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Nouvelles

Visite du chef de l’Etat à son homologue du Nigeria: Les acquis du voyage de Patrice Talon à Abuja

Le président Patrice Talon a effectué mardi 2 août, une visite de courtoisie, de fraternité et de travail à Abuja. Avec son homologue nigérian Muhammadu Buhari, d’importants sujets bilatéraux ont été abordés avec une priorité toute particulière pour les questions économiques.

Pour diverses raisons inhérentes aux calendriers des présidents Muhammadu Buhari et Patrice Talon, ce dernier n’a pu honorer la tradition de ses prédécesseurs qui, une fois investis dans leurs fonctions, visitaient ce pays en premier pour des questions souvent d’ordre économiques. Mais en dépit de cette contrainte, les deux chefs d’Etat du Bénin et du Nigeria ont déjà eu des échanges dans d’autres cadres avant la rencontre du mardi 2 août qui leur a laissé la possibilité d’évoquer des sujets importants pour leurs pays respectifs. «Les questions de sécurité préoccupent beaucoup la sous-région. Le Bénin et le Nigeria sont dans une zone d’insécurité», notamment avec la menace de Boko Haram qui est une «réalité inquiétante», a confié le président Patrice Talon, de retour à Cotonou. Sur le sujet, les deux hommes ont eu des échanges et ont aussi abordé «les points de convergence et de renforcement de la lutte contre le terrorisme». Le président de la République loue par ailleurs les efforts engagés pour venir à bout de cette menace.

Patrice Talon était beaucoup plus attendu sur les questions économiques qui, d’ailleurs ont occupé une place de choix dans les discussions entre son homologue et lui. «Sur ce plan je dois avouer que la situation internationale et la situation du Nigeria par rapport à l’effondrement du prix du pétrole causent quelques déconvenues à nos populations en terme de pouvoir d’achat et d’échange de produits en provenance du Bénin», admet le chef de l’Etat. «Il faut fouetter les échanges entre deux pays, mais veiller à ce que les dispositions de la Cedeao soient respectées. Nous avons évoqué cette question. Il est regrettable de constater qu’au Bénin nous produisons beaucoup, nous avons quelques industries qui produisent et qui ont besoin de vendre sur le Nigeria mais souffrent des tracasseries qui ne permettent pas la libre circulation», a aussi indiqué le président Patrice Talon. Du commerce illicite qui foisonne actuellement entre le Bénin et Nigeria, Patrice Talon et Muhammadu Buhari ont convenu d’en faire un échange plus licite qui satisfasse aux intérêts des deux pays. La question, insiste le président de la République, préoccupe son homologue également et il faudra faire en sorte que le Bénin ne soit pas vu comme un «complice», suggère-t-il. « Nous devons veiller à ce que les produits qui ne sont pas autorisés au Nigeria ne passent pas par le Bénin…», poursuit-il, sans perdre de vue que «c’est un sujet qui appelle une analyse délicate».
Au cours de l’échange qu’il a eu avec la presse dès son retour d’Abuja, le chef de l’Etat a aussi rappelé que dans l’intérêt commun, «il convient que nos pays échangent davantage des produits dans la région de sorte que cela concoure à créer de l’emploi et de la richesse au lieu de se contenter de promouvoir l’exportation et le transit». Au nombre des acquis résultant de cette visite, il y a aussi la promesse faite par la partie nigériane «de donner les instructions nécessaires à ses services de douane pour que les échanges soient facilités en ce qui concerne le commerce légal, normal, qui relève de nos accords sous-régionaux».

L’énergie aussi !

L’énergie bénéficie de projets à court, moyen et long termes à l’issue de la visite effectuée par le président Patrice Talon à Abuja. Reconnaissant, le chef de l’Etat l’est davantage envers ce pays qui vend une partie de son énergie au Bénin bien que n’étant pas à l’abri du besoin. Raison pour laquelle, il a promis que les factures (béninoises) en retard seront réglées pour « permettre à ce que la fourniture à partir du Nigeria se fasse plus régulière». Des efforts seront aussi faits pour que le volume concédé au Bénin soit revu à la hausse, a-t-il indiqué. Par ailleurs, le Bénin utilise beaucoup de gasoil et de fuel pour ses centrales thermiques et cela coûte excessivement cher, selon le président de la République. «Nous ne pouvons pas continuer à espérer que la fourniture se fasse exclusivement avec ce combustible. Notre espoir est de pouvoir trouver du gaz un jour pour rentrer dans le champ des pays qui produisent de l’énergie à coût raisonnable », espère-t-il. Il faut aussi selon lui, trouver une source d’approvisionnement qui permette d’avoir de l’énergie à bon prix.
«Nous avons évoqué la possibilité d’installer au Bénin une plate-forme de stockage de gaz liquide et de regazéification pour permettre à nos centrales d’avoir accès à ce combustible bon marché. Cette plate-forme quand elle verrait le jour (programme à court terme), le Bénin pourrait avoir du gaz et en retourner au Nigeria par le pipeline ouest-africain», projette le président de la République qui promet de « s’atteler à ce projet viable dans les prochains mois». Patrice Talon et Muhammadu Buhari ont également envisagé au cours de leurs discussions, la dynamisation du projet commun à propos de la zone de coprospérité.

Actualités 03 août 2016


Court séjour du chef de l’Etat en France et à Niamey : Des échanges en faveur du développement économique

Le chef de l’Etat Patrice Talon est revenu le week-end dernier d’un voyage à l’extérieur qui l’a respectivement conduit en France et au Niger. A chacune de ces étapes, il a été question pour lui de prendre des attaches économiques en faveur de son programme de développement.

Le séjour du président Patrice Talon en France lui a permis d’échanger avec plusieurs partenaires financiers, laisse-t-il entendre de retour à Cotonou. En un seul et même lieu, il a eu, dit-il, des entretiens avec divers acteurs du milieu économico-financier, en vue du développement du Bénin. Parmi eux, Vincent Bolloré le patron du groupe Bolloré engagé dans plusieurs projets économiques concernant le Bénin. La rencontre avec ce dernier justifie en partie la seconde destination du président de la République au cours de ce voyage.

A Niamey, avec son homologue nigérien, il a été question de la relance du transport ferroviaire entre les deux pays avec en priorité, la suspension des travaux engagés précédemment. «Ce dossier qui concerne le Bénin et le Niger est actuellement dans l’impasse», indique le président Patrice Talon qui rappelle néanmoins son importance économique pour les deux pays. «Il urge de trouver des solutions», soutient le chef de l’Etat préoccupé par la sauvegarde des intérêts du Bénin et du Niger.
Si avec Vincent Bolloré, il dit avoir échangé sur le projet, avec le président nigérien, il a exprimé ses sentiments et développé sa stratégie de sortie de crise. Aussi, rappelle-t-il qu’il avait déjà eu le privilège d’échanger, il y a quelques jours avec l’autre acteur concerné par ce projet, l’opérateur économique Samuel Dossou. Dans quelques mois au plus tard, rassure-t-il in fine, «ce programme va reprendre son cours » dans des conditions qui tiennent compte des réalités du moment.
Absent du territoire national à l’annonce du décès de l’ancien président de la République Emile Derlin Zinsou, il en a profité pour exprimer sa compassion suite au décès de ce grand homme de qui ses congénères et lui tiennent beaucoup.

Actualités 02 août 2016


Accession du Bénin à la souveraineté internationale: Sobre mais belle parade militaire pour commémorer le 56e anniversaire

Pour son premier défilé à l’occasion de la commémoration de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le président Patrice Talon a voulu d’un défilé modeste. «Célébration dans la sobriété», avait-on annoncé mais cela n’a pas eu raison de la qualité et de la beauté du spectacle offerts sur le boulevard des armées par les composantes des Forces armées béninoises.

Pas de chefs d’Etats étrangers ni d’invités de marque. Pas de personnalités étrangères, pas de défilé civil, mais une belle fête en somme ! Belle célébration à laquelle le gratin politique béninois s’est invité en masse : Les membres et responsables des institutions de la République; des anciens présidents Nicéphore Dieudonné Soglo et Boni Yayi, des autorités politiques administratives, dont l’ancien Premier ministre Lionel Zinsou, challenger du chef de l’Etat au second tour de l’élection qui a consacré son ascension au palais de la Marina. Aux côtés du président de la République et de la Première dame, ils ont assisté à la belle parade offerte par les composantes des Forces armées béninoises pendant plus de 90 minutes. «Le rôle des Forces de sécurité et de défense dans le renforcement du processus démocratique» : C’est sous ce thème que le défilé a été placé, un peu comme pour reconnaître à l’occasion du 56e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale, le rôle crucial des hommes en arme qui, fidèles à l’engagement pris à la Conférence des forces vives de la nation de février 1990, sont retournés et séjournent dans les casernes.

Défilé pédestre sur fond de professionnalisme

Le défilé pédestre a été ouvert par la marche classique sous l’accompagnement de la musique de la Gendarmerie nationale, doyenne des musiques des Forces armées béninoises créée en 1961. C’est d’abord les anciens combattants conduits par l’adjudant-chef Boniface d’Oliveira qui passent en premier. Suivront les écoles et centres de formation notamment un détachement des écoles et centres de formation des Forces armées béninoises et des Forces de sécurité publique et assimilées. Le lycée militaire des jeunes filles général Mathieu Kérékou de Natitingou, le prytanée militaire de Bembèrèkè, l’Ecole nationale des officiers de Toffo, l’Ecole nationale des sous-officiers de Ouidah, l’Ecole de formation de la Police nationale, celle de la Gendarmerie nationale vont ainsi se succéder dans un mouvement rythmé avec de belles tenues et sous les ovations des personnalités présentes.
Changement de tempo, changement de cadence ! C’est avec la musique de la Police nationale que les détachements de la Douane, des Eaux, Forêts et Chasses, de la Police (corps urbain et unités spécialisées) vont dérouler leurs tableaux. Permettant ainsi à la musique de la Gendarmerie nationale de se positionner également pour accompagner en musique le passage des groupements de service. En premier lieu, le personnel féminin, hyper bien vêtu avec des mouvements bien rythmés accompagnés par des airs distillés par les musiciens. Comme il est de coutume, leur passage est salué par la foule en liesse, sans doute eu égard à la beauté du spectacle qu’elles offrent. La gendarmerie départementale, articulée autour des groupements régionaux a aussi défilé avant les détachements des forces aériennes, unité investie de la mission de défense de l’espace aérien. La devise des forces aériennes du Bénin est : «S’élever pour faire face» et c’est avec un détachement de trois pelotons qu’elles ont participé à cette parade militaire du 1er août. Que dire alors du passage des forces navales ! Tout un spectacle, surtout avec le défilé du personnel féminin employé dans divers services et unités. L’escadron de musique de l’armée de terre a assuré le passage de la dernière partie du défilé pédestre des composantes des Forces armées béninoises. Cela, pour le passage devant le président de la République et ses hôtes des unités de l’armée de terre, du premier bataillon du matériel de l’armée de terre, du détachement de la garde républicaine, du premier bataillon d’intervention motorisé et du Groupement national des sapeurs pompiers.

Le show des unitésspécialisées

Grand moment de démonstration de l’engagement et de la combativité des éléments des composantes de l’armée béninoise, le passage des unités spécialisées a donné lieu cette année encore à beaucoup d’appréciations. «La mante religieuse» des éléments de la Police nationale, le passage des éléments de la Brigade anti-criminalité, de la Brigade de protection du Littoral et de lutte contre la pollution, de l’Unité de Recherche, Assistance, Intervention et Dissuasion, de l’Unité spéciale de la police fluviale, de l’unité spécialisée de la surveillance de la frontière, ont permis aux populations présentes de se faire une idée de la ténacité des hommes en bleu. Suivront des composantes de la Gendarmerie nationale, avec l’unité spécialisée, le groupement d’intervention de la Gendarmerie nationale (Gign). Puis, enfin, les parachutistes implantés à Ouassa dans la commune de Zogbodomey viendront à travers leur détachement, refermer le défilé pédestre avec leur marche princière.
La sobriété voulue au défilé du 1er août n’a pas empêché l’armée d’exposer quelques-uns de ses moyens roulants, histoire d’apporter un plus à la parade des hommes en uniforme. Il y a eu d’abord les deux roues tout gabarits confondus de la Police nationale, de la Douane, des Eaux, Forêts et Chasse, de la Gendarmerie nationale et des motards de la garde républicaine. C’est encore dans le même ordre que ces unités ont ouvert et conduit le passage des quatre roues suivis des engins de divers ordres de l’armée de terre, du Groupement national des sapeurs pompiers et enfin du génie militaire ¦

Par Josué F. MEHOUENOU & Maryse Assogbadjo

Actualités 02 août 2016


Miss Bénin 2016: Gail Larissa Adjagba, nouvelle ambassadrice de la beauté béninoise

La promotion de la beauté et de l’intelligence de la jeune fille béninoise échoit désormais à Gail Larissa Adjagba pour les douze prochains mois. C’est à elle qu’est revenu l’honneur, au petit matin du dimanche 31 juillet dernier, d’hériter de la couronne que détenait Chelsea Fandohan qui elle, rejoint ainsi le club des anciennes Miss.

A en juger par certaines appréciations et les commentaires d’une partie du public présent dans la nuit du samedi 30 au dimanche 31 juillet dernier dans les jardins de Bénin Marina hôtel, Gail Larissa Adjagba n’avait pas vraiment la faveur des pronostics. Les regards étaient plutôt tournés vers d’autres concurrentes, plus jeunes. Mais au finish, c’est elle qui sera retenue. Pour les membres du jury mis en place par le comité d’organisation de l’évènement et présidé par Maître Séverin Quenum, la meilleure des représentantes des douze départements de notre pays est bien cette demoiselle originaire de Porto-Novo et venue défendre les couleurs du département de l’Ouémé. A 22 ans, du haut de ses 1,76m posés sur un corps de 64 Kg, sourire large, la nouvelle ambassadrice de la beauté béninoise a hérité son titre d’une soirée à suspense au cours de laquelle chacune des filles en compétition a rivalisé d’ardeur pour s’arroger le titre de la plus belle jeune fille du Bénin, au cours d’une cérémonie tout aussi belle.

Tout a été en effet mis en œuvre pour faire de l’élection de Miss Bénin 2016, une soirée glamour. Le public ne s’est pas non plus fait conter l’évènement. Les douze rivales d’un soir avaient ainsi du soutien pour chacun de leur passage respectivement en tenue traditionnelle, de plage et de ville. A chacune de ces occasions, les spectateurs découvraient davantage les prétendantes à la couronne tandis que les membres du jury eux avaient la lourde responsabilité de déceler les failles et les avantages de chacune d’elles. Mais cela n’aura pas été suffisant puisque la plus déterminante des épreuves reste de tout temps le speech, ces quelques minutes d’épreuve oratoire, qui permet souvent de départager les miss. A celle-là comme au moment de la danse traditionnelle, la future Miss semblait déjà avoir pris une longueur d’avance sur ses pairs. Mais jusque-là, rien ne déterminait encore celle d’entre les douze filles à même de prendre le dessus.
Après ces parades individuelles et collectives, le cinq majeur de la compétition s’est dégagé pour les joutes oratoires. L’exercice a porté sur la femme et son éducation dans la société. Là-dessus, chacune des cinq miss en compétition y est allée de son génie et de son inspiration pour accrocher les membres du jury. Et si certains discours ont été fort bien appréciés, d’autres par contre ont été stoppés par des cris. A cet exercice, seules les miss les plus endurantes ont résisté. Permettant ainsi aux membres du jury de finaliser leur délibération. Laquelle hisse Gail Larissa Adjagba, précédemment miss Ouémé, au rang de la plus belle jeune fille au Bénin pour le compte de cette élection. Succédant ainsi à Sylvania Chelsea Fandohan, la détentrice de la couronne, la nouvelle miss a pour première dauphine Lucrèce Kpogbezan, (Miss Couffo) et Frédia Georgette Kesso comme deuxième dauphine (Miss Atacora). Ce trio gagnant avec comme principale ambassadrice Larissa Adjagba aura au cours de son mandat (les douze prochains mois), la responsabilité de vendre et de défendre la beauté et la culture béninoises. Pour ce qui est de son mandat social, la nouvelle miss envisage la promotion de l'entrepreneuriat féminin par l'accès facile aux microcrédits et la modernisation de l'éducation en milieu scolaire dès le bas-âge.

Culture 02 août 2016


A la veille de la célébration du 56e anniversaire de l’indépendance : Le Bénin pleure un de ses anciens présidents, Emile-Derlin Zinsou

Le Bénin est deuil depuis la nuit du jeudi 28 juillet dernier. Un de ses anciens présidents de la République, le Docteur Emile-Derlin Zinsou a rendu l’âme à 98 ans. Il est parti pratiquement 10 mois après le décès d’un autre ancien président de la République, le général Mathieu Kérékou.

Pour qui connait le président Emile-Derlin Zinsou, c’est un homme qui a marqué l’histoire politique du Bénin depuis les indépendances jusqu’au temps du Renouveau démocratique.
Né le 23 mars 1918, Emile-Derlin Zinsou, est un ancien élève de l’Ecole normale William Ponty à Dakar au Sénégal. Diplômé de la Faculté de Médecine de Dakar, il est également diplomate.
L’homme que le Bénin pleure à la veille de la célébration du 56e anniversaire de son indépendance, fut l’un des hommes de main du régime militaire qui a pris le pouvoir en 1967. Mais le 17 juillet 1968, il a été fait président par le régime militaire avant d’être renversé par un coup d’Etat militaire en décembre 1969 par le Lieutenant-colonel Maurice Kouandété.
Arrêté puis libéré après, Emile-Derlin Zinsou s’est opposé au régime révolutionnaire qui a renversé le 26 octobre 1972 le monstre à trois têtes. Depuis donc 1974 jusqu’en 1990 Emile Derlin Zinsou n'a pas fait de cadeau au régime militaire révolutionnaire de Mathieu Kérékou aussi son activisme politique a(-il contribué à ouvrir la voie à la Conférence nationale de février 1990. Cette ère du renouveau démocratique lui a permis de créer l’Union nationale pour la démocratie le progrès (UNDP). Emile Derlin Zinsou a été également membre du Haut conseil de la République avant de siéger à la Cour constitutionnelle, première mandature sous la présidence de Elisabeth Pognon.
Les sincères condoléances du quotidien La Nation à toute la famille éplorée

Bruno SEWADE

Actualités 29 juil. 2016


56e anniversaire du Bénin à la souveraineté internationale: Sobriété et modestie comme marque à Cotonou

Le 56e anniversaire de l’accession du Bénin à la souveraineté nationale et internationale sera célébré en toute sobriété mais avec couleur. C’est ce caractère qui marquera cette année la fête de l’indépendance à Cotonou.

Le Bénin se prépare activement pour marquer d’un sceau particulier, le 56e anniversaire de son accession à la souveraineté nationale et internationale. Les différents corps qui traditionnellement étaient associés à ce rendez-vous annuel ne seront pas du reste cette année. Même si la Rupture a opté pour la sobriété dans les préparatifs sur le terrain augurent d’une célébration belle et impressionnante.

Au niveau des Forces armées béninoises (Fab), l’entrain du personnel rassure que le 1er août ne souffrira d’aucune faille. Comme à l’accoutumée, le défilé aura lieu sur le boulevard des armées. Dans ce cadre, explique le porte-parole des Fab et chef pôle logistique, le colonel Didier Ahouanvoédo, il y a des répétitions, depuis hier jeudi. Lesquelles prendront fin demain samedi 30 juillet, en vue d’une bonne préparation. Au menu de la célébration, les personnalités et autorités à divers niveaux et le public auront droit aux prestations des forces de défense et de sécurité, à savoir l’Armée de terre, la Gendarmerie nationale, les Forces aériennes et les Forces navales, pour le compte de la défense. En ce qui concerne les Forces de sécurité, le public suivra le défilé de corps constitués de la Police nationale et des autres forces assimilées à savoir les Douanes, Les Eaux, Forêts et Chasses.
A l’affiche, il est également prévu trois types de marches: la marche française, celle prussienne et les marches spécialisées qui regroupent celles des commandos parachutistes et de la Mante religieuse.
Le tableau des défilés ne sera pas trop garni cette année, même s’il s’annonce imposant. Contrairement aux années antérieures où la fête de l’indépendance est marquée par trois défilés, le tableau des prestations cette année en affiche plutôt deux: le défilé pédestre et celui motorisé. «Il n’y aura pas de défilé équestre cette année, conformément aux directives du Conseil des ministres qui voudraient que l’on limite certaines dépenses », annonce le colonel Didier Ahouanvoédo. L’exception cette année repose également sur l’absence des troupes étrangères, a-t-il ajouté. Aussi, le défilé motorisé ne connaitra pas la même envergure des années antérieures. Autant de modestie requise par le gouvernement de la Rupture pour limiter les dépenses faramineuses, explique le chef pôle logistique des Fab.
Pour le compte des célébrations annuelles, il est retenu un thème qui retrace l’atmosphère géopolitique et géostratégique du pays. Celui de cette année est intitulé «Rôle des forces de défense et de sécurité dans la consolidation du processus démocratique». Ce thème, explique le porte-parole des Forces armées béninoises, traduit l’engagement des personnels des armées à la consolidation de la démocratie, car, vante-t-il, «ce que le Bénin a de plus cher aujourd’hui est sa démocratie qui fait école sur le continent».

Le choix de Cotonou

Les indiscrétions avaient laissé croire que Porto-Novo, la capitale administrative, abriterait les festivités marquant le 56e anniversaire de l’indépendance du Bénin. Mais cette ambition ne sera concrétisée que les années prochaines, au regard du souci du gouvernement de ne pas ébranler les ressources financières du pays. Mais au-delà de ce paramètre, beaucoup d’autres critères entrent aussi en ligne de compte. Le choix de délocaliser la cérémonie officielle de Porto-Novo pour Cotonou émane du gouvernement sur la base des propositions formulées par les hommes en uniforme. Il se justifie par des raisons d’ordre sécuritaire et stratégique, au regard des menaces terroristes dans la sous-région.
«Nous avons expliqué les risques sécuritaires auxquels pourraient faire face notre pays, si la célébration venait à être célébrée à Porto-Novo, aux voix les plus autorisées, qui ont compris notre démarche, en délocalisant la fête à Cotonou», souligne le colonel Didier Ahouanvoédo. A l’en croire, les terroristes ne sont pas toujours des civils. «Les adversaires ne sont rien d’autres que les anciens militaires, radiés ou déçus de leur carrière, et qui connaissent les mêmes modes d’actions que ceux en activité ».
La célébration de la fête du 1er août à Cotonou cette année reste par ailleurs l’idéal pour éviter certaines irrégularités. Cette option, soutient le porte-parole des forces armées béninoises, permettra de limiter les tracasseries et d’éviter certaines situations malencontreuses. « Il n’y a qu’une seule porte d’entrée à Porto-Novo si l’on quitte Cotonou. Imaginez-vous l’embouteillage au niveau du seul pont qui relie Cotonou à Porto-Novo, lorsqu’il se produira le moindre incident», justifie-t-il.
Il est vrai que dans la plupart des pays du monde, la fête nationale se célèbre dans la ville capitale. L’objectif du gouvernement en portant premièrement le choix sur Porto-Novo vise donc à lui redonner son statut de ville capitale, a-t-il poursuivi.

Actualités 29 juil. 2016


Etienne-Marie Fifatin, président de la CNIL sur la protection des données à caractère personnel : « Après la sensibilisation, nous passerons à la phase de répression »

Instituée par la loi n°2009-09 du 22 mai 2009 portant protection des données à caractère personnel en République du Bénin, la Commission nationale de l’Informatique et des Libertés (CNIL), est chargée de veiller à ce que l’informatique soit au service du citoyen et ne porte pas atteinte à l’identité humaine, aux droits de l’Homme, à la vie privée, aux libertés individuelles et collectives. Depuis le 26 décembre 2015, elle a un nouveau président en la personne d’Etienne-Marie Fifatin, magistrat de profession, en service à la Cour suprême. Il expose ici les enjeux de sa présidence.

La Nation : Quel est l’état des lieux de la connaissance, par les populations, de leur droit à la protection de leurs données personnelles ?

Etienne-Marie Fifatin : Vous savez que le monde dans lequel nous vivons est dominé par les nouvelles technologies de l’information et de la communication, de sorte que nous ne passons pas une journée sans consulter nos smartphones, sans nous connecter à internet. Bien souvent, dans les services que nous fréquentons, on nous demande des informations. Quand nous allons à la banque pour ouvrir un compte, on nous prend un certain nombre d’informations. Lorsque nous allons acheter une carte SIM auprès des opérateurs GSM, on prend nos données. Toutes ces informations que l’on collecte et qui sont considérées comme importantes, touchant à la vie privée, doivent être protégées. C’est l’objet de la loi 2009-09 du 22 mai 2009 portant protection de données à caractère personnel. Et c’est cette loi qui a mis en place une Commission qui veille à la protection de ces données. Nous devons alors comprendre que dans ce monde numérique qui nous emporte, nous devons faire attention. Nous, à la Commission, nous avons le devoir de protéger les citoyens, de protéger tous ceux qui utilisent ces données pour que ces personnes sachent à quoi s’en tenir. Lorsque nous prenons notre téléphone pour nous connecter, nous devons savoir que nous ne sommes pas toujours seuls. Lorsque nous appelons quelqu’un, ou que nous nous déplaçons, selon les fonctions que nous avons sur notre téléphone, on peut savoir où nous nous trouvons. Aujourd’hui, les populations ne connaissent pas suffisamment leurs droits. Or, ces droits doivent être promus et protégés comme faisant partie des droits fondamentaux de la personne humaine, ainsi que l’a prévu notre Constitution et ses textes subséquents.

Quels sont donc les défis à relever ?

Les défis, aujourd’hui, c’est de faire en sorte que chaque citoyen connaisse ses droits en matière de protection de la vie privée, pour qu’il ne s’expose plus. On dit souvent qu’avec les nouvelles technologies, nous sommes nus. Nous sommes nus parce que quand nous nous connectons, nous ne sommes pas seuls. On peut accéder à nos données. Lorsque nous allons nous faire enregistrer n’importe où sans précaution, nos données sont accessibles. Nous allons à l’hôpital, nous avons une certaine pathologie, on collecte nos données, ce sont des données qui nous sont précieuses et qui doivent être protégées. Le défi est donc d’informer suffisamment les populations. Nous devons faire en sorte que chacun comprenne et prenne des dispositions. Lorsque nous aurons réussi ce travail d’information, que nous avons du reste commencé en faisant le tour de certains collèges du pays à Cotonou, Natitingou et Parakou, où nous sommes allés parler aux élèves, grands utilisateurs de ces outils ; les populations pourront faire valoir leurs droits dans le domaine. Par ailleurs, dans les administrations, dans les services, on enregistre nos données. Ceux qui enregistrent sont considérés comme des responsables de traitement. En tant que tels, ils ont des obligations. Ils doivent, entre autres, déclarer leur traitement. Il leur est même fait obligation, en ce qui concerne la collecte de certaines données, de demander l’autorisation de la CNIL. Ainsi, on ne peut pas collecter les données des populations comme on veut. L’autre défi aujourd’hui, c’est de discipliner un peu le domaine pour que ceux qui collectent les données prennent conscience qu’elles sont confidentielles. Car les données collectées, les données biométriques qui ont trait à la couleur des yeux, des cheveux, les empreintes digitales, les photos, etc. sont très sensibles. Donc il faut faire en sorte que leur traitement se fasse conformément aux normes. Et depuis l’avènement de la loi 2009-09, il y a beaucoup de responsables de traitement qui n’ont pas encore fait leur déclaration à la CNIL ou qui n’ont même pas fait une demande d’autorisation de collecte de données à la CNIL. Nous sommes dans une phase de sensibilisation à leur endroit ; nous passerons ensuite à la phase de répression.

Justement, comment pouvez-vous les sanctionner, ces traiteurs indélicats de données ?

Il y a une série de sanctions prévues par la loi. Il y a des sanctions administratives, des sanctions civiles et des sanctions pénales. Les sanctions administratives vont se décliner par exemple en un avertissement, en interdiction de traiter des données, en blocage du système… Les sanctions civiles sont du domaine des tribunaux civils. Ainsi lorsqu’un traitement de données cause des dommages à autrui, celui qui est responsable de ce traitement est mis en cause et peut être condamné à la réparation par les juridictions compétentes. Enfin, au plan pénal, la loi a indiqué des peines allant jusqu’à 10 années de prison et des amendes jusqu’à 50 millions de FCFA. C’est important et cela doit faire prendre conscience que les données personnelles que l’on collecte sont des données à protéger absolument. C’est à cela que nous allons nous atteler davantage au cours des années à venir pour que chacun -citoyens comme utilisateurs de données-, prenne conscience de l’enjeu de la protection des données personnelles.

Comment comptez-vous concrètement amener les fournisseurs de services nécessitant la capture de certaines données personnelles, à prendre conscience de leurs responsabilités ?

C’est un domaine encore plus complexe parce que ces fournisseurs sont des commerçants. Ils ont un souci de rentabilité et c’est normal. Mais ce faisant, ils ne doivent pas oublier qu’il y a d’autres impératifs comme la sécurisation des données qu’ils collectent. Et il faudrait que cela soit bien compris. Parmi ces fournisseurs d’accès, nous avons certains réseaux GSM qui opèrent aujourd’hui encore sans accomplir les formalités. Nous allons poursuivre notre sensibilisation de manière à ce que la phase de transition passe. Dès lors, nous entrerons en répression. Ainsi, si un opérateur, un fournisseur d’accès ne respecte pas la loi, il subira les sanctions. Cela, nous comptons le faire pour que les droits des citoyens soient mieux respectés.

La CNIL a-t-elle les moyens de sa politique ?

C’est évident que nous n’avons pas tous les moyens. Et en l’état actuel, nous ne pouvons pas prétendre atteindre pleinement nos objectifs. Cependant, la CNIL bénéficie d’une subvention de l’Etat. Elle n’est pas encore suffisante mais c’est un début. Ce serait mieux si nous avions de grands moyens parce que, pour contrôler les responsables de traitement, il nous faut des outils perfectionnés. A supposer que les opérateurs collectent des données et que nous voulons vérifier si ces opérateurs, ces responsables de traitement disposent de moyens suffisants pour assurer une protection, pour le faire il faut des moyens. Dans d’autres pays par exemple, c’est un laboratoire d’outils qui fait les analyses. Lorsque vous tombez sur des cas du genre du procès qui se tient actuellement à Bruxelles contre Facebook, qui collecterait des données indûment, il faut en avoir les moyens car c’est un géant. Voilà pourquoi nous comptons également sur les pouvoirs publics pour doter la CNIL davantage de moyens pour lui permettre d’attendre ses objectifs.

Vous parlez de Facebook. Nombre d’internautes béninois en sont des utilisateurs. De quel pouvoir disposez-vous pour lui faire face le cas échéant ? Votre capacité d’agir ne semble-t-elle pas limitée face aux opérateurs nationaux ?

Vous avez raison. Dans le contexte même où le procès se déroule, il n’est même pas encore évident d’avoir gain de cause contre ce géant. Partant de notre petite expérience, pendant la période électorale, beaucoup de choses ont circulé sur les réseaux sociaux. Vous avez parfois des personnes dont on déforme l’image, vous entendez des personnes parler, vous entendez des voix sans qu’il soit parfois possible d’identifier qui parle parce que le serveur n’est pas ici. Nous n’avons pas toujours les moyens de contrôler. Nous avons été confrontés à des difficultés pour vérifier car, pour cela, il faut avoir des moyens énormes. Or, les mêmes problèmes qui se posent dans les pays européens relativement à Facebook par exemple, se posent également au Bénin. En effet, les données des utilisateurs sont happées, enregistrées à leur insu. Avons-nous les moyens de contrôler tout cela pour le bien de nos populations ? Pour le moment, ce n’est pas évident. On n’a pas les moyens mais je pense qu’il ne faut pas désarmer. Il faut se donner les moyens et je crois que nous le pouvons. Pour le peu qu’on puisse faire au niveau où nous sommes, si l’Etat nous aide, si les utilisateurs nous aident, je crois que nous pouvons aller loin et c’est dans leur intérêt. Les populations peuvent nous aider.

En quoi faisant par exemple ?

Ah ! Par exemple lorsque dans un commerce on demande à collecter leurs données, elles peuvent demander si l’opérateur a une autorisation. Elles peuvent protester, faire remarquer que ces données qui vont être collectées ne semblent pas en adéquation avec le service qui va être rendu. Si vous voulez acheter des produits dans un commerce et qu’on vous dit que pour vous fidéliser, on va prendre vos contacts, vos noms et prénoms, les noms de votre père, de votre conjoint, le nombre d’enfants que vous avez, etc., a-t-on besoin de tout cela pour que vous soyez un client fidèle ? Vous pouvez donc vous y opposer. Lorsque dans une banque on collecte vos données, il faut vous assurer de ce qu’on fait avec. Il faut qu’on vous le dise car nous avons des cas de transfert de données. Vous donnez vos informations à un opérateur sur place, et il les envoie hors du pays ! Il doit vous prévenir et si cela ne vous convient pas, vous êtes en mesure de dire non, de refuser que vos informations se retrouvent dans un pays tiers ; surtout qu’il n’offre pas de garantie adéquate de protection.

Pouvez-vous rappeler ce qu’est la CNIL ?

C’est la Commission nationale de l’informatique et des libertés. Elle a, entre autres attributions, de veiller à la protection des données personnelles. La CNIL, également, peut donner des conseils, des avis, elle donne des autorisations pour les responsables qui veulent collecter des données mais elle peut faire aussi des contrôles. Par exemple quand on collecte des données, la CNIL peut contrôler après ce que l’opérateur en a fait. Donc elle agit en amont et en aval.?

Droits et Devoirs 28 juil. 2016


Félix Adégnika, coordonnateur du WSSCC: «Je veux qu’on mette l’eau et l’assainissement dans le Nouveau départ»

Le représentant de La Société civile béninoise à la VIe semaine africaine de l’eau qui s’est tenue à Dar-Es –Salam du 18 au 22 juillet dernier, Félix Adégnika, coordonnateur national du Conseil de concertation pour l’approvisionnement en eau et en assainissement (WSSCC) déplore l’absence des autorités béninoises à cette semaine africaine de l’eau. Malgré cette absence qui ne lui a pas permis de signer des contrats, il estime que le Bénin regorge d’hommes intelligents capables de lui assurer l’atteinte des ODD.

La Nation : Que peut-on retenir de la VIe semaine africaine de l’eau qui s’est tenue à Dar-Es-Salam en Tanzanie du 18 au 22 juillet dernier ?

Félix Adégnika : La VIe Semaine africaine de l’eau s’est tenue en Tanzanie du 18 au 22 juillet dernier sous le thème «La réalisation des objectifs de développement durable à travers la sécurité de l’eau et l’assainissement». Ce qu’on peut retenir de cette semaine, c’est qu’il y a eu un engagement fort des ministres en charge de l’eau et de l’assainissement pour qu’on puisse tacler, cibler cette fois-ci les objectifs de développement durable notamment en son point 6 qui traite de la durabilité du système et des infrastructures aussi bien pour l’eau que pour l’assainissement. L’objectif est de donner l’eau à tout le monde et que l’assainissement ne soit plus une denrée rare mais qu’elle soit accessible au grand nombre. On peut également retenir que tous les pays africains doivent disposer aujourd’hui de plans d’actions ODD pour que les bailleurs de fonds puissent contribuer à leur financement. Il faut également observer qu’il y a un engagement fort des partenaires techniques et financiers pour accompagner tous les pays africains qui le désirent.
L’ODD6, contrairement aux objectifs du Millénaire pour le développement, prévoit qu’on donne l’eau à tout le monde. Et pour qu’on puisse donner de l’eau à tout le monde, il faut garantir la ressource ; donc l’ODD 6 a beaucoup d’indicateurs et de cibles mais globalement on peut retenir qu’il faut garantir la sécurité de l’eau afin de donner l’eau à tout le monde. Cela met fin à la défécation à l’air libre. Savez-vous encore qu’aujourd’hui au Bénin, 60% de la population rurale s’adonnent à la défécation à l’air libre ? En milieu urbain, ce n’est pas aussi criard mais c’est plutôt grave puisque cela s’observe le long des berges lagunaires.

Le Bénin était-il fortement représenté ?

Vous avez bien fait de poser cette question. C’est ce qu’on a regretté. Il n’y avait aucune autorité même pas dans le processus de préparation de la semaine africaine de l’eau. Le président du Conseil des ministres africains a déploré que le Bénin ne figure pas dans les instances qui ont été mises en place. Le conseiller technique du ministre de la Santé qui était à Dar-Es-Salam n’a pas été considéré puisqu’il n’était pas annoncé et n’était pas détenteur d’un titre de représentant officiel. Il n’avait donc pas une lettre qui le mandatait officiellement. De sorte que pour le siège qui revenait au Bénin, il n’y avait personne pour revendiquer et l’occuper. Ainsi, ce sont les Etats qui avaient siégé qu’on était obligé de ramener pour suppléer le Bénin. Ce qui est regrettable pour la semaine africaine de l’eau qui constitue un sommet de haut niveau. Les partenaires sectoriels avaient pu échanger et négocier avec les pays comme le Rwanda, le Burundi et le Burkina Faso. J’avais presque les larmes aux yeux de constater que le Bénin n’ait pas avancé sur ce point.

Cela ne pose-t-il pas problème en termes d’engagement et de retombées ?

De mon point de vue ça pose problème. Il faut demander aux autorités béninoises les raisons de leur absence à Dar-Es-Salam. Peut-être que le Bénin a beaucoup de ressources mais il y a à retenir que pour s’autofinancer, c’est difficile. Nous savons que le secteur de l’eau nécessite beaucoup d’argent et de ressources et que le secteur de l’assainissement exige également un changement collectif de comportement. On a donc besoin de beaucoup de ressources pour ça et cela pourrait compromettre l’atteinte des Objectifs de développement durable. Mais j’ose croire que nous allons nous ressaisir afin de saisir ces opportunités pour que les portes s’ouvrent au niveau de certains partenaires qui pourront nous aider. Il est vrai que les Pays Bas frappent à nos portes aujourd’hui et que nous allons conclure bientôt un autre PPEA ou je ne sais quel nom cela va prendre.Il est bien d’avoir plusieurs cordes à son arc. Qu’il vous souvienne qu’on a arrêté un PPEA2 dans ce pays ; tout était bloqué et jusqu’à maintenant il n’y a aucune activité à la Direction générale de l’eau. C’est dire qu’il est mieux pour nous d’avoir plusieurs partenaires que d’en avoir un seul.

En quoi consiste la sécurité de l’eau et de l’assainissement ?

La sécurité de l’eau est un terme central de la 6e semaine africaine de l’eau. Cela consiste en ce qu’il faut mobiliser les ressources. Pour donner l’eau, il faut en avoir et vous savez très bien que les ressources en eau ne manquent pas au Bénin. Vous voyez le Bénin a peu de zones de roches où la ressource est rare. Quand on a mobilisé la ressource, il faut appliquer la gestion intégrée des ressources en eau : c’est la GIRE. La GIRE, c’est de l’eau pour toutes les activités humaines et pour tous. L’eau pour tous les usages, à savoir l’agriculture, l’irrigation, etc… tout ceci pour tous les handicapés, les personnes vulnérables. Il faut faire en sorte qu’on ne laisse personne derrière.
Et l’assainissement, c’est l’approche de l’Assainissement total piloté par les communautés (Atpc). Comment procéder pour qu’on arrête avec la défécation à l’air libre. Ce qui est possible, le Bénin peut rapidement atteindre cet objectif avant 2030 qui est l’horizon prévu. Il suffit qu’on en fasse une priorité. Cela ne nécessite pas beaucoup de ressources. Il faudra envisager et voir avec les communautés et discuter avec elles afin de les amener à changer simplement de comportement. Ce n’est pas l’argent ni les ressources qu’il faut. C’est permettre aux gens d’aller discuter, pas d’aller conseiller mais leur dire qu’il y a une autre façon de vivre et qui peut limiter les risques de maladie que nous avons chaque année.
La fin de la défécation à l’air libre va nous procurer beaucoup d’avantages et je pense qu’on va y arriver.

Que prévoit la vision africaine de l’eau à l’horizon 2025 ?

C’est toute une politique africaine qui a été retenue mais je vais expliquer qu’à l’horizon 2025, il n’y aura aucun pays africain où l’eau va encore tuer. C’est de garantir la sécurité de l’eau, et l’accès universel à l’eau pour tous. C’est dans ce paquet qu’on met les droits à l’eau et à l’assainissement, c’est dans ça qu’on privilégie les populations défavorisées. Il est vrai que tout le monde ne peut pas payer l’eau.On est convaincu qu’en Afrique l’eau n’est plus gratuite; mais il y a des politiques qui permettent à tout le monde d’avoir accès à cette ressource et également d’avoir accès aux services d’assainissement.
Comme ça se fait maintenant, il y a espoir pour le Bénin qui s’est engagé dans une politique de rupture ou de nouveau départ. Je veux qu’on mette l’eau et l’assainissement dans ce nouveau départ. Tel que cela se présente maintenant, nous aurons de bons résultats si on en fait une priorité. Ce sont les populations qui seront soulagées.

Quel appel avez-vous à lancer en direction des autorités béninoises ?
Mon appel est qu’on en fasse une priorité. Nous parlons de droit à l’eau et à l’assainissement. Je plaide vivement que le gouvernement du Bénin et le président Patrice Talon puissent faire en sorte que ces droits soient une réalité au Bénin. Ce n’est pas si difficile, quand on invoque le droit à l’eau et à l’assainissement : c’est comment travailler ensemble pour qu’on voie les spécificités de certaines couches afin qu’on puisse leur offrir ce service-là; parce qu’il y aura un système de péréquation et ceux qui sont riches vont essayer de contribuer afin qu’on serve ceux qui sont pauvres. Des pays très pauvres, deux fois plus que le Bénin l’ont réalisé ; si vous voyez aujourd’hui ce qui se fait à Madagascar, vous allez vous interroger sur le pourquoi le Bénin n’y est pas encore. Si on fait la moitié de ce qui s’y est réalisé, puisque nous ne faisons que 10 millions, nous aurions atteint des exploits que tout le monde va applaudir. On serait la référence parce qu’on n’est pas grand mais on est grand par notre intelligence et par les hommes que nous avons et on peut bien réussir dans ce secteur ?

Environnement 28 juil. 2016


Enquête de « La Croix du Bénin » sur l’école : Un système éducatif en déconfiture

Dans une enquête conduite dans le cadre du projet « Médias pour le développement au Bénin » (Média-Dév), l’hebdomadaire catholique « La Croix du Bénin » a publié un dossier sur l’école béninoise où l’auteur a mis en exergue ses dysfonctionnements et insuffisances. Au cours d'une conférence de presse animée mercredi 27 juillet, Crépin Magloire Acapovi, directeur de publication du journal et auteur de l’article intitulé « Etat alarmant du système éducatif béninois : les causes profondes d’un échec », a révélé les constats faits sur le terrain.

L’école béninoise se meurt. C’est la conclusion, sans équivoque, à laquelle est parvenu Crépin Magloire Acapovi, directeur de publication du journal «La Croix du Bénin» et auteur de l’enquête intitulée « Etat alarmant du système éducatif béninois : les causes profondes d’un échec ».
Parti du préalable que l’éducation est un droit à la fois humain et constitutionnel, Crépin Magloire Acapovi montre que savoir lire et écrire n’est pas un luxe. Mais sur le terrain au Bénin, la réalité est tout autre, remarque-t-il en descendant dans les départements de l’Atlantique-Littoral, de l’Atacora-Donga, du Zou-Collines, du Borgou-Alibori. En portant son analyse sur la gratuité de l’éducation telle qu’elle est mise en œuvre, il relève qu’elle a plutôt des « facettes trompeuses ».
En réalité, souligne-t-il, la décision de la gratuité a un caractère populiste et politicienne. Car les choses se passent de façon que les subventions prévues ne parviennent jamais à temps aux écoles. Ce qui pose d’énormes problèmes pour les directeurs d’école pour faire face aux besoins en fournitures et autres. « La gratuité est source d’aggravation des dysfonctionnements », relève Crépin Magloire Acapovi. L’autre conséquence de la gratuité, c’est l’accroissement des effectifs. « Le taux brut de scolarisation qui était de 68% en 1980 est passé à 109,1% en 2009 », souligne-t-il ajoutant que la présence des filles à l’école s’est également améliorée pour atteindre les 84,6%. Dans ce contexte d’explosion des effectifs, la qualité est en berne avec le manque d’infrastructures et d’enseignants et leurs besoins en formation, fait observer le journaliste.
Dans ces conditions faites de grands dysfonctionnements, les apprenants brillent par la contre-performance avec des échecs massifs aux examens de fin d’année et la baisse continue de leur niveau.
L’enquête de «La Croix du Bénin» s’est aussi intéressée au soutien de l’Etat aux écoles et collèges privés, aux agréments et autorisations d’ouverture perçus comme l’une des plaies du système. ?

Education 28 juil. 2016


Assemblée nationale: Deux journées sur la diplomatie parlementaire

Les députés organisent, à partir de ce jeudi 28 juillet, deux jours d’atelier sur la diplomatie parlementaire. Ce qui est une première à l’Assemblée nationale sous le Renouveau démocratique.

Nombreux sont les députés qui participent à des missions à l’étranger pour le compte de l’Assemblée nationale. Mais il n’existe aucun cadre leur permettant de rendre compte de leurs travaux à leurs collègues qui ne sont pas membres des instances de coopération interparlementaire ou n’ont pas participé à ces différentes missions. C’est le vide que vient corriger le président de l’Assemblée nationale en initiant l’organisation de deux jours d’atelier sur la diplomatie parlementaire. Cette innovation est une promesse du président Adrien Houngbédji qui, lors de son investiture en juin 2015, avait pris l’engagement d’accorder une place de choix à la diplomatie parlementaire grâce à la dynamisation de la coopération interparlementaire tant sur le plan bilatéral que multilatéral. Il vient donc joindre l’acte à la parole. L’importance de ces deux jours d’atelier n’est plus à démontrer.

En effet, ils permettront à tous les députés d’être au même niveau d’information dans l’engagement du Parlement béninois sur le plan international. A cet effet, il leur sera fait la restitution des différentes missions parlementaires afin de leur permettre de disposer d’assez d’informations sur les relations que le Parlement du Bénin entretient avec les autres institutions, organismes et autres structures internationaux. Ce qui offrira l’opportunité à l’ensemble des députés de toucher du doigt l’effort du président Adrien Houngbédji, pour le rayonnement de la septième législature au plan international. Aussi, ces journées permettront-elles de comprendre la gestion équitable dans le choix des députés pour les missions à l’étranger et de ses retombées pour le Parlement. Plusieurs communications vont meubler les travaux. Les députés suivront des présentations sur le point de la coopération entre le Parlement béninois et le Parlement panafricain, le Parlement de la Cédéao, le Comité de l’Union interparlementaire (Cip-Uémoa), l’Assemblée des Parlements francophones (Apf), l’Assemblée parlementaire paritaire (ACP UE). Grâce à ces journées sur la diplomatie parlementaire, les députés découvriront ces différentes instances de coopération interparlementaire et seront informés des grandes résolutions issues de leurs travaux.
L’atelier sera lancé ce jour par le président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Et ce, en marge de la séance plénière prévue ce même jeudi et au cours de laquelle les députés finaliseront enfin la désignation de leurs représentants au sein du Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée. Ils procèderont ensuite à la clôture des travaux de la deuxième session extraordinaire de l’année 2016. ?

Actualités 28 juil. 2016


1986 - 2244