La Nation Bénin...
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Le président de la Cour suprême et la délégation du nouvel ambassadeur du Ghana près le Bénin [/caption]Le président de la Cour suprême, Ousmane Batoko, a reçu en audience, ce jeudi 7 juin, plusieurs délégations dont les préoccupations ont porté notamment sur des questions de coopération et d’enseignement.
L’ambassadeur du Ghana près le Bénin, Alowe Leo Kabah, est la première personnalité reçue en audience, ce jeudi 7 juin, par le président de la Cour suprême. Ayant nouvellement pris fonction au Bénin, après la présentation de ses lettres de créance au chef de l’Etat, le diplomate a jugé utile de faire le tour des présidents des institutions de la République pour une visite de courtoisie. Alowe Leo Kabah est allé se présenter à Ousmane Batoko et s’imprégner un tant soit peu de la mission de la haute juridiction.
Selon le diplomate ghanéen, la Cour suprême du Bénin comme celle du Ghana, joue un grand rôle. Elle est le pilier de la démocratie et de l’Etat de droit. Alowe Leo Kabah assure le président Ousmane Batoko de sa détermination à approfondir les relations entre les Cours suprêmes de nos deux pays, notamment sur le plan judiciaire. Car, selon lui, le Bénin et le Ghana, sont deux peuples frères et unis par la culture et l’histoire, en dépit des barrières linguistiques créées par la balkanisation coloniale. Les deux pays entretiennent des relations de fraternité confortées par l’ouverture en 1962 au Bénin de l’ambassade du Ghana, rappelle-t-il. Alowe Leo Kabah justifie la bonne santé de cette coopération par la visite du président Patrice Talon à son homologue ghanéen en 2017. Une rencontre au cours de laquelle, les deux présidents ont décidé de réactiver la commission mixte de coopération entre le Bénin et le Ghana. L’hôte d’Ousmane Batako promet de poursuivre les efforts de ses prédécesseurs pour dynamiser davantage les relations séculaires entre les deux pays.
Le président de la Cour suprême s’est entretenu ensuite avec une délégation des stagiaires de la dix-huitième promotion de l’Ecole normale supérieure de Porto-
Novo en formation pour l’obtention du diplôme de Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement secondaire (Capes). Ils ont été renvoyés de l’Ens pour n’avoir pas complété, dans le délai requis, leurs dossiers d’inscription avec leur attestation de Maîtrise donnant accès à cette formation au Capes. Leurs dossiers ont été donc purement et simplement rejetés. Les stagiaires interdits de cours à l’Ens depuis plus d’un mois sont au nombre de 202. Ils crient à l’injustice et sollicitent la médiation du président Ousmane Batoko auprès des autorités de l’Ens et de l’Université d’Abomey-Calavi pour être réintégrés dans la formation.
Les responsables de l’Ong « Ma contribution citoyenne » constituent la dernière délégation reçue par le président de la Cour suprême. Solange Odjo Ahlonsou et sa suite sont venues solliciter le soutien d’Ousmane Batoko dans le cadre de l’organisation de la douzième édition de remise de prix et de lots aux candidats reçus aux différents examens nationaux. Cette édition aura lieu en septembre prochain, informe Solange Odjo Ahlonsou qui se réjouit de la qualité des échanges avec Ousmane Batoko qui a gratifié la délégation de ses conseils avisés.

La chambre correctionnelle du flagrant délit du tribunal de première instance de première classe de Cotonou a décidé de reporter l’audience des mis en cause dans l’affaire de rétro-commission occulte sur placement de fonds à la Banque internationale du Bénin (Bibe). Au tribunal ce mardi 5 juin 2018, les débats n’ont pas abouti après deux suspensions intervenues respectivement à 11H15 et à 12H07 minutes. L’audience est renvoyée en effet au 3 juillet 2018 prochain à la surprise des avocats de la défense. Ces derniers ont fait fi de leur exigence relative au rapport de l’Uemoa qui incrimine les mis en cause, appelant le juge à tenir l’audience pour les débats de fond. Mais la décision du report a surpris ces derniers suite à une incompréhension entre les avocats.
Selon Maître Aboubakar Baparapé, le juge avait la possibilité de réclamer le silence pour poursuivre plutôt que de reporter. Il faut dire que l’un des mis en cause notamment M. Boco, ancien directeur général de la Bibe invité à la barre a fait sa déclaration répondant aux questions du ministère public et du président du tribunal. D’après ses explications, il n’a rencontré Laurent Mètongnon, le secrétaire général de la Fésyntra-finance que deux fois. Une première fois à la Bourse du travail quand il négociait le Dat à la banque et une seconde fois à la brigade économique et financière. Sur la question de la rétro-commission, l’ancien Dg de la Bibe a notifié à la Cour que la convention collective des banques l’institue et que le conseil d’administration de la Bibe a fixé le taux d’intéressement de la clientèle à 0,5%. Cette commission, d’après M. Boco, est faite sur le budget de la banque. Il a indiqué que le conseil d’administration de la Cnss n’est pas demandeur d’une quelconque commission, mais que c’est une option de la Bibe pour fidéliser sa clientèle. Sur la question de la faillite, M. Boco a indiqué qu’après deux ans d’exercice, il a redressé la Bibe. Le débat va se poursuivre à l’audience du 3 juillet prochain, une audience dont le verdict du juge est fortement attendu.
Actualités 05 juin 2018

Le quotidien de service public a célébré ce lundi 4 juin, son 7000e numéro. Cet évènement marque son parcours au service du Bénin ou des citoyens. Un passage à la maturité qui est loin d’être un long fleuve tranquille. Mémorable anniversaire qui replonge dans le passé du journal, ses heures sombres et ses différentes mutations.
France-Dahomey
Les premières parutions de France-Dahomey remontent à 1943. Organe de presse écrite gouvernementale de la période coloniale, il a survécu jusqu’à l’accession du Dahomey à l’indépendance. C’était un hebdomadaire tabloïd de 4 pages qui paraissait les jeudis et dont les parutions n’étaient pas régulières. France Dahomey, sera remplacé à partir de 1960 par ‘’L’Aube Nouvelle’’, hebdomadaire qui deviendra le 1er août 1967, quotidien sous le nom de Daho-Express.Au nombre des journaux ayant accompagné la colonie dans sa marche vers l’indépendance, France Dahomey a joué également un grand rôle. Il a cohabité avec les journaux comme La Voix du Dahomey, La Presse portonovienne, Le courrier du Golfe du Bénin.
Aube Nouvelle
En 1960, France-Dahomey se métamorphose et prend le nom de ‘’l’Aube Nouvelle’’, au lendemain de l’accession du Dahomey à la souveraineté nationale et internationale. Il sera rebaptisé sept années plus tard Daho-Express. L’Aube Nouvelle paraît à intervalle de sept jours et rapportait périodiquement les nouvelles du Dahomey. Son format variait entre 8 et 12 pages en fonction de l’actualité. Son logo n’avait rien d’extraordinaire à ses débuts, à l’instar de sa couleur rouge vive qui captive systématiquement. Le logo prendra plus tard une autre forme. On pouvait remarquer aisément l’alliage de nombreux rayons de soleil et la dominance des couleurs rouge et jaune du drapeau national. Ceux qui sont assoiffés d’archives peuvent encore le consulter pour se ressourcer.
Dans le n°1 du dimanche 8 janvier 1967, le président de la République, le général Christophe Soglo, y a consacré son message à la nation aux affaires strictement dahoméennes. Un extrait de son discours : « L’histoire des dernières années est assez récente dans vos mémoires. Il fallait donc que moi-même et mes collaborateurs sentions la gravité de la situation pour nous résoudre à reprendre le harnais. Votre confiance nous touchait profondément, mais nous effrayait aussi, car nous sentions que le pays était acculé à l’abîme ».
Daho-Express
Daho-Express n’a vécu que six années. Il a vu le jour en 1969 pendant le mandat du président Emile Derlin Zinsou, sous le signe d’une constellation nationale. Il aborde de plain-pied le décennaire du Dahomey souverain et boucle la première année du régime Zinsou. Sa naissance marque une nouvelle ère dans le domaine de l’information dans le pays.
Germain Adélakoun a succédé à Thomas Magnassan, son premier directeur qui l’a dirigé du 1er août 1969 au 26 avril 1970. C’est avec le n°1774 que le journal a marqué son 6e anniversaire. Ces dernières parutions ont précédé la période des trois glorieuses en novembre 1975. Son volume variait entre 4 et 8 pages, en fonction de l’actualité nationale.
Dans le numéro spécial du 1er août 1969, on pouvait déjà lire en manchette, le message du président Emile-Derlin Zinsou, à l’occasion du 9e anniversaire de l’indépendance du Dahomey : « Pour entreprendre l’œuvre de la Nation, nous nous sommes entourés d’une équipe de dahoméens jeunes, dynamiques, convaincus, résolus au sacrifice et à l’action ».
Le coup d’Etat du 26 octobre 1972 marqua la fin de l’imbroglio politique dans lequel le pays était plongé depuis l’indépendance. Il instaura un régime révolutionnaire qui ne sera pas aussi complaisant avec la presse. Les organes de presse changeront de dénomination à l’image de l’Etat devenu Bénin et cela pour marquer le passage à une nouvelle ère politique. Le quotidien gouvernemental Daho Express devient ainsi Ehuzu.
Ehuzu
Organe de militantisme révolutionnaire et de propagande, Ehuzu a laissé place à La Nation. Sa parution remonte au troisième anniversaire de la Révolution du 26 octobre 1972. C’était au temps de la République populaire du Bénin (Prb). Le journal était conçu perçu comme un organe de militantisme révolutionnaire. Ehuzu (en langue fon) revêt une grande signification : ‘’ça a changé !’’ (traduction littérale française).De quel changement s’agissait-il? On pouvait imaginer la réponse à travers son logo de couleur rouge et verte, l’une symbolisant le courage et la passion et l’autre l’espoir. Le logo de Ehuzu était estampillé « du drapeau national et d’un homme se déchaînant avec force et conviction, en signe de libération de la domination coloniale, comme pour annoncer l’heure du changement radical ». Le changement dont il était question n’était possible que par le travail et la rigueur. Tous les citoyens étaient appelés à se mettre au service du pays. Les grèves et les contestations n’étaient pas tolérées. D’ailleurs, le journal Ehuzu n’avait pas hésité à publier dans sa parution n°8 du 5 novembre 1975 « les noms des agents de l’Etat ayant fait grève du 25 au 27 juin 1975 ». Le journal a tenu jusqu’en fin mars 1990 avec son dernier numéro 3954, avant de céder la place à la Nation, au lendemain des péripéties qu’a traversées l’Office national d’édition, de presse et d’imprimerie (Onepi). Ehuzu a connu quatre directeurs généraux : Evariste Dègla (27 mars 1975 au 7 avril 1976) ; Noël Allagbada (8 avril 1976 au 25 janvier 1978 et du 21 novembre 1984 au décembre 1985) ; Hospice Noudéhou (du 25 janvier 1978 au 26 novembre 1982) ; Akuété Assévi (26 novembre 1982 au 21 novembre 1984).
La Nation
La Nation fait son entrée dans les kiosques le 2 mai 1990 au grand bonheur des lecteurs. C’était un mercredi matin au lendemain du Renouveau démocratique. Ce journal se veut la mémoire de la Conférence nationale des forces vives de la Nation. Il a relayé tous les moments forts de cette grande messe nationale.
Toussaint Tchitchi, alors ministre de l’Information et de la Communication au temps de la Transition, nous replonge dans l’histoire de sa création à l’occasion du 5000e numéro paru le 27 mai 2010. Histoire reprise dans le 6000e numéro, le 3 juin 2014.
Voici en substance ces propos: « Après-midi du lundi 30 avril 1990, dans la salle de conférences de l’ex-Onépi. Assemblée générale des travailleurs comme pour préparer le 1er mai. L’assemblée décide de débaptiser Ehuzu à travers une procédure de vote….A l’issue du vote, les scrutateurs s’attèlent au dépouillement. Résultat du vote : le quotidien La Nation est né. Il est dans les kiosques le 2 mai ».
Selon lui, le gouvernement de transition désapprouve la démarche consistant à créer un nouvel organe officiel sans son aval. Le nouveau nom du quotidien officiel devrait émaner du gouvernement. Tel était le point de vue des dirigeants. Pour d’autres, « Il ne fallait pas continuer avec l’embrigadement des organes de presse officiels et de leurs animateurs », raconte Toussaint Yaovi Tchitchi.
Les responsables du journal avaient pour challenge de travailler à lui redonner sa vraie place de quotidien national de service public auprès des lecteurs. Etant donné qu’entre-temps, le journal avait perdu un peu de sa crédibilité aux yeux du public. Cette option était aussi vite envisagée pour sortir l’Office national d’édition, de presse de publicité et d’imprimerie (Onepi) de l’abîme, devenu aujourd’hui Office national d’imprimerie et de presse (Onip). Au fait, l’office avait connu de sérieuses difficultés financières au point de figurer sur la liste des sociétés à privatiser. Cette situation l’oblige à licencier plus d’une centaine d’agents. Sans quoi, il devrait définitivement fermer ses portes.
L’ancien administrateur puis directeur général de l’office Innocent Adjaho(1991 à septembre 2006), renseigne que les « travailleurs qui étaient retenus avaient pris conscience que c’est leur dernière chance. Ils travaillaient avec sérieux ».
Cette qualité, le journal l’a conservé depuis ce temps. Il est plus que jamais debout. Depuis 28 ans, il paraît régulièrement et s’est même relooké depuis quelques années avec une dizaine de rubriques qui s’animent hebdomadairement.
Désiré Goundé Adadja, ministre de la Communication, au moment où le journal célébrait son 5000e numéro le 27 mai 2010 qualifiait La Nation comme « le siège du métier de journalisme au Bénin ».
Même si le journal s’efforce à être au service de toutes les composantes de la vie sociale, certains n’hésitent pas à lui attribuer à tort ou à raison le titre d’organe gouvernemental. Pourtant, chaque sensibilité politique y trouve son compte, l’actuelle direction de publication fait de l’expression citoyenne un caractère sacré.
La Nation a atteint sa maturité et s’efforce chaque jour à garder sa flamme allumée, avec une rédaction qui se veut l’une des plus modernes de la place.
De France-Dahomey à La Nation, en passant par l’Aube Nouvelle, Daho Express et Ehuzu, beaucoup de paliers ont été franchis. Et depuis le 2 mai 1990, La Nation n’a jamais cessé de paraître. Il vit et se modernise. Tous les jours, il est lu et apprécié. Il s’impose comme l’organe de référence dans un univers médiatique bien saturé où le professionnalisme n’est pas la chose la mieux partagée. Preuve que le journal a résisté au temps et survivra toujours comme le quotidien de référence au Bénin !
Obed KPADONOU reçu par Théodore HOLO[/caption]Théodore Holo, président de la Cour constitutionnelle, a reçu en audience, vendredi 1er juin dernier, trois différentes délégations. Il s’agit de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime, de la Fédération nationale des étudiants du Bénin et de l’Association mondiale pour le développement.
Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience le vendredi 1er juin 2018, trois différentes délégations. La première est composée des pêcheurs Toffins artisanaux et maritimes confrontés aux réalités d’une loi votée en 2014 qui réglemente la pêche maritime au Bénin. Selon Obed Kpadonou, responsable chargé des affaires judiciaires de l’Association des pêcheurs Toffins pratiquant la pêche artisanale et maritime (Aptppam), ils sont allés se plaindre au président des difficultés de survie que leur pose ladite loi. Il explique que la loi leur interdit la pêche en haute mer alors que les bateaux étrangers sont autorisés à pêcher dans les eaux béninoises.
M. Kpadonou raconte que le président Holo leur a conseillé de saisir la Cour d’un recours aux fins de se prononcer sur la conformité de cette loi avec les droits humains qui font bloc avec la loi fondamentale béninoise.
La deuxième délégation est celle des étudiants réunis au sein de la Fédération nationale des étudiants du Bénin (Fneb), conduite par son président, Alimi Gounou. Les étudiants sont allés exprimer au président Holo leur satisfaction pour ses « loyaux services rendus à la nation » à la tête de la haute juridiction.
Par ailleurs, les étudiants disent avoir présenté au président de la Cour les documents de formalisation pour une existence légale de leur fédération suivant son conseil. Alimi Gounou raconte que M. Holo les a félicités pour l’effort d’avoir une existence légale avec une volonté de transparence dans la gestion financière suivie de la dotation de la Fédération d’un compte bancaire pour une traçabilité des entrées et sorties. M. Gounou affirme qu’ils n’ont pas manqué d’informer le président de la Cour de l’organisation de la Semaine fédérale qui devrait montrer leur potentiel et ont exprimé leur souhait d’avoir un soutien de sa part. Une activité qui, par ailleurs, devrait permettre l’organisation d’un forum sur le mouvement estudiantin et explorer les voies pour des universités publiques apaisées.
La troisième audience a été accordée à Hugues Benjamin Gnimadi, président de l’Association mondiale pour le développement basée à Genève. Il a rencontré le président de la Cour constitutionnelle au sujet du fonctionnement synergique des institutions de la République qui, selon lui, est une préoccupation pour le développement socio-économique. L’hôte du président Holo fait savoir qu’il a discuté de cela avec le président comme il le fera avec d’autres également pour recueillir les points de vue des personnes qui sont en action avant le lancement du programme.
M. Gnimadi dit être satisfait des échanges qui lui ont permis de comprendre que les institutions doivent collaborer et non être de contre-pouvoir comme la majorité a tendance à le croire.

Un affrontement est survenu dans la matinée de ce jeudi 31 mai à Koudo, une localité de Lokossa, chef-lieu du département du Mono. C’était entre deux camps de ressortissants de la localité tombés en mésintelligence autour de l’application d’une mesure conservatoire portant sur l’exploitation des palmeraies.
L’affrontement est survenu suite à la récolte de régimes de palmier opérée par quelques individus dans la palmeraie de la Coopérative d’aménagement rural de Koudo. Alors que pour beaucoup d’autres citoyens, l’accès aux palmeraies est interdit jusqu’à nouvel ordre, selon leur compréhension de la mesure conservatoire. Dans le tumulte, des manifestants ont fait usage de fusil de fabrication artisanale. On dénombre trois blessés graves, tous référés aux centres de santé publics à Lokossa où des soins intensifs leur sont prodigués. Du corps d’une dame blessée, une dizaine de billes a été extirpée. Au plan matériel, six motos ont été également calcinées.
Alertée, la Police républicaine a aussitôt pris le contrôle de la situation et procédé, depuis lors, aux investigations en vue de ramener les meneurs de la fronde devant la Justice pour répondre de leurs actes.
Désiré C. VIGAN A/R Mono-Couffo
Société 01 juin 2018

Le président de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) Adam Boni Tessi, a reçu en audience, mardi 29 mai dernier, les associations faîtières de la presse et quelques organisations de la Société civile. Tous ont plaidé pour que soit levée la mesure conservatoire à l’encontre du journal La Nouvelle Tribune.
La suspension du quotidien La Nouvelle Tribune affecte plusieurs composantes de la société. En audience ce mardi 29 au cabinet du président de la Haac Adam Boni Tessi, les membres du bureau du Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel (Cnpa), de l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (Upmb) et une délégation de trois organisations de la Société civile (Osc) ont exprimé leurs attentes à l’autorité. Composée du directeur d’Amnesty International Bénin, Fidèle Kikan, du secrétaire permanent administratif de l’Organisation changement social, Montesquieu Houhoui, et du représentant de la Coalition des défenseurs des droits humains au Bénin, Serge Prince Agbodjan, la délégation des Osc a plaidé pour que le président de la Haac laisse échoir la suspension du quotidien de Vincent Foly.
C’est la même plaidoirie qu’ont présentée les représentants des associations faîtières de la presse. Au sortir de l’audience, le président du Cnpa, Basile
Tchibozo, a déclaré que les échanges ont été fructueux et qu’il y a lieu d’espérer un dégel de la situation du journal La Nouvelle Tribune. D’autres sujets tels la délivrance de la carte de presse, le déclassement de la presse béninoise par Reporters sans frontières (Rsf) étaient également au menu de leurs échanges.
Le président de la Haac, Adam Boni Tessi, a salué ces démarches qui se démarquent des débats passionnés sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que la mesure conservatoire est une prérogative du président de la Haac dans sa fonction de régulation des médias. Et la suspension du journal La Nouvelle Tribune est, à l’en croire, une décision fondée sur la base de textes fondamentaux et non sur des considérations subjectives. Selon lui, cette décision servira aussi de leçon aux autres organes pour que le respect des règles déontologiques retrouve sa place au cœur de l’exercice de la profession.
Par ailleurs, le président de la Haac a reçu le nouvel ambassadeur, chef de la délégation de l’Union européenne au Bénin, Oliver Nette. C’était une visite de courtoisie s’inscrivant dans le cadre de sa tournée de prise de contact avec les présidents d’institution. Il a saisi l’occasion pour s’enquérir aussi de la situation avec le journal La Nouvelle Tribune et pour comprendre les raisons de cette suspension.

La cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a étudié le onzième dossier inscrit à son rôle, mardi 29 mai dernier. Il est relatif à un cas d’incendie volontaire dont est accusé le nommé Fataï Gogodo. Il est reconnu coupable par la cour qui l’a condamné à 6 ans de réclusion criminelle.
Six ans de réclusion criminelle, c’est le verdict du procès impliquant l’accusé Fataï Gogodo. Mardi dernier, la cour d’assises de la cour d’appel d’Abomey a connu du dossier. L’intéressé est accusé d’avoir mis feu à la case où dormaient son épouse et ses enfants.
Les faits font froid dans le dos. En effet, depuis quelque temps, Fataï a de forts soupçons sur sa femme. Il croit fortement qu’elle a commis l’adultère. D’ailleurs, il ne le lui cache pas et menace souvent d’en finir avec elle un de ces matins. Ce déshonneur ronge donc sérieusement Fataï et beaucoup le savent dans le village. Ces menaces ne sont plus cachées. C’est devenu presqu’un défi pour lui. Ses amis le lui déconseillent mais le mal est là et ronge le mari qui se sent cocufié. C’est ce mal qui le pousse, ce jeudi 17 mai 2017 vers minuit à passer à l’acte. Il s’assure que sa femme Pélagie et les enfants sont bien couchés dans la case et il met en place un dispositif pour mettre le feu. Dès que la case a pris feu, il s’est éloigné pour voir l’aboutissement de l’œuvre. Mais c’est raté ! Dès les crépitements des premières flammes, le village se met en alerte pour aller éteindre le feu. De justesse, la dame et ses enfants se sont sauvés. Une fois le feu maîtrisé, le village s’est mis à la recherche de Fataï. Et il n’était pas bien loin. Une légion s’est constituée rapidement pour le maîtriser. Sur lui, il est retrouvé un paquet de cigarette et un briquet. La religion de la légion est faite : c’est bien lui, l’auteur de l’incendie et personne n’en doute. Lui-même ne tardera pas à reconnaître son acte. Il dit avoir agi sous l’effet de l’alcool. Il n’a pas nié les faits mis à sa charge.
Présent à la barre pour répondre de son acte, il a encore reconnu les faits et raconte qu’il a surtout agi par jalousie et sous l’effet de l’alcool. En affirmant regretter son acte, il va jusqu’à confier à la cour, pour la convaincre, qu’il continue d’aimer sa femme et qu’à sa sortie de prison, il va reprendre contact avec elle après lui avoir fait subir la cérémonie traditionnelle de "lavage des pieds".
Présents aussi à l’audience comme témoins, son épouse Pélagie et son frère ont confié à la cour que l’accusé a des comportements détestables quand il boit et fume et c’est sans doute sous l’effet, de la boisson ou de la cigarette, qu’il a commis cet acte. Son épouse Pélagie n’est pas contre son retour en famille pour continuer à assumer ses devoirs d’époux. A la question de la cour de savoir si dans la famille de son accusé de mari, il existe effectivement la cérémonie de lavage des pieds, Pélagie répond par l’affirmative et se dit aussi prête à se prêter à la cérémonie pour pouvoir se remettre avec son mari Fataï.
Par jalousie !
L’avocat général Médard Gandonou fustige cet acte ignoble d’un époux jaloux qui avait bien l’intention d’exterminer toute sa petite famille par jalousie. N’eût été la promptitude des habitants du village à porter assistance à la famille prise au piège par le feu, le pire se serait produit. C’est bien pour cela que l’acte de l’accusé Fataï doit être sévèrement châtié par la cour pour donner l’exemple. Puis, dit-il, les trois éléments constitutifs du chef d’accusation d’incendie volontaire sont réunis.
Rappelant les dispositions de l’article 434 alinéa 1er du Code pénal, Médard Gandonou propose alors à la cour de condamner l’accusé Fataï à 8 ans de réclusion criminelle.
La défense assurée par Me Paul Avléssi a plaidé la clémence de cour en faveur de l’accusé qui a regretté sincèrement son acte et qui se dit encore disposé à reprendre sa femme à sa sortie de prison. Il demande la clémence de la cour pour permettre un retour de la paix en famille. Une famille qui veut bien se reconstituer, à en croire les aveux de l’accusé Fataï et son épouse Pélagie à la barre.
Après une suspension, la cour présidée par Appolinaire Dassi délibère. Elle reconnaît l’accusé Fataï Gagodo coupable d’avoir volontairement mis le feu à la case de son épouse Pélagie. Une infraction prévue et punie notamment par le Code pénal en ses articles 434, 249, 36, 52, 55, 361 et autres. La cour condamne l’accusé à 6 ans de réclusion criminelle. L’accusé ayant passé ces six dernières années en prison va donc recouvrer sa liberté?
Les faits
Le jeudi 17 mai 2012, vers minuit, alors que dame Pélagie Ninhouénon dormait avec deux de ses enfants, son mari, le sieur Fataï Gogodo, mit feu à sa chambre. Grâce à la promptitude des populations, le feu fut vite maîtrisé sans grand dégât matériel ni perte en vie humaine. Le drame s’est produit dans le village Assougakpa dans l’arrondissement de Kpokissa, commune de Zogbodomey.
Interpellé monsieur Fataï Gogodo reconnut les faits d’incendie volontaire mis à sa charge et justifie son acte par l'adultère présumé de son épouse.
Il est crédité d'une bonne moralité. Le bulletin n°1 du casier judiciaire de l'inculpé ne fait mention d'aucune condamnation antérieure. Il n'était pas en état de démence au moment de l'action?
Composition de la cour
Président : Appolinaire Dassi
Assesseurs : Raoul Agboton, Herbert Solevo
Jurés : Hortense M. Kossou, Gérard Tossou, Paul Dategan Glèlè, Antoine Hêdiblè
Avocat général :
Médard Gandonou
Greffier : Robert J. Houngbadji

Le contrebandier d’essence frelatée Joseph Midodjiho alias Oloyé recouvre désormais sa liberté. Condamné vendredi 6 octobre 2017 à 24 mois de prison ferme avec payement de deux millions FCFA d’amende par le tribunal de première instance de première classe de Porto-Novo, il a été libéré, ce vendredi 25 mai, par le juge de la Cour d’appel de Cotonou.
Ce dernier a infirmé le jugement du tribunal correctionnel en adoucissant sensiblement la peine. Il condamne en effet Oloyé à 24 mois d’emprisonnement dont six ferme. Cette peine est plus qu’une délivrance pour le président des trafiquants d’essence frelatée du Bénin qui a déjà passé les six mois en prison. Oloyé est désormais libre de ses mouvements depuis ce vendredi 25 mai. De sources proches du dossier, le juge d’appel est allé encore plus loin en réduisant de moitié l’amende de deux millions F CFA. Celle-ci est désormais ramenée à un million FCFA. De quoi donner un large sourire à Joseph Midodjiho alias Oloyé qui retrouve ainsi sa famille après plus de sept mois de vie carcérale. Il en est de même pour son chauffeur Nicolas Tankpinou Alodégnon, son co-accusé, condamné par le juge du premier degré à 18 mois de prison ferme avec cinq cent mille Francs CFA d’amende à payer au Trésor public. Le juge d’appel a vidé aussi son cas en le condamnant à 18 mois d’emprisonnement dont six mois ferme. Ayant été incarcéré le 6 octobre 2017, Nicolas Tanpkinou Alodégnon, rentre aussi chez lui pour avoir déjà fini de purger ce temps en prison. Mais il a été condamné à payer une amende de 100.000F au lieu de 500.000F initialement fixée par le tribunal.
Il faut rappeler que la condamnation du président de l’Association des vendeurs d’essence frelatée communément appelé « Kpayo » du Bénin fait suite à un incendie survenu au petit matin du mercredi 4 octobre 2017 au quartier de Louho à Porto-Novo. Lequel fait suite à la chute d’un camion Titan chargé d’essence de contrebande et qui a causé un mort, une fille de 14 ans complètement calcinée, deux blessés dont un grièvement et d’énormes dégâts matériels dont dix maisons parties en fumée. Joseph Midodjiho alias Oloyé, âgé de 64 ans et propriétaire du camion chargé de dizaines de bidons d’essence frelatée en destination du marché noir de Cotonou, Sô-Ava, Abomey-Calavi via la lagune de Porto-Novo, a été arrêté et condamné pour le chef d’inculpation de complicité de trafic illicite de produits pétroliers. Le chauffeur du camion, Nicolas Tankpinou Alodégnon, âgé de 44 ans au moment des faits, par qui le drame est arrivé, a été condamné pour les délits d’homicide involontaire, d’incendie involontaire et de blessures involontaires. Les deux accusés recouvrent depuis ce jour leur liberté à la grande satisfaction de leurs avocats et de leurs familles respectifs.
Actualités 25 mai 2018

Les mis en cause dans l’affaire de placement hasardeux de fonds de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) à la Banque internationale du Bénin (Bibe) ne sont pas encore fixés sur leur sort. Le jugement a été reporté après les débats au prétoire ce mardi 22 mai.
Laurent Mètongnon et co-accusés vont comparaître de nouveau le mardi 5 juin 2018. C’est ce que le tribunal a décidé après les débats, ce mardi 22 mai 2018. Les mis en cause se sont présentés au juge en charge du dossier pour être fixés sur leur sort comme convenu à l’audience du 8 mai dernier. Mais c’est peut-être le mardi 5 juin prochain qu’ils sauront à quoi s’en tenir dans ce dossier qui fait couler beaucoup d’encre et de salive dans les rangs des syndicalistes et des hommes politiques. Laurent Mètongnon et ses co-accusés poursuivent alors leur séjour carcéral.
A l’audience de ce mardi, les avocats de la défense ont soutenu leur position. Selon eux, la procédure est inutile au regard de la décision de la Cour constitutionnelle Dcc 18-098 du 19 avril 2018 relative à la détention de Laurent Mètongnon et co-accusés. Ils ont plaidé pour la mise en application de cette décision qui devrait normalement libérer leurs clients.
Par ailleurs, ils ont demandé les rapports de l’inspection des finances et de la Bceao sur lesquels le ministère public se base pour poursuivre les intéressés. Les débats ont conduit à la suspension de l’audience.
A la reprise, le tribunal a annoncé le renvoi de l’audience au 5 juin 2018 en demandant au procureur de la République de mettre à la disposition de la défense toutes les pièces du dossier sous huitaine. Le tribunal a également rejeté une demande de mise en liberté provisoire de l’un des détenus, Alassane Kémoko, pour raison de santé.
Me Amos Akondé, l’un des avocats de la défense, a souligné à l’issue de l’audience que le dossier est déjà au fond mais qu’il était nécessaire de demander un certain nombre de pièces à consulter sur place tout au moins pour être au même niveau d’informations que le ministère public. « Nous avons estimé que nous ne pouvons jamais faire une défense efficace sans avoir vu au préalable ces pièces-là », a-t-il indiqué. Il conteste par ailleurs ce renvoi du dossier dont ils n’ont pas fait la demande.
Il faut noter que cette affaire dite de la Cnss a été mise à la lumière par le Conseil des ministres du 2 novembre 2017 qui a instruit le ministre de la Justice à l’effet d’engager des poursuites judiciaires à l’encontre des anciens dirigeants de la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) qui ont commis des actes de gestion frauduleuse et bénéficié de commissions occultes et/ou autorisé des placements hasardeux à la Bibe, une banque déclarée en faillite par la Commission bancaire de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Mieux, le Conseil des ministres a fait état d’un placement de 17,5 milliards à la Bibe entre avril 2014 et octobre 2015 contre le versement de commission d’un montant de 71 millions environ. Depuis le jeudi 23 novembre 2017, Laurent Mètongnon alors président du Conseil d’administration de la Cnss ; Youssao Saliou Aboudou, directeur général du budget par intérim d’alors et d’autres ont été déposés à la prison civile de Cotonou.
Le Pt HOLO posant avec la délégation de Amnesty international BENIN[/caption]Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo a reçu, vendredi 18 mai dernier, deux délégations. Celle d’Amnesty International Bénin est allée le remercier pour le rôle que la cour a joué dans l’abolition de la peine capitale au Bénin tandis que la délégation du Conseil national pour le dialogue social (Cnds), lui a présenté la nouvelle structure.
Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu en audience vendredi 18 mai dernier, entre autres, deux délégations : l’une d’Amnesty International Bénin conduite par son directeur exécutif Fidèle M. Kikan et l’autre du Conseil nationale de dialogue sociale conduite par son président Guillaume Attigbé.
Amnesty International est allé remercier la Cour constitutionnelle, à travers son président, pour tout l’engagement que l’institution a eu dans le long processus de l’abolition de la peine de mort au Bénin. « Le 21 janvier 2016, la Cour constitutionnelle a rendu une décision qui a permis de rendre inopérantes toutes dispositions contenues dans l’arsenal juridique au Bénin prononçant la sentence de mort », rappelle Fidèle Kikan. Il affirme que c’est se basant sur cette décision qu’Amnesty International a pu continuer son plaidoyer qui, le 21 février dernier, a abouti à la commutation de la peine de mort.
Profitant de cette audience, M. Kikan et sa délégation ont remis au président de la Cour constitutionnelle tous les documents produits dans le cadre du plaidoyer pour l’abolition de la peine de mort au Bénin. Amnesty International a également saisi cette occasion pour remettre à titre personnel au président Holo un certificat de reconnaissance pour ce travail particulier sur la peine de mort.
Fidèle Kikan a indiqué qu’en retour le président leur a prodigué des conseils sur la veille citoyenne qui se révèle comme un puissant moyen pour renforcer le cadre démocratique et permettre l’éclosion de la séparation des pouvoirs. « Il nous a aussi donné des conseils sur les dispositions à prendre pour continuer à plaider et assurer que l’éducation au droit humain est chose partagée par les citoyens eux-mêmes et prise en compte par les dirigeants », a-t-il ajouté.
Quant à Guillaume Attigbé, président de la Conseil national du dialogue social (Cnds), assisté de ses deux vice-présidents, il a présenté ledit conseil au président de la cour. Il affirme, à la sortie de cette audience, avoir sollicité cette audience pour présenter le conseil qui a été créé seulement en 2017. Il assure avoir besoin des conseils des aînés, notamment de la Cour constitutionnelle et de son président qui est un homme d’expérience. « Je crois que nous avons bien vu, à la lumière de tout ce qu’il nous a prodigué comme conseils et de l’anticipation qui doit être vraiment notre rôle dans la mission qui est la nôtre », témoigne-t-il ajoutant que la délégation a profité pour faire connaître le conseil.
Le recueil sur les textes fondamentaux édité a été par ailleurs remis au président de la Cour constitutionnelle, un document qui parle mieux du conseil, selon M. Attigbé. Le conseil est l’émanation de la charte tripartite entre les travailleurs, les employeurs et l’État et son rôle, c’est d’anticiper sur les conflits, a précisé Guillaume Attigbé. « Si nous faisons bien notre travail, il y aura moins de plainte à la Cour, parce que notre travail se situe en amont », conçoit-il. M. Attigbé soutient aussi que si le Cnds joue effectivement son rôle, il créerait les conditions favorables pour le développement du Bénin.
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