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Nouvelles

60 ans de coopération entre le Bénin et le Canada : L’ambassadrice Lee-Anne Hermann émerveillée
A l’Université d’Abomey-Calavi où elle était en visite hier, l’ambassadrice du Canada au Bénin a touché du doigt les fruits de 60 ans de coopération entre les deux pays. Par la même occasion, Lee-Anne Hermann a exhorté les étudiants à saisir les opportunités d’études au Canada. «C’est impressionnant de voir comment le Canada a contribué à former beaucoup de cadres au Bénin. C’est une coopération assez riche ». C’est un secret de Polichinelle que le recteur Félicien Avléssi a tenu à confier hier à l’ambassadrice du Canada au Bénin lors de sa visite à l’Université d’Abomey-Calavi. Lee-Anne Hermann s’y est rendue dans le cadre de la célébration des 60 ans de coopération bénino-canadienne. Et pendant tout le temps passé dans la plus grande université du Bénin, elle n’a eu que de retours positifs de l’engagement du Canada aux côtés du Bénin, durant les six dernières décennies. Sa descente à l’Ecole polytechnique d’Abomey-Calavi (Epac) dont les bâtiments ont été construits en 1977 par les Canadiens a d’ailleurs plongé la délégation dans l’histoire d’une vieille coopération. « En décembre 1969, une première mission a été reçue dans notre pays pour la création de l’Université. Elle était dirigée par Robert Ricard et avait examiné le concours que le Canada pourrait offrir au développement d’un enseignement supérieur au Dahomey. Ensuite, de juillet à août 1970, c’était une mission intégrée de l’Unesco et du Canada. Enfin, dans les années 1970, le Canada a octroyé au Bénin un crédit pour la construction du Collège polytechnique universitaire (Cpu) devenu Epac », a dévoilé Prof. Félicien Avléssi. Tout en magnifiant les succès connus jusque-là, le recteur de l’Uac tient désormais à dynamiser la coopération avec les universités canadiennes. « Je voudrais saisir cette occasion pour un nouveau départ dans les relations de coopération entre l’Uac et les universités canadiennes. Je peux déjà vous assurer de notre disponibilité à trouver un cadre approprié pour des discussions en vue de cette dynamique », a-t-il martelé. Une destination qui fait rêver Cette célébration des 60 ans de coopération a été marquée par un panel sur le thème : « L’éducation au Canada, un monde de possibilités : les avantages comparatifs de la destination Canada ». Ledit panel animé en personne par Lee-Anne Hermann a suscité de l’engouement dans le rang des étudiants mobilisés. L'envie de ces derniers de saisir leur chance, mais aussi les expériences exceptionnelles partagées par les panelistes Hakim Akpiti et Faizatou Gbian Moukaila ont marqué les esprits. « J’ai eu une très bonne formation qui m’a permis d’avoir une très belle carrière autant dans le secteur privé au Canada que dans le secteur public au Bénin. C’est une expérience que je suis prêt à refaire s’il fallait reprendre», a témoigné Hakim Akpiti. Ce n’est d’ailleurs pour rien qu’en 2020, le Canada a accueilli 990 étudiants venant du Bénin contre 218 étudiants en 2010, soit une augmentation de 354 % en 10 ans. Pour encourager d’autres jeunes à saisir les opportunités, l’ambassadrice Lee-Anne Hermann a mis un accent sur comment les possibilités en éducation au Canada pourraient servir leurs ambitions. «En choisissant le Canada, vous accédez à une excellente expérience en matière d’éducation, une expérience enracinée dans une culture d’apprentissage sur le terrain, de faibles ratios étudiants-professeurs, ainsi qu’une technologie, de recherche et d’innovation d’avant-garde », a-t-elle souligné. Des transferts de technologies Au cours de cette journée, Lee-Anne Hermann s’est aussi imprégnée d’une technologie qui suscite de l’espoir pour une gestion durable des ressources en eau. Il s’agit d’une station pilote de traitement des eaux usées installée à l’Uac par la firme canadienne Dbo International. A la délégation, tout le processus a été expliqué par l’équipe de Florent Dogbalou, Pdg de Lordeon International, en charge de l’installation du système. Les eaux traitées peuvent être utilisées pour divers usages. « L’eau qui sort est de bonne qualité parce qu’il y a des batteries qui fonctionnent avec et sans oxygène pour opérer le traitement. C’est une procédure de qualité que nous suivons pour son amélioration au jour le jour», a souligné Prof. Martin Pépin Aina, directeur du Laboratoire des Sciences et Techniques de l'Eau. L’ambassadrice a été d’ailleurs séduite par les résultats et y voit beaucoup d’enjeux. «J’apprécie bien le fait que ça soit un transfert de technologies utilisables partout au Bénin. L’eau est une ressource en pénurie et il faut la préserver. On peut réutiliser donc cette eau pour l’agriculture. Nous allons davantage travailler pour le développement de partenariats entre les compagnies canadiennes et béninoises. C’est aujourd’hui important d’avoir de bonnes connexions au profit des économies des deux pays », a-t-elle déclaré. Avant de prendre départ de l’Uac, Lee-Anne Hermann a pris le temps de visiter les stands où sont exposées des initiatives soutenues par le Canada et ses partenaires. Très émerveillée, elle a promis de dynamiser cette coopération entre le Bénin et le Canada dans différents domaines de développement. Société 17 mars 2022


Commercialisation anticipée des noix d’anacarde : Les acteurs victimes de leur précipitation
Cette année, le gouvernement n’a pas encore procédé au lancement de la campagne de commercialisation des noix d’anacarde. Mais dans les communes du Borgou et de l’Alibori, le marché connait déjà une folle animation avec une anarchie caractérisée au niveau des prix. Une nouvelle campagne de commercialisation de la noix d’anacarde s’annonce au Bénin. Le temps que les prix planchés soient fixés en Conseil des ministres, c’est déjà la ruée sur le terrain dans le Borgou et l’Alibori. A la recherche de marchandises à placer, les acheteurs et autres négociants écument les localités de ces départements. Malheureusement, les prix proposés sont en déphasage avec les tendances actuelles sur le plan international. Cette situation inquiète certains acteurs de la filière comme le président de la Fédération nationale des acheteurs des produits agricoles et tropicaux (Fenapat) du Bénin, Boukari Ibrahim alias Bourè. En effet, aujourd’hui, il faut débourser 525 F Cfa pour le produit en gros et 500 F Cfa pour l’achat en détail. L’année dernière à la même période, le même kilogramme de la noix était cédé à 325 F Cfa. Soit une hausse du prix constatée sur le marché alors même que la campagne n’est pas officiellement lancée. Décidément, l’anacarde également n’échappe pas à la flambée des prix. A l’arrivée, cette spéculation fait la bonne affaire des propriétaires des champs d’anacarde ou producteurs. Au mépris de la situation sur le marché Pour rappel, le prix planché fixé, le 11 mars 2021, lors du lancement de la précédente campagne de commercialisation était de 300 F Cfa le kilogramme. L’inflation constatée est due au fait que la demande sur le marché est trop forte. Il s’ensuit l’absence d’un encadrement au niveau des prix pratiqués. Dans ces conditions, la prudence doit être de mise du côté des commerçants. Avant de s’engager, les plus avertis sont contraints de s’informer au jour le jour par rapport aux tendances sur le marché. Dans le même temps, en entretenant la spéculation, certains parmi eux pensent se constituer d’importants stocks. Mais, c’est à leurs risques et périls, s’ils ne tiennent pas compte de la situation sur le marché international. « Le Bénin n’est pas le seul pays producteur des noix d’anacarde», alerte Boukari Ibrahim. « Nous avons proposé nos prix. Mais lorsque nous avons pris connaissance de ceux appliqués en Côte d’Ivoire, nous avons constaté qu’ils sont en-dessous des nôtres. Et pourtant, les Ivoiriens produisent plus d’un million de tonnes et le Bénin, à peine, deux cent mille », se plaint-il. Dans l’attente d’un rappel à l’ordre « En attendant que le gouvernement fixe la date de démarrage de la campagne de commercialisation des noix d’anacarde, il est important que les différents acteurs patientent », conseille le directeur départemental de l’Industrie et du Commerce du Borgou, Patrice Sambiéni. Un autre phénomène qui s’observe actuellement, fait-il constater, c’est que les petits véhicules destinés au transport des personnes dans les différentes localités sont également utilisés à l’occasion de cette commercialisation anticipée desdites noix. Il invite les conducteurs de ces véhicules à s’assurer qu’ils transportent des noix qui ont effectivement été prises auprès des producteurs. Ces derniers doivent pouvoir prouver, documents à l’appui, que les produits sont sortis de leurs champs. Quant aux acheteurs, obligation leur est faite de s’acquitter de la Taxe de développement local (Tdl) conformément à la quantité de noix d’anacarde chargée. « Toute transaction des produits comme les noix d’anacarde, avant le lancement de leur campagne de commercialisation, constitue une faute et les conséquences sont très lourdes », rappelle par ailleurs le directeur départemental de l’Industrie et du Commerce. « Le moyen de transport, ainsi que la marchandise à bord sont fortement amendés par les textes », prévient-il. La campagne de commercialisation qui est en cours actuellement, informe Patrice Sambiéni, c’est celle du soja. « Celle des noix d’anacarde est à venir. Même si la date probable n’est pas encore fixée, les travaux préparatoires par la commission d’approvisionnement pour proposer le prix et faire le bilan de la campagne écoulée ont eu lieu au cours d’un atelier organisé à Cotonou », informe-t-il. « Les prix probables proposés par les acteurs sont déjà connus. Mais le gouvernement ne les a pas encore homologués », poursuit-il. Face à cette situation incontrôlée qui règne sur le terrain, un rappel à l’ordre s’impose. Mais la laisser perdurer risque de tourner à la soupe à la grimace aussi bien pour les commerçants que pour l’Etat. Société 17 mars 2022


En prélude à l’élaboration de la Liste électorale informatisée : Démarrage du complément d’informations au Ravip
Dans le cadre de la confection de la Liste électorale informatisée (Léi), l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) invite les personnes enregistrées lors du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) à compléter les informations indispensables à leur inscription, du 17 mars au 16 avril 2022. L’opération d’affichage de la liste qui court du 17 mars au 16 avril prochain, vise essentiellement à recueillir des informations relatives aux centres et aux postes de vote en vue de l’élaboration de la Liste électorale informatisée (Léi). Les anciens électeurs ne sont pas concernés, du moins les personnes ayant pris part aux deux dernières élections sont dispensées de cette étape du processus. «Ceux qui ont participé une fois au processus électoral, ne sont pas concernés par cet affichage, qui est un affichage de régularisation pour les personnes n’ayant pas participé aux dernières élections, et qui disposent de la preuve de leur enregistrement au Ravip. Si nous avons été électeurs, et avons fait le ravip, ça consolide notre statut d’électeur… », a expliqué Dr Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip) avant d’ajouter : « Nous serons d’ici quelques mois invités pour vérifier notre présence sur la liste électorale. Ce sera la deuxième opération qui concernera l’affichage de la Liste électorale informatisée provisoire, et qui prendra en compte toute la population électorale pour le scrutin du 8 janvier 2023 ». Avoir 18 ans révolus En attendant, du 17 mars au 16 avril, soit pendant 30 jours, se déroule l’opération dénommée affichage de liste de résidus et collecte d’informations complémentaires. Elle concerne uniquement les personnes âgées de 18 ans révolus au jour du scrutin en l’occurrence le 8 janvier pour les prochaines législatives. Ces personnes sont appelées à se rendre dans le village ou quartier de village où ils se sont fait enregistrer lors du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) pour consulter les listes. Dès que le nom est retrouvé, l’intéressé se rendra ensuite au siège de l’arrondissement pour compléter les informations relatives au centre et au poste de vote afin de figurer sur la liste électorale informatisée. Les personnes n’ayant pas fait le Ravip se rendent également à l’arrondissement afin de se faire enrôler auprès des agents recenseurs tout en précisant leur centre de vote. « Au moment de compléter mes informations, je profite pour signaler aux agents de l’Anip les erreurs constatées sur mes données affichées. Je dois alors présenter un acte qui prouve mes propos », a indiqué le gestionnaire mandataire. Les personnes qui ne retrouveraient pas leur nom sur les listes affichées, bien qu’ayant fait le Ravip et n’étant pas inscrites sur la Lépi, devront se munir de leur récépissé ou de son duplicata, et se rendre au poste de recensement installé dans leur arrondissement afin de se faire enrôler et indiquer leur poste de vote. « Le registre national des personnes physiques que gère l’Agence nationale d’identification des personnes est une matière sérieuse, parce qu’il s’agit du répertoire des personnes physiques dans notre pays. Il n’y a donc pas à tricher avec ce registre », fait observer Dr Cyrille Gougbédji. --------------- Les conditions pour être électeur --------------- « L’inscription au Ravip est une condition sine qua non pour figurer sur la Léi. En définitive, si quelqu’un ne fait pas le Ravip, il n’est pas électeur », a indiqué Dr Cyrille Gougbédji, gestionnaire mandataire de l’Agence nationale d’identification des personnes (Anip). En effet, la loi 2019-43 portant code électoral précise que les élections se font sur la base d’une liste électorale informatisée (Lei) que l’Anip doit transmettre à la Commission électorale nationale autonome (Cena), au plus tard soixante (60) jours avant la date du scrutin. Il s’agit d’une liste numérique unique, exhaustive et nationale avec photo de tous les citoyens en âge de voter pour toutes les élections organisées dans une même année. Mais pourquoi ne suffirait-il pas seulement d’avoir dix-huit (18) ans révolus au jour du premier scrutin d’une année et jouissant de ses droits civils et politiques pour figurer sur la Léi ? Il faut observer que selon les dispositions de l’article 120 du code électoral, la liste électorale informatisée est extraite du registre national, qui est le résultat d’opérations du recensement administratif à vocation d’identification des personnes physiques (Ravip) et du traitement automatisé d’informations nominatives, personnelles et biométriques obtenues sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, dans les ambassades et consulats de la République du Bénin. A juste titre, ne pas figurer au Ravip constitue un gros handicap pour l’inscription sur la liste électorale informatisée. Or, nul ne peut voter, si d’une part son nom ne figure sur l’extrait des listes des électeurs de la circonscription électorale de sa résidence, sauf en cas de dérogation, et d’autre part s’il ne détient une pièce d’identification. « Oui, il faut avoir 18 ans révolus à la date du scrutin mais il faut avoir fait également le Ravip pour figurer sur la Léi », a insisté Dr Cyrille Gougbédji. Actualités 17 mars 2022


Lutte contre la méningite : Une campagne de vaccination prévue du 21 au 27 mars 2022
Contre la méningite, le ministère de la Santé actionne à nouveau les leviers de prévention. Il sera organisé du 21 au 27 mars 2022 une campagne de vaccination dans cinq départements au profit des enfants de 1 à 9 ans. Il s'agit des départements de l'Atacora, de la Donga, du Borgou, de l'Alibori et des Collines. "Les équipes de vaccinateurs seront dans les postes fixes de vaccination habituels au niveau des centres de santé. De même, des équipes mobiles de vaccination passeront dans les écoles, les lieux de cultes, les marchés et les places publiques des quartiers ou villages pour offrir les services de vaccination contre la méningite A", précise un communiqué signé du ministre Benjamin Hounkpatin, en date du 16 mars 2022. En effet, la méningite est une maladie dont le taux de létalité est élevé et qui entraîne de graves séquelles. Elle reste un grand problème de santé publique à l'échelle mondiale. Selon le ministre de la Santé, l'utilisation du vaccin MenA en campagne préventive permet de réduire l'ampleur de la maladie. C'est pourquoi, il exhorte, à travers le communiqué, les parents d'enfants, les acteurs de l'école, les autorités locales, les leaders d'opinion et religieux, etc. à s'impliquer pour la réussite de cette compagne de vaccination.   Lutte contre la méningite  Une campagne de vaccination prévue du 21 au 27 mars 2022 Actualités 17 mars 2022


Vente du pain à 150 Fcfa dans 4 départements : Les raisons, selon les boulangers
Les boulangers des départements de l’Atlantique, du Littoral, de l’Ouémé, et du Plateau ont choisi de vendre, dès ce jour 16 mars, le pain de 200 g à 150 Fcfa en détail. Ils s’appuient sur un arrêté de 2008. Les consommateurs vont faire face à une nouvelle donne à la boulangerie aujourd’hui. Le pain sera vendu à 150 FCfa en détail et à 135 FCfa en gros dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, de l’Ouémé et du Plateau. Cette mesure a été décidée en assemblée générale le 15 mars 2022, par l’association des promoteurs et exploitants de boulangeries de ces quatre départements. Les signataires de la note disent vouloir se conformer à l’arrêté 052/Mic/Dc/Sgm/Dgci/Dpci du 18 septembre 2008. «Ce n’est pas une augmentation de prix, mais une application de l’arrêté de 2008. Nous n’avons pas d’ailleurs le pouvoir d’augmenter le prix du pain et tout le monde le sait. Sur cet arrêté, nous avons la possibilité d’avoir deux pains. Celui de 200 g et celui de 160 g.», a expliqué Anselme Aguemon, président de l’Association des promoteurs et exploitants de boulangeries des départements de l’Atlantique et du Littoral. L’arrêté en question signé de l’ancien ministre Grégoire Akofodji fixe en son article 1er les prix de vente en détail des pains dits de « fantaisie » sur toute l’étendue du territoire à 125 FCfa la baguette de 160 g et à 150 FCfa, celle de 200 g. « Nous sommes dans la droite ligne tracée par l’arrêté. Nous avons choisi le grammage de 200 g. Nous sommes en train de former les boulangers pour qu’ils s’adaptent au nouveau grammage. Vous savez, ce n’est pas avec des machines que nous faisons le moulage, mais à la main », a-t-il précisé. Les boulangers espèrent une révision de l’arrêté fixant le prix du pain au Bénin, au regard de la cherté du blé et les tendances qui, disent-ils, se dessinent dans les pays fournisseurs. « Nous avons des dettes. Nous ne pouvons pas continuer de vivre comme cela. Si nous arrêtons de produire du pain sur toute l’étendue du territoire, est-ce que ce serait bien ? Le Bénin ne produit pas le blé. Les producteurs sont en guerre. Ce n’est pas la faute au gouvernement. Nous sommes en attente d’avoir un autre arrêté », a expliqué Anselme Aguemon. Selon la note qui entre en vigueur, les associations interdisent la production de petits pains à titre commercial dans les quatre départements concernés. Actualités 16 mars 2022


Activité de la Jeune chambre internationale Cotonou : Des nourrices sensibilisées à l’allaitement maternel
La Jeune chambre internationale Cotonou Aurore a initié la semaine dernière une séance de sensibilisation des femmes nourrices à l’allaitement maternel. C’était sa manière de célébrer la Journée internationale de la femme. “Comment observer les bons gestes de l’allaitement maternel ?” C’est le thème autour duquel Dr Ibrahim Khalil Gomina a entretenu les nourrices la semaine dernière à l’initiative de la Jeune chambre internationale Cotonou Aurore (Jcica). Par cette activité qui a regroupé une trentaine de femmes dans la salle de conférence du centre de santé de Zogbo, la Jcica voudrait marquer de manière particulière la Journée internationale de la femme. Désormais, les nourrices présentes à l’activité savent toute l’utilité de nourrir le bébé au sein et d’adopter les bonnes positions pour l’allaiter. De quoi donner une entière satisfaction à Tania Gbénou, la directrice du projet. Satisfait, Romuald Roland Houessè l’est aussi.Le président de la Jeune chambre internationale Cotonou Aurore explique que par cette action, son organisation n’a pas voulu faire de la journée internationale de la femme un moment de festivités. “La Jcica au lieu de se limiter à de simples discours, s’est lancée dans l’acte 2 de son projet d’amener les femmes à appréhender et à mieux alimenter leurs enfants”, a-t-il déclaré. Il a aussi précisé que “le pari est pris pour que le projet se déroule sur trois années” sous diverses formes. Ce serait pour le bonheur et la bonne santé de ces nombreux enfants qui bénéficieront de bons soins de leurs génitrices. Pour sa part, Eric Houessou, représentant de la présidente nationale, a adressé ses félicitations à la Jcica pour l’organisation et la réussite de l’activité. Aux femmes nourrices, il a insisté qu’il n’y a que de bons éléments nutritifs dans le lait maternel et qu’il donne l’intelligence aux enfants. Il a aussi cité certaines maladies liées à la malnutrition et qui ne peuvent subvenir en cas d’allaitement maternel. Culture 16 mars 2022


Nouveaux équipements à l’Unité de dialyse du Chud Parakou : Le président du Ces fait le constat
Le président du Conseil économique et social (Ces), Augustin Tabé Gbian, était, ce mardi 15 mars, à l’Unité de dialyse du Centre hospitalier universitaire départemental (Chud) de Parakou, dans le cadre des descentes de terrain que les membres de son institution ont l’habitude d’effectuer. C’est par rapport à une saisine sur le thème « La prise en charge des personnes sous dialyse au Bénin: état des lieux et suggestions ». Avec les équipements mis à sa disposition par l’Etat béninois, dans le cadre de l’exécution du Pag 2, l’Unité de dialyse du Chud de Parakou est désormais en mesure de prendre en charge, mieux que par le passé, un grand nombre de patients. Elle a de quoi leur assurer des prestations de qualité. C’est pour constater leur disponibilité que le président du Ces, Augustin Tabé Gbian, y est descendu ce mardi 15 mars. Entre-temps sous équipé, le service de Néphrologie a, pour le bonheur des hémodialysés et insuffisants rénaux qu’il reçoit, changé de visage. De deux, il a vu ses générateurs passer désormais à huit. Outre huit générateurs flambant neufs, il a également bénéficié des fauteuils adaptés sur lesquels les malades vont se reposer. « La chance que nous avons aujourd’hui, c’est qu’avec nos huit machines, si nous dialysons ou faisons deux branchements par jour, nous pouvons prendre au minimum 50 personnes en charge, au lieu de 12 patients, il y a quelque temps», se réjouit le chef du service, Dr Séraphin Ahoui. Selon le directeur général du Chud Borgou, Didier Adédéni, l’appui du service de néphrologie en équipements de dernière génération apporte un grand soulagement au personnel soignant, mais surtout aux populations des quatre départements du septentrion, des Collines et même du Couffo qui le fréquentent. Ils n’attendent qu’à être déployés et mis en service. «Cet effort d’investissement nous aide vraiment à progresser, à passer d’un niveau de soins à un autre de meilleure qualité », soutient-il, tout en remerciant le gouvernement et son chef, Patrice Talon. Malgré ce grand pas effectué, il reste encore des défis à relever. En témoignent les doléances que le secrétaire général de l’Association des hémodialysés et insuffisants rénaux (Ahir) du Nord-Bénin, Nicolas Montcho, a bien voulu soumettre au président du Ces. Ce dernier a été invité à plaider auprès du chef de l’Etat, pour la levée des suspensions de prise en charge des malades, car l’insuffisance rénale chronique est coûteuse et ruineuse, pour la réduction du coût des kits dialyse pour les malades, pour la dotation de façon régulière en médicaments pour tous les malades. Après avoir constaté la présence des équipements puis visité les lieux, le président du Ces a décerné un satisfecit au président de la République. Il se dit rassuré de la prise en charge sans faille des malades. « Chaque année, je reçois deux ou trois fois les groupements et associations des personnes qui souffrent de cette maladie. Je ne peux pas rester insensible. Mais avec tout ce que j’ai vu comme équipements à installer, c’est rassurant », confie-t-il. Actualités 16 mars 2022


Bertin Akouta sur les réformes dans le secteur du bois : « L’Etat a réussi à stopper les exportations anarchiques »
La filière forêt-bois prend un nouveau départ, avec les réformes opérées ces dernières années par le gouvernement. Bertin Akouta, président de la Fédération nationale des associations des opérateurs économiques de cette filière, dévoile ici les progrès et les attentes des acteurs. Quand on parle de la filière bois au Bénin, on a tendance à y voir une exploitation incontrôlée des ressources naturelles. Est-ce toujours le cas aujourd’hui ? Il faudrait faire la part des choses. En principe, c’est la filière forêt-bois. Il ne faut pas que l’arbre cache la forêt. Le bois d’énergie était exploité anarchiquement, mais on sait que l’exploitation du bois d’œuvre est sélective. Il y a eu, par le passé, un peu de désordre parce qu’il n’y avait pas, par exemple, une structure en tant que telle pour sensibiliser davantage les acteurs et œuvrer pour une synergie dans le sens de la protection de la biodiversité. Aujourd’hui, avec le gouvernement actuel, il y a eu un arrêt systématique de toutes les opérations pour faire un état des lieux. Ce qui a conduit à redéfinir de nouvelles bases dont la prise d’un décret qui interdit l’exportation des essences autochtones et qui protège d’ailleurs la biodiversité. C’est une bonne chose. On a maîtrisé les exportations et éliminé d’elles systématiquement les essences autochtones. C’est le cas par exemple de l’espèce Afzelia africana ou encore du Pterocarpus. Ce sont des espèces demandées sur le marché asiatique. C’était une hémorragie qu’il fallait arrêter. C’est déjà un grand pas. Et ne peuvent exporter désormais que ceux-là qui sont sur une liste de quotas définis par entreprise à l’export. Il y a donc une traçabilité. L’Etat a réussi à stopper les exportations anarchiques. Dans le cadre des réformes, priorité a été accordée à la transformation du bois. Est-ce que cela arrange les acteurs ? Le gouvernement a réorganisé la chaîne d’exploitation de la base jusqu’au sommet. Il y a une taxation différentielle qui prend en compte le niveau de transformation. Plus vous transformez, moins vous payez de taxes, ce qui incite à transformer. Ce sont des mesures qui protègent la biodiversité. Lorsque vous exportez du brut, vous exportez les emplois qui peuvent être ici, les dérivés aussi. Pendant ce temps, les vôtres mettent la pression sur les écosystèmes pour chercher du bois-énergie. Ce n’est pas du tout bien. La transformation a donc l’avantage de procurer de la valeur, de générer des devises et de créer des emplois localement. C’est une très bonne chose. D’ailleurs, depuis le 31 décembre dernier, on n’a pas encore autorisé l’exportation du bois brut. Mais les premiers contrats lancés vont au profit des industries, puisqu’on connaît leur capacité de transformation. Lorsqu’il y aura un excédent, on pourra exporter le reste. C’est dans une logique structurée qui est en train d’être mise en place par le gouvernement. Quoi qu’on dise, à tort ou à raison, on pense que les acteurs de la filière bois sont des destructeurs de la biodiversité. Que faites-vous pour changer cette perception? C’est un peu trop dire. Il faut nuancer. Nos activités pourraient impacter la biodiversité, mais on essaie de rester dans les normes. C’est d’ailleurs notre rôle, au niveau de la fédération de sensibiliser davantage les acteurs aux enjeux actuels et aux engagements à prendre dans la protection de la biodiversité. Nous ferons signer une charte environnementale qui va inclure les exploitants à tous les niveaux, y compris le scieur, pour qu’ils s’assurent d’adopter des comportements responsables d’exploitation et de vente. Il faut les amener à comprendre les enjeux à travers des sensibilisations. Nous avons pris la mesure des choses. Puisque lorsque vous êtes convaincus de ce que ces ressources naturelles vont s’estomper du fait de vos pratiques, vous réfléchissez par deux fois avant d’aller dans les travers. De même, nous souhaitons au niveau de la fédération un cadre formel de partenariat avec l’administration qui nous confère un brin de pouvoir pour pouvoir veiller aux bonnes pratiques. Si nous faisons la veille sans un cadre formel, on sera juste vu comme des marionnettes. Ce sera sans effet. Il faut venir à une gestion par le dialogue et la fédération entend jouer pleinement son rôle. Nous avons eu des avancées déjà avec la Douane et les Eaux et forêts qui nous associent. Je crois qu’il faut aller dans ce sens pour relever ensemble le défi de la protection de la biodiversité. Environnement 16 mars 2022


Egalité des sexes et autonomisation des femmes : Odd Tv en fait sa priorité
Odd Tv a organisé, jeudi 10 mars dernier à Cotonou, une causerie-débat sur différentes thématiques relevant des droits des femmes à la lumière des Objectifs de développement durable (Odd), notamment l’Odd 5, « égalité entre les sexes et autonomisation des femmes et filles », ainsi que la question des changements climatiques. «Dans un contexte de changements climatiques, d’urgence de l’autonomisation de la femme où l’égalité entre les sexes peine à être une réalité, nous voulons porter un regard croisé sur ces concepts, en les lisant dans le prisme des Objectifs de développement durable ». Ces mots de Tayon Ulrich Lavinon, directeur général de Odd tv, sonnent comme un engagement à l’action pour concentrer les efforts en direction des filles. Selon lui, l’apport des femmes au développement est inestimable. Mais les défis en ce qui les concerne sont encore réels. Odd Tv et ses partenaires veulent être à l’avant-garde des actions en leur faveur. « Les femmes sont des agents économiques très résilientes parce qu’elles contribuent à la stabilité du foyer et également à l’éducation des enfants. Dans les milieux ruraux, elles se déploient doublement, mais reléguées au second rang en raison des pesanteurs socioculturelles », analyse Tayon Ulrich Lavinon. Les deux panels organisés dans ce cadre ont édifié les participants. Le premier, « Contribution des Ptf et organisations de la société civile à la protection et à l’épanouissement de la jeune fille au Bénin ». Le second, intitulé « Progrès et perspectives de la réalisation de l’autonomisation des femmes et des jeunes filles à l’horizon 2030 dans un contexte de changements climatiques ». Chaque participant a su en tirer l’essentiel. « Le premier panel m’a permis d’analyser les actions des partenaires techniques au profit des associations intervenant dans la défense et la protection des droits des filles et d’apprécier l’impact des différentes actions sur les cibles, notamment sur les communautés reculées », se réjouit Mariamar Conon, militante féministe. Hermione Ligan, présidente de l’Ong Femmes engagées pour le développement et la démocratie (Fedd)’’ est à cheval sur la question des Odd. Au terme de la rencontre, elle entend se déployer davantage pour le bonheur des filles. « Les Odd 3, 5 et 16 me tiennent particulièrement à cœur. Nous allons accompagner les actions de Odd Tv et du gouvernement dans ce sens », promet-elle. La satisfaction de Odd Tv serait de voir toutes les filles du Bénin où qu’elles se situent sur le territoire national, recevoir toutes les bonnes informations relativement aux inégalités qui les touchent et qu’en retour les plaidoyers en direction du gouvernement et de ses partenaires en leur faveur puissent prospérer. Société 16 mars 2022


David Fêliho, international de football : Métronome des Ecureuils des années 80
Icône oubliée. David Fêliho était un milieu relayeur atypique qu’a connu le football béninois dans les années 80. Intuitif, teigneux et endurant, il incarnait simplement la classe des footballeurs mythiques dont l’immensité du talent n’a pu être illustrée faute d’archives. David Fêliho est-il un homme doté de poumons d’acier ? La résistance physique hors norme de ce joueur au petit gabarit fait débat et taraude toujours l’esprit des aficionados du football, en l’occurrence, ceux qui ont vu évoluer, ce joueur. Taille moyenne et fière allure, le très physique no 8 des Ecureuils des années 80 porte bien son prénom: David. A l’instar du personnage biblique, la silhouette du milieu récupérateur des Ecureuils hante toujours les souvenirs de certains attaquants retors qui ont affronté cette ‘’boule d’énergie’’ qui leur a fait des misères sur le rectangle vert. Athlétique, remuant mais très peu technique, l’enfant d’Adandokpodji, l’un des quartiers populaires de la cité princière d’Abomey, a su allier vivacité et efficacité dans l’entrejeu du Onze national. Né à Niamey, au Niger, dans les années 60, et portant des cicatrices raciales sur chaque joue, David a découvert le football par le biais de son géniteur Raphaël Fêliho, agent de la Régie du Niger qui gratifiait régulièrement sa progéniture des ballons de football qu’il ramenait de service. Mais alors que le gamin jouissait de ces faveurs de son père, une fois rapatrié au Bénin, certains oncles ont fait l’option de décourager leur neveu dans la pratique du football. Pour eux, ce «jeu conduit inexorablement à la déperdition». Ainsi, tantôt chicoté, parfois ligoté par ses oncles pour le péché de ‘’pratique de football’’, mais jamais l’idée d’abdiquer n’a effleuré l’esprit du jeune David. Tellement l’insouciance, si ce n’est la passion du gamin, était forte. Lorsqu’après l’obtention de son certificat d’études primaires (Cepe), son oncle paternel, Thomas Fêliho, inscrit David au Collège d’Enseignement général d’Abomey, il était loin d’imaginer que son neveu allait continuer de fort belle manière à vivifier sa passion au point de devenir très jeune, une vedette précoce. Au collège, la pratique du football semble prendre le dessus sur les études. Les séances de football à quatre dénommé « petit camp» à la sortie des classes ou pendant les récréations font parfois oublier au jeune homme les leçons de Mathématiques, d’Anglais, d’Histoire-géographie et autres. Les weekends et autres jours ouvrables, le vocabulaire du jeune collégien est passé de l’académique au sportif : « Tacles, récupération, retrait, passe en profondeur, marquage à la culotte … ». C’est ainsi que le langage du football s’est affermi et avec lui, le jeu. Et progressivement ce jeune homme d’un noir de jais, à la démarche bancale, a évolué au sein de toutes les catégories d’âge au Ceg1 d’Abomey. Jeune talent éblouissant ne pouvant demeurer longtemps sous l’éteignoir, le District rural d’Abomey enrôle le gamin dans son effectif. Ce ne sera que juste pour quelques matches. Puisque le district urbain le récupère au sein de son très célèbre club : Bazooka Fc d’Abomey, l’un des plus populaires de la ville princière. Talent nettement au-dessus de son âge, la jeune pépite aux marquages redoutables a vite tapé dans le mille. David a eu sa chance le jour où son ainé et milieu de terrain Pierre Ayoubaso a été malade. Il est sollicité pour le suppléer dans le cadre d’une rencontre opposant Requins Fc à Caimans Fc à Cotonou. Le pied à l’étrier, David intègre ainsi la sélection départementale: le Fc Caïmans du Zou, le très populaire et emblématique club du Centre du pays dont beaucoup de jeunes rêvent de porter la tunique Vert-Blanc. David Fêliho, 16 ans, élève en classe de 3e est désormais footballeur de première division avec le dossard n° 6. Inédit. ‘’C’est la première fois que je viens à Cotonou, et c’est aussi la première fois que je joue au stade Réné Pleven ‘’, se souvient-il plus de quarante ans après les faits. Le corps souvent recouvert de petits bobos accompagnés quelquefois d’entorses, cela n’a pas, pour autant, dissuadé le gamin de continuer les classes. C’est ainsi que, comme du bon vin, le jeune David se bonifie. Avec le temps il est devenu une petite vedette du cuir rond aussi bien dans son collège que dans la ville. C’est David ! A l’époque : fin des années 70 et début 80, ce club du département dont l’envergure s’étend jusqu’à la zone administrative des Collines actuelle discutait le championnat national animé par huit clubs. Ainsi, aux côtés d’autres grands noms du football béninois tels : Flavien Soudé, Désiré Ahokpè, Jean-Marie Dayato, Thomas Akouèdji, Désiré Azon …, le jeune David a fait les beaux jours du club basé à Abomey. Sans être un foudre de guerre, Fc Caimans du Zou était néanmoins craint par beaucoup dans le championnat. Son baptême du feu sur l’échiquier international a été le match contre Bcc Lions du Nigeria en Coupe de l’Ufoa. « Rencontre difficile mais palpitante. Le Fc Caïmans du Zou battu en aller et retour a été vite éliminé de la compétition », se souvient David qui soutient toujours que l’expérience en valait néanmoins la peine. Dans les rangs de Fc Caïmans du Zou, David n’a pas tardé à prendre de l’étoffe. Il y est devenu une pièce maitresse. Condition suffisante pour qu’à peine 19 ans, les portes de la sélection nationale s’ouvrent pour lui. Le coach du Onze national, le Russe Abarona séduit par l’intelligence, la vivacité, le courage de l’adolescent timide, mais très impulsif, lui fait appel pour animer l’entrejeu de l’Etoile rouge du Bénin (ancienne appellation des Ecureuils). C’est ainsi parti pour une riche expérience en sélection pour le natif d’Abomey. Durant la dizaine d’années de présence au sein du Onze national, David y a été le métronome. De nature calme et partisan de la non-brutalité, le fils de Raphaël Fêliho était autoritaire dans l’entrejeu qu’il animait aux côtés de certains caciques tels que : Damien Folly, Ludovic Alikpara et Victor Zèvounou. « La belle époque des Ecureuils. Des moments de grande complicité », confie aujourd’hui le sexagénaire prof d’Education physique et sportive à la retraite qui garde toujours en mémoire son premier match nocturne disputé le 26 octobre 1979, à Abidjan en Côte d’Ivoire, dans le cadre du tournoi du Conseil de l’Entente. « Nous étions menés, puis j’ai reçu une balle sur le flanc droit, ensuite j’ai balayé toute la défense adverse pour aller égaliser. Le marquoir lumineux signale : 20 h 29 min. Haute Volta 1- Bénin 1. Et au terme de la rencontre, nous avons remporté le match ». A l’évocation de cette rencontre, ses petits yeux mi-clos illuminent de fierté son visage, et un petit sourire figé met en exergue ses pommettes saillantes. Car c’était sa première fois de livrer une rencontre nocturne de football. Des moments gravés dans la mémoire de David. Puis, comme une récitation, il déroule: « … Sur une chevauchée solitaire, David Fêliho met toute la défense togolaise dirigée par le solide Denké Wazo en déroute et offre sur un plateau d’or une passe lumineuse à Ahlonsou Agossou Pascal qui égalise : Togo 2 – Bénin 2 ». C’est un morceau choisi de la retransmission de la rencontre par un éminent reporter de la radio nationale que le joueur a écouté lors d’une émission sportive. David l’a mémorisée et la récite tel un mantra. Peut-être pour se faire bonne conscience, lui qui aime à raconter que « le football d’autrefois n’a pas nourri son homme ». Du secret de son endurance physique, David avoue le devoir à l’un de ses nombreux entraineurs : Joseph Agueh dit ‘’deux bras.’’ C’est lui qui assénait à ses poulains que les équipes résidentes à la côte sont plus techniques qu’endurantes. Or, « avec l’endurance, on peut anéantir la technique », renseigne-t-il. C’est ainsi que ce coach, adepte de la culture physique, a régulièrement entraîné ses joueurs dans la descente de Détohou ; une zone difficile d’accès à Abomey pour qu’ils y travaillent en y grimpant les montées abruptes. De très « fastidieuses séances de souffrances physiques» auxquelles les joueurs d’Abomey se sont habitués. Ce qui a été un précepte intangible du coach Agueh, David l’a adopté comme sa tasse quotidienne. Et c’est sa belle carrière de footballeur qui en a été le révélateur. Seulement que dans le football, David n’y a pas gagné grand-chose. Et il traine toujours comme un boulet le souvenir de la seule fois qu’il avait l’occasion, manquée, d’engranger un peu de sous. Ce jour où, pour raison de participation à un test d’entrée à l’Institut national de la jeunesse et de l’éducation physique et sportive (Injeps), le lendemain, son coach ne l’aligne pas pour une rencontre importante contre l’Algérie des Rabbat Madjer, Bensaoula et Beloumi, finalement remportée par les siens. ‘’J’ai donc été privé du partage de l’importante cagnotte de la victoire’’, regrette toujours David. Enseignement, le métier de la vie ! A quelque chose malheur est bon. Car c’est ce parchemin d’entrée à l’Institut qui fera du milieu de terrain des Ecureuils un enseignant certifié d’Education physique et sportive (Eps) dans les collèges et lycées. Tour à tour élève-joueur, étudiant-joueur, le voilà enseignant-joueur avant que David décide de raccrocher définitivement les crampons pour se consacrer uniquement à l’enseignement. Un métier qui, d’ailleurs, le lui a bien rendu. Puisque le jeune néo footballeur a occupé de hautes fonctions dans plusieurs collèges et lycées ainsi que dans l’administration publique. Conseiller pédagogique en Eps dans le Zou de 95 à 99. Il a pendant plus de 10 ans occupé le poste de censeur au Lycée Mafory Bangoura de 1999 à 2000, au Lycée Houfon de 2000 à 2004, au Ceg1 d’Abomey de 2003 à 2004. Puis chef service des Sports scolaires au niveau du ministère des Enseignements techniques de 2005 à 2010. Et chef division Sport scolaire au ministère des Enseignements secondaires de 2010 à 2016. Footballeur et enseignant, David Fêliho a aussi inscrit une parenthèse politique dans son curriculum vitae. A peine terminé son passage à l’Injeps pour l’obtention du diplôme de professeur certifié, ses amis « les frères Bruno et Quentin Didavi et un certain Kisito Awede lui ont ouvert les portes de la politique». David intègre le Parti du Salut de feu Damien Alahassa et en devient, très rapidement un membre influent. C’est d’ailleurs au titre de professeur certifié et jeune cadre de ce parti qu’il reconnait avoir bénéficié de l’ascension qui a été la sienne au niveau de l’administration de l’Enseignement supérieur. Admis à faire valoir ses droits à la retraite, depuis quelques années, David très attaché à sa famille fait la navette entre Cotonou et Abomey, sa ville d’origine. Il se dit « jeune retraité heureux » bien entouré de sa progéniture et surtout de sa moitié, « Victorine Kpangon, tendre épouse » avec qui il «partage sa vie depuis les bancs du collège. » Du football qu’il a pratiqué toute sa jeunesse, il regrette le sort fait à cette discipline aujourd’hui dans son pays. « Heureusement qu’avec les nouvelles autorités politico-administratives, les choses semblent prendre la bonne direction », précise l’ancien relayeur des Ecureuils. Et ce sera, sans doute, pour le bonheur du dauphin en gestation qui, aujourd’hui, travaille dans l’ombre pour rappeler un jour, au souvenir de tous, l’immensité du talent de son géniteur. Bon grain ne saurait mentir. Sports 16 mars 2022


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