La Nation Bénin...
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Les députés ont ouvert jeudi 14 juillet, la première session extraordinaire de l’année 2016. Cette ouverture a été favorisée par la participation de 51 députés, dépassant largement le quorum de 42 présences exigées par la loi pour la validité des travaux.
C’est désormais reparti à l’Assemblée nationale. Les députés ont lancé, jeudi 14 juillet, les travaux de la première session extraordinaire de l’année 2016. Lesquels travaux ont été à l’initiative de certains d’entre eux. Ils sont, en effet, une cinquantaine de députés à avoir signé la demande de convocation de cette session extraordinaire pour permettre au Parlement d’examiner certains dossiers qui n’ont pu être étudiés au cours de la première session ordinaire de l’année 2016 clôturée lundi 13 juillet dernier. C’est pour cette raison donc qu'ils ont décidé d’écourter leurs vacances pour se consacrer à l’examen de ces dossiers au nombre de six au total. Il s’agit en priorité du dossier de mise en conformité de la loi n°2015-18 portant statut de la Fonction publique votée par l’Assemblée nationale le 2 avril 2015. Cette loi, faut-il le rappeler, avait fait l’objet d’une seconde lecture le 2 août 2015. Il y a ensuite le projet de loi portant autorisation de ratification de l’accord de financement signé à Rome, le 1er février 2015, avec le Fida dans le cadre du financement partiel d’appui au développement du maraîchage (Padmar), l’atelier d’appropriation de la réforme du barreau de la République du Bénin, les journées de la diplomatie parlementaire, la désignation des représentants de l’Assemblée nationale au sein du Conseil d’orientation et de supervision (Cos)et des Commissions communales d’actualisation (CCA) et l’atelier de restitution des travaux de la 21e Conférence des parties (Cop 21) sur le changement climatique tenue en France en décembre 2015.
Aussitôt après l’ouverture de cette première session extraordinaire par le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Eric Houndété, les députés sont allés dans le vif du sujet. En marge de la séance plénière, ils ont évacué un des points inscrits à l'ordre du jour en l’occurrence la restitution des travaux de la Cop 21 présentée par Martin Pépin Anani, directeur général de l’Environnement. Cette restitution a surtout permis aux députés de renforcer leurs capacités dans l’examen et le vote des lois sur l’environnement et le changement climatique.
Actualités 15 juil. 2016

Ils ont poussé un ouf de soulagement. Et d’aucuns avancent qu’ils sont aussitôt sortis du maquis. Depuis le 12 juillet dernier, toutes les personnes autrefois concernées par le mandat d’arrêt lancé par le tribunal de Porto-Novo, bénéficient d’un sursis à exécution dudit mandat contre elles.
Cette nouvelle décision du tribunal de Porto-Novo est le fruit de la requête commune, en date du 7 juillet, formulée par les avocats Filbert Béhanzin, Amos Akondé et Thomas Ligan.
Conseils juridiques de Quentin Didavi, Marius Dadjo, Zéphirin Déguénon et Hugues Adjovi, tous membres du Comité de normalisation du football au Bénin (Conor).
En effet, ils ont adressé une requête à la Cour d’appel, aux fins de solliciter la récusation du juge Isnoudine Ibrahim auteur du mandat d’arrêt émis contre leurs responsables de la Fédération béninoise de football.
Et c’est accédant à cette requête que la Cour d’appel de Cotonou a ordonné le sursis à continuation des mandats d’arrêt contre les requis. Et ceci, en attendant l’examen sur les motifs de récusation du juge.
Selon certains juristes, le sursis à exécution est une procédure suspensive. C’est une procédure de récusation engagée contre le juge et non le mandat d’arrêt. « La loi le permet. Si le juge est récusé, la Cour d’appel va à nouveau confier l’instruction du dossier à un autre magistrat qui peut aller dans le même sens ou non. Dans ce cas, le juge comparait en personne devant la Cour d’appel avec ses arguments. S’ils sont fondés, la cour peut lui ordonner de continuer l’instruction du dossier», renseignent les juristes. En tout cas, quelle que soit l’issue de la procédure, celui qui aura en charge le dossier verra si les infractions sont constituées.
Vivement que le gouvernement accélère les négociations pour trouver une porte de sortie honorable à ce piège sans fin dans lequel se retrouve le football béninois!
La Fifa réagit et appelle
Dans cet interminable bras de fer entre la justice béninoise et certains responsables de la Fédération béninoise de football, la Fédération internationale de football association (Fifa), monte à nouveau au créneau. C’est par rapport à cette affaire de mandat d’arrêt émis par la justice béninoise à l’encontre du comité exécutif de la Fbf, ainsi que deux autres membres de la Fifa. Il s’agit de Augustin Sidy Diallo et de Constant Omari qui étaient à Cotonou pour superviser le congrès querellé qui a porté Moucharafou Anjorin à la tête de la fédération, vendredi10 juin dernier.
Un extrait du courriel de la Fifa
«Cher président, nous avons bien reçu votre courrier du 11 juillet 2016 au sujet des mandats d’arrêt contre le Comité exécutif de la Fédération béninoise de football et les observateurs de la Fifa et de la Caf au Congrès électif de la Fbf du 10 juin 2016. Comme mentionné dans notre dernier courrier du 6 juillet 2016, les associations membres de la FIFA doivent gérer leurs affaires de façon indépendante selon les articles 14 et 19 des Statuts de la Fifa. Nous avions également précisé que toute décision de justice s’imposant unilatéralement à la Fbf serait considérée comme une interférence dans les affaires internes de la Fbf et susceptible d’être adressée aux organes compétents de la Fifa et de la Caf. Dans ces conditions, nous vous informons que si la décision de justice n’est pas levée d’ici lundi 18 juillet 2016, le cas sera soumis au Bureau du Conseil de la Fifa afin qu’il prenne la décision qu’il estimera appropriée. Nous vous remercions par avance de nous tenir régulièrement informés de l’évolution de la situation et nous vous prions de recevoir, monsieur le président, l’expression de nos sentiments les meilleurs», peut-on lire dans le courriel en date du mercredi 13 juillet et signé par le secrétaire général adjoint de la Fifa,Marco Villiger.
Actualités 15 juil. 2016

Le président de l’Union fait la Nation (Un) et le président du Parti pour l’espoir du Bénin Tohinlô (Peb-Tohinlô) ont signé, mercredi 13 juillet, la convention d’adhésion de cette formation politique à l’Union. C’était à Cotonou en présence des députés, ministres et autres cadres des partis affiliés.
Puiser dans l’arrivée de Parti pour l’espoir du Bénin Tohinlô (Peb-Tohinlô) une impulsion nouvelle pour renforcer ce qui se faisait déjà au sein de l’Union fait la Nation (Un). C’est la leçon que le président de ladite union, Bruno Amoussou tire de l’adhésion officielle de cette formation politique à l’union. « Je ne doute pas que progressivement nous allons renforcer l’Union », se réjouit-il alors, surtout que cette adhésion se fait à un moment où l’unanimité s’est faite sur l’adoption de réformes pour une nouvelle vie politique de notre pays. Cette arrivée, selon lui, va élargir la plate-forme politique mais rajeunir l’ensemble des forces politiques. Encore que, l’Un s’était déjà penchée sur le système partisan de notre pays et a fait des propositions qui se rapprochent des dernières, soutient-il.
Il a invité les membres du parti adhérent à s’investir pour mériter leurs places, car souligne-t-il, il n’y a pas d’anciens ni de nouveaux. Heureux de les accueillir, Bruno Amoussou a relevé une dynamique en marche pour regrouper les forces politiques et s’est engagé à asseoir une boussole qui garantisse le développement. Aussi, projette-t-il une tournée à travers le pays pour expliquer l’importance pour les jeunes de militer pour disposer de l’expérience nécessaire pour diriger. «Je souhaite que prochainement d’autres forces significatives nous rejoignent pour des actions renforcées sur le terrain », a désiré le président de l’Un.
Un vœu que partage le vice-président de l’Un Antoine Idji Kolawolé qui s’est réjoui que ce partenariat s’achève sous de bons auspices, car atteste-t-il, ce n’est pas toutes les amitiés ou fiançailles qui s’achèvent par un mariage. «Nous avons ensemble traversé des périodes difficiles ; nous avons gagné des batailles en attendant de gagner la guerre», espère le vice-président.
« Les responsables, militants et autres sont déterminés pour une véritable Rupture ; nous sommes ensemble pour la victoire finale, car nous sommes convaincus que d’autres nous rejoindront», a lâché Antoine Idji Kolawolé, repris par Parfait Houangni qui a témoigné sa gratitude à l’Un pour tout le soutien dont il a bénéficié. «J’exprime ma profonde joie et celle des membres de mon parti pour l’honneur qui nous a été fait d’être accepté ; c’est pour manifester notre gratitude par notre fidélité que nous consacrons cette adhésion par la signature que nous apposons », martèle Parfait Houangni.
Elu deux fois député sur la liste de l’Union, il reconnaît le leadership de son président Bruno Amoussou, souhaitant bénéficier encore de ses conseils et expériences. Après la lecture du protocole d’adhésion par le secrétaire administratif de l’Un, Bruno Amoussou et Parfait Houangni ont échangé les parapheurs après avoir signé la convention d’adhésion. ?

Artiste musicien, Ismaël Saizonou, fait partie de ceux qui croient que le Bénin dispose de valeurs culturelles dignes de promotion. C’est un combat qu’il mène à travers un creuset dénommé «Quinzaine nationale de la musique béninoise». Un évènement qui est aujourd’hui à sa 5e édition et qui vise entre autres, l’aboutissement du «consommons local» au plan musical. Le coordonnateur de la Quinzaine nationale de la musique béninoise apporte ici d’amples détails sur l’évènement.
La Nation : Ismaël Saizonou, Vous êtes porteur d’un message pour les lecteurs du quotidien La Nation certainement dans le cadre de la quinzaine musicale qui se prépare ?
Ismaël Saizonou : Je passe par votre canal pour annoncer l’édition 2016 de la quinzaine nationale de la musique béninoise. L’évènement est prévu pour se dérouler du 18 au 31 juillet prochain.
Comment cela se passera t-il ?
Ce sera principalement sur les médias du pays. Je veux dire les radios et télévisions aussi bien publiques que privées. C’est un évènement initié pour corriger un fait qui est la présence trop envahissante des musiques étrangères sur les ondes du pays. C’est une situation qui nous interpelle tous. Car, lorsque nous sortons du pays, les choses se passent autrement ailleurs. Les artistes musiciens sont traités autrement chez eux. Ainsi, il vous sera difficile d’entendre la musique béninoise dans la presse audiovisuelle chez eux à moins que ce soit au sein de la communauté béninoise du pays. Malheureusement au Bénin, c’est l’effet contraire. C’est dans le souci de corriger ce constat fait que ce projet a été initié depuis bientôt 5 ans.
Ceci n’est-il pas la résultante d’une recherche de la qualité de la part des mélomanes et de la volonté de promotion de la qualité du côté des programmes des radiodiffusions et des télévisions ?
Autrefois, on avait des raisons de penser comme vous. Aujourd’hui les choses ont évolué. Le pays dispose d’une discothèque bien fournie. Vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a une pléthore d’artistes musiciens dans le pays qui font maintenant de bonnes choses. Ils travaillent dans de très bonnes conditions, et des studios numériques leur sont accessibles. Ce qui facilite un peu le travail. Ce qui fait d’ailleurs qu’il y a assez d’œuvres artistiques exploitables 24h sur 24h.
Le problème qui se pose est qu’il faut travailler sur la fibre patriotique de nos compatriotes pour qu’ils s’approprient de son génie créateur. C’est sur cela qu’il faut que nous mettions l’accent. Parce que personne d’autre ne viendra chez nous faire ce travail à notre place.
Je précise que ce n’est pas parce que c’est la quinzaine de la musique qu’il faut tout jouer. Il faut de l’autocensure. Tamiser et ne laisser que ce qui est bon. Je veux dire que la quinzaine ne fera pas la promotion des œuvres qui ne sont pas de qualité. Nous le disons parce qu’après la phase nationale de la quinzaine, nous passerons à l’offensive. Nous aurons à proposer certaines musiques béninoises à l’extérieur à travers la Quinzaine internationale de la musique africaine de la diaspora (QMNAD). Ce sera un programme d’échanges de discographie entre les services des programmes des radios publiques d’Afrique.
Comment va se dérouler concrètement la quinzaine ?
Il y a trois grandes activités que sont : la nuit des médias qui se déroulera à Parakou. Cette fois-ci nous voulons nous intéresser aux organes audiovisuels du septentrion. Ce sera une occasion pour regrouper les techniciens et animateurs. Car, ce sont eux qui sont à la base des musiques jouées sur les ondes. Il y a une autre activité dénommée «découverte Bénin». Il s’agit-là d’un clin d’œil aux jeunes talentueux artistes que nous allons mettre sous les feux de la rampe et les révéler au grand public. Le dernier événement est le «Prix média». C’est le socle de la quinzaine. Comme ce sont les services de programme qui observent la quinzaine, nous nous sommes dit qu’il faut les distinguer pour les encourager à aller dans ce sens. Ainsi les meilleurs chefs programmes, techniciens et animateurs seront primés.
Avez-vous un mot à l’endroit des mélomanes ?
Le comité d'organisation par ma voix dit sa gratitude au quotidien La Nation pour sa disponibilité permanente et tout ce qu’il fait pour accompagner et promouvoir la culture de notre pays. Nous exhortons tous les mélomanes, les professionnels des médias et les bonnes volontés à accompagner l’évènement. Cela va de l’authentification de la culture de notre pays. Et c’est une œuvre commune.
Culture 14 juil. 2016

Les cent jours de gestion du chef de l’Etat Patrice Talon étaient au cœur de la Soirée politique initiée, mercredi 13 juillet, par la Fondation Friedrich Ebert. Tous les ingrédients d’un débat enrichissant étaient au rendez-vous.
Un moment singulier de débat politique comme on en raffole à la Fondation Friedrich Ebert ! La soirée politique de la Fondation allemande réunissait quatre personnalités de la vie sociopolitique du Bénin autour de l’actualité du moment : les cent jours de gestion du chef de l’Etat Patrice Talon. Gustave Sonon, ancien ministre des Travaux publics du gouvernement Boni Yayi, Urbain Amégbédji, vice-président du Parti alternative citoyenne, Laurent Mètongnon, syndicaliste et Huguette Bokpè-Gnacadja membre de la société civile formaient le plateau du soir sous la modération de la journaliste Djamila Idrissou Souler. Le débat n’a pas subi de round d’observation. Dès la première question relative à l’état du pays cent jours avant l’ère Talon, deux positions se sont révélées. Gustave Sonon défend les efforts du gouvernement sortant en insistant la consolidation de l’équilibre macroéconomique du pays et les efforts d’investissement dans les infrastructures. «L’Etat laissé à la date du 6 avril n’est pas si criard comme on s’efforce à le démontrer. L’Etat est impersonnel et abstrait, ceux qui sont là ont le devoir de poursuivre l’œuvre entamée », souligne-t-il. Mais Huguette Bokpè-Gnancadja rappelle que la fin du pouvoir de Boni Yayi donnait le signal d’un mécontentement général. «Il y avait une quête de la lumière et c’est la recherche de la lumière qui a provoqué la Rupture », assure-t-elle. Laurent Mètongnon va plus loin, évoquant une mauvaise gestion des finances publiques et un bâillonnement des libertés. «Il y avait au moment de la prise du pouvoir, une tension qui s’est calmée avec les élections. La sérénité est revenue, le travail a repris», renchérit Urbain Amégbédji, actuellement directeur général de l’Agence nationale pour la Promotion de l’Emploi.
Pour autant, l’orientation imprimée par l’actuelle équipe gouvernementale ne satisfait pas encore le syndicaliste du plateau. «Je ne suis pas satisfait par rapport à la Rupture», affirme-t-il. Bien qu’il mette à l’actif du Patrice Talon la décision d’annulation des concours frauduleux, il estime que l’insécurité qui règne dans le pays et les réformes administratives en cours laissent les tenants de la Rupture sur leur faim. «Les cent jours ont été menés au pas de charge. Il y a un effort pour engager les réformes prioritaires, à savoir désengorger les ministères, des mesures pour réduire le train de vie de l’Etat », défend plutôt Huguette Bokpê qui se désole néanmoins de la portion congrue réservée aux femmes dans le gouvernement actuel.
Gustave Sonon salue également la réforme du système partisan en cours et souhaite que le gouvernement renforce les communes pour assurer la continuité du service public sur toute l’étendue du territoire national. Mais l’ex ministre des Travaux publics soupçonne une option libérale du régime actuel qui place de moins en moins l’homme au cœur de ses priorités.
Besoin de communiquer
La faiblesse de ce gouvernement, reconnait Urbain Amégbédji, est qu’il communique moins autour de ses actions, autrement il affirme qu’il faille du courage pour affronter le processus de révision de la Constitution, pour procéder à la désignation des chefs-lieux de département, annuler les concours frauduleux, et supprimer certains avantages abusivement conférés à certains agents de l’administration.
Le débat s’est ensuite focalisé sur le projet phare qui cristallise aujourd’hui toutes les attentions, à savoir la conclusion des travaux de la commission de réformes politiques et institutionnelles. Huguette Bokpè et Laurent Mètongnon évoquent une sorte de nébuleuse qui ne se justifie pas. «Pourquoi on fait tout un mystère autour des résultats de la commission ? On donne le sentiment de cacher quelque-chose. L’obligation de reddition exige qu’on publie le rapport », plaide la coordonnatrice de WILDAF. Laurent Mètongnon enfonce le clou : «Là où il n’y a pas transparence, c’est la suspicion qui s’impose. On ne doit pas nous empêcher le minimum d’information», s’offusque-t-il, dénonçant un manque de communication autour des actions du président de la République. Paradoxalement, Gustave Sonon trouve que le gouvernement fait bien de ne pas rendre public le rapport d’autant qu’il devra faire des consultations pour adopter une position unique.
Des points de réformes soumis à l’appréciation de la commission, la question du mandat unique est souvent revenue dans le débat. Si Huguette Bokpè n’y trouve aucun inconvénient, Laurent Mètongnon estime pour sa part, que ce choix ne doit pas s’imposer aux Béninois. « Il faut voir la réforme en termes de répartition des pouvoirs. La réforme va contribuer à un rééquilibrage des pouvoirs et il ne faut pas faire de fixation sur le mandat unique. Patrice Talon a fait son choix, le débat se fera au Parlement, le peuple va trancher», soutient Urbain Amégbédji. Et à Gustave Sonon de conclure : «Le mandat unique ne laisse pas au peuple la possibilité de sanctionner les dirigeants. Mais les priorités du peuple béninois sont ailleurs».
Le concept de Soirée politique à la FES vise à offrir un cadre d’échange informel entre différents acteurs qui s’intéressent à la vie politique et au développement du Bénin. La soirée a mobilisé plusieurs personnalités politiques et de la société civile qui n’ont pas manqué de verser leurs commentaires dans le débat autour des premiers pas du régime de Patrice Talon. ?

Après 4 ans de mise en œuvre du Financement basé sur les résultats dans huit zones sanitaires de 2012 à 2015, les résultats sont concluants et motivants. C’est ce qui a valu non seulement le renouvellement du projet mais aussi son extension à toutes les autres zones sanitaires. Pour se rendre à l’évidence de la véracité des différents rapports élaborés à cet effet, une délégation de la Banque mondiale conduite par la Représentante résidente de l’institution a effectué une descente à l’hôpital de zone de Banikoara dans le département de l’Alibori. C’était lundi 11 juillet dernier.
« Voir une fois, vaut mieux qu’entendre parler mille fois », dit-on. En faisant sien cet adage, la Banque mondiale, bailleur du Financement basé sur les résultats (FBR), l’une des composantes du Programme de renforcement et de la performance du système de santé (PRPSS), a dépêché une délégation sur le terrain, afin de s’assurer de l’amélioration de la qualité des soins aux populations et du degré de leur satisfaction. Cette délégation est composée du chef projet du PRPSS à la Banque mondiale, Ibrahim Magazi, du spécialiste en économie de la santé, Maude Juquois et de la Représentante résidente de la Banque mondiale au Bénin, Katrima Sharkey. La délégation accompagnée des représentants du ministère de la Santé et coordonnateur de l’unité du PRPSS, Alphonse Akpamoli a constaté de visu l’important progrès enregistré dans le cadre de l’amélioration de la qualité des soins, à travers des indicateurs comme la gestion du malade, le plan d’action, la gestion du budget, des comptes, des biens et des médicaments, l’hygiène et la stérilisation. Ces indicateurs concernent également les consultations externes et les urgences, la planification familiale, le laboratoire, les salles d’hospitalisation, la maternité, le bloc opératoire. Les membres de la délégation ont pu constater le respect de ces indicateurs qui visent l’amélioration de la qualité des soins de santé. Aujourd’hui, la grille de la qualité est de 96% avec le FBR alors qu’avant, l’hôpital de Banikoara végétait dans la pire vétusté.
L’hôpital de zone de Banikoara avant FBR
La situation de la qualité des soins à l’hôpital de zone de Banikoara avant l’avènement du FBR en 2012, n’était pas du tout reluisante. A en croire le médecin coordonnateur de la zone sanitaire de Banikoara, Vidékon Odjou, dans un bilan de la mise en œuvre du FBR de la localité, le taux de recours aux soins était de 37% et le taux d’accouchement assisté était de 59 %. Le taux de couverture vaccinale était faible pour tous les antigènes du Programme élargi de vaccination (PEV), dit-il. Il a ajouté que le constat est qu’il y a un faible taux de couverture en CpoN qui était de 12% avec des insuffisances des ressources humaines dans certaines formations sanitaires qui sont donc peu ou pas fonctionnelles. A tout cela, s’ajoutent les insuffisances des ressources matérielles et financières. Ce qui explique des conditions de travail difficiles dans certaines formations sanitaires. Il n’était pas rare d’observer un faible niveau d’hygiène au sein des formations sanitaires pendant que certains centres de santé étaient sans clôture, sans énergie électrique en continu ou de dispositif de relais ou de compensation.
En dépit des stratégies que le ministère de la Santé de même que les partenaires techniques et financiers (PTF) développent et mettent en œuvre pour résoudre ces problèmes, déplore-t-il, les résultats n’étaient pas satisfaisants. Pour expliquer cette situation, il précise que les actions ne visent pas souvent les résultats au niveau des centres de santé où il est remarqué une inexistence de reddition de comptes vis-à-vis de la communauté et l’insuffisance de responsabilisation du personnel. Tout ceci baigne dans un climat social souvent délétère du fait des mouvements de débrayage dans le secteur non favorable à l'amélioration durable de la performance. Il a aussi rappelé les actions mises en œuvre qui n’étaient pas en adéquation avec les besoins des communautés. On note de ce fait, dit-il, une faible implication des communautés dans la gestion des formations sanitaires avec des comités de gestion de centre de santé (COGECS) peu fonctionnels ou inexistants. «Le FBR apparait comme une opportunité pour l’amélioration du plateau technique, des conditions de travail et des facteurs de motivation personnelle des agents », a-t-il apprécié.
Le FBR comme opportunité
Le FBR apparait aujourd’hui dans la communauté des Bani Gansè comme une initiative noble et une opportunité à saisir pour le bien-être des populations.
Le maire de Banikoara, Sarako Bio Tamou se réjouit que les agents de santé font la fierté de la commune. Ces agents, poursuit-il, ont redoublé d’efforts dans l’intervalle de quatre ans.
Quant à l’hôpital de zone de la commune dont la performance était de 49,81% en 2012, elle est passée à 95,24% en 2015 et ne cesse de progresser. Dans le but d’accroître davantage la performance, de prévenir les maladies, de réduire la mortalité infanto-juvénile, le FBR a permis l’amélioration de l’implication et de la prise en charge de relais communautaires dans la référence à temps des femmes enceints, des accouchements récents, des enfants à vacciner ou malades graves.
Le rôle des comités de gestion de centre de santé n’est pas à négliger eu égard à son importance dans les séances de sensibilisation de la population, son rôle de médiateur entre la communauté et les formations sanitaires et son implication dans le règlement des conflits.
Le médecin chirurgien, directeur de l’hôpital de zone de Banikoara depuis le 26 juin 2013, Mamadamou Bouraima, a pour sa part affirmé que la différence entre la situation des centres de santé et de l’hôpital de zone avant et après la mise en œuvre de ce projet est très importante. Il a expliqué qu’avant, c’était la vétusté. Mais avec la grille FBR qui exige certains conforts, on a été obligé de mettre les bouchées doubles. Ce qui a valu les 96% pour la grille qualité à Banikoara. Bref, on a été obligé de faire beaucoup de choses. En toute chose, rappelle-t-il, il y a le capital humain qu’on a essayé d’améliorer.
Aujourd’hui, l’hôpital de zone de Banikoara compte cinq médecins dont un chirurgien, un gynécologue et trois médecins généralistes. Le directeur émarge au budget national. Quant au gynécologue, il est recruté et mis à la disposition de l’hôpital par le FBR. Les trois autres médecins généralistes sont recrutés sur fonds propre de l’hôpital. Plus de 65% du personnel sont payés par l’hôpital. Tout se passe bien comme si on était dans un hôpital privé.
«Les populations vont là où elles pensent qu’elles peuvent être mieux soignées», fait-il remarquer. C’est pourquoi, la fréquentation de l’hôpital a pratiquement doublé voire triplé. Les malades y viennent de partout.
L’apport du FBR au niveau de l’hôpital avec les subsides permet d’abord de s’équiper, ensuite de payer aujourd’hui des salaires. Alors, avec les propres recettes de l’hôpital, on fait des réalisations. L'acquisition d'un laboratoire a notamment coûté 56 000 000 FCFA sur fonds propre de l’hôpital. Chaque année, l’hôpital fait 50 000 000 FCFA d’investissements. Au service des urgences, cite-t-il, il est exigé au moins trois infirmiers diplômés d’Etat qui sont recrutés sur fonds propres de l’hôpital. Et pour satisfaire cette grille, l’amélioration des conditions de vie et de travail de tous les acteurs s'est imposée.
Ce qu’on aurait pu souhaiter, c’est qu’on trouve vraiment un mécanisme pour la pérennisation du FBR. A cet effet, il revient à l’Etat béninois d’essayer de faire quelque chose. Tout au moins au niveau de Banikoara.?

S’il est une réalité qui passe inaperçue dans les systèmes éducatifs formels, c’est leur incapacité à répondre de façon adéquate aux besoins de millions de garçons de toutes les régions du monde. Car si les filles ont moins de chances d’être scolarisées dans de nombreux pays, les risques de ne pas progresser et de ne pas achever un cycle d’enseignement touchent plus les garçons. Toutes choses qui indiquent la nécessité de mettre en place des politiques en faveur de la participation des garçons, souligne le Rapport 2015 sur l’EPT.
Ce ne sont pas seulement les filles qui sont défavorisées dans les systèmes éducatifs formels du monde. Les garçons aussi sont touchés par les risques liés au fait de ne pas pouvoir progresser et de ne pas achever un cycle d’enseignement.
Le Rapport 2015 de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (Unesco) sur le suivi de l’Education pour tous, édition 2015, constate que les garçons ne bénéficient pas d’un accès adéquat à l’éducation formelle. La raison, c’est le taux élevé d’abandon scolaire des garçons dans de nombreux pays. Soulignant l’importance de la poursuite des études sur le genre masculin, les experts citent les données d’une enquête menée en 2009 et 2010 au Brésil, au Chili, en Inde, ainsi qu’en Croatie, pour indiquer que les hommes moins instruits ont « des opinions discriminatoires à l’égard des femmes, qu’ils ont davantage tendance à se montrer violents à la maison et qu’ils s’occupent généralement moins de leurs enfants». A contrario, poursuivent-ils, les hommes ayant fait des études secondaires adoptent des attitudes et des pratiques dénotant un plus grand souci d’équité entre les sexes.
Causes de l'abandon
A la base de l’abandon des études par les garçons, on note plusieurs causes. Le Rapport fait état de ce que beaucoup de garçons quittent de façon précoce l’école à cause de la pauvreté, par obligation et en raison du désir de travailler. A cela, il faudra ajouter la scolarisation tardive, les mauvais résultats entraînant un désintérêt pour les études et les facteurs liés à l’origine ethnique ou à toute autre forme de marginalisation. Ainsi, dans beaucoup de pays d’Afrique australe ils ont été retirés de l’école pour servir en tant que surveillants de troupeaux comme c’est le cas au Lesotho, au Botswana et en Namibie. Au Brésil et en Jamaïque, les garçons issus des familles urbaines défavorisées, où l’éducation est considérée comme ne garantissant pas l’emploi, sont aussi retirés des bancs de l’école pour se mettre à la recherche de l’emploi manuel ou semi-qualifié. C’est le secteur de la construction qui est leur cible. Car pour eux, ce secteur ne requiert pas d’eux l’achèvement de l’enseignement secondaire.
Par ailleurs, au niveau des garçons issus des familles pauvres ou groupes minoritaires, le risque d’abandon est très élevé. Dans ces groupes, les parents préfèrent retirer tout simplement les garçons de l’école en guise de solution ou de réaction à leurs difficultés économiques. Et la destination, c’est le milieu du travail. A ce titre, les experts mentionnent le cas du Brésil où en cas de chute brutale du revenu familial, les garçons pauvres ont plus de risques d’être victimes d’abandon que leurs homologues moins défavorisés. On estime à plus de 46% le risque d’abandon chez eux. Plus grave encore, le Rapport indique que les difficultés économiques favorisent l’appartenance à des gangs, le recours à la violence.
Lutte contre l’abandon scolaire des garçons
En matière de lutte contre l’abandon scolaire, les experts notent une insuffisance. En effet, les politiques éducatives font généralement très peu cas de l’amélioration des taux de scolarisation et d’achèvement des garçons dans l’enseignement primaire comme au secondaire. Aucune stratégie visant à réduire les disparités entre les sexes ne figure dans les documents de politique. Ainsi, par exemple, les gouvernements du Lesotho et du Swaziland ne parviennent-ils pas à s’attaquer aux causes de la faible réussite scolaire des garçons. Toutefois, en Mongolie, des politiques en faveur de l’accès des garçons à l’éducation ont été mis en œuvre et ont permis d’améliorer la situation. «La politique adoptée en 2004 cible explicitement le taux d’abandon élevé chez les garçons», mentionne le Rapport.
Environnements équitables
Pour corriger les disparités, les experts préconisent des environnements équitables à l’école et en classe. Selon eux, il faut une égalité entre les sexes en termes d’accès, de processus d’apprentissage, de résultats scolaires. Au regard des facteurs scolaires non favorables à l’égalité entre les sexes, le Cadre de Dakar recommande la mise en place dans les écoles « des environnements d’apprentissage sécurisants qui tiennent compte des spécificités du genre». Faisant référence au Rapport mondial sur le suivi de l’EPT 2008, les experts entrevoient trois types d’interventions afin d’améliorer la qualité de l’apprentissage. Il s’agit d’augmenter l’effectif et la qualité des enseignants, de réformer les programmes et les manuels pour en élaguer tout préjugé sexiste, faire en sorte que les pratiques de classe tiennent davantage compte des questions d’égalité des sexes à travers une formation adéquate.
L’autre élément contribuant au redressement de la situation concerne spécifiquement le corps enseignant. En effet, il faut, expliquent les experts, une formation à la pratique de classe axée sur l’égalité des sexes. Ainsi outillés, les enseignants pourront aider les apprenants «à comprendre en quoi consistent les rôles des hommes et des femmes». De même, il est préconisé l’intégration d’une pédagogie tenant compte de l’égalité des sexes à la formation des enseignants. Le Rapport mentionne que certains pays fournissent des efforts dans ce sens. C’est le cas du Bangladesh dont le cours de préparation au certificat d’éducation des enseignants prend en compte le facteur égalité entre les sexes. L’avantage, c’est que les enseignants ont des outils pour analyser leur propre pratique et d’adopter des approches intégratrices, relèvent les rédacteurs du Rapport. Une formation axée sur l’égalité des sexes fournit aux enseignants les moyens de pratiquer un mode d’enseignement et d’évaluation plus diversifié. Dès lors, ils contribuent à garantir aux deux sexes une égale participation en classe, soutiennent les experts.

L’actualité européenne a été très agitée, le 23 juin dernier, avec les résultats du référendum qui valide le retrait du Royaume-Uni de l’Union Européenne. La coopération ACP-UE va-t-elle souffrir des conséquences du Brexit? Josep Coll, ambassadeur, chef de Délégation de l’Union européenne apporte des éléments de réponses.
La Nation: L’Union Européenne a vécu, le 23 juin dernier, un évènement inédit, à savoir le référendum sanctionnant le retrait du Royaume-Uni de l’Union. Comment les autorités de Bruxelles ont-elles accueilli le vote du Brexit ?
Josep Coll : Les autorités de l’Union Européenne ont émis un regret du résultat de ce référendum. Mais elles ont clairement indiqué qu’elles respectaient cette décision. Nous sommes dans un contexte de démocratie active et si un pays met en place un système pour consulter les populations, quel que soit le résultat, il faut l’accepter. Même si ce n’est pas ce que nous aurions souhaité. Il y a eu beaucoup de réactions politiques d'autres acteurs mais je m’en tiens ici à la position officielle. La majorité des participants à ce référendum a décidé et ce qui reste à faire c’est attendre que le gouvernement britannique, qui est seul habilité à le faire, communique officiellement aux autorités de Bruxelles l'intention de faire appel à l’article 50 du Traité européen, qui permet à un Etat membre d’annoncer sa volonté de se retirer de l’Union. Aussi longtemps que cette démarche, cet appel n’est pas fait, aussi longtemps que cette communication officielle du gouvernement de Londres au Conseil européen n’est pas faite, l’Union Européenne continue comme avant et les droits et obligations des uns et des autres continuent d'être appliqués et respectés. Il y a eu un référendum avec le résultat qu’on connait, mais l’effet juridique de celui-ci n’est pas encore effectif.
Le Royaume- Uni est le troisième contributeur au budget européen. Son retrait ne constitue-t-il pas une menace pour la mise en œuvre du 11e Fonds européen de Développement (FED)?
Non. Je suis absolument clair. Il faut déjà indiquer que le Fonds européen de Développement (FED) est distinct du budget européen. Le budget européen est constitué de contributions des 28 Etats membres y compris le Royaume-Uni, selon une clé de répartition. Le FED est un fonds séparé formé par l’apport des différents Etats qui peuvent ne pas suivre la clé de répartition traditionnelle. Donc si un pays veut mettre un montant plus élevé que d’habitude, il peut le faire. Pourquoi le FED? Il représente un signe de la solidarité de l’Union avec les populations des pays en voie de développement mais rien n’empêche un Etat membre d’avoir une coopération bilatérale. C’est le cas au Bénin où certains Etats membres ont des programmes de coopération bilatérale avec le Bénin parallèlement au FED. Au-delà, le 11e FED est un compact qui a été déjà négocié, approuvé et ratifié. Si le 11e FED n’était pas ratifié nous ne pouvions pas l’appliquer. Nous sommes en train de l’appliquer, non seulement au Bénin mais dans l’ensemble des pays africains. Ne vous inquiétez pas, Brexit ou pas, le paquet de soutien financier du Programme de coopération du 11e FED au Bénin comme ailleurs, est d'application.
Mais si vous me posez des questions sur l’après 2020, là je n’ai pas de réponses. Ce n’est pas lié au référendum mais au fait que l’Accord de Cotonou qui est une pièce maîtresse du dispositif du 11e FED s’arrête en 2020. Il a été négocié en 2000 pour une durée de 20 ans. Nous ne savons pas quelle sera la suite bien que les dispositions pour la prévoir soient en train de se préparer depuis un moment avec des contacts et des échanges entre les différents acteurs, à savoir l’ensemble des pays ACP et l’ensemble des pays de l’Union Européenne représentée par leurs institutions. Beaucoup d’acteurs ont été consultés, différents organes parlementaires aussi. Tout ceci est en train d’être compilé pour permettre à l’Union européenne et aux pays ACP de faire des propositions à négocier.
Affirmez-vous alors que le Brexit n’aura aucun impact sur l’aide européenne au développement ?
Déjà vous parlez de Brexit, le Brexit n’existe pas encore, j’insiste là-dessus.
On anticipe…
Vous ne pouvez pas anticiper sur ma vie ou ma mort. Tout ce qu’on peut dire à ce stade, parce que c’est une affaire sérieuse, c’est qu’il y a eu une manifestation de volonté majoritaire à l’occasion d’un référendum dans un grand pays de l’Union Européenne. Dans ce contexte, nous pouvons imaginer qu’à un moment donné, il y aura des négociations. Nous ne pouvons pas spéculer sur les résultats de ces négociations. Quand vous parlez de Brexit, je ne sais pas de quoi vous parlez. Tout ce que je sais, c’est qu’il y a eu un référendum avec un résultat. Maintenant, il y a la possibilité de déclencher un processus de négociations pour aboutir éventuellement à la sortie d’un membre de l’Union européenne. Vous me demandez s’il y aura des conséquences. On peut imaginer qu’il y aura des conséquences puisqu’il faudra ajuster les mécanismes qui sont communs à une réalité qui sera différente. Mais les modalités, je ne suis pas en condition de vous répondre et je doute qu’il y ait au siège de l’Institution quelqu’un capable de répondre à cette question.
Quel sera désormais le sort de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Union Européenne et la région Afrique de l’Ouest dont plusieurs Etats commercent avec le Royaume-Uni?
Il faudra poser la question à ces pays-là. Ce que je peux dire, l’Accord de Cotonou prévoyait un délai de sept ans pour négocier le système de relations commerciales entre les deux blocs, c’est une exigence du commerce multilatéral. Nous ne pouvions pas faire autrement. Négocier un accord commercial était là dès le départ de l'Accord de Cotonou et il a fallu plus de sept ans pour aboutir à l’APE. Cet accord a des mécanismes de signature et de ratification très complexes. Du côté africain, certains pays l’ont déjà fait et on attend d’autres. La réponse à la question de savoir s’il est d’application, est non. Il ne l'est pas encore.
Mais le référendum peut-il venir bousculer la donne ?
Pas le référendum. Il faut savoir distinguer les choses. Pour le moment, nous avons seulement le référendum mais un éventuel retrait d’un Etat membre peut-il avoir de l’impact ? Bien sûr il peut avoir un impact puisqu’il s’agit d’un accord d’un groupe avec un autre groupe, si la composition d’un groupe est modifiée, peut-être il pourrait y avoir un impact. Mais la question que je vous pose est qui a intérêt à modifier un état de choses qui était très intéressant en ce qui concerne les relations avec l’Union européenne? Si moi j’ai la possibilité de souscrire à un pacte qui me donne l’accès et des avantages à un regroupement de pays développés, je le remettrai en question seulement si cela n’arrange pas mes intérêts commerciaux.
Pensez-vous qu’à partir de 2020, la coopération ACP-UE ne va pas souffrir du retrait éventuel du Royaume-Uni ?
Je ne pense pas. Si jamais il y avait un Brexit, là je vous suis dans votre logique, les futures relations ACP-UE prendront en considération cet élément nouveau. Une fois encore, il ne faut pas spéculer. J'ajoute que le fait qu’un pays décide de se retirer ne veut pas dire qu’il va couper tous les ponts avec le conglomérat. Ce ne serait pas logique. N’est-il pas envisageable de penser à la participation à un système multilatéral créé par ce groupe? Je ne vous apprends rien, il y a des pays qui n’appartiennent pas à l’Union Européenne, mais qui participent à des activités que le groupe a conclues avec d’autres groupes¦

Le chef de l’Etat Patrice Talon est rentré en début de soirée, lundi 11 juillet, de Niamey où il a pris part au troisième sommet du Conseil de l’Entente. Sommet au cours duquel, d’importantes décisions ont été prises selon le point fait par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Aurélien Agbénonci, de retour à Cotonou.
«Cette conférence a permis aux chefs d’Etat et de gouvernement de se rendre compte de l’évolution qu’a connu l’organisation sous-régionale que constitue le Conseil de l’Entente, la plus vieille et qui a reçu comme mandat il y a quelques mois de dynamiser son action et de mettre en place une nouvelle gouvernance», déclare le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Aurélien Agbénonci membre de la délégation béninoise qui a accompagné le président Patrice Talon à Niamey (Niger) pour le troisième sommet du Conseil de l’Entente. La délégation béninoise, selon le point fait aux hommes des médias à l’aéroport international Bernardin Cardinal Gantin de Cadjèhoun par le patron de la diplomatie béninoise a pris une part très active aux travaux qui ont enregistré la présence du chef de l’Etat malien au rang de pays invité. Grâce à l’élargissement qu’envisagent les Etats membres, ce pays pourrait intégrer sous peu cette organisation. Son président en a manifesté le vœu, révèle le ministre des Affaires étrangères qui indique que cette doléance a été favorablement accueillie.
Au cours des assises, le président nigérien Mahamadou Issifou, président en exercice, sinon en fin de mandat a passé le témoin au chef de l’Etat togolais désigné nouveau président du Conseil de l’Entente pour un mandat de deux ans. Dans la même veine, le secrétaire exécutif de l’organisation, Patrice Kouamé a bénéficié à nouveau de la confiance des chefs d’Etat qui l’ont reconduit pour un mandat de cinq ans.
« Le sommet a pris connaissance des efforts faits pour assainir la situation financière de l’organisation… Nous ne sommes en retard que de notre contribution de cette année. Il est heureux de constater que nous assumons nos responsabilités… », a également soutenu le ministre au sujet du Bénin.
Bonne gouvernance
Les assises, poursuit-il, ont retenu les indicateurs qu’il faut pour apprécier la bonne gouvernance des Etats membres. Ainsi, a-t-il été décidé, comme indices pour la gouvernance politique et économique, l’indice Mo Ibrahim, le Doing business et le rapport sur le développement humain du Programme des Nations Unies pour le développement (Pnud) pour connaitre la santé des Etats membres. Le mandat de mobilisation de ressources financières donné au secrétaire exécutif connait un début heureux, note aussi Aurélien Agbénonci qui souligne qu’un mémorandum a été signé dans ce cadre en présence du chef de l’Etat. Le Conseil de l’Entente va également se lancer dans un programme de promotion immobilière. Son siège sera réhabilité pour abriter des immeubles destinés aux locaux de l’organisation, mais aussi pour générer des ressources via exploitation.
Profitant de son séjour à Niamey, le président Patrice Talon a visité la chancellerie béninoise à Niamey «pour voir son état et donner des instructions pour rétablir ce patrimoine», laisse entendre le ministre des Affaires étrangères. Cette visite lui a aussi permis de rassurer la communauté béninoise, inquiète des conséquences du réaménagement de la carte diplomatique de leur pays. Echangeant avec elle, le président Patrice Talon a rassuré que l’ambassade ne sera pas fermée, mais dynamisée pour être plus en phase avec les exigences de la gouvernance actuelle du pays, a aussi souligné le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération dans son point.?

Des lauréats aux concours de recrutement à polémique dans la fonction publique, annulés par le Conseil des ministres du 7 juillet dernier, ont manifesté leur désapprobation samedi 9 juillet dernier à Parakou. Vers 7 h, les contestataires de la décision, bandeau rouge ceignant le front pour la plupart, ont barricadé la voie inter-Etats à l’entrée Sud de la ville ; certains étaient assis à même le goudron, bloquant du coup la circulation pendant environ trois quarts d’heure. Mais la situation a été vite maîtrisée par une horde de policiers dépêchée sur les lieux.
Les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogène. Les pierres, pneus, meubles gâtés et autres objets érigés ont été dégagés de la chaussée et la circulation a repris. De source proche de la municipalité, ils n’ont déposé aucune demande d’autorisation avant d’investir la rue. Ces badauds promettent revenir incessamment à la charge pour se faire entendre, selon des indiscrétions.
Au lendemain de la décision de suspension en avril dernier de la procédure de recrutement, un collectif des admis auxdits concours avait protesté devant la présidence de la République à Cotonou. L’ancien ministre de la Fonction publique, Aboubacar Yaya, s’était insurgé contre les allégations de fraudes évoquées. Selon lui, ces concours sont «propres»; ce qui s’avère invraisemblable, si l’on s’en tient au point de presse fait par le ministre Pascal Irénée Koupaki au terme du Conseil des ministres du jeudi 7 juillet dernier. Plus d’une vingtaine d’irrégularités ont été dénombrées par la commission mise en place pour faire la lumière sur l’affaire. Les protagonistes des fraudes orchestrées ont pratiqué la politique de la terre brûlée: la simple liste d’émargement des candidats ayant effectivement composé a disparu entre autres.
«Si jamais le gouvernement annulait ces concours, il sera poursuivi pour excès de pouvoir», avait averti Aboubacar Yaya, soulignant que les lauréats des concours ont déjà commis un avocat à ce sujet. Leur conseil Me Patrick Tchiakpè estime « peu responsable» et « politique» la décision du gouvernement et entend aller jusqu’au bout dans une procédure de poursuite judiciaire contre l’Etat béninois devant la chambre administrative de la Cour suprême.
Mais au-delà de la bataille judiciaire, vivement que les fraudeurs et leurs complices soient effectivement punis pour servir d’exemples!.
Claude Urbain PLAGBETO A/R Borgou-Alibori
Actualités 11 juil. 2016