La Nation Bénin...



Résultat pour : fc 26 coins switch Visit Buyfc26coins.com for latest FC 26 coins news..KtdS

Nouvelles

Enseignement et formation techniques et professionnels : Le Parlement adopte une loi-cadre
L’Assemblée nationale a adopté hier mardi 11 janvier, la loi n°2022-01 portant loi-cadre sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (Etfp) en République du Bénin. L’adoption de ce texte s’inscrit dans le cadre de la réforme du système éducatif béninois devant permettre au pays d’avoir une masse critique de compétences en adéquation avec les besoins de l'économie et le marché du travail. Un nouveau jour se lève sur le système éducatif béninois. Les députés ont adopté en plénière, ce mardi 11 janvier, la loi-cadre sur l’enseignement et la formation techniques et professionnels (Etfp) dont le projet leur a été transmis par le gouvernement par décret n°2021-167 du 24 mars 2021. Elle vise à mettre en place des dispositifs adéquats et inclusifs pour une formation technique et professionnelle de qualité, accessible à tous et adaptée aux besoins du développement économique, et qui facilitera l’insertion des jeunes sur le marché du travail. Le texte abroge à cet effet certaines dispositions de la loi n°2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’éducation nationale. Plusieurs innovations y ont été introduites dont la mise en place d’une approche éducative inclusive et holistique ; le pilotage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels par l’Etat en collaboration avec le secteur privé ; la régulation des flux en inversant la tendance en faveur de l’enseignement et la formation techniques et professionnels ; le mode de gouvernance pédagogique et administrative et l’arrimage de l’enseignement et la formation techniques et professionnels aux normes de la professionnalisation. Il s’agit d’une loi-cadre de 48 articles répartis en cinq chapitres traitant notamment de l’objet et du champ d’application du texte, l’organisation des enseignements et des formations ; des rôles des principaux acteurs et du cadre institutionnel de mise en œuvre de financement de l’enseignement et de la formation techniques et professionnels. Le texte a été approuvé à l’unanimité des députés. Le rapport de la commission en charge de l’Education de l’Assemblée nationale examiné par la plénière renseigne clairement sur les raisons de l’option du gouvernement. Laquelle option découle en réalité du constat que les statistiques récentes montrent que 97 % des élèves titulaires du Brevet d’études du premier cycle (Bepc) poursuivent leur cursus dans l’enseignement général contre 3% seulement dans l’enseignement technique et la formation professionnels. Un tel déséquilibre a pour conséquence de générer un grand nombre de titulaires de diplômes académiques au détriment de ceux justifiant de compétences techniques et professionnelles, toutes choses qui alimentent le chômage et le sous-emploi des jeunes. C’est donc pour corriger cette anomalie qui n’a que trop duré que le gouvernement béninois a élaboré la stratégie nationale pour promouvoir et développer l’Etfp. Cette stratégie sera désormais soutenue par une loi-cadre qui couvre non seulement l’éducation de base, la post-éducation de base et l’enseignement supérieur, mais aussi les formations techniques et professionnelles sous la tutelle d’autres départements ministériels, en dehors de ceux en charge de l’Education. Ce qui permettra au gouvernement de relever le défi en inversant la tendance actuelle de la pléthore des effectifs de l’enseignement secondaire général au profit d’une orientation pertinente des apprenants vers l’enseignement et la formation techniques et professionnels. Actualités 12 janv. 2022


Transformation économique du Bénin : Une croissance de 10,2 % projetée à l’horizon 2026
La poursuite de la trans-formation économique restera le leitmotiv durant les cinq prochaines années. Le nouveau Programme d’action du gouvernement mise sur l’accélération de la croissance économique à 10,2 % à l’horizon 2026. Une croissance économique à deux chiffres au Bénin ! Le rêve peut devenir réalité d’ici cinq ans. Sur la période 2021-2026, le taux de croissance moyen se chiffrerait à 8,3 %, passant de 7 % à 10,2 %. Telle est l’ambition affichée par le gouvernement, à travers son nouveau programme d’action, qui entend continuer à bâtir les ressorts d’une croissance économique endogène. Pour ce faire, le Pag II, sous la présidence de Patrice Talon, qui coûtera l’importante somme de 12 011 milliards F Cfa, aura pour point d’orgue la poursuite de la transformation structurelle de l’économie. Ce pilier concentre 63 % du montant du programme : l’éducation (8 %) et les secteurs de croissance économique (55 %). De façon spécifique, l’axe stratégique relatif à l’accélération de la croissance économique est articulé autour d’une dizaine de points. Il s’agit de : la construction des infrastructures modernes de transport et de logistique, l’autonomie énergétique, les infrastructures et services numériques, les performances du secteur agricole, la promotion du patrimoine culturel national, de l’art et de l’artisanat, le développement touristique, l’industrialisation, la création d’emplois durables pour les jeunes et les femmes. Plus de 1,3 million d’emplois directs et indirects seront générés par la mise en œuvre du nouveau Pag, selon les prévisions. Ce sera à travers 342 projets au total dont 189 projets en cours (Pag I) pour 7 658 milliards F Cfa, 153 nouveaux projets pour 4 353 milliards F Cfa. Si 3 431 milliards F Cfa sont déjà disponibles, il reste encore à mobiliser 8 580 milliards F Cfa. Et c’est en cela que la projection du gouvernement met une pression supplémentaire sur les régies financières qui devront mobiliser davantage les ressources publiques au plan interne et externe (dons et prêts), dans un contexte de conjoncture internationale, de la pandémie de Covid-19, des changements climatiques, d’insécurité publique (attaques djihadistes). Ces ressources publiques représentent 48 % de l’enveloppe globale du programme contre 52 % pour les ressources en partenariat public-privé. Toutefois, rassure le gouvernement, l’encours de la dette publique par rapport au produit intérieur brut (Pib) qui est estimé à 49,2 % du Pib en 2021 sera progressivement réduit pour atteindre 38,1 % en 2026. Dans cette optique, au-delà du maintien du rythme de création de la richesse, le renforcement du cadre macro-économique et de l’intégration régionale se poursuivra ainsi que l’assainissement de la gestion des finances publiques et l’amélioration du climat des affaires. Tout cela contribuera à accroître les opportunités économiques avec les pays voisins, améliorer la capacité de mobilisation des ressources fiscales, augmenter le taux d’investissement privé et le volume des Investissements directs étrangers, réduire l’informel. Actualités 12 janv. 2022


Pag 2021-2026 : Trois chantiers majeurs pour la diplomatie
Au cours du quinquennat 2021-2026, le gouvernement du président Patrice Talon, poursuivra les chantiers visant à faire de la diplomatie un puissant outil de développement. Trois grandes réformes sont prévues à cet effet par le Programme d’action du gouvernement (Pag II). Après les fructueuses actions des cinq dernières années dans le secteur de la diplomatie, cap maintenant sur de nouvelles réformes à mettre en œuvre d’ici à 2026. L’Exécutif béninois entend continuer à faire du secteur un important levier du rayonnement du pays. La diplomatie comme outil de mobilisation de ressources et de développement. Tel demeure le leitmotiv du gouvernement du président Patrice Talon. Pour atteindre cet objectif, il prévoit, à travers son Programme d’action 2021-2026, de mettre en œuvre trois grandes réformes dans le secteur. Il s’agit, en effet, de la dynamisation des pôles régionaux de la nouvelle carte diplomatique, de l'établissement d’une zone de libre-échange avec le Nigeria et les autres pays de la sous-région, et de la mise en place des conseillers au partenariat et à la coopération décentralisée. Aurélien Agbénonci, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, explique le bien-fondé de chacune de ces trois chantiers. Avec la nouvelle carte diplomatique « aujourd’hui, nous sommes à 14 pôles (Ndlr : ambassades). Alors on les appelle des pôles régionaux parce que lorsque le président de la République vous envoie à Paris et que vous êtes aussi en charge de l’Estonie ou que vous devez aussi agir au Danemark, vous êtes forcément dans la posture d’outil régional », note-t-il. Le deuxième chantier du Pag II, qui est la mise en place d’une zone de libre-échange avec le Nigeria, résulte de la volonté de l’Etat béninois d’assainir le cadre commercial avec son voisin de l’Est et géant de l’Afrique de l’Ouest. « Nous savons très bien que nous avons subi à un moment donné cette fermeture qui s’est faite en violation des textes de la Cedeao. Mais il faut être réaliste. Nous avons décidé de composer. Nous n’arrivons même pas à vendre certains de nos produits au Nigeria alors que les textes de la Cedeao rendent possible normalement la circulation, la vente de tout ce qui est produit dans l’espace Cedeao. C’est pour cela que le président a décidé que nous mettions en place cette zone où nous allons avoir quelques accords particuliers, où nous allons nous mettre d’accord sur des détails parce que nous nous sommes rendu compte, lorsque nous échangeons avec nos amis du Nigeria, que lorsque certains détails ne sont pas réglés avec eux, on n’arrive pas à avancer », a déclaré le chef de la diplomatie béninoise. Par rapport à la mise en place des conseillers au partenariat et à la coopération décentralisée, Aurélien Agbénonci explique l’importance de cette initiative par le fait que la coopération décentralisée « est une source aussi de mobilisation (Ndlr : de ressources) et auprès des préfets et des maires, il faut qu’il y ait des agents qui ont certaines aptitudes pour les accompagner ». Au total, quatre projets découleront des trois chantiers projetés. Il y a le programme spécial de construction, de rénovation et d'acquisition des chancelleries et résidences des ambassadeurs du Bénin ; la construction et l’équipement de la résidence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération ; la réhabilitation des infrastructures du ministère ; et la modernisation de l'administration diplomatique. L’ensemble est estimé à un montant global de 19 milliards F Cfa. Actualités 12 janv. 2022


Faux frais d’inscription au Cep 2022 : 33,8 millions FCfa déjà récupérés dans l’Atlantique (16 directeurs/directrices sanctionnés)
Le ministère des Enseignements maternel et primaire (Memp) a déjà récupéré auprès des écoles tant publiques que privées du département de l’Atlantique plus de 33,8 millions FCfa de faux frais abusivement ajoutés au montant de constitution des dossiers de candidature au Certificat d’études primaires (Cep) session de 2022. Les onze autres départements ont jusqu’au 20 janvier prochain pour s’exécuter et faire le point de restitution desdits fonds aux parents d’élèves spoliés. Le communiqué du ministre des Enseignements maternel et primaire (Memp), Salimane Karimou, en date du 24 novembre 2021, mettant en garde les directeurs et directrices d’écoles primaires tant du public que du privé, qui spolient les parents d’élèves, en fixant de façon fantaisiste, les frais de constitution des dossiers de candidature au Certificat d’études primaires (Cep) session de 2022 a payé. Un montant de 33 836 500 FCfa a été déjà récupéré sur un total de 39 605 500 FCfa, dans l’Atlantique où un point provisoire a été fait à l’autorité ministérielle. Ce point partiel renseigne qu’au total, 46 875 dossiers ont été réceptionnés dans ce département dont 22 603 filles et 24 272 garçons contre 49 167 en 2021, soit une diminution de 2 292 pour un taux en baisse de 04,66 %. Les frais fantaisistes dénoncés varient d’une école à une autre allant de 3 000 à 5 500 F Cfa, voire 6 500 F Cfa. Dans une école par exemple, le directeur s’est permis de prendre chez des parents d’élèves 2500 F Cfa au titre de droits d’inscription et 1 000 FCfa pour les frais d’établissement de la carte d’identité scolaire au lieu de respectivement 500 et 800 F Cfa retenus plus les frais d’examen blanc à 2 500 FCfa alors qu’ils sont facultatifs parce que la participation à cette évaluation n’est pas obligatoire pour le candidat et son coût ne devrait dès lors pas être greffé au montant de constitution de dossiers. Ainsi, le candidat au Cep n’a qu’à payer officiellement au plus 1 500 FCfa si les frais de relevé de notes fixés à 200 F Cfa s’ajoutent à ceux d’inscription et d’établissement de carte scolaire. Sur l’opération, 16 directeurs et directrices d’école ont été épinglés dans l’Atlantique. Il s’agit de sept à Abomey-Calavi, six à Allada, un à Ouidah et deux à Zè. Parmi les mis en cause, le point renseigne que quatre sont déjà traduits devant le conseil de discipline avec pour sanction un avertissement écrit. Le conseil de discipline des douze autres restants est en instance. Suivant la note de service n°2349 /Memp/Dc/ Sgm/Sp du 09 décembre 2021 portant modalités d’organisation des examens blancs du Cep, tous les Conseillers de régions pédagogiques (Crp) ont été instruits de restituer les frais d’examens blancs déposés dans les comptes des circonscriptions scolaires aux directeurs d’école qui à leur tour les reverseront aux parents d’élèves concernés contre décharge. La restitution des 33 836 500 F Cfa a déjà commencé dans l’Atlantique en attendant la récupération des 5 769 000 F Cfa restants. Les regards sont tournés vers les autres écoles tant publiques que privées des onze autres départements pour le même exercice. En tout cas, il leur est rappelé qu’elles ont jusqu’au 20 janvier prochain pour se mettre au pas et permettre aux parents d’élèves concernés d’entrer en possession de leurs fonds. Société 11 janv. 2022


Wenceslas Adjognon-Monnon à propos des ambitions du gouvernement pour le vodoun : « Il y a un engagement fort pour en faire un produit touristique phare »
Le gouvernement béninois a opté pour la valorisation du patrimoine immatériel du pays à travers un vaste programme et de nombreux investissements. Le Vodoun se trouve en pole position de cette initiative qui veut proposer au reste du monde l’une des particularités du Bénin. Wenceslas Adjognon-Monnon, directeur du programme Tourisme de l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme, évoque à travers cet entretien, l’engagement et les actions du gouvernement, de même que la dimension culturelle et touristique du Vodoun. La Nation : Le Bénin a célébré ce 10 janvier, la fête des religions endogènes Selon vous, une telle célébration a-t-elle encore sa raison d’être ? Wenceslas AdjognonMonnon : C’est une fête qui nous honore parce qu’elle est appréciée de tous les Béninois, pas forcément à cause de la dimension touristique et culturelle qu’elle revêt. C’est une fierté et c’est quelque chose dont nous devrions savoir tirer les profits nécessaires pour en faire une journée de découverte sur le plan national afin que les gens puissent découvrir. les richesses culturelles et cultuelles de leur pays. Nous autres à l’Agence nationale de promotion des patrimoines et de développement du tourisme (Anpt), nous n’avons pas vocation à entrer dans le culte. Par contre, le volet culturel nous intéresse au plus haut point et c’est cela que nous nous évertuons à faire connaître d’abord à nos concitoyens puis après à la sous-région et sur le plan international. Depuis plus de cinq ans déjà que le gouvernement a entrepris des réformes dans les secteurs de la culture et du tourisme, quel bilan peut-on faire aujourd’hui ? Il faut savoir que nous sommes une destination en cours de programmation. Nous sommes structurés. Le chef de l’Etat a une vision claire et cette vision est de faire du Bénin un pays à haute valeur touristique, un pays où nous deviendrons incontournables dans le dispositif touristique de l’Afrique. Pour cela, nous avons plusieurs richesses. On peut faire toutes les activités touristiques qu’on veut au Bénin en dehors de la neige. Nous avons aussi quelque chose de particulier que personne n’a, qui est le Vodoun qui nous caractérise. Aujourd’hui, tout le monde en a peur parce que quand vous êtes au Cameroun ou ailleurs dans le monde et que vous dites ‘’Vodoun’’, on pense plutôt à la poupée sur laquelle on met des aiguilles pour faire du mal alors qu’il n’en est rien. Pour que l’individu lambda comprenne qu’il n’en est rien, il faut le promouvoir. Cette promotion passe par la culture du Vodoun et non le culte Vodoun. Dans cette culture, ce gouvernement est le seul à avoir mis sur la table les moyens pour faire du Vodoun un produit touristique. C’est depuis 2016 qu’il y a eu un engagement fort de faire du Vodoun un produit touristique phare. Ceci dit, on n’improvise pas parce qu’on va toucher à des clichés qu’il va falloir gommer, nettoyer et cela nécessite de la préparation. C’est dans cette préparation que nous sommes. Depuis cinq ans, nous avons élaboré une stratégie sous la vision du président Patrice Talon. Ensuite, nous avons conçu un produit qui s’appelle la ‘’Route des couvents vodoun’’ qui dans sa phase initiale va englober cinq couvents. Ces cinq couvents vont se compléter avec des divinités qui ne sont pas les mêmes. Il y a ‘‘Mami wata’’, ‘‘Hêbiosso’’, ‘’ Sakpata’’, ‘‘Akabaidéna’’ ‘‘Mawulissa’’. Les couvents sont en cours de réhabilitation et dans ses réhabilitations, on crée des espaces de préparation que nous appelons ‘‘La case patrimoniale’’ parce qu’on n’entre pas dans un couvent comme on entre dans une église. Nous préparons les guides qui vont permettre de faire la médiation entre les visiteurs et le couvent. On prépare aussi le produit qu’on va pouvoir présenter aux visiteurs. C’est cet ensemble que nous sommes en train de finaliser. Les constructions physiques sont en cours. Il y a deux couvents qui ont bien évolué dans leur phase préparatoire à savoir le couvent ‘’Sakpata’’ à Ouidah et le couvent ‘’Hêbiosso’’ à Sokè. Le gouvernement est dans la logique de la valorisation du vodoun au même titre que le tourisme. Quel peut être l’intérêt d’une telle option ? Le tourisme est global. Le tourisme, c’est une famille d’activités. Le vodoun est un produit dans cette activité. On a du balnéaire, du culturel. Nous avons aussi l’histoire de l’esclavage sans oublier le pèlerinage de Dassa-Zoumé qui est un produit touristique. Aujourd’hui, nous avons le vodoun qui est une religion mais de cette religion, nous pouvons tirer un intérêt touristique. Cela a un double sens pour nous, c’est-à-dire le sens de déconstruire tout ce que l’imaginaire a eu le temps de s’inventer sur le vodoun puis de faire découvrir ces lieux souvent magnifiques dans lesquels se pratique cette religion. Le vodoun est au profit du tourisme béninois. Quelle est la vision du gouvernement pour la dimension culturelle et touristique du Vodoun ? La vision du gouvernement, ce n’est pas de rechercher la conversion de quiconque. C’est pour ça que les couvents sont structurés. Il y a des cours extérieures et aussi des filtres. Nous nous arrêtons à la frontière de ce qu’on peut montrer à un visiteur. La vision du gouvernement est de dire que le côté non sacré de la chose peut être montré. Ensuite, on explique aux gens qu’il y a des interdits et c’est pour ça qu’on prépare le visiteur à s’imprégner de la chose pour pouvoir comprendre ce qu’on va lui expliquer pour qu’il soit en immersion. Quels sont les perspectives dans le secteur ? Parlant de perspectives, on a cinq couvents pilotes. Après, on va monter à quinze couvents et forêts sacrées dans le Bénin. Tout ceci génère des emplois, de l’économie dérivée et c’est aussi un produit d’appel. Il y a un label de sérieux qui se met en place pour tous ceux qui ont fait la divination du Fâ. Et ce sont des gens qui auront des engagements avec le gouvernement. Nous tendons à une certification du produit dérivé du vodoun dans le tourisme béninois. Pourquoi un comité spécial vodoun a été récemment mis en place ? Le comité a pour but de choisir des gens capables de réfléchir à une thématique précise. Le comité est constitué de gens de différents corps pouvant comprendre et expliquer ce que c’est que le Vodoun. Ce comité est aussi là pour éclairer le chef de l’Etat sur ce qu’ils ont récolté comme informations, quitte à ce dernier, de donner des instructions pour qu’on ait un musée le plus complet possible. Vous savez, nous sommes dans une tradition, hélas très orale. Il y a très peu d’écrits. L’aménagement d’une route des couvents est l’une des réalisations phares attendues. Le projet a-t-il enfin démarré ? Le projet de la route des couvents a démarré, il y a un moment déjà. En général, dans tous les projets, on ne voit que la partie réalisation. Pas forcément la partie conceptualisation ni préparation. Aujourd’hui, il y a deux couvents qui sont presque terminés. D’ici quelques semaines, les deux premiers projets vont être livrés par les entreprises. Qu’en est-il du projet de création du musée du Vodoun à Porto-Novo ? Ce projet avait été légèrement différé pendant un temps. Là aussi, cela fait partie de ce qu’on va mettre à l’actif du gouvernement qui est de dire que, même si nous avons prévu de faire quelque chose, nous allons poursuivre les analyses et affiner le sujet. Ce musée est maintenant dans une phase beaucoup plus concrète. Nous avons aujourd’hui, la capacité d’apprécier ces travaux et de proposer quelque chose de plus correct. Nous avons effectivement abandonné la forme qui était prévue sur le musée vodoun de PortoNovo, qui sera plus enrichie dans son contenu que son contenant. A partir de quand, la population et les touristes peuvent-ils enfin jouir de ces édifices ? Pour les couvents, c’est à partir de cette année 2022 et pour le musée du vodoun, nous allons dire fin 2023. Réalisé par Josué F MEHOUENOU & Isidore GOZO Culture 11 janv. 2022


Tournoi international des centres de formations d’Afrique : la nouvelle date du démarrage dévoilée
Le tournoi international des centres de formation de football d’Afrique prévu pour démarrer le 27 novembre 2021 est reporté au mois de février prochain. Face à la presse hier, jeudi 6 janvier à Cotonou, Anoï Niniba Castro, président de la Fondation internationale Issa Hayatou a confirmé la tenue de cette compétition réservée aux jeunes footballeurs U-17 de huit pays d’Afrique. En présence de Salumu Ngog Wa Balanga, ambassadeur de la République démocratique du Congo près le Bénin, Anoï Niniba Castro, président de la Fondation internationale Issa Hayatou a annoncé hier, jeudi 6 janvier, à la presse sportive la tenue du tournoi international des centres de formation de football d’Afrique doté du trophée « Kabund-A- Kabund de la paix », reporté depuis le mois de novembre dernier, pour le mois de février prochain. «Prévu du 27 novembre au 11 décembre dernier, le calendrier du tournoi a été modifié pour plusieurs raisons et la compétition se tiendra finalement du 22 au 26 février », a-t-il informé. Pour lui, le délai de la diffusion des spots, la Coupe d’Afrique des Nations et bien d’autres raisons ont motivé le report de cet évènement qui va regrouper autour du cuir rond à Cotonou, les jeunes footballeurs U17 du Bénin, de la République démocratique du Congo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, du Mali, du Burkina et du Ghana. C’est l’occasion pour lui de présenter ses vœux au gouvernement béninois et à son chef, le président Patrice Talon ainsi qu’au ministre des Sports qui a donné son accord pour l’organisation de cette compétition au Bénin. «Nous menons ce combat pour le développement du football et l'épanouissement de la jeunesse africaine», a-t-il poursuivi avant d’annoncer l’intérêt que porte Jean Marc Kabund-A-Kabund, vice-président du parlement congolais, à cette compétition. « Le président Jean Marc Kabund-A-Kabund a une double casquette car il est un homme de terrain et un bâtisseur du football des jeunes chez lui », a-t-il déclaré. Hommage aux présidents Talon et Tshisekedi A travers cet évènement, la fondation internationale Issa Hayatou souhaite rendre hommage aux présidents Patrice Talon et Felix Tshisekedi. Pour Anoï Niniba Castro, en homme de terrain, le parrain Jean Marc Kabund-A-Kabund, président intérimaire de l’Union pour la Démocratie et le Progrès social (Udps) a compris la dynamique et partage le souci de la fondation Issa Hayatou de reconnaitre le mérite des présidents Talon et Tshisekedi. A l’en croire, le président Patrice Talon et son homologue de la Rdc, président de l’Union africaine, ont beaucoup fait pour le continent dans plusieurs domaines. Pour lui, le Bénin est l’une des meilleures destinations du football africain et mérite bien d’abriter une telle compétition. Selon le président de la Fondation Issa Hayatou, toutes les dispositions sont prises pour la réussite de l’évènement. Des récompenses dont le trophée de la paix seront décernées aux meilleures équipes au terme de ce tournoi où des distinctions seront remises aux président sPatrice Talon et Félix Tshisekedi pour leurs œuvres en faveur du continent. Sports 07 janv. 2022


Etat civil et protection sociale en 2021 : des secteurs au rythme des réformes
Plusieurs réformes majeures sont intervenues dans le domaine de l’état civil et de la protection sociale en 2021. Au nombre de celles-ci, la déclaration de paternité, la loi sur l’avortement et les efforts en faveur de la généralisation du projet Assurance maladie pour le renforcement du capital humain (Arch). L’état civil et la protection sociale n’ont pas échappé au vent des réformes qui a soufflé en 2021 sur divers secteurs de la vie socio-politique nationale. Votée jeudi 21 octobre 2021, la loi N°2021-12 modifiant et complétant la loi 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin fait désormais partie de l’arsenal juridique dans le domaine de la santé. Selon le gouvernement, le mobile d’une telle décision est simple : « sécuriser et encadrer la pratique de l'interruption volontaire de grossesse ». En d’autres termes, il s’agit de permettre à la femme amenée à avoir recours à une Interruption volontaire de grossesse (Igv) pour des raisons précisées par la loi, de le faire dans des conditions qui préservent sa vie. C’est la loi sur l’avortement. Cela n’est pas du goût des milieux religieux dont l’Eglise catholique qui n’a pas hésité à exprimer sa farouche opposition. « La vie humaine est sacrée et seul Dieu en est le seul détenteur. Aucun autre homme n’a le droit de disposer de la vie de l’autre », soutient-elle. La loi sur l’avortement vient mettre fin au jeu de cache-cache jadis pratiqué par les femmes et pseudo-gynécologues et/ou sages-femmes. L’Interruption volontaire de grossesse est un sujet tabou au Bénin. Les statistiques sont alarmantes. Plus de deux cents femmes décèdent, chaque année, des suites d’avortements compliqués et non sécurisés. En 2003, le Bénin avait déjà perçu le danger en adoptant la loi N° 2003-04 du 3 mars 2003 relative à la santé sexuelle et à la reproduction en République du Bénin. Ce texte en son article 17 avait autorisé le recours à l’Ivg dans des conditions exceptionnelles notamment quand la grossesse met en danger la vie et la santé de la femme enceinte, lorsque la grossesse est la conséquence d'un viol ou d'une relation incestueuse, ou lorsque l'enfant à naître est atteint d'une affection grave. Cette loi a fait son petit bonhomme de chemin, mais n’a pas pu régler la question des avortements clandestins et meurtriers réalisés dans le pays par des non professionnels de la santé. Cette pratique qui a pris une ampleur inquiétante, ces dernières années, va être cadrée par la nouvelle loi d’octobre 2021. L’objectif est de lutter contre ce fléau pour que l’avortement soit opéré chez nous désormais de façon sécurisée dans les conditions prévues par la loi afin d’éviter les pertes en vie humaine du fait des avortements clandestins. Toutefois, le souhait de l’Exécutif est que l’avortement ne soit que le dernier recours en cas de nécessité. Déclaration de paternité La naissance d’un enfant est avant tout un acte responsable de ses géniteurs. L’obligation faite par l’Exécutif béninois de déclarer les grossesses à travers la loi « 2020-34 du 6 janvier 2021 portant dispositions spéciales de simplification et de gestion dématérialisée de l’enregistrement des faits d’état civil au Bénin » a surpris plus d’un Béninois en 2021. Pourtant, ce dispositif n’est pas nouveau. L’article 148 du Code de l’enfant stipule qu’il « est prévu que la grossesse doit être reconnue par son père dès les premiers mois de la conception ». L’article 141 du même code précise que « Tout enfant conçu doit être reconnu par son géniteur dans les trois (03) premiers mois de la conception par les moyens d’une déclaration sur l’honneur faite devant l’autorité administrative la plus proche du lieu de sa résidence, faute de quoi l’enfant, à sa naissance, porte le nom de sa mère ». Actuellement, ce qui change fondamentalement dans le fond, ce sont les dispositions relatives à l’acquisition par le nouveau-né, d’un numéro personnel d’identification, son inscription au registre national des personnes physiques. Toutes choses qui valent au nouveau-né sa déclaration à l’état civil. Cette décision apparait donc comme un élément structurant de la vision de transformation du secteur de l’état civil. « Le gouvernement qui ambitionne de faire du Bénin une plateforme des services numériques ne peut s’empêcher d’opérer des transformations dans le domaine des services du numérique et de l’identification en général », argumente Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip). La déclaration de paternité organise le rapport à la sexualité, à la grossesse et à la naissance. Etre parent désormais au Bénin sera une affaire de grande responsabilité. Ce dispositif règle les problèmes d’état civil, de planification, de développement et met chaque acteur devant ses responsabilités. Selon Cyrille Gougbédji, le « système n’expose pas l’enfant ni la femme parce qu’il y a des garanties de protection sociale qui peuvent être activées ». Avec cet instrument, les mariages précoces seront mieux maitrisés. L’Arch se poursuit Le projet Assurance maladie pour le renforcement du capital humain (Arch) fait son petit bonhomme de chemin au Bénin. La phase pilote du volet Assurance-maladie qui avait démarré, le 29 juillet 2019, dans sept communes pilotes (Abomey-Calavi, Sô-Ava, Dassa-Zoumè, Glazoué, Djougou, Copargo et Ouaké) a permis d’amorcer d’autres étapes. Courant janvier 2021, la ministre des Affaires sociales et de la Microfinance, Véronique Tognifodé, a officiellement lancé la phase de généralisation du volet Assurance-maladie dudit projet dans les communes restantes. Selon Venant Célestin Quenum, directeur général de l'Agence nationale de protection sociale (Anps), le modèle béninois de l'assurance-maladie, tel qu'il prend corps aujourd'hui, repose sur les valeurs d'équité et de solidarité nationale, en ce sens qu'il vise à lever les obstacles financiers, notamment les paiements directs par les patients eux-mêmes, et à prendre en charge sur fonds publics des frais de santé des personnes qui se trouvent dans l'incapacité d'y faire face. Pour les personnes démunies, l'État supporte totalement les frais liés à la prise en charge sanitaire pour des prestations et affections.... Pour accéder aux soins dans le cadre de l'assurance maladie de l’Arch, il faudrait disposer de sa carte d'identité nationale biométrique délivrée par l'Agence nationale d’identification des personnes (Anip). L’assurance maladie du projet Arch couvre les consultations générales, vingt-deux affections et actes médicaux ainsi que les analyses biomédicales y afférentes. Les médicaments nécessaires pour la prise en charge efficace de toutes les affections contenues dans le panier de soins sont également administrés gratuitement aux malades bénéficiaires. Société 03 janv. 2022


11e journée de la Ligue pro de football du Bénin : belle victoire de Loto-Popo Fc
Battu lors de la journée précédente, Loto-Popo Football club s’est relancé mercredi 29 décembre dernier en dominant Espoir de Savalou par le score de 1-0 à Grand-Popo. Avec ce succès, il est troisième au classement de la zone B avec 17 points+3. Loto-Popo Football club a arraché une précieuse victoire, mercredi 29 décembre dernier à Grand-Popo, en battant Espoir Fc de Savalou. En quête d'une victoire pour se relancer dans la zone B de la Ligue Pro, les poulains d’Abdeslam Ouaddou ont fait l'essentiel en dominant (1-0) cette formation qu’ils avaient battue lors de la phase aller. Ce sont d’ailleurs les Loto-boys qui ont pris les premières initiatives dans cette partie en s’offrant des occasions nettes de but dès la première partie. A l'instar de la grosse frappe de Cosmos David qui finit sur la barre transversale à la 25e minute de jeu. Le pressing du club de la Loterie nationale du Bénin va payer à la 40e minute. Kader Touré adresse un centre millimétré à Faisal Bashir qui marque son 4e but du championnat. Loto-Popo garde son avantage jusqu'à la pause. A la reprise, Espoir semble trouver un peu d'énergie. Mais, toutes ses velléités offensives vont être enrayées par la défense de Loto-Popo ferme dans sa moitié de terrain. Olympe Gatin, Mama Bah-Yérè, Rodrigue Fassinou vont séduire leurs supporters. A la 70e minute, Fasail Bashir va même passer à côté d’un doublé. Les Loto-boys vont se créer plusieurs occasions sans réussir à corser la note. Un résultat satisfaisant pour les protégés de Gaston Zossou qui réussissent du coup, un bond dans le classement en montant à la troisième loge avec 17 points+3. Pendant ce temps, le leader Dadjè Fc a connu un coup d’arrêt. Le club d’Aplahoué courbe l’échine à domicile devant la lanterne rouge Hodio Fc, qui enregistre sa deuxième victoire de la saison. Sports 31 déc. 2021


Parcours des 26 œuvres restituées : de la témérité aux émotions…
Le palais de la présidence de la République accueille, dans les jours à venir, une exposition d’œuvres royales restituées par la France en novembre dernier. Cette exposition inédite pour laquelle l’on prophétise un succès certain est l’une des ultimes étapes d’un long processus entamé depuis l’avènement au pouvoir du président Patrice Talon. « Il est regrettable que cet acte de restitution, si appréciable, ne soit pas de portée à nous donner entièrement satisfaction ». Sur le perron de l’Elysée, alors qu’il venait de rencontrer son homologue français avec qui, entre autres, il a eu des échanges sur les 26 trésors royaux du Bénin en route pour revenir au pays, le président de la République ne s’est pas empêché d’exprimer son amertume. «Comment voulez-vous qu’à mon départ d’ici avec les 26 œuvres, mon enthousiasme soit total pendant que le dieu Gou, œuvre emblématique représentant le dieu des métaux et de la forge, la tablette du fâ, œuvre mythique de divination du célèbre devin Guèdègbé, et beaucoup d’autres continuent d’être retenus ici en France, au grand dam de leurs ayants droit ? » s'est interrogé le chef de l’Etat. Il dit tout de même garder espoir qu’à l’instar des œuvres en rapatriement au pays, ces autres biens finiront par l’être aussi. « L’espoir de leur retour au pays est désormais permis grâce à vous. C’est extraordinaire », a-t-il indiqué. Toute l’histoire de cette restitution n’est d’ailleurs qu’espoir. Espoir entretenu dès l’entame et renouvelé malgré un premier refus de la France de restituer ces objets royaux. En juillet 2016, trois mois à peine après son investiture, le nouveau président élu du Bénin, Patrice Talon, adresse une demande de restitution à Paris au sujet des biens culturels et artefacts royaux saisis lors du sac effectué par les soldats français dans l’ex-royaume de Danxomè en 1892. Mais cette première demande se heurte au refus. Le ministère des Affaires étrangères du gouvernement de François Hollande lui oppose une fin de non-recevoir, au nom du principe dit "d’inaliénabilité des collections nationales". Ce principe est brandi par la France pour protéger les biens conservés dans les établissements culturels français. La réaction de Paris divise. Certains s’indignent. D’aucuns y voient une manière de protéger les biens de la France. La proposition de prêt à longue durée est avancée pour que la France ne perde pas son droit de propriété sur les œuvres. Le discours d’espoir de Ouagadougou Il n’y a plus de politique africaine de la France ! Ces mots du président français, Emmanuel Macron, font partie intégrante du discours de Ouagadougou. En visite au Burkina Faso, le 28 novembre 2017, le président de la République française, à l'université Ki-Zerbo, à Ouagadougou, devant 800 étudiants, avait eu une longue adresse face à la jeunesse africaine en général pour exposer les nouveaux rapports entre les deux parties. « Il y a une politique que nous pouvons conduire, il y a des amis, il y a des gens avec qui on est d’accord, d’autres non. Mais il y a surtout un continent que nous devons regarder en face », soulignait-il. Le discours de Ouagadougou a surtout le mérite de proposer la culture comme remède à certains maux. « Je ne peux pas accepter qu’une large part du patrimoine culturel de plusieurs pays africains soit en France. Il y a des explications historiques à cela mais il n’y a pas de justification valable, durable et inconditionnelle, le patrimoine africain ne peut pas être uniquement dans des collections privées et des musées européens. Le patrimoine africain doit être mis en valeur à Paris mais aussi à Dakar, à Lagos, à Cotonou, ce sera une de mes priorités. Je veux que d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique », soulignait-il. Cela supposera, poursuit-il, un grand travail et un partenariat scientifique, muséographique « parce que, ne vous trompez pas, dans beaucoup de pays d’Afrique, ce sont parfois des conservateurs africains qui ont organisé le trafic et ce sont parfois des conservateurs européens ou des collectionneurs qui ont sauvé ces œuvres d’art africaines pour l’Afrique en les soustrayant à des trafiquants africains, notre histoire mutuelle est plus complexe que nos réflexes parfois ». Le meilleur hommage que je peux rendre non seulement à ces artistes mais à ces Africains ou ces Européens qui se sont battus pour sauvegarder ces œuvres, c’est de tout faire pour qu’elles reviennent. C’est de tout faire aussi pour qu’il y ait la sécurité, le soin qui soit en Afrique pour protéger ces œuvres. Depuis lors, les choses sont allées un peu plus vite. À la suite de ce discours, le président français commande un rapport à Felwine Sarr, professeur à l’Université Gaston-Berger de Saint-Louis, au Sénégal et Bénédicte Savoy, professeure à la Technische Universität de Berlin. « Le périmètre de la spoliation engloberait les biens pillés, volés, butins de guerre, mais aussi ceux, très nombreux, acquis à des prix dérisoires, sans commune mesure avec le marché de l'époque, par les marchands, militaires, missionnaires, voyageurs... », indique le rapport Sarr-Savoy sur la restitution du patrimoine africain. Les deux professeurs suggèrent une modification du Code du patrimoine, avec l'introduction d'un article qui stipulerait que des restitutions d'objets africains transférés pendant la période coloniale française pourraient être prévues dans le cadre d'un "accord bilatéral de coopération culturelle" entre "l'État français et un État africain". Pour les auteurs du rapport, la démarche s'inscrit dans le cadre d'une "réparation symbolique". Il n'est pas question de vider les collections des musées français. Les collections privées ne sont pas visées. Cette approche équilibrée ouvre la voie à un retour de ces œuvres. Ce retour passera par le vote d'une loi. Fin 2020, une loi spéciale a été votée afin de mettre fin au principe d’inaliénabilité, invoqué par le gouvernement français en 2016 et qui pesait toujours sur ces objets. Ultimes moments En concertation avec le Bénin, le musée du Quai Branly propose une exposition inédite de 26 œuvres de l’ancien royaume du Dahomey, avant leur restitution. L’activité connut un franc succès. Autour de cette exposition, une semaine culturelle inédite est organisée avec, au programme, des colloques sur le patrimoine du Bénin, des concerts, des rencontres ainsi qu’un cycle de cinéma. L’objectif est de faire de cet événement un temps fort symbolique et historique pour les deux pays. Ces œuvres « seront la fierté du Bénin. Et parce que restituer des œuvres à l’Afrique, c’est rendre accessible à la jeunesse africaine sa culture, ces restitutions seront aussi la fierté de la France», avait annoncé, enthousiaste, Emmanuel Macron. « Les 26 œuvres nous plongent dans un récit à diverses vocations ou fonctions, notamment éducative (nos ancêtres ont fait le juste combat que nous devons nous approprier et poursuivre); scientifique (des savoirs sont enchâssés dans l’histoire de ces œuvres et nous avions besoin de renouveler notre connaissance du passé) et sociale (la restitution des œuvres est porteuse d’une réconciliation avec notre passé et un potentiel levier de cohésion sociale) », a fait savoir le ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, Jean-Michel Abimbola. Des milliers de Français, de Béninois et d’Africains plus généralement font leurs adieux aux œuvres, le temps de cette restitution, avant leur emballage. Direction, Cotonou. … Retour à Cotonou L’ambiance était festive dans les rues de Cotonou, ce mercredi, pour le retour des biens. Pour contenir la foule en liesse, un important dispositif policier a été déployé sur les artères qui ont été toutes décorées d’affiches présentant le trône de Guézo ou les statues anthropomorphes des trois derniers rois. Cette ambiance va durer le temps pour la foule d’apercevoir la cavalerie royale qui escorte les trésors culturels en direction du palais de la Marina. Certains n’ont pu contenir leur émotion. Moment rêvé il y a peu, la restitution des 26 trésors royaux pillés à Abomey lors des razzias colonialistes est désormais une réalité, mercredi 10 novembre, ils ont fait leur entrée en territoire béninois avant d’être convoyés à la présidence de la République pour une cérémonie de réception, mais aussi d’hommage. Pendant que les tambours résonnent ponctués de chants et danses le long du trajet aéroport-présidence de la République, le cargo contenant les biens ne tardera pas à faire son apparition dans le ciel béninois. Peu après 15 h heures, le Boeing 737 spécialement affrété par le gouvernement béninois s’immobilise sur la base aérienne de Cotonou à la grande satisfaction des autorités et du personnel manutentionnaire. Les premiers colis contenant les œuvres se font visibles en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci, et de son collègue en charge du Tourisme, Jean-Michel Abimbola. Les opérations de manutention durent un peu plus d’une heure sous le regard avisé d’experts divers commis à la tâche par le gouvernement. L’accueil des trésors du Bénin s’est déroulé dans les locaux de la présidence de la République, en présence du chef de l’Etat, Patrice Talon. Les 26 œuvres ont eu droit à une cérémonie de réception mais aussi d’hommage sur place. Le chef de l’Etat a fait son entrée sur les lieux, alors que les trois camions contenant les œuvres poursuivaient leur marche à l’intérieur de la présidence de la République, avant de s’immobiliser au niveau de l’espace verdoyant qui borde les lieux. Quelque deux cents invités (peut-être un peu plus) y ont été conviés. Présidents d’institutions de la République, rois et familles royales, acteurs politiques de tous bords, personnalités diverses et en invités spéciaux les deux experts et universitaires français et sénégalais, Bénédicte Savoy et Felwine Sarr à qui Emmanuel Macron avait confié le soin de procéder à de vastes consultations et d’en déduire un rapport sur des possibilités de restitution d’œuvres aux anciennes colonies. C’est donc devant ce parterre de personnalités que le rituel d’accueil des œuvres a été exécuté avec des coups de canon. Le trône du roi Ghézo, seul trésor sorti du camion pour une exposition de quelques minutes, recevra même des honneurs militaires. Suivra l’exécution des danses royales un peu comme pour rendre hommage à ces biens qui, jadis, côtoyèrent l’univers et le quotidien des souverains. Le conservatoire des danses royales d’Abomey dont les pensionnaires se sont joints au ballet national et une troupe d’enfants ont tour tour, sous le regard admiratif du président de la République, présenté un tableau de Houngan, de Tèkè, d’Adjogan puis l’hymne national en langue locale fongbé. Le Bénin peut se vanter d’être le premier pays africain à rapatrier sur son territoire une partie de ses trésors culturels détenus par les ex-puissances colonialistes. Beaucoup n’y croyaient sans doute pas, mais le rêve est devenu réalité? Culture 31 déc. 2021


Recrutement dans les Forces Armées Béninoises : Voici les conditions
Les jeunes désireux de servir le drapeau sont invités à s'inscrire à compter du lundi 3 janvier 2022. Le processus du recrutement a été lancé à travers des communiqués du Chef d'État Major Général des Forces Armées Béninoises, le contre-amiral Jean-Baptiste Aho. Découvrez ci-dessous toutes les conditions.     Société 30 déc. 2021


275 - 458