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Nouvelles

Dr Nawal Tigri au sujet du camp de formation J-K : « Nous donnons l'envie aux enfants de pratiquer du sport »
Le camp de formation à la base dénommé J-K est un rendez-vous de brassage et d'initiation à la pratique du sport en général et du judo en particulier chez les enfants de 5 à 12 ans. En prélude à la deuxième édition de ce camp prévue pour les 23 et 24 décembre prochains, Dr Nawal Tigri lève un coin de voile sur les préparatifs de l’évènement. La Nation : Vous organisez la 2e édition du camp dénommé J-K les 23 et 24 prochains. De quoi s’agit-il ? Nawal Tigri : Le camp dénommé J-K est une initiative qui réunit une cinquantaine d'enfants environ autour de la pratique du sport en général et de l’initiation au judo en particulier. Nous avons organisé la première édition l’année dernière dans les locaux de l’Institut national de la jeunesse, de l’éducation physique et du sport (Injeps) à Porto-Novo. Quel l'objectif principal de cette initiative? Destiné aux enfants de 5 à 12 ans, ce stage de formation et d’initiation au judo permet de promouvoir le sport à la base et de stimuler l’intérêt de pratiquer le sport. A travers des jeux de motricité et de développement de la personnalité, il favorise une pratique plus enthousiaste du sport chez les plus petits. Comment entendez-vous organiser la deuxième édition de ce camp? Comme la première édition a connu du succès grâce au Fonds national pour le développement des activités de jeunesse, de sports et loisirs (Fndajsl), les participants eux-mêmes ont souhaité que nous rééditions cette initiative. C’est alors que nous nous sommes engagés dans les préparatifs de la deuxième édition de ce rendez-vous qui se déroulera les 23 et 24 décembre prochains à l’Injeps. Quelle sera la particularité de cette édition ? Nous envisageons de réunir plus de 50 enfants cette année afin d’agrémenter davantage l'acte n°2 de ce stage de formation. C’est pourquoi, nous avions élaboré un planning adéquat pour rehausser le niveau de ce camp et mettre les enfants dans de bonnes conditions. Nous sollicitons les bonnes volontés et tous ceux qui ont la même vision en ce qui concerne la qualité de la formation à la base de se joindre à nous pour relever ensemble le défi de cette deuxième édition. Sports 17 déc. 2021


Lutte contre le terrorisme dans l’espace Cedeao : Mariam Chabi Talata appelle à une mutualisation des efforts
La vice-présidente, Mariam Chabi Talata, a suggéré aux chefs d’Etat et de gouvernement, lors de la 60e session ordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), une mutualisation des efforts en ce qui concerne la lutte contre le terrorisme. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l'espace Cedeao n’ont pu s’empêcher d’inscrire au titre de leurs préoccupations, à la 60e session ordinaire à Abuja, la question relative à la recrudescence de la menace terroriste de façon particulière, et aux défis sécuritaires dans la sous-région en général. En relevant que cette menace est ancrée dans le Sahel, et désormais aux portes des pays côtiers, comme en témoignent les attaques en Côte d’Ivoire, au Togo et récemment au Bénin, la vice-présidente Mariam Chabi Talata a appelé les chefs d’Etat et de gouvernement à une mutualisation des efforts dans la lutte contre le terrorisme. Dans son adresse, elle a cité en exemple le récent exercice conjoint de patrouille maritime dans la zone E, entre le Togo, le Nigeria et le Bénin, en vue d’assurer la sûreté et la sécurité maritimes dans le golfe de Guinée. Il s’est agi d’une synergie d’actions entre ces différents pays qui a abouti à la signature d’un protocole d’accord en 2018 aux fins de sécuriser les eaux du golfe de Guinée en général et de l’Afrique de l’Ouest en particulier. Mariam Chabi Talata a donc invité les chefs d’Etat et de gouvernement à s’inspirer de ce modèle. C’est dire que les attaques perpétrées, ces derniers jours, au Nord du pays, notamment à Banikoara et à Porga préoccupent au sommet de l’Etat, et que le Bénin envisage plutôt une dynamique communautaire pour faire face au mal. Les jours à venir nous édifieront sur la posture de la Cedeao sur la problématique. A l’évidence, pour une lutte efficace contre cette avancée des terroristes, il faut aller au-delà du G5 Sahel composé sur le plan de l’intégration régionale de la Mauritanie, membre de l’Union du Maghreb arabe, du Mali, du Burkina Faso et du Niger, membres de l’Uemoa et de la Cedeao, et du Tchad membre de la Cema. La vice-présidente du Bénin s’est également prononcée, lors de cette 60e session ordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, sur les sujets relatifs à la situation politique au Mali et en Guinée, la crise sanitaire due à la Covid-19 et la relance de l’économie communautaire. Et le pays s’est vu honoré. Le Professeur Basile Kounouhewa, enseignant-chercheur à la Faculté des Sciences et Techniques de l’Université d’Abomey-Calavi, a décroché le prix d’Excellence 2020 de la Cedeao, dans la catégorie Sciences et Technologie. Actualités 16 déc. 2021


Vernissage de Zinkpè et Kifouli : quand le pont entre tradition et modernité fait forte sensation
Des sculptures et toiles aux mille couleurs issues du génie créateur de Dominique Zinkpè et de Kifouli Dossou, brillent actuellement sous les projecteurs de la Maison rouge. L’exposition d’œuvres d’art, lancée vendredi 10 décembre dernier, est fortement appréciée par le public. Deux formes de collections de sculptures béninoises sont sous les feux de la rampe. L’hyperbole de la tradition des jumeaux, spécialité de Dominique Zinkpè, et l’hyperbole des scènes de la vie quotidienne sculptées sur des masques Guèlèdè, marque de fabrique de Kifouli Dossou, se côtoient pendant seize jours. L’exposition des deux artistes dont les créations forment une sorte de pont entre tradition et modernité, attire des centaines d’amoureux d’œuvres d’art, des fans des deux sculpteurs mais aussi des novices. Onur Özçeri, ambassadeur de la Turquie près le Bénin, a souvent entendu parler des deux artistiques sur la scène internationale. Ce vendredi 10 décembre, le diplomate turc est à Cotonou, et pour rien au monde, il n’a voulu manquer l’ouverture officielle de l’exposition de ces deux talents. Il fait le tour de la pièce, admire une par une la trentaine d’œuvres exposées. Au terme de sa visite, le regard admiratif, Onur Özçeri ne cache pas sa satisfaction. « Je suis une fois de plus émerveillé par la qualité des expositions du Bénin. Ce soir, nous assistons à une exposition de très haut niveau, et c’est bien que nous ayons la chance d’assister à ce genre de vernissage à Cotonou. J’espère que tout le monde va en profiter… ». L’exposition-duo met en avant, d’une part, la juxtaposition d’une forte tradition qui continue d’exister et d’une modernité qui s’installe peu à peu, et d’autre part, l’aléatoire et comment les choses se rencontrent et se côtoient malgré elles sans que cela soit prévu, explique Céline Coyac Atindéhou, organisatrice de l’événement. Avoir Dominique Zinkpè et Kifouli Dossou en duo sur cette activité n’était pas gagné d’avance. «J’étais parti pour exposer seul mais nous avons fait appel à Dominique Zinkpè compte tenu de son poids sur la scène internationale, et il a accepté l’offre sans hésiter », a fait savoir Kifouli Dossou. Ses masques Guèlèdè, dit-il, se démarquent des anciens masques, car il y ajoute sa touche moderne. « Ce qui devient du coup une œuvre d’art à poser dans une pièce et à admirer », commente Céline Coyac Atindéhou. Dominique Zinkpè, quant à lui, s’inspire souvent des réalités, de la tradition et de la culture purement africaines. Pour cette exposition, et comme il en a l’habitude, cet artiste béninois très coté à l’international dévoile ses nouvelles créations au public contemporain, aux culturels vivant au Bénin, avant leur exposition dans des galeries hors des frontières nationales. Il donne un aperçu global sur des œuvres inédites qu’il a dévoilées dans le cadre de cette exposition. « Mes œuvres ont trois pôles. Mes peintures et dessins questionnent la vie après la mort : qu’est-ce que c’est que l’âme ou l’esprit ? Les sculptures, c’est pour célébrer le culte hôhô (jumeaux) qui occupe une place assez importante en Afrique de l’Ouest. Je les magnifie autrement pour leur donner une allure contemporaine. Mais il y a également une question que je n’ai jamais abordée : c’est Mami Wata. Je l’ai questionné et cela fait partie des petites surprises d’aujourd’hui ; juste pour dire qu’on vit avec notre culture et qu’on essaie de la magnifier à partir de l’art plastique », explique Dominique Zinkpè. Soutien gouvernemental Le ministre de l’Energie, Jean Claude Houssou, fait partie des visiteurs venus admirer les coups de génie des deux artistes. Il en ressort doublement comblé. « Je suis non seulement ému mais agréablement surpris de la qualité et de la diversité de ce que j’ai vu ce soir. C’est aussi l’occasion pour moi de rencontrer, pour la première fois, les deux artistes dont j’ai des œuvres déjà. Donc, vous voyez combien je suis heureux de ce moment que je viens de passer… », affirme-t-il entre séance photos et échanges de civilités avec des connaissances à lui. Jean-Michel Abimbola, ministre en charge de la Culture, est aussi de la partie. « Je suis là pour des amis, je suis venu pour apprécier le talent des amis et je suis là également pour dire que le gouvernement est heureux de pouvoir accompagner des artistes aussi talentueux que Dominique Zinkpè et Kifouli Dossou… », a-t-il confié. Le ministre de la Culture n’a pas non plus manqué d’exprimer sa satisfaction au regard de la qualité et de la richesse des œuvres exposées. Céline Coyac Atindéhou se félicite des échos positifs que draine déjà cette première journée de vernissage. L’exposition se poursuit jusqu’au 26 décembre prochain. Culture 15 déc. 2021


Transformation numérique des communes : elus et responsables des collectivités locales aguerris
Organisés par le ministère du Numérique et de la Digitalisation et l’Association nationale des communes du Bénin (Ancb), les ateliers itinérants sur les enjeux de la transformation numérique dans les communes du Bénin ont été lancés, lundi 13 décembre dernier à Cotonou. Pendant dix jours, les experts vont sillonner les anciens chefs-lieux des départements pour entretenir les élus et cadres des administrations communales sur les avantages de la digitalisation des services offerts aux populations à la base et la méthodologie pour y arriver. Promouvoir la dématérialisation des services publics et leur usage au niveau des 77 communes du Bénin. C’est l’objectif de la série d’ateliers itinérants sur les enjeux de la transformation numérique dans les communes du Bénin lancée lundi 13 décembre à Cotonou. A cette occasion, Gaspard Datondji, secrétaire général adjoint du ministère du Numérique et de la Digitalisation, a réitéré la volonté du gouvernement de faire des collectivités locales des piliers de la révolution numérique en cours au Bénin. Initiés par le ministère du Numérique et de la Digitalisation en collaboration avec l’Association nationale des Communes du Bénin (Ancb), ces ateliers de sensibilisation et de renforcement des capacités permettront d’engager activement les communes et les élus locaux dans la transformation numérique de leurs territoires afin d’améliorer la couverture et la qualité des services numériques aux populations. « Du 13 au 24 décembre, des équipes du ministère du Numérique et de la Digitalisation et des experts sillonneront les anciens chefs-lieux de départements de notre pays pour entretenir les responsables et cadres des administrations communales sur les avantages liés à la digitalisation des services offerts aux populations à la base et la méthodologie pour y arriver », a-t-il confié. A l’en croire, la ministre Aurélie Adam Soulé Zoumarou est disposée à accompagner les initiatives numériques ainsi que les projets et actions de développement visant à transformer l’administration locale. Conscient du défi et des enjeux de la transformation digitale des communes, Calixte Mesmer Nahum, secrétaire général adjoint de la mairie de Cotonou, se réjouit de cette initiative et invite les participants à tirer meilleur profit des différents modules. Pour Oumar Mar, expert-consultant en transformation numérique venu de Dakar, la mise en place des centres communautaires de ressources numériques, le développement des entreprises, des start-up et des relais digitaux dans les communes, les programmes de formation et sensibilisation dans le domaine du numérique sont au menu de ces ateliers. « Nous allons également partager avec les participants les bonnes pratiques de la dématérialisation des services communaux dans des pays comme le Rwanda, le Sénégal, l’Ile-Maurice et le Cap-Vert », a-t-il conclu? Société 15 déc. 2021


Hlanzoun : « L’unique forêt » marécageuse au Bénin sous menace
La forêt marécageuse de Hlanzoun, la seule de ce type dont dispose le Bénin, n’en finit pas de faire face aux menaces. Si par le passé, elle devait se battre pour garder intacte sa superficie, aujourd’hui, c’est contre les trafiquants de raphia qu’elle doit se défendre. Une lutte parfois difficile, tant les trafiquants sont astucieux. Sur la longue et tortueuse piste en terre argileuse qui mène de Cana (localité située dans la commune de Bohicon à 110 kilomètres de Cotonou) à Lokoli, dernier village donnant accès à la forêt marécageuse de Hlanzoun, il n’est pas rare de rencontrer tôt le matin ou à des heures tardives le soir, des tricycles transportant de géants troncs d’arbre joliment taillés. Ont-ils été coupés dans la forêt marécageuse de Hlanzoun ? Difficile de le dire. Et les transporteurs en rajoutent au doute avec leurs réponses évasives et dubitatives sur l’origine de ces géants troncs d’arbre. « Il n’y a plus de bruits de tronçonneuse ni de hache ou de coupe-coupe ici. Avant on coupait les arbres, mais aujourd’hui, on doit reconnaître que le phénomène a reculé », explique Florentin Hounkpon, l’un des piroguiers assurant la navette entre la rive et les villages voisins de la forêt. Celui-ci est formel pour dire que le trafic de bois et d’arbre n’a plus droit de cité sur les lieux. Les autorités autant que les populations veillent au grain, souligne-t-il, confiant. Pourtant, dans la vaste étendue d’eau à perte de vue que constitue la forêt marécageuse de Hlanzoun et d’où s’échappent des cris de singes, d’oiseaux, de criquets et d’autres animaux aquatiques, l’impact de l’activité humaine se fait sentir dès les premiers pas sur le périmètre. Arbres coupés gisant dans l’eau verdâtre, d’autres mal déterrés, des branches coupées çà et là,… rappellent au visiteur que Hlanzoun n’est pas encore un havre de paix pour sa population végétale et que les coupeurs de bois ont encore pignon sur rue. « Je ne suis pas en mesure de vous donner des détails sur le trafic du bois. Ce qui est certain, nous constatons tous que plusieurs arbres sont blessés dans la forêt et c’est un phénomène cyclique », soutient Benoît Hounkanlin, un des habitants du village. Selon lui, « ceux qui parlent de veille ou de mesure de surveillance concernant les arbres ne sont pas véridiques » et ne peuvent pas brandir des preuves tangibles. « Ce que je sais, c’est que nous menons une surveillance accrue contre le braconnage des animaux et surtout l’extermination des singes », nuance-t-il. Hlanzoun, un écosystème particulier La forêt marécageuse «Hlanzoun» tient son nom de la rivière «Hlan» qui la traverse. La rivière «Hlan» s’étend sur les communes de Bohicon, Zogbodomey, et Toffo. «Mais c’est dans la commune de Zogbodomey qu’on retrouve la formation forestière qui l'a rendue célèbre, ce qui fait que plusieurs chercheurs localisent à tort la forêt marécageuse dans cette commune». Il s’agit d’un vaste complexe forestier marécageux qui prend en compte aussi bien la formation végétale que les marais et le lac. La formation forestière végétale couvre une superficie d’environ cinq cent vingt-cinq hectares, et la forêt marécageuse elle-même occupe une superficie de 1074 ha, selon des sources documentaires consultées dans le cadre de la réalisation de cette enquête. Elle a pour zones d’influence, neuf villages riverains que sont Hlanhonou, Ouègbojoligon, Dohoué, Dèmè, Lokoli-Koussoukpa, Adogbè, Hon et Kpomè. On la considère comme l’une des dernières forêts marécageuses du Sud Bénin, sinon même la seule. « Elle dispose d’une flore et d’une faune riche et unique, une riche biodiversité encore largement inconnue », selon Judicaël Alladatin, agroéconomiste et actuellement professeur à l’université Mohammed IV au Maroc qui y avait séjourné des mois durant à des fins de recherche. D’ailleurs, une part importante de ses travaux universitaires y est consacrée. Cette forêt marécageuse abrite une flore et une faune assez diversifiées et spécifiques. 241 espèces végétales réparties en 185 genres et 70 familles y vivent. On y dénombre plusieurs espèces de plantes médicinales et à usages multiples. Au niveau de la faune, on dénombre plus de 160 espèces d'oiseaux. On retrouve aussi, entre autres espèces, le singe à ventre rouge, espèce inscrite sur la liste des espèces menacées, le sanglier rouge, la mangouste des marais et bien d’autres, d’après des études réalisées par Céline Dan. Elle est même l’unique forêt de ce type dans tout le pays, confirment plusieurs spécialistes, avec une flore et une faune d’une richesse sans pareille. Pour y accéder, il faut d’abord rallier la commune de Zogbodomey à plus de 106 kilomètres de Cotonou, avant de prendre une longue piste rugueuse et tortueuse de plus de 30 kilomètres pour rejoindre Dèmè Lokoli. Sa traversée se fait avec de petites barques de fortune presque entièrement délabrées, mais qui restent les seuls moyens disponibles pour s’introduire dans cet immense espace qui s’étend à perte de vue. Du haut des géants arbres aux diamètres disproportionnés situés de part et d’autres du courant d’eau, un calao lance des cris rauques. Difficile d’apercevoir nettement l’oiseau fondu dans le feuillage des arbres. Le raphia, souffre-douleur de la forêt Des arbres nus et tailladés à la hache et au coupe-coupe, des écorces sauvagement arrachées, des racines mal coupées, des troncs découpés çà et là… Dans la forêt de Hlanzoun, les arbres ne vivent pas un quotidien tranquille. Des individus sont à leurs trousses et continuent d’en faire leur source de revenus. "C'est un lieu simplement menacé de disparition", déplore Judicaël Alladatin. Au nombre des exploitations les plus fréquentes, le raphia. Dans la forêt marécageuse de Lokoli, deux espèces de raphia ont été recensées. Il s’agit du raphia hookeri et du raphia vinifiera, selon le Dr Céline Dan qui elle aussi a consacré une partie des travaux de sa thèse à cette forêt. Le raphia hookeri de Lokoli produit du vin de raphia utilisé pour la préparation d’alcool. « Cette activité qui occupe la plupart des hommes nécessite pour un bon rendement une assiduité soutenue. Les sites de distillation du vin de raphia sont installés sur des buttes de terre à l’intérieur de la forêt, et le résidu de distillation, pauvre en alcool et encore très chaud est directement déversé dans le Hlan. Cette pratique peut à la longue avoir un préjudice tant sur la vie des plantes que sur celle des animaux, tant aquatiques que terrestres », fait savoir l’universitaire au terme de ses travaux. A l’en croire, à part le vin de raphia, la forêt est sujette à beaucoup d’autres prélèvements. On y prélève du bois d’œuvre pour la menuiserie locale et la confection de pirogues, bois de perche et rachis de raphia pour la construction d’habitat, de palissades, bois de feu et rachis de raphia pour la distillation du vin de raphia, des plantes médicinales, des feuilles d’emballage pour l’Akassa et des légumes feuilles … la confection de diverses sortes de nattes tressées à partir de tiges d’arbres. « Le raphia fait partie des plantes aux attributs socio-économiques et culturels remarquables que les populations riveraines du Hlanzoun tirent de leurs écosystèmes depuis longtemps. Cette ressource de service domestique (artisanat local et alcool alimentaire pour cérémonie et rites) au départ, a au fil des années, acquis une dimension commerciale », appuie de son côté, l’enseignant Judicaël Alladatin. « Le vrai problème avec cette forêt, c’est que les populations ont faim et n’ont aucune autre solution. Moi j’ai vu des Ong venir sensibiliser ici, mais tout le monde ne comprend pas. Les gens ont faim et ils coupent les arbres pour vendre, soit ils cherchent les varans pour les vendre, surtout qu’il s’agit d’une viande très prisée et chère », relate Thierry Achamou, conducteur de taxi-moto, 35 ans. Nuances A ces multiples craintes, le professeur Brice Sinsin, ancien recteur de l’université d’Abomey Calavi et actuel directeur du Laboratoire d’écologie appliquée de ladite université apporte des nuances. Ce passionné des forêts bien connu des populations de Lokoli et des riverains de la forêt de Hlanzoun du fait de ses incessantes et inopinées descentes bémolise. Le raphia est une espèce qui fructifie dès qu’elle est en maturité. Il meurt donc et les populations exploitent le vin… La population ne se rabat pas sur les jeunes plants qui doivent assurer normalement la relève. Ils sont bel et bien épargnés. Donc, du point de vue de la démographie, on a beaucoup plus de jeunes qui sont des sujets qui doivent remplacer les vieux plants exploités », souligne-t-il. Brice Sinsin soutient sans ambages que dans le milieu, il n’y a quasiment pas de pression sur les jeunes plants. « La population les laisse carrément grandir, mûrir suffisamment avant de les exploiter. Du coup, on peut dire non seulement qu’il y a régénération mais aussi que le stock semencier est alimenté par les sujets qui ne sont pas exploités ». L’avantage de ces milieux humides aussi, ajoute-t-il, c’est que la reconstitution de l’écorce est quasi systématique. Pour ce qui est des menaces sur ce rare écosystème, l’universitaire penche plus du côté des changements climatiques. « Si un milieu comme Lokoli ne reçoit plus suffisamment d’eau, on peut craindre… Si la quantité d’eau nécessaire pour son extension arrivait à baisser, on aura un assèchement des bordures vers l’intérieur, et du coup les arbres qui sont habitués à avoir le pied dans l’eau quasiment toute l’année vont commencer à en pâtir », relève-t-il. ... Face à une telle situation, la rare végétation de Hlanzoun pourrait se révéler vulnérable aux feux de brousse, aux feux de nettoyage de champs avec des températures élevées et un effet pervers. Avec les feuilles, les écorces qui n’étaient pas du tout adaptées à cela, on peut s’attendre à ce qu’il y ait un «rétrécissement» au niveau de la forêt. Menacée de disparition Joséa Dossou Bodjrènou de l’Ong Nature tropicale, une Ong locale qui lutte pour la préservation des ressources naturelles met l’accent sur l’éducation environnementale comme solution au drame qui se joue à Hlanzoun. "Les essences qui s’y trouvent sont rares et on ne les trouve pas partout". Il faut vite agir, conseille-t-il. Par le passé, la forêt marécageuse « Hlanzoun » était régie par des normes portées par les institutions traditionnelles du milieu. En effet, la rivière "Hlan" représente en elle-même une divinité. Les normes contiennent un ensemble d'interdits ponctuant la vie courante ainsi que des rituels. Tous les riverains ont des droits d’accès et d’exploitation sur les ressources du Hlan, sous réserve du respect des règles. Le fétiche « hlan » était garant des règles et interdits dont l’essentiel visait une certaine gestion durable de la forêt, indique Judicaël Alladatin. Mais aujourd’hui, tous semblent avoir baissé les bras. « Malgré les nombreuses actions réalisées, il y a toujours une forte action anthropique et la cogestion n'a pas tenu ses promesses puisque certains acteurs n'ont pas correctement joué leurs rôles », déplore Judicaël Alladatin, qui a travaillé pendant plusieurs années sur un projet d’offre touristique impliquant la forêt de Hlanzoun. Selon lui, « cet écosystème fournit à plusieurs familles du milieu la majorité de leurs revenus. Donc, sans action concertée et bien réfléchie, l’écosystème finira par disparaître ». Sur la question, l’universitaire reste quelque peu déçu du manque d’intérêt pour ce milieu naturel rare dont la préservation devrait être un souci quotidien. « La responsabilité est partagée », soutient l’universitaire. Le pouvoir local doit mieux coordonner les actions et travailler à la fois pour le bien-être des populations et la gestion durable des ressources de la forêt, suggère-t-il. « Nous sommes dans un milieu défavorisé et on ne peut pas en vouloir à la population d'essayer de se nourrir. Il faut créer des conditions pour des alternatives. La population a évidemment une part de responsabilité, mais il faut que le pouvoir local fasse plus pour cette ressource naturelle exceptionnelle », exhorte-t-il. Selon lui, « on pourrait par exemple donner un statut sacré à cette forêt, mobiliser les acteurs pour la définition de nouvelles règles de gestion partagée, mobiliser des partenaires autour du lancement d'activités génératrices de revenus alternatifs et mobiliser les écoles du milieu et des alentours pour créer un tourisme local et éducation complémentaire à l'offre touristique conventionnelle ». Education environnementale Joséa Dossou Bodjrènou, directeur de l’Ong Nature tropicale est très engagé contre les crimes environnementaux. Il reste admiratif de cette forêt qui abrite "des choses exceptionnelles", des espèces animales rares, des mammifères, des singes, beaucoup d’oiseaux, des reptiles, des varans, des crocodiles, mais aussi "des espèces inféodées à l’habitat", des palmiers, des raphias… « Beaucoup d’espèces de serpent adaptées à +5555cet écosystème sont menacées », prévient-il, appelant à des actions urgentes car «autant Hlanzoun est très riche, autant la manière dont les gens braconnent risque de la décimer ». Roger Hounkanrin, guide touristique suggère pour sa part de renforcer les capacités des populations environnantes à pouvoir protéger cette forêt. « Il faut faire la délimitation dans la forêt », pense-t-il. L’organisation non gouvernementale Ecodec Bénin conduit également un projet de conservation de la zone. Abdou Chérifou, un de ses chargés de programme indique que son organisation propose « le reboisement et des activités génératrices de revenus dans le but de proposer une alternative aux communautés et réduire la pression qui est faite sur l’écosystème ». « Les animaux ici sont devenus très craintifs », confesse de son côté, Vincent Romera, photographe et écologue spécialisé en ornithologie rencontré dans la forêt en pleins travaux de recherche. Selon lui, ce qui va être le plus impactant, c’est la pression sur l’écosystème. Car la destruction directe de l’habitat réduit les zones propices à l’espèce et cela contraint les animaux à s’exposer au braconnage en allant vers les champs chercher de la nourriture. L’écologiste français compte bien lancer un projet avec différents acteurs "pour essayer de conserver ce qui reste d’un écosystème très particulier pour le Bénin et pour les générations futures" Environnement 14 déc. 2021


61e session du Conseil d’administration de l’Oapi à Cotonou : de nouvelles résolutions pour booster la créativité (Un total bilan de 26,3 milliards F Cfa en 2020)
Les travaux de la soixante-et-unième session ordinaire du Conseil d’administration de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) ont pris fin, vendredi 10 décembre dernier à Cotonou, après une semaine d’intenses échanges. Les administrateurs ont adopté des résolutions pour dynamiser l’institution intergouvernementale et booster l’innovation dans les Etats membres. Les Etats membres de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi) sont exhortés à prendre les dispositions nécessaires pour faire aboutir les projets de construction des Centres de documentation en propriété intellectuelle (Cdpi) dans leurs pays respectifs. Au terme de la soixante-et-unième session ordinaire du Conseil d’administration de l’institution, la direction générale est autorisée à acquérir, dans la limite des crédits autorisés, des immeubles bâtis pour ceux des Etats qui éprouvent des difficultés à mettre à la disposition de l’Oapi des parcelles pour la construction desdits centres et à poursuivre les travaux dans les Etats disposant déjà d’un domaine. Suivant le communiqué final qui a sanctionné la réunion des ministres tenue sous l’égide de Shadiya Alimatou Assouman, ministre béninois de l’Industrie et du Commerce et présidente sortante du Conseil d’administration, le choix est porté sur African Guarantee Fund (Agf), une institution financière basée au Kenya, comme partenaire opérationnel pouvant porter le mécanisme de financement de l’invention et de l’innovation de l’Oapi. Les consultations seront finalisées avec les autres parties prenantes du mécanisme ainsi que le chronogramme de son opérationnalisation à soumettre à la prochaine session, souligne le document dont la quintessence est présentée à la presse par Mahamadi Tassembedo, directeur du Centre national de la propriété industrielle du Burkina Faso. Le Conseil d’administration a adopté le règlement portant grille des taxes de l’Oapi relatives aux marques, dessins et modèles industriels et aux Indications géographiques. Il a également affirmé la nécessité de mettre en place une Charte d’audit interne à l’Oapi et de réviser le Règlement intérieur dudit conseil afin de le rendre conforme à l’Accord de Bangui, Acte du 14 décembre 2015. Toutes ces questions, une vingtaine au total, ont fait l’objet de discussions lors des travaux préparatoires des experts du 3 au 8 décembre dernier. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État chargé du Développement et de la Coordination de l’Action gouvernementale, salue les efforts en cours au niveau de l’Oapi pour accompagner la créativité dans les Etats membres. Procédant au nom du chef de l’Etat à l’ouverture de la réunion des ministres, administrateurs de l’Oapi, il s’est réjoui des réformes engagées pour davantage améliorer et asseoir les règles de transparence dans la gestion des institutions. Ce qui, espère-t-il, permettra de pérenniser la confiance des Etats. Budget 2022 adopté Le Conseil d’administration a adopté les états financiers de l’exercice clos au 31 décembre 2020 pour un total bilan de 26 300 619 788 F Cfa et un résultat en attente d’affectation de 1 594 062 149 F Cfa. Par la même occasion, le budget exercice 2022 a été adopté avec comme produits : 9 975 902 373 F Cfa, charges : 9 360 033 807 F Cfa, investissements : 2 190 329 350 F Cfa et un résultat prévisionnel net attendu à 619 098 566 F Cfa. Par ailleurs, la subvention annuelle de fonctionnement des Structures nationales de liaison (Snl) est relevée à 35 millions F Cfa par Snl à compter de l’exercice 2022. La session de Cotonou a été l’occasion pour le directeur général par intérim de l’Oapi de rendre compte aux administrateurs de la gestion au titre de l’exercice qui s’achève. Au nombre des réalisations effectuées durant l’année 2021, Jean-Baptiste Noël Wago indique la poursuite de la réorganisation du travail entamée en 2020 en raison de la crise sanitaire de Covid-19. L’accent est mis sur l’utilisation des outils modernes de communication, précise-t-il. Cela a permis d’assurer l’achèvement du programme d’enseignement et de vulgarisation de la propriété intellectuelle, dans le cadre de la dixième édition du programme de Master en propriété intellectuelle. La tenue de la troisième édition des « Awards de la marque Oapi» à Douala au Cameroun, du 13 au 15 mai dernier, est à mettre à l’actif de la direction générale qui a diligenté des missions d’audits auprès des entreprises lauréates afin de les accompagner dans leur développement. Les préparatifs du prochain Salon africain de l’invention et de l’entreprise innovante sont lancés. Cette neuvième édition se tiendra à Abidjan en Côte d’Ivoire l’année prochaine, après celle de Brazzaville en 2020. A cela s’ajoutent des partenariats démarrés avec l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle (Ompi) et l’Union européenne et le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Toutes choses qui font dire au directeur général par intérim que « Malgré les défis sanitaires imposés par la Covid-19, l’Oapi a su maintenir sa dynamique ». Au terme des travaux, une motion de remerciements lue par Tcherno Djalo, ministre du Commerce et de l'Industrie de la Guinée-Bissau, est adressée aux autorités et au peuple béninois pour l’accueil chaleureux réservé aux participants et la réussite de l’organisation de la session? Priorité aux Indications géographiques ! La valorisation des produits du terroir et de l’artisanat est au cœur des actions de l’Oapi. La phase opérationnelle du processus de reconnaissance de six nouveaux produits pilotes en Indications géographiques protégées (Igp) a démarré dans le cadre de la deuxième phase du Projet d’appui à la mise en place des indications géographiques (Pampig 2). Au même moment, quatre nouveaux produits des Etats membres ont été officiellement reconnus comme Igp à savoir l’oignon Violet de Galmi et le Kilichi (viande séchée) au Niger, l’Echalote de Bandiagara au Mali, le Chapeau de Saponé au Burkina Faso. Cette deuxième phase a pris en compte, il y a quelques mois, la reconnaissance et l’enregistrement en Indications géographiques(Ig) de trois produits locaux, en l’occurrence l’ananas pain de sucre du plateau d’Allada, le gari sohoui de Savalou et l’huile d’arachide d’Agonlin. Harouna Kaboré, nouveau président du Conseil d’administration Le Burkina Faso préside désormais la plus haute instance de décision de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (Oapi). Harouna Kaboré, ministre burkinabé de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat, est élu en qualité de président du Conseil d’administration de l’Oapi. Le ‘’Pays des hommes intègres’’ abritera la soixante-deuxième session dudit conseil qui se tiendra dans la première quinzaine du mois de décembre 2022 à Ouagadougou au Burkina Faso. Gabriel Dodo Ndoké, ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique du Cameroun, est élu en qualité de vice-président du Conseil. Société 14 déc. 2021


8e journée de la Ligue pro de football : belle opération pour Espoir Fc, As Cotonou cartonne
Espoir de Savalou Football club et As Cotonou se sont débarrassés respectivement de l’As Tonnerre et Upi-Onm, samedi 11 décembre dernier, lors de la 8e journée de la Ligue de football pro du Bénin. Avec ces succès, les deux clubs améliorent leur position dans le classement des zones B et C. Espoir Football club de Savalou a réussi un hold-up parfait en s’imposant à l’As Tonnerre, samedi 11 décembre à Bohicon, par le score de 1-2. Une victoire qui permet au club de la cité de Soha, 3e au classement avant cette journée, de monter dans le classement de la zone B. Il reste du coup sur une série de quatre victoires d’affilée et totalise 14 points+2. Espoir de Savalou est désormais à un point du leader provisoire de la zone B, l’As Tonnerre (15 points) qui vient d’enregistrer sa troisième défaite de la saison. Après ce coup d’arrêt, la formation de Bohicon devra attendre sa prochaine sortie contre Hodio Fc, le 22 décembre prochain à Comè lors de la 10e journée pour conforter sa place de leader. Belle opération également pour Énergie Fc qui est allé arracher les trois points de la victoire sur la pelouse de Hodio Fc à Comè. Ce nouveau revers vient enfoncer davantage la formation de Comè. Au même moment, dans la zone C, l’As Cotonou est venue à bout de l’Upi-Omn par le score de 4-0. Grosse désillusion pour Roger Janvier Enama et ses poulains qui devront faire mieux face au leader provisoire de cette zone, Coton Fc, le week-end prochain pour espérer se relancer. 24 heures plus tôt, l’As Police et Sitatunga se sont accrochés (1-1), vendredi 10 décembre, au stade René Pleven de Cotonou dans la zone C. Contrairement aux zones B et C où les clubs ont obtenu des victoires, aucune formation n’a enregistré de succès dans la zone septentrionale et dans la région sud-est. Les quatre matchs se sont soldés par des scores nuls. Les Panthères ont été tenues en échec par Takunnin Fc à Djougou tandis que Real Sport a été contraint au partage des points par Dynamique de Djougou à Parakou. Fortune identique pour Djeffa face à l’As Sobemap et la Jeunesse Athlétique de Kétou face à l’Asvo Fc qui manque ainsi l’occasion de rejoindre Ayéma Fc en tête du classement de la région sud-est. ---------------------- Résultats des rencontres ----------------- Vendredi 10 décembre 2021 Zone C As Police 1– 1 Sitatunga à René Pleven Samedi 11 décembre 2021 Zone A Panthères 0–0 Takunnin Fc à Djougou Real Sport 0 –0 Dynamique de Djougou à Parakou Zone B Tonnerre 1– 2 Espoir Fc à Bohicon Hodio 0– 2 Energie à Comè Zone C As Cotonou 4– 0 Upi Onm à René Pleven Zone D Djeffa Fc 0–0 Sobemap Sport à Djèffa Jak 1– 1Asvo à Kétou Sports 13 déc. 2021


Réformes dans le secteur Justice : les préoccupations du barreau
La justice béninoise est en pleine modernisation mais certaines réformes ne sont pas de nature à garantir l’indépendance du pouvoir judiciaire. C’est ce qu’a démontré Me Prosper Ahounou, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin, lors de l’audience solennelle de rentrée judiciaire 2021-2022. La Loi 2020-08 du 23 avril 2020 portant modernisation de la justice est une louable initiative pour accompagner les juges dans leur travail et impulser un renouveau dans le secteur. « Si cette loi a résolu des problèmes rencontrés dans le métier au quotidien du juge et le management des juridictions, la principale préoccupation du barreau et du citoyen béninois demeure et tourne autour d’une bonne administration du service public de la justice. La problématique majeure qu’expriment aujourd’hui le barreau et la plupart de nos concitoyens tourne autour d’un même souci : celui de la séparation effective des pouvoirs », fait remarquer Me Prosper Ahounou, bâtonnier de l’Ordre des avocats du Bénin. Il rappelle que la séparation des pouvoirs est un principe essentiel à l'État de droit. Le Législateur fait les lois, l'Exécutif les met en œuvre et le Judiciaire les applique en les interprétant au besoin. C’est pourquoi chaque pouvoir doit rester indépendant. C’est de l'indépendance effective du pouvoir judiciaire que dépendent l’impartialité et l’efficacité de la justice. Me Prosper Ahounou évoque dans ce cadre les propos de l’actuel président de la Cour suprême: « Il n'y a pas de justice forte sans indépendance du pouvoir judiciaire». Il évoque en soutien à son argumentaire la Constitution qui dispose en son article 125 : « Le Pouvoir judiciaire est indépendant du Pouvoir législatif et du Pouvoir exécutif. Il est exercé par la Cour suprême, les cours et les tribunaux créés conformément à la présente constitution». Me Prosper Ahounou poursuit : « Cette affirmation tranchée est confortée par l’article 126 de la même constitution qui énonce que la justice est rendue au nom du peuple béninois. Les juges ne sont soumis, dans l’exercice de leurs fonctions, qu’à l’autorité de la loi. Les magistrats du siège sont inamovibles ». Mais le bâtonnier dénote un paradoxe dans cette même constitution. Un paradoxe dont le corollaire est une implication de plus en plus croissante de l’Exécutif dans le domaine du Judiciaire. En effet, les articles 127 et 129 de la Constitution modifiée stipulent respectivement : « Le président de la République est garant de l'indépendance de la justice. Il est assisté par le Conseil supérieur de la magistrature dont il nomme le président » ; « Les magistrats sont nommés par le président de la République, sur proposition du Garde des sceaux, ministre de la Justice, après avis conforme du Conseil supérieur de la magistrature ». Allant dans le même sens que le constituant, le législateur précise que le Conseil supérieur de la Magistrature est présidé par le président de la République. « Il s’ensuit une situation à la fois périlleuse, paradoxale et ambigüe qui interroge la considération entre la justice indépendante rendue au nom du peuple, le président de la République qui doit garantir l’indépendance de la justice, et la responsabilité du magistrat qui devra rendre justice face à la puissance du Pouvoir exécutif ». Que faire ? L'indépendance du magistrat est, selon Me Prosper Ahounou, la plus importante des valeurs déontologiques de la magistrature. L'impartialité et l'intégrité du juge doivent être promues. Il y va du renforcement de la confiance des justiciables en la justice. Pour assurer cette indépendance, il convient selon le bâtonnier d’engager certaines actions pour résoudre le problème lié au statut des magistrats. « La vraie réforme consistera à enlever à l’Exécutif ses pouvoirs en matière de carrière, de sanction et de rotation des magistrats. La deuxième réforme est celle du Conseil supérieur de la magistrature. La composition actuelle de cet organe de régulation et de gestion de la carrière des magistrats doit être guidée par le principe de la séparation des pouvoirs », recommande Me Prosper Ahounou. Pour lui, il ne saurait avoir de justice indépendante sans deux garanties essentielles que sont l’inamovibilité des juges et la non interférence du pouvoir exécutif dans la gestion de la carrière des magistrats. Me Prosper Ahounou évoque une troisième réforme qui consistera à élaborer un code de déontologie du magistrat. Il explique : « La magistrature est soumise à des exigences d’éthique, de moralité et de probité… La soumission des magistrats à la règle de droit, à une éthique, au respect de leur déontologie, constitue le gage de leur légitimité aux yeux des justiciables… Il ne peut y avoir de pouvoir judiciaire indépendant sans responsabilisation des magistrats… A mesure que s’accroit l’importance sociale et politique du Pouvoir judiciaire grandit aussi la nécessité pour les magistrats de répondre de leurs comportements professionnels ». Actualités 10 déc. 2021


Réforme de la gouvernance des arrondissements : le secrétaire administratif sous un nouveau joug
Avec la réforme de la gouvernance locale qui prend effet, dès le mois de janvier prochain, les secrétaires administratifs joueront un rôle très important dans les arrondissements. Si au niveau des mairies, le secrétaire exécutif est désormais le responsable de l’administration, dans les arrondissements, c’est au secrétaire administratif de jouer ce rôle. A cet effet, ils disposent de nombreuses compétences pour gérer l’administration de l'arrondissement. Ainsi, le secrétaire administratif qui n’était qu’un collaborateur du chef d’arrondissement devient un acteur majeur de l’administration locale. En clair, le nouveau Code de l’administration territoriale élève d’un cran le niveau de compétence de cet acteur de la gouvernance locale, modifie le processus de sa nomination et le soumet à une seconde autorité de tutelle. D’après les précisions de la loi N°2021-14 du 21 octobre 2021 portant Code de l’administration territoriale, « La fonction de Secrétaire administratif d’arrondissement est la plus haute fonction administrative et technique de l’arrondissement ». Le législateur a également spécifié que « le Secrétaire administratif d’arrondissement est nommé par le Secrétaire exécutif, après avis de non objection du conseil de supervision, parmi les agents fonctionnaires ou contractuels de la commune. Il peut être remplacé à tout moment pour les nécessités du service par le Secrétaire exécutif qui en rend compte au conseil de supervision». La cartographie de ses compétences s’est aussi élargie avec de nouvelles attributions. Selon les dispositions du nouveau Code de l’administration territoriale, en matière administrative, le Secrétaire administratif d’arrondissement assure l’administration générale des services de l’arrondissement, sous réserve des attributions propres du maire et du chef d’arrondissement, assiste le chef d’arrondissement pour les activités relevant des attributions propres de celui-ci, puis reçoit et exécute ses instructions dans ce cadre. « Le Secrétaire administratif d’arrondissement assure la coordination et le contrôle de l’exécution des activités de fourniture des services publics dont l’arrondissement a la charge. Il assure la gestion des ressources matérielles, humaines et financières affectées à l’arrondissement dans le cadre de l’exécution du budget de la commune », indique le Code. Compétences élargies Innovation importante dans cette réforme, en dehors de la célébration des mariages, le patron de l’administration de l’arrondissement peut recevoir délégation du chef d’arrondissement pour signer des actes d’état civil. Ce qui n’est pas possible dans le contexte actuel, c’est-à-dire avant janvier prochain. Autre innovation, il relève également de ses prérogatives de proposer le budget de l’arrondissement au Secrétaire exécutif, avec le concours de ce dernier. Aussi, bien que le maire soit son supérieur hiérarchique, il n’est pas entièrement soumis à son autorité. « En cas d’instructions manifestement illégales du chef d’arrondissement, il rend compte immédiatement au Secrétaire exécutif qui prend les mesures qui conviennent et qui sont de son ressort. Ce dernier rend compte au maire qui adresse, le cas échéant, un rappel à l’ordre au chef d’arrondissement concerné », nuance le Code. Encore que dans le domaine de ses attributions propres, le Secrétaire administratif d’arrondissement n’est pas soumis au pouvoir hiérarchique du chef d’arrondissement. Il entretient avec lui des relations fonctionnelles destinées à faciliter le déroulement des activités de l’arrondissement. Cependant, le Secrétaire administratif d’arrondissement n’est pas au-dessus de la loi. Il est aussi passible de punition et « encourt une sanction disciplinaire pour tout manquement aux devoirs de sa charge ou pour tout fait constituant une faute disciplinaire selon les dispositions statutaires et/ou stipulations contractuelles qui lui sont applicables ». Société 09 déc. 2021


Journée internationale du volontariat : la contribution revisitée
La Plateforme nationale des Organisations de volontariat et d'échange de jeunes au Bénin (Pnovej) a célébré, ce mercredi 8 décembre à Cotonou, la journée internationale du volontariat. A l’occasion, l’accent a été mis sur la contribution du volontariat. A l’instar de la communauté internationale, le Bénin a célébré, ce mercredi 8 décembre, la journée inter-nationale du volontariat. «Cette journée représente l’occasion unique de célébrer les succès des volontaires et de leurs associations, de partager leurs valeurs et de promouvoir leurs activités au sein des communautés locales auprès des organisations non gouvernementales, des agences des Nations Unies, des autorités et de l’ensemble de leurs partenaires », a déclaré Marcel Bio Orou Fico, représentant du ministre des Moyennes et petites Entreprises. La célébration de cette année s'est déroulée autour du thème « Etre volontaire aujourd’hui pour un avenir commun ». Au Bénin, les volontaires interviennent dans plusieurs domaines. A savoir l’adminis-tration et la gestion de projet, la croissance inclusive et le développement local, l’éducation, les droits de l’homme, l’environnement, le changement climatique, les énergies renouvelables, les Tic, la santé. « Au regard de toute l’importance du volontariat et de son inestimable contribution au développement socio-économique, c’est tout juste normal d’en faire un des véritables leviers d’insertion professionnelle et de pré-employabilité des jeunes au Bénin », va conclure Marcel Bio Orou Fico. La journée internationale du volontariat est célébrée depuis 1985 et constitue la base de l’expression de la solidarité mondiale. Quelques actions menées Dans le cadre de la lutte contre la Covid-19, plus de 100 bénévoles ont été mobilisés pour contribuer à la réduction de la propagation de cette maladie au niveau des quartiers vulnérables et des centres d'accueil des personnes en situation de handicap. A fin 2020, plus de 500 bénévoles ont été mobilisés pour renforcer la résilience des populations à travers une campagne d’information, de sensibilisation pour la vaccination et la distribution de kits de protection (masques, gel hydroalcoolique, dispositifs de lavage des mains) dans vingt communes du Bénin, ce qui a permis d'impacter plus de 100 000 personnes. En novembre dernier, les volontaires ont mené une campagne communautaire pour mobiliser les populations pour la vaccination contre la Covid-19 à la maison des jeunes de Porto-Novo. Grâce à cette campagne, plus de 100 personnes ont reçu leur première dose de vaccin.   Par Mathilde ASSOGBA (Stag.) Actualités 09 déc. 2021


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