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Nouvelles

Estelle Assah, responsable PTME à Bethesda: «Nous espérons le soutien du Programme et de l’Etat pour relever nos défis»

Le challenge en matière du VIH et de la promotion de la Prévention de la transmission de la mère à l’enfant (PTME), est une œuvre commune aux centres de santé publics et privés. C’est l’une des raisons qui justifient l’engagement de l’hôpital Bethesda à la mise en œuvre du programme.

Estelle Assah, est la surveillante sage-femme à la maternité et responsable de la PTME dudit hôpital. Elle évoque ici, l’apport dudit centre dans la réalisation des objectifs fixés dans le cadre de la PTME, ses difficultés et les priorités sur lesquelles il entend agir avant de faire également quelques suggestions.

La Nation : Quels sont les services que Bethesda offre dans le cadre de la Prévention de la transmission de la mère à l’enfant du VIH (PTME) ?

Estelle Assah : L’hôpital Bethesda est un site de prise en charge pour les Personnes vivant avec le VIH (PVVIH), qui s’associe également à la Prévention de la transmission de la mère à l’enfant en matière de lutte contre le Sida. La maternité de l’hôpital participe alors à la prise en charge des mères PTME et les oriente pour le suivi des nouveau-nés.

Devrons-nous donc déduire qu’ici le dépistage est systématique?

Le dépistage n’est pas systématique, mais par le counselling nous incitons les femmes à faire un dépistage volontaire. Lorsqu’elles comprennent l’intérêt pour elles et pour leur bébé, elles ne sont plus réticentes.
Dans un premier temps, nous faisons les séances d’Informations et de communication pour un changement de comportement (IEC) en rapport avec la femme enceinte, que nous étendons à toutes les femmes en les accompagnant aussi à notre manière. Ensuite, lorsque la femme se décide pour faire le dépistage, nous reprenons le counselling, dans le but de l’amener à comprendre l’importance de notre démarche. Nous essayons de bien gérer le pré-test pour pouvoir convaincre la femme dans le cas où le test se révèlerait positif. Nous avons donc pour rôle de préparer le départ pour aboutir à un bon post-test, quand bien même le test devrait se révéler négatif.

Dans le cas où le test se révèle positif, quel travail psychologique faites-vous pour non seulement informer la patiente, mais aussi pour gérer son état d’âme ?

Au départ, cet exercice a été rude pour nous. Mais actuellement, le VIH est démystifié. Nous le présentons comme toute autre maladie, en expliquant aux personnes séropositives, notamment aux gestantes qu’il ne constitue une fin en soi. Avec les Antirétroviraux (ARV), la maladie n’est plus considérée comme un sujet tabou ou de peine étant donné que les ARV constituent un véritable soulagement. Les femmes enceintes elles-mêmes comprennent que si elles ne se font pas dépister avant l’accouchement, ce sont leurs bébés qui en souffriront à l’avenir. Plus tôt le virus se décèle, plus vite le suivi se fait avec beaucoup d’assurance. Dans le cas contraire, la maladie peut s’avérer fatale pour le bébé. Nous leur recommandons alors de prendre les ARV pour la protection de l’enfant. De plus en plus, beaucoup comprennent le bien-fondé et prennent spontanément le pli.
Cependant, nous notons encore quelques réticences compte tenu de la discrimination au sein de la société. Bien que nous leur garantissions la confidentialité de leurs résultats en leur laissant même la latitude de porter plainte en cas de divulgation de leur état sérologique, elles ne nous rendent toujours pas la tâche aisée.

Le centre dispose-t-il de tous les équipements pouvant lui permettre d’être à la hauteur de ses prestations?

L’hôpital Bethesda disposait de tous les matériels adéquats au départ, mais l’appareil CD4 s’est détérioré depuis quelques temps. Cela nous oblige à référer les femmes sur le site de Suru-Léré à Akpakpa à Cotonou. Malheureusement pour des raisons financières liées au transport, beaucoup de femmes abandonnent le traitement.
Toutefois, au-delà de ces irrégularités, nous pouvons nous réjouir du fait qu’actuellement le centre dispose des kits-anémies pouvant favoriser le suivi des femmes même avant l’accouchement et permettre la réalisation des examens complémentaires donnant accès aux ARV. Mieux, l’hôpital ne connaît pas des ruptures d’ARV à moins que cela soit à l’échelle nationale. Dans le cas échéant, ces ruptures sont de courtes durées.

Qu’en est-il du suivi de l’enfant ?

Ici, nos interventions portent sur deux tableaux : ceux d’avant la grossesse et d’après l’accouchement. Nous amenons les femmes à se rapprocher des sages-femmes avec un langage codé, connu par elles toutes, pour la prise des ARV. Dans un premier temps, nous abordons le volet prise en charge du couple mère-enfant par le biais d’un protocole qui permet de badigeonner les voies génitales de la mère avant l’accouchement. Ensuite, à sa naissance, le bébé reçoit ses ARV et est systématiquement confié au pédiatre qui lui applique un protocole de suivi. Nous faisons ainsi comprendre aux mères l’importance de ce processus pour le bien-être de l’enfant.

Tout semble aller pour le mieux dans votre centre. Est-ce à dire que vous n’enregistrez pas de contraintes majeures pouvant émousser vos ardeurs en matière de la PTME ?

Les difficultés actuelles sont notamment liées aux mutations des agents qualifiés vers d’autres centres de santé qui ne vivent pas forcément les mêmes réalités que nous. L’Etat est en train de procéder aux recrutements de plusieurs agents de santé à la fois. Dans le même temps, nombreux sont les médecins et sages-femmes professionnels qui sont mutés vers d’autres centres de santé qui ne sont pas des sites de PTME. Nous sommes donc à un renouvellement de la formation de nos agents, ce qui affecte la santé et la confidentialité des patientes. Mais nous faisons le nécessaire pour pallier cela.

Des défis à relever ?

Notre premier défi est d’étendre le dépistage à toutes les femmes enceintes en vue de faire accoucher des bébés sains, pour leur meilleur suivi après la période post-natale.
Nous sommes convaincus de ce que les objectifs fixés en matière de la PTME, seront atteints. L’évaluation à mi-parcours faite en 2012, a révélé que notre centre n’a pas enregistré de bébés contaminés. Les seuls cas sont ceux dont les mères n’avaient réellement pas suivi le traitement et qui l’ont fait dans un autre centre que le nôtre. Notre souhait est que tous les bébés soient nés, sains.

Faites nous part de vos suggestions pour l’amélioration du programme ?

Le renouvellement de l’appareil CD4 nous préoccupe sérieusement. Cela nous aiderait à faire efficacement face à nos défis et à réduire les déplacements aux femmes, notamment aux gestantes séropositives. Car, sous le choc d’une mauvaise nouvelle, il n’est pas aisé pour elles de faire encore le tour de plusieurs hôpitaux avant d’être prises en charge. Aussi, sommes-nous un centre confessionnel et n’ayant pas de subventions, nous n’arrivons pas toujours à leur venir en aide. Nous avons aussi besoin que le programme puisse nous aider dans les bilans complémentaires avant la mise sous ARV, et espérons également le soutien de l’Etat pour relever les défis qui sont les nôtres.

Propos recueillis par Maryse ASSOGBADJO (Avec la collaboration de CeRADIS-ONG)

Santé 30 août 2015


Clôture de la 2e session de la Cour d’assises de la Cour d'appel de Cotonou: Pour plus de professionnalisme et de noblesse

Le premier président de la Cour d’appel de Cotonou, Félix Dossa, a procédé, vendredi 28 août dernier, à la clôture de la 2è session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou qui s’est déroulée du 27 juillet au 28 août 2015. C’était au cours d’un point de presse qu’il a co-animé avec le 2è substitut général du procureur général près la Cour d’appel de Cotonou, Julien Tiamou.

«Il faut plus de professionnalisme pour redonner aux sessions leurs lettres de noblesse. Ça doit draîner du monde comme par le passé». C’est l’essentiel que le premier président de la Cour d’appel de Cotonou, Félix Dossa a tiré comme leçon à la fin de la 2e session de la Cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou qui a pris fin vendredi 28 août dernier. Il s’agissait donc pour lui de formuler des propositions afin d’améliorer les prochaines sessions.

Ainsi, pour les commissariats et gendarmeries, il a souhaité que les enquêtes soient mieux conduites, car regrette-t-il, de nombreuses insuffisances ont été notées. Il a donc émis le vœu que les prochaines enquêtes explorent toutes les pistes plausibles pouvant permettre d’aboutir à la vérité.
En ce qui concerne les cabinets d’instruction, il a souhaité le retour aux bonnes habitudes qui affichent sur "les chemises dossiers", les fiches de mise en état.
Pour ce qui est de la Chambre d’accusation, il a noté que l’absence d’arrêt de renvoi de cette structure affecte le sentiment de l’existence du double degré de juridiction.
Concernant le Parquet général, il plaide pour qu’il suive mieux les traces des accusés et que les examens médico-psychologiques et psychiatriques soient faits dans des temps voisins de commission des infractions, afin d’éviter le renvoi des dossiers. Il a terminé en témoignant sa gratitude à tous les acteurs sans exception qui ont participé à une bonne tenue des assises. Félix Dossa a déploré l’absence du Barreau au point de presse, Barreau dont le 2è substitut du procureur général près la Cour d’appel, Julien Tiamou, a vanté les prestations qui ont permis à la Cour d’assises de jouer la partition qui est la sienne.
Faisant donc le point des dossiers qui ont été enrôlés et vidés lors de la session qui s’est bien achevée, selon lui, Julien Tiamou a rapporté que 45 accusés ont vu leurs cas réglés pour 28 dossiers. «Cela témoigne de la vitalité, du bon fonctionnement de l’appareil judiciaire et de la promotion et du respect des droits de l’Homme», a-t-il affirmé. 20 condamnés retournés en prison, 3 condamnés libérés, une condamnation par défaut, 8 acquittements prononcés, 2 disqualifications et requalifications et 3 extinctions de l’action publique pour cause de décès sont, entre autres, les principales décisions qui ont été retenues.
Julien Tiamou a profité pour relever que c’était une réussite due à la collaboration de tous les acteurs qu’il a nommément cités. Ainsi, il a témoigné sa gratitude au gouvernement et surtout au premier président dont il a salué la ténacité et la perspicacité qui auront permis la tenue et la réussite de cette session. Il n’a pas oublié la partition qu’ont jouée les autres maillons de la chaine des acteurs impliqués dans l’œuvre de justice à l’occasion de la tenue de la session d’assises.

Société 30 août 2015


Clôture de la 2e session de la Cour d’assises de la Cour d'appel de Cotonou: Pour plus de professionnalisme et de noblesse

Le premier président de la Cour d’appel de Cotonou, Félix Dossa, a procédé, vendredi 28 août dernier, à la clôture de la 2è session de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou qui s’est déroulée du 27 juillet au 28 août 2015. C’était au cours d’un point de presse qu’il a co-animé avec le 2è substitut général du procureur général près la Cour d’appel de Cotonou, Julien Tiamou.

«Il faut plus de professionnalisme pour redonner aux sessions leurs lettres de noblesse. Ça doit draîner du monde comme par le passé». C’est l’essentiel que le premier président de la Cour d’appel de Cotonou, Félix Dossa a tiré comme leçon à la fin de la 2e session de la Cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou qui a pris fin vendredi 28 août dernier. Il s’agissait donc pour lui de formuler des propositions afin d’améliorer les prochaines sessions.

Ainsi, pour les commissariats et gendarmeries, il a souhaité que les enquêtes soient mieux conduites, car regrette-t-il, de nombreuses insuffisances ont été notées. Il a donc émis le vœu que les prochaines enquêtes explorent toutes les pistes plausibles pouvant permettre d’aboutir à la vérité.
En ce qui concerne les cabinets d’instruction, il a souhaité le retour aux bonnes habitudes qui affichent sur "les chemises dossiers", les fiches de mise en état.
Pour ce qui est de la Chambre d’accusation, il a noté que l’absence d’arrêt de renvoi de cette structure affecte le sentiment de l’existence du double degré de juridiction.
Concernant le Parquet général, il plaide pour qu’il suive mieux les traces des accusés et que les examens médico-psychologiques et psychiatriques soient faits dans des temps voisins de commission des infractions, afin d’éviter le renvoi des dossiers. Il a terminé en témoignant sa gratitude à tous les acteurs sans exception qui ont participé à une bonne tenue des assises. Félix Dossa a déploré l’absence du Barreau au point de presse, Barreau dont le 2è substitut du procureur général près la Cour d’appel, Julien Tiamou, a vanté les prestations qui ont permis à la Cour d’assises de jouer la partition qui est la sienne.
Faisant donc le point des dossiers qui ont été enrôlés et vidés lors de la session qui s’est bien achevée, selon lui, Julien Tiamou a rapporté que 45 accusés ont vu leurs cas réglés pour 28 dossiers. «Cela témoigne de la vitalité, du bon fonctionnement de l’appareil judiciaire et de la promotion et du respect des droits de l’Homme», a-t-il affirmé. 20 condamnés retournés en prison, 3 condamnés libérés, une condamnation par défaut, 8 acquittements prononcés, 2 disqualifications et requalifications et 3 extinctions de l’action publique pour cause de décès sont, entre autres, les principales décisions qui ont été retenues.
Julien Tiamou a profité pour relever que c’était une réussite due à la collaboration de tous les acteurs qu’il a nommément cités. Ainsi, il a témoigné sa gratitude au gouvernement et surtout au premier président dont il a salué la ténacité et la perspicacité qui auront permis la tenue et la réussite de cette session. Il n’a pas oublié la partition qu’ont jouée les autres maillons de la chaine des acteurs impliqués dans l’œuvre de justice à l’occasion de la tenue de la session d’assises.

Société 30 août 2015


Drame provoqué par la fidélité de la femme (28è dossier):Trois des accusés acquittés, deux condamnés à 10 ans de travaux forcés

Clap de fin pour la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou avec un dossier d’assassinat et complicité d’assassinat. Vendredi 28 août dernier, cinq accusés dans le box des accusés, dont une femme (Jeanne Hounhoui), trois jeunes gens (Gabriel Gbèda et Cossi Gbèda, Assoclé Bagniko) et un homme âgé (Houssou Gbétchéou Gbèda) pour répondre des faits. Ils sont en détention préventive depuis le 21 novembre 2011. Les avocats Luc Martin Hounkanrin, Vincent Tohozin, Julien Togbadja, Yves Kossou et Saturnin Agbani du cabinet Djikui, avaient la charge de les défendre. La Cour chargée de les juger, elle, était composée de Félix Dossa (président), de Marie Soudé Godonou et Florentin Gbodou (assesseurs) et des jurés François Koundé, Honoré Agboton, Védéhoun Constance Odile Gbènahou, Sètoungan Mèdévo puis Dansou Noël Kounou (suppléant). Gilles Modeste Sodonon, le procureur général, occupait le fauteuil du ministère public et Me Prosper B. Djossou était le greffier de service.

C’est une affaire de cœur, d’amour non assouvi mais qui a conduit à la mort. Un homme qui aime et désire une femme d’autrui. Laquelle s’en ouvre à son mari qui décide de régler ses comptes avec le concurrent qui voulait le cocufier. Pour appréhender les faits, retour au 15 novembre 2011. Pour savoir, selon la Cour, que le couple Gbétchéou Houssou Gbèda et Jeanne Hounhoui vit à Ouèdo-Adjokomè. Que Jeanne ayant reçu les avances de Justin Gohoungo, en a informé son époux. Celui-ci fait appel aux nommés Cossi Gbèda, Gabriel Gbèda et Assoclé Bagniko pour attenter à sa vie. Le mardi 15 novembre 2011 vers 20h, Justin, après avoir rendu clandestinement visite à Jeanne, retourne chez lui. Cossi ne l’ayant pas vu au cours de son passage chez Jeanne en vue de commettre son forfait, demande à celle-ci d’aller à son domicile afin de l’inviter à revenir chez elle où il avait déjà tendu une embuscade. Jeanne se rend effectivement chez Justin vers 23h et l’invite à la suivre. Ce dernier la suit jusqu’au domicile de son époux Gbétchéou. Arrivé dans la maison, elle introduit Justin dans la chambre alors que Cossi, caché dans une autre chambre, suivait leur mouvement. Pendant que Justin échangeait avec Jeanne, Cossi surgit avec une machette et un gourdin. Justin se rend compte du danger et prend la fuite. Cossi se met à sa poursuite et crie « au voleur ! », rejoint par Assoclé et Gabriel. Ils l’assomment à coups de coupe-coupe et de gourdin. Ce dernier rend l’âme sur le champ. Inculpés d’assassinat, Gbétchéou reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Sa propre épouse affirme qu’elle a organisé le guet et a informé Cossi qui s’est caché dans l’obscurité et a bondi avec une machette et un gourdin sur Justin lors de sa fuite. Déclaration confirmée par Odile Houézéklounon, épouse de la victime. Inculpée d’assassinat, Jeanne reconnaît les faits à toutes les étapes de la procédure.

Quant à Assoclé, il reconnaît les faits à l’enquête préliminaire avant de se rétracter devant le juge d’instruction. Mais des déclarations de Gbétchéou, il ressort qu’Assoclé a planifié le guet avec lui. De même, lors de la confrontation devant le juge d’instruction, Gbétchéou déclare qu’il a organisé le guet avec la complicité de Cossi qui a pu maîtriser la victime lors de sa fuite en lui assénant des coups de machette et de gourdin.
Quant à Gabriel, il nie les faits à toutes les étapes de la procédure. Il ne conteste cependant pas sa présence sur les lieux mais insiste qu’il n’était pas armé. Il ressort des rapports médico-psychologiques et psychiatriques qu’au moment des faits, aucun trouble mental grave n’a été repéré chez les accusés. L’enquête de moralité leur est favorable et leurs bulletins N°1 de casier judiciaire ne portent mention d’aucune condamnation.

Impliqués à des degrés divers

Appelé à s’en expliquer, Houssou Gbétchéou Gbèda dont la Cour attend de savoir quelle a été sa partition, déclare ne rien connaître de l’affaire. Il raconte que le nommé Justin a fait des avances à son épouse par deux fois. Qu’informé, il en a parlé à son jeune cousin et l’a prié de le faire venir pour qu’ils en discutent. Mais qu’il était là quand il a entendu crier « Au voleur ! Au voleur ! » avant d’apprendre ensuite, une fois sorti les mains vides, que Justin a été blessé et conduit à l’hôpital… Pourtant, il avait reconnu aux étapes précédentes sa participation au crime, lui rappelle la Cour. Non, oppose-t-il. La Cour, comme l’avocat général, le soumettent à un feu de questions. Il ne varie pas. Même quand Gilles Sodonon lui fait remarquer que le lieu de rendez-vous, tout proche de sa concession n’a pas dû être choisi par hasard, et qu’il aurait été imprudent pour Justin de s’exposer ainsi près de chez l’homme qu’il veut cocufier. Gbétchéou ne fléchit pas. En fait la Cour voulait savoir précisément quelles consignes il a données à sa femme pour organiser la rencontre. Il finit par laisser entendre qu’en entendant «Au voleur ! Au voleur !», il a su que c’est Justin qui venait d’être appréhendé ; laissant comprendre au ministère public qu’il y avait donc forcément une entente entre lui et son cousin Cossi aux fins d’appréhender Justin. Justin dont les avances à sa femme, pourtant porteuse d’une grossesse de cinq mois environ, ne l’ont pas remué, déclare-t-il pour soutenir encore qu’il n’a jamais engagé sa femme à accepter un rendez-vous avec Justin. Avant de concéder qu’ayant été informé par sa femme, il lui a demandé d’aller au rendez-vous. « Dans quel but ? Pour vérifier la véracité de l’information portée à sa connaissance par son épouse ? », veut savoir la défense. « Oui », admet-il.
Sera-t-il renchéri ou contredit par sa femme ? Quand elle débarque à la barre, Jeanne, 36 ans et de 26 ans la cadette de Houssou Gbétchéou Gbèda, expose que son homme, qui la bat souvent, a bien consenti à ce rendez-vous et l’a encouragée à prendre deux mille (2.000) francs à Justin et à les lui ramener en guise de preuve. Puis, lui et Cossi l’auraient encouragée à retourner chez Justin afin de le convaincre de venir chez elle. Quoique méfiant, il s’y rendra, essaiera d’entretenir des rapports sexuels avec elle, mais se ravisera face à son refus insistant et après qu’ils eurent senti des présences humaines tout près. Il serait alors parti en escaladant le mur, poursuivi par son mari, Cossi et d’autres… Plus tard, son mari qu’elle avait déclaré avoir vu porteur d’un gourdin, et Cossi se rejetteront la responsabilité de la mort de Justin. C’était aux étapes antérieures de la procédure. Et elle citait un certain nombre d’agresseurs de Justin. Mais à la barre, elle nuance ses propos et soutient n’avoir pas été sur les lieux. Seulement, elle est formelle sur le fait que Justin n’a pas été tué au lieu du rendez-vous. Dans tous les cas, expose-t-elle, son mari ne lui a jamais fait part de ses intentions de s’en prendre à Justin, en lui conseillant d’accorder un rendez-vous à Justin. Et, poursuit-elle, c’est quelques heures après avoir pourchassé Justin, qu’elle l’a entendu se plaindre, une fois revenu à la maison, déclarant que Cossi est allé trop loin, puisqu’il lui a simplement demandé de l’aider à mettre la main sur Justin, mais qu’il l’a achevé…
Gabriel Gbèda, pour sa part, raconte avoir vu Houssou Gbétchéou Gbèda avec un gourdin, et Cossi avec une machette, Assoclè Bagniko, en compagnie d’autres acteurs. S’étant enquis de la situation, il se laissera dire que Justin a fait des avances à la femme du premier. Plus tard, alors qu’il était déjà rentré à la maison, il entendit crier «Au voleur ! Au voleur !». S’étant porté sur les lieux, il verra Justin au sol déjà et se fera prier d’aller chercher une moto pour le transporter à l’hôpital. En clair, lui Gabriel n’a pas participé au crime et n’était d’ailleurs pas informé des avances de Justin à Jeanne.

La Cour veut comprendre

Pas plus informé, Assoclé Bagniko, lui, raconte être allé voir un spectacle cette nuit-là dans le quartier. Qu’il a entendu l’alerte et a vu, plus tard, Justin aux mains de ses agresseurs, rendant l’âme alors que Gabriel était allé chercher une moto à la maison pour son transport à l’hôpital. «Mais pourquoi avez-vous demandé à la veuve de Justin de ne pas vous citer parmi les meurtriers ?», veut comprendre la Cour. Il soutient qu’il n’en est rien. «N’aviez-vous pas déclaré aussi qu’à votre arrivée sur les lieux, Justin n’était pas encore mort et qu’il avait même fait un geste de la main pour vous demander de l’aider ?» Il n’en est pas certain.
Cité comme acteur principal du crime, Cossi Gbèda, à la barre, explique avoir été informé par Houssou Gbétchéou Gbèda des avances de Justin à sa femme, et suggéré au plaignant de veiller à le prendre en flagrant délit… Qu’ayant aperçu la femme dans la nuit profonde, il l’a torchée avant de lui demander ce qu’elle faisait là, au lieu d’être près de son homme… Qu’en est-il du dessein de tuer Justin ? Cossi expose qu’il n’y avait pas vraiment de plan de s’en prendre à sa personne... Pourtant, à l’enquête préliminaire, il déclarait avoir « promis d’aider personnellement pour le surprendre ». Que c’est lui Cossi qui le maîtrisait entre ses jambes quand Assoclé est arrivé. Que c’est lui Cossi qui a appelé Gabriel pour l’informer des plaintes de Gbétchéou mais qu’il ne l’entendait pas en raison du bruit qu’il y avait autour de lui… Que lui Cossi n’a pas fait usage de sa machette mais que Houssou Gbétchéou Gbèda a usé de son gourdin. L’avocat général lui fait observer que les blessures faites à la victime ne sont pas que dues à du bois.
Rappelée à la barre pour confrontation, Jeanne réaffirme que son mari et Cossi sont responsables de la mort de Justin. Puis elle laisse entendre que si elle recouvre sa liberté, elle fera une escale chez son père qui lui a donné Houssou Gbétchéou Gbèda comme époux, avant de retourner chez lui à cause de leurs six enfants.
Seul témoin cité à comparaître, Norbert Kouakanou sera écouté comme simple sachant. C’est lui qui renseigne que c’est une manche de houe que Gbétchéou Houssou Gbèda avait sur lui.
Félix Hounyè, frère de la victime, n’entend pas se constituer partie civile.

Qui est coupable ?

A l’issue de l’instruction à la barre, Gilles Modeste Sodonon, prendra ses réquisitions après un rappel des faits. Il tire motif du certificat médical au dossier pour conclure qu’il y a bel et bien eu mort, du fait des coups et blessures faits, le cou fracturé qui présente une souplesse anormale, les testicules écrasées et autres blessures… Mais y a-t-il eu guet-apens ? Préméditation ? S’il lui paraît clair que les accusés ont formé le dessein d’attenter à la vie de la victime, il tire aussi motif du rendez-vous obtenu sous instigation de Gbétchéou et Cossi pour établir le guet-apens. Mais à qui imputer le crime ? Gilles Sodonon avoue que les certitudes qu’il avait en arrivant au procès, sont quelque peu ébranlées. Relativement surtout à Jeanne Hounhoui qui a été constante à toutes les étapes, elle l’épouse sérieuse qui n’a fait qu’informer son mari, croyant que la flagrance qu’il recherchait, n’aurait servi qu’à soutenir ses propos en vue du règlement de l’affaire en famille. Aussi, le ministère public croit-il que dame Jeanne Hounhoui n’avait nullement l’intention de conduire la victime à l’abattoir. Et, en conséquence, il requiert à son égard l’inexistence de l’infraction et la relaxe pour défaut d’intention coupable.
S’agissant de Gbétchéou Houssou Gbèda qui était sur les lieux du crime avec un gourdin, mais ayant soutenu que c’est Cossi qui a donné la mort à Justin, le ministère public relève bien que le certificat médical évoque des blessures caractérisées par une certaine profondeur et un certain diamètre. Ce qui n’aurait pu être fait que par un instrument de la nature de la manche d’une houe, à tête ronde. Mieux, l’enquête de moralité ne renseigne-t-elle pas qu’il est un homme violent qui répond toujours proportionnellement à la provocation ? C’est pourquoi Gilles Sodonon requiert qu’il soit maintenu dans les liens de l’accusation. Autant que Cossi qui, malgré ses variations, a bien participé au coup, insistant auprès de Jeanne pour obtenir le rendez-vous, et s’étant armé d’une machette pour livrer la chasse à la victime. Or, il était le seul à être armé d’un coupe-coupe, il a été vu avec le macchabée entre les jambes ; et le certificat médical fait état de multiples blessures sur le corps de la victime, résultant de coups de machette. D’où il apparaît juste au ministère public qu’il soit retenu dans les liens de l’accusation.
Quant à Gabriel Gbèda, sa participation au crime ne se fait pas évidente. Il aurait commis le crime de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Sa relaxe sera requise. De même qu’Assoclé, qui d’après Cossi lui-même, n’est arrivé sur les lieux qu’alors que Justin était déjà à terre. Pour lui aussi, la relaxe sera donc requise.
Mais Gilles Sodonon souligne que l’enquête de moralité est globalement favorable à Cossi et Gbétchéou Houssou Gbèda. Sur ce, il invite la Cour à aller en condamnation contre eux, mais à leur infliger la peine de 10 ans de travaux forcés. 10 ans pour tenir compte du cœur de l’homme jaloux, du sentiment humain qui n’a pas su être maîtrisé et qui les aura conduits à cette extrémité.

Satisfaction de la défense mais…

C’est en saluant la mémoire de la victime que Me Saturnin Agbani commence sa plaidoirie. Puis il salue la clairvoyance du ministère public. Mais il va s’employer à soutenir que le dessein formé n’était certainement pas d’en finir avec Justin… Et, dans tous les cas, Assoclé Bagniko, comme il en a découlé des débats, n’a pu être associé au crime même si, sous l’effet des sévices à la brigade, il a dû avouer un crime qu’il n’a pas commis. Dès lors, il plaide l’acquittement de son client, pour lui rendre justice.
Même logique de la part de Me Julien Togbadja, qui loue la sagacité du ministère public quant à son client Gabriel Gbèda. Bien plus, il invite la Cour à ne pas ignorer les circonstances du drame ; mais à se souvenir que c’est la femme d’autrui qui est convoitée en l’espèce, qui plus est en état de grossesse. Sans oublier qu’ils sont tous voisins. Ce qui fait s’interroger sur la moralité de la victime qui, par ailleurs, a été élevée par les Gbèda, a appris son métier chez eux… Toutes considérations qui amènent Me Togbadja à interpeller la Cour : «Si c’était vous, Gbétchéou Houssou Gbèda ?» et à réclamer souplesse et pédagogie dans la sanction. Surtout que, soutient-il, il n’est pas évident que les acteurs aient décidé en amont de tuer Justin. Pour se demander ensuite s’il ne s’agit pas simplement d’un meurtre dans ce dossier, découlant d’une vendetta. Et d’enchaîner que les éléments contre son client sont hypothétiques, que celui-ci n’a pu participer à aucune concertation préalable tout comme il n’a pu participer aux faits… D’où aucune responsabilité ne peut lui être imputée en l’espèce et, partant, il doit être acquitté purement et simplement.
Tâche moins aisée pour Me Luc-Martin Hounkanrin qui est venu au procès pour sortir Gbétchéou Houssou Gbèda des liens de l’accusation. Mais qui, invité par le président Félix Dossa à faire bref, préfèrera laisser la Cour apprécier comme bon lui semble. Finalement autorisé à plaider, il relève que le ministère public qui a bien dépouillé le dossier, aurait pu aller plus loin. Son client, dit-il, a entrepris de vérifier les allégations de son épouse et l’affaire a tourné au vinaigre. Car en homme responsable, il n’a jamais envisagé d’en finir avec Justin. Puis, Me Hounkanrin va enseigner que la jalousie est au cœur de ce dossier, que les hommes sont les plus jaloux et que cela est normal. Seulement, dans ce dossier, l’action a été plus vite que la pensée, fait-il observer avant de récuser la thèse de l’assassinat. Pour convenir qu’il y a bien eu meurtre mais que Gbétchéou Houssou Gbèda n’est certainement pas celui qui a tué. Raison pour laquelle il faut l’acquitter pour lui permettre de rentrer chez lui.
A Me Vincent Tohozin, qui aurait volontiers titré cette affaire « Le péché de la femme fidèle », il a paru aussi utile de saluer l’honnêteté intellectuelle du ministère public. Pour ensuite relever que Jeanne Hounhoui n’a jamais sciemment participé à la commission de l’infraction en cause. Elle ne savait même pas si son mari avait pour intention d’ôter la vie à la victime. Ainsi, au plan intentionnel, point d’élément à retenir contre elle. Elle qui aura été même bouleversée par la vue des photographies de la dépouille de Justin, parsemée de blessures. Jeanne, c’est une femme qui en aura assez vu en quatre ans de détention, qui garde des séquelles éloquentes de cette expérience, et veut bien retrouver ses filles, la dernière étant née en détention. Mais «qu’a-t-elle fait de mal ?», s’écrie Me Tohozin, pour sensibiliser davantage la Cour à la cause de sa cliente.

S'appesantir sur les faiblesses du dossier

Enfin, Me Yves Kossou, commis aux intérêts de Cossi Gbèda, préfère s’appesantir sur les faiblesses du dossier. Au nombre desquelles l’absence des armes du crime, les photos qui ne sont que des commencements de preuve et qui sont prises par un contrôleur d’action sanitaire, puis enfin l’absence d’acte de décès. Il rappelle un dossier passé dans lequel l’accusé a été acquitté pour trop de faiblesses et défaut d’arme du crime. Mais si malgré ces évidences, la Cour doit condamner, elle devrait considérer, à tout le moins, l’excuse de provocation tenant à la qualité de femme au foyer, enceinte de surcroît, de la dame objet de la convoitise de Justin. Le tout, pour faire une application raisonnable de la loi.
A la suite de leurs avocats, les accusés sollicitent la clémence de la Cour. Celle-ci, fondant sa religion sur les débats, a jugé que Jeanne (poursuivie pour complicité d’assassinat), Gabriel et Assoclé ne sont pas coupables des faits à eux reprochés. Mais que Cossi et Gbétchéou le sont. Aussi les a-t-elle condamnés à la peine de dix ans de travaux forcés. Liberté recouvrée pour les trois premiers donc, et retour en prison pour six ans encore pour les deux derniers.

Société 30 août 2015


Drame provoqué par la fidélité de la femme (28è dossier):Trois des accusés acquittés, deux condamnés à 10 ans de travaux forcés

Clap de fin pour la deuxième session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou avec un dossier d’assassinat et complicité d’assassinat. Vendredi 28 août dernier, cinq accusés dans le box des accusés, dont une femme (Jeanne Hounhoui), trois jeunes gens (Gabriel Gbèda et Cossi Gbèda, Assoclé Bagniko) et un homme âgé (Houssou Gbétchéou Gbèda) pour répondre des faits. Ils sont en détention préventive depuis le 21 novembre 2011. Les avocats Luc Martin Hounkanrin, Vincent Tohozin, Julien Togbadja, Yves Kossou et Saturnin Agbani du cabinet Djikui, avaient la charge de les défendre. La Cour chargée de les juger, elle, était composée de Félix Dossa (président), de Marie Soudé Godonou et Florentin Gbodou (assesseurs) et des jurés François Koundé, Honoré Agboton, Védéhoun Constance Odile Gbènahou, Sètoungan Mèdévo puis Dansou Noël Kounou (suppléant). Gilles Modeste Sodonon, le procureur général, occupait le fauteuil du ministère public et Me Prosper B. Djossou était le greffier de service.

C’est une affaire de cœur, d’amour non assouvi mais qui a conduit à la mort. Un homme qui aime et désire une femme d’autrui. Laquelle s’en ouvre à son mari qui décide de régler ses comptes avec le concurrent qui voulait le cocufier. Pour appréhender les faits, retour au 15 novembre 2011. Pour savoir, selon la Cour, que le couple Gbétchéou Houssou Gbèda et Jeanne Hounhoui vit à Ouèdo-Adjokomè. Que Jeanne ayant reçu les avances de Justin Gohoungo, en a informé son époux. Celui-ci fait appel aux nommés Cossi Gbèda, Gabriel Gbèda et Assoclé Bagniko pour attenter à sa vie. Le mardi 15 novembre 2011 vers 20h, Justin, après avoir rendu clandestinement visite à Jeanne, retourne chez lui. Cossi ne l’ayant pas vu au cours de son passage chez Jeanne en vue de commettre son forfait, demande à celle-ci d’aller à son domicile afin de l’inviter à revenir chez elle où il avait déjà tendu une embuscade. Jeanne se rend effectivement chez Justin vers 23h et l’invite à la suivre. Ce dernier la suit jusqu’au domicile de son époux Gbétchéou. Arrivé dans la maison, elle introduit Justin dans la chambre alors que Cossi, caché dans une autre chambre, suivait leur mouvement. Pendant que Justin échangeait avec Jeanne, Cossi surgit avec une machette et un gourdin. Justin se rend compte du danger et prend la fuite. Cossi se met à sa poursuite et crie « au voleur ! », rejoint par Assoclé et Gabriel. Ils l’assomment à coups de coupe-coupe et de gourdin. Ce dernier rend l’âme sur le champ. Inculpés d’assassinat, Gbétchéou reconnaît les faits tant à l’enquête préliminaire que devant le juge d’instruction. Sa propre épouse affirme qu’elle a organisé le guet et a informé Cossi qui s’est caché dans l’obscurité et a bondi avec une machette et un gourdin sur Justin lors de sa fuite. Déclaration confirmée par Odile Houézéklounon, épouse de la victime. Inculpée d’assassinat, Jeanne reconnaît les faits à toutes les étapes de la procédure.

Quant à Assoclé, il reconnaît les faits à l’enquête préliminaire avant de se rétracter devant le juge d’instruction. Mais des déclarations de Gbétchéou, il ressort qu’Assoclé a planifié le guet avec lui. De même, lors de la confrontation devant le juge d’instruction, Gbétchéou déclare qu’il a organisé le guet avec la complicité de Cossi qui a pu maîtriser la victime lors de sa fuite en lui assénant des coups de machette et de gourdin.
Quant à Gabriel, il nie les faits à toutes les étapes de la procédure. Il ne conteste cependant pas sa présence sur les lieux mais insiste qu’il n’était pas armé. Il ressort des rapports médico-psychologiques et psychiatriques qu’au moment des faits, aucun trouble mental grave n’a été repéré chez les accusés. L’enquête de moralité leur est favorable et leurs bulletins N°1 de casier judiciaire ne portent mention d’aucune condamnation.

Impliqués à des degrés divers

Appelé à s’en expliquer, Houssou Gbétchéou Gbèda dont la Cour attend de savoir quelle a été sa partition, déclare ne rien connaître de l’affaire. Il raconte que le nommé Justin a fait des avances à son épouse par deux fois. Qu’informé, il en a parlé à son jeune cousin et l’a prié de le faire venir pour qu’ils en discutent. Mais qu’il était là quand il a entendu crier « Au voleur ! Au voleur ! » avant d’apprendre ensuite, une fois sorti les mains vides, que Justin a été blessé et conduit à l’hôpital… Pourtant, il avait reconnu aux étapes précédentes sa participation au crime, lui rappelle la Cour. Non, oppose-t-il. La Cour, comme l’avocat général, le soumettent à un feu de questions. Il ne varie pas. Même quand Gilles Sodonon lui fait remarquer que le lieu de rendez-vous, tout proche de sa concession n’a pas dû être choisi par hasard, et qu’il aurait été imprudent pour Justin de s’exposer ainsi près de chez l’homme qu’il veut cocufier. Gbétchéou ne fléchit pas. En fait la Cour voulait savoir précisément quelles consignes il a données à sa femme pour organiser la rencontre. Il finit par laisser entendre qu’en entendant «Au voleur ! Au voleur !», il a su que c’est Justin qui venait d’être appréhendé ; laissant comprendre au ministère public qu’il y avait donc forcément une entente entre lui et son cousin Cossi aux fins d’appréhender Justin. Justin dont les avances à sa femme, pourtant porteuse d’une grossesse de cinq mois environ, ne l’ont pas remué, déclare-t-il pour soutenir encore qu’il n’a jamais engagé sa femme à accepter un rendez-vous avec Justin. Avant de concéder qu’ayant été informé par sa femme, il lui a demandé d’aller au rendez-vous. « Dans quel but ? Pour vérifier la véracité de l’information portée à sa connaissance par son épouse ? », veut savoir la défense. « Oui », admet-il.
Sera-t-il renchéri ou contredit par sa femme ? Quand elle débarque à la barre, Jeanne, 36 ans et de 26 ans la cadette de Houssou Gbétchéou Gbèda, expose que son homme, qui la bat souvent, a bien consenti à ce rendez-vous et l’a encouragée à prendre deux mille (2.000) francs à Justin et à les lui ramener en guise de preuve. Puis, lui et Cossi l’auraient encouragée à retourner chez Justin afin de le convaincre de venir chez elle. Quoique méfiant, il s’y rendra, essaiera d’entretenir des rapports sexuels avec elle, mais se ravisera face à son refus insistant et après qu’ils eurent senti des présences humaines tout près. Il serait alors parti en escaladant le mur, poursuivi par son mari, Cossi et d’autres… Plus tard, son mari qu’elle avait déclaré avoir vu porteur d’un gourdin, et Cossi se rejetteront la responsabilité de la mort de Justin. C’était aux étapes antérieures de la procédure. Et elle citait un certain nombre d’agresseurs de Justin. Mais à la barre, elle nuance ses propos et soutient n’avoir pas été sur les lieux. Seulement, elle est formelle sur le fait que Justin n’a pas été tué au lieu du rendez-vous. Dans tous les cas, expose-t-elle, son mari ne lui a jamais fait part de ses intentions de s’en prendre à Justin, en lui conseillant d’accorder un rendez-vous à Justin. Et, poursuit-elle, c’est quelques heures après avoir pourchassé Justin, qu’elle l’a entendu se plaindre, une fois revenu à la maison, déclarant que Cossi est allé trop loin, puisqu’il lui a simplement demandé de l’aider à mettre la main sur Justin, mais qu’il l’a achevé…
Gabriel Gbèda, pour sa part, raconte avoir vu Houssou Gbétchéou Gbèda avec un gourdin, et Cossi avec une machette, Assoclè Bagniko, en compagnie d’autres acteurs. S’étant enquis de la situation, il se laissera dire que Justin a fait des avances à la femme du premier. Plus tard, alors qu’il était déjà rentré à la maison, il entendit crier «Au voleur ! Au voleur !». S’étant porté sur les lieux, il verra Justin au sol déjà et se fera prier d’aller chercher une moto pour le transporter à l’hôpital. En clair, lui Gabriel n’a pas participé au crime et n’était d’ailleurs pas informé des avances de Justin à Jeanne.

La Cour veut comprendre

Pas plus informé, Assoclé Bagniko, lui, raconte être allé voir un spectacle cette nuit-là dans le quartier. Qu’il a entendu l’alerte et a vu, plus tard, Justin aux mains de ses agresseurs, rendant l’âme alors que Gabriel était allé chercher une moto à la maison pour son transport à l’hôpital. «Mais pourquoi avez-vous demandé à la veuve de Justin de ne pas vous citer parmi les meurtriers ?», veut comprendre la Cour. Il soutient qu’il n’en est rien. «N’aviez-vous pas déclaré aussi qu’à votre arrivée sur les lieux, Justin n’était pas encore mort et qu’il avait même fait un geste de la main pour vous demander de l’aider ?» Il n’en est pas certain.
Cité comme acteur principal du crime, Cossi Gbèda, à la barre, explique avoir été informé par Houssou Gbétchéou Gbèda des avances de Justin à sa femme, et suggéré au plaignant de veiller à le prendre en flagrant délit… Qu’ayant aperçu la femme dans la nuit profonde, il l’a torchée avant de lui demander ce qu’elle faisait là, au lieu d’être près de son homme… Qu’en est-il du dessein de tuer Justin ? Cossi expose qu’il n’y avait pas vraiment de plan de s’en prendre à sa personne... Pourtant, à l’enquête préliminaire, il déclarait avoir « promis d’aider personnellement pour le surprendre ». Que c’est lui Cossi qui le maîtrisait entre ses jambes quand Assoclé est arrivé. Que c’est lui Cossi qui a appelé Gabriel pour l’informer des plaintes de Gbétchéou mais qu’il ne l’entendait pas en raison du bruit qu’il y avait autour de lui… Que lui Cossi n’a pas fait usage de sa machette mais que Houssou Gbétchéou Gbèda a usé de son gourdin. L’avocat général lui fait observer que les blessures faites à la victime ne sont pas que dues à du bois.
Rappelée à la barre pour confrontation, Jeanne réaffirme que son mari et Cossi sont responsables de la mort de Justin. Puis elle laisse entendre que si elle recouvre sa liberté, elle fera une escale chez son père qui lui a donné Houssou Gbétchéou Gbèda comme époux, avant de retourner chez lui à cause de leurs six enfants.
Seul témoin cité à comparaître, Norbert Kouakanou sera écouté comme simple sachant. C’est lui qui renseigne que c’est une manche de houe que Gbétchéou Houssou Gbèda avait sur lui.
Félix Hounyè, frère de la victime, n’entend pas se constituer partie civile.

Qui est coupable ?

A l’issue de l’instruction à la barre, Gilles Modeste Sodonon, prendra ses réquisitions après un rappel des faits. Il tire motif du certificat médical au dossier pour conclure qu’il y a bel et bien eu mort, du fait des coups et blessures faits, le cou fracturé qui présente une souplesse anormale, les testicules écrasées et autres blessures… Mais y a-t-il eu guet-apens ? Préméditation ? S’il lui paraît clair que les accusés ont formé le dessein d’attenter à la vie de la victime, il tire aussi motif du rendez-vous obtenu sous instigation de Gbétchéou et Cossi pour établir le guet-apens. Mais à qui imputer le crime ? Gilles Sodonon avoue que les certitudes qu’il avait en arrivant au procès, sont quelque peu ébranlées. Relativement surtout à Jeanne Hounhoui qui a été constante à toutes les étapes, elle l’épouse sérieuse qui n’a fait qu’informer son mari, croyant que la flagrance qu’il recherchait, n’aurait servi qu’à soutenir ses propos en vue du règlement de l’affaire en famille. Aussi, le ministère public croit-il que dame Jeanne Hounhoui n’avait nullement l’intention de conduire la victime à l’abattoir. Et, en conséquence, il requiert à son égard l’inexistence de l’infraction et la relaxe pour défaut d’intention coupable.
S’agissant de Gbétchéou Houssou Gbèda qui était sur les lieux du crime avec un gourdin, mais ayant soutenu que c’est Cossi qui a donné la mort à Justin, le ministère public relève bien que le certificat médical évoque des blessures caractérisées par une certaine profondeur et un certain diamètre. Ce qui n’aurait pu être fait que par un instrument de la nature de la manche d’une houe, à tête ronde. Mieux, l’enquête de moralité ne renseigne-t-elle pas qu’il est un homme violent qui répond toujours proportionnellement à la provocation ? C’est pourquoi Gilles Sodonon requiert qu’il soit maintenu dans les liens de l’accusation. Autant que Cossi qui, malgré ses variations, a bien participé au coup, insistant auprès de Jeanne pour obtenir le rendez-vous, et s’étant armé d’une machette pour livrer la chasse à la victime. Or, il était le seul à être armé d’un coupe-coupe, il a été vu avec le macchabée entre les jambes ; et le certificat médical fait état de multiples blessures sur le corps de la victime, résultant de coups de machette. D’où il apparaît juste au ministère public qu’il soit retenu dans les liens de l’accusation.
Quant à Gabriel Gbèda, sa participation au crime ne se fait pas évidente. Il aurait commis le crime de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Sa relaxe sera requise. De même qu’Assoclé, qui d’après Cossi lui-même, n’est arrivé sur les lieux qu’alors que Justin était déjà à terre. Pour lui aussi, la relaxe sera donc requise.
Mais Gilles Sodonon souligne que l’enquête de moralité est globalement favorable à Cossi et Gbétchéou Houssou Gbèda. Sur ce, il invite la Cour à aller en condamnation contre eux, mais à leur infliger la peine de 10 ans de travaux forcés. 10 ans pour tenir compte du cœur de l’homme jaloux, du sentiment humain qui n’a pas su être maîtrisé et qui les aura conduits à cette extrémité.

Satisfaction de la défense mais…

C’est en saluant la mémoire de la victime que Me Saturnin Agbani commence sa plaidoirie. Puis il salue la clairvoyance du ministère public. Mais il va s’employer à soutenir que le dessein formé n’était certainement pas d’en finir avec Justin… Et, dans tous les cas, Assoclé Bagniko, comme il en a découlé des débats, n’a pu être associé au crime même si, sous l’effet des sévices à la brigade, il a dû avouer un crime qu’il n’a pas commis. Dès lors, il plaide l’acquittement de son client, pour lui rendre justice.
Même logique de la part de Me Julien Togbadja, qui loue la sagacité du ministère public quant à son client Gabriel Gbèda. Bien plus, il invite la Cour à ne pas ignorer les circonstances du drame ; mais à se souvenir que c’est la femme d’autrui qui est convoitée en l’espèce, qui plus est en état de grossesse. Sans oublier qu’ils sont tous voisins. Ce qui fait s’interroger sur la moralité de la victime qui, par ailleurs, a été élevée par les Gbèda, a appris son métier chez eux… Toutes considérations qui amènent Me Togbadja à interpeller la Cour : «Si c’était vous, Gbétchéou Houssou Gbèda ?» et à réclamer souplesse et pédagogie dans la sanction. Surtout que, soutient-il, il n’est pas évident que les acteurs aient décidé en amont de tuer Justin. Pour se demander ensuite s’il ne s’agit pas simplement d’un meurtre dans ce dossier, découlant d’une vendetta. Et d’enchaîner que les éléments contre son client sont hypothétiques, que celui-ci n’a pu participer à aucune concertation préalable tout comme il n’a pu participer aux faits… D’où aucune responsabilité ne peut lui être imputée en l’espèce et, partant, il doit être acquitté purement et simplement.
Tâche moins aisée pour Me Luc-Martin Hounkanrin qui est venu au procès pour sortir Gbétchéou Houssou Gbèda des liens de l’accusation. Mais qui, invité par le président Félix Dossa à faire bref, préfèrera laisser la Cour apprécier comme bon lui semble. Finalement autorisé à plaider, il relève que le ministère public qui a bien dépouillé le dossier, aurait pu aller plus loin. Son client, dit-il, a entrepris de vérifier les allégations de son épouse et l’affaire a tourné au vinaigre. Car en homme responsable, il n’a jamais envisagé d’en finir avec Justin. Puis, Me Hounkanrin va enseigner que la jalousie est au cœur de ce dossier, que les hommes sont les plus jaloux et que cela est normal. Seulement, dans ce dossier, l’action a été plus vite que la pensée, fait-il observer avant de récuser la thèse de l’assassinat. Pour convenir qu’il y a bien eu meurtre mais que Gbétchéou Houssou Gbèda n’est certainement pas celui qui a tué. Raison pour laquelle il faut l’acquitter pour lui permettre de rentrer chez lui.
A Me Vincent Tohozin, qui aurait volontiers titré cette affaire « Le péché de la femme fidèle », il a paru aussi utile de saluer l’honnêteté intellectuelle du ministère public. Pour ensuite relever que Jeanne Hounhoui n’a jamais sciemment participé à la commission de l’infraction en cause. Elle ne savait même pas si son mari avait pour intention d’ôter la vie à la victime. Ainsi, au plan intentionnel, point d’élément à retenir contre elle. Elle qui aura été même bouleversée par la vue des photographies de la dépouille de Justin, parsemée de blessures. Jeanne, c’est une femme qui en aura assez vu en quatre ans de détention, qui garde des séquelles éloquentes de cette expérience, et veut bien retrouver ses filles, la dernière étant née en détention. Mais «qu’a-t-elle fait de mal ?», s’écrie Me Tohozin, pour sensibiliser davantage la Cour à la cause de sa cliente.

S'appesantir sur les faiblesses du dossier

Enfin, Me Yves Kossou, commis aux intérêts de Cossi Gbèda, préfère s’appesantir sur les faiblesses du dossier. Au nombre desquelles l’absence des armes du crime, les photos qui ne sont que des commencements de preuve et qui sont prises par un contrôleur d’action sanitaire, puis enfin l’absence d’acte de décès. Il rappelle un dossier passé dans lequel l’accusé a été acquitté pour trop de faiblesses et défaut d’arme du crime. Mais si malgré ces évidences, la Cour doit condamner, elle devrait considérer, à tout le moins, l’excuse de provocation tenant à la qualité de femme au foyer, enceinte de surcroît, de la dame objet de la convoitise de Justin. Le tout, pour faire une application raisonnable de la loi.
A la suite de leurs avocats, les accusés sollicitent la clémence de la Cour. Celle-ci, fondant sa religion sur les débats, a jugé que Jeanne (poursuivie pour complicité d’assassinat), Gabriel et Assoclé ne sont pas coupables des faits à eux reprochés. Mais que Cossi et Gbétchéou le sont. Aussi les a-t-elle condamnés à la peine de dix ans de travaux forcés. Liberté recouvrée pour les trois premiers donc, et retour en prison pour six ans encore pour les deux derniers.

Société 30 août 2015


Sentiment d’appartenance à une entreprise: Afrique Conseil outille le personnel de l’ONIP

«Comment faire naître chez le personnel, un sentiment d’appartenance à l’office ». Ce thème a fait l’objet d’une formation, vendredi 28 août dernier, au profit du personnel de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP). L’initiative vient du cabinet Afrique Conseil, comme sa contribution aux noces d’argent du journal ''La Nation'' édité par l’office. La formation a eu lieu au Codiam à Cotonou.

Le personnel de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP), en formation pour acquérir les rudiments nécessaires en matière d’appartenance à une entreprise. C’était à la faveur d’un rendez-vous du donner et du recevoir, vendredi 28 août dernier. C’est une initiative du cabinet Afrique Conseil qui s'inscrit dans le cadre de la célébration des 25 ans du journal ‘’La Nation’’. Elle vise à développer chez les agents, le sentiment d’appartenance à la même entité en vue d’une meilleure productivité et d’une meilleure performance à l’ONIP. Le thème de la rencontre est intitulé: « Pourquoi et comment acquérir le sentiment d’appartenance, indispensable pour une vie meilleure, équilibrée et fructueuse ».

Pour développer ce thème, le directeur général du cabinet Afrique Conseil, Emmanuel Guidibi s’est basé sur une approche méthodologique. Pour lui, le sentiment d’appartenance part du principe selon lequel tout travailleur doit considérer l’entreprise comme sa propriété privée, un chef-d’œuvre, en se battant au quotidien pour son développement. C’est la seule manière, indique-t-il, de la faire grandir, de la rendre performante et de contribuer à sa pérennité. Il poursuit en précisant que le développement d’un pays est tributaire de celui des entreprises. Le fait de ne pas le comprendre est synonyme du sous-développement. L’ONIP a donc une partition importante à jouer pour l’essor du Bénin, en œuvrant notamment à créer de la richesse et des emplois. Et pour que cela devienne une réalité, trois mobiles doivent guider ses actions : le management, le marketing et l’innovation.

Quatre résolutions

Au-delà de ces facteurs, le formateur a également mis l’accent sur quatre principales résolutions, éléments indispensables pour le bon fonctionnement de toute entreprise. Premièrement, Emmanuel Guidibi explique que l’entreprise appartient à trois entités: l’actionnaire, le personnel et les clients. L’entreprise étant le seul endroit où l’on produit de la richesse, les agents doivent en être fiers et s’engager pour son rayonnement au risque de la conduire dans le décor ou encore de ‘’mendier’’ en vue de la maintenir dans le temps.
Deuxièmement, le directeur général du cabinet Afrique Conseil, indique que tout agent a le devoir de marquer positivement son passage à l’ONIP, avant d’aller à la retraite. La troisième résolution, poursuit-il, est que tout employé de l’Office a également le devoir de surveiller ses performances comme du «lait sur le feu». Pour cela, il faut instaurer un mécanisme d’intéressement aux résultats. La quatrième et dernière résolution, selon lui, est qu’il faut apprendre et utiliser les méthodes et moyens pour améliorer les performances en matière de création de richesse.
Il ressort de ses explications, qu’il est aisé pour une société de partir d’un ‘’rien’’ pour devenir puissante, en dépassant même les sommets inimaginables. De ce fait, chaque agent de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP) doit être un modèle, de manière à favoriser une relève de qualité. C’est le challenge pour raviver toujours sa flamme, a-t-il insisté.
A l’ouverture de la formation, la directrice générale par intérim de l’ONIP, Reine Azifan Sagbo, après en avoir précisé le contexte, a remercié le cabinet Afrique conseil pour son geste et a souhaité que chaque agent puisse en tirer un meilleur profit. « Afrique Conseil est le seul cabinet qui a fait ce geste à l’ONIP dans le cadre des 25 ans du journal ''La Nation''», dit-elle, en espérant que la formation puisse être des plus bénéfiques aux participants, et à l’Office.

Société 30 août 2015


Sentiment d’appartenance à une entreprise: Afrique Conseil outille le personnel de l’ONIP

«Comment faire naître chez le personnel, un sentiment d’appartenance à l’office ». Ce thème a fait l’objet d’une formation, vendredi 28 août dernier, au profit du personnel de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP). L’initiative vient du cabinet Afrique Conseil, comme sa contribution aux noces d’argent du journal ''La Nation'' édité par l’office. La formation a eu lieu au Codiam à Cotonou.

Le personnel de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP), en formation pour acquérir les rudiments nécessaires en matière d’appartenance à une entreprise. C’était à la faveur d’un rendez-vous du donner et du recevoir, vendredi 28 août dernier. C’est une initiative du cabinet Afrique Conseil qui s'inscrit dans le cadre de la célébration des 25 ans du journal ‘’La Nation’’. Elle vise à développer chez les agents, le sentiment d’appartenance à la même entité en vue d’une meilleure productivité et d’une meilleure performance à l’ONIP. Le thème de la rencontre est intitulé: « Pourquoi et comment acquérir le sentiment d’appartenance, indispensable pour une vie meilleure, équilibrée et fructueuse ».

Pour développer ce thème, le directeur général du cabinet Afrique Conseil, Emmanuel Guidibi s’est basé sur une approche méthodologique. Pour lui, le sentiment d’appartenance part du principe selon lequel tout travailleur doit considérer l’entreprise comme sa propriété privée, un chef-d’œuvre, en se battant au quotidien pour son développement. C’est la seule manière, indique-t-il, de la faire grandir, de la rendre performante et de contribuer à sa pérennité. Il poursuit en précisant que le développement d’un pays est tributaire de celui des entreprises. Le fait de ne pas le comprendre est synonyme du sous-développement. L’ONIP a donc une partition importante à jouer pour l’essor du Bénin, en œuvrant notamment à créer de la richesse et des emplois. Et pour que cela devienne une réalité, trois mobiles doivent guider ses actions : le management, le marketing et l’innovation.

Quatre résolutions

Au-delà de ces facteurs, le formateur a également mis l’accent sur quatre principales résolutions, éléments indispensables pour le bon fonctionnement de toute entreprise. Premièrement, Emmanuel Guidibi explique que l’entreprise appartient à trois entités: l’actionnaire, le personnel et les clients. L’entreprise étant le seul endroit où l’on produit de la richesse, les agents doivent en être fiers et s’engager pour son rayonnement au risque de la conduire dans le décor ou encore de ‘’mendier’’ en vue de la maintenir dans le temps.
Deuxièmement, le directeur général du cabinet Afrique Conseil, indique que tout agent a le devoir de marquer positivement son passage à l’ONIP, avant d’aller à la retraite. La troisième résolution, poursuit-il, est que tout employé de l’Office a également le devoir de surveiller ses performances comme du «lait sur le feu». Pour cela, il faut instaurer un mécanisme d’intéressement aux résultats. La quatrième et dernière résolution, selon lui, est qu’il faut apprendre et utiliser les méthodes et moyens pour améliorer les performances en matière de création de richesse.
Il ressort de ses explications, qu’il est aisé pour une société de partir d’un ‘’rien’’ pour devenir puissante, en dépassant même les sommets inimaginables. De ce fait, chaque agent de l’Office national d’Imprimerie et de Presse (ONIP) doit être un modèle, de manière à favoriser une relève de qualité. C’est le challenge pour raviver toujours sa flamme, a-t-il insisté.
A l’ouverture de la formation, la directrice générale par intérim de l’ONIP, Reine Azifan Sagbo, après en avoir précisé le contexte, a remercié le cabinet Afrique conseil pour son geste et a souhaité que chaque agent puisse en tirer un meilleur profit. « Afrique Conseil est le seul cabinet qui a fait ce geste à l’ONIP dans le cadre des 25 ans du journal ''La Nation''», dit-elle, en espérant que la formation puisse être des plus bénéfiques aux participants, et à l’Office.

Société 30 août 2015


Coopération sécuritaire Bénin-Etats-Unis: Un mois de formation pour 150 éléments de l’USSF

Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique appuie le Bénin pour un mois de stage de formation au profit des éléments de l’Unité spéciale de surveillance des frontières (USSF) afin de renforcer leurs capacités dans la lutte contre le terrorisme au niveau des frontières. C’est ce qu’a annoncé au cours d’une séance de travail, vendredi 28 août dernier à son cabinet, Placide Azandé, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes (MISPC.

« Nos frontières sont poreuses. Cela nous expose à des menaces venant pour la plupart du voisinage. Il s’agit, entre autres, du terrorisme, du trafic de la drogue et des armes, du trafic humain, etc». C’est la lutte contre ces menaces qui motive, selon Placide Azandé, ministre de l’Intérieur, de la Sécurité publique et des Cultes (MISPC), l’appui du gouvernement américain. Cet appui va se traduire par quatre semaines de stage de formation que les Etats-Unis acceptent conduire du 31 août au 26 septembre prochain sur la lutte contre le terrorisme. La lutte, pour être couronnée de succès, exige des ressources humaines bien formées. C’est pourquoi 150 éléments de l’Unité spéciale de surveillance des frontières sont retenus pour suivre la formation. Elle leur permettra de «savoir identifier des menaces à la frontière, d’effectuer efficacement des patrouilles frontalières, des opérations de contrôles frontaliers, etc.», a indiqué Todd R. Whatley, chargé de mission et premier conseiller à l’ambassade des Etats-Unis près le Bénin.
La formation sera dispensée par quinze agents de l’Unité des marines américains, a ajouté Placide Azandé. Le matériel nécessaire au bon déroulement du stage sera même fourni par le gouvernement des Etats-Unis et se compose notamment d’armes et de munitions.
La formation se déroule suivant deux étapes, à savoir trois semaines de cours physique et technique ainsi que des enseignements en classe et une semaine d’application et de séances de tirs à l’Ecole nationale des officiers de Toffo.
L’USSF est une Unité d’élite de la Police nationale dont la mission est celle de surveillance continue et de sécurité de proximité dans les espaces frontaliers. Elle est créée conjointement par l’Agence béninoise de Gestion intégrée des espaces frontaliers et la direction générale de la Police nationale. Convaincu que la présente formation la rendra plus opérationnelle face aux nouvelles menaces de terrorisme en Afrique subsaharienne, le ministre Placide Azandé invite les populations à ne pas paniquer et surtout, à se plier aux injonctions des agents de l’Unité des marines américains.

Actualités 30 août 2015


Eliminatoires de la CAN Orange, Gabon 2017: Oumar Tchomogo officialise la liste des Ecureuils contre les Aigles

A l’occasion de la 2è journée des éliminatoires de la CAN Orange, Gabon 2017, les Ecureuils du Bénin et les Aigles du Mali, en découdront dimanche 6 septembre prochain au stade de l’Amitié à Kouhounou. Ce sera pour le match au sommet du groupe C. L’entraîneur de l’équipe nationale du Bénin, Oumar Tchomogo était devant la presse, vendredi 28 août dernier. C’était pour communiquer la liste des joueurs convoqués dans le cadre de la préparation de cet important match.

Arrivé à Cotonou mercredi dernier, le sélectionneur des Ecureuils du Bénin, Oumar Tchomogo s’emploie à mettre son dispositif en place, dans la perspective du match du dimanche prochain contre les Aigles du Mali. Il a, à cet effet, donné un point de presse vendredi 28 août dernier. La principale information inscrite à l’ordre du jour de cette rencontre avec les professionnels des médias a été la publication de la liste des joueurs attendus pour ce match entre le Bénin et le Mali. Mesurant l’enjeu de cette explication, Oumar Tchomogo a sollicité le soutien du public béninois. Le Bénin débute sa préparation ce jour.

Liste officielle des 23 joueurs béninois contre les Aigles du Mali

Gardiens (3) :
Fabien Farnolle (Le Havre /France) ,
Saturnin Allagbé (Niort/France)
Steev Glodjinon (Energie)

Défenseurs (7) :
Junior Salomon (Bayelsa United/ Nigeria),
Khaled Adénon (Amiens/France),
Eric Tossavi (Avrankou),,
Lazadi Fousséni (Bayelsa United Nigeria),
David Kiki (Niort/France)
Antonin Kassa (Energie),

Milieux (8) :
Chamsdine Chaona (Sunshine Stars/ Nigeria),
Djiman Koukou (Niort/France)
Jordan Adéoti (Caen/France),
Sessi d’Almeida (PSG/France),
Mama Seibou (Aspac),
Arsène Loko (Africa Sports/Côte d’Ivoire),
Babatoundé Bello (Frýdek-Místek/ R.Tchèque),
Stéphane Sèssegnon (West Brom / Angleterre),
David Djigla (Niort/France)

Attaquants (5) :
Frédéric Gounongbé (Westerlo/Belgique),
Steev Mounié (Montpellier/France),
Michael Poté (Adana Dermispor /Turquie),
Abdel Fadel Suanon (Dhamak/Arabie Saoudite) ,
Rudy Gestede (Aston Villa/Angleterre)

Sports 30 août 2015


Présentation de lettres de créances: Le nouvel ambassadeur des Pays-Bas accrédité

Le nouvel ambassadeur des Pays-Bas près le Bénin, Henricus Johannes Jozef Van Dijk a présenté, samedi 29 août dernier, ses lettres de créances au chef de l’Etat. Un nouveau départ s’annonce sur l’axe Cotonou-Amsterdam.

Le successeur de Jos Van Aggelen est désormais connu. Son nom : Henricus Johannes Jozef Van Dijk. Le nouvel ambassadeur du Royaume de Pays-Bas près le Bénin a présenté, samedi dernier, ses lettres de créances au président de la République, Boni Yayi. «J’ai remercié le chef de l’Etat pour son engagement pour le renforcement de la coopération entre le Bénin et les Pays-Bas. Nous avons fait un tour d’horizon du partenariat qui nous lie, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de l’eau et de la santé. J’ai assuré le président de la République de mon dévouement pour entretenir les liens d’amitié entre nos deux pays », confie le diplomate néerlandais à sa sortie d’audience.

Le nouvel ambassadeur des Pays-Bas arrive dans un contexte où la Hollande a mis en veilleuse son programme de coopération avec le Bénin, en raison des malversations relevées dans la mise en œuvre du Programme pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA II). Son arrivée, consécutive aux échanges de correspondance entre le président de la République et le Premier ministre néerlandais sur le dossier, peut être perçue comme un début de normalisation de l’axe Cotonou-Amsterdam.
Diplômé de l’Université agronomique de Wageningen, Jozef Van Dijk a servi dans le secteur agricole avant d’embrasser une carrière de diplomate. Entre 1987 et 1990, il a été responsable de projet des Nations Unies à Tombouctou au Mali puis ingénieur de projet pour le compte de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) en Guinée. Dans le domaine de la diplomatie, il a servi entre 1998 et 2002, comme chef de la coopération au Mali. Il a occupé également le même poste à Colombo pour quatre années, puis à Accra entre 2010 et 2014, après un détour au ministère des Affaires étrangères. Avant sa nomination au Bénin, le nouvel ambassadeur des Pays-Bas était conseiller civil auprès de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA).

Actualités 30 août 2015


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