La Nation Bénin...
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Du 2 au 4 juin dernier, s'est déroulée à Abidjan, la 13e réunion de la Commission régionale de certification pour l'éradication de la poliomyélite en Afrique (CRCA). Au cours de cette session, le Bénin à l'instar du Burkina Faso, des Iles Comores et de Sao Tomé et Principes, a été déclaré pays libre de la poliomyélite. A cet effet, le Bénin a officiellement introduit le 27 août dernier dans son Programme élargi de vaccination (PEV) le nouveau vaccin. Le président de la Commission nationale Polio Plus Bénin et président du Comité régional Polio Plus pour l’Afrique (CRPPC), Ashok R. Mirchandani retrace ici le chemin parcouru.
La Nation : Le Bénin vient d’être déclaré libre de la poliomyélite. Peut-on connaître le chemin parcouru et les efforts déployés par les partenaires ?
Ashok R. Mirchandani : Sur la base des critères établis, la Commission régionale de certification pour l'éradication de la poliomyélite en Afrique (CRCA) a sélectionné et examiné la documentation complète sur l’état de l'éradication de la poliomyélite dans les pays de la Région africaine de l’OMS. Des efforts ont été déployés pour renforcer la couverture dans les zones à risque. Au nombre des actions menées, il y a eu la mise en œuvre de l’approche «atteinte chaque district» et l’organisation des ratissages au cours des semaines africaines de vaccination. Le Bénin a conduit en 1996 à fin 2014, plusieurs tours de Journées nationales de vaccination (JNV). La stratégie utilisée pendant les JNV est celle du «porte-à-porte» depuis 2000. En plus, le Bénin a participé à des Journées nationales de vaccination synchronisées avec les pays voisins. Les monitorages des activités de JNV réaliséEs en 2011, 2012, 2013, 2014 ont permis d’apprécier le nombre d’enfants non vaccinés et les raisons de non vaccination. Cette évaluation de la qualité des Journées de vaccination a permis de prendre des mesures correctives pour améliorer le taux de couverture des semaines africaines de vaccination. Eu égard à ces différentes performances, le Bénin a préparé la documentation nationale pour la certification de l’éradication de la poliomyélite.
Il a en outre élaboré un plan de riposte à une importation de cas de poliovirus sauvage. Ce plan est basé sur la surveillance active, la surveillance des zones et populations à hauts risques, la surveillance des communes silencieuses, la mise en place d’un groupe d’experts pour la préparation et la riposte à une importation et la budgétisation des besoins pour une riposte rapide.
Pour atteindre ce résultat, il aura fallu au Bénin l'organisation des séances de campagnes durant lesquelles, les enfants âgés de zéro à cinq ans reçoivent des gouttes du vaccin anti-polio. Ceux de moins de six mois, reçoivent en plus du vaccin, de la vitamine A.
En plus de ces mesures de prévention, le Bénin a accordé plus d'attention à la classification des cas compatibles. De quoi le conduire à solliciter encore une fois le soutien de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), du Fonds des Nations Unies pour l'Enfance (Unicef) et du Rotary Club qui sont depuis plusieurs années les Partenaires techniques et financiers du Bénin dans le domaine de la lutte contre la poliomyélite. Après six années sans cas de poliovirus sauvage, le Bénin vient d'être certifié officiellement pays libéré du poliovirus sauvage endogène.
Quelles sont les conditions à remplir par région et par pays pour bénéficier de la certification de l’éradication du polio ?
La certification d’une région est la proclamation par la structure compétente, que tous les pays de cette région, ont eu leurs documentations complètes approuvées. En Afrique, la CRCA est cette structure qui donne la preuve qu’ils sont exempts de poliovirus sauvage (PVS). Elle est le seul organisme indépendant chargé de superviser le processus de certification et de certifier la Région africaine de l’OMS, en ce qui concerne la poliomyélite.
L’acceptation de la documentation complète d’un pays obéit à la satisfaction de trois conditions préalables, à savoir l’absence de circulation de tout poliovirus sauvage pendant au moins trois ans sur tout le territoire du pays, ensuite l’existence d’une surveillance répondant aux normes de la certification au cours de cette période de trois ans et enfin l’achèvement de la phase I des activités de confinement biologique pour tous les stocks de PVS présents dans des établissements sanitaires et les laboratoires.
En outre, toutes les installations détenant des matières infectieuses et potentiellement infectieuses du poliovirus sauvage doivent avoir mis en place des mesures de confinement biologique selon le plan d’action mondial pour le confinement en laboratoire du poliovirus sauvage.
Si le monde entier arrivait à éradiquer la poliomyélite, quelle sera la prochaine cible de vos combats ?
Dans le cadre de la lutte contre cette maladie, le Bénin vient d’être certifié pays libre de la polio à poliovirus sauvage. La prochaine étape est celle de l’introduction d’une dose du Vaccin antipolio inactivé (VPI) dans le but de renforcer la protection des enfants de zéro à onze mois.
Ainsi tous les enfants âgés de trois mois et demi au cours de la troisième visite de vaccination recevront le VPI en même temps que les vaccins habituellement reçus par les enfants à cet âge au niveau des formations sanitaires dans le PEV systématique.
La poliomyélite est une maladie qui nécessite beaucoup d'attention et de travail. Pour parler d’une option aujourd’hui, ce serait aller trop vite en besogne que de choisir d’autres cibles à combattre. Après l’éradication, il va falloir continuer la surveillance jusqu’à ce que les experts décident d’introduire une dose minimum d’injection de vaccin inactivé dans les autres vaccinations de routines dans tous les pays et rester dans la continuité. Il y aura toujours les 72 heures de vaccination mais pas de la même manière. Par exemple, cette année, le Bénin est sans polio, mais malgré ça, il est programmé des tours. Parce qu’à chaque tour, on rate des enfants. Le nombre des enfants ratés est estimé à 1 900 000 d’enfants dans le monde entier. On rate d’enfants parce qu’il y a trop de maisons où les parents les cachent. Donc ce qui est important, c’est de faire associer aussi d’autres activités que nous avons déjà commencées sans vraiment mettre trop d’accent sur les raisons pour lesquelles cela se fait.
Depuis avril 2009, on est sans polio. Le Bénin était déjà prêt pour la certification. Et en 2002 le dossier était prêt de même que les rapports lorsqu'en 2003, il y a eu une évasion de la poliovirus dans toute l’Afrique de l’Ouest et centrale. Le deuxième problème est qu’il ne faut pas rester tranquille. Même s’il n y a plus de polio, il faut continuer la vaccination. C’est pourquoi, même après l’introduction du Vaccin polio inactif, il faut continuer avec les journées nationales de vaccination. Et surtout que le Rotary en tant que partenaire continuera d’appuyer le programme de concert avec le gouvernement.
L’introduction du vaccin polio inactif dans le programme élargi de vaccination au Bénin va-t-elle annuler les autres Journées nationales de vaccination habituellement organisées ?
Aujourd’hui comme vous êtes là, je suis un peu libre de parler puisque le 7 juillet dernier, au Nigeria, on a eu une journée historique. On a passé un an sans polio dans un pays comme le Nigeria et le 11 août dernier, on a passé un an sans polio dans toute l’Afrique puisque le dernier cas de polio c’était dans la corne d’Afrique. A l’heure où nous parlons, l’Afrique est maintenant libre de la polio. Un an, c’est quelque chose qui va nous permettre d’arriver en position d’être déclaré non endémique. Mais il faut quand même 3 ans minimum sans cas polio. Il faut attendre encore deux ans pour assister à la délcaration d'une Afrique sans polio.
On peut même commencer par préparer le dossier de certification. De toute façon, dans le plan d’action la certification de l’Afrique est prévue en 2018. La certification du Bénin est une fierté surtout qu’il est situé à côté du Nigeria qui vient de célébrer un an sans polio. Je félicite tous ceux qui ont œuvré jusqu’à l’aboutissement de cette lutte. C’était un évènement historique.
Oui, il faut être toujours très prudent. Il faut vraiment augmenter la surveillance tout en sensibilisant les populations, en vaccinant les enfants et surtout ne pas rater les doses de vaccins inactivées qui viennent d’être introduits dans la vaccination de routine. Donc, cette dernière deviendra plus importante et très nécessaire pour le système.

Le Centre de prise en charge médicale intégrée du nourrisson et de la femme enceinte atteints de drépanocytose (CPMI-NFED) basé à Cotonou, dispose désormais d’une antenne départementale dans le Borgou-Alibori. Cette agence logée au CHDU-Borgou a été officiellement mise en service hier mardi 8 septembre à Parakou.
Dans le cadre des premières journées portes ouvertes du Centre de prise en charge médicale intégrée du nourrisson et de la femme enceinte atteints de drépanocytose qui se déroulent du 7 au 12 septembre prochain, a eu lieu hier l’inauguration de l’antenne de Parakou. Logée à la pédiatrie du Centre hospitalier départemental universitaire du Borgou-Alibori (CHDU-BA), il s’agit de la seconde antenne départementale du centre après celle du Zou-Collines ouverte depuis 2010 à Abomey, avec pour cible environ 130.000 femmes et enfants vivant dans les départements de l’Alibori et du Borgou.
La prise en charge des drépanocytaires de moins de cinq ans voire plus et des femmes enceintes, est dorénavant une réalité au CHDU du Borgou-Alibori, se réjouit Adjaratou Baboni-Soulé, directrice de l’hôpital, au nom du personnel sanitaire et de la population bénéficiaire. Tous les acteurs impliqués dans les activités de prise en charge de la drépanocytose, y compris l’administration de l’hôpital, œuvreront pour faire prospérer et pérenniser ce patrimoine, promet-elle. A sa suite, le directeur départemental de la Santé du Borgou-Alibori, Fatioulaye Issa Djibril, a tenu à témoigner de vive voix sa gratitude au nom du gouvernement aux responsables du CPMI-NFED et aux partenaires qui ont accepté d’implanter ce joyau pour soulager les victimes de cette maladie sociale héréditaire dans le Nord-Bénin.
Le projet de décentralisation du centre est soutenu par Médecins du Monde (MdM) Suisse dont les responsables séjournent actuellement au Bénin. L’action de l’ONG internationale MdM Suisse s’inscrit dans une logique d’accompagnement du centre pour la pérennisation et le rapprochement de ses services des populations et la formation des personnels de santé à la prise en charge spécifique des drépanocytaires, indique Bernard Borel, président de Médecins du Monde Suisse.
L’ouverture de cette nouvelle antenne vise non seulement à contribuer à la diminution du taux de mortalité et de morbidité maternelle et infanto-juvénile, mais aussi à améliorer la qualité de vie des personnes drépanocytaires et à sensibiliser la population à cette maladie, à travers une prise en charge simple, peu onéreuse et axée sur la prévention, indique le professeur pédiatre et hématologue Cherif M. Rahimy, fondateur et directeur du CPMI-NFED.
Créé en 1993, le CPMI-NFED est la première unité autonome spécialisée en termes de recherche médicale, de formation et de soins du nourrisson et de la femme enceinte atteints de drépanocytose. Il est devenu depuis 2000 le centre national de référence du Programme national de lutte contre la drépanocytose.
Les premières journées portes ouvertes du centre ont été lancées lundi 7 septembre dernier à Parakou et les activités se poursuivent jusqu’au samedi prochain à Abomey et Cotonou. Offres de dépistage des nourrissons, causeries-débats sur le rôle du globule rouge dans l’organisme, la maladie de la drépanocytose, la nécessité du suivi continu de l’enfant atteint de drépanocytose, le combat du CPMI-NFED pour la démystification et la prise en charge de la maladie, exposition, jeux, pique-nique, sont au menu des manifestations.

Le phénomène de vidomègon (enfant placé) a la peau dure au Bénin. En dépit des campagnes de sensibilisation pour l’enrayer, le pays n’en est pas encore arrivé à bout. Emmanuel Sambiéni, sociologue, aborde la question ici en expliquant les déterminants de ce phénomène avant de souligner le rôle des parents et de l’Etat pour y mettre fin.
La Nation : Pourquoi le Bénin peine-t-il à enrayer le phénomène de ‘’vidomègon’’ en dépit des efforts des acteurs de protection des enfants ?
Emmanuel Sambiéni : Plusieurs facteurs expliquent la persistance du phénomène de vidomègon au Bénin. Le plus important est celui de la tradition de socialisation des enfants par tutorat dans les rapports de parenté. L’enfant est confié à un membre de la grande parenté, en fonction des besoins du membre (par exemple une sœur ou une tante qui n’a pas fait d’enfants et qui en a besoin pour l’appuyer dans les travaux domestiques) ou de l’enfant (dont les parents sont vraiment démunis). Le tuteur le considère exactement comme son propre enfant et le traite avec humanité. Cette forme traditionnelle de socialisation s’est transformée de deux façons: soit l’enfant est confié à un parent qui ne le garde pas comme son propre enfant; ou encore il est gardé par un tuteur qui n’est pas son parent et qui doit ou devrait le payer pour ses services. Ces deux cas s’écartent du modèle initial. En fonction des facteurs psychosociologiques des familles de l’enfant et du tuteur, les conditions de vie de l’enfant placé sont douces ou dures. Depuis quelques années, les membres du couple (homme et femme), proviennent d’horizons géographiques et culturels très différents (un peulh peut se marier à une éwé). Dans ces conditions, l’enfant venant de la famille de l’un ou de l’autre retrouve un membre de la seconde famille qui n’a aucun rapport de parenté avec lui, et qui parfois le trouve dérangeant dans la vie du couple. Un neveu de l’époux peut par exemple être soupçonné de donner des informations sur l’épouse à son oncle toujours absent. Dans ce cas, l’épouse le vit comme un ennemi, il en subit les conséquences. C’est dire que le phénomène survit dans un contexte familial qui a changé. Les changements du contexte familial sont de plusieurs ordres (rapports de parenté, statut professionnel des membres du couple, profil d’instruction des tuteurs et de l’enfant, etc.). Autant de facteurs qui contribuent à la récurrence du phénomène au Bénin.
Les réalités socio-culturelles sont souvent mentionnées comme facteurs favorisant encore le phénomène dans certaines régions du pays. Que faire pour amener les chefs traditionnels à prendre conscience des dangers qui guettent les victimes et leurs familles en vue de mettre un terme à ce phénomène qui hypothèque l’avenir des enfants, notamment des filles?
Il faut retenir que ce phénomène n’a pas que des conséquences douloureuses. Il a permis à bien d’enfants d’hier d’être des hommes de bonne position sociale aujourd’hui. Les familles dans les espaces ruraux continuent de faire des enfants sans tenir compte de leurs besoins et capacités à satisfaire à leurs besoins et droits (santé, école, nourriture, etc.). Pour corriger cette insuffisance structurelle, le phénomène de tutorat des enfants aux familles qui ont les moyens (et qui parfois ont peu ou pas d’enfants) aura toujours son utilité. Mieux, les principaux acteurs de ce phénomène dans les milieux de départ des enfants ne sont pas ou plus les chefs traditionnels car les changements de contextes sociopolitiques et culturels ne permettent plus à ceux-là d’avoir une influence sur les ménages ou les familles dans la socialisation des enfants.
Voulez-vous dire qu’on ne peut pas bannir le phénomène ?
Les principaux acteurs sur qui des interventions de conscientisation doivent être faites sont les parents directs des enfants (le père et la mère). Les seconds acteurs sont les familles d’accueil. Pour les uns, il faut communiquer sur les souffrances de leurs enfants et pour les autres, il faut veiller à l’information sur les droits des enfants. Le plus souvent, les familles d’accueil et de maltraitance ont un grand accès à la communication de masse (radio, télévision, presse écrite). Mais pour les premiers, il faut faire passer la communication interpersonnelle : cibler des espaces de forte provenance et organiser de petites réunions d’explications illustrées des conditions de vie de leurs enfants dans les familles de tutorat.
La pauvreté est souvent invoquée par les parents qui confient leurs enfants comme facteur favorisant le phénomène ? Quelle devrait être la responsabilité non seulement des parents, mais aussi de l'Etat ?
Les parents doivent d’abord être informés des conditions drastiques de survie de leurs enfants dans les ménages d’accueil d’une part. Ils doivent être progressivement amenés à faire des enfants sur la base des capacités structurelles de satisfaction de leurs besoins de base et d’instruction.
En ce qui concerne l’Etat, il doit renforcer les moyens d’actions des services de protection sociale et de sécurité (centre de promotion sociale, gendarmerie, police, etc.).
La société n’est-elle pas en partie complice, du fait de la non-dénonciation des victimes ? Que faire pour changer la situation à ce niveau ?
Il ne revient pas à un individu de dénoncer les conditions de vie d’un enfant dans un ménage voisin. Il n’en a pas le droit. Il revient à l’Etat de mettre en place des détectives fonctionnelles. Si ces détectives sont fonctionnelles et bien connues, les enfants eux-mêmes, pour la plupart, pourront se plaindre.
Une chose est de dénoncer, l’autre est d’appliquer la loi. Or, au Bénin, les textes favorisant l’épanouissement des enfants souffrent encore d’une mise en application effective et correcte. Que faire dans ce sens ?
Les textes en vigueur sont connus de quelques services publics. Mais ces services n’ont pas les moyens de leur vulgarisation et de leur application. Le grand responsable reste encore l’Etat. Si on prenait le problème des enfants comme on prend la filière coton, tous les Béninois en auront eu l’information. Et pourtant, l’enfant est plus rentable que le coton pour notre économie. Et les psychosociologues disent que «l’enfant est le père de l’homme».
Comment faire comprendre à la société que la maltraitance des enfants, notamment le phénomène de ‘’Vidomègon’’ constitue une violence non seulement sur les victimes, mais également sur leurs génitrices ? Autrement, comment établir la relation de cause à effet’’ fille-mère’’ pour sensibiliser davantage les populations sur le phénomène des violences faites aux femmes et aux filles (VFF) ?
Il faut d’abord faire comprendre au public, que contrairement à la vieille conception, l’avenir de l’enfant n’est pas seulement dans ses rapports moraux à la société. Il est aussi dans sa pro activité, dans ses réflexes pragmatiques et dans l’acquisition de compétences techniques pour l’emploi. Toutes ces conditions nécessitent qu’il trouve le temps dans le jeune âge pour faire face à l’école, aux jeux et aux loisirs. Elles nécessitent aussi que son ‘’moi’’ soit protégé et taillé avec délicatesse. Il ne faut le hacher mais le tailler comme le gazon domestique.

Le phénomène de vidomègon (enfant placé) a la peau dure au Bénin. En dépit des campagnes de sensibilisation pour l’enrayer, le pays n’en est pas encore arrivé à bout. Emmanuel Sambiéni, sociologue, aborde la question ici en expliquant les déterminants de ce phénomène avant de souligner le rôle des parents et de l’Etat pour y mettre fin.
La Nation : Pourquoi le Bénin peine-t-il à enrayer le phénomène de ‘’vidomègon’’ en dépit des efforts des acteurs de protection des enfants ?
Emmanuel Sambiéni : Plusieurs facteurs expliquent la persistance du phénomène de vidomègon au Bénin. Le plus important est celui de la tradition de socialisation des enfants par tutorat dans les rapports de parenté. L’enfant est confié à un membre de la grande parenté, en fonction des besoins du membre (par exemple une sœur ou une tante qui n’a pas fait d’enfants et qui en a besoin pour l’appuyer dans les travaux domestiques) ou de l’enfant (dont les parents sont vraiment démunis). Le tuteur le considère exactement comme son propre enfant et le traite avec humanité. Cette forme traditionnelle de socialisation s’est transformée de deux façons: soit l’enfant est confié à un parent qui ne le garde pas comme son propre enfant; ou encore il est gardé par un tuteur qui n’est pas son parent et qui doit ou devrait le payer pour ses services. Ces deux cas s’écartent du modèle initial. En fonction des facteurs psychosociologiques des familles de l’enfant et du tuteur, les conditions de vie de l’enfant placé sont douces ou dures. Depuis quelques années, les membres du couple (homme et femme), proviennent d’horizons géographiques et culturels très différents (un peulh peut se marier à une éwé). Dans ces conditions, l’enfant venant de la famille de l’un ou de l’autre retrouve un membre de la seconde famille qui n’a aucun rapport de parenté avec lui, et qui parfois le trouve dérangeant dans la vie du couple. Un neveu de l’époux peut par exemple être soupçonné de donner des informations sur l’épouse à son oncle toujours absent. Dans ce cas, l’épouse le vit comme un ennemi, il en subit les conséquences. C’est dire que le phénomène survit dans un contexte familial qui a changé. Les changements du contexte familial sont de plusieurs ordres (rapports de parenté, statut professionnel des membres du couple, profil d’instruction des tuteurs et de l’enfant, etc.). Autant de facteurs qui contribuent à la récurrence du phénomène au Bénin.
Les réalités socio-culturelles sont souvent mentionnées comme facteurs favorisant encore le phénomène dans certaines régions du pays. Que faire pour amener les chefs traditionnels à prendre conscience des dangers qui guettent les victimes et leurs familles en vue de mettre un terme à ce phénomène qui hypothèque l’avenir des enfants, notamment des filles?
Il faut retenir que ce phénomène n’a pas que des conséquences douloureuses. Il a permis à bien d’enfants d’hier d’être des hommes de bonne position sociale aujourd’hui. Les familles dans les espaces ruraux continuent de faire des enfants sans tenir compte de leurs besoins et capacités à satisfaire à leurs besoins et droits (santé, école, nourriture, etc.). Pour corriger cette insuffisance structurelle, le phénomène de tutorat des enfants aux familles qui ont les moyens (et qui parfois ont peu ou pas d’enfants) aura toujours son utilité. Mieux, les principaux acteurs de ce phénomène dans les milieux de départ des enfants ne sont pas ou plus les chefs traditionnels car les changements de contextes sociopolitiques et culturels ne permettent plus à ceux-là d’avoir une influence sur les ménages ou les familles dans la socialisation des enfants.
Voulez-vous dire qu’on ne peut pas bannir le phénomène ?
Les principaux acteurs sur qui des interventions de conscientisation doivent être faites sont les parents directs des enfants (le père et la mère). Les seconds acteurs sont les familles d’accueil. Pour les uns, il faut communiquer sur les souffrances de leurs enfants et pour les autres, il faut veiller à l’information sur les droits des enfants. Le plus souvent, les familles d’accueil et de maltraitance ont un grand accès à la communication de masse (radio, télévision, presse écrite). Mais pour les premiers, il faut faire passer la communication interpersonnelle : cibler des espaces de forte provenance et organiser de petites réunions d’explications illustrées des conditions de vie de leurs enfants dans les familles de tutorat.
La pauvreté est souvent invoquée par les parents qui confient leurs enfants comme facteur favorisant le phénomène ? Quelle devrait être la responsabilité non seulement des parents, mais aussi de l'Etat ?
Les parents doivent d’abord être informés des conditions drastiques de survie de leurs enfants dans les ménages d’accueil d’une part. Ils doivent être progressivement amenés à faire des enfants sur la base des capacités structurelles de satisfaction de leurs besoins de base et d’instruction.
En ce qui concerne l’Etat, il doit renforcer les moyens d’actions des services de protection sociale et de sécurité (centre de promotion sociale, gendarmerie, police, etc.).
La société n’est-elle pas en partie complice, du fait de la non-dénonciation des victimes ? Que faire pour changer la situation à ce niveau ?
Il ne revient pas à un individu de dénoncer les conditions de vie d’un enfant dans un ménage voisin. Il n’en a pas le droit. Il revient à l’Etat de mettre en place des détectives fonctionnelles. Si ces détectives sont fonctionnelles et bien connues, les enfants eux-mêmes, pour la plupart, pourront se plaindre.
Une chose est de dénoncer, l’autre est d’appliquer la loi. Or, au Bénin, les textes favorisant l’épanouissement des enfants souffrent encore d’une mise en application effective et correcte. Que faire dans ce sens ?
Les textes en vigueur sont connus de quelques services publics. Mais ces services n’ont pas les moyens de leur vulgarisation et de leur application. Le grand responsable reste encore l’Etat. Si on prenait le problème des enfants comme on prend la filière coton, tous les Béninois en auront eu l’information. Et pourtant, l’enfant est plus rentable que le coton pour notre économie. Et les psychosociologues disent que «l’enfant est le père de l’homme».
Comment faire comprendre à la société que la maltraitance des enfants, notamment le phénomène de ‘’Vidomègon’’ constitue une violence non seulement sur les victimes, mais également sur leurs génitrices ? Autrement, comment établir la relation de cause à effet’’ fille-mère’’ pour sensibiliser davantage les populations sur le phénomène des violences faites aux femmes et aux filles (VFF) ?
Il faut d’abord faire comprendre au public, que contrairement à la vieille conception, l’avenir de l’enfant n’est pas seulement dans ses rapports moraux à la société. Il est aussi dans sa pro activité, dans ses réflexes pragmatiques et dans l’acquisition de compétences techniques pour l’emploi. Toutes ces conditions nécessitent qu’il trouve le temps dans le jeune âge pour faire face à l’école, aux jeux et aux loisirs. Elles nécessitent aussi que son ‘’moi’’ soit protégé et taillé avec délicatesse. Il ne faut le hacher mais le tailler comme le gazon domestique.

Si jadis, l’emploi était systématiquement garanti dès l’obtention du diplôme, il n’en est plus ainsi actuellement où il est plutôt question de contrat. La notion de contrat en milieu professionnel n’est malheureusement pas toujours bien cernée par les populations. Qu’est-ce alors un contrat et quelles en sont les différentes formes ?
Jusqu’aux années 1985, tout diplôme obtenu débouchait directement sur un emploi dans la Fonction publique. Avec la grande crise économique qu’a connue le Bénin, les institutions de Bretton Woods, dans leurs efforts de redresser la situation, ont imposé des réformes à travers le Programme d’ajustement structurel (PAS). L’une des solutions préconisées par ledit programme, est le départ volontaire à la retraîte qui est perçu comme le désengorgement de la Fonction publique qui a vu partir à la retraite forcée un nombre impressionnant de travailleurs. La contractualisation de la fonction est partie de là, étant donné que l’Etat n’était plus en mesure d’employer tout le monde.
Le contrat de travail au Bénin est régi par la loi N°98-004 portant Code du travail. Ce code du droit privé régit notamment les salariés du secteur privé qui doivent déposer au moment de leur recrutement leurs dossiers à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Le contrat de travail, selon Wilfried Windo, administrateur du travail et chef service des relations interprofessionnelles à la Direction générale du travail, est « un acte de volonté par lequel une personne (employeur) embauche un individu (employé) dans un intérêt pécuniaire ». Cette clarification conceptuelle se trouve renchérie par le Code du travail qui, en son article 9, stipule : « Le contrat de travail est un accord de volonté par lequel une personne physique s’engage à mettre son activité professionnelle sous la direction et l’autorité d’une autre personne physique ou morale moyennant rémunération ».
De cette définition, il ressort que le contrat de travail doit obéir à des critères. Pour Igor Ulrich Aholou, administrateur du travail et directeur des relations professionnelles par intérim à la Direction générale du travail, ces critères sont : « le consentement mutuel des deux parties contractantes, la subordination juridique et la rémunération ».
Formes de contrat de travail
Si ces critères ne sont pas réunis, le contrat de travail perdra de son contenu. «Le consentement mutuel signifie que le contrat est libre. La subordination juridique confère à l’employeur le pouvoir de donner des ordres à son employé et d’exiger de lui des explications. La rémunération quant à elle signifie qu’en vertu de son travail, l’employé perçoit de salaire», souligne Wilfried Windo. Le droit privé précise-t-il, reconnait deux formes de contrat de travail, à savoir le contrat à durée déterminée et son opposé, le contrat à durée indéterminée.
Dans le premier cas, la durée du contrat est préalablement conclue par les deux parties. A la lumière du Code de travail, «C’est tout contrat de travail stipulant une durée déterminée supérieure à un mois, (…) dont l’exécution n’excède pas six mois». Toutefois, «il y a possibilité de renouveler le contrat à durée déterminée», a souligné Igor Ulrich Aholou. Quant au second, c’est-à-dire le contrat à durée indéterminée, comme son nom l’indique, sa durée est illimitée. Selon le même code, «tout contrat de travail qui ne répond pas aux exigences du contrat à durée déterminée est considéré d’office comme un contrat à durée indéterminée», rapporte Ulrich Aholou. Ces deux formes de contrat peuvent être rompues; on parle alors de résiliation. Le mode de résiliation est défini par le code.
Mode de résiliation du contrat de travail
La résiliation peut intervenir pour diverses raisons. Selon l’article 42 du Code du travail «le contrat de travail à durée déterminée peut être rompu avant l’échéance du terme: par accord des parties». Cet accord doit être matérialisé par écrit. Aussi, peut-elle subvenir «en cas de faute lourde, en cas de force majeure ou par résolution judiciaire», selon les dispositions du code. En ce qui concerne le contrat à durée indéterminée, il peut être rompu par démission. Dans ce cas par exemple, l’employé choisit de renoncer à son travail et connait les motifs de cette décision qui reste volontaire. Il peut s’agir d’un motif de santé. Le licenciement est aussi un mode de résiliation. Mais dans ce cas, les modalités du licenciement sont clairement définies par le code pour pallier les éventuels abus. Par ailleurs, les deux parties (employé et employeur) peuvent décider consensuellement de mettre fin au contrat. Ceci, « lorsque le lieu du travail est détruit par exemple des suites d’incendie ou de catastrophes naturelles (séisme…), illustre Wilfried Windo. L’annulation peut aussi intervenir lorsque l’une des parties viole les conditions retenues dans le contrat. Dans ce cas, on parle de « clause résolutoire ».
Il y a également le contrat d’apprentissage. Il est différent des deux premiers. Signé entre les parents de l’apprenti et l’artisan, le contrat d’apprentissage ne garantit aucun salaire. Le patron peut volontairement, à titre d’encouragement ou d’aide, donner une allocation à l’apprenti. « La durée du contrat d’apprentissage ne doit pas excéder 4 ans et l’apprenti doit avoir au moins 14 ans », informe Wilfried Windo.
Soulignons qu’avant de signer un contrat, il faut une période d’essai. Cette période permet à l’employé de s’imprégner des conditions de travail, de vie, de rémunération, d’hygiène et de sécurité ainsi que du climat social de l’entreprise. Pour l’employeur, elle permet d’évaluer l’aptitude professionnelle du travailleur et son rendement. Ainsi, « le contrat pourra être signé si les deux parties sont satisfaites les uns des autres par la période d’essai », indique Igor Ulrich Aholou.

Si jadis, l’emploi était systématiquement garanti dès l’obtention du diplôme, il n’en est plus ainsi actuellement où il est plutôt question de contrat. La notion de contrat en milieu professionnel n’est malheureusement pas toujours bien cernée par les populations. Qu’est-ce alors un contrat et quelles en sont les différentes formes ?
Jusqu’aux années 1985, tout diplôme obtenu débouchait directement sur un emploi dans la Fonction publique. Avec la grande crise économique qu’a connue le Bénin, les institutions de Bretton Woods, dans leurs efforts de redresser la situation, ont imposé des réformes à travers le Programme d’ajustement structurel (PAS). L’une des solutions préconisées par ledit programme, est le départ volontaire à la retraîte qui est perçu comme le désengorgement de la Fonction publique qui a vu partir à la retraite forcée un nombre impressionnant de travailleurs. La contractualisation de la fonction est partie de là, étant donné que l’Etat n’était plus en mesure d’employer tout le monde.
Le contrat de travail au Bénin est régi par la loi N°98-004 portant Code du travail. Ce code du droit privé régit notamment les salariés du secteur privé qui doivent déposer au moment de leur recrutement leurs dossiers à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).
Le contrat de travail, selon Wilfried Windo, administrateur du travail et chef service des relations interprofessionnelles à la Direction générale du travail, est « un acte de volonté par lequel une personne (employeur) embauche un individu (employé) dans un intérêt pécuniaire ». Cette clarification conceptuelle se trouve renchérie par le Code du travail qui, en son article 9, stipule : « Le contrat de travail est un accord de volonté par lequel une personne physique s’engage à mettre son activité professionnelle sous la direction et l’autorité d’une autre personne physique ou morale moyennant rémunération ».
De cette définition, il ressort que le contrat de travail doit obéir à des critères. Pour Igor Ulrich Aholou, administrateur du travail et directeur des relations professionnelles par intérim à la Direction générale du travail, ces critères sont : « le consentement mutuel des deux parties contractantes, la subordination juridique et la rémunération ».
Formes de contrat de travail
Si ces critères ne sont pas réunis, le contrat de travail perdra de son contenu. «Le consentement mutuel signifie que le contrat est libre. La subordination juridique confère à l’employeur le pouvoir de donner des ordres à son employé et d’exiger de lui des explications. La rémunération quant à elle signifie qu’en vertu de son travail, l’employé perçoit de salaire», souligne Wilfried Windo. Le droit privé précise-t-il, reconnait deux formes de contrat de travail, à savoir le contrat à durée déterminée et son opposé, le contrat à durée indéterminée.
Dans le premier cas, la durée du contrat est préalablement conclue par les deux parties. A la lumière du Code de travail, «C’est tout contrat de travail stipulant une durée déterminée supérieure à un mois, (…) dont l’exécution n’excède pas six mois». Toutefois, «il y a possibilité de renouveler le contrat à durée déterminée», a souligné Igor Ulrich Aholou. Quant au second, c’est-à-dire le contrat à durée indéterminée, comme son nom l’indique, sa durée est illimitée. Selon le même code, «tout contrat de travail qui ne répond pas aux exigences du contrat à durée déterminée est considéré d’office comme un contrat à durée indéterminée», rapporte Ulrich Aholou. Ces deux formes de contrat peuvent être rompues; on parle alors de résiliation. Le mode de résiliation est défini par le code.
Mode de résiliation du contrat de travail
La résiliation peut intervenir pour diverses raisons. Selon l’article 42 du Code du travail «le contrat de travail à durée déterminée peut être rompu avant l’échéance du terme: par accord des parties». Cet accord doit être matérialisé par écrit. Aussi, peut-elle subvenir «en cas de faute lourde, en cas de force majeure ou par résolution judiciaire», selon les dispositions du code. En ce qui concerne le contrat à durée indéterminée, il peut être rompu par démission. Dans ce cas par exemple, l’employé choisit de renoncer à son travail et connait les motifs de cette décision qui reste volontaire. Il peut s’agir d’un motif de santé. Le licenciement est aussi un mode de résiliation. Mais dans ce cas, les modalités du licenciement sont clairement définies par le code pour pallier les éventuels abus. Par ailleurs, les deux parties (employé et employeur) peuvent décider consensuellement de mettre fin au contrat. Ceci, « lorsque le lieu du travail est détruit par exemple des suites d’incendie ou de catastrophes naturelles (séisme…), illustre Wilfried Windo. L’annulation peut aussi intervenir lorsque l’une des parties viole les conditions retenues dans le contrat. Dans ce cas, on parle de « clause résolutoire ».
Il y a également le contrat d’apprentissage. Il est différent des deux premiers. Signé entre les parents de l’apprenti et l’artisan, le contrat d’apprentissage ne garantit aucun salaire. Le patron peut volontairement, à titre d’encouragement ou d’aide, donner une allocation à l’apprenti. « La durée du contrat d’apprentissage ne doit pas excéder 4 ans et l’apprenti doit avoir au moins 14 ans », informe Wilfried Windo.
Soulignons qu’avant de signer un contrat, il faut une période d’essai. Cette période permet à l’employé de s’imprégner des conditions de travail, de vie, de rémunération, d’hygiène et de sécurité ainsi que du climat social de l’entreprise. Pour l’employeur, elle permet d’évaluer l’aptitude professionnelle du travailleur et son rendement. Ainsi, « le contrat pourra être signé si les deux parties sont satisfaites les uns des autres par la période d’essai », indique Igor Ulrich Aholou.

Afin de permettre aux nouveaux titulaires du baccalauréat de mieux choisir leurs filières d’études dans les universités publiques et privées du Bénin, François Abiola, vice-Premier ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, a procédé, hier mardi 8 septembre à son cabinet, au lancement de la campagne d’orientation qui démarre ce jour mercredi 9 septembre dans les 12 départements du pays. La cérémonie a enregistré la présence des recteurs d’universités et autres cadres du ministère.
L’édition 2015 de la campagne d’orientation initiée à l’intention des nouveaux bacheliers démarre ce jour mercredi 9 septembre, sur toute l’étendue du territoire national. Elle prendra fin le samedi 12 septembre prochain.
A la cérémonie de lancement de la campagne, François Abiola, vice-Premier ministre chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, soulignant l’importance de l’opération, a fait observer que depuis la proclamation des résultats du Baccalauréat session de juin 2015, les nouveaux bacheliers et leurs parents sont dans l’attente pour le bon choix des filières universitaires. Des équipes d’hommes avertis sont déployées dans tous les 12 départements et les 22 points focaux pour aider les bacheliers à opérer un choix judicieux de filières dans lesquelles ils pourront poursuivre leurs études universitaires en fonction de la série de leur Baccalauréat. Dans l’Atacora-Donga, les futurs étudiants se rendront à l’Ecole normale supérieure de Natitingou et au CEG de Djougou, dans l’Atlantique à l’Université d’Abomey-Calavi et à Allada à la Maison des jeunes et au CEG 2 de Ouidah, puis dans le Borgou-Alibori à l’Université de Parakou et au CEG 1 de Kandi. Au niveau des Collines, les équipes sont disponibles dans les CEG1 de Dassa, de Savalou et de Savè alors que dans le Littoral, les points focaux sont l’ISBA au Champ de foire et au CEG1 Akpakpa Centre. Dans le Mono-Couffo, ce sont le CEG 1 de Comé, le CEG 1 d’Aplahoué et l’Institut Universitaire de Technologies (IUT) de Lokossa qui accueilleront les équipes d’orientation. Dans l’Ouémé, c’est à l’Ecole normale supérieure de Porto-Novo, aux CEG 1 de Missérété et d’Adjohoun que les futurs étudiants doivent obtenir les informations pour bien opérer le choix de leur filière universitaire, alors que leurs camarades du Plateau iront aux CEG 1 de Sakété et de Pobè.
Le Zou concerné aussi
Enfin dans le Zou, c’est au niveau du Lycée technique de Bohicon (LYTEB), du Lycée Houffon d’Abomey et du CEG 1 de Covè que les bacheliers seront informés. «Dans chacun de ces points focaux, les étudiants et leurs parents auront toutes les informations utiles sur les différentes offres de formations disponibles…», a précisé François Abiola, invitant tous les nouveaux bacheliers à participer massivement à ces séances d’orientation selon le calendrier établi.
Selon le vice-Premier ministre, le choix des filières doit se faire sur la base de la série du Baccalauréat et des projets professionnels. Et en dehors des sept universités publiques, les nouveaux bacheliers peuvent s’inscrire également dans les 52 établissements privés d’enseignement supérieur remplissant les conditions de reconnaissance de diplômes co-signés.
A l’issue des séances d’information, des guides d’orientation seront gratuitement distribués aux étudiants afin d’approfondir la réflexion avec leurs parents. Par ailleurs, François Abiola a annoncé que du 14 au 25 septembre 2015, ils pourront déposer leurs dossiers au niveau des directions départementales de l’Enseignement secondaire et à la Direction générale de l’Enseignement supérieur pour la sélection dans les écoles et instituts de formation. Il n’a pas oublié d’inviter les titulaires du Baccalauréat série C ayant au moins 12 de moyenne d’en faire autant pour l’obtention d’une bourse.

Les cadres à divers niveaux du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme administrative et institutionnelle (MTFPRAI) prennent part, depuis hier lundi 7 septembre, à la première session ordinaire de la Commission nationale de sécurité et de santé au travail. Il s’agira pour eux de faire le tour d’horizon des textes fondamentaux afin de promouvoir un travail décent au Bénin. Les assises durent cinq jours et se déroulent à l’Infosec à Cotonou.
La protection des travailleurs est une priorité pour le ministère du Travail, de la Fonction publique, et de la Réforme administrative et institutionnelle (MTPFRAI). C’est dans cette logique qu’il a inscrit la première session ordinaire de la Commission nationale de sécurité et de santé au travail.
Deux principaux thèmes sont au menu de ladite session qui durera pratiquement toute cette semaine. Le premier est relatif à la relecture de l’arrêté N°31/MFPTRAI/MSP/DC/SGM/DT/SST du 2 novembre 1999 portant attributions, organisation et fonctionnement des services de santé au travail. Le second concerne l’étude des projets d’arrêtés portant respectivement création, attributions, organisation et fonctionnement du Comité départemental de lutte contre les IST/VIH/SIDA en milieu de travail et création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil consultatif national de lutte contre les IST/VIH/SIDA en milieu de travail. Il s’agira pour les participants de revisiter ces différents textes en vue de la promotion du travail décent au Bénin.
Selon le représentant du ministère en charge du Travail, Ernest Djagoun Afouda, « les missions fondamentales assignées aux services de santé au travail par la Convention n°161 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ne figurent pas dans l’arrêté n°31 du 2 novembre 1999 portant attributions, organisation et fonctionnement des services de santé au travail. C’est ce qui justifie la relecture dudit arrêté, objet des présentes assises.
Le volet santé des travailleurs
L’autre centre d’intérêt prend en compte le volet santé des travailleurs. Sur ce point, l’instauration d’un cadre optimal de lutte contre les IST en milieu de travail constitue aussi une question sur laquelle les participants devront travailler, a souligné la directrice générale du Travail, Demba Diallo Moussilimatou.
« Pour spécifier les objectifs, les stratégies, les résultats attendus de même que les modalités de mise en œuvre de la politique nationale de lutte contre le VIH/Sida en milieu de travail au Bénin, le ‘’Document cadre de stratégie nationale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH/Sida en milieu de travail en République du Bénin’’ a été conçu. Pour l’atteinte desdits objectifs, des stratégies ont été retenues au niveau de la cellule d’entreprise, aux plans départemental et national.
« Les activités de la cellule d’entreprise devant être capitalisées par le comité d’hygiène et de sécurité qui est régi par le Code du travail, il est impérieux d’instituer le cadre législatif réglementant le fonctionnement du Comité départemental et du Conseil consultatif national de lutte contre les IST/VIH/Sida en milieu de travail », a-t-il souligné.
Pour le Conseil national du Patronat du Bénin (CNP), la santé et la sécurité au travail participent de la productivité et du développement des entreprises. «L’efficacité économique exige une maîtrise des coûts», dira le représentant du CNP, Philippe Johnson, qui ajoute que « ne pas veiller aux bonnes conditions de travail, à la sécurité et à la santé des travailleurs, ne pas prévenir les accidents de travail expose l’entreprise à un coût économique souvent imprévisible à la survenance d’incidents malheureux ». La risques professionnels ne peuvent être atténués qu’en investissant dans la prévention sécuritaire et sanitaire, a-t-il souligné, pour expliquer la pertinence de ces assises.

Les cadres à divers niveaux du ministère du Travail, de la Fonction publique et de la Réforme administrative et institutionnelle (MTFPRAI) prennent part, depuis hier lundi 7 septembre, à la première session ordinaire de la Commission nationale de sécurité et de santé au travail. Il s’agira pour eux de faire le tour d’horizon des textes fondamentaux afin de promouvoir un travail décent au Bénin. Les assises durent cinq jours et se déroulent à l’Infosec à Cotonou.
La protection des travailleurs est une priorité pour le ministère du Travail, de la Fonction publique, et de la Réforme administrative et institutionnelle (MTPFRAI). C’est dans cette logique qu’il a inscrit la première session ordinaire de la Commission nationale de sécurité et de santé au travail.
Deux principaux thèmes sont au menu de ladite session qui durera pratiquement toute cette semaine. Le premier est relatif à la relecture de l’arrêté N°31/MFPTRAI/MSP/DC/SGM/DT/SST du 2 novembre 1999 portant attributions, organisation et fonctionnement des services de santé au travail. Le second concerne l’étude des projets d’arrêtés portant respectivement création, attributions, organisation et fonctionnement du Comité départemental de lutte contre les IST/VIH/SIDA en milieu de travail et création, attributions, organisation et fonctionnement du Conseil consultatif national de lutte contre les IST/VIH/SIDA en milieu de travail. Il s’agira pour les participants de revisiter ces différents textes en vue de la promotion du travail décent au Bénin.
Selon le représentant du ministère en charge du Travail, Ernest Djagoun Afouda, « les missions fondamentales assignées aux services de santé au travail par la Convention n°161 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) ne figurent pas dans l’arrêté n°31 du 2 novembre 1999 portant attributions, organisation et fonctionnement des services de santé au travail. C’est ce qui justifie la relecture dudit arrêté, objet des présentes assises.
Le volet santé des travailleurs
L’autre centre d’intérêt prend en compte le volet santé des travailleurs. Sur ce point, l’instauration d’un cadre optimal de lutte contre les IST en milieu de travail constitue aussi une question sur laquelle les participants devront travailler, a souligné la directrice générale du Travail, Demba Diallo Moussilimatou.
« Pour spécifier les objectifs, les stratégies, les résultats attendus de même que les modalités de mise en œuvre de la politique nationale de lutte contre le VIH/Sida en milieu de travail au Bénin, le ‘’Document cadre de stratégie nationale de lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST) et le VIH/Sida en milieu de travail en République du Bénin’’ a été conçu. Pour l’atteinte desdits objectifs, des stratégies ont été retenues au niveau de la cellule d’entreprise, aux plans départemental et national.
« Les activités de la cellule d’entreprise devant être capitalisées par le comité d’hygiène et de sécurité qui est régi par le Code du travail, il est impérieux d’instituer le cadre législatif réglementant le fonctionnement du Comité départemental et du Conseil consultatif national de lutte contre les IST/VIH/Sida en milieu de travail », a-t-il souligné.
Pour le Conseil national du Patronat du Bénin (CNP), la santé et la sécurité au travail participent de la productivité et du développement des entreprises. «L’efficacité économique exige une maîtrise des coûts», dira le représentant du CNP, Philippe Johnson, qui ajoute que « ne pas veiller aux bonnes conditions de travail, à la sécurité et à la santé des travailleurs, ne pas prévenir les accidents de travail expose l’entreprise à un coût économique souvent imprévisible à la survenance d’incidents malheureux ». La risques professionnels ne peuvent être atténués qu’en investissant dans la prévention sécuritaire et sanitaire, a-t-il souligné, pour expliquer la pertinence de ces assises.

En prélude au forum de la décennie de la décentralisation au Bénin prévu pour le mois d’octobre prochain, s’est tenu hier lundi 7 septembre, un atelier interdépartemental qui a réuni les acteurs du développement à la base du Borgou-Alibori et de l’Atacora-Donga. Objectif : réaliser un bilan participatif de la gestion des collectivités locales des dix dernières années.
Les acquis, limites et perspectives de la gestion communale en termes d’appropriation de la décentralisation par les élus locaux et de satisfaction des communautés à la base, étaient au cœur d’un atelier interdépartemental qui a réuni hier lundi 7 septembre à Parakou autorités préfectorales, représentants des partenaires techniques et financiers, maires des communes et autres membres des Conseils départementaux de concertation et de coordination (CDCC) du Borgou-Alibori et de l’Atacora-Donga. Initiée dans le cadre du forum bilan des 10 ans de la décentralisation et de la déconcentration qui aura lieu bientôt, c’est la première rencontre d’échanges d’une série de trois : les deux autres ateliers interdépartementaux se tiendront demain mercredi 9 septembre à Bohicon puis vendredi 11 septembre prochain à Porto-Novo.
« Si les premières expériences en matière de décentralisation dans notre pays notamment celles des années 50, 60, 70 et 80 n’ont pas permis d’asseoir de véritables pouvoirs locaux et d’assurer le développement à la base, celle entamée depuis 2003 a permis d’enregistrer de profondes mutations dans l’Administration territoriale avec l’avènement des collectivités », indique Véronique Brun Hachémè, ministre de la Décentralisation, de la Gouvernance locale, de l’Administration et de l’Aménagement du Territoire.
En effet, cette expérience a connu des avancées notables grâce au dispositif législatif et réglementaire ainsi qu’aux outils et mécanismes mis en place pour permettre aux acteurs à divers niveaux de conduire le processus de décentralisation avec plus de chance de réussite, se réjouit-elle.
Mais au-delà des progrès réalisés à travers l’évaluation du chemin parcouru, il est beaucoup plus question de se pencher sur les contre-performances enregistrées et les difficultés rencontrées et d’envisager des mesures correctives pour une mise en œuvre efficiente de la décentralisation pour le bonheur des populations, souligne Salamatou Kora Ponou, préfet du Borgou-Alibori. Au nom des acteurs de la décentralisation, elle témoigne la gratitude des bénéficiaires des différents appuis aux cadres du ministère, au gouvernement et aux partenaires techniques et financiers.
Dans le vif du sujet...
Deux communications ont permis de cerner les contours de la gouvernance actuelle à la base : «Restitution de l’étude relative à la perception des acteurs sur la gestion du processus de décentralisation et de déconcentration» et «Synthèse de l’appréciation des différents secteurs sur la gouvernance locale au Bénin ». De l’enquête réalisée en 2014 par le bureau d’études «Alpha & Oméga Consultants» et dont les résultats ont été présentés par Stanislas Gansou et Valère Hountondji, l’on retient que les différents acteurs institutionnels et la population au niveau national apprécient dans leur majorité l’avènement et les résultats quoique mitigés de la mise en œuvre de la décentralisation. Tout en étant optimistes, les uns et les autres formulent des vœux en vue d’une véritable démocratie à la base et un développement local durable. Toilettage et application rigoureuse des textes de lois sur la décentralisation, promotion de l’économie locale, augmentation et révision des critères d’allocation du Fonds d’appui au développement des communes (FADEC), opérationnalisation des six autres départements, transfert effectif des compétences aux collectivités locales, renforcement de la coopération décentralisée et de l’intercommunalité, redéfinition des limites territoriales des localités, sont quelques unes des recommandations. La réalisation de ces souhaits permettra de faire des communes des havres de paix et de prospérité à travers la mobilisation des ressources propres des communes, la gestion transparente de ces ressources et une amélioration du système de gouvernance, soutient Thomas Houédanou, directeur général de la Décentralisation et de la Gouvernance locale.
Au cours des travaux, les participants répartis en cinq groupes se sont penchés sur cinq thématiques à savoir Financement de la décentralisation et du développement local, Décentralisation et participation citoyenne, Ingénierie territoriale au Bénin : diagnostic et esquisse de thérapie, Aide publique au développement local et son efficacité et aménagement du territoire et Le développement local.