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Nouvelles

Valère Houssou, directeur général du Fnda: « Le secteur agricole a besoin de 2374 milliards pour 2021-2030 »
Sept banques et quinze systèmes financiers décentralisés (Sfd) ont signé, mardi 8 septembre dernier à Cotonou, des conventions avec le Fonds national de développement agricole (Fnda) pour financer le monde agricole. A l’occasion, Valère Houssou, directeur général du Fonds a expliqué les tenants et les aboutissants de ce partenariat qui vise à booster les filières prioritaires, lesquelles nécessitent quelque 2374 milliards F Cfa pour la période 2021-2030. La Nation : Quelle est la place de l’agriculture dans l’économie béninoise ? Valère Houssou : Sept Béninois sur dix vivent de l’agriculture, parce qu’elle occupe 70 % de la population active et contribue à 34 % du Produit intérieur brut (Pib). Depuis l’avènement du gouvernement du Nouveau départ, le Bénin a opté pour la territorialisation de son agriculture. Le pays a été scindé en sept pôles de développement agricole (Pda) gérés par les Agences territoriales de développement agricole (Atda), lesquelles sont chargées de la promotion et du développement d’un certain nombre de filières prioritaires. Pour l’ensemble des sept Pda, nous avons une dizaine de filières prioritaires que sont : le coton, l’ananas, l’anacarde, le riz, le soja, le maïs, le palmier à huile. Chacune de ces filières est dotée d’un programme national de développement qui définit clairement la structuration de cette filière ainsi que les différents maillons puis les niches d’opportunités et d’investissement pour ceux qui pourraient s’intéresser à cette filière. Quel est le rôle du Fonds national de développement agricole (Fnda) dans le financement des programmes de développement des filières ? Le Fnda est l’instrument public majeur de financement du secteur agricole conçu dans le cadre du Plan stratégique de développement du secteur agricole (Psdsa 2017-2025) et consacré par décret n° 2017-304 du 21 juin 2017. Le Programme d’action du gouvernement (Pag) a positionné le Fonds comme le catalyseur de l’investissement privé dans le secteur agricole. Pour l’ensemble des filières au regard du diagnostic qui a été fait, pour la période 2021-2030, le besoin de financement est évalué à 2374 milliards F Cfa.C’est dire que la prochaine décennie est celle de l’investissement massif dans le secteur agricole. Pour les institutions financières, il y a donc une opportunité à saisir et le Fonds national de développement agricole est là pour y aider. Il apparaît ainsi comme une opportunité de croissance pour le portefeuille agricole des banques et des systèmes financiers décentralisés. Comment est structuré le Fnda ? Le Fnda est structuré autour de trois guichets. Le premier s’intéresse aux investissements agricoles sous forme de subventions. Le deuxième, c’est celui des subventions aux services non financiers : renforcement des capacités, accès aux marchés. Le troisième guichet est celui de la facilitation aux services financiers. Lors de sa séance du mercredi 29 juillet dernier, le Conseil des ministres a décidé d’un certain nombre de mesures spécifiques et incitatives au profit du secteur agricole pour atténuer les effets de la pandémie du Covid-19. De quoi s’agit-il concrètement ? Les mesures prises concernent exclusivement le Guichet 3 relatif à l’accès aux services financiers et consistent en un abondement de 100 milliards F Cfa. C’est une première dans la zone de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). En ce sens que c’est pour la première fois qu’un fonds public dédié à l’agriculture va directement refinancer les banques et les Sfd qui seraient à court de ressources. Les mesures se déclinent en trois volets correspondant chacun aux trois sous-guichets du Guichet 3 du Fnda. La première mesure, c’est le refinancement des banques et des Sfd à un taux de 2 % l’an et ces institutions s’obligent à opérer une sortie au profit des bénéficiaires au taux plafond de 12 %. Bien entendu, c’est pour venir au secours des banques et Sfd qui seraient en difficulté de ressources face aux besoins de financement du secteur. La deuxième, c’est le fonds de garantie doté d’un montant de 35 milliards F Cfa qui garantit à hauteur de 50 % les prêts que les banques et les Sfd seraient amenés à faire au profit des producteurs agricoles. Et enfin la troisième mesure, c’est la bonification du taux d’intérêt par laquelle désormais les bénéficiaires vont accéder à un taux plafond de 2 % des crédits mis en place. Ce guichet est doté d’un approvisionnement de 15 milliards F Cfa. Pour ce qui est de la mesure de bonification du taux d’intérêt de 2 %, les bénéficiaires éligibles sont ceux qui vont présenter des besoins d’investissement ou des opérations d’achat d’équipements ou d’intrants agricoles pour la revente. Les montants plafonds sur lesquels les bonifications vont porter sont de 500 millions F Cfa au niveau des banques et 30 millions au niveau des Sfd. La durée maximale de bonification est de cinq ans. Là, il faut distinguer la durée de bonification du prêt. Un prêt peut avoir une durée de cinq ans, mais on peut décider de faire la bonification sur deux ans, la bonification dépendant à la fois de la nature du projet et de la décision du comité d’évaluation. Dans le partenariat, qu’est-ce qui est attendu des banques ? Ce qui est attendu des sept banques qui se sont engagées avec le Fnda, c’est le financement des petites et moyennes entreprises et industries (Pme et Pmi) agricoles. Il y a un certain nombre de dossiers que ces dernières devront monter. Le Fnda veillera à la bonne qualité du plan d’affaires, des états financiers et un encadrement assuré par les structures d’appui et d’encadrement (Sae) mises en place par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao). Les montants convenus avec les banques varient d’une banque à une autre en fonction de sa politique. Le montant plafond est fixé à 500 millions F Cfa pour la Pme ou Pmi qui s’adressera à la banque. Le taux maximum est de 9 % l’an. Et la durée du prêt sera de cinq ans. Il est demandé que nous soyons souples dans les calendriers de remboursement qui devront s’adapter aux calendriers agricoles et aux réalités des produits que chaque bénéficiaire apporte à la banque. Quid des 15 Sfd partenaires ? Pour les systèmes financiers décentralisés partenaires, ils se positionnent sur le financement des petits producteurs et exploitants pour des montants plafonds de 30 millions F Cfa par demandeur. Le taux plafond est de 12 % l’an et la durée maximale de remboursement est fixée à trois ans. Là aussi, les calendriers de remboursement doivent s’arrimer à la politique de chaque institution et aux calendriers et produits agricoles. Qu’apporte le Fnda alors ? Le Fnda apporte d’abord des ressources sous forme de refinancement intégral à un taux de 2 %, pour couvrir les risques de liquidité auxquels les banques et les Sfd pourraient être confrontés. Le Fonds garantit les prêts des clients à 50 %. Ensuite, nous apportons l’encadrement pour les Pme/Pmi agricoles qui vont se présenter auprès des banques via les structures d’appui et d’encadrement (Sae) et les cabinets comptables pour rassurer de la qualité de l’information financière produite par ces demandeurs de crédit. Pour les petits producteurs, nous avons l’encadrement via des cabinets d’Ong agréés par le ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep) qui sont déjà dans ce domaine d’activité. En quoi consiste le processus d’accès des bénéficiaires ? Le processus d’instruction des dossiers implique les trois types d’acteurs à savoir les bénéficiaires, les institutions financières et le Fnda. Le bénéficiaire monte son dossier avec l’appui d’une Sae ou d’un cabinet et dépose dans une banque ou un Sfd partenaire de son choix. L’institution financière instruit le dossier, en prenant en toute liberté la décision de financement puis saisit le Fnda sur le dossier qui l’intéresse. Le Fnda qui a déjà fait un travail suffisant en amont sur le bénéficiaire met en place la garantie et conforte la banque ou le Sfd à décaisser le crédit au profit du producteur. Economie 16 sept. 2020


Coopération Bénin-Union européenne: Promouvoir un développement territorial durable et équilibré
Les structures centrales du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale ont reçu, ce mardi 15 septembre à Cotonou, du matériel roulant et des équipements bureautiques et pédagogiques. Fruit de la coopération entre le Bénin et l’Union européenne, ce don entre dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Devis-programme du Programme d’appui au développement territorial (Padt) financé sur le 11e Fonds européen de développement (Fed). D’une valeur de 53 970 000 F Cfa, le lot de matériel remis aux structures centrales du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale est constitué de deux véhicules 4x4 pour renforcer les capacités du Secrétariat permanent de la Conafil et du Centre de formation de l’administration locale (Cefal), 24 armoires de rangement, 12 ordinateurs portables, 24 ordinateurs de bureau, 12 imprimantes, 24 onduleurs, une valise de modération, un vidéoprojecteur, un écran projecteur et un tableau zopp. Outre le Secrétariat permanent de la Conafil et du Centre de formation de l’administration locale (Cefal), chaque préfecture a reçu deux ordinateurs de bureau, un ordinateur portable, deux onduleurs, une imprimante et deux armoires pour accompagner leurs actions de contrôle de légalité des actes des communes et leurs programmes annuels d’assistance conseil aux communes. Le chef de la coopération de l’Union européenne informe que ce programme financé sur le volet d’appui à la gouvernance du 11e Fonds européen de développement contribue depuis son démarrage en mars 2017 à la mise en œuvre des priorités du gouvernement en matière de décentralisation. Ruben Alba Aguiléra explique qu’il s’agit d’un programme d’appui budgétaire par lequel des fonds importants en l’occurrence plus de 39 milliards de F Cfa sont transférés directement au budget national, par tranches annuelles selon les progrès de la mise en œuvre de la politique et des réformes sectorielles. Il note qu’à ce jour, quelque 28 milliards F Cfa d’appui budgétaire ont été décaissés tandis que la délégation travaillera prochainement avec les services gouvernementaux pour préparer le dernier paiement de 2020. « Pour en revenir à notre programme, Padt, l’appui budgétaire est complété par des appuis complémentaires, à hauteur de 6,5 milliards F Cfa permettant le financement direct d’activités en relation avec le processus de décentralisation et de déconcentration », a-t-il souligné. Le secrétaire général du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale a rappelé que cette remise de matériel fait suite à la remise de chèques en novembre 2019 aux bénéficiaires de subventions et de véhicules à quatre structures au niveau central et neuf pour les préfectures. Rick Gnonlonfoun note que le présent don permettra aux structures bénéficiaires de renforcer non seulement leur capacité d’intervention mais aussi le dispositif mis en place pour piloter au mieux le processus de décentralisation et de déconcentration. Dans son allocution, le préfet de l’Atlantique et du Littoral a exprimé toute sa reconnaissance aux généreux donateurs qui, à l’en croire, apportent une fois encore la preuve du grand intérêt et de la sollicitude légendaire qu’ils portent à l’enracinement de la décentralisation et de la déconcentration au Bénin. Devant les différents responsables, Jean Claude Codjia, préfet du Littoral, promet qu’une utilisation judicieuse sera faite desdits matériels par les différentes structures bénéficiaires. Actualités 16 sept. 2020


Paul Hounkpè, secrétaire exécutif des Fcbe : « Nous obtiendrons le parrainage qu’il faut »
Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) assurent pouvoir obtenir le parrainage exigé dans le cadre de la présidentielle de 2021. Paul Hounkpè, secrétaire exécutif du parti Force cauris pour un Bénin émergent, rassure de la participation de son parti aux élections présidentielles de 2021. Intervenu dans ce cadre dans l’émission ''Lundi politique'' de la radio nationale, le secrétaire exécutif du parti Fcbe s’est dit engagé. « De toutes les façons, nous sommes engagés au parti Fcbe. Nous pensons que nous obtiendrons le parrainage qu’il faut pour être dans la compétition », a confié Paul Hounkpè, secrétaire exécutif du parti Force cauris pour un Bénin émergent. Relativement à la réforme du système partisan, initiative du chef de l’Etat portée par les députés, l’ancien ministre de la Culture estime que bien qu’elle ait induit des remous, il faut, à l’étape actuelle prendre toute la patience pour l’expérimenter. « Quand il y a des réformes, il y a toujours des remous. Ce qui est important, c’est de prendre toute la patience qu’il faut pour expérimenter et voir à l’application les failles quitte à ce qu’on aille vers un redressement », indique-t-il. Actualités 15 sept. 2020


Covid-19 au Bénin: Les agricultrices grincent des dents
Les agricultrices de Toviklin, dans le département du Couffo, subissent elles aussi les effets néfastes de la Covid-19. Pénibilité du travail, hausse du coût de transport, perturbation des saisons, la situation sur le terrain est bien critique mais maitrisable au regard des mesures de riposte. En attendant que la pandémie ne soit jugulée, elles développent des stratégies pour résister au choc. Hlassamè, commune de Lalo. Jeudi matin dans le champ de haricot de Mélanie Sossa, agricultrice rompue à la tâche. Il faut faire attention pour ne pas détruire le peu de récoltes épargnées par les aléas. Les plantations de cette dame, la cinquantaine, s’étendent à perte de vue, mais la quantité de l’ivraie dépasse les bons grains. Au bord du désespoir, cette femme svelte de teint noir, taille moyenne, ne s’avoue pas pour autant vaincue. Elle continue de travailler la terre dans cette localité située à environ 140 km de Cotonou, afin de satisfaire, à l’instar de ses paires agricultrices, les besoins alimentaires d’environ 70 % de la population. Dans un contexte de pandémie, cette tâche n’est pas aisée. La Covid-19 dicte sa loi dans les champs. « Nos récoles, cette année, ne sont pas bonnes. Sur cent mille F Cfa de bénéfice autrefois, nous réalisons à peine quarante mille actuellement », se lamente-t-elle. Le travail des agriculteurs au champ a connu beaucoup de perturbations. « Avant, on allait au champ en groupe. Aujourd’hui, quand l’effectif dépasse un certain nombre, on ne trouve plus de volontaires parce que les agriculteurs veulent éviter le regroupement. Sur un effectif de vingt-cinq personnes au départ, c’est à peine dix qui acceptent d’aller au champ actuellement », se désole-t-elle. Ces difficultés se ressentent sur les finances des paysannes. « L’année dernière, à pareil moment, nous avions déjà une idée des bénéfices issus des récoltes. Jusqu’à présent, nos produits sont encore stockés et attendent des acheteurs », confie Mélanie. A en croire les agriculteurs, la crise du Covid-19 n'épargne aucune filière, même si certaines semblent être plus secouées que d’autres. Juliette Oké, agricultrice à Toviklin, dans le Couffo, tente de décrire l'impact de la crise sur les récoltes : « Le haricot a été le plus secoué, non seulement du fait de la crise sanitaire, mais aussi de la rareté des pluies. S’ensuivent la patate douce et le coton ». A cette liste, Jacques Nagonou, président de l’Union communale des coopératives des transformatrices de manioc en gari et ses dérivés de la commune de Toviklin, y ajoute une autre catégorie de produits vivriers exportés tels que le maïs, la tomate et le manioc. « Nous éprouvons d’énormes difficultés à écouler nos produits. Les Burkinabés résidant au Bénin, ainsi que des Nigériens qui sont nos premiers clients sont réticents. Les commandes ont baissé de moitié », se plaint-il. Les clients se font désirer. «Ce sont seulement les Béninois qui achètent nos produits. Les clients de la sous-région viennent au compte-gouttes. Les marchandises que nous livrons autrefois à trois cent mille F Cfa sont difficilement vendues à cent vingt mille depuis l’avènement de la maladie à coronavirus », relève Juliette Oké, avant de poursuivre: « Nous abordons la saison du haricot. Nos propres produits risquent de nous rester sur les bras ». Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, la crise financière induite par la crise sanitaire mondiale conforte la spéculation. « Les laboureurs ont doublé le prix de la main d’œuvre. Cette situation nous déboussole », se plaint Eloïse Ghossou, agricultrice et ancienne élue conseillère à la mairie de Toviklin. Elle appréhende mieux les conséquences de la Covid-19. « La Covid n’est pas une fatalité. C’est une réalité qui me fait peur. La vie est primordiale et tout le monde doit prendre au sérieux les gestes barrières. Même après la crise, les règles d’hygiène doivent être maintenues pour sauvegarder notre santé. La production locale dépend de notre bien-être », sensibilise-t-elle. Selon Abel Gbètoénonmon, économiste et coordonnateur de ‘’Afrique performance’’, l’impact de la crise sanitaire varie selon que l’on est dans la production agricole, dans la transformation des produits agroalimentaires ou dans la commercialisation. « Dans une logique de la chaîne de valeur ajoutée, on peut appréhender un certain nombre d’impacts au niveau de la production par rapport aux agricultrices, de la transformation agroalimentaire et de la commercialisation », explique-t-il. Les effets collatéraux de la maladie se ressentent sur les agricultrices, avec à la clé la réduction des financements. «Avec cette maladie, beaucoup de programmes d’appuis aux femmes ont été suspendus. Beaucoup de partenaires qui intervenaient à leurs côtés ont arrêté leurs interventions. Il en est de même des volontaires qui se sont repliés dans leurs pays par crainte de contamination de la maladie », note-t-il. Il fait noter une baisse de la demande des produits agricoles ainsi que des revenus des populations dont les possibilités d’approvisionnement ont aussi baissé : « Dans le même temps que l’accès aux intrants et aux crédits a connu des difficultés, les marchés n’avaient plus suffisamment de demandes, car les revenus des populations ont baissé. Il faut qu’elles aient de revenus pour s’approvisionner sur le marché agricole ». Les femmes étant obligées d’assurer la survie du foyer et la rentabilité de leurs activités économiques, se sont vues dans des difficultés financières inédites. « Celles qui ont contracté du crédit auprès des structures de micro finance étaient dans l’incapacité de rembourser régulièrement leurs dettes, les marchés n’ayant pas la demande requise, on a observé une mévente des produits. Les femmes se sont retrouvées dans une situation de paupérisation plus accentuée qu’avant», relève l’économiste. Selon lui, les agricultrices victimes des impacts négatifs de la crise sanitaire ne sont non plus à dédouaner. L’élan au travail a baissé en leur sein. « La peur de la Covid-19 a développé chez certains, des comportements nuisibles à la production et à l’activité des femmes agricoles en général», développe-t-il. Pertes Sept mois après l’apparition du virus au Bénin, les peines des agricultrices s'accentuent. « Lorsque vous manquez de force devant l’ennemi, il vous terrasse. C’est ce qui nous arrive face à la Covid-19. Le manque de moyens financiers nous oblige à accepter les prix dérisoires que nous proposent les clients afin de subvenir à nos besoins », se lamente Eloïse Ghossou. La situation a entraîné une mévente, plangeant les productrices dans des dettes. Jacques Nagonou, président de l’Union communale des coopératives des transformatrices de manioc en gari et ses dérivés de la commune de Toviklin, évalue à 25 %, la diminution qu’a subi la production agricole cette année dans le rang des agriculteurs de la commune, du fait de la crise sanitaire. « La Covid-19 n’est favorable à aucun secteur. Les agricultrices sont doublement frappées, car ce sont elles qui produisent la plupart des produits que nous consommons. Elles ont pris du recul dans leurs activités », se désole Françoise Agbaholou, coordonnatrice du réseau Wildaf-Bénin, sur une télévision web de la place. Le secteur du transport n’est pas moins épargné. « Le prix du transport augmente alors que celui de vente des produits chute sur le marché. Nous les cédons à vils prix, faute de clients. Nous investissons plus dans la production agricole alors que nos bénéfices baissent », ajoute Mélanie Sossa. En réalité, l’exportation reste le meilleur moyen d’écoulement des produits agricoles, quel que soit le nombre d’hectares cultivés. « La circulation des personnes a diminué. Les commerçantes en provenance de Cotonou, Lomé et de la sous-région se font rares », relève Eloïse Ghossou. Cultivateurs, agriculteurs et clients ne savent plus à quel saint se vouer . « Ce sont des femmes qui optent généralement pour les moyens de transport en commun, or les mesures édictées dans le cadre de la lutte contre le coronavirus n'autorisent pas plus de trois personnes par véhicule. Cela a impacté le coût du transport », explique-t-il. S’agissant de la fermeture des frontières, le confinement dans certains pays, la mise en quarantaine dans d’autres localités ou encore le cordon sanitaire au Bénin, l’économiste relève des impacts sur les femmes agricultrices à deux niveaux. Primo, développe-t-il, « ces mesures ont empêché la libre circulation des personnes et des biens dans la sous-région et à l’intérieur des pays et ont agi sur les flux de produits agricoles. Cela s’est répercuté sur les prix et les revenus des producteurs et des agricultrices ». Secundo, il insiste sur les impacts des mesures des Etats : « Le soutien relatif au transport et les facilités accordées aux femmes dans ce domaine ont baissé. Les mesures de distanciation sociale ont agi sur le coût du transport des produits agricoles. Ce qui a énormément réduit la marge bénéficiaire des femmes agricultrices ». Selon le Réseau de prévention des crises alimentaires (Rpca), les mesures destinées à freiner la propagation du virus (fermeture des commerces non essentiels, fermeture ou restriction des marchés et limitation de la mobilité) sont porteuses d’importantes perturbations dans l’approvisionnement des marchés, de pertes de revenus et de fortes dégradations des moyens d’existence des populations les plus vulnérables. Le Rpca évalue à trois niveaux les risques liés à la Covid-19 sur les paysans. Le premier a trait à l’effondrement de la production agricole vivrière du fait de difficultés d’accès aux facteurs de production (intrants, crédit et conseil agricoles) et du dysfonctionnement des chaînes de collecte, transformation et distribution. Le second concerne la dépendance accrue de la région d’Afrique de l’Ouest et du Sahel aux importations extra-africaines en cas d’effondrement durable des systèmes alimentaires locaux et d’une flambée des prix des denrées alimentaires importées en cas de fortes perturbations du marché international. Le Rpca analyse le troisième risque en termes d’aggravation du chômage, de pertes de revenus et de pouvoir d’achat des ménages, notamment ceux de l’économie informelle durement touchés par la limitation de la mobilité et la fermeture des marchés. Résilience La Covid-19 reste un os dans la gorge des paysans et agricultrices. « Lorsqu’on est dans le secteur informel comme les femmes agricultrices, et sans assurance, sans salaire, sans protection sociale, on ressent pleinement les impacts de la pandémie », explique Abel Gbètoénonmon, économiste. Selon le Rpca, il convient d’anticiper et de concevoir dès à présent des stratégies de relance et de dynamisation des systèmes agroalimentaires, y compris les segments non agricoles (transformation, collecte, distribution), en milieu rural comme en milieu urbain. De leur côté, les femmes savent qu’elles doivent mettre en place une nouvelle dynamique afin de préserver les prochaines récoltes. « S’il n’y a pas assez de commandes, il ne pourrait avoir assez de productions. La matière première est actuellement indisponible. Mais nous cherchons toujours les voies et moyens pour ramener les produits lorsqu’il y a des commandes », confie Jacques Nagonou, président de l’Union communale des coopératives des transformatrices de manioc en gari et ses dérivés de la commune de Toviklin. Pour ne pas être submergées, elles essayent de revoir leur production à la baisse afin d’éviter des pertes. Cette Union, regroupant mille neuf cent quatre-vingt-dix membres, organise aussi des échanges périodiques entre les acteurs du monde agricole afin de discuter des solutions de sortie de crise. Le coordonnateur d'«Afrique performance» apprécie les efforts des agricultrices pour surmonter la crise : « Elles développent beaucoup d’activités de résilience. Elles sont, pour la plupart, obligées de faire des mutations d’activités ». Mais tous ces efforts ne leur permettent pas encore de combler le gap créé par l’absence de leur activité habituelle. Il y a lieu pour elles de travailler à la diversification des activités. Covid-19 certes, mais l’espoir est encore permis dans le rang des paysans. A en croire Louis Dayou, président du comité de lotissement de Lalo, l’organisation mise en place pour faire face à la crise favorise certains producteurs, en dépit de l’indisponibilité de la matière première. « Les sous-produits des spéculations importées ont connu une avancée spectaculaire. Les producteurs du manioc et ses transformateurs en gari devraient s’en réjouir », espère-t-il. La dynamique que développent les agricultrices les soumet à d’autres défis. La plupart des agricultrices étant dans l’informel et n’ayant pas un statut, elles font face à des difficultés de développer des comportements et attitudes de résilience, relève Abel Gbètoénonmon. Le respect des mesures barrières et la multiplication des sanctions sur toute l’étendue du territoire national sont indispensables aux yeux de Jacques Nagonou pour sauver le secteur agricole en proie à la pandémie. Cette mesure paraît également judicieuse aux yeux de Louise Ayilara, présidente de la Plateforme nationale des agricultrices du Bénin,qui insiste sur la prise en compte des mesures barrières et la recherche de financements pour davantage de sensibilisation à l’endroit des populations rurales sur la pandémie. D’autres acteurs plaident pour la réalisation des études d’impact par les pouvoirs publics afin d’évaluer les impacts négatifs de la Covid-19 sur les groupes vulnérables que sont les femmes et dans le même temps, cibler les mesures d’accompagnement à mettre en place spécifiquement en leur faveur. A l’instar des artisans, les producteurs attendent également l’appui financier du gouvernement. Les Ong et réseaux de développement sollicitent la bienveillance de l’Etat au profit de cette cible. « Nous implorons les autorités à tous les niveaux. Les femmes agricultrices sont à 90% analphabètes. Nous demandons aux autorités de passer par les chefs d’arrondissement, les maires et associations de développement pour aider les femmes à reconstituer ce qu’elles ont perdu et poursuivre les productions», exhorte Léontine Konou Idohou, présidente de Rifonga, au cours d’une émission sur les difficultés des femmes agricoles en cette période de Covid-19. Françoise Agbaholou, coordonnatrice de Wildaf-Bénin, plaide aussi le cas des femmes: « Nous souhaitons que le gouvernement prenne des mesures idoines pour faciliter la production et aussi l’écoulement des produits de ces femmes en subventionnant les moyens de production tels que les intrants et outils de production. Et permettre que l’accès sécurisé des femmes à la terre soit une réalité ». Entre autres solutions, le Réseau de prévention des crises alimentaires recommande aux pays africains touchés par la pandémie de mettre à jour les plans de réponse 2020, en y intégrant les conséquences de la pandémie de coronavirus ; et de prendre des mesures anticipatives de veille et d’assistance au profit des 50 millions de personnes sous pression alimentaire risquant de basculer dans la crise, des suites des effets cumulés des crises sécuritaire et sanitaire. Le gouvernement attentionné Depuis l’enregistrement du premier cas de Covid-19 au Bénin en mars 2020, le virus n’a cessé d’étendre ses tentacules. En attendant un vaccin, il est urgent pour les femmes agricultrices de trouver une porte de sortie. Le gouvernement béninois ne perd pas de vue les défis à relever pour soulager les acteurs agricoles. En témoignent les nombreuses visites de Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (Maep), aux producteurs pour leur remonter le moral et les rassurer de l’attention du gouvernement. Sensible à la situation, l’Exécutif a identifié les secteurs les plus touchés à travers une plateforme numérique en vue de venir en aide aux acteurs. Cette démarche est un grand pas. Le secteur agricole pourra connaître des jours meilleurs à travers cette mesure. Il n’est pas superflu de rappeler que l’agriculture occupe une part importante dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). Pour lever les goulots d’étranglement qui inhibent le secteur, le Bénin a fait l’option de créer le Fonds national de développement agricole (Fnda). Ce fonds est perçu comme un instrument majeur de facilitation du financement des projets agricoles afin de faire de ce secteur, le principal levier de développement économique du pays. Restructuré en 2017, le Fnda s’est doté de ressources pour assurer efficacement sa mission de promotion de l’investissement privé dans le secteur agricole. Mais l'année 2020 reste marquée par l’apparition de la pandémie de la Covid-19 avec ses corollaires qui impactent fortement le quotidien des exploitants agricoles. Face à la persistance de la crise et dans le cadre du déploiement des mesures d’atténuation de ses effets, le Conseil des ministres, en sa séance du mercredi 29 juillet 2020, a pris un ensemble de mesures spécifiques et incitatives au profit du secteur agricole pour un coût total de cent milliards de F Cfa dont cinquante milliards destinés à refinancer les banques et les sociétés financières décentralisées sur la base de leur portefeuille de crédits agricoles. Trente-cinq milliards de F Cfa destinés à garantir à 50% les prêts des promoteurs et entrepreneurs agricoles et quinze milliards de F Cfa pour la bonification des taux d’intérêt des crédits mis en place au profit des bénéficiaires. A l’occasion de la cérémonie officielle de présentation des mesures gouvernementales aux banques et sociétés financières décentralisées, le 8 septembre dernier à Cotonou, Gaston Dossouhoui, ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, s’est réjoui de ce que ces mesures donnent une nouvelle dimension au Fnda, notamment à son guichet 3, «accès aux services financiers» et constituent une première dans la sous-région. Avec ce niveau d’abondement du Fnda, l’Etat béninois marque clairement sa volonté de renforcer les capacités d’intervention de cet instrument public dans son rôle de levier d’investissement privé dans le secteur agricole. Société 15 sept. 2020


Education: Protection réclamée
La Journée internationale pour la protection de l’éducation contre les attaques a été célébrée pour la première fois cette année (9 septembre). Cela a été l’occasion d’attirer l’attention sur le sort des plus de 75 millions d’enfants qui ont besoin d’un soutien éducatif d’urgence. Une partie des 35 pays concernés est située dans la région du Sahel central où la situation est particulièrement inquiétante. Plus de 22 000 étudiants, enseignants et universitaires ont été blessés ou tués lors d'attaques contre l'éducation pendant des conflits armés ou des situations d’insécurité au cours des cinq dernières années. C’est une décision unanime, le 28 mai 2020, de l'Assemblée générale des Nations Unies, appelant l'Unesco et l'Unicef à sensibiliser le public au sort de millions d'enfants vivant dans des pays touchés par un conflit, qui a permis la mise en place de la Journée Internationale pour la Protection de l’éducation contre les attaques. Initiative du Qatar Dans les faits, c’est à la suite d'un appel à l'action de Sheikha Moza bint Nasser, mère de l’Emir du Qatar, Présidente de Education Above All (Eaa) et défenseure des Objectifs de l’Onu pour le Développement durable (Odd) que la résolution (A/RES/74/275) proclamant la journée a été présentée par l'État du Qatar et coparrainée par 62 pays. C’est désormais une opportunité de rappeler, une fois par an, à la communauté internationale qu’il est important de préserver les écoles, les élèves et les enseignants contre les attaques. La résolution souligne la nécessité de faciliter l'accès à l'éducation dans les situations de conflit armé. Sahel central Selon un nouveau rapport publié par la Coalition mondiale pour la protection de l’éducation contre les attaques (Gcpea), le Sahel central connaît un pic important d'attaques contre les élèves, les enseignants et les écoles depuis 2018. On relève plus de 85 attaques contre l’éducation au Burkina Faso, au Mali et au Niger entre janvier et juillet 2020, malgré les fermetures d'écoles liées au Covid-19 entre fin mars et mai. Au Burkina Faso et au Niger, les attaques ont plus que doublé entre 2018 et 2019, contribuant à la fermeture de plus de 2 000 écoles. Au Burkina, des groupes armés islamistes alliés à al-Qaida ou à l’État islamique ont incendié, pillé et détruit des dizaines d’écoles. Au Mali, plus de 60 attaques ont eu lieu en 2019, avec plus de 1 100 écoles fermées. Sécurité avant tout Alors que les écoles du Sahel central et dans le monde reprennent après les fermetures liées au Covid-19, la Gcpea exhorte les gouvernements à veiller à ce que les prestataires de services éducatifs procèdent à l’évaluation des risques avant la réouverture, et adoptent des mesures de sécurité appropriées le cas échéant pour réduire les risques d'attaque des élèves et des enseignants. Lorsque les écoles et les universités ne peuvent rouvrir en toute sécurité, des mesures alternatives et à distance doivent être mises en place. Actuellement, 105 Etats sont signataires de la Déclaration sur la sécurité dans les écoles, ouverte à la signature le 20 mai 2015. Cet engagement politique vise à protéger les élèves, les éducateurs, les écoles et les universités dans les conflits armés grâce à la mise en place de mesures concrètes en utilisant les?Lignes directrices pour la protection des écoles et des universités contre l’utilisation militaire durant les conflits armés.? Le 20 octobre, se tiendra une table ronde ministérielle virtuelle sur le Sahel central sponsorisée par le Danemark, l'Allemagne, l'Union Européenne et les Nations Unies. Ce sera une opportunité unique d’inscrire fermement la protection de l'éducation dans l'agenda humanitaire. Par Catherine Fiankan-Bokonga, Correspondante accréditée auprès de l’Office des Nations Unies à Genève (Suisse) Education 15 sept. 2020


Riposte contre le Covid-19 dans les marchés: Le ProSEHA de la GIZ appuie des communes de l’Atacora-Donga
Le Programme eau, hygiène et assainissement (ProSEHA) de la Coopération technique allemande (Giz) vole au secours des communes de l’Atacora-Donga vulnérables au coronavirus en raison de leur position géographique. Il leur a offert des dispositifs de lavage des mains à 4 postes et du matériel de sensibilisation. Les dons ont été remis en présence des autorités politico-administratives et du chef Antenne Atacora-Donga ProSEHA, Komlan Kpongbegna et ses collaborateurs les 9, 10 et 12 septembre derniers et se poursuivent cette semaine. Afin de sécuriser et sensibiliser davantage les populations et usagers des marchés contre la propagation et la recrudescence du coronavirus dans l’Atacora et la Donga, le Programme eau, hygiène et assainissement (ProSEHA) de la Coopération technique allemande (Giz) a mis à la disposition de la commune de Djougou, samedi 12 septembre dernier, plusieurs dispositifs de lavage de mains à 4 postes, des mégaphones et des affiches de sensibilisation. Lesdites affiches ont été conçues en français et traduites en trois langues de la commune bénéficiaire. Pour Tahiratou Alassane, conseillère technique ProSEHA Donga, les dispositifs offerts constituent une innovation dans la mesure où ils sont dotés de 4 postes de lavage de mains opérationnels simultanément et respectant la distanciation sociale. Komlan Kpongbegna, chef de l’Antenne Atacora-Donga ProSEHA précise qu’il s’agit d’une activité pilote orientée vers les communes frontalières à risques telles que Boukoumbé dans l’Atacora et Bassila, Ouaké dans la Donga, puis les communes carrefours dans les mêmes départements que sont Natitingou et Djougou. « Dans lesdites communes, les cas confirmés grimpent et vu que les mesures annoncées ne se sont pas concentrées sur les marchés, le ProSEHA a décidé de faire œuvre utile », insiste le chef Antenne. Il relève que le programme a décidé de promouvoir la rupture de la chaîne de contamination. Ainsi, les messages appropriés sont conçus pour sensibiliser les visiteurs, les vendeurs et les responsables des marchés sur l’effectivité de la pandémie en leur demandant d’observer scrupuleusement les gestes qui sauvent tels que se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon et de respecter les autres mesures barrières. Car c’est uniquement de cette manière qu’on protège sa vie en même temps que celle des autres. Le suivi, a-t-il promis, sera assuré pendant un temps avant que les mairies ne prennent le relais. De la reconnaissance Les maires ont témoigné leur gratitude aux responsables du ProSEHA pour leurs gestes continuels à l’égard de leurs communes. Aldo N’Dah Kouagou, maire de Boukoumbé, s’est engagé à assurer le suivi, la sécurisation du matériel et la fourniture de l’eau et du savon. Midou S. Sambo, chef du 2e arrondissement de la commune de Natitingou représentant le maire, jeudi 10 septembre dernier, a qualifié l’initiative du donateur de très salutaire. Il a prié les élus locaux de veiller à la sécurisation des dispositifs et demandé aux utilisateurs d’être rigoureux en respectant les gestes requis. Il a promis de responsabiliser des jeunes qui prendront soin du matériel. « Nous prendrons les dispositions pour qu’il y ait de l’eau et du savon. Nous convions les usagers à ne pas baisser la garde, à porter leurs masques et à observer rigoureusement les gestes barrières », a laissé entendre Djibril Amadou, premier adjoint au maire de Djougou reconnaissant pour la sollicitude du donateur à l’égard de sa commune. La semaine dernière, précise Komlan Kpongbegna, c’est Boukoumbé, Bassila et Natitingou qui ont bénéficié desdits appuis et Ouaké disposera de son lot cette semaine. Société 15 sept. 2020


Programme d’appui au secteur du développement rural: Réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire
Le directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Bonaventure Kouakanou, a lancé, jeudi 10 septembre dernier à Natitingou, le Programme d’appui au secteur du développement rural 3e phase (Pasder3). C’était en présence de Björn Schranz, directeur résident suppléant de la Coopération suisse au Bénin et des autorités politico-administratives de la ville de Natitingou. Contribuer à l’amélioration durable des conditions de vie des populations rurales dans 27 communes du Nord du Bénin, à réduire la pauvreté et l’insécurité alimentaire. Tel est l’objectif que vise le Programme d’appui au secteur du développement rural phase3 (Pasder3). Son lancement officiel a eu lieu, jeudi 10 septembre dernier. Il doit permettre de consolider les acquis des deux premières phases et d’opérer une mise à l’échelle à travers son extension spatiale en vue de couvrir toutes les 27 communes des départements du Borgou-Alibori et de l’Atacora-Donga. Bonaventure Kouakanou, directeur de cabinet du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, a relevé que le lancement du Pasder3 marque un nouveau départ et constitue une initiative fort louable au profit des paysans. L’agriculture demeurant le principal levier de développement, le ministère, assure-t-il, jouera entièrement sa partition, dans la mesure où ce programme intègre les priorités contenues dans le Programme d’action du gouvernement (Pag). Taté Ouindéyama, maire de Natitingou et président de l’Association des communes de l’Atacora-Donga, s’est réjoui du choix porté sur la cité des Nanto pour le lancement du programme qui contribuera au développement socio-économique de la région en vue de la réduction de la pauvreté. Des propos que confirme Abdoulaye Affo, secrétaire général du département de l’Atacora, qui relève que le programme marque la continuité fructueuse de la collaboration dont fait montre la Coopération suisse depuis son implantation au Bénin, dans des domaines vitaux et stratégiques. Il en a profité pour lui témoigner toute sa gratitude et celle du gouvernement. Ainsi, Demmon Djegga, président de l’Union départementale des producteurs du Borgou-Alibori, n’a pas tari d’éloges vis-à-vis du consortium Swisscontact-Lares qui assure la gestion stratégique, opérationnelle et financière du Pasder3. Pour avoir bénéficié des deux premières phases, il a promis de mettre son expérience au service des communes de l’Atacora-Donga et des autres. Christiane Dèhouè, chef de file du consortium Swisscontact-Lares, a annoncé que la 3e phase est prévue pour quatre ans et dispose d’un financement d’environ 6 milliards F Cfa. Des dispositifs de lave-mains et du crédit agricole Face à la crise de la pandémie du Covid-19 qui impacte négativement les activités agricoles, il a été prévu, pour appuyer les organisations socioprofessionnelles, un crédit agricole avec des dispositifs modernes de lavage de mains et consommables/intrants agricoles. Tout cela, assure-t-elle, sera implémenté dans une approche d’intervention globale, inclusive et innovante pour 9 filières : pomme de terre, mangue, lait, viande, oignon, maïs, soja, manioc, riz, igname dans une dynamique de croissance soutenue. Pour Björn Schranz, directeur résident suppléant de la Coopération suisse au Bénin, le Pasder 3 s’inscrit dans la dynamisation de l’économie locale. Pour éviter les chocs exogènes dus à la fermeture de la frontière avec le Nigeria et l’apparition de la Covid-19, le directeur résident suppléant a évoqué l’introduction de nouvelles filières mais également la dotation en moyens afin de susciter le développement d'autres chaines de valeur ainsi que la création des opportunités d’emploi pour les jeunes. Société 15 sept. 2020


Regain d’intérêt autour du pagne tissé béninois: Le Kanvo signe son retour en force
Le Bénin regorge d'énormes richesses au nombre desquelles son patrimoine textile. Le pagne tissé, communément appelé «Kanvo», bénéficie depuis peu d’un regain d’intérêt aussi bien de la part des populations que des autorités. Nouvelle texture, new look… une nouvelle identité culturelle voit petitement le jour. « Il est important que les gens comprennent qu'au-delà des pagnes importés, il y a des tissus africains comme le Kanvo, dans sa diversité, qui peut servir à faire des choses merveilleuses avec lesquelles on peut vendre notre culture, notre pays et même l'Afrique tout entière ». Par ces mots, la tisserande Blandine M’Poli rappelle combien le pagne tissé béninois est important. Comme l'indique son nom, le pagne tissé ou le Kanvo est travaillé à la main par des tisserands. Il est fabriqué à base de toile, de chanvre ou de coton. A l'origine, les pagnes tissés constituent des supports de communication sur les valeurs culturelles, cultuelles du Bénin, explique Hervé Meda Adomada, tisserand au Centre de promotion de l'artisanat (Cpa) à Cotonou. Selon ses explications, le Kanvo était porté par les rois. Mais avec le temps, l’usage a évolué. Aujourd’hui, toute personne peut se l’offrir pour ses besoins. Grâce à des artisans passionnés qui s’attellent à conserver l’histoire et à la perpétuer, cet héritage culturel qui tendait à disparaitre refait surface et est davantage valorisé. « Le Kanvo est tissé de belles couleurs aux motifs diversifiés et surtout dans différents degrés d’épaisseur, fruit du labeur acharné d’artisans », explique Blandine M’Poli. Toujours dans un souci de valorisation du produit, des boutiques dédiées exclusivement à ce type de pagne ont vu le jour. Elles renferment une multitude de pagnes de qualité et couleurs diverses, fruit du travail et du génie des artisans et même des stylistes. Ces derniers jours, on observe un engouement des autorités, des acteurs du monde diplomatique et des populations en général pour le pagne tissé. « Moi, j’aime beaucoup le pagne tissé du Bénin parce que cela fait partie de notre culture», a confié Rasack Djeriwo, un passionné du Kanvo. « Le Kanvo nous confère surtout l’air d’une personne importante», poursuit-il. « Quand je sors de chez moi entièrement habillé en Kanvo, je me sens à l’aise», ajoute-t-il. L’autre raison qu’il avance pour justifier son attachement à ce type de pagne, c’est que «aujourd’hui, le Kanvo ne coûte plus cher, comparativement aux temps anciens ». Selon lui, rien n’est plus beau que de porter le pagne local. Le pagne tissé est également utilisé lors des mariages traditionnels au Bénin. « J’aime le Kanvo parce que c’est un produit local, issu du talent africain et qui marque une grande différence avec les pagnes ordinaires », soutient pour sa part Moubarak Atchiba. « C’est un pagne qui nous permet d’incarner et de valoriser notre culture. C’est avec beaucoup de fierté que je le porte. On le met parce qu’on s’y sent bien», a-t-il ajouté. Son souhait, c’est que le Kanvo soit mieux travaillé avec l’agencement des couleurs pour que chacun y trouve pour son goût. « Je préfère le Kanvo aux tissus importés malgré son coût élevé à cause de sa qualité et de son épaisseur », confie Charlotte Viossi. Pas aimé de tous L’environnement béninois paraît hostile à l’entrepreneuriat et au travail des créateurs. Très peu portent le pagne tissé par fierté. « Je vois les gens mettre le Kanvo, mais ça ne m’a jamais tenté d’en porter », déclare Fulbert Amoussou. « Il y a certains Béninois qui n’aiment pas porter le pagne tissé de chez nous. Ils trouvent que c’est trop cher et préfèrent les choses des Blancs », lâche Hervé Meda Adomada, tisserand au Centre de promotion de l’artisanat (Cpa). « Beaucoup considèrent que ce pagne va à l’encontre de leur besoin de conformisme, de leur besoin de ressembler aux stars de télé-réalité, aux stars de télévision, du style que nous impose la modernité», fustige Hilaire Assogba, couturier. « Le Kanvo donne l’air d’un vieux, pour moi. Etant jeune et dans l’intention d’être au top, je ne peux pas me permettre de le porter», argumente pour sa part Amel Cloussa. D’autres justifient leur désamour par le prix du pagne tissé. « Il faut avoir une certaine aisance pour se le procurer. Quelqu’un qui a faim ne peut pas acheter le Kanvo. J’aime bien ce pagne, mais compte tenu de son coût, je n’en achète pas. Ça coûte plus cher que tous les autres pagnes. Mais, sans débourser grand-chose, je peux me payer les pagnes importés», nuance Djiman Assogba. D’une personne à une autre, l’option varie. D’autres encore s’en méfient parce qu’ils le trouvent trop lourd à porter. Regain d’intérêt La mode a toujours été un puissant levier de développement économique local et national. Porter le pagne local, c’est contribuer au développement et au rayonnement de la culture, pense Hilaire Assogba. Il urge donc de ne pas laisser cette richesse étioler, de mettre en place un plan d’action pour davantage la promouvoir. Mais les autorités au niveau local ont un grand rôle à y jouer, déclare la tisserande Blandine M’Poli. L’exemple parfait en la matière, illustre-t-elle, c’est bien l’ancien maire de Parakou, Charles Toko qui a imposé via un arrêté municipal, le port de tenues traditionnelles les lundis et vendredis de chaque semaine dans l’administration. « Nous demandons à nos devanciers de nous aider à relever les défis», implore Blandine M’Poli. C’est à travers notre identité que nous montrons aux autres ce que nous sommes. Le pagne tissé est indéniablement représentatif de notre identité mais il est peu valorisé. « Nous voulons que les autorités de notre pays nous aident à valoriser ce précieux produit local et à le faire aimer de tous au niveau national et international», plaide Hervé Adomada. Par Florence AMOUSSOU (Stag.) Société 15 sept. 2020


Actualisation de la Liste électorale permanente informatisée: Les diligences rassurent
Le Bénin se prépare pour la présidentielle de 2021 avec la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) dont l’actualisation est confiée à l’Agence nationale de traitement (Ant). Cet organe s’active pour réussir sa mission sous le contrôle du Conseil d’orientation et de supervision de la Lépi présidé par l’honorable Gilbert Bangana. L’Agence nationale de traitement n’entend pas perdre de temps dans sa mission d’actualisation de la Liste électorale permanente informatisée, sous le contrôle du Conseil d’orientation et de supervision. Ainsi, elle accomplit les diligences nécessaires pour la réussite de l’opération comme l’a confié Bonaventure Gangnon, régisseur central de l’Ant. « Je vous rassure qu’au niveau de l’Ant, nous avons les armes nécessaires pour conduire cette actualisation de la Liste électorale. La présidentielle va se passer par la grâce de Dieu comme d’habitude, dans la paix », a indiqué le régisseur central de l’Agence nationale de traitement. Cette agence a sollicité les services de techniciens expérimentés qui se plient en quatre pour mettre ladite liste à la disposition du Conseil d’orientation et de supervision de la Lépi présidé par le député Gilbert Bangana. « Sur le plan technique, l’Agence nationale de traitement a déjà commencé la mise à jour de ses logiciels et autres matériels pour l’extraction des fichiers afin de pouvoir imprimer les listes électorales. Parce que déjà à partir du 15 septembre, théoriquement, nous devons nous apprêter avec les listes pour commencer par les convoyer sur le terrain et démarrer l’affichage le 1er octobre », a indiqué le régisseur central de l’Ant. « L’Agence nationale de traitement a comme membres des techniciens expérimentés. Des techniciens et des ingénieurs qui ont fait leurs preuves depuis le début de la Lépi », a rassuré Bonaventure Gangnon, régisseur central de l’Ant, lors du passage du président du Conseil économique et social dans les locaux de l’agence pour une prise de contact avec les membres du Conseil d’orientation et de supervision. Cette équipe, confie Bonaventure Gangnon, a eu la chance d’actualiser la liste électorale depuis 2011 jusqu’en 2020, aidée, par les Nations Unies pour constituer la base de données de la Lépi, permettant ainsi au Bénin d’avoir des élections successives dans la paix. Ceci grâce aux différentes personnalités qui se sont succédé à la tête du Conseil d’orientation et de supervision. Mais la palme revient au chef de l’État, Patrice Talon, qui a joué un rôle capital dans la réalisation de cette oeuvre. Selon le régisseur central de l’Ant, le président de la République fait tout pour que les membres de l’agence travaillent dans le confort nécessaire. Il a mis les moyens adéquats pour que les travaux aboutissent comme le souhaite le peuple béninois selon les témoignages. Il faut noter que les différents ateliers tournent au niveau du Cos-Lépi dans le cadre de l’actualisation de la liste. Au niveau de la salle des machines, l’impression des listes est en cours à la satisfaction des responsables du Cos-Lépi. Actualités 15 sept. 2020


Promotion des petites et moyennes entreprises: Lumière sur les actions en faveur du secteur
Dans sa volonté de promouvoir les petites et moyennes entreprises, le gouvernement ne manque pas d’initiatives pour faire éclore les talents des acteurs afin que leurs œuvres, non seulement leur soient bénéfiques, mais également contribuent au développement du Bénin. «?Le président de la République, dans le Programme d’action du gouvernement (Pag), a dit que le secteur de l’artisanat est un secteur important, et c’est vrai. C’est le deuxième corps social pourvoyeur d’emplois après le secteur agricole dans un pays comme le nôtre. Une profonde réforme conduite avec les artisans eux-mêmes est en cours au niveau de l’artisanat. L’artisanat est l’un des secteurs les mieux structurés dans notre pays et la plupart des artisans sont informés des initiatives prises à travers leurs deux faîtières : la Confédération nationale des Artisans du Bénin, une faîtière de droit privé, et l’Union des Chambres interdépartementales des Métiers qui est l’institution publique du secteur de l’artisanat?», avait indiqué Modeste Kérékou, ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion de l’Emploi lors du bilan des quatre ans de gouvernance de Patrice Talon. Ce dernier a initié une panoplie de réformes pour rendre florissant le secteur des Petites et Moyennes et entreprises, en faveur de ses acteurs. Il s'agit entre autres du volet formation de l’Assurance pour le renforcement du capital humain (Arch) prévu pour démarrer dans les jours à venir. Son objectif, informe Modeste Kérékou, est de permettre aux artisans d’avoir une montée en compétence et de rendre disponibles des produits de qualité qui peuvent être mieux vendus au plan national, régional ou international. Dans cette perspective, le gouvernement envisage la prise d’une loi pour doter le Bénin d’une institution consulaire du secteur de l’artisanat, la Chambre des métiers de l’artisanat du Bénin (Cma-Bénin) qui disposera de moyens conséquents et de ressources humaines de qualité pour que le secteur de l’artisanat soit mieux représenté face aux pouvoirs publics. Ce qui fait dire au ministre Kérékou que « les artisans sont le chouchou du gouvernement de la Rupture ». Fin de l’État providence La loi 2020-003 portant promotion et développement des micro, petites et moyennes entreprises en République du Bénin votée le 29 janvier 2020 par les députés à l’initiative du gouvernement comporte des innovations majeures. Elle vient révolutionner le secteur des Pme, marquant la ferme volonté du gouvernement d’accompagner les petites et moyennes entreprises. Cette catégorie d’entreprises est constituée des entreprises qui font un chiffre d’affaires hors taxes inférieur ou égal à deux milliards par an, d’après le ministre Kérékou. «?Avant, il y avait quelques difficultés de clarification. Beaucoup de Pme sont dans les marchés publics et nombre d’elles ont des difficultés, d’autres viennent à en mourir parce qu’elles ont des retards d’impayés sur des mois, voire des années pour des prestations pourtant faites. Seulement, les charges et les obligations des Pme n’attendent pas. Mais l’article 14 de cette loi fait obligation à l’administration publique d’avoir à payer, au plus tard dans les soixante jours calendaires à la date de l’ordonnancement, toute entreprise qui a presté pour elle dans les règles de l’art. Il faut avoir une entreprise, avoir connu certaines difficultés pour mieux comprendre cette avancée prodigieuse?», insiste-t-il. À travers ses agences dont l’Agence nationale des petites et moyennes entreprises (Anpme), l’Agence pour la promotion des investissements et l’exportation (Apiex) et Sèmè City, l’État accompagne les micro, petites et moyennes entreprises à travers la sensibilisation et la délivrance de modules de formation. Ce mécanisme vise à former les promoteurs pour qu’ils sachent les opportunités qui s’offrent au secteur d’activité avant la mise à leur disposition des moyens. Il s’agit d’un mécanisme pertinent, d’après Modeste Kérékou qui accompagne les entreprises au financement bancaire. «?L’État, à travers ses agences, aide les entreprises à leur demande, à cette fin. L’État ne finance plus comme on le voyait par le passé. Ce n’est pas le rôle de l’État, mais l’État crée les conditions incitatives?», clarifie-t-il. Il est désormais loisible aux promoteurs d’entreprise de tenir une comptabilité pour bénéficier des prêts bancaires. C’est une condition sine qua non pour jouir des fruits des mesures incitatives du gouvernement, d’après nos sources. Car, informe-t-on, les institutions bancaires ont besoin des informations financières et comptables des entreprises avant de leur accorder des crédits. Le constat jusque-là est que certaines Pme n’ont pas les informations recherchées par les banques, pas de registre de paie, ni de bilan encore moins de comptabilité. Selon le service des impôts, l’introduction des machines normalisées de la direction générale des impôts est l’une des réformes qui peuvent servir à connaître le chiffre d’affaires journalier, hebdomadaire, mensuel des entreprises pour faciliter également la lisibilité des opérations. Quand investir au Bénin devient incitatif Patrice Talon, président de la République, à l’occasion de son message sur l’état de la nation en décembre 2017 a présenté sa vision pour la performance du secteur économique. C’est dans ce cadre qu’un département dédié à ce secteur a été créé, pour la relance de l’activité économique et la promotion des petites et moyennes entreprises et de l’emploi. Les réformes engagées dans les domaines foncier, fiscal, de la création de l’emploi, de la simplification des impôts et autres taxes à payer, du partenariat public-privé… viennent renforcer cette vision. Il y a lieu de confirmer que tout est fait au quotidien pour faciliter la vie aux entrepreneurs nationaux et étrangers pour qu’ils soient à l’aise à jouer leur rôle, comme l’a signifié Modeste Kérékou. Selon lui, ces réformes accroissent l’attractivité du Bénin et lui génèrent des gains de points à travers le classement Doing business. Dès lors, l’investissement au Bénin devient incitatif. Il y a donc de bonnes raisons de venir investir au Bénin, selon les discours des officiels sur la performance de l’économie et l’amélioration du climat des affaires. Selon les autorités béninoises, le Bénin dispose d’un environnement socio-économique apaisé et la bonne gouvernance est un facteur capital en faveur des investisseurs. A cela s’ajoute la structuration des différents secteurs d’investissement à savoir le tourisme, l’énergie, l’agroalimentaire, le minier, l’immobilier. Le Bénin dispose d’un port compétitif qui dessert les territoires de l’hinterland dont le Niger, le Burkina Faso, le Mali, le Tchad… L’autre atout du Bénin reste le développement de la connexion internet avec d’importants investissements pour raccorder tout le pays à l’internet. C’est aussi un pays où l’on allège les formalités administratives grâce à la dématérialisation des services avec un code des investissements avantageux. La création de la zone franche industrielle, la lutte contre la corruption, la disponibilité de la main-d’œuvre à travers la restructuration des filières de formation… constituent des traits caractéristiques qui assurent un boom économique au Bénin sous l’impulsion, indiquent certains acteurs, du président Patrice Talon. Société 14 sept. 2020


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