé Erol Josué !

Bien plus qu’un simple initié, l’Haïtien Erol Josué, lui, est un prêtre vodoun. Ce descendant d’esclave est venu pour la toute première fois à Cotonou, dans la nuit du samedi 7 janvier pour une série de manifestations qui s’inscrivent dans le cadre du programme « Rencontres d’ici et d’ailleurs » de Laboratorio arts contemporains. Mais c’est surtout pour le vodoun que l’homme est sur la terre de ses ancêtres. Et même s’il a choisi, volontiers, de se mélanger à la foule de touristes en liesse sur la plage de Ouidah à l’occasion de la fête, ce n’est pour autant qu’il soit venu découvrir le vodoun. « On n’est pas venus assujettis mais en tant que garants du vodoun venus d’Haïti pour partager avec nos frères la réalité de la terre de nos ancêtres. Nous sommes revenus pour partager la joie de la terre natale de nos ancêtres », nuance-t-il.
Les dieux du panthéon vodoun, il les connaît, les vante et les vénère depuis sa tendre enfance. Il en a donné la preuve à sa descente d’avion, en exécutant des pas de danse aux côtés d’autres adeptes et danseurs. « Je ne pouvais pas me retenir. Pour moi, revenir chez moi c’est une histoire. Je suis tombé dans les tambours, le langage des corps, la danse, le son… C’est universel et je ne pouvais que m’y soustraire », s’était-il justifié. Pour Erol Josué, le vodoun c’est l’esprit de nos ancêtres, sagesse, dignité, résistance, une vision du monde. « Il y a le vodoun en Haïti. En tant qu’Haïtiens, revenir à Ouidah est un devoir de mémoire par rapport au passé commun que nous avons et un avenir commun doit se créer, pour faire la paix avec le passé et les lambeaux de la mémoire, c'est-à-dire ce qui reste du vodoun emporté en Haïti et le vodoun ici au Bénin », soutient le dignitaire. D’ailleurs il n’existe pas de différence fondamentale, pense-t-il. Ce qu’il y a eu, explique-t-il, c’est que c’est que Haïti est un mélange des captifs se sont fondus aux hommes à peau rouge avec qui ils qui ont partagé leur tradition mais aussi celle laissée par le colon. « Le colon a laissé beaucoup de choses que les Afro-descendants se sont appropriés. Haïti doit venir voir ce qui se passe ici et vice versa. On doit se parler et en arriver à une renaissance culturelle et composer ensemble », plaide-t-il.

Une vision du vodoun

Victor et Cécile, Européens sont venus pour la première fois au Bénin à l’occasion de la fête du 10 janvier. Pour ce couple qui paraît bien plus que de simples touristes, le vodoun est à découvrir. Pas étonnant donc qu’il ait choisi de parcourir une à une les espaces réservées aux divinités confiées. « C’est très impressionnant ce que nous voyons. Nous avons appris que le vodoun c’est une religion populaire qui protège les gens et que c’est la magie blanche. Il n’est pas la magie noire. Le vodoun combat plutôt la magie noire. Le vodoun fait surtout du bien pour les gens qui vont le solliciter quand ils ont des vœux, quand ils veulent des choses. Ils font des rituels et des cérémonies pour obtenir cela et je n’ai pas peur de tout ce que je vois. C’est très amusant ». C’est avec force et engagement après quarante-huit heures passées à Ouidah, Victor défend sa vision des religions endogènes du Bénin. Il en va de même pour Cécile, sa compagne, qui elle, dit aimer l’atmosphère des lieux. Elle, à voir « comment les gens fêtent ensemble », en vient à la conclusion que c’est « quelque de très positif, qui est très riche en histoire ». Aussi, pense-t-elle qu’on peut beaucoup apprendre de cette religion. « Nous n’avons pas de vodoun en Australie. C’est une pratique très différente. Hier à Allada, nous avons assisté à des chants, danses et sacrifices. C’est très intéressant », exulte Riha Renata, médecin de nationalité autrichienne. Venue pour la première fois à Cotonou pour vivre l’ambiance de cette célébration, elle dit respecter le rituel qu’elle a découvert au fil de ses déplacements. « Une religion très vive, avec beaucoup de joie, très positive », affirme-t-elle. De quoi donner raison au chef de l’Etat béninois, le président Patrice Talon qui prévoit dans son programme d’actions quinquennal, de mieux « vendre » le vodoun à travers une série d’initiatives et de projets?

Culture 13 janv. 2017


Déclaration de presse du ministre de la Santé: ''Pas d'épidémie de méningite à Malanville''

« Nous ne sommes en situation d’épidémie de méningite à méningocoques », a rassuré, ce jeudi 12 janvier, le ministre de la Santé, Alassane Séïdou, au sujet d’une supposée épidémie dans le Nord.

Plus de peur que de mal, pourrait-on dire à la suite de la déclaration faite, jeudi 12 janvier par le ministre de la Santé au sujet de la supposée épidémie de méningite qui sévirait dans la commune de Malanville. Selon ses propos, « Le Bénin n’est pas en situation d’épidémie ».

Les décès de quatre écoliers (deux filles et deux garçons) de la tranche d’âge de 8 à 10 ans en classes de CP, CE1 et CE2 issus de différentes familles résidant tous à Madécali centre, survenus les 8, 13, 17 décembre 2016 et le 5 janvier 2017 dernier ont donné lieu à diverses interprétations et même à une profonde inquiétude au sein des solutions. En effet, « Pour tous les enfants décédés, l’interrogatoire des parents a retrouvé une notion de maux de tête à début brutal sans notion de fièvre suivi de décès brutal le même jour en communauté », a expliqué le ministre de la Santé, Dr Alassane Séidou, lors de sa déclaration de presse à son cabinet. Les équipes de la zone sanitaire, précise-t-il, « ont procédé à des séances d’examen systématique des enfants et à ce jour, 22 enfants présentant des signes similaires à savoir maux de tête, fièvre ont été identifiés et mis en observation à l’hôpital de zone de Malanville pour prise en charge et suivi ».
Aussi, précise-t-il, que dans une démarche étiologique, on a procédé à des examens de laboratoire notamment l’examen bactériologique du liquide céphalo-rachidien à la recherche de méningocoque, germe responsable de la méningite épidémique. « Sur les prélèvements effectués, on a obtenu chez un seul enfant la présence de diplocoque gram positif. Les autres prélèvements sont négatifs », a indiqué le ministre de la Santé. Ces résultats, conclut-il, « excluent à l’étape actuelle une épidémie de méningite à méningocoque ». L’évolution du tableau clinique est favorable chez tous les enfants en observation actuellement à l’hôpital de zone de Malanville, a-t-il également souligné. In fine, retient le ministre Alassane Séïdou, « Nous ne sommes pas en situation d’épidémie de méningite à méningocoques ». Par ailleurs, des équipes conjointes du ministère de la Santé, de la direction départementale de la Santé des départements du Borgou et de l’Alibori et de la zone sanitaire Malanville sont actuellement sur le terrain pour poursuivre les investigations, a annoncé le ministre qui promet tenir informé de l’évolution de la situation.

Santé 13 janv. 2017


Contrôle de l’action gouvernementale à l’Assemblée nationale: L’agonie de la filière de véhicules d’occasion en débat

Comme tous les jeudis désormais, les députés ont écouté hier le Gouvernement dans le cadre de leur mission de contrôle de l’action gouvernementale. Quatre ministres dont Hervé Hêhomey en charge des Transports ont planché. Ce dernier a, quant à lui, donné des explications à la Représentation nationale par rapport à la chute de la filière des véhicules d’occasion au Bénin.

La filière des véhicules d’occasion est malade au Bénin. Elle est en dégringolade. Cette situation a préoccupé le député Dakpè Sossou qui a posé une question orale avec débat au Gouvernement pour amener celui-ci à éclairer la lanterne de l’Assemblée nationale par rapport au dossier notamment les causes de la chute. La réponse du Gouvernement a été fournie par le ministre chargé des Transports. Hervé Hêhomey est parti des statistiques de la filière depuis 2010 à 2016. Lesquelles révèlent que le nombre de véhicules mis à la consommation en 2010 est de 66 785 contre 360 223 de véhicules en transit à destination des pays de l’Hinterland c’est-à-dire le Niger, le Burkina Faso et le Mali ; et pour une large part vers le Nigeria, pays côtier. En 2011, les chiffres sont respectivement de 48 800 véhicules et 352 181 ; 70 534 et 334 488 en 2012 ; 63 147 et 343 890 en 2013 ; 92 810 et 353 146 en 2014 et 77 067 et 285 587 en 2015. Ces chiffres ont chuté de façon drastique en 2016 où ont été enregistrés 58 752 véhicules mis en consommation au Bénin et 103 412 en transit en direction des pays voisins. 

Analysant ces statistiques, le ministre Hervé Hêhomey a relevé que l’évolution des flux des véhicules a été plus ou moins constante avec un pic en 2014. En 2015, la filière a dégringolé représentant 20% du volume des transactions de l’année précédente. Cette chute représente 12 % de la moyenne annuelle par rapport à 2014. En 2016, la chute s’est aggravée et représente 75% du volume annuel en transaction. Ces statistiques sont révélatrices de ce que la filière traverse une véritable crise. Et les causes sont nombreuses et multiformes, a expliqué le ministre chargé des Transports. Hervé Hêhomey cite entre autres la grande corruption dans le secteur caractérisé par des contrats et des avenants sans cahiers de charges, le paiement parfois sans contrepartie en termes de prestation de contrat sans aucun lien direct avec l’activité proprement dite, les pratiques de rançonnement des clients sur les parcs de véhicules à l’occasion des formalités d’enlèvement, la sortie frauduleuse des véhicules sur la base de documents privant l’Etat de ses ressources. Un récent rapport d’audit commandité par le Gouvernement du président Patrice Talon a montré à suffisance ses grandes irrégularités et dysfonctionnements qui ont asphyxié la filière.

Autres explications

A ces causes, le ministre complète la dépréciation récente du coût du naira. Toutes choses qui compromettent, selon lui, l’avenir de la filière. Face à tous ces problèmes, le Gouvernement n’est pas resté les bras croisés, a insisté le ministre. Il a entrepris un certain nombre de réformes pour redresser tant soit peu la pente. Au nombre de ces réformes, Hervé Hêhomey cite la révision du barème des tarifs et des taxes relatives à l’enlèvement des véhicules en transit pour les rendre compétitifs par rapport aux autres ports, la prise en main de la sécurisation des corridors en renforçant les moyens matériels, la lutte contre le rançonnement et la corruption dans le secteur, la création d’un comité de suivi de la filière n’impliquant que les structures dont la présence est nécessaire à son bon fonctionnement. Ces explications du Gouvernement ont partiellement satisfait le député Dakpè Sossou, l’auteur de la question orale avec débat. Il souhaite voir le ministre aller plus loin en donnant les noms des personnes et personnalités qui ont contribué à mettre en agonie la filière. « Nous voudrions savoir ceux qui bénéficiaient de ces fonds tous les vendredis. Nous savons que ce n’est pas le Gouvernement actuel. Mais il faut qu’il nous fasse connaître la liste des personnes qui ont conduit la filière dans le gouffre », a martelé le député de la 18e circonscription électorale.
Son collègue Valentin Djénontin se veut plus concret. Il a recommandé la mise sur pied d’une commission d’enquête parlementaire pour fouiller la gestion de la filière depuis 2006 jusqu’en 2016. Ce qui permettra de ressortir les causes profondes de sa chute. En tout cas, pour Gildas Agonkan, la disparition de cette filière sera source de perte d’emplois pour des milliers de jeunes que consomme ce secteur. C’est pourquoi, les députés ont été unanimes pour inviter le Gouvernement à faire tout possible pour relever cette filière. Et la solution existe et n’est pas dans la mise en concession de cette filière, soutient l’honorable Marcellin Ahonoukoun. Il suffit pour le Gouvernement de sortir les privés et de responsabiliser les structures publiques telles que la Douane, le Trésor, et les Services de sécurité pour qu’ils fassent efficacement leur travail, propose le député et cadre de la Douane à la retraite.

Actualités 13 janv. 2017


Gaston Agué Affouda, réalisateur de « Mgr Lucien Chambeny, Visage de la charité »: « C’était un véritable combattant qui a su tout donner aux autres »

Réalisateur de films résidant à Natitingou, Gaston Agué Affouda a consacré sa dernière œuvre à la vie et au parcours de feu Mgr Lucien Chambény, un prêtre qui aura marqué les départements de l’Atacora et de la Donga par ses actions sociocommunautaires et contribué à l’émergence de nombreux cadres de la région. Il évoque à travers cet entretien ses motivations pour la réalisation d’un tel film documentaire et les écueils qu’il a su surmonter avec son engagement à rendre hommage à ce religieux disparu en 2008.

La Nation : Vous avez procédé au lancement d’un film documentaire intitulé « Mgr Lucien Chambény, Visage de la charité », une œuvre consacrée à la vie et à l’œuvre d’un bâtisseur de l’Atacora et de la Donga. Qu’est-ce qui motive la réalisation d’un tel film ?

Gaston Agué Affouda : Mgr Lucien Chambény a été un homme exceptionnel de par tout ce qu’il a pu faire avant d’être rappelé à Dieu. C’était un homme de bonté, de charité grâce à qui beaucoup de cadres des départements de l’Atacora et de la Donga ont pu émerger. Ceci à travers les centres d’accueil scolaires qu’il a créés un peu partout. Je ne l’ai pas personnellement côtoyé mais à travers les œuvres qu’il a laissées, les actions de développement qu’il a menées à savoir les centres de formation en couture, en mécanique générale, soudure, menuiserie, les internats, les centres de santé, les forages dans les villages, etc., je me suis dit qu’il fallait l’immortaliser avec la réalisation de ce film documentaire car il est rare de voir des cadres se consacrer au développement des autres. C’est pourquoi je disais que Mgr Lucien Chambeny est une exception. Il était prêt à tout donner pour les autres. Rien pour lui, tout pour les autres. C’est le premier prêtre du diocèse de Natitingou. Il a su donner la vie là où elle n’existe pas. C’est un exemple qui mérite d’être connu surtout en ce moment où l’individualisme prime sur tout et la course à la fortune préoccupe davantage les uns et les autres.

A vous croire, il s’agit d’un film d’auteur et non d’une commande de l’Eglise catholique ?

Bien sûr qu’il s’agit d’un film d’auteur et non d’une commande. C’est vrai que dans la finition j’ai eu un appui du père Abraham Ganaba, directeur diocésain de la Caritas de Natitingou, mais c’est plus une initiative personnelle. Autre chose à souligner c’est que j’ai bénéficié du soutien moral du clergé à travers son premier responsable, l’évêque Antoine Sabi Bio. Je peux dire que le film a été financé à 85% sur fonds propres.

Au lancement du film vous évoquiez le manque d’archives dont des images du prélat. Quelles sont les autres difficultés auxquelles vous vous êtes confronté dans sa réalisation ?

Effectivement s’agissant des archives au niveau du diocèse, durant la préparation et le tournage je n’ai pas pu obtenir des images vidéo du père Chambény alors qu’il a rejoint le père céleste seulement en 2008. C’est vrai que j’ai eu des photos par-ci et par-là auprès de personnes qui l’ont côtoyé mais j’ai été surpris par l’absence de vidéo, ne serait-ce qu’au cours d’une célébration eucharistique. Concernant les autres difficultés j’ai été aussi surpris de la réaction des personnes qui sans le père Chambény ne seraient pas ce qu’elles sont aujourd’hui selon leurs propres témoignages, parce que en demandant leur soutien dans mon accompagnement ça n’a pas été possible. Et pourtant il y a des ministres, députés, douaniers et inspecteurs des impôts parmi ces personnes. Ce qui m’avait poussé à un moment donné à vouloir abandonner le projet. Voilà pourquoi depuis 2012 que l’initiative a pris corps, ce n’est qu’en octobre 2016 qu’elle a connu son aboutissement. Et ceci grâce aux conseils des amis. Et quand je regarde le parcours du père Chambény, je ne pouvais qu’avancer. C’est un véritable combattant car depuis son bas-âge jusqu’à la fin de sa vie il a connu des péripéties qui ne l’ont pas empêché d’aller jusqu’au bout et d’aimer son prochain. Voilà pourquoi je me disais qu’il fallait achever cette œuvre.

Le film lancé, quelles sont les perspectives qui s’offrent à vous quant à sa promotion ?

L’objectif c’est de diffuser ce film sur les chaînes de télévision, de passer dans les festivals de film documentaire. C’est un film de 52 min qui respecte les normes requises de production audiovisuelle et plein d’enseignements à projeter également dans les paroisses et les lieux publics pour sensibiliser les jeunes et adultes qu’ils soient chrétiens, musulmans ou animistes. Je pense qu’il y a assez de leçons à y tirer. Les témoignages en disent long. Mgr Lucien Chambény était ami à tout le monde sans distinction de religion?

Culture 12 janv. 2017


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