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Nouvelles

Partenariat euro-africain dans le domaine du numérique: Aurélie Adam Soulé Zoumarou échange avec les autorités françaises
En visite de travail en France, lundi 13 septembre dernier, Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, a pris part à une séance de travail avec les autorités françaises sur les priorités des Etats africains dans le domaine du numérique. Initiée par la France dans le cadre d’un partenariat euro-africain dans le secteur du numérique, cette rencontre a connu la présence de trois ministres africains. Au menu de la rencontre entre Cédric O, secrétaire d’État en charge de la transition numérique en France, Frank Paris, Conseiller pour l’Afrique du président de la République française, des représentants de l’Agence française de Développement (Afd) et de l’Agence publique Expertise France et Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ministre du Numérique et de la Digitalisation, lundi 13 septembre dernier à Paris, le développement des infrastructures haut débit, le renforcement des compétences numériques et la structuration du financement des projets numériques sur le continent africain. Selon un tweet de Jérémie Pellet, directeur général Expertise France, elle avait à ses côtés, Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Economie Numérique du Togo, et Augustin Kibassa Maliba, ministre des Postes, Télécommunications et Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication de la République Démocratique du Congo (Rdc). Cette séance de travail qui s’inscrit dans le cadre d’un partenariat euro-africain dans le domaine du numérique a été initiée par la France qui se prépare à prendre la présidence de l’Union européenne (Ue) dès janvier 2022. Le site mediacongo.net note que ce nouveau partenariat euro-africain devra également être structuré en fonction de ce que l’Ue peut apporter à ses partenaires africains, en termes de financement alors qu’elle lance de nouveaux instruments (Ndici, Fedd+) - mais aussi une offre consolidée dans les domaines où elle dispose d’une forte plus-value, en particulier pour garantir que les infrastructures numériques de demain soient dans les mains des acteurs publics et privés africains et qu’elles contribuent à une intégration économique plus poussée et inclusive du continent. Les points débattus lors de la séance constituent des priorités pour les Etats africains. La participation du Bénin à cette rencontre, à travers la ministre du Numérique et de la Digitalisation, est une nouvelle illustration du leadership du pays dans le secteur du numérique quelques semaines après la réunion des ministres en charge de l’Economie numérique à Cotonou. Faut-il le rappeler, depuis 2016, le gouvernement du président Patrice Talon entreprend de multiples actions pour transformer le Bénin en une plateforme de services numériques pour toute l’Afrique de l’Ouest et faire des Technologies de l’Information et de la Communication (Tic), un levier du développement socio-économique. Actualités 16 sept. 2021


Recrutement des enfants dans les conflits: Répercussions sur les mineurs
Dans un nouveau rapport publié, ce lundi 13 septembre, Amnesty International alerte sur les répercussions croissantes du conflit sur les enfants dans la zone sahélienne regroupant le Niger, le Burkina Faso et le Mali. L’éducation, la santé ainsi que la sécurité alimentaire sont fortement touchées. « Je n’ai plus rien, à part moi-même ». C’est le titre du nouveau rapport d’Amnesty international rendu public, ce lundi 13 septembre. Plus qu’un cri de détresse, ce titre est une alerte lancée aux Etats africains concernés par la question des conflits impliquant les enfants. D’une soixantaine de pages, le document met en lumière les conséquences dévastatrices des conflits sur les enfants au Niger, auxquels participent l’État islamique au Grand Sahara (Eigs) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Gsim), affilié à Al Qaïda. Amnesty international révèle que ces deux groupes armés « ont commis des crimes de guerre et d’autres atteintes aux droits humains dans le cadre du conflit, notamment des homicides de civils et des attaques contre des écoles ». La présente étude menée au Niger notamment dans la région de Tillabéri renseigne sur le risque que courent de nombreux enfants recrutés dans les conflits. « Dans la région de Tillabéri, au Niger, une génération entière grandit entourée par la mort et la destruction. Des groupes armés ont attaqué à maintes reprises des écoles et des réserves de nourriture et ciblent des enfants lors de leur recrutement », se désole Matt Wells, directeur adjoint du programme Réaction aux crises à Amnesty International. Il indique les solutions d’urgence à mettre en place au profit des enfants : « Il faut que l’État nigérien et ses partenaires internationaux prennent de toute urgence des mesures pour suivre et prévenir les atteintes et pour protéger les droits fondamentaux de toutes les personnes touchées par ce conflit meurtrier, en particulier les enfants ». Selon notre source, les violences contre les civils au Niger se sont exacerbées en 2021 avec « 544 morts dans le contexte du conflit entre le 1er janvier et le 29 juillet 2021, contre 397 en 2020 ». Le recrutement d’enfants par le Gsim s’est considérablement accru cette année dans le département de Torodi, près de la frontière avec le Burkina Faso. La stratégie de ce « groupe armé consiste à proposer des avantages comme de la nourriture, de l’argent ou des vêtements pour attirer des jeunes garçons de 15 à 17 ans. Il utilise également des enfants comme espions, éclaireurs et guetteurs, entre autres rôles définis dans le droit international comme une participation aux hostilités », révèle le rapport. En 2021, les massacres à grande échelle ont occasionné plus d’une soixantaine de décès dans le rang des enfants dans la partie nigérienne de la zone des trois frontières. Ces conflits affectent les secteurs de l’éducation et de la santé. Amnesty international renseigne que « l’Eigs et le Gsim, opposés à ce qu’ils considèrent comme une éducation « occidentale», ont incendié des écoles et menacé des enseignants, ce qui a entraîné la fermeture de nombreux établissements. En juin 2021, au moins 377 écoles de la région de Tillabéri avaient fermé, privant plus de trente-et-un mille enfants d’accès à l’éducation ». La sécurité alimentaire est aussi menacée. Selon Amnesty international, les enfants risquent davantage de souffrir de malnutrition et de maladies connexes du fait de la destruction des stocks de grains, du pillage des magasins et du vol du bétail, laissant des familles sans ressources et sans nourriture. Cette situation qui tire sa source au Mali s’est propagée au Burkina Faso, au Niger et au Tchad. Selon les estimations, 13,2 millions de personnes au total auront besoin d’une aide humanitaire en 2021 et le nombre de personnes déplacées s’élève à 1,9 million. Le phénomène interpelle le Bénin dans la mesure où il partage ses frontières avec le Niger et les autres pays impliqués dans les conflits armés. La protection et la sécurité des enfants dans la partie septentrionale du Bénin doivent être davantage renforcées pour les mettre à l’abri d’éventuels risques. Société 16 sept. 2021


Promu ambassadeur du Bénin près la Russie: André Okounlola démissionne du Parlement (Son suppléant Dr Romaric Ogouwalé installé ce jeudi)
André Okounlola n’est plus membre de la 8e législature de l’Assemblée nationale. Il a déposé sa démission ce mercredi 15 septembre au profit de ses nouvelles fonctions d’ambassadeur du Bénin près la Russie où il a d’ailleurs fait ses études universitaires. La lettre de démission sera lue à l’entame de la séance plénière qui sera tenue ce jeudi à 15 h, après l’ouverture des travaux de la deuxième session extraordinaire de l’année 2021 consacrés à l’examen de quatre dossiers dont principalement le projet de budget de l’Assemblée nationale exercice 2022. Ainsi, promu diplomate à la faveur du Conseil des ministres du 8 septembre dernier, André Okounlola sera remplacé par son suppléant Dr Romaric Ogouwalé. Ce dernier, selon des sources bien informées, sera installé dans ses nouvelles fonctions de député au cours de la séance plénière de ce jeudi. Le suppléant aurait été déjà contacté à cet effet par les services compétents du Parlement pour son installation par le président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Dr Romaric Ogouwalé va siéger en lieu et place du désormais ex-député du Bloc républicain (Br) dans la 10e circonscription électorale. Il poursuivra le reste du mandat d’André Okounlola au sein de la 8e législature jusqu’à son achèvement en mai 2023. Il faut signaler que Dr Romaric Ogouwalé est enseignant de géographie à l’Université d’Abomey-Calavi. Il est originaire de Kilibo dans la commune de Ouessè. La démission du fils de Savè consacre également la vacance du poste de 2e questeur de l’Assemblée nationale. Lequel devra être pourvu pour que le bureau du Parlement soit au grand complet. L’élection du nouveau 2e questeur est attendue pour très bientôt conformément aux dispositions du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale en la matière. Actualités 16 sept. 2021


Vote du budget du Parlement gestion 2022 : Les députés en session extraordinaire dès demain
En vacances depuis quelques semaines, les députés reprennent le chemin de l’hémicycle dès demain, jeudi 16 septembre. Ils se retrouvent en session extraordinaire dont l’ordre du jour porte principalement sur l’examen du projet de budget de leur institution pour l’exercice 2022. « L’Assemblée nationale établit son budget prévisionnel et le transmet au ministre chargé des Finances pour intégration au projet de budget de l’Etat ». C’est ce que prévoit le règlement intérieur de l’Assemblée nationale. En application de cette disposition légale, les députés se retrouvent, ce jeudi 16 septembre, au palais des Gouverneurs à Porto-Novo, en session extraordinaire pour l’examen de leur projet de budget au titre de l’année 2022. Cette date a été retenue par la Conférence des présidents du Parlement qui s’est réunie, hier mardi 14 septembre, sous la houlette du président de l’Assemblée nationale, Louis Vlavonou. Seulement, rien n’a filtré pour l’instant en ce qui concerne le montant de ce projet de budget élaboré par le bureau de l’institution parlementaire. L’on ne sait pas s’il est en baisse, statique ou en progression par rapport au budget du Parlement exercice 2021 qui est de 17 078 749 880 FCfa contre 13 928 749 880 FCfa en 2020, correspondant à un taux d’accroissement de 22, 62 %. Ainsi, conformément à la procédure parlementaire, le document sera présenté à l’ensemble des députés par les deux questeurs de l’Assemblée nationale. Leur présentation devrait s’articuler autour de deux axes essentiels à savoir : le point de l’exécution au 30 juin 2021 du budget en cours et les grandes masses de l’avant-projet de budget, gestion 2022. « Le budget de l’Assemblée nationale est élaboré selon la nomenclature du budget de l’Etat réparti en chapitres et articles pour la gestion du personnel, du matériel et de fonds spéciaux tenus à sa disposition », dispose l’article 143 du Règlement intérieur du Parlement. C’est la troisième fois que la 8e législature fait cet exercice budgétaire. La plénière aura donc à apprécier le rapport présenté par les deux questeurs avant son vote. Les députés auront à adopter ou rejeter le document budgétaire. Une fois adopté, le budget de l’Assemblée nationale sera incorporé à la loi de finances exercice 2022 en cours de finalisation au niveau du gouvernement. Cette incorporation doit être faite avant la transmission par l’exécutif du projet de budget de l’Etat gestion 2022 pour adoption par l’Assemblée nationale. Il faut rappeler que cette session extraordinaire qui s’ouvre va durer au plus quinze jours. Les trois autres points au menu Outre le projet de budget du Parlement gestion 2022, la deuxième session extraordinaire de l’année 2021 de l’Assemblée nationale va examiner trois autres dossiers. Ces derniers concernent la proposition de résolution portant Code d’éthique et de déontologie des députés béninois et le projet de loi portant autorisation de ratification de la convention concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale, telle qu’amendée par le Protocole de 2010 (Mac), signée à Paris, le 27 novembre 2019 par les Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économique (Ocde) dans le cadre du forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements à des fins fiscales. Le troisième et dernier point inscrit au menu des travaux est relatif à l’examen des projets de loi portant autorisation de ratification du traité portant modification des dispositions du traité de l’Union économique monétaire ouest-africaine (Uemoa) du 20 janvier 2007 relatives à la dénomination du Conseil régional de l’épargne publique et des marchés financiers et du Protocole additionnel n°1/2017/Cceg/Uemoa modifiant et complétant le Protocole additionnel relatif aux organes de contrôle de l’Uemoa adoptés à Abidjan en Côte d’Ivoire respectivement le 12 juillet 2019 et le 10 avril 2017. Ainsi, le sort de ces différents dossiers sera connu au bout des quinze jours que dure cette session parlementaire extraordinaire. Actualités 15 sept. 2021


Mathias Hounkpè sur la démocratie béninoise : « Il est important de trouver un moyen d’inventer de nouveaux mécanismes… »
A l’occasion de la célébration ce 15 septembre de la journée internationale de la démocratie, Mathias Hounkpè, politologue, administrateur du Programme de Gouvernance politique à Osiwa, donne sa lecture de la démocratie en général, du modèle béninois et indique des urgences. LA NATION : Que retenir du concept démocratie qui prend de plus en plus différentes colorations ? Mathias Hounkpè : La démocratie au sens strict du terme veut dire "gouvernement par le peuple". C’est-à-dire un système politique qui permet aux citoyens d’être au cœur de la décision politique, de la gestion des affaires de la cité. Donc, de mon point de vue, dans l’idéal, la démocratie c’est ce système politique où l’avis de la majorité compte dans la prise des décisions, dans leur mise en œuvre ainsi que dans leur évaluation avec pour objectif principal la satisfaction des besoins et préoccupations des citoyens. Maintenant, il est vrai que dans sa mise en œuvre, il y a différents types de démocratie. C’est ainsi que l’on a par exemple les grandes démocraties vieilles comme les Etats-Unis, la Grande Bretagne et la France qui sont comme des modèles de démocratie différents les uns des autres et les démocraties établies en Europe, en Asie, etc. Et nous avons également d’autres types de démocratie qu’on appelle par exemple des démocraties avec adjectif. Vous entendrez parler de démocratie électorale, procédurale, substantielle. Donc, il y a beaucoup de qualificatifs qu’on peut ajouter à démocratie pour caractériser des traits spécifiques de sa mise en œuvre. Quelles sont les faiblesses du modèle démocratique béninois L’élément le plus important à mes yeux, est un peu comme un problème congénital à notre système démocratique. En effet, au moment où les pères fondateurs de notre démocratie réfléchissaient à sa conception à travers, entre autres, l’écriture de la Constitution, ils avaient à cœur les expériences politiques du Bénin depuis 1960. Ils ont donc mis un point d’honneur à prévenir les tares que notre pays a connues par le passé, c’est-à-dire, par exemple, l’instabilité qui a caractérisé le Bénin de 1960 à 1972 et le régime dictatorial militaro-marxiste connu de 1972 à 1990. Ils ont, par conséquent, mis un point d’honneur à éviter qu’on connaisse ces mêmes tares à l’avenir. Et moi je peux dire de façon raisonnable que le système que nous avons en place, nous a quand même évité de retomber dans certains des travers qu’on connaissait par le passé. Par exemple, entre 1960 et 1972, le Bénin a connu au moins six coups d’État réussis. Pendant cette même période, aucune législature n’a fini son mandat. Aujourd’hui le Bénin est à la 8e législature sans interruption. Donc, de mon point de vue, ne serait-ce que par rapport à des aspects de ce genre, les pères fondateurs de notre démocratie ont réussi à nous éviter qu’on connaisse encore les mêmes difficultés politiques que par le passé. Mais ce qu’on n’a pas réussi à faire, c’est anticiper suffisamment les problèmes que pourrait générer la mise en œuvre du modèle de démocratie que nous avons choisi. A mon avis, la démocratie chez nous, en place depuis 90, a besoin d’être redynamisée, a besoin d’un nouveau souffle. Malheureusement, pour le moment, nous semblons manquer du même génie qui nous avait permis en 1989 et 1990 d’apporter des solutions à ce genre de problème. Et, je pense que tant que nous ne trouverons pas les moyens de nous asseoir afin d’identifier la "meilleure manière" de s’attaquer aux insuffisances du système actuel, des dangers planeront toujours au-dessus de la démocratie béninoise. Ma conviction est que nous avons besoin de donner un nouveau souffle au système démocratique au Bénin. Y a-t-il d’autres obstacles ? Au-delà donc des obstacles qu’on n’a pas anticipés, il y a que l’environnement politique aujourd’hui est caractérisé par de nouveaux défis qui en ajoutent aux difficultés de mise en œuvre de la démocratie. Je ne veux parler par exemple que des nouvelles technologies de l’information. Les réseaux sociaux, internet et autres rendent la mise en œuvre de la démocratie extrêmement difficile. Ce n’est pas spécifique au Bénin, ni à l’Afrique, mais les effets sont plus graves dans nos pays parce que nous ne disposons pas des moyens nécessaires pour aider à réduire les impacts négatifs de la mauvaise utilisation de ces outils sur la démocratie. Il s’agit par exemple de la désinformation, des tentatives d’influence des électeurs, des acteurs politiques par des forces dont vous ne connaissez même pas les origines, ni les intérêts. Je pense que ce sont des éléments nouveaux que personne n’avait anticipés, même les démocraties établies, et qui constituent aujourd’hui de sérieux obstacles, auxquels il faut également trouver de solutions et éviter d’utiliser purement et simplement la répression pour résoudre ce genre de problème. Je puis également évoquer l’argent. Je crois qu’au moment où on mettait en place ce système, on n’avait pas pensé que l’argent jouerait un rôle aussi central dans le fonctionnement de la démocratie. Une fois encore, ce n’est pas seulement le Bénin, ni l’Afrique. L’argent est devenu un élément important, alors que dans le même temps, parce que la politique devient chère à pratiquer pour les acteurs politiques, c’est difficile pour eux de se prémunir contre la corruption. C’est difficile pour eux de ne pas aller vers une sorte de mauvaise gouvernance, parce qu’ils ont besoin de mobiliser des ressources pour faire de la politique. Ça aussi, c’est un élément pas aussi nouveau que ça mais auquel il faut penser. Quelles sont les pistes pour consolider la démocratie béninoise ? Nous avons besoin de nous donner les moyens de résoudre les difficultés auxquelles nous sommes confrontés aujourd’hui sans pour autant chercher à reproduire le modèle de 1990. A mon humble avis, ce qu’il nous faut aujourd’hui au Bénin, ce n’est pas une conférence nationale à la 1990 (parce qu’il faudrait beaucoup d’efforts pour l’organiser sans la garantie de produire des résultats comparables à ceux de la Conférence nationale de 1990). Le Bénin d’aujourd’hui a plutôt, de mon point de vue, besoin d’un espace où de manière inclusive et participative on peut réfléchir aux aménagements à apporter à la structure du système actuel pour en améliorer le fonctionnement. Mais ceci ne peut se faire que si chacun est en mesure, ne serait-ce qu’un tout petit peu, d’oublier ses intérêts (politiques, économiques, etc.) immédiats et de court terme pour penser vraiment au Bénin. C’est à ce prix que nous pourrons trouver des solutions aux défis actuels que rencontre notre démocratie et que nous pourrons accroître les chances de la stabilité du Bénin et de la consolidation de la démocratie dans notre pays. De façon plus spécifique, il y a quelques éléments qu’il faut regarder de près. Il est donc important de trouver un moyen d’inventer de nouveaux mécanismes, ou d’améliorer ceux qui existent en ce moment, nous permettant de continuer à protéger nos droits et liberté fondamentaux, sans pour autant empêcher le bon fonctionnement de la démocratie. Là également, il y a des dispositions qui peuvent aider à réduire les risques que la démocratie ou que l’État soit capturé par un groupe d’acteurs politiques. Ce que je dis sur ce dernier point, ce n’est pas spécifique au Bénin. C’est ce qui s’observe dans quasiment toutes les nouvelles démocraties (et même au-delà) aujourd’hui. Si nous ne sommes pas capables de nous asseoir, de rechercher les moyens de résoudre ces problèmes, sans pour autant créer des difficultés dans le fonctionnement de la démocratie, je pense que nous allons dans le mur. Et ça, c’est vraiment mon inquiétude, aussi bien pour le Bénin que pour la plupart des nouvelles démocraties en Afrique de l’Ouest ou en Afrique. Actualités 15 sept. 2021


Densification du réseau numérique haut débit : Le Bénin reçoit 22 milliards F Cfa de la Chine
Une nouvelle histoire de l’économie numérique du Bénin s’écrit en lettres d’or. C’est avec la signature, ce mardi 14 septembre, de l’accord cadre de prêt concessionnel par le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci et l’ambassadeur de la Chine près le Bénin, Peng Jingtao. Au total, 22 milliards de F Cfa sont mobilisés pour rendre le numérique disponible pour tous et à haut débit. « C’est une conviction pour le président Patrice Talon que le renforcement des infrastructures numériques fait partie des conditions sine qua non d’un développement durable», confie le ministre des Affaires étrangères, Aurélien Agbénonci, dans son intervention. Subdivisée en quatre axes principaux, la présente signature d’accord cadre de prêt concessionnel est la phase 2 du projet de densification du réseau haut débit. Ce projet fait suite à une initiative du gouvernement du président Patrice Talon, à travers le Pag, qui a démarré depuis mai 2016 par le développement des infrastructures numériques avec l’assistance des compétences chinoises. « Sa réalisation a permis une transformation complète et une amélioration du réseau de télécommunication au Bénin », précise l’ambassadeur Peng Jingtao. « Cette 2e phase facilitera l’accès des abonnés du réseau et le développement des applications grâce à l’amélioration et à l’extension de la fiabilité du réseau dorsal et métropolitain dans les grandes villes et la couverture nationale du réseau sera sensiblement améliorée », développe-t-il. Pour l’ambassadeur, « l’économie numérique et la digitalisation connaissent de plus en plus une progression à même de faire du Bénin, la plateforme numérique de la sous-région ». Les quatre grands axes du projet En effet, le 1er axe du projet concerne le réseau dorsal 484,1 km en fibre optique couvrant certaines localités du Mono, du Zou, des Collines et du Nord Bénin. Au réseau dorsal s’ajoute le réseau métropolitain en fibre de 204.8 pour desservir plus de 10 villes ainsi que la Route des pêches avec le réseau haut débit. Par ailleurs, ce projet permettra aussi de connecter les zones lacustres à la fibre nationale par la technologie des faisceaux dans le seul but de rendre le numérique disponible pour tous. Enfin, le 4e axe concerne les transferts de compétences. «Les spécialistes qui vont aider à mettre en place ce réseau ont en même temps une contrepartie nationale qui maitrise ce savoir-faire, une contrepartie faite essentiellement d’ingénieurs béninois qui pourront continuer le service après le retrait de l’expertise de construction », souligne le ministre Aurélien Agbénonci. Le Bénin est sur la trajectoire qui va permettre de renforcer les préalables nécessaires pour créer la richesse et booster la performance des entreprises en proie à la concurrence. Tout en rassurant l’ambassadeur Peng Jingtao que « ce financement servira à ce pourquoi il a été négocié », le ministre des Affaires étrangères se réjouit de ce que cet accord-cadre vient à point nommé pendant cette crise de Covid-19. « C’est l’outil par lequel nous mettons en place des plateformes pour opérer de manière sécurisée tout en réduisant les contacts avec les humains et en respectant les gestes barrières ».   Par Henri MORGAN (Stag.) Actualités 15 sept. 2021


Formation de 15 étudiants en épidémiologie et biostatistique : Le projet Tebwa officiellement lancé
Le Projet Formation des épidémiologistes et des biostatisticiens pour une meilleure réponse aux épidémies en Afrique de l'Ouest (Tebwa) a été lancé, hier lundi 13 septembre à Bohicon. D’une durée de trois ans, ce programme financé par l’Union européenne vise à former quinze étudiants des pays de la Cedeao en biostatistique et en épidémiologie des maladies infectieuses. La mise en œuvre du projet Formation des épidémiologistes et des biostatisticiens pour une meilleure réponse aux épidémies en Afrique de l'Ouest (Tebwa) a démarré. Il vise à renforcer la capacité de recherche et d’intervention de l'Afrique de l'Ouest en épidémiologie et biostatistique pour gérer efficacement les épidémies. Conduit par le consortium Université d’Abomey-Calavi, le ministère de la Santé à travers l’Agence nationale des soins de santé primaires et le London School of Hygiene et Tropical medicine, il est l’expression d’une belle coopération Nord-Sud. Pour le coordonnateur du Tebwa, le Professeur Romain Glèlè Kakaï, ce programme est parti du constat que, dans la région ouest-africaine, il y a très peu de programmes de formation et de financement d’étudiants en épidémiologie et biostatistique. La conséquence en est que ces pays disposent de très peu de chercheurs qualifiés en épidémiologie et biostatistique. Puis, il est à noter la faible capacité des épidémiologistes de la région à comprendre la dynamique des épidémies et formuler des recommandations dans le cas concret de la Covid-19. La pandémie de du Covid-19 a révélé davantage l’insuffisance de ressources humaines qualifiées pour faire face efficacement aux épidémies en Afrique au Sud du Sahara. Il est donc nécessaire de former des épidémiologistes et biostatisticiens pour l'Afrique subsaharienne, capables de travailler en collaboration avec les départements nationaux de la santé, et les agences nationales et internationales de santé publique pour mener collectivement une surveillance de routine et des recherches en santé publique et réagir efficacement face aux épidémies. Abondant dans le même sens, le Professeur Marcel Houinato, directeur de l’école doctorale des sciences agronomique et de l’eau à l’Uac, fait observer que ce projet est la preuve que des facultés et instituts universitaires peuvent conjuguer leurs efforts et expertises pour apporter des solutions aux problèmes de nos sociétés. Selon lui, le concept du projet Tebwa est donc à encourager. Pour sa part, le Professeur Dismand Houinato, directeur de l’Ecole doctorale des sciences de la santé à l’Uac, salue la naissance du projet Tebwa et partage le même vœu : « Les 15 étudiants qui seront formés dans le cadre du projet Tebwa permettront de renforcer nos systèmes nationaux et régionaux pour des études biostatistiques et épidémiologiques de haut niveau, et ainsi informer efficacement les décideurs en matière de santé publique ». Le Professeur Félicien Avlessi, représentant le recteur de l’Uac, qui a lancé les activités, a précisé que ce projet coordonné par l’Université d’Abomey- Calavi avec comme partenaires l’Ecole d’hygiène et de médecine tropicale de Londres (Lshtm/ Angleterre) et l’Agence nationale des soins de santé primaires du ministère de la Santé (Anssp/MS, Bénin), permettra de former 15 spécialistes de niveau Master en Epidémiologie et Biostatistique pour l’Afrique de l’Ouest. Maitriser les données épidémiologiques Soulignant l’importance des épidémiologistes et biostatisticiens, le Professeur Félicien Avléssi rappelle qu’en octobre 2020, le variant delta du coronavirus a été détecté en Inde et touche à ce jour au moins 96 pays. Et dans certains de ces pays, il est devenu le variant dominant, comme à Singapour, au Royaume-Uni et au Portugal. Alors, indique-t-il, les données préliminaires montrent qu’il est plus transmissible que les autres variants, qu'il comporte un risque plus élevé d’hospitalisation et de réinfection et qu'il génère un tableau de symptômes légèrement différent affichant plus de maux de tête et moins de toux. Des données épidémiologiques fiables sont souvent non disponibles ou fortement limitées en Afrique subsaharienne. Ce manque de données et de connaissances est encore aggravé par une pénurie de personnel qualifié en épidémiologie et en biostatistique pour surveiller, analyser et interpréter efficacement les données épidémiologiques pour éclairer les politiques en matière de santé publique. C’est dire que la pandémie du coronavirus a révélé davantage l’insuffisance en ressources humaines qualifiées pour faire face efficacement aux épidémies en Afrique au Sud du Sahara. Et c’est la tâche qui incombe désormais au projet Tebwa à travers la formation des 15 spécialistes pour les pays de la Cedeao. Il est question de renforcer la capacité des jeunes scientifiques ouest-africains à réagir et gérer les vagues épidémiques, de développer des modèles géo-spatiaux des épidémies pour la région ouest-africaine et de renforcer la coopération régionale et internationale dans la recherche en biostatistique et épidémiologie en Afrique de l’Ouest. Société 14 sept. 2021


Respect des mesures contre la Covid-19: Le Prd reporte sine die son Université de vacances
Le Parti du renouveau démocratique (Prd) reporte sine die l’édition 2021 de son Université de vacances initialement prévue pour le 25 septembre prochain à Abomey-Calavi. Un report qui maintient également le suspense autour du discours du président du Prd, Me Adrien Houngbédji, très attendu après les divers cadres du parti promus par le président Patrice Talon. Le Parti du renouveau démocratique (Prd) n’entend pas enfreindre les mesures du gouvernement pour freiner la propagation du coronavirus. Il vient de reporter sine die l’édition 2021 de son Université de vacances sur le thème : « Pour une appropriation du contenu social du Programme d’action du gouvernement 2021-2021 ». L’information liée au report est tombée en fin d’après-midi du samedi 11 septembre dernier. Elle a été donnée par le comité d'organisation présidé par Emmanuel Djiman Zossou en présence du secrétaire général du Prd, Falilou Akadiri. Selon eux, cette décision de report répond au souci du parti au logo arc-en-ciel de respecter les mesures prises par le gouvernement pour freiner la propagation de la Covid-19. Lesquelles mesures interdisent notamment les regroupements de plus de cinquante personnes. Le Prd de Me Adrien Houngbédji a donc repoussé l’organisation de cette messe politique pour se conformer aux prescriptions du gouvernement dans le cadre de la riposte à la Covid-19. Seulement, cet ajournement maintient le suspense autour du discours du président du Prd. Beaucoup avaient hâte d’entendre à l’occasion de cette université de vacances, le discours de Me Adrien Houngbédji par rapport aux dernières nominations des cadres du parti en Conseil des ministres du mercredi 8 septembre dernier. Son allocution était fortement attendue. En ce sens que ce sera l’occasion pour lui d’adresser ses mots de gratitude et ceux de ses militants au président de la République, Patrice Talon. Ceci pour le respect de la parole donnée à travers la promotion des cadres du parti à divers postes et fonctions stratégiques. En effet, lors du congrès extraordinaire du 6 février dernier à Porto-Novo, congrès au cours duquel le parti a jeté son dévolu sur Patrice Talon, alors candidat à la présidentielle d’avril 2021, ce dernier a invité Me Adrien Houngbédji et les siens à travailler pour étendre les bases du Prd afin qu’il devienne un véritable parti national. Patrice Talon avait promis d’aider le Prd, s’il gagnait le second mandat présidentiel, à relever ce challenge. « Le moment est arrivé pour panser les plaies, réparer les torts et préjudices qui sont lourds », a assuré Patrice Talon. « Je ferai la promotion du Prd mieux que quiconque », s’est-il engagé. Cette réparation semble être, pour le chef de l’Etat, une dette de sa part envers le Prd qui lui est resté depuis 2016, en dépit de tout, fidèle, loyal et solide. Législatives 2023, le baromètre Très tôt, une fois réélu, le président de la République a prouvé sa bonne foi en nommant Raphaël Akotègnon, le trésorier général du Prd, dans son premier gouvernement. Il l’a promu ministre de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Cerise sur le gâteau, le secrétaire général du Prd, Dr Falilou Akadiri est promu à la faveur du Conseil des ministres du 8 septembre dernier, vice-grand chancelier de l’Ordre national du Bénin. Ce n’est pas tout. Plusieurs autres cadres du parti ont été promus au ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale lors de ce même conseil des ministres. Il s’agit d’Emile Gnonlonfoun nommé directeur de cabinet du ministre ; Abrahams Sidokpohou promu secrétaire général adjoint; Barthélémy Hounsounou fait conseiller technique à la Gouvernance locale et Dieudonné Hodonou nommé au poste de conseiller technique à la Décentralisation. Pascal Dohou hérite du poste de conseiller technique à la Réforme institutionnelle ; Djamiou Aboudou et Ismaël Kaffo deviennent respectivement conseiller technique juridique et conseiller technique au suivi-évaluation des Programmes et Projets du ministère de la Décentralisation et de la Gouvernance locale. Ainsi, avec ces différentes nominations, on peut dire sans risque de se tromper que la remontée du Prd est en train de s’amorcer sur le terrain après ses débâcles aux élections législatives de 2019 et aux communales de 2020. « Nous savons où nous avons trébuché. Nous retirerons une à une les pierres sur lesquelles nous avons trébuché », croit Adrien Houngbédji, sûr et certain que le parti réussira cette remondata pour reprendre du poil de la bête. Aujourd’hui, ses vœux se concrétisent à travers les nominations stratégiques qui s’opèrent en attendant les législatives de 2023 pour apprécier la plus-value politique de ces différentes promotions. Mais pour l’instant, on peut affirmer que le président de la République est en train de réaliser sa promesse de contribuer à la relance du parti des Tchoco-Tchoco. Actualités 14 sept. 2021


Taxi-moto à Cotonou et Abomey-Calavi : les « Zem », des vies en pointillé
A Cotonou, les conducteurs de taxi-moto végètent dans la précarité. La vie de ces maillots jaunes ne tient qu’aux revenus quotidiens dérisoires, aux chances de survie et à l’espérance d’un mieux-être. Bientôt minuit à Cotonou. Sur l’esplanade du Stade Gl Mathieu Kérékou, des conducteurs de taxi-moto sont plongés dans le sommeil. Le corps plié en « Z », les deux mains jointes entre les jambes, habillés de plusieurs chemises surmontées de l’uniforme jaune, ils semblent être fixés sur l’engin posé sur les béquilles. [caption id="attachment_69580" align="aligncenter" width="800"]Zem dormant à la belle étoile Dormant à la belle étoile, ces zémidjans sont loin de vivre décemment[/caption]   C’est parti pour quelques heures de repos, peut-être encore moins si un client venait à les réveiller. Ceux qui sont encore en éveil guettent la moindre silhouette qui s’avance pour ratisser large. « C’est ce à quoi ressemble notre vie. Ce n’est pas une activité que nous menons à cœur joie. Chaque soir, comme celui-ci, au repos, on sent qu’on a perdu une partie de nous-mêmes et qu’à ce rythme, notre vie se consume à feu doux », confie Marcel Houéton, la trentaine. Cependant, il n’est pas question pour celui-ci de renoncer au maillot jaune. « A force de penser aux charges qui nous attendent en tant que chef de ménage, on poursuit l’aventure. Tout devient un jeu », martèle-t-il. Après avoir abandonné les études en 6e, Marcel Houeton s’est lancé dans des aventures au Nigeria, le voisin de l’Est. Malgré tous les risques qu’il prenait en terre étrangère, il n’était point épanoui. C’est ainsi qu’il a trouvé l’échappatoire dans la conduite de taxi-moto, depuis 5 ans. La rentrée est dans quelques jours et, père de deux écoliers, Marcel Houeton travaille à fond. « Je suis tenu de m’efforcer davantage pour donner la chance à mes enfants d’aller à l’école pour qu’ils ne subissent pas mon sort. On ne gagne rien. Parfois, vous n’avez pas de moyens pour vous nourrir, mais dans le même temps, votre enfant a de la fièvre. Dans ce cas, on négocie, avec le centre de santé pour payer par tranches», précise-t-il. En réalité, par milliers, les conducteurs de taxi-moto ou Zemidjan prennent, jour et nuit, d’assaut les routes de Cotonou et environs. Ils sont originaires en grande majorité du département du Zou, à une centaine de kilomètres de la capitale économique du Bénin. Leur accent renseigne très vite sur leur provenance. Selon l’Institut national de la statistique et de la démographie, en 2013, l’indice de la pauvreté humaine (Iph) est plus élevé dans les communes de Za-Kpota (52,8 %) et d’Agbangnizoun (50,9 %). La baisse des rendements agricoles et la paupérisation ambiante poussent fréquemment ces jeunes à l’exode rural. C’est le cas de Séraphin Houadatodé, rencontré au Carrefour Toyota et qui totalise déjà 9 ans dans cette activité. Ce natif de Za-Kpota a dû, dit-il, accepter ainsi son destin et s’efforce de s’y adapter. « Même étant à Cotonou, je n’ai pas abandonné les activités agricoles. Je cherche les moyens par le taxi-moto, puis j’arrive à payer les ouvriers qui sont dans mes exploitations agricoles. Je retourne par moments au village pour m’assurer que tout va bien. Ce n’est pas une activité de paresseux, mais pour celui qui veut garder sa dignité, malgré sa pauvreté», déclare-t-il. S’investir à fond pour se vider à plat Les engins ne leur appartiennent pas, pour la plupart. Certains payent mensuellement 40 000 FCfa pendant 15 mois en vue d’en devenir les propriétaires, soit 600 000 FCfa. Mais il n’est pas aisé pour ces maillots jaunes de respecter cet engagement. « Le contrat est rompu si le propriétaire n’est pas compréhensif. Il arrive que vous n’ayez pas les moyens. Si votre femme ou votre enfant a des soucis de santé, la priorité change. On répond d’abord à l’urgence », explique Séraphin Houadatodé. Ancien directeur général de l’Environnement, Dr Césaire Paul Gnanglè dit avoir été longtemps préoccupé par la situation de ces acteurs, au point de décider de mener récemment une étude sur le sujet. Les travaux révèlent que la quasi-totalité a choisi cette activité du fait du chômage et du manque de soutien. Selon ce chercheur, le bénéfice moyen mensuel d’un Zémidjan propriétaire de la moto qu’il utilise est de 49 000 FCfa à Abomey-Calavi et de 74 350 FCfa à Cotonou. En revanche, le Zémidjan non-propriétaire de sa moto a un bénéfice moyen mensuel de 6 150 FCfa à Abomey-Calavi et de 17 400 FCfa à Cotonou. La principale réalisation est l’achat de motos et de parcelles. Mais plus de la moitié des zemidjan dit n’avoir pu rien réaliser. «Les revenus sont faibles et ça cause des problèmes dans leurs ménages. Certains perdent même la virilité. Ils prennent des produits comme du Tramadol. Le gouvernement doit y penser parce que ce secteur est délaissé », déplore-t-il. Bien avant, une thèse de doctorat soutenue en 2017 par Gbetoton Nadège Adèle Djossou a dévoilé la même précarité. « Les revenus issus de l’activité, en moyenne 5 144 FCfa par jour, sont insuffisants pour couvrir les risques y afférents. Cependant, pour ne pas rester au chômage, les individus choisissent de l’exercer en dépit de ces risques», renseigne le document de 164 pages. Compte tenu de cette faiblesse des revenus, les maillots jaunes sont obligés de louer à trois, quatre, voire à dix une même chambre. C’est une promiscuité risquée en période de Covid-19, mais ils disent faire attention. « Chez moi à Akassato, nous sommes huit. Ça nous permet de réduire la charge de la location, même si c’est 15 000 Fcfa. On a d’autres dépenses. J’ai ma petite famille et ma mère. Les frais de scolarité sont là. Il faut assurer la maintenance de la moto. Certains dorment même au bord de la rue tout un mois pour que cette somme serve à payer du maïs pour nourrir la famille », ajoute-t-il. Accidents, insécurité, défaut d’assurance… Sans permis de conduire, les Zémidjan sont perçus par les Cotonois comme des dangers ambulants. Aux problèmes de santé déjà fréquents viennent se greffer des risques d’accidents et d’insécurité. Marcel Houéton a déjà manqué plus d’une fois de se faire braquer. « Une semaine après l’achat de cette moto que je conduis, j’ai été braqué à Etoile Rouge. Le client que j’ai pris a sorti une arme artisanale. Un complice l’attendait là. Heureusement, une patrouille de la Police était de passage. Ils ont fui, et la Police au début pensait que j’étais avec eux alors que je suis une victime », témoigne-t-il. S’il dit avoir eu la chance de sa vie, d’autres en revanche se font arracher leurs engins comme de petits pains, y perdant parfois même la vie. Par conséquent, Dr Césaire Paul Gnanglè propose une réorganisation complète de l’activité. « Les Zem à Cotonou, c’est un corps de métier qu’on ne peut supprimer. On ne peut que les organiser pour régler de nombreux problèmes. On peut mettre en place dans leurs zones d’origine des activités génératrices de revenus. On peut développer des exploitations de néré, de karité, et d’autres cultures à leur profit. Le chef de l’Etat prépare un programme de grandes cultures, c’est une opportunité », pense le chercheur. L’ancien directeur général de l’Environnement y croit après avoir vu une initiative pareille au Rwanda. « A Kigali, ils ont une mutuelle qui est élue par leurs pairs pour une durée de trois ans, un conseil d’administration qui s’occupe de la gestion issue des cotisations faites par les acteurs. Les activités génératrices de revenus menées sont confiées à un bureau d’études rémunéré par ces derniers. Ils cotisent 150 F rwandais par jour et par individu et cela leur permet de disposer d’un fonds de démarrage qui permet aux banques d’investissement de leur faire des prêts », explique Dr Césaire Paul Gnanglè. L’assurance est indispensable. Les travaux de Nadège Djossou montrent combien ces acteurs en ont besoin : « L’estimateur de Turnbull nous a permis d’estimer le Consentement à payer (Cap) moyen (Cap) à environ 1 600 F Cfa par mois pour les questions à simple choix dichotomique et à environ 2 000 F Cfa par mois ». Les maillots jaunes, ce sont des dizaines de milliers de citoyens qui espèrent, chaque jour un mieux-vivre. Et dont les vies s’arrêtent froidement, dans le silence. Société 14 sept. 2021


Représentativité du Bénin dans le monde: 67 nouveaux consuls honoraires nommés
Une carte diplomatique enrichie pour davantage servir la diaspora béninoise répartie sur l’ensemble de la planète. Telle est la ligne directrice de la politique qui consacre de nouveaux consuls, nommés pour satisfaire aux divers besoins. Le Bénin mieux représenté dans le monde que par le passé. On peut l’affirmer au regard des dernières modifications subies par la carte diplomatique. Au total, 67 nouveaux consuls honoraires sont nommés dont huit en Amérique, vingt-six en Europe, vingt-trois en Afrique et dix en Asie. Un consul, c’est pour les intérêts commerciaux (consuls honoraires) ou civils des nationaux du pays (consuls généraux). Mais généralement, le consul honoraire peut remplir ces deux fonctions. Sauf qu’il ne peut parler au nom du pays sur les questions politiques et diplomatiques, un rôle dévolu à l’ambassadeur. A la date d’aujourd’hui, le Bénin dispose de 11 ambassades dans les pays tels que la France, le Maroc, la Russie, Cuba, le Brésil, la Chine, le Japon, le Koweït, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis d’Amérique. Un consul général représente le pays au Nigeria, et une mission permanente auprès des Nations Unies (New York). Soit au total, 13 ambassades et représentations diplomatiques et consulaires. La réforme de la carte diplomatique Il faut dire qu’à l’arrivée au pouvoir du président Patrice Talon, le Bénin disposait de 39 représentations diplomatiques et consulaires, dont 11 ambassades dans le monde. Mais la réforme de la carte diplomatique induit la fermeture de nombre de représentations. «Les députés sont préoccupés par la carte diplomatique comme tout le monde. Pourquoi nous partons de 39 en 2016 à une vingtaine pour arriver aujourd’hui à 13 ambassades à l’étranger ? Je crois savoir que je suis arrivé à leur expliquer les raisons de cette réforme drastique. L’option aujourd’hui est notre efficience que nous combinons avec l’efficacité, c’est-à-dire plus de résultats avec moins de moyens, en modernisant les moyens de travail…», a expliqué en novembre 2020, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Aurélien Agbénonci. A l’en croire, le montant du projet de budget 2021 de son département ministériel est de 21 973 544 000 F Cfa par rapport à un montant de 27 951 000 000 F Cfa en 2020. Une tendance baissière due à la réforme de la carte diplomatique et au réajustement d’un certain nombre d’actions. Mais avec la nomination de ces nouveaux consuls, c’est la joie qui renaît sans doute dans le rang des Béninois de la diaspora qui auront désormais un interlocuteur pas très loin d’eux. Société 14 sept. 2021


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