La Nation Bénin...



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Nouvelles

Discours du chef de l’Etat à la nation: Appel à la mobilisation des énergies pour un avenir radieux

Béninoises, Béninois,

Mes chers compatriotes,

Aucune nation ne peut se construire durablement sans rester enracinée dans l’histoire.
Une histoire que la conscience collective a le devoir de renouveler constamment en y puisant à chaque occasion majeure de la vie nationale, les enseignements utiles et nécessaires pour l’avenir.
C’est tout le sens de cette 57e célébration de l’accession de notre pays à l’indépendance.
Mais au-delà des symboles et des rituels qui fixent un événement historique, ce dernier se détermine aussi par le commentaire que l’on en fait et surtout les orientations qu’il nous inspire.
Si bien que ses conséquences sont constamment infléchies par la façon dont nous nous réapproprions les faits politiques, économiques et sociaux de la Nation.
C’est pourquoi je voudrais inviter chaque Béninoise et chaque Béninois à méditer cette année sur le sens et la portée de notre fête nationale, pour en sortir quelque chose de profond, au-delà des festivités diverses et variées organisées sur tout le territoire national.
Je reste persuadé que l’indépendance, c’est la liberté certes, mais c’est surtout le choix de la responsabilité.
La liberté ne devient véritablement un acquis que lorsque nous en faisons un pari ambitieux : celui de la volonté inébranlable d’aller toujours vers le progrès économique et social pour un bien-être durable.
C’est fort de cette conviction que, depuis le 6 avril 2016, notre pays, sous l’impulsion de mon gouvernement, a pris avec courage, un nouvel élan vers le progrès et la modernité. En témoignent les réformes entreprises et les chantiers déjà engagés à cet effet.
Progressivement, les piliers durables d’un Etat démocratique, économiquement et socialement viable, sont en train d’être posés.
Je voudrais remercier chacune et chacun de vous, et vous encourager pour votre engagement ainsi que votre disponibilité.
Pour ma part, je reste dévoué et fidèle à la République : c’est le serment que j’ai prêté, et je m’y emploie, même par les temps d’épreuves.
A cet égard, je voudrais vous exprimer toute ma gratitude pour les prières, les vœux, les pensées positives dont vous m’avez récemment gratifié.
J’en ressens un immense réconfort et j’en ressors plus déterminé que jamais, plus engagé encore, à servir au mieux notre cher et beau pays, au grand dessein.

Mes chers compatriotes,

Oui, notre pays a un grand dessein.
C’est autour de cette conviction que je fonde l’action de mon gouvernement.
Une action qui appelle des efforts constants certes, mais nécessaires à la relance de notre économie, à sa transformation structurelle en vue d’assurer l’amélioration de nos conditions de vie.
C’est ce qui justifie mon appel à la mobilisation de toutes les énergies, à la confiance en l’avenir radieux de notre pays, et à la foi en notre capacité à réussir ensemble.
Ce sont là en effet, les ressorts indispensables à la réussite de cette œuvre palpitante, exigeante, mais ô combien passionnante !
Au cours de ces derniers mois, mon gouvernement a finalisé la conception de plusieurs chantiers de développement, avec des modèles économiques et financiers désormais fiables.
Ces projets, dont la viabilité et la pérennité sont assurées, sont sur le point de voir le jour dans le cadre d’un aménagement équilibré du territoire national.
Nous avançons donc au quotidien sur ces nombreux chantiers qui auront un impact positif et durable sur les conditions de vie de la population béninoise tout entière.
Il s’agit notamment :
- de la sécurité dans nos villes, nos campagnes et sur nos axes routiers ;
- de la fourniture et de la distribution de l’eau et de l’énergie électrique ;
- de l’éducation avec l’installation prochaine du Conseil national de l’Education Nouvelle Génération ;
- de la mise en place d’un nouveau système de santé pouvant garantir des soins de qualité ;
- d’un nouveau mécanisme de protection sociale surtout en faveur des populations vulnérables ;
- de la modernisation de la gestion des déchets dans l’agglomération du Grand Nokoué ;
- du développement agricole et de l’amélioration des revenus des producteurs agricoles ;
- du lancement de la Cité Internationale de l’Innovation et du Savoir, à Sèmè-Podji ;
- de la promotion immobilière ;
- de la finalisation des projets touristiques sur les sites prioritaires à Abomey, Allada, Ouidah, Porto-Novo et Nikki ;
- du nouveau mode de gestion sécurisée de la Pendjari et du Parc régional W ;
- de l’assainissement des plans d’eau et de la réinvention de la Cité fluvio-lacustre de Ganvié ;
- de l’instauration de la meilleure gouvernance dans tous les secteurs et de la lutte contre l’impunité, pour ne citer que ces chantiers.
Pour réaliser tout cela et l’inscrire dans la durée, je reste persuadé que chaque compatriote est convaincu qu’il n’y a pas de réponses concrètes et durables aux aspirations individuelles et collectives, sans une économie bien structurée, une justice crédible et des services sociaux de qualité.
Nous y travaillerons tous ensemble et je vous félicite pour les sacrifices que vous y consentez.
C’est aussi le lieu de rassurer les générations montantes, de notre détermination à leur assurer un mieux-être pérenne et à leur créer les conditions favorables afin qu’à leur tour, quand le moment viendra, ils se consacrent avec ardeur à leur devoir vis-à-vis de la République.
C’est dans cette perspective que j’ai décidé d’instaurer, pour compter de l’année 2018, l’initiative présidentielle de promotion de l’excellence.
Il s’agit, ainsi, pour stimuler les talents, de décerner chaque année, à la veille de la célébration de la fête nationale, des prix d’excellence aux plus méritants.
Nos meilleurs élèves et étudiants, agriculteurs, artisans, artistes, journalistes, hommes et femmes de lettres, et d’autres encore, se verront décerner ce prix, sur la base des critères de qualité et de compétence qui auraient permis de les identifier.
Ce faisant, j’ai la conviction que la saine émulation faisant son œuvre, nous irons d’exploit en exploit.

Mes chers compatriotes,

Mon devoir est de vous convaincre que le prix à payer pour y parvenir est dans l’organisation efficiente de notre administration publique, dans la rigueur qui accompagne l’action et dans la lutte quotidienne contre toutes les formes de déviance, qui ternissent l’image de notre pays.
Il nous faudra sans doute, avec plus d’engagements que par le passé, lever toutes les barrières qui retiennent encore l’élan de notre communauté vers le progrès attendu.
L’adhésion de tous aux réformes prévues en est la clé.
Enfin, conformément à la tradition, à l’occasion de notre fête nationale, j’ai décidé de gracier certaines catégories de prisonniers.
Et ce faisant, parce que je crois que chacun peut s’améliorer, je les exhorte à retrouver leur place au sein de la société et à contribuer sainement à son évolution positive.
Ensemble, nous sommes plus forts et notre pays connaîtra un beau dessein.
Vive la République !
Vive le Bénin ! Bonne fête à tous.
Je vous remercie.

Actualités 02 août 2017


Audience à la Cour constitutionnelle: Théodore Holo reçoit un juriste de la Cadhp

Le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo, a reçu, vendredi 28 juillet dernier, Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp) à son cabinet à Cotonou. Au menu des échanges, diverses préoccupations dont le dialogue judiciaire continental.

Horace Adjolohoun, juriste à la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (Cadhp), a rencontré, vendredi 28 juillet dernier, le président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo. « Je suis allé présenter mes civilités au président qui est notre aîné dans le système universitaire au Bénin et en Afrique. Etant en séjour au Bénin, je n’aurai pas pu ne pas aller le saluer pour m’avoir cautionné intellectuellement », confie-t-il à sa sortie d’audience. « Je suis allé lui rendre compte de mes activités récentes du point de vue professionnel dans la fonction publique internationale mais également dans le système universitaire au niveau africain », poursuit-il.
Les deux hommes ont échangé sur des questions telles que le dialogue judiciaire continental prévu pour le mois de novembre prochain. « Le dialogue judiciaire est une activité organisée par la Cadhp sous l’égide de l’Union africaine qui rassemble les présidents des cours constitutionnels et suprêmes de tous les pays africains, mais aussi les présidents des cours régionales africaines et autres », a-t-il expliqué. Aux dires d’Horace Adjolohoun, cette réunion qui s’organise au niveau continental, permet aux sommités des juridictions nationales et continentales de se réunir pour échanger. « Le dialogue est placé cette année sous le sceau du renforcement des questions jurisprudence, cela prouve qu’en Afrique, il y a nécessité de mettre en place des systèmes d’échange de données visant à l’échange permanent de jurisprudences », a-t-il ajouté. Le juriste Horace Adjolohoun dit être satisfait du tête-à-tête avec le président Théodore Holo n

Actualités 31 juil. 2017


Déré Lydie Chabi Nah, préfet de l’Atacora: L’autorité de tutelle au cœur d’or

Un an après sa prise de fonction, le préfet de l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah, montre toute sa capacité à assumer la mission de représentant du chef de l’Etat dans le département. Tôt, sa volonté à instaurer la cohésion au sein de l’administration départementale et à ne point désarmer face aux divers problèmes des populations des neuf communes dont elle assure la tutelle, a conquis ceux qui se montraient bien sceptiques à son avènement.

L’intérieur du bureau en dit long sur le caractère de celle qui y travaille. Avec ses mobiliers en ordre, ses dossiers bien rangés sur la table, il séduit le visiteur qui éprouve dès lors l’envie de s’asseoir avec confiance pour écouter la maîtresse de céans : Déré Lydie Chabi Nah, 38 ans. A l’aise dans son boubou aux couleurs vives fleuries, cette native de la commune de Kérou, est tout un symbole. Préfet de l’Atacora, celle qui officiait, il y a peu de temps, comme assistante de son prédécesseur a tôt imprimé sa marque au pouvoir de commandement. Prenant de court ceux qui demeuraient sceptiques quant à sa capacité réelle à faire face à la mission à elle dévolue. « Telle une mère de famille qui sait gérer les divergences et les contradictions, elle a su instaurer au sein de l’administration préfectorale une bonne ambiance. Elle se bat beaucoup et sa présence sur tous les fronts le montre. Je dirai sans abuser des mots que c’est un administrateur civil au vrai sens du terme », témoigne Nestor N’tcha M’po, chef service Affaires générales de la Préfecture de Natitingou. Dans la Cité des Nanto, vieux et jeunes, hommes et femmes sont tous unanimes : sans le dynamisme et l’engagement de Déré Lydie Chabi Nah, nombre de situations auraient vicié l’entente entre les diverses communautés vivant dans le département de l’Atacora.
Check Nourou Dine Mouhamed Sanni, imam central de la commune de Natitingou, se rappelle de toute la diplomatie dont a usé le préfet pour aider au retour de la paix au sein de la communauté musulmane secouée par une crise de succession sans précédent.
Outre la gestion de la crise de l’imamat à Natitingou et des questions liées à la sorcellerie dans la commune de Ouassa-Péhunco, elle s’est distinguée par la conduite de l’opération de déguerpissement des espaces publics dans la commune de Natitingou, la lutte contre l’alcool frelaté dans le département, le combat contre les grossesses précoces en milieu scolaire et d’apprentissage, les actes de légalité au profit des collectivités locales et l’assistance-conseil, le suivi et la mise en œuvre des actions du Gouvernement, égrène le chef service des Affaires générales pour montrer toutes les actions à mettre à son profit. S’il y a lieu de considérer également celles dont bénéficient les agents de la Préfecture, Nestor N’tcha M’po cite le paiement d’arriérés de primes de carburant, l’amélioration des conditions de travail au niveau de différents services, les travaux de rénovation de bâtiments et la construction d’un nouveau parking. Des initiatives qui n’ont pas été prises sans l’avis des agents à travers leurs représentants au Comité de direction.
« Je trouve qu’elle est brave. Elle donne plus qu’on en attend d’elle. La manière dont elle a conduit l’opération de libération des espaces publics dans la ville de Natitingou est à saluer », apprécie son prédécesseur, Gervais N’Dah Sékou. Celui-là même qui lui a mis le pied à l’étrier et qu’elle appelle affectueusement ‘’papa’’.
Loin de s’attribuer ces faits d’arme, Déré Lydie Chabi Nah, en toute modestie, rend hommage à ses collaborateurs dont elle se dit très proche et sans qui « ses actions n’auraient pas aujourd’hui leur impact ». Mieux, confie-t-elle, du haut de son bureau, « Aucune de mes décisions n’est prise sans les conseils avisés de mes collaborateurs ». A l’écoute de ces derniers dont elle salue le professionnalisme, elle ne transige pas sur les principes de l’administration et attache du prix au sens du devoir et au service. Ceci dans l’intérêt des usagers de l’administration publique.

Femme battante

Stagiaire à ses débuts à la préfecture de Natitingou, celle qui a perdu ses parents, dès les classes du cours primaire, a vite gravi les échelons au sein de l’administration publique, révélant ses capacités à transcender les écueils et difficultés qui s’érigent sur son parcours.
Un parcours qu’elle n’aurait pas connu sans l’aide de ses tuteurs et de sa volonté caractérielle à s’en sortir. Dans l’Atacora, Déré Lydie Chabi Nah a très tôt pris conscience du fléau de l’illettrisme et de la déscolarisation, sources de sous-développement. Par ignorance, manque de ressources financières ou du fait des pratiques coutumières (excision, mariage forcé et précoce…) et des préjugés sexistes, rares sont les parents qui envoient leurs enfants à l’école et les y maintiennent. Pis, les grossesses précoces assombrissent l’avenir des jeunes filles. Plus nombreuses, mais aussi plus marginalisées, les jeunes filles ont un destin de femme tout tracé : aider leur mère dans les tâches domestiques, attendre qu’on leur trouve un mari et faire à leur tour des enfants. Ce qui renforce le cercle vicieux de la pauvreté.
1485 cas de grossesses précoces ont été enregistrés dans les collèges de l’Atacora entre 2013 et 2016. Pour celle qui, ayant été à l’école en connaît les bienfaits, il faut inverser la tendance. D’où son engagement à éradiquer les grossesses en milieu scolaire d’ici l’an 2020, avec l’appui d’institutions internationales telles que Unfpa et Plan International. Le péril des grossesses précoces en milieu scolaire est à réprimer par toutes les voies et moyens, admet-elle.
En véritable amazone de la lutte contre les grossesses précoces, elle répand partout la bonne nouvelle de la réussite des filles à l’école et démontre aux communautés la nécessité d’envoyer les enfants et, surtout les filles, à l’école. En même temps, elle ne marchande pas sa disponibilité à prendre part à toutes les initiatives allant dans ce sens. Présentée comme un modèle de réussite dans le département elle écume les collèges et lycées des neuf communes du département pour appeler les jeunes filles à résister à la sirène des hommes et rappelle aux potentiels auteurs de grossesses précoces les textes de lois qui réprimandent leurs actes.
« Le phénomène non seulement réduit de façon drastique le nombre de filles dans les collèges et lycées avant la classe de terminale, mais surtout donne d’argument à certains parents à ne plus envoyer leurs filles à l’école, parce que pour eux, la finalité c’est leur ramener une grossesse », estime-t-elle.
Si pour nombre d’observateurs, l’engagement du préfet constitue une arme pour contraindre les indélicats à se ranger, ils adoubent cette responsabilité sociale qu’elle porte en plus de ses charges administratives. « Il fallait un engagement fort pour faire face à certaines réalités dont les grossesses précoces en milieu scolaire et la non déclaration des naissances. Et l’autorité de tutelle l’incarne à merveille dans l’Atacora à travers ses prises de position et décisions », constate Roger Bakary, directeur de l’Unité de programme Nord de Plan International Bénin.
Une sensibilité qui ne surprend d’ailleurs pas Gervais N’dah Sékou. « J’avais fait d’elle une spécialiste des cas sociaux. Lorsqu’il y avait un cas social, elle le gérait à la perfection », se rappelle-t-il, fier d’elle.
De nature tempérée et assez joviale, cette jeune dame, au teint bronzé et aux yeux pétillants derrière ses verres clairs, fait montre d’une simplicité qui contraste avec sa rigueur quand il s’agit de travailler. Des principes que prennent en compte ses collaborateurs qui n’entendent nullement s’attirer sa foudre.
Administrateur civil sortie en 2012 de l’École nationale d’Administration et de Magistrature (Enam) de Ouagadougou au Burkina-Faso après une maîtrise en Droit privé à la Faculté de droit et de sciences politiques (Fadesp) de l’Université d’Abomey-Calavi, elle assume avec dévouement sa mission sous l’égide du chef de l’Etat à qui elle témoigne toute sa reconnaissance. Lui qui, selon elle, affiche sa vision de voir les populations de l’Atacora s’épanouir à travers le Programme d’action du Gouvernement. Elle en veut pour preuves les efforts déployés par le Gouvernement tant en moyens matériels qu’en stratégies d’intervention des forces de sécurité publique pour faire face à l’insécurité grandissante dans le département, les travaux de bitumage de la route nationale Inter-Etats Natitingou-Boukombé-Korentière et la relance du projet de micro-crédits aux plus pauvres Nouvelle-génération.
Et croit au renouveau de la région de l’Atacora avec les différents projets du Pag dont les plus importants demeurent le développement du secteur touristique, le projet d’asphaltage des rues de certaines communes. En digne défenseuse de son terroir elle n’est pas prête à baisser les bras face aux enjeux de développement de l’Atacora et se félicite de cette ambitieuse vision du président de la République, Patrice Talon à changer le visage du département.

Société 31 juil. 2017


Prise en charge du paludisme et des maladies tropicales négligées: Le diagnostic au menu des quatrièmes journées scientifiques de la Sobepam

Les travaux des quatrièmes journées scientifiques de la Société béninoise de parasitologie-mycologie (Sobepam) ont été lancés, ce mardi 25 juillet à Cotonou, par le ministre de la Santé
Alassane Séïdou. Portant sur le thème « Prise en charge du paludisme et des maladies tropicales négligées », ces journées offrent l’occasion de faire le point des actions qui ont été menées par le Bénin pour lutter contre lesdites maladies.

« Une société scientifique vit par la qualité des activités qu’elle organise », affirme le président du Comité scientifique de la Société béninoise de parasitologie-
mycologie (Sobepam), le docteur Marcel Zannou. Cela traduit le bien-fondé des quatrièmes journées scientifiques sur le thème « Prise en charge du paludisme et des maladies tropicales négligées » dont les travaux ont démarré hier à Cotonou.
La présidente de la Sobepam, le professeur Dorothée Akoko Kindé-Gazard, a situé le contexte de la tenue desdites journées avant de faire le point des actions qui ont été menées jusque-là par son organisation. Créée en 2009, la Sobepam, selon sa présidente, entend assurer l’arrimage entre les institutions qui effectuent les recherches scientifiques et les structures qui sont appelées à mettre en application les résultats des recherches.
Pour réussir les actionsvisant une meilleure santé des populations, Dorothée Akoko Kindé-Gazard estime qu’il faut orienter les réflexions sur ce qu’elle appelle « les déterminants de la santé ». Il s’agit, explique-t-elle, des facteurs qui entrent en jeu afin que les populations soient en bonne santé ou non. Il s’agit, a-t-elle souligné, des facteurs socio-économiques qui se rapportent à l’habitat, l’urbanisme et l’aménagement rural, les modes de vie, la situation de l’emploi, les modes de consommation, les loisirs. Elle cite également les facteurs psychoculturels qui sont relatifs à la scolarisation, la mentalité des populations devant les problèmes sanitaires, les coutumes, croyances et traditions en matière de santé. La présidente de la Sobepam affirme qu’il y a tant à faire dans la lutte contre les maladies qui affectent les populations les plus pauvres.

Initiative salutaire

Le représentant du représentant-résident de l’Organisation mondiale de la Santé au Bénin, le docteur Télesphore Houansou, a salué l’initiative qui vise à faire le point des recherches réalisées au Bénin dans le cadre de la lutte contre le paludisme et les maladies tropicales négligées. Des recherches dont les résultats permettront, selon lui, d’améliorer les performances des programmes du ministère de la Santé dans les domaines abordés au cours des travaux.
Le docteur Télesphore Houansou souligne que l’Oms met un point d’honneur à la recherche surtout lorsqu’elle est portée par les chercheurs/scientifiques qui vivent dans les zones où sévissent les maladies concernées. En tant que source d’informations nouvelles pour établir le diagnostic, déterminer les besoins et résoudre les problèmes de santé, la recherche, estime le représentant du représentant-résident de l’Oms, doit avoir une place de choix dans chacune des initiatives. Pour ce faire, il faudrait à son avis, intégrer dans les démarches, des activités de recherche multidisciplinaire, qui sont susceptibles de promouvoir les formes endogènes de traitement et de prévention des maladies.
Heureux de la tenue de ces journées scientifiques, le ministre de la Santé, Alassane Séïdou, estime qu’elles constituent une occasion exceptionnelle. Car, elles permettront une discussion et des échanges entre parasitologues, entomologistes, biologistes, médecins, anthropologistes, praticiens de la Médecine traditionnelle, chercheurs, professionnels de la santé, scientifiques de tous horizons. Elles sont également une occasion de faire l’état des lieux des affections les plus meurtrières du Bénin, notamment par rapport aux connaissances nouvelles acquises par la communauté scientifique. C’est pourquoi, il se réjouit d’être avec les chercheurs et les différents acteurs dans le cadre de ces journées scientifiques.
Durant les deux jours de travaux, il sera question de deux grandes conférences dont celle inaugurale a été donnée hier par la présidente de la Sobepam et d’une trentaine de communications.

Santé 26 juil. 2017


Réalisation du Ravip: Les députés en session extraordinaire dès lundi prochain

Les députés vont écourter leurs vacances et se retrouver en session extraordinaire dès lundi 25 juillet prochain au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. La décision a été prise ce jeudi 20 juillet par le bureau de l’Assemblée nationale sous la houlette du président Adrien Houngbédji. Elle a été entérinée par la Conférence des présidents de l’institution parlementaire.

Un seul point sera à l’ordre du jour de cette session extraordinaire : la désignation des représentants des députés au sein du comité de supervision du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) prévu par la loi portant identification des personnes au Bénin.
Selon le Conseil des ministres du 21 juin dernier, qui a adopté le projet de décret définissant le cadre institutionnel du Ravip, l’opération va entrer dans sa phase active dès le 15 août prochain. Aux termes de la loi, le Parlement doit envoyer neuf députés pour siéger au sein de ce comité de supervision qui est composé également de neuf ministres.
La convocation de la session extraordinaire qui démarre lundi prochain permettra à l’Assemblée nationale de désigner ses représentants vu que le démarrage de l’opération est imminent. Les travaux sont prévus pour durer deux jours c’est-à-dire le lundi 25 et le mardi 26 juillet prochains.
La Ravip consistera à recenser la population à partir des informations nominatives, personnelles et biométriques susceptibles de donner leur identification, au moyen de technologies adaptées. Ce qui permettra au Bénin de disposer, à l’issue du processus, d’un fichier national centralisé et informatisé de l’identité de l’ensemble de ses ressortissants. La modernisation de la gestion de l’état civil, du fichier électoral et du fichier des contribuables sera ainsi une réalité. Le Ravip apparaît donc comme un outil moderne de prospective et de conduite de l’action publique n

Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Actualités 24 juil. 2017


Réalisation du Ravip: Les députés en session extraordinaire dès lundi prochain

Les députés vont écourter leurs vacances et se retrouver en session extraordinaire dès lundi 25 juillet prochain au palais des Gouverneurs à Porto-Novo. La décision a été prise ce jeudi 20 juillet par le bureau de l’Assemblée nationale sous la houlette du président Adrien Houngbédji. Elle a été entérinée par la Conférence des présidents de l’institution parlementaire.

Un seul point sera à l’ordre du jour de cette session extraordinaire : la désignation des représentants des députés au sein du comité de supervision du Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) prévu par la loi portant identification des personnes au Bénin.
Selon le Conseil des ministres du 21 juin dernier, qui a adopté le projet de décret définissant le cadre institutionnel du Ravip, l’opération va entrer dans sa phase active dès le 15 août prochain. Aux termes de la loi, le Parlement doit envoyer neuf députés pour siéger au sein de ce comité de supervision qui est composé également de neuf ministres.
La convocation de la session extraordinaire qui démarre lundi prochain permettra à l’Assemblée nationale de désigner ses représentants vu que le démarrage de l’opération est imminent. Les travaux sont prévus pour durer deux jours c’est-à-dire le lundi 25 et le mardi 26 juillet prochains.
La Ravip consistera à recenser la population à partir des informations nominatives, personnelles et biométriques susceptibles de donner leur identification, au moyen de technologies adaptées. Ce qui permettra au Bénin de disposer, à l’issue du processus, d’un fichier national centralisé et informatisé de l’identité de l’ensemble de ses ressortissants. La modernisation de la gestion de l’état civil, du fichier électoral et du fichier des contribuables sera ainsi une réalité. Le Ravip apparaît donc comme un outil moderne de prospective et de conduite de l’action publique n

Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau

Actualités 21 juil. 2017


Projet de protection de la côte Est de Cotonou:José Didier Tonato lance le dédommagement des populations

Le ministre du Cadre de vie et du Développement durable, José Didier Tonato, a procédé à la remise, ce jeudi 13 juillet, des enveloppes financières aux populations d’Akpakpa Dodomey, Enagon et environs. Il s’agit du dédommagement dans le cadre du projet de protection de la côte Est de Cotonou.

Les populations d’Akpakpa Dodomè, Enagnon et environs ont reçu, ce jeudi, des enveloppes financières en guise de dédommagement pour s’installer ailleurs, suite à leur déguerpissement dans le cadre du projet de protection de la côte à l’Est de Cotonou. Cet acte intervient après plusieurs mois d’échanges entre José Didier Tonato, ministre du Cadre de vie et du Développement durable, et les habitants des zones ciblées.
Installé sur le domaine public non aedificandi, ces populations sont contraintes au déménagement, en vue de l’aménagement des lieux qui seront libérés.
L’autorité ministérielle estime que la tâche n’a pas été facile mais qu’à force d’échanges et de sensibilisations, ils en viennent à bout. « Nous sommes allés tambour battant ; les études ont été actualisées ; nous avons finalisé les dossiers d’appel d’offres et avons mobilisé les ressources et le défi a été relevé. Nous voici à la veille du lancement des travaux d’aménagement, ce n’est pas facile », s’est-il félicité. Le ministre affirme que ces enveloppes sont symboliques. « Ce qui a été fait est profond et plein de sens », a-t-il laissé entendre.
Le ministre s’est réjoui de l’engagement du représentant des sinistrés à libérer les lieux pour faciliter le lancement des travaux. C’est un discours encourageant, relève-t-il, car pour faire des omelettes, on doit casser des œufs. « Le développement de notre pays est une tâche commune », fait observer le ministre qui souligne qu’avec les travaux, l’activité de pêche sera plus sécurisée et durable. « Il ne sera jamais question d’éléphant blanc », promet-il
Saluant l’initiative du Gouvernement, le préfet du Littoral, Modeste Toboula explique aux riverains qu’ils avaient érigé leurs domiciles sur des domaines publics de la côte Est de Cotonou. Les questions liées à l’évacuation des populations posent, selon le préfet, la problématique des mesures sociales. « C’est la première fois que je vois un Gouvernement prendre des engagements de cette nature. C’est également l’une des rares fois que les populations s’engagent », se réjouit le préfet Modeste Toboula qui a salué l’acte du ministre, donc du Gouvernement qu’il qualifie de « pragmatique ». « C’est heureux que des mesures sociales aient précédé l’évacuation, je salue cette décision », indique-t-il.
Les habitants des quartiers Akpakpa Dodomè, Enagnon et leurs environs ainsi dédommagées peuvent désormais se trouver un endroit fixe pour se faire un toit. Koffi Mathieu Gossa, leur représentant, exprime la joie qui les anime face au geste du ministre en charge du Cadre de vie. « Nous remercions l’Etat béninois pour cette initiative qui nous permet d’avoir une meilleure habitation », signifie Koffi Mathieu Gossa. « L’Etat est une continuité. Nous autres sommes des "aquatiques" et avons besoin d’être soutenus », relève-t-il. Les habitants de ces localités ont compris l’importance de leur retrait des lieux et s’engagent à accompagner le Gouvernement dans son projet d’aménagement. « Nous sommes prêts à travailler main dans la main avec l’Etat pour que l’objectif visé soit atteint », conclut-il.

Société 14 juil. 2017


Incendie: Un train en feu hier à Savè

Une locomotive tirant plusieurs wagons a pris feu, ce mercredi 12 juillet à Savè. L’incendie de cette locomotive du train s’est déclaré dans la localité d’Ouogui dans l’arrondissement de Sakin dans la commune de Savè. Outre la locomotive brûlée, il n’y a pas de blessé, et ce, grâce à l’habileté de l’équipe technique à bord. L’incendie a été très tôt maîtrisé et les marchandises transportées dans les wagons ont pu être sécurisées.

Le drame s’est produit sur la voie ferrée inter-Etats Parakou-Cotonou. Selon les témoignages recueillis sur place, c’est une défaillance électrique qui serait à la base de l’incendie.
Encore le train et encore à Savè !, diront certains qui s’étonnent déjà de la fréquence de ces problèmes de train dans cette localité. Cet accident est le second enregistré en un mois. Le dernier qui s’est produit au petit matin du mardi 13 juin dernier avait fait plusieurs morts. Il s’agissait d’une collision avec un bus de transport en commun.  Hier, le train était seul sur les rails quand l’incendie s’est déclaré.
Valentin SOVIDE A/R Zou-Collines

Société 13 juil. 2017


Etat civil/ Des fonds reversés pour non organisation des audiences foraines

La problématique des enfants sans acte de naissance se pose avec acuité dans les départements du Borgou et de l’Alibori.

Malheureusement, les partenaires techniques et financiers qui se montrent sensibles face à la question, ne sont souvent pas encouragés. Ainsi, le reliquat des fonds que l’Unicef a mis à disposition pour les audiences foraines et dont toutes n’ont pas été organisées, a dû lui être reversé.

 

La période butoir pour dépenser les ressources mises à leur disposition par l’Unicef, afin de leur permettre d’organiser les opérations d’audiences foraines, étant arrivée à son terme, les Centres de promotion sociale (CPS) du Borgou et de l’Alibori, ont dû reverser le reliquat. C’est pour pouvoir avoir la possibilité d’introduire une autre demande de relance des opérations dans le cadre de la prochaine revue semestrielle de l’institution. Elle est prévue pour fin juin et début juillet.

C’est ce qu’a annoncé, mercredi 21 juin dernier à Parakou, le directeur départemental du Travail, de la Fonction publique et des Affaires sociales par intérim du Borgou et de l’Alibori, Suanon Bakourégui. En 2016, explique-t-il,  il y avait pour l’ensemble des 14 communes des deux départements, plus de 6 000 enfants sans acte de naissance. « L’Unicef, notre partenaire technique et financier, devait aider 4 000 de ces enfants, tout sexe confondu, à obtenir leur acte de naissance. La première phase de l’opération a été effectuée. Ainsi, il y au moins 2 000 qui se sont faits délivrer leur acte d’état civil grâce à l’organisation des audiences foraines par les tribunaux de première instance de Kandi et de Parakou dans les communes de Sègbana, Malanville, Kalalé et Nikki », a fait observer le directeur Suanon Bakourégui. « Maintenant, il reste une deuxième phase. Mais il se fait que, compte tenu de certaines difficultés, ces tribunaux n’ont pu organiser d’autres audiences foraines », a-t-il déploré. Selon lui, ce n’est pas que ces audiences sont bloquées. « Elles vont se poursuivre », a rassuré le directeur.

S’agissant du montant du reliquat, Suanon Bakourégui confie que le fonds alloué était de 8 millions F CFA, à raison de 2 millions par commune. « A ce jour, les dépenses effectuées avoisinent à peu près 3,2 millions et il ne resterait à peine 4 millions pour les activités qui devraient suivre », a-t-il précisé. Pour des problèmes d’indiscrétions, il n’a pas voulu épiloguer sur les difficultés qu’il a évoquées. « C’est sur la base d’un certain nombre d’échanges avec les mairies, les CPS et les tribunaux, qu’on pourra accorder nos violons. Le dialogue est en cours et on va poursuivre les activités. La cessation des opérations ne fera pas du bien à nos enfants », a rassuré le directeur. Après avoir remercié les présidents des tribunaux de Kandi et de Parakou pour leur sens aigu de responsabilité et leur souci permanent sur l’avenir de ces enfants qui sont sans acte de naissance, il a plaidé pour la poursuite des audiences foraines dès le début du deuxième semestre. 

En effet, l’acte de naissance est un document très important dans la vie d’une personne. C’est un document qui permet d’identifier un enfant par son nom légal, établit sa citoyenneté et également sa filiation, c’est-à-dire son appartenance à sa famille. Une importance que les populations du Borgou et de l’Alibori n’arrivent pas encore à bien appréhender. La preuve, depuis quelques années, nombreux de leurs enfants n’arrivent pas à produire l’acte de naissance dans la constitution des dossiers du CEP. De 3 546 et 2 646 qu’ils étaient en 2014 et 2015 dans les communes du Borgou, l’effectif de ces enfants candidats au CEP est passé de 2 851 en 2016, à 3 166, cette année.

 

Société 24 juin 2017


José Didier Tonato : « Il fallait réhabiliter l’espace public»

Au nombre des réformes entreprises par la gouvernement, le réaménagement du cadre de vie est un chantier phare. Ce concept, nouveau sous nos cieux, n’est pas sans rendre perplexes des Béninois dont certains peinent encore à en cerner les contours. Eclairages du ministre José Tonato en charge de l’opérationalisation des projets censés transformer le cadre urbain.

 

La dénomination de Cadre de vie est nouvelle au Bénin. Qu’est-ce que cela revêt ?

 

C’est une innovation du président Patrice Talon dont nous sommes très fiers. Ce n’est pas nouveau qu’au Bénin, c’est nouveau en Afrique. J’ai reçu beaucoup d’appréciations positives de quelques ambassadeurs au Bénin qui m’ont dit ‘’pourquoi on n’y a pas pensé avant ?’’. Le cadre de vie, c’est vraiment ce qui traduit le plus la visibilité des toutes les actions d’aménagement, de construction, d’infrastructures. C’est la finalité. Ici c’est pensé comme le secteur qui met en synergie l’aménagement du territoire, le développement urbain, l’habitat, le logement et l’environnement sous toutes ses dimensions, y compris les changements climatiques, les eaux et forêts. C’est vraiment la perception dynamique de la synergie qui doit exister entre ces secteurs-là, parce que généralement et à tort, on intervient de facon parallèle dans ces secteurs alors qu’on devrait intervenir de façon croisée, c’est pour avoir une approche intégrée que le ministère du Cadre de vie a été créé.

Le cadre de vie, nous le percevons comme la visibilité de l’action gouvernementale et le ressenti que les populations en ont.  Vous conviendrez donc que ce n’est pas une mince affaire, car j’ai parlé de ressenti donc le jugement ne dépend pas que de nous. Si le cadre de vie des populations est assaini et agréable, si les populations en sont contentes et satisfaites, là nous saurons que nous avons réussi notre mission. C’est la raison d’être du cadre de vie, évidemment qui croise la dimension du développement durable, les notions de gouvernance, d’économie, et de gestion du social, de l’environnement, toute la thématique environnementale associée à l’aménagement du territoire, au développement urbain, à l’habitat…  

Le message que j’ai perçu à travers ce choix du président Talon c’est que la gouvernance doit avoir une finalité : améliorer les conditions de vie. Notre action  doit consister à améliorer notre cadre de vie, ce n’est pas gouverner pour gouverner, être ministre pour être ministre, c’est pour démontrer la nécessité d’aller vers une utilité de la gouvernance, de l’action publique. Le cadre de vie traduit bien cette utilité-là puisque les populations en ressentent l’impact, et on peut chez eux mesurer le degré de satisfaction de notre action.

 

Il en ressort un aspect écologique…

 

Ah oui, forcément ! Quand vous avez en charge l’environnement qui couvre la biodiversité, les changements climatiques, les eaux et forêts, vous êtes  ministre de l’écologie. Parce que l’écologie, c’est l’action qu’on apporte pour mieux gérer l’environnement vu dans sa dimension holistique, globale, intégrant tous les aspects de préservation de la nature.

 

Que dites vous des récriinations suite à l’opération de libération de l’espace public ?

 

D’abord, je dois dire que le gouvernement est conscient de ce que les populations dans leur chair au quotidien sont confrontées à des moments difficiles. Mais c’est à tort que la gouvernance passée  leur a laissé croire qu’elles pouvaient occuper le domaine public, qu’occuper le domaine public est un droit, est normal, que le domaine public appartient à celui qui s’en accapare le premier. Mais non ! Le domaine public à d’autres fonctions. Celle de mobilité, de service, de l’hygiène, de salubrité et de sécurité.  

Nous avions un espace public où le piéton, le plus faible était brimé, n’avait pas de place alors que les trottoirs sont faits pour eux, et non pour l’exposition de marchandises. Nous avons donc estimé qu’il faut réhabiliter la conception initiale de l’espace urbain, à savoir qu’il est d’abord dévolu aux infrastructures de service public et non aux activités commerciales.

 

Quelle en sera la phase suivante ?

 

L’espace public est dédié aux infrastructures d’assainissement, de voirie, à l’éclairage public, au mobilier urbain, bref c’est un espace de circulation, c’est idéalement un poumon d’aération dans la ville. Donc, ceux qui se demandent ce qu’adviendra de l’espace libéré doivent savoir que l’espace public doit par essence être un espace totalement libéré de toute occupation. Dans tous les pays du monde, c’est comme cela. Maintenant que nous avons libéré l’espace public, il faut sauvegarder les aménagements existant, et aménager là où il n’y avait pas d’infrastructures. Voyez-vous, sur nos terres-pleins, des arbres plantés depuis des années n’ont jamais prospéré. Pourquoi ? Tout simplement parce qu’à côté, on vend du riz, et quand on lave les plats, on verse l’eau usagée composée de savon et d’huile.

Mais sur tout autre plan, ceux qui occupaient l’espace public subissaient une double peine. Ils payaient à la ville qui percevait indument des taxes, j’insiste là-dessus, et ils payaient encore aux personnes dont ils occupaient la devanture. Pendant ce temps, d’autres ont loué des boutiques régulièrement, mais se voient ravir la vedette par ceux qui se sont installés dans le domaine public, car on ne voit pas leurs boutiques. Face à un tel désordre, il fallait réhabiliter l’espace public, mais ensuite travailler pour l’attractivité de nos villes.

Et quand je parle d’attractivité, je ne parle pas d’esthétique seulement, je parle aussi d’économie, car pour qu’un investisseur décide de venir chez nous il faut que la ville lui plaise. C’est pourquoi le gouvernement a prévu une série d’aménagement qui va intervenir dans les mois à venir. Vous avez déjà sans doute entendu parler de l’opération asphaltage, la réhabilitation par le bitumage et l’assainissement de l’essentiel de la voirie urbaine, de la voirie primaire, de la voirie secondaire. Donc l’opération de libération de l’espace public, ce n’est pas une brimade, et ceux qui ont suivi la présentation du Programme d’action du gouvernement se sont rendu compte qu’il y a de l’aménagement qui vient derrière. Pour la première fois, depuis quarante ans, on va par exemple géréer de façon globale l’assainissement de la ville de Cotonou, le Bénin va désormais s’occuper de façon moderne de la gestion des déchets. La finalité est de moderniser et de donner la priorité aux emplois durables, car avec tous les travaux d’aménagement en vue c’est des emplois sur les cinq années à venir.

 

Il est reproché au gouvernement malgré ses belles intentions de ne pas avoir prévu de mesures d’accompagnement. Qu’en dites-vous ?

 

C’est le volet sur lequel je parle moins, car nous avons un projet tellement bien pensé. Et les mois à venir édifieront à ce propos. Mais parlant de mesures d’accompagnement, savez-vous que dans Cotonou sur la vingtaine de marchés secondaires que nous avons, moins de 40% des places sont occupées ? Et ce, pour la simple raison que devant les marchés, les mêmes autorités qui louent les places autorisent d’autres à s’installer pour vendre les mêmes produits que ceux de l’intérieur ! Résultat, tout le monde veut s’installer dehors sur l’espace public. Il a manqué un minimum de rigueur dans la gestion. 

Quant aux solutions envisagées, il y a l’installation des gens déplacés dans ces marchés. Le maire de Cotonou a parlé de 1000 places, mais il y en a plus. Comme autres mesures d’accompagnement, nous allons travailler sur la réahabilitation des marchés. Et dans le même temps, nous avons identifié des espaces qui seront réaménagés et où, ceux qui ont été amenés à libérer l’espace public, seront installés.

 

Concrètement, en quoi va consister la réhabilitation ?

 

La réhabilitation va consister au réaménagement des installations des marchés. Les hangars vont être reconstruits, les espaces sanitaires seront modernisés. Imaginez-vous que les gens viennent rester dans les marchés 12 heures par jour, ils n’ont pas un espace sanitaire convenable ou se mettre à l’aise, les infrastrutures sont dans un état lamentable, pourtant les bonnes femmes ont régulièrement payé leurs droits et taxes. Vous remarquerez qu’il y a une cohérence dans les projets : modernisation du marché Dantokpa, aménagement des berges, contournement de Cotonou, libération de l’espace public, opération d’asphaltage, modernisation de la gestion des déchets, etc. Voilà le dispositif dans lequel on est, ce n’est pas des projets coup par coup, mais des projets bien conçus pour que d’ici cinq ans, nos villes aient une autre image et que nous gagnions en attractivité.

 

Autre écueil relevé, la coopération entre le pouvoir central et les mairies. Qu’en est-il concrètement ?

 

Je ne suis pas un spécialiste de la décentralisation, mais je connais les textes de la décentralisation. En l’occurrence, les collectivités détiennent un pouvoir délégué du pouvoir central. Nous sommes dans une opération qui implique une quinzaine de villes. Combien sont-ils de maires à se plaindre ? Le gouvernement n’empiète sur les plates bandes d’aucune mairie. Lorsque le gouvernement signe un accord de financement avec les bailleurs de fonds qui profite aux collectivités locales, je n’entends pas dire qu’il empiète sur les plates bandes de personne, ce faisant. Mais lorsqu’on décide d’aider les mairies sur un terrain où ils sont visiblement en difficulté, on parle de plates bandes. On a nettoyé les plages, est-ce des prérogatives du pouvoir central ? Moi je vois plutôt un accompagnement des communes dans la réussite de leurs missions. Pour éviter tout malentendu, le chef de l’Etat a même pris langue avec les maires pour leur faire part de ce qu’il est sensible à leurs difficultés y compris politiques et leur a demandé de dire aux populations que c’est lui et non eux les maires qui sont responsables des opérations. Moi-même j’ai discuté avec les maires et les préfets pour expliquer les buts de l’opération. Je ne vois donc pas de raison qui justifie la polémique que vous évoquez.  Ailleurs comme en Côte d’Ivoire, il y a eu la même opération sans la moindre mesure de sensibilisation qui a duré six mois chez nous. Nous avons même marqué les lieux pour prévenir les concernés et leur indiquer ce que nous n’acceptons pas, afin qu’il n’y ait pas de malentendu. Quelle autre mesure prendre? L’Etat central n’a-t-il pas suffisamment à faire que d’aller encore se mêler des affaires des collectivités locales ? On ne peut pas réussir cette opération sans les collectvités locales et pérenniser les réalisations si les autorités locales ne sont pas impliquées, nous avons l’obligation de les impliquer. Toutefois, s’il y en a qui ont des préoccupations particulières, qu’ils les mettent sur la table pour que nous en discutions.

Le ministère du Cadre de vie est le ministère par définition du partenariat avec les collectivités locales. Toutes ces interventions, en plus de changer nos cadres de vie, sont pourvoyeuses d’emplois. Si je prends, ne serait-ce que l’opération d’assinissement des plages, elle a mobilisé plus de 4 000 jeunes. C’est autant d’aspects positifs que nous ne devons pas perdre de vue, et donc prioriser la synergie d’action.

 

On vous reproche également de vouloir transformer Cotonou en Paris du jour au lendemain…

 

Je sais que tous les Cotonois rêvent de voir Cotonou transformé en Paris. Nous avons libéré, déblayé, puis rendre propre avant d’aménager selon le planning retenu. Et quand je parle d’aménagement, c’est l’assainissement des caniveaux, l’asphaltage, l’éclairage solaire, l’installation de banquettes et poubelles, le reboisement, etc. A terme, avec toutes ces mesures, nous envisageons de disputer le titre de ville la plus propre d’Afrique à Kigali. Mais en plus, il y aura des orodateurs, nous allons mettre en place des systèmes de gestion des parkings, gratuits et payants…. Nous allons revenir sur les fondamentaux de gouvernance en matière d’urbanisme dans le seul but d’améliorer notre cadre de vie. Vous savez, quand le baron Haussmann a décidé de tailler dans Paris pour la transformer, ce fut le tollé général, si on avait pu le pendre, ses détracteurs n’auraient pas hésité. Mais les résultats sont là, aujourd’hui tout le monde ne jure que par Haussmann.

 

Seriez-vous le Haussmann du Bénin ou diriez-vous comme Churchill qu’il y aura larmes et sang ?

 

Il n’y aura ni larmes ni sang. Et je me fie à la capacité d’adaptation et de résilience des Béninois.

 

PS : interview réalisée en mars dernier pour La Nation Magazine. Mais toujours prégnante!

Actualités 24 juin 2017


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