La Nation Bénin...
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L’Amicale des gendarmes à la retraite du Bénin (Agrb) a organisé, samedi 10 septembre dernier, une causerie-débats sur le thème : «Braquages et vindicte populaire : quelle place pour les Forces de sécurité et de défense ?». La conférence s’est déroulée à la Maison des jeunes de Porto-Novo en présence du directeur général de la Gendarmerie nationale, Antoine Dansou et du préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy, parrain de la cérémonie.
«La situation des braquages est très complexe et a beaucoup d’enchevêtrement. Si nous voulons que les braquages soient réduits à un niveau d’équilibre supportable, il faudrait qu’on aille chercher la cause. La réaction de la population qui préfère passer au feu les présumés braqueurs est l’effet, mais la cause est interne à la pratique des Forces de sécurité et de défense». C’est en substance l’analyse que fait le colonel à la retraite, Nestor Béhéton, ancien directeur de la Gendarmerie nationale et plusieurs fois ministres sous la période révolutionnaire, de la recrudescence de l’insécurité au Bénin. «Tant que les gendarmes et les policiers vont continuer de faire comme ils le font actuellement, les braquages et les vindictes populaires ne vont jamais cesser», poursuit le communicateur principal qui a introduit le thème : «Braquages et vindicte populaire : quelle place pour les Forces de sécurité et de défense ?» de la causerie-débats organisée par l’Amicale des gendarmes retraités du Bénin.
Pour Nestor Béhéton, la recrudescence de ces deux phénomènes a ses racines dans la mauvaise formation des Forces de sécurité et de défense et le mauvais fonctionnement de la Gendarmerie et de la Police nationales. «Il y a un véritable problème. La Police et la Gendarmerie ne fonctionnent plus comme elles sont faites pour fonctionner. La population a perdu confiance. Vous allez dénoncer un voleur, le gendarme ou le policier dira à ce dernier que c’est telle et telle personne qui l’a dénoncé», stigmatise l’ex-directeur général de la Gendarmerie nationale sous les applaudissements nourris de l’assistance composée de gendarmes en retraite comme en activité ainsi que d’élus municipaux et locaux de la ville de Porto-Novo.
L'immixtion
Le communicateur principal dénonce par ailleurs l’immixtion directe de la politique tant dans les tests de recrutement à la Gendarmerie que dans les enquêtes préliminaires conduites par les officiers de police judiciaire. Nestor Béhéton a chaque fois étayé ses argumentaires par des cas précis parfois vécus par lui-même au moment où il était en fonction. Aussi, a-t-il mis l’accent sur les contradictions à l’interne à la Gendarmerie et à la Police nationales. Le communicateur principal a souhaité que celles-ci cessent pour permettre aux Forces de sécurité et de défense de jouer convenablement leur mission d’aide et de protection de la population. «Les populations n’ont aucun tort en pratiquant la vindicte. Que les gendarmes jouent correctement leur rôle et ils verront une population collaboratrice qui va leur fournir de vrais renseignements», certifie l’ex-directeur de la gendarmerie à la retraite.
Nestor Béhéton n’a pas manqué d’attirer l’attention de tout le monde et particulièrement du gouvernement, de l’assistance technique française, des magistrats, des préfets, des députés, des élus locaux et communaux, des médias, des leaders religieux sur leurs responsabilités respectives dans le cadre de la réduction de l’insécurité au Bénin. «L’insécurité zéro n’existe nulle part. Mais si on prend des dispositions on peut l’éviter», conclut Nestor Béhéton avant de céder la place à son co-présentateur, Lucien Kpanou, colonel de la gendarmerie à la retraite qui a développé davantage le thème du jour à l’assistance.
Parrain de la causerie-débat, le préfet de l’Ouémé, Joachim Apithy a plaidé pour un partenariat entre les Forces de sécurité publique et de défense et les pouvoirs décentralisés pour enrayer tant soit peu les assauts des malfrats au Bénin. Car, selon lui, ces derniers ne dorment pas en l’air. Ils dorment quel que part dans les maisons. Seule ce retour à la confiance entre les deux parties pourra permettre au Bénin de venir à bout de l’insécurité. Le directeur général de la Gendarmerie nationale, Antoine Dansou, a rassuré l’assistance de ce qu’en dépit des difficultés et des brebis galeuses, ses éléments tant bien que mal essaient de s’acquitter convenablement de leurs missions sur le terrain.

En vue d’aider les orphelins, les personnes du troisième âge, les prisonniers, les malades mentaux à célébrer la Tabaski, l’organisation musulmane Jama’at Islamique Ahmadiyya a procédé à des dons de moutons, vendredi 9 septembre dernier à Cotonou.
Fidèle à son credo « L’amour pour tous, la haine pour personne », l’organisation musulmane Jama’at Islamique Ahmadiyya n’a pas dérogé à sa règle de bienfaisance en cette célébration de l’Aïd El Kébir, la Tabaski. Elle a procédé à une cérémonie de distribution de moutons à l’endroit des pauvres, des orphelins, des malades mentaux et autres. « C’est une tradition pour nous, de partager la joie de la fête avec les couches démunies et les couches vulnérables », confie Rana Farooq Ahmad, président et chef missionnaire de la Jama’at Islamique Ahmadiyya au Bénin.
En effet, l’horloge affichait 17 heures, vendredi 9 septembre dernier, lorsque le cortège du donateur a effectué son entrée à la préfecture de Cotonou. Le but de cette descente est d’offrir des moutons aux personnes démunies. Chose faite.
Les membres de l’organisation ont ensuite mis le cap sur le ministère du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales (Mtfpas), animés du même esprit de charité. « Notre présence ici, c’est pour appuyer le ministère afin de permettre aux personnes du troisième âge, aux handicapés et aux orphelins de bien célébrer cette grande fête musulmane qu’est la Tabaski», explique Rana Farooq Ahmad, le regard plein de compassion. C’est avec des mots de reconnaissance et de gratitude que Izbath Djaboutouboutou, secrétaire général adjoint du Mtfpas, représentant le ministre, a reçu les cinq moutons remis en la circonstance. « Votre mission humanitaire apportera le sourire, la joie à ces couches vulnérables qui méritent plus d’attention », déclare-t-elle. Elle rassure par ailleurs les donateurs que seuls les bénéficiaires de cette offrande seront servis.
Les personnes incarcérées à la prison civile de Cotonou n’ont pas été laissées en rade dans cet élan de solidarité de la Jama’at Islamique Ahmadiyya. Elles ont également eu droit à leur lot de moutons. Il en est de même pour les malades mentaux du Centre psychiatrique de Jackot?

Le Bénin abrite du 15 au 16 septembre prochain, les travaux de l’Assemblée générale de l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires. En prélude à ces assises, Espérant Noutaï, président du Comité d’organisation, expose les enjeux du rendez-vous de Cotonou.
La Nation : Le Bénin abrite les 15 et 16 septembre, l’Assemblée générale de l’AICESIS. Quelle est l’importance d’un tel événement pour vous ?
Espérant Noutaï : L’AICESIS, d’abord, c’est l’Association internationale des Conseils économiques et sociaux et institutions similaires. Le Bénin est un petit pays qu’il est difficile de situer lorsqu’on est à l’extérieur. Mais nous sommes proactifs au sein de l’AICESIS. C’est peut-être une récompense pour nous et une fierté de voir notre pays désigné au cours de l’Assemblée générale de 2015 pour abriter la session de 2016. C’est une fierté pour un petit pays par rapport à la Russie qui a abrité le même événement l’année dernière. L’enjeu pour nous, c’est d’abord permettre à nos hôtes de connaître, de découvrir ce pays d’Afrique, de permettre également au peuple béninois et à nos populations qui ne savent pas très bien le rôle et la mission dévolue au CES, de s’informer sur l’importance de cette institution. Vous vous rappelez, il n’y a pas si longtemps que cela, au cours des travaux de la commission pour les réformes politiques et institutionnelles, tout a été bien et mal dit sur le CES. C’est l’occasion de dire à la face du monde ce qu’est le CES. A travers cette Assemblée générale, on comprendra que le CES n’est pas qu’au Bénin, qu’il en existe un peu partout dans le monde. Les missions dévolues au CES du Bénin sont les mêmes que celles des CES du monde.
Le rôle des CES et institutions similaires dans la lutte contre les inégalités liées à la pauvreté, c’est le thème de cette Assemblée générale. Pourquoi avoir choisi de se prononcer sur cette thématique ?
Le Conseil économique et social est une institution de veille aux plans économique, social, culturel, voire environnemental. Les CES se penchent beaucoup plus sur les problèmes liés au bien-être des populations. Aujourd’hui, nos populations sont confrontées à des problèmes de divers ordres. L’Assemblée générale de 2015 à Moscou a retenu ce thème pour permettre aux délégués qui prendront part aux travaux de cette année de discuter des problèmes liés à l’accès des populations aux soins de santé, à l’éducation, à l’eau potable, à l’électricité, à la formation et surtout à l’emploi des jeunes, la lutte contre la chômage. Voilà autant de problèmes qui ont conduit les délégués de 2015 à retenir ce thème pour les travaux de cette année. L’Assemblée générale va sans doute déboucher sur des recommandations relatives à ces préoccupations.
Avez-vous prévu une démarche de plaidoyer à l’endroit des Etats ?
Le Conseil d’administration de l’AICESIS qui doit se tenir la veille situera le cadre, tracera les grandes lignes. Je suis convaincu qu’il aura des plaidoyers à l’endroit des Etats membres de l’Association.
Actualités 13 sept. 2016

Ouagadougou accueille du 19 au 24 septembre prochain, la Coupe des nations de la zone 3 de volley-ball. Les Ecureuils volleyeurs hommes et dames du Bénin seront du rendez-vous. Ils viennent d’entamer la dernière phase de leur préparation.
Le Bénin sera bel et bien présent à la Coupe des nations de la zone de volley-ball du 19 au 24 septembre dans la capitale du Burkina Faso. Didier Aplogan, président de la Fédération béninoise de volley-ball et les membres de son Comité exécutif entendent voir les Ecureuils volleyeurs hommes et dames aller le plus loin possible dans la compétition. Pour ce faire, ils ont pris toutes les dispositions possibles.
En effet, après quelques jours de stage, les membres de l’encadrement technique ont procédé à la sélection des meilleurs volleyeurs appelés à défendre les couleurs nationales. C’était à l’issue des matches entre les sélections départementales du Sud et du Nord, mercredi 7 septembre dernier.
Ainsi, les sélectionnés hommes et dames convoqués pour demain, samedi 10 septembre, vont entamer la dernière ligne droite de leur préparation. Le secrétaire général de la fédération béninoise de volley-ball, Wilfrid Agbodjogbé, a indiqué que le groupe sera soumis à un plan de préparation sous la direction de Ghyslain Tomédé chez les hommes et de Roger Gahounga, au niveau des dames. Les deux, a-t-il poursuivi, seront respectivement assistés par Lokonon Jaurès et Agbayahoun Noël.
La liste des Ecureuils Hommes
Tabé Jawal
Chabi Aboubacar
Tamou Fayçal
Gaba Raoul
Tabé Saleck
Gagoué Fataou
Yacoubou Daouda
Assogba Lucien
Keke Abel
Kora Seko Ramane
Boni Adam
Liste des Ecureuils Dames
Gloria Dahassounon
Christine Agossou
Rafiath Idrissou
Guerra Florence
Tony Sandrine
Adam Aïchatou
Adom Bachirou
Ézin Rosemonde
Cremel Hountonnagnon
Ballovi Honorine
Sodji Gnondénou
Colés Sahadath
Arouna Adama
Agondjèté Isabelle

Pour préparer la 22e Conférence des Etats parties sur le climat qui se tiendra du 7 au 18 novembre prochain au Maroc, les élus locaux et régionaux d’Afrique se réunissent à Cotonou. Pendant trois jours, soit du 8 au 10 septembre, ils devront faire des propositions pertinentes pour que Marrakech reste dans l’action et permette d’avancer vers un monde moins chaud à l’horizon 2050 suite à la COP-21 de Paris.
Les villes et territoires sont en première ligne dans la lutte contre les changements climatiques par leurs capacités à réduire les émissions de gaz à effet de serre et par leurs actions d’adaptation face aux impacts du réchauffement climatique, retient Mina Bouhdoud de l’Association marocaine des présidents des conseils communaux (Ampcc). Pour elle, ils jouent un rôle majeur dans la demande et la consommation d’énergie, la planification urbaine, les transports et l’agriculture. Les villes et territoires, poursuit-elle, c’est aussi la commande publique qui peut être mobilisée au Nord comme au Sud, au service de la cause climatique. Il faut, selon elle, la contribution des acteurs non étatiques pour aboutir à un niveau de réchauffement tolérable. «C’est dire que leur contribution est cruciale pour la mise en œuvre de l’accord conclu à l’occasion de la COP-21 à Paris en décembre 2015 dernier», a souligné Mina Bouhdoud qui pense que Marrakech permettra d’élever à l’unisson la voix de l’Afrique.
Ce que consent Luc Atrokpo, président de l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb) qui a relevé le grand intérêt des Etats africains à jouer leur partition dans le cadre de la lutte contre les effets des changements climatiques. Il a plaidé en faveur de l’éligibilité de l’Ancb et de ses homologues du continent pour la mise en œuvre du Fonds vert pour le climat.
Pour Siaka Coulibaly, représentant résident du Pnud au Bénin, la situation est préoccupante. Marrakech demeure le sommet de l’action dans la mesure où il permettra de débattre de l’atténuation des changements climatiques et des possibilités d’innovation en matière d’adaptation.
Selon Siaka Coulibaly, la poussée démographique constitue une menace par rapport aux villes qui abriteront plus de la moitié de la population. Ainsi à l’horizon 2050, les territoires émettront plus de gaz. D’où le réchauffement climatique en milieu urbain entrainera des catastrophes. Dès lors, fait remarquer Siaka Coulibaly, les effets du réchauffement constituent une entrave au développement. Donc, il recommande de soutenir fermement la thématique du forum et d’encourager les élus locaux à mobiliser les ressources nécessaires pour la Convention des maires pour le climat et l’énergie en vue de sa mise en œuvre en Afrique.
Villes et territoires au cœur des enjeux
Pour le ministre en charge du Cadre de vie, José Didier Tonato, les villes et territoires sont au cœur des enjeux climatiques. Ils abritent des entreprises et sociétés vulnérables aux changements climatiques. Il faut, selon lui, faire en sorte que les villes soient plus résilientes et durables, en investissant dans les transports collectifs, l’agriculture, l’énergie et autres. Il a également suggéré d’aider les communautés rurales à améliorer leurs productions par la maîtrise des contours de l’adaptation et de l’atténuation.
Le ministre en charge de la Décentralisation, Barnabé Dassigli, ouvrant le forum pré-COP 22 a décliné ses principaux objectifs. Il s’agit, a-t-il indiqué, de faire le point de la mise en œuvre de l’Accord de Paris et ses implications pour les collectivités territoriales, notamment en Afrique. Le forum permettra également de présenter l’ensemble des initiatives et engagements des collectivités territoriales pour mettre en œuvre les dispositions de l’Accord de Paris avec un panorama des collectivités africaines impliquées dans ces initiatives et leur appréciation de la plus-value desdites initiatives. Il offrira également l’occasion de discuter de la Convention des maires pour le climat et l’énergie, puis de sa mise en œuvre en Afrique, de débattre de la position des collectivités territoriales d’Afrique par rapport aux négociations de la COP 22, y compris la formulation des engagements et initiatives des collectivités territoriales africaines en matière d’atténuation et d’adaptation. Enfin le forum de Cotonou permettra de présenter les engagements concrets pris par l’ensemble des acteurs territoriaux africains et d’émettre des propositions précises pour que les engagements et les initiatives desdits acteurs puissent trouver leur place dans l’organisation de la COP 22 à Marrakech et être pris en compte.
En définitive, «Il s’agit d’apporter aux défis climatiques une réponse solidaire ; aucun territoire ne doit être laissé pour compte», a relevé le ministre Barnabé Dassigli ?

Sans existence légale jusque-là, la profession de conseil juridique en vogue au Bénin depuis les années 80 se fait de plus en plus utile sur le terrain au Bénin. C’est certainement ce qui a poussé le député Gérard Gbénonchi à initier une proposition de loi pour sortir les professionnels du secteur de la clandestinité. L’Assemblée nationale se penchera dans les mois à venir sur cette proposition de loi pour rendre légale la profession de conseil juridique, sans créer de conflit d’attribution entre celle-ci avec les autres corps d’auxiliaires de justice tels que les avocats et les notaires.
L’histoire renseigne que la naissance de la profession de conseil juridique remonte à 1986 : époque ayant connu le gel du recrutement dans la fonction publique béninoise. En effet, tous les étudiants sortis des écoles et facultés universitaires sont laissés à leurs propres sorts, l’Etat étant le principal employeur. Face à la situation, l’Etat a autorisé les médecins en fin de formation à ouvrir des cabinets médicaux privés. C’est ainsi qu’à l’instar des médecins, les juristes en fin de formation au deuxième cycle des facultés de droit et nantis du diplôme de maîtrise en droit, à leur tour, ont cru devoir eux aussi s’installer à leur propre compte après leur stage passé dans des cabinets d’avocat. Dès lors, ils ont commencé par créer des cabinets de conseils juridiques et exercent depuis lors au vu et au su de tous. Les premiers cabinets sont installés dès l’an 1993 et sont répartis dans presque tous les départements du Bénin. En fait les conseils juridiques sont des professionnels de droit dont la plupart sont des diplômés d’universités en licence, maîtrise et doctorat. Mieux, ces professionnels de droit sont reconnus par le traité sur l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (Ohada), dans l’Acte uniforme relatif au droit commercial général en son article 9, traité dont le Bénin est signataire. Malgré ces différents actes, les professionnels de ce secteur sont traqués surtout par d’autres professionnels du droit. Il leur est reproché d’exercer une profession illégale et non reconnue par la législation béninoise. Ce qui fait qu’aujourd’hui, certains conseils juridiques exercent discrètement leurs activités.
Des conditions claires
C’est donc pour tenter de trouver une solution à ce problème que le député Gérard Gbénonchi se fait l’avocat des professionnels du métier de conseil juridique. En témoigne la proposition de loi portant statut du conseil juridique en République du Bénin qu’il a déposée en juillet dernier sur la table du président de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un texte de loi de 31 dispositions et qui vise à légitimer puis organiser la profession de conseil juridique au Bénin.
Selon l’article 1er de la proposition de loi, il est créé au Bénin une Chambre nationale des conseils juridiques du Bénin (Cncj). Elle est dotée de la personnalité civile et regroupe tous les professionnels habilités à exercer la profession de Conseil juridique dans les conditions fixées par la présente loi. L’article n°2 se fait on ne peut plus clair. Cette disposition précise que « nul ne peut, sans être préalablement inscrit au tableau de la Chambre nationale, exercer la profession de conseil juridique, ni créer l’apparence de cette qualité, d’une manière quelconque dans son activité ». Et pour être inscrit au tableau de la Chambre nationale en qualité de conseil juridique, il faut : « être de nationalité béninoise ou être ressortissant de l’un des autres Etats membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa), jouir de ses droits civiques ; n’avoir subi aucune condamnation pour crime ou délit de nature à entacher son honorabilité ; n’avoir subi aucune condamnation comportant interdiction du droit de gérer et d’administrer les sociétés ; être titulaire au moins d’un diplôme de maîtrise en droit ou de tout autre diplôme jugé équivalent ; présenter des garanties de moralité jugées suffisantes par la Chambre nationale des conseils juridiques du Bénin et sur la base d’une enquête de moralité dûment menée par les services compétents et avoir un domicile fiscal en République du Bénin». Les candidats suivent préalablement un stage pratique avant leur admission dans le corps de conseil juridique. Toutefois sont dispensés du stage pratique « les conseils juridiques déjà inscrits, les titulaires d’un doctorat en Droit, les professeurs et agrégés de droit à l’Université, les greffiers ayant accompli 10 années d’expérience professionnelle, les magistrats à la retraite ou ayant démissionné de la Fonction publique, les avocats, les notaires, les huissiers de justice, les commissaires-priseurs ayant exercé leurs professions pendant au moins cinq années, non frappés par une sanction disciplinaire quelconque» (article 23). Ne peuvent exercer la profession de conseil juridique toutes personnes condamnées et non encore rétablies ou ayant subi : une peine privative de liberté pour crime ou délit, contre l’honneur, la probité et les bonnes mœurs ; une sanction disciplinaire ou administrative de destitution, de radiation, de révocation de retrait d’agrément ou d’autorisation pour des faits de même nature. Ces interdictions s’appliquent également aux faillis non réhabilités et aux personnes admises au bénéfice de la liquidation judiciaire. Une enquête sur la moralité du postulant est préalablement faite par les soins de la Chambre nationale de conseils juridiques. La profession de conseil juridique est une profession libérale et indépendante. Elle est incompatible avec tout emploi public et toutes autres activités de nature à porter atteinte à son caractère libéral et à son indépendance. L’accès à cette profession est ouvert aux ressortissants d’un Etat non membre de l’Uémoa, ayant conclu avec la République du Bénin, une convention d’établissement ou tout autre accord international en tenant lieu et qui satisfont aux autres conditions exigées par la loi, nuance l’auteur du texte.
Pas de conflit avec les avocats
Ainsi, au sens de la proposition de loi, les conseils juridiques conseillent techniquement tout citoyen béninois qui s’estime lésé dans ses droits à faire valoir en personne ses propres moyens de défense devant les juridictions. Il instruit son client sur la situation juridique qui se pose à lui. Il lui donne son avis et lui propose des perspectives juridiques dans lesquelles il doit évoluer. Donner son avis sur des questions de droit, ce qui n’est pas une simple information à caractère documentaire, mais qui consiste à renseigner son interlocuteur sur l’état de droit relativement à un problème donné. Le Conseil juridique donne dès lors une prestation intellectuelle à partir d’un plan qui rapporte d’abord la problématique, ensuite fait appel à sa mémoire sur les principes du droit, et enfin analyse la situation qui s’est présentée ainsi que les propositions de solutions et leur faisabilité. Le conseil juridique ne donne pas de réponse personnalisée à une question précise, (cette compétence relève du monopole des avocats), mais il apporte une réponse générale ou fait une communication de document type par rapport à une question même précise. En d’autres termes, le conseil juridique est celui qui est inscrit au tableau de la Chambre nationale des conseils juridiques, fait profession habituelle de donner des conseils et consultations en matières juridique et fiscale ; de rédiger tous actes sous seing privés ; de procéder à toutes les formalités relatives aux actes qu’il rédige ; de faire de l’arbitrage sur demande des parties ; de faire de la médiation et conciliation des parties ; de faire de la négociation et la rédaction des contrats pour le compte de son client ; de faire de l’assistance et la représentation des parties devant les organismes non juridictionnels et les administrations publiques ; d’assister les citoyens devant la Cour constitutionnelle conformément à son règlement intérieur et devant la cour commissariats et brigades dans le cadre des enquêtes préliminaires ; de procéder à l’administration et à la gérance de tous biens meubles ou immeubles des personnes physiques ou morales ; de liquidateurs amiables ou judiciaires ; d’administrateurs provisoires ou syndic et de rédiger des mémoires pour le compte de ses clients. Le conseil juridique peut constituer pour l’exercice de sa profession, des sociétés à responsabilité limitée, des sociétés civiles ou des groupements d’intérêt économique à l’exclusion de toute autre forme de société?
Incompatibilité
Toujours selon le même texte, l’exercice de la profession de conseil juridique est incompatible avec toute activité de nature à porter atteinte à son indépendance, en particulier avec : l’exercice d’un emploi salarié, sauf chez un autre membre de la Chambre nationale ou au sein d’une société ou groupement inscrit au tableau de la chambre nationale. Toutefois un membre de la Chambre nationale peut dispenser un enseignement se rattachant à l’exercice de sa profession ; l’exercice d’une charge d’officier public ou ministériel ou de tout emploi salarié dans la fonction publique ; l’exercice d’une profession libérale autre que celle définie par la présente loi ; l’accomplissement de tout acte de commerce ou d’intermédiaire autre que ceux que comporte l’exercice de leur profession ; l’exercice de tout mandat commercial à l’exception du mandat d’administrateur, de gérant ou de fondé de pouvoirs des sociétés ou groupements inscrits au tableau de la Chambre nationale, nuance la proposition de loi déjà affectée à la commission chargée des Lois de l’Assemblée nationale. La profession de conseil juridique ne peut être exercée que par une personne physique, ou par une société civile professionnelle. Dans ce dernier cas l’inscription sur la liste établie par la Chambre nationale est faite au nom de la société. Le conseil juridique exerce sa profession, soit à titre individuel ou en groupe, soit en qualité de collaborateur d’un autre conseil juridique personne physique ou morale. «Lorsqu’un conseil juridique se rend coupable, soit de faits contraires à l’honneur, à la probité ou aux bonnes mœurs, soit d’une infraction aux règles du présent titre ou des textes pris pour son application, ou lorsqu’il a encouru l’une des condamnations ou sanctions qui auraient motivé le refus de son inscription sur le tableau de la Chambre nationale, le Procureur général près la cour d’appel peut le faire citer devant la cour d’appel aux fins de radiation temporaire ou définitive de la liste (article 19). Lorsque les faits sont imputables à un dirigeant ou à un membre d’une société, elle-même conseil juridique, la société peut être frappée des mêmes sanctions, poursuit la même disposition qui interdit par ailleurs aux conseils juridiques physique ou morale de se livrer au démarchage en vue de donner des consultations ou de rédiger des actes en matière juridique?
Droits et Devoirs 08 sept. 2016

Le mandat de son Comité exécutif arrivant à terme, mardi 27 septembre prochain, la Fédération béninoise de rugby se prépare à tenir son assemblée générale ordinaire élective. Ce sera le samedi 17 septembre prochain à Cotonou. Ainsi, les candidats aux différents postes sont désormais connus, après le dépouillement de l’appel à candidatures qui a été effectué.
Bientôt, la Fédération béninoise de rugby (Fébérugby) aura à sa tête un nouveau comité exécutif. Elle s’apprête à procéder au renouvellement de ses membres, lesquels avaient été sollicités pour faire du bureau consensuel installé. C’était au moment où, le rugby béninois était en proie à une crise sans précédent.
Déjà, tous les regards sont focalisés sur l’organisation de l’assemblée générale ordinaire élective programmée pour le samedi 17 septembre prochain au siège du Cnosb au stade général Mathieu Kérékou, à Cotonou. A cet effet, conformément aux statuts et règlement intérieur de la Fébérugby, un appel à candidatures a été lancé le 2 août et a pris fin, vendredi 2 septembre dernier. Du dépouillement effectué, il ressort que 25 candidats sont en course pour les 11 postes à pouvoir. Le président sortant, maître Léopold Olory-Togbé, ne sera pas candidat à sa propre succession. Ainsi, seul candidat au poste de président, Faustin Dahito, qui était son vice-président dans le bureau consensuel, est bien parti pour le remplacer au pied levé. Quant au secrétaire général sortant, Dominique Folly Amavi, il est toujours candidat à son poste. Il aura comme adversaire Roger Allagbé.
Les candidats à l’élection du Comité exécutif de la Fébérugby :
Président
Faustin Dahito
Vice-président
-Damien Gnonlongan
-Romain da Costa
-Abdou Ramane Houngbédji
Secrétaire général
-Folly Amavy
-Roger Allagbé
Secrétaire général adjoint
-Tamou Lafia
Trésorier général
-Roger Allagbé
-Bachiratou Adom
-Amavi Fabrice Anani
Trésorier général adjoint
-Hervé Gnonhossou
-Amavi Fabrice Anani
Organisateur général
- Abel G. Sèmassou
- Segbegnon Assogba
1er Adjoint à l’organisation
-Abel G. Sèmassou
-Romaric V. Kinmabou
-Evrard Gbozinkpa
2e adjoint à l’organisation
-Evrard Gbozinkpa
-Abdou Ramane Houngbédji
-Bruno Allagbé
Représentant des arbitres
-Hilaire K. Gbaguidi
-Tamou Lafia
-Romaric V. Kinmabou
Représentant des femmes
-Diane Kpati
-Bachiratou Adom

Pour mémoire. Les effets néfastes de la crise économique qui a commencé depuis 1981, a frappé de plein fouet tous les secteurs d’activité de l’Etat béninois, si bien que, du 19 au 28 février 1990, la Conférence des forces vives de la nation tenue sous la présidence de Monseigneur Isidore de Souza de vénéré mémoire a mis un accent particulier sur les réformes qui s’imposent dans les secteurs.
Les états généraux de l’éducation (EGE) tenus du 02 au 09 octobre 1990 ont permis aux acteurs de l’éducation de s’engager dans la mise en œuvre de nouveaux programmes d’études, à l’issue de l’audit approfondi du ministère de l’Education nationale de juin 1992 à mars 1993. A cet effet, les programmes par objectifs ont fait place à des programmes dits intermédiaires qui, à leur tour, ont été remplacés par l’Approche par compétences (APC), à partir de l’an 2001, dans les classes expérimentales au cours secondaire. Ce programme a été généralisé dans les lycées et collèges du Bénin à partir de 2005.
Malgré les contestations dont elle fait l’objet, l’Approche par les compétences a été maintenue après le Forum national sur l’Education tenu à Cotonou du 12 au 26 février 2007 et fait son petit bonhomme de chemin jusqu’à nos jours. Mais le système éducatif béninois peine toujours à sortir de l’auberge. Malgré les efforts consentis, de rudes dysfonctionnements continuent de jouer négativement sur sa qualité. Un constat qui interpelle surtout les acteurs de terrain, (les inspecteurs de l’enseignement, les pédagogues et didacticiens). Il nous faut enfin cesser de réclamer le rejet en bloc de l’APC, car les spécialistes ont prouvé que c’est la meilleure approche qui booste le développement et l’essor économique. Mais si au Bénin nous avons connu une baisse drastique des résultats scolaires, il faut en chercher les raisons moins dans les fondements théoriques et pratiques de l’Approche par les compétences que dans une mauvaise mise en œuvre de ses principes. Les acteurs du système éducatif béninois doivent enfin mettre la pression sur les hommes politiques pour réunir les moyens nécessaires afin de former efficacement les enseignants. Surtout que le pouvoir Talon a lâché visiblement les brides aux inspecteurs, notamment en ce qui concerne l’enseignement secondaire, nous pensons que c’est le moment plus que jamais pour remettre le Système éducatif béninois sur les rails. La technicité doit enfin reprendre ses lettres de noblesses et faire résolument machine arrière aux velléités politiques et parfois syndicalistes. Place à la technique et à l’application réelle des dix principes de l’APC. Il s’agit des principes de la globalité, de la construction, de l’alternance, de l’application, de la distinction, de la signifiance, de la cohérence, de l’intégration, de l’itération et du transfert. Lasnier (2000, p. 158-184). Halte à la navigation à vue.
Une entreprise humaine
L'acte pédagogique est complexe parce qu'il concilie la psychologie et l'intérêt de l'apprenant tout comme le savoir à dispenser, la compétence de l'enseignant ainsi que les finalités éducatives de la société dans laquelle a lieu l'enseignement/apprentissage.
L'enseignement est une entreprise humaine et sociale qui requiert de nombreuses interactions entre professeurs, apprenants et savoir d'une part, un renouvellement constant de pratiques d'autre part. En conséquence, nous considérons que la recherche pédagogique devrait être une quête de tous les instants.
Loin d'être des éternels manœuvres d'application de pratiques et d'outils conçus par d'autres à leur place, les enseignants auraient un comportement de construction vivante et autonome de leur classe. Une telle approche nous semble raisonnable car apprendre c'est construire son savoir et le seul outil qui puisse aider à cette construction, c'est le cerveau de celui qui apprend. Comme cette construction n'est ni spontanée ni facile, elle requiert l'intervention de l'enseignant dont la tâche n'est point uniquement de transmettre le savoir, mais de réunir les conditions nécessaires à sa construction par l'apprenant lui-même. Ces enseignants auraient comme options fondamentales :
une exigence de formation théorique qui leur permette de maîtriser parfaitement ce qu'ils ont à enseigner ;
une volonté de travailler en équipe, pour échanger et confronter observations, résultats et expériences ;
une conception de l'apprentissage qui prenne réellement en compte les apprenants, ce qu'ils sont et ce qu'ils savent, en relation avec les connaissances actuelles sur le fonctionnement de l'apprentissage et de la construction des connaissances ;
une volonté de lutter contre l'échec scolaire, à la lumière d'une analyse rigoureuse et scientifique des causes de celui-ci;
une volonté de concevoir leur matériel didactique et autres supports d'enseignement/apprentissage ;
une idée assez haute de leur métier et la conviction qu'il est difficile d'espérer développer l'autonomie des apprenants si les enseignants ne sont pas autonomes eux-mêmes.
L’Etat doit donc mettre prioritairement des ressources à la disposition des enseignants. En matière de ressources, Jonnaert (1999) évoque les réseaux opératoires de ressources. Un réseau de ressources est propre à une situation donnée et c'est le contexte de la compétence qui va convoquer un faisceau de ressources nécessaires à la résolution de la situation-problème (Autant de contraintes, d'obstacles à surmonter, autant de ressources à mobiliser). Ces ressources ont un caractère complémentaire et se soumettent à une optimalisation réciproque, c'est-à-dire qu'elles sont compatibles entre elles au sein d'une dynamique méliorative. Il est important de distinguer les ressources des connaissances, car les premières sont régies par trois principes qui les rendent valides: Une ressource est une ressource si et seulement si la personne qui dispose de cette ressource est en mesure de l’utiliser et si cette ressource s'avère un moyen effectif pour améliorer la situation. (Masciotra, 2007, p. 35) Les ressources peuvent être soit internes avec les acquis scolaires, les expériences, les habiletés et les centres d'intérêt des apprenants, soit externes avec les pairs, les professeurs, le matériel didactique, les documents, etc. (Scallon, 2004).
Les ressources
Les ressources internes sont multiples et variées. Elles comprennent les ressources cognitives, conatives et corporelles (Masciotra, 2007). Les ressources cognitives renvoient à l'ensemble des connaissances qu'une personne a construites en faisant l'expérience d'une diversité de types de situations. Par exemple, les connaissances linguistiques d'une personne en français constituent une ressource pour lire un journal ou converser avec un collègue. Encore une fois, cette connaissance n'est une ressource que dans la mesure où elle sert à améliorer une situation, à résoudre une tâche.
Quant aux ressources conatives, elles relèvent du savoir-être, c'est-à-dire de l'intérêt de l'apprenant ou de sa motivation à s'engager dans une situation, son image de lui-même, son attitude, ses valeurs, etc. (Reuchlin, 1990). Masciotra (2007) souligne que le développement de ces ressources est crucial, mais peut parfois être délicat dans la mesure où certaines ressources sont profondément personnelles et liées à des croyances (religieuses, nationales, etc.) et des valeurs (ethnoculturelles, familiales, etc.) qui ne sont pas toujours universelles. Enfin, les ressources corporelles impliquent la coordination de diverses parties corporelles indispensables aux différentes étapes de la résolution d'une situation-problème, comme l'acte d'écriture, la manipulation d'un ordinateur, d'outils, etc.
Ce sont essentiellement les ressources humaines et les ressources matérielles, c'est-à-dire toutes les personnes susceptibles d'aider ou d'accompagner une personne ou tous les moyens matériels disponibles qu'une personne est en mesure d'utiliser pour améliorer sa situation (Masciotra, 2007). Ainsi le professeur, les camarades de classe, les parents, un ordinateur, un dictionnaire, un didacticiel, l'internet, etc. sont autant de ressources externes exploitables par l'apprenant.
Ensemble nous pouvons relever le défi. Au travail ; la fatalité n’est pas encore vaincue?
Par Jules-Marie GANDAGBE ZOHOUMBO
Docteur en Psychopédagogie
Education 08 sept. 2016

Sauf revirement, Salifou Bachabi pourrait perdre son fauteuil de maire de Gogounou dans les prochains jours. Dix-sept conseillers sur les dix-neuf que compte le conseil communal, ont enclenché la procédure de sa destitution qui est aujourd’hui dans une phase avancée.
Le préfet du département de l’Alibori, Mohamadou Moussa, a entrepris des négociations pour apaiser les conseillers mécontents de la gestion du maire de la commune de Gogounou. Ces 17 conseillers qui ont enclenché la procédure de destitution du maire Salifou Bachabi ne démordent pas. Mercredi 7 septembre, une séance de conciliation s’est tenue sous l’égide de l’autorité préfectorale, mais à l’issue de la rencontre, les dissidents restent toujours campés sur leur position de tourner la page. Pour eux, le départ du maire est nécessaire pour le développement de Gogounou, bien qu’il ait fait son mea-culpa et présenté ses excuses selon des indiscrétions. «Nous avons atteint la porte du non-retour. Il n’y aura pas conciliation et le préfet aura le temps de constater», maintient Isaac Guéra, un des signataires de la motion de destitution. Mais le préfet a jusqu’au mi-septembre, soit encore une semaine, pour faire fléchir éventuellement les dissidents.
Suite à une réunion de crise tenue le 14 août 2016, le collectif des conseillers mécontents a adressé au maire une demande de session extraordinaire du conseil communal «à l’effet de décider d’un vote de défiance» à son encontre, avec ampliation au préfet. Cette correspondance en date du 16 août dernier s’appuie sur les articles 17 et 53 de la loi n° 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin et le décret n°2005-376 du 23 juin 2005 portant modalités de destitution du maire.
Entre autres griefs portés à l’encontre du maire Salifou Bachabi, élu sur la liste du Forum africain pour la restauration, la réconciliation et l’émergence (FARRE) à Bagou, les conseillers lui reprochent une gestion solitaire, une mauvaise gestion des ressources humaines et financières, la non reddition de comptes, le mépris des adjoints et des décisions du conseil communal en général, l’ingérence dans la gestion des chefferies traditionnelles. A titre d’exemple, le maire aurait opté pour l’achat d’un nouveau véhicule qui aurait coûté plus de 40 millions F CFA, alors que le conseil a décidé de la réhabilitation de forages équipés de pompe à motricité humaine pour moins de 10 millions F CFA afin de pallier le manque d’eau dans la commune et que son véhicule de commandement serait encore relativement en bon état. Un dossier le concernant serait même pendant devant la justice.

La Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et le projet Agrifam-Bénin ont organisé, mercredi 7 septembre, un atelier d’information des journalistes sur la filière igname. Il s’agit de faire le plaidoyer pour une organisation réelle de cette culture de premier plan dans la sécurité alimentaire et nutritionnelle du Béninois.
Il n’y a quasiment point de rue dans Cotonou où l’on ne retrouve une gargote pour igname pilée. La consommation de l’igname dans le pays s’est accrue ces dernières années, au point de supplanter le maïs dans le classement des aliments de base des Béninois. Mais derrière cette consommation à grande échelle se cache bien d’enjeux et de problèmes que la Plate-forme nationale des organisations paysannes et de producteurs agricoles du Bénin (PNOPPA-Bénin) et Agrifam-Bénin ont partagés hier avec les hommes des médias. Ce projet qui accompagne les organisations paysannes dans la préservation de la place de l’igname dans l’économie béninoise a entrepris une campagne de plaidoyer auprès des décideurs nationaux et locaux pour afin que l’igname soit érigée au rang des filières prioritaires, au regard de son importance dans la sécuritaire alimentaire et nutritionnelle. « Les acteurs de la filière sont confrontés à de nombreux défis qui affectent la compétitivité du produit et hypothèquent son avenir », souligne Serge Mensah, coordonnateur d’Agrifam-Bénin. Ces difficultés, explique-t-il, concernent notamment les tracasseries routières, des problèmes de positionnement sur les marchés, la baisse de la fertilité des sols, l’absence de financement. « Alors que l’igname est inscrite parmi les treize filières prioritaires du Plan stratégique de relance du secteur agricole (PSRSA), aucun financement de l’Etat n’accompagne cette filière », déplore Léopold Lokossou, président de PNOPPA-Bénin.
Si la demande en igname s’est accrue ces dernières années, Anne Floquet, agro-économiste, s’inquiète du déclin éventuel de l’offre si rien n’est fait pour accompagner les acteurs. L’igname en réalité est une culture dévastrice de l’environnement d’autant que sa production intensive fait reculer la forêt. « Si les forêts disparaissent, il n’y aura plus de production d’igname. D’où la nécessité pour l’Etat et la recherche de travailler pour améliorer la productivité et surtout trouver une alternative à la culture derrière la forêt », plaide-t-elle.
Le souhait du président de la PNOPPA-Bénin est que la filière igname soit inscrite en bonne place dans les investissements du Plan stratégique de développement agricole en cours d’élaboration.
Le Bénin est le 4e producteur mondial d’igname derrière le Nigeria, le Ghana et la Côte d’Ivoire, avec une production annuelle estimée à plus de 3 millions de tonnes. Sa contribution au PIB agricole est estimée à environ 25%.?