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Nouvelles

Campagne médiatique des élections communales: La Haac évalue la gestion du processus
Les conseillers de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la Communication (Haac) tiennent depuis hier lundi 22 juin à Abomey un séminaire d’évaluation de la gestion de la campagne médiatique des élections communales du 17 mai dernier. Cette rencontre de trois jours qui réunit les conseillers et les responsables de différents organes de presse est présidée par le président de la Haac, Rémi Prosper Moretti. Outre les conseillers de la Haac sont aussi conviés à cette rencontre des responsables d’autres institutions impliquées dans l’organisation de cette campagne essentiellement médiatique. Il s’agit entre autres de responsables du ministère en charge de la Justice, de la Commission électorale nationale autonome (Cena), de l’Office national d’imprimerie et de presse (Onip), de l’Ortb et des divers organes de presse. Des institutions qui sont invitées à évaluer avec les autres acteurs la gestion de cette campagne exclusivement médiatique du fait des menaces de la pandémie du Covid-19. Au cours des trois jours, les participants réfléchiront d’abord sur le bilan des activités menées en matière de gestion de la campagne médiatique. Ensuite, les travaux en atelier permettront de dégager les imperfections et de faire des recommandations pour les prochaines échéances électorales. A l’ouverture des travaux hier à Abomey, c’est le conseiller Armand Houssou, président de la Commission de la formation et de la documentation qui, dans son mot introductif a reconnu le mérite du président de la Haac. Ce dernier, dit-il, en harmonie avec les présidents des institutions et le président de la République, avait décidé de relever le défi du fonctionnement harmonieux et ininterrompu des structures démocratiques. Puis il a, à la satisfaction de ses collègues, relevé le défi de ce qu’il conviendrait désormais d’appeler « Campagne exclusivement médiatique des élections communales de l’année 2020 » à un moment où les Béninois se demandaient déjà si les élections communales allaient pouvoir se tenir dans un environnement où les acteurs politiques se posaient la question de savoir comment organiser la campagne. Mieux s’outiller Le conseiller Armand Houssou sera appuyé par la directrice de cabinet du garde des Sceaux, ministre en charge de la Justice, Aleyya Gouda Baco, qui salue aussi « la Haac pour la réussite de cette mission noble accomplie en tant qu’arbitre et surtout dans un environnement sanitaire préoccupant marqué par la pandémie du Covid 19 ». Quant au président de la Haac, Rémi Prosper Moretti, dans son mot d’ouverture du séminaire, il a tenu à louer les efforts de tous les acteurs et artisans de la réussite de cette campagne médiatique des communales. Il rappelle que cette rencontre d’évaluation vise à donner de la valeur, prendre du recul, émettre un constat sur une situation et prendre des décisions, au regard des objectifs de départ et des finalités de l’action. C’est dire que cette évaluation de la gestion de la campagne médiatique des élections communales du 17 mai 2020 n’est pas un atelier comme les autres. Elle s’imposait à tous les acteurs. Il faut bien tirer des leçons de cette expérience inédite initiée par l’institution de régulation. Ainsi, il était nécessaire que les conseillers et les autres acteurs impliqués se retrouvent pour faire le bilan de toutes les activités menées et tirer les leçons pour les élections à venir. Pour Rémi Prosper Moretti, les résultats de cette rencontre qui prend fin demain mercredi permettront d’opérer des changements qualitatifs et pérennes. En somme, mieux s’outiller pour réguler les prochaines élections qui s’annoncent. Actualités 23 juin 2020


Sommet Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19: L'Humanité vaincra définitivement le coronavirus (Confiance ferme, initiative sincère, mesures pragmatiques)
L’Afrique et la Chine ont tenu un sommet extraordinaire par visioconférence sur la solidarité contre le Covid-19. Au terme des assises, la Chine a réitéré son engagement à soutenir le développement des pays africains. Aussi, a-t-elle pris de nouveaux engagements, notamment dans le cadre de la lutte contre la pandémie du coronavirus. Le 17 juin 2020, à l'initiative conjointe du président chinois monsieur Xi Jinping, du président sud-africain et président tournant de l'Union africaine (Ua) monsieur Cyril Ramaphosa, et du président sénégalais et coprésident africain du Forum sur la coopération sino-africaine (Fcsa) monsieur Macky Sall, a eu lieu, par visioconférence, un sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre la pandémie du nouveau coronavirus. Les présidents des pays membres du bureau de l'Union africaine, les présidents tournants des organisations sous-régionales, le président de la Commission de l’Union africaine y ont aussi assisté. Au moment où le coronavirus fait des ravages dans le monde entier, ce sommet visuel de solidarité sino-africaine tenu à un moment spécial, en forme spéciale, va exercer des influences significatives sur les relations entre la Chine et l’Afrique. Je pense que nous pouvons retenir quatre mots clés de ce sommet, à savoir, la confiance, la solidarité, le multilatéralisme et la coopération. Confiance Ce sommet a pleinement démontré la confiance et la détermination ferme des présidents chinois et africains à vaincre le Covid-19 à travers des efforts inlassables. L’humanité vit aujourd'hui l'urgence mondiale de santé publique la plus grave depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Survenue de manière soudaine, la pandémie du coronavirus a touché presque tous les pays et régions du monde, et affecté plus de sept milliards de personnes. Plus de 300 000 personnes en sont malheureusement décédées. Ses influences importantes sur la politique, l'économie, la société de tous les pays concernés, et les relations internationales dans le futur, sont grandes et pour longtemps. Le virus ne connaît ni frontières ni ethnies. Grâce à des efforts hardis et au prix de grands sacrifices, la Chine est parvenue à endiguer la propagation du virus sur son territoire, mais elle est encore confrontée au risque de résurgence. En Afrique, grâce aux efforts unis des gouvernements et des peuples africains, et à la coordination active de l'Union africaine, des mesures fortes et difficiles ont été prises, permettant d'atténuer la situation et d'obtenir des résultats encourageants. La Chine et l'Afrique ont résisté à cette rude épreuve, car nos pays ont accordé toujours la priorité aux préoccupations de nos peuples et à leur vie. L'histoire de la civilisation humaine est celle de la lutte contre les maladies et les catastrophes. Ce sommet a démontré la confiance et la volonté entre la Chine et l’Afrique de gagner cette guerre contre la pandémie du coronavirus. Face aux difficultés, la confiance est plus précieuse que l'or. Solidarité La solidarité internationale est l’arme la plus puissante pour vaincre le Covid-19. Face à ce défi sanitaire, la Chine et l'Afrique se sont soutenues mutuellement et ont mené un combat solidaire. Lorsque la Chine traversait les moments les plus difficiles, l'Afrique lui a apporté un soutien précieux. Quand l'Afrique a été touchée par le virus, la Chine a été l'un des premiers pays à lui porter assistance, en lui fournissant des matériels médicaux par le biais du gouvernement, des entreprises et des associations sociales chinoises, en envoyant plusieurs groupes d'experts médicaux en Afrique pour partager les expériences de lutte contre le virus avec leurs collègues africains. Aujourd'hui, la pandémie continue de se propager en Afrique et les pays du continent sont confrontés à de multiples défis. Dans son discours lors du sommet, le président Xi Jinping a réitéré son appel au renforcement de l'appui aux pays africains et a annoncé des mesures pragmatiques de soutien à leur profit. En effet, la Chine mettra en place un mécanisme de coopération entre 30 hôpitaux chinois et africains. Elle va démarrer la construction du siège du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies (Cdc) d'ici la fin de cette année, et travailler avec l'Afrique pour mettre effectivement en œuvre l'initiative pour la santé dans le cadre du Forum sur la Coopération sino-africaine (Fcsa), accélérer la construction des hôpitaux d'amitié Chine-Afrique et favoriser les partenariats entre hôpitaux chinois et africains. Par ces efforts, nous souhaitons bâtir conjointement une communauté de santé Chine-Afrique pour tous. La Chine s'engage à donner aux pays africains un accès prioritaire au vaccin lorsqu'il sera développé et déployé par la Chine. Multilatéralisme Le système de gouvernance mondiale avec au centre l'Organisation des Nations unies, a contribué de façon considérable au maintien de la paix dans le monde et à la promotion du développement économique durable. Le leadership de l'Organisation mondiale de la santé (Oms) et la promotion de la coopération internationale contre le Covid-19, ont été largement salués par la communauté internationale. A l'heure actuelle, la lutte contre le Covid-19 par la communauté internationale est à un stade crucial. Soutenir l'Oms, c'est soutenir la lutte contre le nouveau coronavirus de la coopération internationale et sauver la vie humaine. Nous nous opposons à la politisation de la pandémie, à l'étiquetage du virus, à la discrimination raciale et au préjugé idéologique. Nous défendons fermement l'équité et la justice internationales. La Chine et l'Afrique expriment ensemble leur soutien à la direction de l'Oms pour renforcer la solidarité et la coopération internationales, et pour aider les pays en voie de développement, en particulier les pays africains dont les systèmes de santé publique sont faibles. Face au défi de la pandémie du Covid-19, il est nécessaire de respecter les principes d'objectivité, d'impartialité et les baser sur la science et le professionnalisme. La société humaine est entrée dans une ère de défis sans fin et de risques croissants. Le multilatéralisme incarne le concept commun de «Un pour tous, tous pour un » et sous-tend notre engagement à protéger notre maison commune. Coopération La menace du coronavirus est temporaire car, l’humanité va la vaincre certainement. Mais promouvoir la coopération sino-africaine pour le développement soutenu constitue une mission pour l'avenir. Afin de surmonter l'impact du coronavirus, les présidents chinois et africains ont décidé de renforcer la coopération dans le cadre de l'Initiative « la Ceinture et la Route » et accélérer la mise en œuvre des acquis du sommet de Beijing en mettant davantage l'accent sur la santé, la reprise des activités et l'amélioration du bien-être de la population. La Chine promet d’annuler, dans le cadre du Fcsa, les prêts sans intérêts arrivant à échéance fin 2020 des pays africains concernés. Elle est prête à travailler avec la communauté internationale pour accroître le soutien aux pays africains durement touchés et soumis aux fortes pressions, notamment par l'allongement du délai de remboursement de leur dette, pour les accompagner en cette période difficile. La Chine soutient l'Afrique dans la construction de la Zone de libre-échange continentale et ses efforts pour renforcer la connectivité et améliorer les chaînes industrielles et d'approvisionnement. Elle est prête à œuvrer avec l'Afrique pour élargir la coopération dans l'économie numérique, la ville intelligente, l'énergie propre, la 5G et d'autres nouvelles formes d'activité, de sorte à contribuer au développement et à l'émergence de l'Afrique. La coopération sino-africaine est ouverte, nous soutenons la participation des partenaires internationaux pour une coopération tripartite ou multipartite, sur la base du respect de la volonté des pays africains. Le coronavirus impacte profondément l'évolution de la société humaine. Néanmoins, l'aspiration à une vie meilleure des humains ne change jamais, et la roue historique du développement pacifique et de la coopération gagnant-gagnant continue de progresser. Le discours « vaincre le Covid-19 par la solidarité et la coopération » prononcé par le président chinois Xi Jinping lors du sommet, a souligné l'orientation de la coopération sino-africaine, en dessinant un plan pour l'avenir des relations sino-africaines. Des initiatives sincères et des mesures pragmatiques annoncées font ressentir la fraternité chinoise aux pays africains. Ce sommet extraordinaire Chine-Afrique sur la solidarité contre le Covid-19 a montré encore une fois au monde que la Chine et l'Afrique ont un rêve commun. Lequel consiste à bâtir conjointement une communauté de destin. Nous sommes convaincus qu’en restant unis et solidaires, nous vaincrons la pandémie, sortirons de ce moment sombre de l'histoire humaine, et contribuerons à un avenir plus radieux de l’humanité. Par Peng Jingtao Ambassadeur de la République populaire de Chine près le Bénin Actualités 23 juin 2020


Luis Felipe Lopez-Calva sur les impacts sociaux et économiques du Covid-19: « La pandémie frappera les économies et les individus très durement… »
L'une des questions les plus importantes dans le contexte actuel est de savoir à quoi ressembleront les impacts sociaux et économiques du Covid-19. Pour explorer cela, Luis Felipe Lopez-Calva, directeur régional du Programme des Nations Unies pour le développement et secrétaire général adjoint des Nations Unies, apporte son éclairage à travers cette interview. Quels sont, selon vous, les principaux impacts socio-économiques du Covid-19 perçus ou constatés jusqu'à présent ? Luis Felipe Lopez-Calva: Je pense que c'est différent d'une région à l'autre. La première chose que je dirais, c'est que, comme vous le savez, le contrôle de la pandémie - à cause de l'incertitude, de l'ampleur et de l'endroit où se trouvent les principaux points chauds en termes de contagion - a mené à un confinement complet dans de nombreux cas. Dans la région latino-américaine, en Europe, dans de nombreux cas, il y a eu des mesures très strictes de confinement, et comme l'a dit l'économiste Nobel Paul Krugman, « C'est comme mettre l'économie dans un coma provoqué ». Donc, d'une certaine façon, vous fermez tout, pour que les gens puissent rester à la maison et que vous puissiez identifier les points chauds et essayer de contrôler la pandémie. L'urgence sanitaire devient fondamentalement l'élément le plus important, et vous arrêtez l'économie. Comment cela affecte-t-il les gens? Certes, l'économie se contracte... Mais dans de nombreux cas, ce qui se passe, c'est que toute la dépense est contractée, de sorte que les entreprises commencent à avoir des problèmes de liquidités, ne peuvent pas payer de salaires. Finalement, elles doivent virer des gens. Donc, toute la fibre économique, disons, la structure économique commence à être endommagée. Les gens commencent concrètement à perdre leur emploi, perdent leurs salaires. Certains d'entre eux ont des économies pour y faire face, mais beaucoup d'entre eux non. Ainsi, de grands groupes de population sont touchés très durement par ces situations, surtout les pays à revenu intermédiaire et à faible revenu où, par exemple, nous n'avons pas d'assurance-chômage et où nous avons des mécanismes très limités pour protéger ces personnes. Les gouvernements sont réactifs, mais même avec cette réaction, en essayant de transférer un revenu à la population, le principal impact reste la pauvreté monétaire. En Amérique latine, si l'on prend les seuils de pauvreté nationaux, on prévoit que près de 30 millions de personnes reviendront dans la pauvreté après une période de réduction de la pauvreté pendant 15 ans. Si vous regardez des niveaux très très bas, comme ce que la Banque mondiale appelle « l'extrême pauvreté », qui est de 1,9 dollar par jour et par personne, ce qui est une pauvreté monétaire très importante, en Afrique subsaharienne, près de 24 millions de personnes atteindront ce niveau d'extrême pauvreté. C'est le principal impact de la pandémie dans un premier temps. Ensuite, il faut se pencher sur l'éducation. Les établissements éducatifs sont également fermés. Dans de nombreux cas, vous pouvez faire des technologies en ligne, comme nous faisons. Mais dans de nombreux pays, des groupes de population n'ont pas accès à ce type de mécanisme. Et donc, il y a dans un deuxième temps un grand impact sur la capacité des individus, des enfants, des jeunes à poursuivre leur scolarité. Et ces retards, bien sûr, peuvent éventuellement être récupérés, certes avec un coût, mais beaucoup de gens prédisent que cela conduira à des abandons. Les enfants et les jeunes sont découragés, et ils peuvent abandonner. Donc, nous ne savons toujours pas exactement, mais je pense que le deuxième grand impact sera sur l'éducation, le capital humain pour les sociétés. Et bien sûr, si nous commençons à examiner les faillites et les entreprises qui n'ont pas la capacité de payer leurs prêts, et ainsi de suite, nous verrons aussi un grand impact sur le secteur financier. Donc, nous avons ces trois aspects et peut-être d'autres, mais trois aspects très importants suivant lesquels la pandémie frappera vraiment les économies et les individus très durement. Y a-t-il des endroits où les petites entreprises ont été plus touchées que les flux de capitaux, ou le commerce, peut-être ? Selon les prévisions de la Banque mondiale, en termes d'augmentation de la pauvreté, l'Afrique est durement touchée. Je dirais qu'en termes d'impacts économiques, comme nous le voyons, l'Europe est touchée, mais pas avec un si grand effet de pauvreté parce qu'ils ont des mécanismes de protection des personnes comme l'assurance-chômage... Mais je voudrais souligner un point sur les pays à revenu intermédiaire. La région où je travaille, en Amérique latine et dans les Caraïbes, comporte principalement ce que nous appelons des pays à revenu intermédiaire. C'est également une région qui n'a pas été en mesure de consolider les sociétés de la classe moyenne. Car il ne faut pas considérer qu'un pays à revenu intermédiaire a une classe moyenne forte. Il y a des pays à revenu intermédiaire avec d'importantes populations vulnérables. Parce qu'ils sont coincés dans l'économie informelle, il y a beaucoup de gens qui dépendent de leur capacité quotidienne à sortir et à générer un certain revenu. En même temps, les pays à revenu intermédiaire ne sont pas éligibles à un financement concessionnel, par exemple. Or, la réponse que le Fmi et la Banque mondiale ont conçue pour essayer d'alléger la dette des pays est principalement axée sur les pays à faible revenu et les pays moins développés, les mesures ne s'appliquent pas aux pays à revenu intermédiaire. Les pays à revenu intermédiaire ont donc réagi à tous ces effets que j'ai mentionnés précédemment, en essayant de protéger les gens, de transférer de l'argent aux gens, de protéger les entreprises en donnant des lignes de crédit, de fournir des liquidités. Tout ceci impacte leur capacité financière sans qu'ils bénéficient d'allégements en termes d'accès au financement. Nous prévoyons donc une situation financière très sérieuse pour ce grand groupe de pays à revenu intermédiaire, car ils manqueront certainement de capacité à réagir faute de marge de manœuvre budgétaire. Je dirais qu'en termes de situation macroéconomique, les pays à revenu intermédiaire seront durement touchés, surtout si cette crise dure longtemps. Et à très court terme, les régions avec beaucoup d'économie informelle et une faible capacité de réaction comme l'Afrique subsaharienne subiront un impact sur le niveau de pauvreté des populations. C'est vraiment fascinant pour moi ce que vous dites au sujet de la mesure dans laquelle une économie nationale peut être composée de salariés essentiellement informels, et la part de Pib d'un pays que cela peut représenter. Et cela signifie que si les gens sont des salariés informels, ils ne sont pas inscrits dans un système national qui pourrait tenter de créer un filet de sécurité. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? Cela signifie qu'en Amérique latine, le niveau le plus bas serait disons l'Uruguay, avec entre 25 à 30 pour cent de main-d'œuvre informelle. Mais ensuite, vous montez à 60 ou 70 pour cent d'emplois qui sont formels, mais qui travaillent dans de très petites entreprises dont les niveaux de productivité sont très faibles, et qui ne sont pas enregistrés. Cela signifie que ces personnes, les travailleurs de ces entreprises, n'ont pas accès à la protection sanitaire de base, à la protection sociale, à la retraite et à tous ces éléments, d'une part. Et d'autre part, ces entreprises ne cotisent pas dans la plupart des cas parce qu'elles ne sont pas enregistrées dans le système fiscal de l'État. Cela crée également des États très faibles du point de vue budgétaire, de sorte que leur capacité de réaction est également plus faible. Mais cela implique aussi les travailleurs indépendants. Les gens qui sont des plombiers, des ouvriers de la construction et les professionnels qui travaillent aussi à leur compte. Et dans de nombreux cas, ils ne sont pas enregistrés non plus. Ils n'ont donc pas ces mécanismes pour se protéger du choc, à moins qu'ils ne disposent d'économies, ce qui n'est pas en fait la situation la plus courante, en particulier pour ceux qui ont des revenus plus faibles. Donc, ce niveau d'informalité est très important. Mais dans ce contexte d'informalité, je tiens à souligner que les femmes sont surreprésentées. Fondamentalement, en raison du manque de garderies fournies par le secteur public et de l'absence d'un système qui soutient les garderies, de nombreuses femmes n'ont pas la possibilité de travailler à temps plein, ou de travailler et d'élever leur famille. Les femmes sont donc particulièrement surreprésentées dans cette situation informelle d'emplois très vulnérables. En ce sens, les femmes deviennent un groupe très vulnérable en termes d'impact économique de cette crise. Comment commencer à penser à rouvrir les économies et à équilibrer ce risque par rapport à la nécessité de faire circuler l'argent ? Il y a beaucoup de discussions dans la sphère publique sur le compromis entre la vie et les moyens de subsistance. Donc, l'idée est soit de protéger des vies, soit de protéger des emplois, et je pense que l'étendue de ce compromis dépend de la capacité des économies et des sociétés à fournir plusieurs choses. D'abord, des tests à grande échelle. C'est très important, nous le savons, pour identifier précisément les points chauds sans avoir à fermer toute l'économie. Si vous pouvez vraiment tester de manière systématique, vous pouvez être plus stratégique quant à ce qu'il faut arrêter. Et bien sûr, c'est lié aussi à la capacité des systèmes de santé. S'il n'y avait pas de contraintes en termes de capacité des systèmes de santé, nous aurions beaucoup plus de marge face à cette pandémie. Le deuxième élément est la capacité financière des gouvernements, comme je l'ai déjà mentionné. Dans quelle mesure vous pouvez réellement soutenir les entreprises, soutenir les particuliers par le biais de mécanismes fiscaux, afin que vous puissiez réellement faire face à une crise, contrôler les éléments de santé, puis rouvrir. Mais l'autre chose est la capacité, comme vous l'avez dit, de rouvrir stratégiquement, de déterminer et de faire respecter les normes de sécurité. Alors, quels sont ces secteurs ? Je peux vous dire, par exemple, qu'il y a eu un gouvernement récent avec lequel j'ai eu une discussion en Amérique latine, et dans le bureau du président, le bureau des affaires stratégiques du président, ils ont un tableau de bord très sophistiqué où ils ont les secteurs qui fournissent plus d'emplois et plus de valeur ajoutée à l'économie. Et dans l'autre, ils suivent effectivement le risque de contagion, et ils commencent à rouvrir très attentivement l'économie, en examinant ceux qui ont un impact élevé en termes de reprise économique, mais aussi ceux qui présentent un risque relativement faible. Et ils cherchent quel genre de conditions établir pour essayer de rouvrir. Par exemple, l'industrie de la construction d'infrastructures opère en extérieur. C'est dans un espace ouvert, où il est relativement facile d'établir des règles et de contrôler les gens qui vont dans le chantier et en sortent. Eh bien, peut-être que vous pouvez ouvrir ce genre de secteur avec tous ces contrôles. Mais peut-être que dans le divertissement, ou les cinémas, ou les centres commerciaux, c'est plus compliqué- parce que ce sont des zones de contagion ou des sources de contagion, potentiellement, et pourraient vraiment créer une nouvelle vague de contagions. Là, il faut être plus prudent. Donc, cette réflexion minutieuse sur les secteurs et les normes permettant de rouvrir est très importante pour essayer de retrouver la dynamique économique sans courir le risque d'une nouvelle vague de contagions. Pour cela il faut des compétences au sein des gouvernements. Et c'est un élément, par exemple, sur lequel nous, en tant que Programme des Nations Unies pour le Développement, avons essayé d'appuyer les gouvernements, avec d'autres organisations multilatérales, et des collègues qui ont essayé d'apporter de l'expertise. Ainsi, nous avons, par exemple, un très bon accord récent avec une organisation nommée GrandATa qui utilise tous les appareils mobiles, parfois ils utilisent des téléphones cellulaires ou d'autres types d'appareils, pour essayer d'identifier (anonymement, bien sûr) les groupes de personnes et le niveau de mobilité dans les différents quartiers de la ville. Nous essayons d'utiliser ce type de données pour conseiller les gouvernements afin de voir où le confinement sera plus efficace, où la mobilité peut être assouplie. Donc c'est un élément que nous avons, l'utilisation de la technologie, pour faire appliquer les restrictions de mobilité, ou la production de connaissances, car il y a un manque de connaissances. Donc, nous développons des documents de politique qui sont produits très rapidement, pour essayer de fournir aux gouvernements des conseils et des connaissances sur la façon d'analyser et de réagir à cette crise. Il y a un grand besoin de capacité, en termes de connaissances, de finances, de capacité de mise en œuvre des gouvernements, et dans la mesure où vous pouvez combler ces lacunes, vous pouvez rouvrir l'économie avec des niveaux de risque plus faibles. Nous avons parlé des désavantages des pays à revenus faible et intermédiaire en raison de la structure de leurs secteurs de revenus, en raison de leur manque relatif de capitaux. Mais je me demande s'il y a des aspects par lesquels les pays à revenu faible ou intermédiaire seraient moins défavorisés dans cette crise. Par exemple, nous avons parlé de la façon dont, dans les régions où la tuberculose est encore présente, tout le monde sait comment faire du traçage de contacts. Ce n'est pas une compétence qui a disparu de la culture comme elle l'a été aux États-Unis, par exemple. Et il y a des pays qui peuvent avoir un avantage économique parce qu'ils accueillent les sites de fabrication de médicaments, même si ces sites appartiennent à d'autres pays. D'autres idées dans ce sens ? En général, je dirais qu'il pourrait y avoir certains avantages, par exemple à l'intérieur d'un pays, vous pouvez penser, et c'est souvent le cas, que le secteur rural est moins exposé et que l'économie rurale peut continuer à fonctionner parce qu'elle n'est pas si dépendante des agglomérations et de concentrations importantes. Ainsi, le secteur rural, par exemple, pourrait être plus protégé, et peut-être pourriez-vous rouvrir le secteur rural plus rapidement. Et il s'agit généralement d'économies plus rurales, si l'on parle des pays à revenu relativement faible, qui pourraient donc être considérées comme moins touchées, et c'est un critère objectif. Mais dans l'ensemble, je pense que l'effet net d'être pauvre dans cette crise n'est pas positif, surtout parce qu'il interagit avec les autres contraintes que j'ai mentionnées précédemment. Le manque de capacité des gouvernements, le manque de financement. En fin de compte, le fait d'avoir des revenus plus faibles, même si cela présente certains avantages comme ceux que vous mentionnez, n'est pas un avantage dans l'ensemble. Ces pays auront besoin de beaucoup de soutien. Et dans un pays aussi, les groupes à faible revenu, plus vulnérables, nécessiteront une réponse très proactive de la part des gouvernements. Sinon, cette crise va aggraver les inégalités déjà existantes. Vous avez mentionné tous ces chocs qui affectent différents groupes de la population. Mais il faut reconnaître qu'avant la crise, il y avait aussi de nombreux problèmes structurels, de sorte que ces crises ne font qu'exacerber ce problème structurel. Ce n'est pas la cause principale de beaucoup de ces problèmes, mais c'est en fait l'interaction de cette crise avec les inégalités structurelles existantes, les faibles niveaux de productivité et la faiblesse de la situation financière des gouvernements. Tout cela est exacerbé, et par exemple, lorsque nous parlons d'éducation, l'inégalité est très claire : ceux qui sont pauvres ont moins accès à ce type de technologie, de sorte qu'ils ont moins accès à l'éducation continue. Dans certains cas, nous envisageons toutes les technologies -si on peut dire - comme la télévision ou même la radio pour essayer de poursuivre l'éducation de certains groupes qui ne peuvent pas avoir accès au net. Ces types de solutions sont donc nécessaires, même si elles semblent sortir du passé. Maintenant, elles sont devenues un moyen d'essayer de surmonter ces inégalités et de réduire l'impact de la crise. Mais certainement, nous allons voir ces inégalités s'aggraver, et je pense qu'une partie de la réponse politique devrait être d'essayer d'avancer vers la reprise plutôt que de creuser ces inégalités, d'essayer de créer une nouvelle normalité plus inclusive. Mais il n'y a pas de solutions faciles pour cela. Permettez-moi de vous poser la question suivante : alors que les sociétés commencent inévitablement à rouvrir parce que les économies ne peuvent pas être gelées aussi longtemps, quels seront les indicateurs que vous recherchez qui vous indiqueront que les préoccupations sociales et économiques sont adéquatement équilibrées ? Premièrement, il est nécessaire, comme je l'ai déjà dit, d'identifier quels secteurs peuvent avoir un multiplicateur économique plus élevé, comme nous disons. Autrement dit être des moteurs de récupération rapide. Et équilibrer cela, ou contrôler cela, avec le niveau de risque. Il s'agit d'un élément très important. Si nous pouvons avoir des indicateurs objectifs de secteurs qui peuvent être des moteurs de reprise avec des niveaux de risque relativement faibles... J'ai mentionné la construction d'infrastructures, par exemple. Ou peut-être des secteurs ruraux dans des types spécifiques d'activités. Nous pouvons donc essayer de rouvrir ceux qui peuvent avoir un effet sur la reprise sans augmenter de façon disproportionnée le risque, puis essayer de surveiller attentivement la situation. Bien sûr, en même temps, nous essayons de créer des mécanismes de sécurité, comme en Colombie, où le Pnud a appuyé un projet visant à fabriquer des masques qui peuvent être utilisés par les gens pour être moins exposés à une contagion potentielle dans certains secteurs. Et ces masques sont maintenant produits de façon plus massive, ce qui est positif. Il y a aussi ces éléments qui peuvent rendre le retour au travail plus sûr alors que nous cherchons une solution médicale au problème médical, au problème de santé. Et au bout du compte, nous espérons qu'il y aura une solution médicale, mais entre-temps, nous devons absolument équilibrer, je dirais, ces deux éléments. L'impact économique des secteurs qui peuvent avoir un multiplicateur plus élevé tout en contrôlant les niveaux de risque. Et certainement, ce que nous ne devons pas oublier, abandonner, c'est protéger de manière très proactive les groupes vulnérables. Je vous le disais, les femmes du secteur informel. Des groupes vulnérables qui ont moins de capacité de générer des revenus dans cette situation et n'ont pas accès à l'assurance-chômage ou à un salaire. Vous devez maintenir leur capacité de ne pas tomber vers des niveaux plus profonds de pauvreté. Donc, maintenir cette priorité très claire sur le soutien à ces populations. Dans certains cas, des personnes qui ne sont pas pauvres et normalement pas admissibles à ce genre de programme, mais vous ne voulez pas qu'elles tombent dans la pauvreté. Vous devez donc les soutenir. Et j'insisterais sur les entreprises, afin qu'elles ne tombent pas en faillite et détruisent ensuite la base économique de la reprise. Parce que plus les entreprises font faillite et l'emploi est détruit, plus il sera difficile de revenir à la normalité économique. Plus il faudra de temps. Vous devez donc protéger ce type d'emploi. Tout cela nécessite, encore une fois, un financement. Et la communauté internationale peut jouer un rôle très important dans le soutien aux pays particulièrement pauvres, de sorte que nous puissions avoir un effet relativement moins nocif. Quoi qu'il en soit, comme nous le savons, cette période sera certainement considérée comme la période économique la plus difficile depuis un siècle. Il y a là beaucoup de choses à penser, beaucoup d'idées à assembler? Propos receuillis par Maryn MACKENNA, journaliste scientifique et auteure Actualités 23 juin 2020


Lutte contre la propagation du Covid-19: La Mef appelle ses dirigeants au respect strict des mesures barrières
Au lendemain de la rencontre du gouvernement avec les autorités réligieuses, le responsable national de la Mission évangélique de la Foi a tenu une conférence de presse, vendredi 19 juin dernier. C’est pour rappeler aux dirigeants des paroisses la nécessité de respecter scrupuleusement les mesures barrières contre le Covid-19. « Nous invitons le corps du Christ, toutes dénominations confondues, singulièrement la Mission évangélique de la foi sur toute l'étendue du territoire national au strict respect des différents gestes barrières impérativement recommandés par le gouvernement dans la lutte contre la pandémie », a exhorté Dieudonné Noukounyéflin, pasteur responsable national de la Mission évangélique de la foi Int., coordonnateur de la zone francophone pour l'église, au cours de sa conférence de presse ce vendredi 19 juin. Il s'agit, précise-t-il, de la mise en place des dispositifs de lavage des mains et de gel hydro-alcoolique devant les différentes paroisses, de l'interdiction d'accès au temple sans le port d'un cache-nez, de l'observation de la distanciation d'une personne par mètre carré, de la réduction raisonnable de la durée du culte, de la prise des mesures pour éviter les attroupements devant les différentes paroisses avant et après le culte… « Par ailleurs, nous invitons les pasteurs de la Mission évangélique de la foi à observer rigoureusement les consignes du Conseil exécutif national pour la démultiplication des cultes, la suppression des cultes interprétés si les dispositions relatives à l'utilisation des microphones ne peuvent pas être observées (culte entièrement en français ou entièrement en langue locale dans ce cas ), le port de cache-nez est obligatoire aussi bien pour le prédicateur, son interprète que pour tous les fidèles », a poursuivi Dieudonné Noukounyéflin. En réitérant au gouvernement en général et au ministère de la Santé en particulier le soutien et l’attachement de la Mef dans la lutte contre ce fléau mondial, le pasteur responsable national compte sur la puissance de Dieu pour la protection du pays. Il compte également sur les différents clergés qui feront tout pour l'observance des mesures édictées par le gouvernement pour éradiquer la pandémie du Covid-19. Rappelons que lors de la rencontre du gouvernement avec les responsables des lieux de culte, il a été décidé de l’évaluation de la mise en œuvre des mesures barrières contre la propagation du coronavirus. Dans ce cadre, le gouvernement a annoncé une mission d’inspection, ce week-end, dans tous les départements du Bénin, images à l’appui, pour apprécier comment les églises respectent les mesures édictées. C’est à l’issue de cette évaluation que le gouvernement pourra décider s’il faut laisser poursuivre les activités dans ces lieux de culte ou non. Aucune légèreté dans le respect des mesures barrières contre la propagation du coronavirus ne sera donc tolérée. Société 22 juin 2020


Entretien avec Benoît Djossou, Dar/Anssfd: « 38 structures illégales de microfinance récemment dénombrées »
Benoît Djossou est le directeur de l’Agrément et de la Réglementation auprès de l’Agence nationale de surveillance des systèmes financiers décentralisés (Anssfd). A l’en croire, une quarantaine d’institutions illégales sont dénombrées; ce qui appelle à la vigilance et à la prudence de la population. Il nous parle ici de l’accompagnement de l’Agence pour amener les structures exerçant dans le secteur de la microfinance à se conformer à la règlementation en vigueur. La Nation : Toutes les structures de collecte de l’épargne et/ou d’octroi de crédits exerçant aujourd’hui au Bénin respectent-elles les exigences légales d’existence en la matière ? Benoît Djossou : Non. Nous ne pouvons pas l’affirmer tout de go. C’est vrai qu’après la crise de 2010, il y a eu en 2011 un recensement de toutes les initiatives qui exercent les activités de microfinance, qu’elles soient autorisées ou non. A l’occasion, on avait dénombré 721 structures illégales dont 495 exerçaient en marge de la règlementation, soit une proportion de 69 % de structures dans l’illégalité. Fort de ce contexte, on a dû élaborer une stratégie nationale d’assainissement du secteur de la microfinance qui a été adoptée par tous les acteurs en novembre 2013. En quoi consistait la stratégie d’assainissement ? La stratégie comportait trois axes dont l’un des piliers est dédié aux structures informelles. Il était question d’identifier des structures présentant des signes de viabilité pour les accompagner à se formaliser, puisqu’il y en avait qui sont d’une certaine taille. C’est ainsi qu’on a retenu un lot de vingt-cinq qu’on essaie d’amener à se conformer à la règlementation. Pour ce faire, nous avons sollicité l’appui de l’institution d’émission : la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Bceao) qui a accédé favorablement à notre doléance et qui nous accompagne dans ce processus. Malgré cela, le recensement que nous avons effectué en 2019 a permis d’identifier à nouveau trente-huit structures qui exercent en marge de la règlementation. Donc de 495 en 2011, on est à une quarantaine de structures encore dans l’illégalité aujourd’hui. Le processus de formalisation est-il engagé au niveau de ces nouvelles structures identifiées ? L’Institut national de la statistique appliquée à l’économie (Insae) qui a réalisé l’étude, n’a déposé son rapport provisoire que courant premier trimestre 2020. Quand nous aurons le rapport définitif, nous allons faire le traitement qui convient. Mais avant, au niveau national, le Comité de stabilité financière et d’assainissement du secteur de la microfinance (Csfasm), dans son programme d’activités, identifie des zones, des départements où il sensibilise les hommes en uniforme, notamment les policiers, les élus locaux, les autres structures ministérielles décentralisées de sorte à toujours faire porter le message que : pour exercer la microfinance, il faut obtenir préalablement l’agrément. On sensibilise également les populations pour qu’elles s’assurent toujours que les structures sont autorisées avant d’engager leur épargne. Sur ce point-là, l’article 20 de la loi n°2012-14 du 21 mars 2012 portant règlementation des systèmes financiers décentralisés fait obligation à toutes les structures qui sont autorisées à faire figurer sur leurs enseignes, panneaux publicitaires, le numéro et autres références d’autorisation. C’est juste pour permettre aux populations de savoir si la structure vers laquelle elles se portent, ont l’agrément délivré par le ministre chargé des Finances pour exercer. Concrètement, quel accompagnement apporte l’Anssfd aux structures ? Lorsque les promoteurs déposent par exemple leurs dossiers, nous mettons en place des équipes pour les vérifier et formuler les observations afin de parfaire, d’améliorer la qualité des documents de gestion. Lorsque vous avez une structure qui exerce et que les manuels de gestion ne sont pas bons, soyez sûrs que c’est la déviance dans la gestion. En fin de compte, lorsque la structure arrive au terme de la procédure d’agrément, vous êtes sûrs que les documents de gestion sont de bonne facture. Cela ne garantit pas forcément leur application dans la gestion dès l’obtention de l’agrément. Mais une fois que l’institution est autorisée, nous faisons le contrôle au moins une fois par an. A l’issue du contrôle, il y a des recommandations qui sont assorties et lorsque l’institution ne les met pas en œuvre, nous sommes fondés à appliquer les sanctions nécessaires. Les responsables des structures affirment souvent que le processus d’obtention de l’agrément est un parcours du combattant : difficile et rude mais aussi et surtout trop long. Qu’en dites-vous? Le processus d’agrément est long, non pas du fait des autorités de contrôle qui sont constituées de l’Anssfd et de la Bceao. La loi précitée, en ses articles 8 et 9, a bien défini la durée légale d’instruction d’un dossier qui fait six mois au total. L’Agence dispose de trois mois et la Bceao, quant à elle, a deux mois. Et au bout de ces cinq mois, si le dossier est défavorable, on le notifie aux promoteurs. Si c’est favorable, le temps de préparer les arrêtés et tout le reste, le ministère dispose d’un mois. Mais il se fait que lorsque l’Anssfd ou la Bceao font des observations devant être prises en compte par les dirigeants, c’est à ce niveau qu’on observe une longue durée avant le retour du dossier corrigé. Parfois, c’est après deux ans que le promoteur réagit. Quand c’est comme ça, nous reprenons tout le processus parce qu’entre temps, les données ont évolué. Certaines structures autorisées ne satisferaient pas aux obligations réglementaires. Que fait l’Agence pour éviter les gouffres financiers éventuels ? Quand je parlais des trois piliers de la stratégie, le premier est axé sur les structures illégales mais le deuxième pilier concerne les structures légales qui ne respectent pas la règlementation. Ce sont des structures qui ont des problèmes de gouvernance, des structures dont les ratios prudentiels ne sont peut-être pas respectés. En fonction de la gravité des manquements observés, nous avons un certain nombre de sanctions prévues par les articles 70 et suivants de la loi qu’on applique. Avec les manquements à la règlementation, la structure peut écoper de blâme, d’avertissement, de rappel à l’ordre ; on peut aller jusqu’à interdire un pan d’activités. Lorsque la gestion d’une structure ne donne plus l’assurance, l’autorité peut prendre des mesures conservatoires en demandant de ne plus collecter l’épargne par exemple. On peut également démettre les dirigeants de leurs fonctions également en termes de sanctions après des mises en garde, si les manquements aux dispositions persistent. Et nommer des administrateurs provisoires conformément aux dispositions de l’article 62 de la loi. Il faut dire aussi que les manquements à la législation peuvent entraîner le retrait de l’agrément et la mise en liquidation de l’institution. Y a-t-il des structures dans cette situation, où l’épargne des populations serait en danger ? Non. Mais il y a des structures quand même dont la gestion mérite une attention particulière de l’autorité. C’est souvent des problèmes de gouvernance mais l’épargne des populations est sécurisée. Peut-on conclure que la crise des structures illégales de 2010, la fameuse affaire Icc-Services et consorts, est définitivement derrière nous et qu’on n’assistera plus à un gouffre financier pareil ? On ne pourra pas l’affirmer. La crise de 2010, la population en est pour grand-chose. Tout ne dépend pas que des promoteurs des structures illégales. Je vais vous raconter une expérience personnelle que j’ai vécue. J’étais en mission à Parakou où des hôtesses tentaient de me démarcher pour une structure de type Icc-Services. Je leur ai demandé si elles savent à qui elles ont affaire et si elles ont entendu parler une fois de l’affaire Icc. La réponse qu’elles m’ont servie est déconcertante : ‘’Avant que cela n’éclate, on aurait déjà tiré notre épingle du jeu’’. Cela veut dire qu’elles sont conscientes de ce qu’elles font. C’est donc dans cet esprit que les gens se lancent dans ces genres d’initiatives et quand cela pète, on commence à appeler l’Etat au secours. Or, l’Etat sensibilise dans tous les départements. Nous avons affiché la liste des institutions autorisées dans presque toutes les communes: les mairies, les arrondissements, les commissariats, les gendarmeries. Mais les populations sont attirées par le gain facile et se jettent dans des projets du genre. La preuve, après le procès Icc-Services en février 2019, le mois suivant, en mars ou en avril, nous avons détecté un autre réseau à Zongo qui a pu collecter en l’espace d’un ou deux mois, près de 400 millions de francs Cfa. L’assainissement du secteur de la microfinance, cela nous tient vraiment à cœur. Les populations ont donc un grand rôle à y jouer. Nous les invitons à être prudentes pour ne pas tomber dans les pièges des réseaux. Lorsqu’elles vont vers une structure pour faire des opérations, elles doivent s’assurer que l’institution a son agrément. Si la structure n’est pas autorisée, cela veut dire que la responsabilité de l’Etat n’est pas engagée. Economie 22 juin 2020


Vie de ménage: Ces femmes battantes du Couffo
Certaines femmes en pays adja sont des cheffes de famille, assumant le rôle de mère et d’épouse accomplie. Sènadéhoué, petit hameau du village Houiglu, à environ 7 km de Dogbo centre. 11 h 43. Béatrice Bognon est de retour à la maison après une matinée consacrée aux activités champêtres. L’heure est relativement avancée pour préparer le repas de midi à sa famille. Mais elle n’avait pas d’autres choix. La popote qu’elle assure elle-même, dépend de ses revenus issus des travaux champêtres. Le devoir de chef de famille, dévolu aux hommes en général, est assuré par de nombreuses femmes dans le Couffo qui se substituent à leurs maris en assumant les charges familiales. Béatrice Bognon est l’une de ces braves ménagères. «Mon mari n’exerce aucune activité génératrice de revenu. Je m’occupe largement des dépenses du foyer. Nous les femmes faisons tout pour épargner nos maris des charges de la maison», confie-t-elle. Elle se plaît d’ailleurs bien dans ce rôle. « On ne se marie pas pour divorcer parce que le mari n’exerce pas une activité. J’assure les charges alimentaires de ma famille en fonction de mes moyens. Mes revenus me permettent également de couvrir la scolarité de nos six enfants. Je bénéficie rarement de l’aide financière de mon mari, parce qu’il sait que je me débrouille bien pour m’occuper du foyer », ajoute-t-elle. Edwige Yavo, originaire de Fongba, arrondissement de Lokossa, s’y est habituée très tôt et l’assume pleinement. «Nous n’aimons pas raconter nos misères à nos parents, parce qu’ils ne sont pas responsables de nos choix. On se marie pour le meilleur et le pire », admet-elle. C’est depuis huit ans que Tohiwè Akakpo, mère de six enfants, vit cette situation. Elle s’en accommode. « Notre éducation ne nous permet pas d’abandonner nos foyers à cause de la misère», confie-t-elle. Ce phénomène tient de leur culture, explique Vincent Codjo Acakpo, maire de Dogbo. « Dans le Mono-Couffo, les femmes jouent le principal rôle au sein du foyer. Elles assurent l’entière responsabilité des charges de leurs familles», déplore-t-il, dévoilant son propre cas : « J’ai tout obtenu de ma mère. Mon père étant polygame, chaque coépouse devrait s’occuper de ses enfants ». Un paradoxe tout de même : « Ce qui m’étonne, c’est que les femmes aiment plus ces genres d’hommes. Ils ne sont pas prêts à entretenir leur famille, mais ils sont très actifs sexuellement », s’offusque-t-il. La dot soumet A en croire des sages de la localité, la situation s’est nettement améliorée aujourd’hui. « Autrefois, quand un homme engrosse une femme, c’est elle-même qui supporte les dépenses liées à sa grossesse et à son enfant. Aujourd’hui, il n’en est plus vraiment ainsi, du moins dans certains villages », nuance Félix Akouègnonhou, président de l’Association des sages et notables de la commune de Dogbo (Asanoc). Le maire de Dogbo ne partage pas ce point de vue. Selon lui, c’est toujours le statu quo: « Ce phénomène demeure d’actualité et est entretenu par les hommes des milieux ruraux que certains cadres du Couffo qualifient de ‘’paresseux’’». Même appréciation de Djaratou Missohou, présidente des femmes leaders de la commune de Dogbo qui déplore la grande liberté dont jouissent les époux: « On rencontre dans certaines localités beaucoup de maris oisifs qui consacrent leur temps à jouer au domino et au jeu de cartes. Ce sont leurs femmes qui assurent elles-mêmes les frais d’accouchement et autres charges familiales». La dot est souvent brandie comme un prétexte pour maintenir la femme dans la soumission totale. « A Klouékanmey et à Djakotomey par exemple, la dot est consistante. L’épouse est obligée de supporter tous les caprices de l’homme après le mariage», explique-t-elle. « Que le mari exerce un métier ou non, la femme lui voue un respect absolu, car si elle a un revenu, c’est parce qu’elle a eu la chance de se marier », relève-t-elle. Pour Félix Akouègnonhou, ce phénomène a plutôt des racines culturelles : « Les pratiques de la ville et celles du milieu rural ne peuvent jamais être identiques. Chez nous, la femme doit soumission totale à son mari puisque c’est lui qui l’a déplacée de chez ses parents pour qu’elle vienne habiter à ses côtés ». Ces femmes, ploient sous la misère, mais s’accrochent, à cause de la tradition: « Nos maris ont hérité de cette tradition de leurs parents. Il serait difficile de les amener à changer de mentalité», confie Tohiwè Akakpo, cheffe de ménage à Lalo. En plus de cette situation incomprise par des personnes extérieures, d’autres épouses s’attirent la jalousie de leurs époux. «Mon mari gère ses revenus comme il le veut sans se soucier des charges du foyer. Il se glorifie même parfois d’avoir épousé une femme qui contribue pour une grande part aux dépenses du foyer mais il n’est pas prêt à me voir disposer de plus de moyens que lui », dénonce Léocadie Nagonou-Gah. La polygamie contraint également les épouses à travailler durement pour être économiquement autonomes. Cela profite entièrement à l’homme qui reste le plus heureux au sein du foyer. « L’homme en pays adja est riche quand il a plusieurs femmes pour s’occuper des travaux champêtres », explique encore Félix Akouègnonhou, président de l’Asanoc. Les épouses rivalisent d’ardeur pour entretenir leur mari, qu’elles considèrent comme leur roi. La plupart du temps, elles sont félicitées pour leur ardeur. Ces messages d’encouragement motivent les femmes à se donner corps et âme pour l’épanouissement de leur famille. « Si une femme est plaintive tout le temps, ses coépouses ne l’attendront pas avant de s’occuper du ménage. Ce faisant, elles recevront la bénédiction de leur mari », explique Djaratou Missohou. Sensibiliser les hommes à leurs responsabilités familiales Le phénomène est si répandu que les mères ne trouvent aucune raison à soutenir leurs filles lorsqu’elles sont à bout de souffle. « On les entend souvent dire, c’est ainsi que moi-même j’ai vécu avec ton père ! », déplore Djaratou Missohou. « Avec ce comportement, on ne peut jamais enrayer le phénomène dans notre milieu », conclut-elle. L’exception devient la règle quoique des langues se délient pour dénoncer le tort fait aux femmes. «Peu d’hommes sont suffisamment conscients de leurs responsabilités. Cette situation n’est pas normale parce que la femme seule ne doit pas faire le bonheur d’un foyer pendant que son mari est présent », tranche la présidente de l’Association des femmes leaders de la commune de Dogbo. Les nombreuses sensibilisations de ladite association peinent à prospérer, tant la pratique est ancrée dans les mœurs. « C’est vrai qu’il n’existe nulle part au monde un foyer entièrement à la charge de l’homme. Toutefois, j’invite la jeune génération à cesser de copier ses aînés et à exercer un métier pour soulager leurs conjointes », exhorte-t-elle. De plus en plus, s’observe une prise de conscience de la situation. Toutefois, beaucoup de jeunes ruraux continuent de se complaire dans leur ‘’confort’’, imperturbables et insouciants. « Au village, les jeunes qui n’exercent aucune activité sont à la charge de leurs épouses. C’est dommage! », lâche le maire de Dogbo. Il préconise quelques pistes pour inverser la tendance. « Nous devons sensibiliser les hommes à leurs responsabilités familiales». Le conseil communal promet d’en faire son challenge. « Prochainement, les conseillers communaux seront investis de cette mission de mettre les hommes au travail», promet-il. Encadré Le mari gère les recettes de sa femme Le phénomène est si répandu qu’il est érigé en règle dans certains milieux adja dans le Couffo. L’homme est le ‘’capitaine’’ de la femme, le conseiller suprême et le guide idéal. Il est au centre de toutes les décisions quoiqu’il n’apporte aucun soutien financier à sa femme. « Quelle que soit la situation, la femme doit nécessairement requérir l’avis de son mari avant d’engager n’importe quelle dépense. Même s’il s’agit d’un investissement à titre personnel », explique le président de l’Asanoc. Mieux, développe le sage de Dogbo, « l’homme doit être au courant de la rentabilité de l’activité économique de sa femme. Si son commerce doit prospérer, il doit nécessairement donner son avis. Cela lui permet d’avoir un œil sur ses recettes et les coudées franches pour l’aider en cas de difficultés, car il n’est pas exclu que la femme mariée ait un courtisan qui la finance en cachette », estime-t-il. Ceci n’est que la face visible de l’iceberg. Dans certains cas, c’est le mari qui gère les recettes de son épouse à sa guise et a plein pouvoir de contracter des dettes auprès de celle-ci sans se soucier du remboursement. « Si je contracte une dette auprès de ma femme, je rembourse seulement si j’en ai la possibilité. Je peux aussi décider de lui rembourser dans la perspective d’une prochaine dette », explique le président de l’Asanoc. Toute facilité qui procure à l’homme adja, le beurre et l’argent du beurre. M.A Société 19 juin 2020


Entretien avec l’auteur Christ Kibeloh : « Je me suis formé en comptant sur mon imagination »
Jeune Congolais de 25 ans à peine, Christ Kibeloh fascine par sa jeune mais ondoyante plume. Il la plonge à volonté dans plusieurs maux sociaux, même si la lutte contre le harcèlement reste au cœur de son oeuvre. Sur la toile, le jeune auteur s’est taillé une bonne réputation et n’en finit pas de pousser loin ses rêves. Ambitions qu’il dévoile à travers cet échange ! La Nation : Christ Kibeloh, c’est qui ? Christ Kibeloh : Je redoute chaque fois la partie présentation, car il est souvent difficile de parler de soi. Mais je ne vais pas échapper à la question. Je réside en France depuis bientôt dix ans. Et je suis un jeune écrivain et scénariste, auteur de quatre ouvrages. Dans quelques jours, je fête mes 25 ans. En dehors de l’écriture, je travaille en qualité d'assistant d’éducation dans un collège. D’où vous est venue l’envie de devenir romancier ? L’écriture était un passage inévitable dans mon parcours, je débordais de beaucoup d’imagination. Je suis certes très jeune, mais j’ai un grand vécu et certains souvenirs me traversaient l’esprit. À force, je ressentais le besoin de prendre la plume pour déposer mes fardeaux et m’exprimer. A peine 25 ans et déjà quatre ouvrages. Vous écrivez pour écrire ou quel est le mobile de votre engagement littéraire ? J’écris pour apporter de la chaleur et de l’émotion au lecteur, je suis un engagé dans l’âme, un homme qui veut combattre l’injustice, le harcèlement, puis l’acception de soi. J’ai souvent croisé au quotidien des personnes qui avaient perdu foi en la vie, d’autres étaient au bord du chaos. Voir l’état de ces gens a été un grand déclic dans mon engagement à écrire pour leur donner des pistes et des clés à suivre pour reprendre goût à la vie. Je pense toujours au positif et je m’interdis de croire en l’impossible. Votre courbe d’auteur n’est pas rectiligne. Vous survolez les sujets à votre guise. Option délibérée ou envie de toucher à tout ? Je ne me fixe aucune limite, je me laisse guider par mon inspiration et Dieu en qui j’ai foi et en qui je crois. « Yéhoshoua Mashiah » m’a fait grâce en me donnant ce talent. Je n’étais pas destiné au monde littéraire, et je n’ai jamais fait d’études de lettres mais lorsque j’ai commencé à écrire, je me suis rendu compte que c’était une mission que je devais mener. Mes sujets sont donc ciblés, le message reste le même, « rien n’est impossible». Si j’ai réussi à me faire une place dans la littérature, d’autres peuvent aussi franchir le pas dans ce domaine ou ailleurs. Seuls la volonté, le travail et la persévérance comptent, sans oublier la foi en Dieu car c’est lui le maître de toutes choses. Votre littérature fait la part belle à la lutte contre le harcèlement. Ce combat résulte d’une expérience personnelle ou est-ce l’illustration de votre engagement citoyen ? Personnellement je n’ai jamais été victime. Etant aujourd’hui une voix qui compte grâce à mon influence sur les réseaux sociaux, et de ma modeste notoriété, je me suis senti obligé de venir en aide aux victimes de ce crime, et oui pour moi le harcèlement est un crime. Je reçois énormément de messages et des témoignages de ceux qui subissent. Cela me pousse à parler et à devenir un des ambassadeurs de cette lutte. Qu’est devenu votre rêve de footballeur ? Le football fait partie de l’histoire qui m’a permis d’être celui que je suis aujourd’hui. Me concernant, la parenthèse est fermée, maintenant je me suis construit au futur. Pourquoi tout passionné de foot que vous êtes, votre plume ne s’intéresse pas à ce sport ? On parle déjà assez du football, à travers la télé, la presse, etc. J’avais donc besoin de sortir de la masse pour me concentrer sur les réels problèmes de la société. S’il faut procéder à une classification, où peut-on situer votre littérature ? Donner une classification sera difficile, car je suis un amoureux de ma double culture, je suis à la fois, originaire d’Afrique et aussi un citoyen français. Ce supplément me donne le droit de clamer que je contribue à l’enrichissement de la littérature francophone. Est-elle engagée, sociale, distractive…. ? Je pratique une littérature de plus en plus engagée, car je mets ma plume en contribution pour dénoncer certains faits d’actualité. Vous avez publié dernièrement « Une vie d’enfer ». Parlez nous un peu de cet ouvrage, de sa genèse ! ‘’Une vie d’enfer’’ regroupe plusieurs thèmes. Le roman relate l’histoire d’un jeune homme âgé de 18 ans au départ, qui est touché par une malédiction qui le pousse à se retrouver toujours aux mauvais endroits. Dans l’éducation européenne, on se considère adulte et responsable à l’âge de 18 ans. Un âge tellement attendu qui se transforme généralement en source de problèmes pour ceux qui décident de tourner le dos à la famille de façon prématurée pour aller affronter la vie sans aucune expérience. Ce qui était le cas de Yann, le protagoniste de mon ouvrage. À sa majorité, il décide de tout plaquer pour suivre l’amour de sa vie qui se transformera en un cauchemar. Je parle également de l’influence négative des médias, de la mauvaise gouvernance et de l’éducation. Plein de sujets qui concernent la vie de chacun d’entre nous. Vous arrive-t-il d’évoquer le Congo, votre pays natal dans vos écrits ? On retrouve le Congo dans tous mes ouvrages à l’exception de «Marie » dont le récit se déroule entièrement en France. Vous savez, j’aime tant ce pays, je l’affectionne comme ce n’est pas permis. Dieu m’a donné la chance de naître là-bas et de passer une grande partie de mon enfance. Ce n’est pas ironique. Car lorsqu’on parle du Congo maintenant, on l’associe à la situation politique et on inonde la nation de critiques. Le Congo est une terre littéraire dont la culture, les mythes et les légendes m’accompagnent dans mes compositions littéraires. On a entendu dire que vous aviez des projets au cinéma. Qu’en est-il réellement ? Le cinéma était mon second rêve, j’ai toujours rêvé de paraître à l’écran, de prendre un rôle et être à la place des célèbres acteurs qui ont marqué mon enfance. Le destin fait bien les choses, j’écris des scénarios et j’ai décidé de passer à la réalisation. Ça ne sera pas un film d’action, ni de comédie mais un film sur le harcèlement. Votre plume a-t-elle des influences ? Quels auteurs vous inspirent ou qui sont vos modèles ? Des influences non, je suis un autodidacte, je me suis formé seul en comptant uniquement sur mon imagination et sur Dieu. Comme je l’ai souligné plus haut, je ne viens pas du monde littéraire. Ce qui signifie que je lisais très peu. La littérature n’était pas une passion pour moi. Mais j’aime beaucoup Alain Mabanckou, qui est un modèle et une référence. Je pense également à Albert Camus et pour finir à Hubert Ben Kemoun. Beaucoup vous ont accusé d’être resté silencieux sur le décès de George Floyd. Que répondez-vous ? Je vais profiter de l’occasion pour répondre aux personnes qui m’écrivent pour savoir pourquoi je suis silencieux face à l’actualité de ces jours, je parle bien sûr du décès inacceptable et prématuré de George Floyd. Les images m'ont profondément choqué. Des personnalités ont pris la parole, pour dénoncer le racisme. Je salue leurs initiatives. Et je compatis à la douleur de toutes les familles. Si je n’ai pas réagi c’est tout simplement parce que la justice humaine est dépassée, elle ne fera rien qui puisse apaiser les familles, ni ramener à la vie les membres de la communauté que nous avons perdus. Je me fie toujours à la justice divine, elle est sans corruption et parfaite. Que ceux qui luttent le fassent dans le respect, sans inciter à la haine. Culture 18 juin 2020


Conférence administrative départementale du Borgou: La question de la politique foncière au centre des réflexions
La Conférence administrative départementale (Cad) du Borgou, pour le compte du mois de juin, a eu lieu, hier mercredi 17 juin, à la préfecture de Parakou. Outre la situation de la riposte contre la pandémie du coronavirus dans le département, la présentation du Projet de promotion d’une politique foncière responsable (Propfr) était également au centre des échanges. Les membres de la Conférence administrative départementale du Borgou présidée, hier mercredi 17 juin, par le préfet Djibril Mama Cissé, ont suivi deux communications. La première qui a porté sur la présentation du Projet de promotion d’une politique foncière responsable (Propfr) de la Coopération allemande Giz, a été assurée par le conseiller technique à la Société civile et aux communes, Prudence M’Po. En dehors des domaines d’intervention du projet, il est également revenu sur son intérêt pour le développement des communes du Borgou. L’occasion a permis à Prudence M’Po de rappeler les différentes activités qui ont été mises en œuvre au niveau du département, dans le cadre de l’exécution du projet. C’est surtout dans les communes de N’Dali, Bembèrèkè, Kalalé, Sinendé et Tchaourou. « Nous avons sécurisé près de 9.000 ménages, au niveau des différents villages. C’est grâce à l’élaboration des plans fonciers ruraux au profit de 33 villages », a indiqué Prudence M’Po, s’agissant des activités menées. « Nous avons également déployé une approche innovante dite approche systématique groupée qui permet, au cours d’une même procédure, de pouvoir délivrer aussi bien les attestations de détention coutumière, que les contrats types », a-t-il poursuivi. Ces documents ont pour but, selon lui, de sécuriser les droits d’usage et les droits fonciers des populations afin qu’elles puissent en tirer le meilleur profit. Après cette communication, les membres de la Cad du Borgou sont désormais suffisamment outillés pour mieux s’impliquer dans l’exécution du projet. L’autre question qui aura retenu l’attention des membres de la Cad, c’est la progression que la pandémie du coronavirus a connue ces derniers temps au Bénin. Faisant le point de la riposte engagée contre la maladie dans le Borgou, le préfet Djibril Mama Cissé a invité les populations de son département à ne pas baisser la garde. Il les a exhortées à continuer à respecter les gestes barrières. Société 18 juin 2020


Révélation du Bénin à travers ses collectivités territoriales: Quelques pistes de réformes pour une 4e mandature de résultats !
La quatrième mandature des conseils communaux et municipaux s’ouvre au Bénin dans un contexte des plus favorables; relecture en cours de la Politique Nationale de Décentralisation/Déconcentration (Ponadec) et du cadre juridique de la décentralisation, remise au goût du jour des Plans de Décentralisation/Déconcentration, sans oublier l’Agenda 2030 dont une part importante des Objectifs de Développement Durable (Odd) relève de la compétence des communes. Ce Programme mondial de développement atteint progressivement sa vitesse de croisière et offre des opportunités pour les collectivités locales. A cela s’ajoute la volonté du gouvernement de faire de gros investissements dans le développement local. Pour le moment, des Agences logées à la Présidence de la République et dans certains ministères pilotent ces Programmes dans le champ de compétence des communes, unique niveau de décentralisation au Bénin. Dans ce contexte d’opportunités, il est important de faire des réformes structurelles au niveau des collectivités territoriales afin de les rendre plus efficaces dans leurs deux principaux enjeux que sont le développement et la démocratie dans nos territoires. Révision du cadre institutionnel communal Elle permet de donner des missions claires aux deux principaux organes de la commune. Le maire est l’une des rares autorités publiques à cumuler les fonctions de Président Directeur Général, présidant l’organe délibérant et dirigeant l’organe exécutif. Dans certains pays africains, des réformes structurelles ont permis de séparer la direction de l’organe délibérant d’avec celle de l’organe exécutif. Des fonctions purement techniques ont également été soustraites des attributions du maire. Aujourd’hui, le secteur public tend à se réorganiser à la manière des entreprises en adoptant le mode de gestion par des Agences. L’institution communale doit également s’en inspirer. Des réflexions menées par des anciens dont certains ont eu à assumer des responsabilités gouvernementales, il ressort que les pressions et les tentatives de destitution des maires tirent souvent leurs origines de leur fonction d’ordonnateur du budget et de gestionnaire des marchés publics. Ils avaient préconisé que le maire soit officiellement déchargé de ces attributions. Ce qui constitue également une piste de réforme des organes communaux. 1. Faire du conseil communal ou municipal, le haut lieu de la démocratie locale et du contrôle de la gestion du maire. En plus d’être conforté dans sa mission d’organe délibérant, le conseil communal ou municipal doit être le haut lieu de la démocratie locale. Pour cela, dans un contexte d’innovation, il doit être présidé par un autre conseiller que le maire. Le conseil communal ou municipal aura également pour mission, la mise en place des mécanismes permettant : - l’implication des citoyens dans les prises de décisions au niveau de la commune et de ses organes infra communaux ; - le suivi par les citoyens de la mise en œuvre des décisions et politiques publiques à tous les niveaux dans la commune ; - la reddition des comptes aux populations dans des formes variées et améliorées. Les sessions du conseil communal ou municipal, surtout celles ordinaires et budgétaires doivent être participatives et précédées de séances de débats dans les arrondissements, les quartiers de ville et les villages autour de l’ordre du jour et des préoccupations citoyennes. Périodiquement, des séances de reddition de comptes et de consultation des citoyens doivent permettre aux populations de se prononcer sur les grands sujets de l’heure. De même, ces séances donneront lieu à un compte rendu exhaustif des dépenses et des activités de la commune. Sur cette base, la gestion de la commune sera transparente. Le second défi de la démocratie locale est d’initier les populations à faire des débats sains sur les grands enjeux de développement local, les valeurs républicaines pour l’édification d’une citoyenneté responsable. Les conseillers communaux et municipaux doivent périodiquement transmettre aux citoyens des informations et recueillir leurs attentes. 2. Faire de l’organe exécutif de la commune une Entreprise de développement local. Le fonctionnement du maire, organe exécutif de la commune doit être dynamisé afin de rendre l’administration locale très compétitive. Le maire et ses adjoints doivent s’entourer d’un cabinet et surtout d’une équipe technique avec des branches opérationnelles dans les domaines de : - la promotion de l’économie locale et de la mobilisation des ressources y compris la saisine des opportunités de financement sur le plan national et international pour une réelle croissance économique locale ; - la gestion des services sociaux de base ; - la fourniture des services administratifs ; et - deux (02) pôles densifiés pour : - la gestion des Finances. La quête de la bonne gouvernance et de la qualité de la dépense publique communale ou municipale suppose une réforme de ce secteur et des règles de transparence permettant le contrôle citoyen de la gestion locale. Il faudrait donc profiter de la relecture du cadre juridique de la décentralisation pour revoir le pôle de gestion des ressources financières locales ; - la planification et la prospective communales. La planification et la prospective communales sont des domaines négligés au sein des collectivités territoriales. Pour des résultats durables et efficients, il faudrait une planification axée sur des objectifs et des résultats. Au cœur de ce nouveau dispositif exécutif, les dématérialisations et le numérique occuperont des places de choix. Il faudrait donc revoir l’organe exécutif communal et en faire une Entreprise de développement local. Sa mission sera de créer de la richesse locale à travers des partenariats avec l’Etat, le secteur privé, les Ptf pour fournir des services de qualité aux populations. A cet effet, les actions s’appuieront sur une planification locale permettant de faire l’état des lieux et la progression vers l’atteinte d’objectifs fixés pour la couverture des populations et des localités en services essentiels. Dans cette perspective, l’Etat devra mettre en place, un appui au renforcement des capacités des communes en Ressources humaines. Mise en place d’un cadre de dialogue, de travail, de planification et d’évaluation des performances communales entre le gouvernement et les Collectivités territoriales du pays. Compte tenu du partage de rôles et de responsabilités entre l’Etat et les collectivités territoriales en matière de politiques publiques, il est parfois nécessaire de disposer d’un cadre d’échanges et de planification. Dans cette perspective, chaque commune fera l’objet d’une évaluation annuelle de performances et des besoins en services sociaux de base. Cet exercice devra déboucher sur une planification antérieure à la finalisation du projet du budget général de l’Etat, des objectifs communaux à atteindre. L’antériorité de cette planification commune entre l’Etat et les collectivités territoriales au processus budgétaire de l’Etat facilite la prise en compte des préoccupations de part et d’autre. A défaut d’un Haut-Commissariat à la Décentralisation logé à la Présidence de la République (dont les attributions permettront de veiller à la transversalité de la décentralisation et au suivi des planifications et évaluations annuelles), il ne serait pas inutile de disposer d’un cadre où, les ministères et les communes, avec au besoin la société civile et les partenaires techniques et financiers, échangent et projettent l’organisation, la gestion et l’évaluation des services aux populations. Après les travaux des experts, le chef de l’Etat pourra en personne clôturer les sessions et se prononcer sur les engagements budgétaires de l’Etat envers les communes et l’articulation des interventions de l’Etat, étant entendu que les communes sont également des démembrements de l’Etat. Valorisation du principe de subsidiarité à travers le transfert des ressources matérielles, humaines et financières de l’Etat vers les communes et projection à moyen terme d’intercommunalités pour gérer les infrastructures issues des grands projets en cours. La décentralisation sans transfert des compétences et des ressources est une centralisation déguisée, aux antipodes du principe de subsidiarité qui régit la mise en place et la mise en œuvre de la décentralisation. Le principe de subsidiarité met la responsabilité d’une action publique à la charge du niveau d’autorité publique le plus compétent et le plus proche des bénéficiaires. C’est donc, pour l’action publique, la recherche du niveau le plus pertinent, le plus proche et le plus contrôlé par les citoyens. Il conduit à ne pas faire, à un échelon plus élevé, ce qui peut être fait avec plus d’efficacité à un échelon plus bas. En matière de décentralisation, le principe de subsidiarité conduit l’Etat à transférer, déléguer ou partager certaines de ses compétences avec les collectivités territoriales lorsqu’il considère qu’elles sont plus à même de les assumer, compte tenu de leur proximité avec les citoyens. Le transfert des ressources humaines, matérielles et financières de l’État vers les Collectivités locales est une exigence constitutionnelle et légale dans tous les pays qui expérimentent la décentralisation. Au Bénin, la récurrence de la phrase « …A cet effet, l’État lui transfère les ressources nécessaires » dans les lois sur la décentralisation, notamment les lois 97-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des Communes en République du Bénin et 98-005 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes à statut particulier, qui font corps avec la Constitution, témoigne de la volonté du législateur d’accompagner le transfert des compétences des ressources subséquentes. Depuis 2016, le Bénin peut se réjouir de l’existence d’une volonté politique clairement exprimée de faire des collectivités territoriales les portes d’entrée des politiques de développement, tout en renforçant leurs ressources humaines et financières. Le Plan national de développement (Pnd 2018-2025) et le Programme de croissance pour le développement durable (Pc2d 2018-2021) ont pris des engagements forts pour la décentralisation. Le Pc2d fixe comme objectif en 2021 que la « part des transferts aux Collectivités territoriales dans le total des dépenses du budget général de l’État soit d’au moins 15 % ». Dans la pratique, les fruits n’ont pas encore tenu la promesse des fleurs. Dans le Pc2d, on peut lire, au point 179 : « Au plan de la gouvernance financière locale, sur la période 2018-2021, l’accent sera mis sur le développement local, à travers la poursuite des transferts financiers aux communes et la diversification des guichets du Fadec pour faciliter le financement des investissements économiques innovants et structurants par les communes, grâce au Partenariat public-privé ». S’il est vrai que le Programme d’action du gouvernement (Pag 2016-2021), n’indique pas clairement des mesures au profit de la décentralisation, il regorge de projets et d’actions orientés vers le développement local. Le défi étant désormais d’œuvrer pour une gestion, à moyen terme, de ces investissements sous maîtrise d’ouvrage communal ou dans le cadre d’un Établissement Public de Coopération Intercommunal (Epci). Dans le cadre d’un Epci, on pourrait envisager des mesures d’ouverture assurant la présence de l’État. Le Livre blanc sur la décentralisation Financière dans l’espace Uemoa, adopté par le Conseil des collectivités territoriales de l’Uemoa, préconise une fourchette de transfert de 20 à 30 % des ressources budgétaires nationales au profit des collectivités territoriales, et ce, à l’horizon 2025. Cette fourchette tient compte des aspirations et revendications constatées dans les différents pays. Au Bénin, l’Ancb a depuis plusieurs années axé son plaidoyer sur le transfert d’au moins 15 % des recettes budgétaires. Ce plaidoyer a été pris en compte par le gouvernement qui en a fait un objectif à atteindre d’ici 2021. A une année d’exercice budgétaire de cette échéance, le Bénin est toujours à environ 4 %. Koffi Annan, ancien secrétaire général des Nations-Unies, lors du Sommet du millénaire en 2005, avait interrogé les dirigeants des États en ces termes : «comment pouvons-nous espérer atteindre les objectifs de développement sans accomplir de progrès dans des domaines comme l’éducation, la lutte contre la faim, la santé, l’accès à l’eau, les conditions sanitaires et l’égalité des genres ? Les villes et les gouvernements locaux ont un rôle crucial à jouer dans tous ces domaines. Si nos objectifs sont mondiaux, c’est au niveau local qu’ils peuvent être le plus efficaces». Cette interpellation doit à nouveau résonner dans les oreilles et dans les cœurs de l’ensemble des décideurs du pays. Par Franck KINNINVO Expert en Communication et en Décentralisation Société 18 juin 2020


« La corruption au Bénin Tel un serpent de mer »: Une compilation d’enquêtes journalistiques lancée
‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’, une compilation de dix dossiers d’enquêtes journalistiques est lancée, ce mardi 16 juin 2020, à la Maison des médias à Cotonou. C’est en présence des délégations de l’Union Européenne (Ue), du Front des Organisations nationales de lutte contre la corruption (Fonac), d’Alcreer Ong, du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin) et de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb). ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’. Ainsi s’intitule le folio compilé d’enquêtes journalistiques lancé, ce mardi 16 juin 2020, à la Maison des médias. La publication fait suite à la restitution des résultats d’une dizaine d’enquêtes journalistiques réalisées dans le cadre de la phase 2 du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » financé par Open Society Initiative for West Africa (Osiwa). Selon la présentation faite au lancement, le document comporte dix dossiers d’enquêtes réalisées dans divers domaines tels que les transports, le foncier, l’éducation, l’économie, les finances, etc. Les articles ont révélé les multiples facettes de la corruption qui sévit au Bénin malgré les différentes initiatives prises par les gouvernants pour lutter efficacement contre ce fléau. Romuald Logbo, présentateur, a invité à la lecture des enquêtes réalisées sur le lotissement, sur les dimensions de la corruption notamment dans les dossiers « Encadrement des mémoires et thèses à l’Uac : Les étudiants à l’épreuve du rançonnement » et « Fonds des arts et de la culture: Des soupçons persistants de rétrocommissions ». « Deux articles, portant l’un sur le Tarif extérieur commun (Tec), et l’autre sur la transhumance, ont révélé que ces secteurs sont des nids de corruption. Deux dossiers sur le foncier ont montré comment la corruption constitue un cancer pour la conduite des travaux de lotissement», a expliqué le présentateur. Procédant au lancement officiel de l’ouvrage, Zakiath Latoundji, présidente de l’Union des professionnels des médias du Bénin (Upmb), a fait savoir qu’il s’agit d’un « travail de qualité ». Elle a souhaité que tous les professionnels des médias s’inspirent du travail réalisé par le pool des journalistes enquêteurs de la Maison des médias. Un modèle pour les journalistes ! « C’est un document sur l’une des causes de conflit au Bénin et sur l’un des facteurs de sous-développement des pays africains. Il aidera les acteurs de la société civile à avoir des données sur la corruption. C’est une initiative louable !», a salué Maryse Ahanhanzo-Glèlè, coordonnatrice du Réseau ouest-africain pour l’édification de la paix (Wanep-Bénin). Le président du Front des Organisations nationales de lutte contre la Corruption (Fonac), Jean-Baptiste Elias, ex-président de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc), quant à lui, a exhorté tous les journalistes à plus de professionnalisme dans la conduite des travaux d’enquêtes. Le «lancement symbolique» du folio ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’, précise Alain Gbénou Sessou, directeur de la Maison des médias, sera « suivi d’une vaste campagne de vulgarisation organisée pour permettre à tous les professionnels des médias d’avoir un exemplaire du recueil ‘’La corruption au Bénin Tel un serpent de mer’’ ». A l’en croire, la réalisation des sujets d’enquêtes est la seule manière pour le journaliste de survivre à l’ère des réseaux sociaux. C’est un recueil d’enquêtes réalisées par les professionnels des médias dans le cadre de la phase 2 du projet « Pour des médias plus professionnels au Bénin » initié par la Maison des médias (Mdm) grâce à l’appui financier de Open Society Initiative for West Africa (Osiwa). Par Marc MENSAH (Stag.) Société 17 juin 2020


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