La Nation Bénin...
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Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.
Le président de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), Christian Adovèlandé, était hier jeudi 6 août, au cabinet du président de l’Assemblée nationale, Me Adrien Houngbédji. Au-delà des civilités, Christian Adovèlandé a profité de l’occasion pour présenter son institution financière à son hôte et évoqué avec lui, les méthodes d’intervention de sa banque, les activités qu’elle mène et les perspectives de développement.
Par Thibaud C. NAGNONHOU, A/R Ouémé-Plateau
La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a déjà plus de 40 ans d’existence. A la date d’aujourd’hui, elle a réussi à mobiliser 3400 milliards de francs CFA pour environ 750 opérations dans la sous-région. Selon Christian Adovèlandé, président de cette institution financière, reçu hier en audience par le président de l’Assemblée nationale, les domaines d’intervention de la banque sont notamment les infrastructures, la sécurité alimentaire, l’environnement et l’appui au secteur privé. La BOAD est financièrement équilibrée et ses résultats ont toujours été positifs. Les agences internationales de notation confirment la bonne santé de cette institution financière. Elles lui ont accordé le grade d’investissement. Ce qui ouvre la BOAD au marché international, explique Christian Adovèlandé. Toutefois la BOAD connaît des difficultés en matière de mobilisation des ressources.
En effet, explique Christian Adovèlandé, le rôle de sa banque est de soutenir les Etats en leur apportant des ressources à des conditions acceptables. Ce qui n’est plus le cas depuis 5 ans. La BOAD propose aux Etats parties, des ressources de marché, des ressources concessionnelles qui sont chères. Malgré cela, elle continue de mettre l’accent sur des ressources structurantes qui ont des impacts réels sur la croissance économique, les investissements et la vie des populations.
Le président de la BOAD a aussi rassuré le président de l’Assemblée nationale de la bonne coopération qui existe entre son institution financière et le Bénin. A ce jour, la banque y a mené 107 opérations pour un montant de 450 milliards de francs CFA dans les domaines des infrastructures, de la sécurité alimentaire, de l’assainissement et de l’énergie... A ce titre le Bénin occupe le 3e rang en termes d’investissement de la BOAD dans la sous-région,
En ce qui concerne les perspectives, la banque continuera à travailler pour la résolution des problèmes d’énergie, précise Christian Adovèlandé. Il est question d’investir à présent dans la production de l’énergie avec la construction de centrales électriques. Pour les infrastructures routières, le cap sera maintenu les années à venir. Enfin, sur les conseils du président de l’Assemblée nationale, la banque organisera dans les jours à venir, un séminaire pour présenter aux députés, ses activités et contraintes en matière de mobilisation des ressources. Le président Adrien Houngbédji a aussi insisté sur l’approche qu’il faut avoir avec les populations. Il a souhaité une meilleure sélection des projets et leur suivi afin qu’ils aient un impact réel sur la vie de tous.

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !
En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.
Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.
Une indépendance sous contrôle ?
Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Le 25e escadron de musique du 2e Bataillon interarmes (BIA) de Parakou a particulièrement marqué la célébration de la fête de l’accession du Bénin à la souveraineté internationale dans la cité des Kobourou. Et pour cause !
En dehors du maniement des armes, les forces de défense et de sécurité savent également manipuler avec maestria les instruments musicaux. Elles l’ont prouvé une fois encore jeudi dernier à l’occasion de la 2e édition du concert militaire en prélude à la célébration du 1er août donné à la salle des fêtes de Parakou par le 25e escadron de musique du 2e bataillon interarmes (BIA) de Parakou commandé par l’adjudant René Gbaguidi. «C’est un signe de renforcement des liens Armée/Nation que nous prônons», a laissé entendre le commandant du 2è BIA, Faïzou Gomina, à l’entame de la soirée.
Dans un premier temps, c’est la fanfare militaire qui a déroulé son répertoire de musiques militaires et de chansons populaires de différentes régions du pays. Puis l’orchestre moderne «Les Flamboyants du septentrion» s’est installé pour égayer le public qui a effectué le déplacement. En somme, trois heures de bonheur musical vécu par le public et qui plonge ainsi la cité des Kobourou dans la fièvre de la célébration de la fête du 1er août. Préfet du Borgou-Alibori, maire de Parakou, délégué militaire Borgou-Alibori, directeur départemental de la Police nationale, directeur régional des Droits indirects, membres de la Conférence administrative départementale, officiers, sous-officiers, militaires de rang, gendarmes, agents de police, agents des Douanes et autres invités ont participé à cette partie de fête en prélude à la célébration du 1er août. Dans la nuit du vendredi dernier, veille de la fête du 1er août, le groupe musical a rehaussé l’éclat de la retraite aux flambeaux à l’occasion de laquelle, lampions et lampes torches en main, les Forces de sécurité et de défense et de nombreux citoyens ont arpenté plusieurs artères en chants et en danses, pour annoncer les festivités.
Créé le 13 octobre 2008, le 25e escadron de musique du 2e BIA de Parakou était composé au départ d’une fanfare militaire et d’une fanfare de cérémonie. Il a pour prérogative de couvrir toutes les manifestations militaires en priorité et accessoirement celles civiles sur demande dans le septentrion et le centre du pays, informe le commandant Faïzou Gomina. Mais depuis mars 2013, ajoute-t-il, cet escadron a été doté de matériel pour activer son orchestre moderne baptisé «Les Flamboyants du septentrion» né en mai 2012, lequel fournit des prestations lors des couvertures de certaines manifestations telles que les mariages, les baptêmes. Le 25e escadron de musique de l’Armée de terre a déjà participé à la fête de l’indépendance de la Belgique en juillet 2002, au Festival international de musique militaire à Mons et Nivelle (Belgique) en 2005.
Une indépendance sous contrôle ?
Si de nombreux Parakois ont montré un certain engouement pour les manifestations du 1er août, plusieurs y sont restés toutefois indifférents. Même pour ceux qui ont effectué le déplacement des scènes de célébration, les applaudissements sont peu nourris. Et leur manque d’enthousiasme peut se justifier par la morosité économique ambiante et la cherté de la vie. S’il est logique de célébrer la paix et la marche vers la démocratie vieille d’un quart de siècle malgré les soubresauts politiques au Bénin, il ne paraît pas opportun aux yeux de beaucoup de personnes, de s’égosiller et de parler d’indépendance, quand les besoins basiques d’eau potable, d’énergie, de sécurité, d’infrastructures se posent encore avec acuité dans plusieurs localités. Est-ce donc une indépendance inachevée qui se célèbre avec faste ? Tout porte à le croire. Après plus d’un demi-siècle, le Bénin et d’autres pays africains ne sont pas entièrement maîtres de leur destin, continuant d’être la base arrière des anciennes métropoles coloniales, notamment sur le plan économique. La liberté reste parcellaire puisque les devises et la valeur des monnaies dépendent du bon vouloir de l’Occident, les économies restent tributaires des financements extérieurs et des influences des capitales européennes. Aussi, des Etats restent-ils instables et divisés du fait du diktat des étrangers voulant avoir une mainmise sur leurs richesses naturelles. Les quelques leaders éclairés qui osent afficher une position d’affranchissement de la dominance étrangère et, ou qui prônent le panafricanisme, subissent les sorts les plus tragiques. Et ainsi, le vrai chemin pour l’indépendance totale pourrait être encore très long.

Ils ont noms Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. 39 et 35 ans. Mis en détention le 30 janvier 2012 et bénéficiant d’une mise en liberté provisoire, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, crime prévu et puni par les articles 265 à 267 du Code pénal. Mais comment de simples «indicateurs de douaniers», communément appelés «Klébé», peuvent-ils avoir basculé dans la délinquance alors qu’ils pouvaient se targuer de gagner leur vie ? C’est l’écheveau à démêler dans cette 3è affaire du rôle de la 2è session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Leurs avocats, Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi croient à la thèse du complot, comme eux-mêmes. Qui d’ailleurs se sont présentés volontairement à la barre, ayant appris par leur avocat parti à leur recherche, que l’affaire est enrôlée, alors que les diligences effectuées par le parquet général ont été infructueuses.
Pour connaître de la 3e affaire de la 2e session de la Cour d’assises de Cotonou, la Cour de céans est présidée par Michel Romaric Azalou. A ses côtés, les assesseurs Gyslaine Zodéhougan Batcho, Virgile Kpomalègni et les jurés Ambroisine C. L. Agbossaga, Louis Gbogbanou, Comlan Léon Chinkoun et Thomas Honoré Emmanuel Alogou. Le procureur général Gilles Modeste Sodonon est l’avocat général et, pour transcrire les débats, Me Christophe Chéou, le greffier d’audience.
Le résumé des faits
Présenté par la Cour, le résumé des faits renseigne que courant janvier 2012, plusieurs personnes dont notamment des contrebandiers de produits pétroliers auraient été attaqués, de jour comme de nuit, sur la lagune de Cotonou et dépouillés de leurs biens par les nommés Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. Interpellés, ceux-ci n’ont pas reconnu les faits. Ils affirment être des indicateurs des douaniers, et soutiennent s’être régulièrement rendus sur la lagune dans le but d’informer la Douane des trafics frauduleux de produits pétroliers. L’enquête de moralité leur est défavorable mais le bulletin n°1 de leur casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation.
A la barre, Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, bien habillés, ne reconnaissent pas les faits ainsi exposés. Le second qui a déposé en premier, raconte que leur travail d’indicateur consiste à filer les contrebandiers sur le Cours d’eau et à les dénoncer aux douaniers qui pourront les appréhender. Mains croisées sur les fesses, il parle avec énergie, agite vigoureusement la tête en répondant à certaines questions de la cour, parlant presqu’en même temps que le président. Il assure ne pas connaître les quatre personnes qui se présentent en victimes et estime que c’est par jalousie pour son travail avec les douaniers, lui-même ayant travaillé par le passé comme conducteur de barques motorisées. Michel Romaric Azalou lui suggère qu’il a le droit d’user de dénégation absolue mais qu’il gagnerait à dire la vérité pour aider à sa manifestation, tant il est curieux qu’il soutienne ne connaître personne parmi les parties civiles alors qu’elles disent le connaître. Il soutient fermement sa thèse, raconte qu’ils étaient rétribués par d’anciens et actuels responsables des douanes, à raison de 60 000FCFA par mois. Version confirmée par son compère Toudonou, isolé entre-temps du prétoire. Il se tient curieusement aussi mains croisées sur les fesses quand il dépose à la barre. Pour lui, cette activité d’auxiliaire de douanier est préférable au transport fluvial des passagers, car elle rapporte mieux. La Cour veut savoir si, durant les 27 mois passés en détention préventive, ils ont reçu la visite des douaniers dont ils seraient les indicateurs. Non ! Surprise de la Cour, qui s’étonne par ailleurs que les accusés n’aient pas entrepris d’appeler lesdits douaniers en témoignage. Mes Waïdi et Kossou viennent en renfort à leurs clients, et attirent l’attention de la Cour sur le fait que personne, ni même les parties civiles, ne dénient aux accusés d’être des indicateurs de douaniers. Cette Cour, elle est perplexe quand Toudonou soutient avoir identifié les contrebandiers, quatre hommes en compagnie de trois femmes (qui seraient des prostituées) qu’ils conduisaient aux marins, du pont où il se situait, en pleine nuit (vers 22h), et affirme qu’ils fumaient du chanvre indien et manipulaient des portables… De cela, Manzourou dit avoir été informé par Toudonou, lequel lui a indiqué de qui il s’agit. Invité par la Cour à identifier les intéressés parmi les parties civiles, il se retourne, les dévisage et doigte deux d’entre elles. Stupéfaction de la Cour devant qui il avait soutenu un peu plus tôt qu’il ne connaissait personne dans le lot…
Des parties civiles qui accablent
Quand elles défilent à la barre, les parties civiles, ne reconnaissent pas les accusés comme indicateurs de douaniers. S’assumant comme contrebandier, le premier, Edmond Goudjèmèdji, qui dépose laborieusement parce que bègue, raconte avoir été arraisonné par les accusés, avec 8 bidons de 50 litres, qui lui réclament 500 000 FCFA mais obtiennent finalement de lui 50 000 FCFA.
Pour sa part, Pierre Padonou se présente comme un voisin de Toudonou et affirme qu’ils se connaissent bien. La première fois, expose-t-il, ce sont ses agents qui conduisaient la barque avec, à bord, dix sacs de riz. S’il n’a rien déboursé ce jour-là, Manzourou serait allé le voir après et il l’a volontairement gratifié de 10 000 FCFA. Une autre fois, ce sont 20 sacs que ses barques transportaient quand une dispute a éclaté entre ses agents et Manzourou. La Cour lui fait observer qu’il n’a pas soutenu la même version devant le magistrat instructeur, et la défense relève qu’il déclarait à l’enquête préliminaire que les accusés avaient exigé 15 000 FCFA et qu’il a dû leur donner
10 000 FCFA. Tout ceci paraît curieux à la défense qui demande aux parties civiles pourquoi elles n’ont jamais dénoncé des gens supposées les importuner, et même pas aux marins qui interviennent sur les lieux.
Mathieu Gbèhon se dit aussi victime des accusés qu’il affirme bien connaître comme eux aussi le connaîtraient, notamment Manzourou qui se rendrait même chez lui. Pour ses barques arraisonnées, il aurait payé jusqu’à
70 000 FCFA par deux fois… Mais comment se fait-il que lui, qui dit avoir été victime de plusieurs braquages et avoir reconnu Toudonou et d’autres, n’ait jamais entrepris de le dénoncer et d’organiser son arrestation ? Pour Mathieu, les accusés sont trop dangereux. Pis, ils auraient même repris du service et continueraient à arnaquer les contrebandiers, les derniers cas étant tout récents, que les victimes Gilles, Zonon, Jean, peuvent venir confirmer devant la Cour. Pourtant, à l’enquête préliminaire, c’est lui qui aurait tendu un guet-apens aux accusés pour les faire prendre sur le fait par la police. Questionné par la Cour, il reconnaît que les accusés l’ont arraisonné parfois et conduit aux douaniers. Manzourou confirme l’avoir conduit aux douaniers, mais nie formellement avoir reçu de l’argent de lui. Tout comme il nie, son compère Toudonou avec, avoir repris du service. Mais Mathieu Gbèhon persiste et donne le numéro de téléphone de l’une des victimes supposées, Gilles. Les accusés maintiennent leur position mais disent connaître les susnommés comme contrebandiers. Et s’ils sont prêts à reprendre du service, c’est qu’ils auraient déjà de nouveaux contacts à la Douane. Toudonou s’avance d’ailleurs, sur invitation de la Cour, à donner un numéro de téléphone, mais dans la discrétion, censé être celui d’un chef de brigade avec qui ils ont déjà discuté de cette possibilité. Michel Romaric Azalou entreprend alors de joindre ce numéro en direct et de mettre la communication en mode «mains libres». En vain, puisque le numéro sonnera longuement sans réponse. Pas plus avancé donc. Par contre, s’agissant de Gilles Hounkpèvi que Manzourou disait n’avoir jamais appelé, son portable consulté par la Cour renseigne bien qu’il l’a récemment contacté et ce, à quatre reprises.
Dernier des quatre ‘’victimes’’ à déposer, Benoît Hounkpèvi soutient également que les accusés ont repris du service, font à nouveau des victimes. Pour son compte personnel, ils lui auraient pris à l’époque 3000 dollars et 1000 nairas, sous la menace de bâtons et de coupe-coupe. Et si Toudonou dit qu’il ne le connaît pas, il promet de faire venir 200 personnes devant la Cour pour témoigner qu’ils se connaissent de vieille date puisque l’accusé leur achetait des crevettes. Une salve de rires traverse le prétoire... suivie d’une dénégation absolue de Toudonou. Idem de la part de Manzourou qui ne reconnaît avoir jamais reçu de l’argent de lui, ni en tant que donateur, ni en tant qu’intermédiaire… suspension de l’audience qui reprendra une heure plus tard.
A la reprise, le président Michel Romaric Azalou informe avoir réussi à joindre le douanier dont la Cour avait reçu le numéro, et que celui-ci devrait être dans le prétoire. Mais point de douanier jusqu’à la fin des débats.
De vulgaires délinquants ?
Les accusés sont-ils des malfaiteurs ? Ou plutôt de vulgaires délinquants ? L’avocat général croit fermement qu’ils ne sont pas des enfants de chœur. Et qu’ils ont choisi comme moyen de défense la dénégation systématique, qui ne résiste heureusement pas aux éléments pertinents qui découlent de l’analyse des faits. Car, le crime d’association de malfaiteurs résulte de la simple existence d’une bande, caractérisée par la préparation ou la commission d’un ou plusieurs crimes. Pour Gilles Sodonon, suivant les dépositions des parties civiles à la barre, plusieurs personnes les ont reconnus comme des habitués des faits, autant que les témoignages de nombreuses victimes de braquages sur les berges de Cotonou. En tout cas le caractère illicite de l’activité des victimes ne doit pas justifier leurs forfaits, estime l’avocat général ; qui requiert de la Cour qu’elle déclare les accusés coupables des faits d’association de malfaiteurs et les condamne à cinq ans de travaux forcés.
Pas de cet avis, Me Yves A. Kossou, qui n’a pas le sentiment d’avoir suivi les mêmes débats que l’avocat général, s’étonne qu’il soutienne cette thèse alors qu’aucune preuve ne soutient ses propos. Pour l’avocat, ceux qui devraient se retrouver à la barre, ce sont les parties civiles, dont l’illicéité des activités (trafic d’hydrocarbures, de chair, de drogue…) ne fait l’ombre d’aucun doute, elles-mêmes le reconnaissant. Ce sont des trafiquants, qui quoique constitués en association comme ils le prétendent, ne paient pas d’impôts. Les victimes, ce sont donc les accusés qui n’ont de tort que d’avoir fait le choix de prêter main forte aux douaniers pour mettre en déroute les contrebandiers. Aussi invite-t-il la Cour à ne pas se faire complice des vrais coupables en condamnant les accusés. Soutenant particulièrement qu’il est bien constant au dossier ainsi que les débats l’ont démontré, que les accusés sont bien des collaborateurs de douaniers. Lesquels, hélas, ne pourraient pas venir témoigner formellement à la barre dans un dossier pareil. En conséquence, Toudonou et Manzourou doivent être purement et simplement relaxés car, les personnes dangereuses, ce sont ces parties civiles qui écument les eaux pour leur activité de contrebande, lesquelles exposent nos vies.
Même logique de la part de son confrère Moustapha Waïdi, qui met en relief la puissance du consortium des trafiquants d’hydrocarbures et appelle la Cour à prendre garde à ne pas tomber dans leur piège. «Ce sont eux» qui doivent comparaître clame-t-il, doigtant les parties civiles qui ne comprennent sans doute rien, sinon pas grand-chose de ses propos, toutes s’exprimant plutôt en langue nationale goun. En tout cas, pour Moustapha Waïdi, aucun élément constitutif du crime n’est visible dans le dossier. Et ses clients n’ont manifestement aucun moyen de défense face à ces trafiquants qui sont souvent bien armés pour affronter, le cas échéant, les douaniers ou forces de l’ordre qui osent les traquer.
Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi ne sont, par ailleurs, pas surpris de la teneur de l’enquête de moralité, tant elle se sera déroulée essentiellement au milieu de ces contrebandiers qui ne sauraient donc parler en bien de ceux qui les traquent. On ne peut donc pas, foi de la parole de ces faussaires, condamner les deux jeunes gens. Et Me Waïdi de conclure sa plaidoirie par une exhortation à l’acquittement pur et simple sinon, en cas de condamnation, à se limiter au temps passé en détention préventive par les accusés. Lesquels, appelés à s'exprimer, bredouillent quelques mots, préoccupés sans doute de savoir s’ils rentrent libres comme ils sont arrivés à la Cour d’appel le matin, ou s’ils retourneront en prison après l’avoir quittée.
Arrivés libres au procès, ils en sortent prisonniers
La Cour, revenue de ses délibérations, disqualifie les faits en crime et délit de vol avec violence et extorsion de fonds. Déclare les accusés coupables de ces crimes et délits. En conséquence, elle les condamne à cinq ans de travaux forcés chacun et aux frais de justice. C’est dire que Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, devront retourner en prison pour 33 mois. En attendant, ils devront affronter le procès civil en vue du dédommagement de leurs victimes.
Sur ce plan, si Pierre Padonou avait indiqué ne pas se constituer partie civile, au moment du procès civil, il est rejoint par Edmond Gougjèmèdji qui renonce à sa constitution de partie civile. Quant à Mathieu Gbèhon, il réclame 2 millions FCFA tandis que Benoît Hounkpèvi réclame 2 100 000 FCFA.
Ces demandes, le ministère public demande de les apprécier. Mais la défense ne l’entend pas de cette oreille, martelant qu’aucune preuve de préjudices subis n’apparaît au dossier. Arbitrant ces demandes, la Cour fixe le montant des préjudices respectivement à 800 000 FCFA et 600 000 FCFA pour Mathieu Gbèhon et Benoît Hounkpèvi.
Les parties civiles ressortent du prétoire la tête relevée, un tantinet satisfaites. Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè eux, se font expliquer la sentence par leurs avocats, dont la déception est perceptible. Les avocats sont déçus. Le visage défait, les condamnés passent des coups de fil, entourés de quelques proches. Des gendarmes attendent pour les ramener dans l’univers carcéral… Ils leur passent les menottes, les conduisent au minibus éreinté loué pour la circonstance. Ils s’y engouffrent. C’est le voyage retour pour la prison civile…

Ils ont noms Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. 39 et 35 ans. Mis en détention le 30 janvier 2012 et bénéficiant d’une mise en liberté provisoire, ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, crime prévu et puni par les articles 265 à 267 du Code pénal. Mais comment de simples «indicateurs de douaniers», communément appelés «Klébé», peuvent-ils avoir basculé dans la délinquance alors qu’ils pouvaient se targuer de gagner leur vie ? C’est l’écheveau à démêler dans cette 3è affaire du rôle de la 2è session 2015 de la Cour d’assises de la Cour d’appel de Cotonou. Leurs avocats, Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi croient à la thèse du complot, comme eux-mêmes. Qui d’ailleurs se sont présentés volontairement à la barre, ayant appris par leur avocat parti à leur recherche, que l’affaire est enrôlée, alors que les diligences effectuées par le parquet général ont été infructueuses.
Pour connaître de la 3e affaire de la 2e session de la Cour d’assises de Cotonou, la Cour de céans est présidée par Michel Romaric Azalou. A ses côtés, les assesseurs Gyslaine Zodéhougan Batcho, Virgile Kpomalègni et les jurés Ambroisine C. L. Agbossaga, Louis Gbogbanou, Comlan Léon Chinkoun et Thomas Honoré Emmanuel Alogou. Le procureur général Gilles Modeste Sodonon est l’avocat général et, pour transcrire les débats, Me Christophe Chéou, le greffier d’audience.
Le résumé des faits
Présenté par la Cour, le résumé des faits renseigne que courant janvier 2012, plusieurs personnes dont notamment des contrebandiers de produits pétroliers auraient été attaqués, de jour comme de nuit, sur la lagune de Cotonou et dépouillés de leurs biens par les nommés Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè. Interpellés, ceux-ci n’ont pas reconnu les faits. Ils affirment être des indicateurs des douaniers, et soutiennent s’être régulièrement rendus sur la lagune dans le but d’informer la Douane des trafics frauduleux de produits pétroliers. L’enquête de moralité leur est défavorable mais le bulletin n°1 de leur casier judiciaire ne porte mention d’aucune condamnation.
A la barre, Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, bien habillés, ne reconnaissent pas les faits ainsi exposés. Le second qui a déposé en premier, raconte que leur travail d’indicateur consiste à filer les contrebandiers sur le Cours d’eau et à les dénoncer aux douaniers qui pourront les appréhender. Mains croisées sur les fesses, il parle avec énergie, agite vigoureusement la tête en répondant à certaines questions de la cour, parlant presqu’en même temps que le président. Il assure ne pas connaître les quatre personnes qui se présentent en victimes et estime que c’est par jalousie pour son travail avec les douaniers, lui-même ayant travaillé par le passé comme conducteur de barques motorisées. Michel Romaric Azalou lui suggère qu’il a le droit d’user de dénégation absolue mais qu’il gagnerait à dire la vérité pour aider à sa manifestation, tant il est curieux qu’il soutienne ne connaître personne parmi les parties civiles alors qu’elles disent le connaître. Il soutient fermement sa thèse, raconte qu’ils étaient rétribués par d’anciens et actuels responsables des douanes, à raison de 60 000FCFA par mois. Version confirmée par son compère Toudonou, isolé entre-temps du prétoire. Il se tient curieusement aussi mains croisées sur les fesses quand il dépose à la barre. Pour lui, cette activité d’auxiliaire de douanier est préférable au transport fluvial des passagers, car elle rapporte mieux. La Cour veut savoir si, durant les 27 mois passés en détention préventive, ils ont reçu la visite des douaniers dont ils seraient les indicateurs. Non ! Surprise de la Cour, qui s’étonne par ailleurs que les accusés n’aient pas entrepris d’appeler lesdits douaniers en témoignage. Mes Waïdi et Kossou viennent en renfort à leurs clients, et attirent l’attention de la Cour sur le fait que personne, ni même les parties civiles, ne dénient aux accusés d’être des indicateurs de douaniers. Cette Cour, elle est perplexe quand Toudonou soutient avoir identifié les contrebandiers, quatre hommes en compagnie de trois femmes (qui seraient des prostituées) qu’ils conduisaient aux marins, du pont où il se situait, en pleine nuit (vers 22h), et affirme qu’ils fumaient du chanvre indien et manipulaient des portables… De cela, Manzourou dit avoir été informé par Toudonou, lequel lui a indiqué de qui il s’agit. Invité par la Cour à identifier les intéressés parmi les parties civiles, il se retourne, les dévisage et doigte deux d’entre elles. Stupéfaction de la Cour devant qui il avait soutenu un peu plus tôt qu’il ne connaissait personne dans le lot…
Des parties civiles qui accablent
Quand elles défilent à la barre, les parties civiles, ne reconnaissent pas les accusés comme indicateurs de douaniers. S’assumant comme contrebandier, le premier, Edmond Goudjèmèdji, qui dépose laborieusement parce que bègue, raconte avoir été arraisonné par les accusés, avec 8 bidons de 50 litres, qui lui réclament 500 000 FCFA mais obtiennent finalement de lui 50 000 FCFA.
Pour sa part, Pierre Padonou se présente comme un voisin de Toudonou et affirme qu’ils se connaissent bien. La première fois, expose-t-il, ce sont ses agents qui conduisaient la barque avec, à bord, dix sacs de riz. S’il n’a rien déboursé ce jour-là, Manzourou serait allé le voir après et il l’a volontairement gratifié de 10 000 FCFA. Une autre fois, ce sont 20 sacs que ses barques transportaient quand une dispute a éclaté entre ses agents et Manzourou. La Cour lui fait observer qu’il n’a pas soutenu la même version devant le magistrat instructeur, et la défense relève qu’il déclarait à l’enquête préliminaire que les accusés avaient exigé 15 000 FCFA et qu’il a dû leur donner
10 000 FCFA. Tout ceci paraît curieux à la défense qui demande aux parties civiles pourquoi elles n’ont jamais dénoncé des gens supposées les importuner, et même pas aux marins qui interviennent sur les lieux.
Mathieu Gbèhon se dit aussi victime des accusés qu’il affirme bien connaître comme eux aussi le connaîtraient, notamment Manzourou qui se rendrait même chez lui. Pour ses barques arraisonnées, il aurait payé jusqu’à
70 000 FCFA par deux fois… Mais comment se fait-il que lui, qui dit avoir été victime de plusieurs braquages et avoir reconnu Toudonou et d’autres, n’ait jamais entrepris de le dénoncer et d’organiser son arrestation ? Pour Mathieu, les accusés sont trop dangereux. Pis, ils auraient même repris du service et continueraient à arnaquer les contrebandiers, les derniers cas étant tout récents, que les victimes Gilles, Zonon, Jean, peuvent venir confirmer devant la Cour. Pourtant, à l’enquête préliminaire, c’est lui qui aurait tendu un guet-apens aux accusés pour les faire prendre sur le fait par la police. Questionné par la Cour, il reconnaît que les accusés l’ont arraisonné parfois et conduit aux douaniers. Manzourou confirme l’avoir conduit aux douaniers, mais nie formellement avoir reçu de l’argent de lui. Tout comme il nie, son compère Toudonou avec, avoir repris du service. Mais Mathieu Gbèhon persiste et donne le numéro de téléphone de l’une des victimes supposées, Gilles. Les accusés maintiennent leur position mais disent connaître les susnommés comme contrebandiers. Et s’ils sont prêts à reprendre du service, c’est qu’ils auraient déjà de nouveaux contacts à la Douane. Toudonou s’avance d’ailleurs, sur invitation de la Cour, à donner un numéro de téléphone, mais dans la discrétion, censé être celui d’un chef de brigade avec qui ils ont déjà discuté de cette possibilité. Michel Romaric Azalou entreprend alors de joindre ce numéro en direct et de mettre la communication en mode «mains libres». En vain, puisque le numéro sonnera longuement sans réponse. Pas plus avancé donc. Par contre, s’agissant de Gilles Hounkpèvi que Manzourou disait n’avoir jamais appelé, son portable consulté par la Cour renseigne bien qu’il l’a récemment contacté et ce, à quatre reprises.
Dernier des quatre ‘’victimes’’ à déposer, Benoît Hounkpèvi soutient également que les accusés ont repris du service, font à nouveau des victimes. Pour son compte personnel, ils lui auraient pris à l’époque 3000 dollars et 1000 nairas, sous la menace de bâtons et de coupe-coupe. Et si Toudonou dit qu’il ne le connaît pas, il promet de faire venir 200 personnes devant la Cour pour témoigner qu’ils se connaissent de vieille date puisque l’accusé leur achetait des crevettes. Une salve de rires traverse le prétoire... suivie d’une dénégation absolue de Toudonou. Idem de la part de Manzourou qui ne reconnaît avoir jamais reçu de l’argent de lui, ni en tant que donateur, ni en tant qu’intermédiaire… suspension de l’audience qui reprendra une heure plus tard.
A la reprise, le président Michel Romaric Azalou informe avoir réussi à joindre le douanier dont la Cour avait reçu le numéro, et que celui-ci devrait être dans le prétoire. Mais point de douanier jusqu’à la fin des débats.
De vulgaires délinquants ?
Les accusés sont-ils des malfaiteurs ? Ou plutôt de vulgaires délinquants ? L’avocat général croit fermement qu’ils ne sont pas des enfants de chœur. Et qu’ils ont choisi comme moyen de défense la dénégation systématique, qui ne résiste heureusement pas aux éléments pertinents qui découlent de l’analyse des faits. Car, le crime d’association de malfaiteurs résulte de la simple existence d’une bande, caractérisée par la préparation ou la commission d’un ou plusieurs crimes. Pour Gilles Sodonon, suivant les dépositions des parties civiles à la barre, plusieurs personnes les ont reconnus comme des habitués des faits, autant que les témoignages de nombreuses victimes de braquages sur les berges de Cotonou. En tout cas le caractère illicite de l’activité des victimes ne doit pas justifier leurs forfaits, estime l’avocat général ; qui requiert de la Cour qu’elle déclare les accusés coupables des faits d’association de malfaiteurs et les condamne à cinq ans de travaux forcés.
Pas de cet avis, Me Yves A. Kossou, qui n’a pas le sentiment d’avoir suivi les mêmes débats que l’avocat général, s’étonne qu’il soutienne cette thèse alors qu’aucune preuve ne soutient ses propos. Pour l’avocat, ceux qui devraient se retrouver à la barre, ce sont les parties civiles, dont l’illicéité des activités (trafic d’hydrocarbures, de chair, de drogue…) ne fait l’ombre d’aucun doute, elles-mêmes le reconnaissant. Ce sont des trafiquants, qui quoique constitués en association comme ils le prétendent, ne paient pas d’impôts. Les victimes, ce sont donc les accusés qui n’ont de tort que d’avoir fait le choix de prêter main forte aux douaniers pour mettre en déroute les contrebandiers. Aussi invite-t-il la Cour à ne pas se faire complice des vrais coupables en condamnant les accusés. Soutenant particulièrement qu’il est bien constant au dossier ainsi que les débats l’ont démontré, que les accusés sont bien des collaborateurs de douaniers. Lesquels, hélas, ne pourraient pas venir témoigner formellement à la barre dans un dossier pareil. En conséquence, Toudonou et Manzourou doivent être purement et simplement relaxés car, les personnes dangereuses, ce sont ces parties civiles qui écument les eaux pour leur activité de contrebande, lesquelles exposent nos vies.
Même logique de la part de son confrère Moustapha Waïdi, qui met en relief la puissance du consortium des trafiquants d’hydrocarbures et appelle la Cour à prendre garde à ne pas tomber dans leur piège. «Ce sont eux» qui doivent comparaître clame-t-il, doigtant les parties civiles qui ne comprennent sans doute rien, sinon pas grand-chose de ses propos, toutes s’exprimant plutôt en langue nationale goun. En tout cas, pour Moustapha Waïdi, aucun élément constitutif du crime n’est visible dans le dossier. Et ses clients n’ont manifestement aucun moyen de défense face à ces trafiquants qui sont souvent bien armés pour affronter, le cas échéant, les douaniers ou forces de l’ordre qui osent les traquer.
Mes Yves A. Kossou et Moustapha Waïdi ne sont, par ailleurs, pas surpris de la teneur de l’enquête de moralité, tant elle se sera déroulée essentiellement au milieu de ces contrebandiers qui ne sauraient donc parler en bien de ceux qui les traquent. On ne peut donc pas, foi de la parole de ces faussaires, condamner les deux jeunes gens. Et Me Waïdi de conclure sa plaidoirie par une exhortation à l’acquittement pur et simple sinon, en cas de condamnation, à se limiter au temps passé en détention préventive par les accusés. Lesquels, appelés à s'exprimer, bredouillent quelques mots, préoccupés sans doute de savoir s’ils rentrent libres comme ils sont arrivés à la Cour d’appel le matin, ou s’ils retourneront en prison après l’avoir quittée.
Arrivés libres au procès, ils en sortent prisonniers
La Cour, revenue de ses délibérations, disqualifie les faits en crime et délit de vol avec violence et extorsion de fonds. Déclare les accusés coupables de ces crimes et délits. En conséquence, elle les condamne à cinq ans de travaux forcés chacun et aux frais de justice. C’est dire que Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè, devront retourner en prison pour 33 mois. En attendant, ils devront affronter le procès civil en vue du dédommagement de leurs victimes.
Sur ce plan, si Pierre Padonou avait indiqué ne pas se constituer partie civile, au moment du procès civil, il est rejoint par Edmond Gougjèmèdji qui renonce à sa constitution de partie civile. Quant à Mathieu Gbèhon, il réclame 2 millions FCFA tandis que Benoît Hounkpèvi réclame 2 100 000 FCFA.
Ces demandes, le ministère public demande de les apprécier. Mais la défense ne l’entend pas de cette oreille, martelant qu’aucune preuve de préjudices subis n’apparaît au dossier. Arbitrant ces demandes, la Cour fixe le montant des préjudices respectivement à 800 000 FCFA et 600 000 FCFA pour Mathieu Gbèhon et Benoît Hounkpèvi.
Les parties civiles ressortent du prétoire la tête relevée, un tantinet satisfaites. Toudonou Armand Ahouansou et Manzourou Zèguè eux, se font expliquer la sentence par leurs avocats, dont la déception est perceptible. Les avocats sont déçus. Le visage défait, les condamnés passent des coups de fil, entourés de quelques proches. Des gendarmes attendent pour les ramener dans l’univers carcéral… Ils leur passent les menottes, les conduisent au minibus éreinté loué pour la circonstance. Ils s’y engouffrent. C’est le voyage retour pour la prison civile…

Le deuxième dossier inscrit au rôle de la 2e session de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a été pris hier, après plusieurs heures de tractations, vers midi. L’audience a été présidée par Marie Godonou épouse Soudé assistée de Kodjo William Kpakpassou et Florentin Gbodou. Les jurés qui ont siégé à leurs côtés ont noms Martin Gbèmènou, Dominique Mensan Lanmadoucélo, Sétoungan Mèdévo et Lambert Aguessy. La mémoire de l’audience a été tenue par Victoire Oladikpo tandis que le ministère public était représenté par Honoré Alowakinnou.
Cosme A. Hounkanrin poursuivi pour tentative de vol avec port d’arme et avec violence, a été condamné à 10 ans de travaux forcés tandis que Didier Todomihou entendu pour complicité des mêmes faits, s’en sort avec un acquittement au bénéfice du doute. Les faits se sont produits le 31 janvier 2013. Ce jour-là, le nommé Cosme A. Hounkanrin a quitté son domicile à Akpro-Missérété à destination de Porto-Novo aux environs de 21 heures. Il a négocié à cet effet la moto de Bernard Midissolé, conducteur de taxi moto à qui il devait payer la somme de trois cents francs CFA. Arrivé à destination, Cosme A. Hounkanrin qui trainait à payer le conducteur lui a subitement intimé l’ordre de descendre de sa moto. Face à la résistance de Bernard Midissolé, Cosme A. Hounkanrin se saisit de son pistolet préalablement dissimulé dans son vêtement et l’atteignit à la cuisse. Alerté par la détonation de l’arme et les appels au secours de la victime, Cosme A. Hounkanrin a été rattrapé par la population. Interpellé, il a reconnu les faits tout en précisant que le pistolet et les munitions lui ont été fournis par son ami Didier Todomihou qui a rejeté cette affirmation. Les casiers judiciaires des inculpés ne portent mention d’aucune condamnation. Cependant, Didier Todomihou reconnaît lui-même avoir été déjà incarcéré une fois pour vol. L’enquête de moralité ne leur est pas favorable. Les rapports d’examen psychologique et psychiatrique les concernant ont conclu qu’ils jouissaient tous de toutes leurs facultés mentales au moment des faits.
Cosme A. Hounkanrin à la barre explique que l’idée de vol lui a été inculquée par son ami, Didier Todomihou, conducteur de véhicule comme lui. Il lui aurait remis deux armes avec des munitions suite à des problèmes financiers qu’il lui a soumis. C’est pour s’en tirer, poursuit-il, que son ami lui aurait fait cette proposition, lui miroitant qu’ils iraient commettre un vol qui pourra lui procurer l’argent pour régler ses problèmes. Qu’ainsi, tout s’arrangerait à son retour du voyage du Nigeria.
Appelé à la barre, Didier Todomihou nie avoir remis des armes à qui que ce soit. Les multiples questions du ministère public Honoré Alowakinnou, de la Cour et parfois de la défense n’ont pas fait changer d’avis à l’accusé.
Sous la menace d’un pistolet
Bernard Midissolé, la victime, tailleur de profession, raconte qu’il a effectivement transporté l’accusé Cosme A. Hounkanrin qu’il a déposé à la destination convenue. Son prétendu client en lieu et place du prix du transport arrivé à destination lui réclama la clé de la moto sous la menace d’un pistolet. Ce qu’il a dû faire pour avoir la vie sauve. Il a expliqué avoir opposé ensuite une certaine résistance lorsqu’il a senti une faille dans la position de son assaillant. Ayant perdu l’équilibre, ce dernier a détalé abandonnant le butin et lui. La victime explique avoir entre-temps reçu du renfort. «J’ai été transporté ensuite à l’hôpital pour des soins», expose-t-il.
Procédant ensuite à la lecture des pièces du dossier pour clôturer l’instruction ou les débats, Marie Godonou épouse Soudé a relevé que les accusés sont de moralité douteuse, selon l’enquête conduite à leur égard auprès du maire et d’autres autorités.
C’est alors que Honoré Alowakinnou, plante le décor de ses réquisitions. «L’homme est un loup pour l’homme», explique le représentant du ministère public introduisant ses réquisitions. Il a ensuite repris les faits qui se sont déroulés le jour du drame. Après les avoir résumés, il raconta que le criminel a agressé sa victime en tirant une balle dans sa cuisse droite afin de lui arracher sa moto. Les faits qui fondent l’accusation de tentative de vol avec port d’arme et avec violences puisent leurs sources dans les articles 379 et 381 du Code pénal. Ce sont des faits simples mais à ne pas banaliser ni à négliger ou laisser impunis. Il a attiré l’attention des jurés sur leurs rôles aux côtés des magistrats pour juger les malfaiteurs.
Examinant les cas de chacun des accusés, pour le premier, le port d’arme et les violences exercées ne font l’ombre d’aucun doute. L’article 2 du code pénal stipule que la tentative est punissable au même titre que le crime s’il y a un commencement d’exécution. Selon le représentant du ministère public, il est clair que dans les faits et gestes de l’accusé, sa volonté était de déposséder la victime en la menaçant et faisant usage de l’arme. Le crime de tentative est constitué en tous ses éléments, conclut-il.
Quid de Didier Todomihou, son présumé complice ? Il a nié avoir commis ou remis des armes à qui que ce soit. C’est l’article 60 du Code pénal qui permet d’apprécier la situation du complice en de pareilles circonstances. Honoré Alowakinnou a distingué plusieurs cas. Mais la fourniture de l’arme du crime, siège du texte qui permet d’apprécier le cas du sieur Didier Todomihou, selon Honoré Alowakinnou n’est pas claire. Donc sa responsabilité devrait être dégagée. Selon son intime conviction, aucun élément du dossier ne permet d’affirmer que Didier Todomihou savait pertinemment que l’arme remise, si remise il y a eu, permettrait d’aller commettre un acte peu recommandable. Il y a doute concernant cet accusé, expose-t-il et le doute profite toujours à l’accusé.
Il a requis donc au total de reconnaître le sieur Cosme A Hounkanrin coupable des faits mis à sa charge et de le condamner à 15 ans de travaux forcés. Et d’acquitter Didier Todomihou au bénéfice du doute.
Des réquisitions qui ont suscité l’admiration de la défense assurée par Me Liliane Amoussou assurant la défense des intérêts du sieur Cosme A. Hounkanrin et de Me Bernard Paraïso pour Didier Todomihou.
Le pardon de la cour
Me Liliane Amoussou se demande ce qu’elle peut répliquer à la suite d’une aussi brillante réquisition si ce n’est de clamer le pardon de la Cour. Pour elle, ce dossier met en cause deux jeunes qui se sont impliqués dans l’alcool et la drogue, deux éléments qui n’ont jamais amené à bon port, confesse-t-elle. Son client, Cosme A. Hounkanrin est un jeune de 25 ans qu’on peut réinsérer. «Je regrette mon acte», rappelle-t-elle pour expliquer que son client s’est bien repenti. Elle a alors plaidé pour que les membres de la Cour s’appesantissent sur le sort de son client qui a encore tout l’avenir devant lui et de le repêcher. Clémence et pardon, plaide-t-elle.
Me Bernard Paraïso assurant quant à lui la défense de Didier Todomihou a expliqué qu’il félicite le ministère public parce qu’il a requis en disant le droit. Il n’a pas, selon lui, suivi l’accusation. « Il a adopté un réquisitoire de la rupture», souligne Me Bernard Paraïso. Le ministère public, a-t-il expliqué, s’est appesanti sur l’article 60 du Code pénal alinéa 2. Il a rappelé "les donnez acte" qu’il s’est fait donner: «Je ne sais pas manipuler une arme ; je n’en ai pas ; je ne sais comment introduire une cartouche dans l’arme. Nous n’avons convenu ni d’un jour encore moins d’un plan.», a-t-il expliqué. Par ailleurs, la défense a justifié qu’il y a des armes dans tous les coins et tous les quartiers à Porto-Novo jusqu’à aller dans la Vallée. «Quand un ami remet une arme et dit d’attendre on n’agit pas avec une légèreté.», conseille-t-il à l’accusé Cosme A Hounkanrin et pour mettre hors de cause son client. Au principal, il a plaidé un acquittement pur et simple et au subsidiaire le bénéfice du doute pour Didier Todomihou.
Après examen, la Cour a condamné Cosme A Hounkanrin à 10 ans de travaux forcés et a acquitté Didier Todomihou au bénéfice du doute.
Statuant ensuite sur les intérêts civils quelques minutes après le prononcé de la sentence, sans le concours des jurés, la Cour expose à la victime qu’elle a droit de réclamer ce qu’elle a dépensé quitte à la Cour de les ramener à de justes proportions, si les réclamations sont exagérées. L’intéressé demande à la Cour de voir ce qu’elle peut faire. Sur insistance de la Cour, il a demandé trois millions pour les dépenses faites et les préjudices subis.
Pour le représentant du ministère public, s’il est réel qu’aucun document ne justifie le montant des dépenses faites, il est tout aussi vrai que les préjudices subis sont réels et certains. Sur cette base, il a demandé à la Cour de faire suite à la demande de la victime en réparation des préjudices subis.
Pour la Cour, le préjudice subi par Bernard Midissolé est certain, direct et a donc condamné l’accusé à lui verser la somme de trois millions de francs pour toutes causes de préjudices confondus.

Le deuxième dossier inscrit au rôle de la 2e session de la cour d’assises de la cour d’appel de Cotonou a été pris hier, après plusieurs heures de tractations, vers midi. L’audience a été présidée par Marie Godonou épouse Soudé assistée de Kodjo William Kpakpassou et Florentin Gbodou. Les jurés qui ont siégé à leurs côtés ont noms Martin Gbèmènou, Dominique Mensan Lanmadoucélo, Sétoungan Mèdévo et Lambert Aguessy. La mémoire de l’audience a été tenue par Victoire Oladikpo tandis que le ministère public était représenté par Honoré Alowakinnou.
Cosme A. Hounkanrin poursuivi pour tentative de vol avec port d’arme et avec violence, a été condamné à 10 ans de travaux forcés tandis que Didier Todomihou entendu pour complicité des mêmes faits, s’en sort avec un acquittement au bénéfice du doute. Les faits se sont produits le 31 janvier 2013. Ce jour-là, le nommé Cosme A. Hounkanrin a quitté son domicile à Akpro-Missérété à destination de Porto-Novo aux environs de 21 heures. Il a négocié à cet effet la moto de Bernard Midissolé, conducteur de taxi moto à qui il devait payer la somme de trois cents francs CFA. Arrivé à destination, Cosme A. Hounkanrin qui trainait à payer le conducteur lui a subitement intimé l’ordre de descendre de sa moto. Face à la résistance de Bernard Midissolé, Cosme A. Hounkanrin se saisit de son pistolet préalablement dissimulé dans son vêtement et l’atteignit à la cuisse. Alerté par la détonation de l’arme et les appels au secours de la victime, Cosme A. Hounkanrin a été rattrapé par la population. Interpellé, il a reconnu les faits tout en précisant que le pistolet et les munitions lui ont été fournis par son ami Didier Todomihou qui a rejeté cette affirmation. Les casiers judiciaires des inculpés ne portent mention d’aucune condamnation. Cependant, Didier Todomihou reconnaît lui-même avoir été déjà incarcéré une fois pour vol. L’enquête de moralité ne leur est pas favorable. Les rapports d’examen psychologique et psychiatrique les concernant ont conclu qu’ils jouissaient tous de toutes leurs facultés mentales au moment des faits.
Cosme A. Hounkanrin à la barre explique que l’idée de vol lui a été inculquée par son ami, Didier Todomihou, conducteur de véhicule comme lui. Il lui aurait remis deux armes avec des munitions suite à des problèmes financiers qu’il lui a soumis. C’est pour s’en tirer, poursuit-il, que son ami lui aurait fait cette proposition, lui miroitant qu’ils iraient commettre un vol qui pourra lui procurer l’argent pour régler ses problèmes. Qu’ainsi, tout s’arrangerait à son retour du voyage du Nigeria.
Appelé à la barre, Didier Todomihou nie avoir remis des armes à qui que ce soit. Les multiples questions du ministère public Honoré Alowakinnou, de la Cour et parfois de la défense n’ont pas fait changer d’avis à l’accusé.
Sous la menace d’un pistolet
Bernard Midissolé, la victime, tailleur de profession, raconte qu’il a effectivement transporté l’accusé Cosme A. Hounkanrin qu’il a déposé à la destination convenue. Son prétendu client en lieu et place du prix du transport arrivé à destination lui réclama la clé de la moto sous la menace d’un pistolet. Ce qu’il a dû faire pour avoir la vie sauve. Il a expliqué avoir opposé ensuite une certaine résistance lorsqu’il a senti une faille dans la position de son assaillant. Ayant perdu l’équilibre, ce dernier a détalé abandonnant le butin et lui. La victime explique avoir entre-temps reçu du renfort. «J’ai été transporté ensuite à l’hôpital pour des soins», expose-t-il.
Procédant ensuite à la lecture des pièces du dossier pour clôturer l’instruction ou les débats, Marie Godonou épouse Soudé a relevé que les accusés sont de moralité douteuse, selon l’enquête conduite à leur égard auprès du maire et d’autres autorités.
C’est alors que Honoré Alowakinnou, plante le décor de ses réquisitions. «L’homme est un loup pour l’homme», explique le représentant du ministère public introduisant ses réquisitions. Il a ensuite repris les faits qui se sont déroulés le jour du drame. Après les avoir résumés, il raconta que le criminel a agressé sa victime en tirant une balle dans sa cuisse droite afin de lui arracher sa moto. Les faits qui fondent l’accusation de tentative de vol avec port d’arme et avec violences puisent leurs sources dans les articles 379 et 381 du Code pénal. Ce sont des faits simples mais à ne pas banaliser ni à négliger ou laisser impunis. Il a attiré l’attention des jurés sur leurs rôles aux côtés des magistrats pour juger les malfaiteurs.
Examinant les cas de chacun des accusés, pour le premier, le port d’arme et les violences exercées ne font l’ombre d’aucun doute. L’article 2 du code pénal stipule que la tentative est punissable au même titre que le crime s’il y a un commencement d’exécution. Selon le représentant du ministère public, il est clair que dans les faits et gestes de l’accusé, sa volonté était de déposséder la victime en la menaçant et faisant usage de l’arme. Le crime de tentative est constitué en tous ses éléments, conclut-il.
Quid de Didier Todomihou, son présumé complice ? Il a nié avoir commis ou remis des armes à qui que ce soit. C’est l’article 60 du Code pénal qui permet d’apprécier la situation du complice en de pareilles circonstances. Honoré Alowakinnou a distingué plusieurs cas. Mais la fourniture de l’arme du crime, siège du texte qui permet d’apprécier le cas du sieur Didier Todomihou, selon Honoré Alowakinnou n’est pas claire. Donc sa responsabilité devrait être dégagée. Selon son intime conviction, aucun élément du dossier ne permet d’affirmer que Didier Todomihou savait pertinemment que l’arme remise, si remise il y a eu, permettrait d’aller commettre un acte peu recommandable. Il y a doute concernant cet accusé, expose-t-il et le doute profite toujours à l’accusé.
Il a requis donc au total de reconnaître le sieur Cosme A Hounkanrin coupable des faits mis à sa charge et de le condamner à 15 ans de travaux forcés. Et d’acquitter Didier Todomihou au bénéfice du doute.
Des réquisitions qui ont suscité l’admiration de la défense assurée par Me Liliane Amoussou assurant la défense des intérêts du sieur Cosme A. Hounkanrin et de Me Bernard Paraïso pour Didier Todomihou.
Le pardon de la cour
Me Liliane Amoussou se demande ce qu’elle peut répliquer à la suite d’une aussi brillante réquisition si ce n’est de clamer le pardon de la Cour. Pour elle, ce dossier met en cause deux jeunes qui se sont impliqués dans l’alcool et la drogue, deux éléments qui n’ont jamais amené à bon port, confesse-t-elle. Son client, Cosme A. Hounkanrin est un jeune de 25 ans qu’on peut réinsérer. «Je regrette mon acte», rappelle-t-elle pour expliquer que son client s’est bien repenti. Elle a alors plaidé pour que les membres de la Cour s’appesantissent sur le sort de son client qui a encore tout l’avenir devant lui et de le repêcher. Clémence et pardon, plaide-t-elle.
Me Bernard Paraïso assurant quant à lui la défense de Didier Todomihou a expliqué qu’il félicite le ministère public parce qu’il a requis en disant le droit. Il n’a pas, selon lui, suivi l’accusation. « Il a adopté un réquisitoire de la rupture», souligne Me Bernard Paraïso. Le ministère public, a-t-il expliqué, s’est appesanti sur l’article 60 du Code pénal alinéa 2. Il a rappelé "les donnez acte" qu’il s’est fait donner: «Je ne sais pas manipuler une arme ; je n’en ai pas ; je ne sais comment introduire une cartouche dans l’arme. Nous n’avons convenu ni d’un jour encore moins d’un plan.», a-t-il expliqué. Par ailleurs, la défense a justifié qu’il y a des armes dans tous les coins et tous les quartiers à Porto-Novo jusqu’à aller dans la Vallée. «Quand un ami remet une arme et dit d’attendre on n’agit pas avec une légèreté.», conseille-t-il à l’accusé Cosme A Hounkanrin et pour mettre hors de cause son client. Au principal, il a plaidé un acquittement pur et simple et au subsidiaire le bénéfice du doute pour Didier Todomihou.
Après examen, la Cour a condamné Cosme A Hounkanrin à 10 ans de travaux forcés et a acquitté Didier Todomihou au bénéfice du doute.
Statuant ensuite sur les intérêts civils quelques minutes après le prononcé de la sentence, sans le concours des jurés, la Cour expose à la victime qu’elle a droit de réclamer ce qu’elle a dépensé quitte à la Cour de les ramener à de justes proportions, si les réclamations sont exagérées. L’intéressé demande à la Cour de voir ce qu’elle peut faire. Sur insistance de la Cour, il a demandé trois millions pour les dépenses faites et les préjudices subis.
Pour le représentant du ministère public, s’il est réel qu’aucun document ne justifie le montant des dépenses faites, il est tout aussi vrai que les préjudices subis sont réels et certains. Sur cette base, il a demandé à la Cour de faire suite à la demande de la victime en réparation des préjudices subis.
Pour la Cour, le préjudice subi par Bernard Midissolé est certain, direct et a donc condamné l’accusé à lui verser la somme de trois millions de francs pour toutes causes de préjudices confondus.

Le président de la République s’est entretenu, hier jeudi 9 juillet, avec Lilianne Ploumen, ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement. Cette dernière effectue depuis le 8 juillet dernier, une visite de travail au Bénin.
L’audience de la ministre néerlandaise du Commerce extérieur et de la Coopération au développement avec le président de la République, a pris l’allure d’une séance de travail. Sans doute que l’affaire de détournement des fonds relatifs au Programme pluriannuel Eau et Assainissement (PPEA) s’est invitée au débat. Mais la coopération entre le Bénin et les Pays-Bas ne se limite pas seulement au programme d’hydraulique. Les deux personnalités ont aussi fait un tour d’horizon du partenariat qui lie les deux pays.
La revue conjointe de la coopération bilatérale tenue en octobre 2013, a permis aux Néerlandais de revoir à la hausse leurs engagements pour le programme pluriannuel de coopération 2014-2017. D’un montant total de 139 millions d’euros, soit 91 milliards de francs CFA, ce financement est orienté vers les secteurs Eau/ assainissement, sécurité alimentaire, santé repr oductive/droits sexuels et développement du secteur privé. Le royaume des Pays-Bas assure également le rôle de chef de file des Partenaires techniques et financiers dans le domaine du développement du secteur privé. Ce partenariat se déploie à travers plusieurs instruments dont notamment ORIO (appui aux PME), CBI (renforcement de la compétitivité des entreprises béninoises), MMF (création des joint-ventures d’entreprises béninoises et néerlandaises), PSI (appui aux projets d’investissements innovants), et PUM (Programme d’assistance technique des experts séniors néerlandais). L’arrivée de Lilianne Ploumen va donner au gouvernement l’occasion de rassurer les partenaires néerlandais par rapport aux mesures engagées pour assurer une meilleure gouvernance des programmes.
Actualités 10 juil. 2015

Après avoir organisé, il y a quelques jours, l’édition 2015 de l’Open de badminton de Cotonou, le Bénin s’apprête à participer aux internationaux classic de Lagos aux côtés de 35 autres pays. Ce sera du 15 au 18 juillet 2015.
La ville de Lagos au Nigeria accueille du 15 au 18 juillet prochain les Internationaux classic de badminton. Plusieurs pays sont attendus à cette compétition. Parmi eux, figure le Bénin.
Conscient, qu’aux côtés de ceux du Nigeria, de la France, de l’Italie, des Pays-Bas, de l’Allemagne, de l’Irlande, de l’Inde, de la Pologne, de l’Afrique du Sud, de l’Egypte, du Ghana, de l’Ouganda, de la Russie et bien d’autres pays, ses badistes n’auront pas la tâche facile, la Fédération béninoise de badminton et son président Aubin Assogba, se sont déjà mis à l’œuvre. Ainsi, ont-ils déjà fait démarrer au Hall des Arts Loisirs et Sports de Cotonou, la phase préparatoire de cette compétition qui, au vue de ses participants, s’annonce d’envergure internationale. Déjà, quatre badistes dont les deux finalistes en simple Hommes et les deux finalistes en simple Femmes de l’édition 2015 de l’Open de Cotonou, ont été convoqués depuis quelques jours, pour une mise au vert. Il s’agit de Sébastiano Dégbé, de Rojuel Assogba, de Pascaline Vitou et de Xéna Arisa.
Après une préparation assidue, les représentants béninois devraient rallier Lagos mardi 14 juillet prochain. Sans pour autant être soumis à une obligation de résultat, le plus important pour eux sera de participer à cette compétition qui entre surtout en ligne de compte pour leur préparation aux Internationaux du Bénin qu’auront lieu à Cotonou en 2016 et qui connaitront la participation de plus de 36 nations. Leur souci sera de ne pas effectuer le voyage pour une piètre prestation, mais de venir jauger leur niveau par rapport à celui des représentants d’autres pays.
Au moins 30 pays en provenance de tous les continents avec les meilleurs badistes au classement seront du rendez-vous. Ils y viennent pour chercher des points. Ce qui leur permettra d’améliorer leur rang dans le classement en vue de décrocher leur billet qualificatif pour les Jeux Olympiques prévus en 2016 à Rio de Janeiro au Brésil.

Le président de la République s’est entretenu, hier mardi 7 juillet, avec une délégation de Bolloré Africa Logistics. Le groupe français rassure sur les travaux de réhabilitation de la voie ferrée Cotonou-Parakou.
Le directeur général des chemins de fer du groupe Bolloré Thierry Ballard a d’abord tenu à démentir les allégations de certains médias faisant état d’un refus de parrainage par le président français François Hollande, de la signature de la convention de la Boucle ferroviaire. « Rien n’a été prévu en termes de signature de convention. Tout ce qui a été dit n’est pas exact », dément-il. Les travaux de construction de la ligne Cotonou-Pahou vont bon train, rassure Thierry Ballard. «Nous avons déjà approvisionné les rails et les traverses. Les équipes sont déjà sélectionnées et sont en train de s’implanter», souligne-t-il, ajoutant que les travaux démarreront effectivement en septembre prochain.
Le directeur général des chemins de fer dit avoir aussi enregistré la requête du chef de l’Etat de voir parallèlement le lancement de la construction de la voie ferrée Parakou-Malanville. Il indique que ce tronçon sera également lancé pour le bonheur des populations du septentrion. La situation des agents de l’ex-OCBN préoccupe également le chef de l’Etat. « Des mesures sociales seront prises en faveur de tout le personnel de l’ex-OCBN qui va être pris en charge par Benirail. Nous savons qu’il y a des arriérés salariaux. Nous allons subvenir à ces arriérés dans le cadre de la nouvelle société», rassure Thierry Ballard.
Le président de la République a également reçu les responsables de la société nigériane Genesis Energies, désireuse de construire une centrale électrique au Bénin. Un mémorandum d’entente a été signé hier sur la mise en œuvre du projet.
Selon Spéro Mensah, ministre en charge de l’Energie, ce protocole d’accord permettra d’ouvrir les discussions pour la signature d’un contrat de fourniture en B.O.T d’une centrale de 20 Mw sur le site de Maria Gléta. «L’objectif, c’est d’avoir des capacités additionnelles à des coûts compétitifs. C’est un premier pas vers la stratégie mise en place. Nous comptons signer ce contrat dans deux mois au plus tard, et rendre la centrale disponible six mois plus tard», conclut-il.
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