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Nouvelles

Dr Pierre M’Pélé, épidémiologiste, spécialiste en Santé publique et Maladies tropicales: « Seul le médecin est habilité à prescrire la chloroquine et d’en assurer le suivi »
La prise de la chloroquine suscite la polémique en cette période de propagation du coronavirus dans le monde. Au Bénin, les plus anxieux n’hésitent pas à en constituer des réserves à la maison dans le cadre de la prévention. Cette méthode est-elle recommandée ou non ? Dr Pierre M’Pélé, ancien directeur régional de l’Onusida pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre et membre du Groupe Afrique-Cellule coronavirus Académie Nationale de Médecine, France, le déconseille fortement. Selon lui, tant que les recherches scientifiques sur le traitement du Covid-19 n’ont pas encore abouti, la chloroquine ne doit pas être utilisée en automédication. La Nation : Selon vous, la chloroquine est-elle un remède contre le coronavirus ? Dr Pierre M’Pélé : Au stade actuel de son utilisation, il est difficile de l’affirmer ou d’ailleurs de l’infirmer. Il nous faut attendre les résultats des larges essais cliniques menés en Europe pour définitivement confirmer l’efficacité de la chloroquine dans le traitement de l’infection à coronavirus. Nous savons que 80 % des malades, asymptomatiques ou présentant des manifestations mineures d’un syndrome grippal, guérissent sans traitement. Il est donc peut-être difficile, dans ce contexte, d’affirmer que tel ou tel médicament est à l’origine de la guérison. Les médecins chinois ont été les premiers à utiliser la chloroquine contre le coronavirus suivis des médecins européens dont le Dr Didier Raoult en France à Marseille. En l’absence de traitement efficace, et de vaccin contre le coronavirus, je ne me permettrais pas de porter des critiques à l’endroit des confrères qui, ici ou ailleurs, ont recours à cette molécule. Il faut faire preuve de pragmatisme. Le médecin cherche avant tout à soulager son patient. Il agit en son âme et conscience, immense responsabilité qu’il sait assumer. Permettez-moi aussi de rappeler, si besoin en était, que la chloroquine a été utilisée largement en Afrique. Mais à partir des années 70, elle a été écartée dès lors que le «Plasmodium falciparum», l’agent causal du paludisme, a développé une résistance à ce traitement aussi bien en Afrique qu’en Asie du Sud Est, les zones de prédilection de cette maladie. La chloroquine est toujours utilisée dans la prévention ou le traitement des maladies articulaires chroniques inflammatoires comme le lupus et la polyarthrite rhumatoïde. Est-il donc imprudent pour le moment de préciser sa place dans le traitement du coronavirus ? Cette place devrait très bientôt être clarifiée dans l’arsenal thérapeutique qui se met en place progressivement avec un certain espoir contre le virus. Nous devons nous armer de patience. L’important est que nous sommes en train de mieux cerner notre ennemi et l’intelligence collective devrait nous permettre de trouver le traitement efficace contre le coronavirus. J’ose espérer que parmi les schémas thérapeutiques qui trouveront une place dans le traitement de l’infection à coronavirus se trouveront des molécules déjà familières aux médecins africains comme les antirétroviraux contre le Vih/Sida, les antiviraux contre le virus Ebola, la chloroquine, l’ivermectine, etc. Les médecins sont partagés sur son utilisation contre la pandémie du Covid-19. Comment expliquer cette discordance de voix? Discordance de voix, c’est tout à fait normal, parce que la chloroquine n’a pas encore prouvé son efficacité à 100 % contre le coronavirus. Il faut donc laisser au médecin en fonction de l’état clinique de son patient la décision de prescrire ou non cette molécule. Il est plus que vital de rappeler à tous que seul le médecin est habilité à prescrire la chloroquine et d’en assurer le suivi. En aucun cas, elle ne doit être utilisée en automédication. Nous devons continuer à respecter les fondamentaux qui caractérisent notre métier, faire confiance à son médecin qui agit en totale responsabilité pour la guérison de son patient. Didier Raoult demeure persuadé qu’on ne peut traiter efficacement le coronavirus sans la chloroquine. Qu’en dites-vous ? Comme je vous l’ai dit précédemment, chaque médecin agit toujours dans la recherche de la guérison. C’est pourquoi il a été formé et souvent y consacre sa vie. Le Dr Raoult agit selon ses convictions et il affirme obtenir des résultats. Les prochains jours ou semaines vont nous éclairer davantage. Comment expliquez-vous alors ce retour en force d’un médicament déjà interdit d’utilisation? La chloroquine n’est pas interdite d’utilisation. Elle n’est plus efficace contre le paludisme. Par contre, elle est recommandée et donne de bons résultats contre le lupus érythémateux disséminé et la polyarthrite rhumatoïde. Il faut souligner que dans le contexte d’une maladie émergente, car apparue il y a moins de 175 jours, le réflexe de tout chercheur est d’aller rechercher dans l’arsenal thérapeutique disponible, les molécules qui pourraient agir sur l’agent causal nouveau. C’est une démarche tout à fait habituelle. En cette période de psychose généralisée, le seul reflexe des populations est d’avoir des réserves de chloroquine à la maison dans le cadre de la prévention de la maladie. Que leur conseillez-vous? Cela n’est pas du tout recommandé. Il faut faire confiance aux professionnels de la santé et éviter toute automédication. Un médicament qui guérit peut avoir aussi des effets secondaires graves. Je déconseille totalement cette attitude. Par contre, je conseille très fortement le port du masque « quel qu’il soit» : protégez votre nez et votre bouche, pour vous protéger vous-même et votre vis-à-vis. Il faut se laver les mains le plus souvent possible avec du savon ou avec de l’eau javellisée, garder la distance sociale « physique» entre les individus de 1,5 à 2 mètres. Ces gestes barrières prônés par le gouvernement et par tous sont ceux qui nous sauveront. Cette épidémie est une affaire sérieuse, qu’il faut traiter avec responsabilité, individuellement et collectivement. La recherche clinique avance à grands pas et nous devons garder espoir. Société 10 avr. 2020


Appui à la riposte contre le Covid-19: 40 millions F Cfa de Plan International Bénin au gouvernement
Dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, le ministère de la Santé a reçu, ce mercredi 8 avril, une contribution financière de Plan International Bénin. D’un montant de 40 millions de F Cfa, cet appui servira à l’acquisition d’équipements de test de dépistage rapide. Plan International Bénin n’entend pas être du reste dans la lutte que mène le Bénin contre le coronavirus qui sévit dans le monde. A cet effet, cette organisation non gouvernementale internationale intervenant dans la protection des enfants à travers la promotion de leurs droits a apporté un appui financier de 40 millions de F Cfa au gouvernement. Expliquant son geste, Karl Frédérick Paul, représentant résident de Plan International Bénin, a fait savoir que, depuis la découverte du premier cas de contamination au Covid-19 au Bénin, le nombre de cas ne fait qu’augmenter. Dans ces conditions, a-t-il poursuivi, il convient qu’on se mobilise pour faire face à l’ennemi commun qu’est le coronavirus. Il s’agit de mettre à disposition des moyens financiers, techniques et les compétences. Ainsi, selon lui, pour accompagner le gouvernement du Bénin à faire efficacement face « aux dépenses et aux sollicitations », Plan International Bénin apporte sa contribution qui se traduit par le don d’un chèque de 40 millions de F Cfa. Cela contribuera à sauver la vie des enfants, notamment des filles et des jeunes enfants en cette période critique, a souligné Karl Frédérick Paul. A l’en croire, cette remise de contribution est un premier pas. Il assure que son organisation reste et demeure disponible pour d’autres activités aux côtés du gouvernement dans le cadre de cette lutte collective. Avant de recevoir le chèque des mains du représentant résident de Plan International Bénin, Pétas Enagnon Akogbéto, directeur de cabinet du ministre de la Santé, a souligné que ce don vient à point nommé. « Votre contribution vient combler un gap qui est déjà là », a-t-il relevé, ajoutant que le monde se trouve en face d’une pandémie dont les besoins de riposte sont énormes. S’agissant de la destination de cette enveloppe financière, il a promis de veiller à ce que les équipements de test de dépistage rapide soient ciblés. Revenant sur l’ampleur des défis qui requièrent assez de moyens, il a indiqué que nul ne sera de trop. « La riposte est multisectorielle. Autant le secteur sanitaire prend des initiatives, autant nous travaillons avec d’autres ministères », a-t-il fait observer. Aussi, s’est-il dit heureux de savoir que les actions de Plan International Bénin prennent en compte plusieurs ministères. S’adressant aux populations, il les a invitées à observer les mesures édictées par le gouvernement dans la discipline, le respect et l’engagement mutuel pour vaincre le mal du coronavirus. Société 09 avr. 2020


Dona Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie: « C'est un changement radical qui s'opère dans le secteur énergétique… »
A l’occasion des quatre ans de l’avènement au pouvoir du président Patrice Talon, Dona Jean-Claude Houssou, ministre de l’Energie, était l’invité de l’émission dédiée au bilan de son département, mardi 7 avril dernier, sur la Télévision nationale. Il évoque les grandes réalisations, notamment celles liées au renforcement des capacités énergétiques du pays et la mise en place d’infrastructures lourdes en vue de garantir de l’énergie aux populations ainsi que les différentes réformes impulsées dans le secteur. Lire l'intégralité de ses propos. Monsieur le ministre, que prévoit essentiellement le Programme d’action du gouvernement (Pag) dans le secteur de l'énergie ? Dona Jean-Claude Houssou: Vous n’êtes pas sans savoir le caractère éminemment stratégique de ce secteur pour le développement socio-économique de tout pays. Le gouvernement de la Rupture l’a compris très tôt puisque même pendant la campagne électorale, le chef de l'État disait bien ceci « l'énergie doit devenir le sang qui coule dans les veines de nos concitoyens ». Evidemment, l’acte a été joint à la parole notamment à travers le programme d'action du gouvernement qui fait une part belle à ce secteur. Ainsi pas moins de 10 % de l'ensemble des projets phares du programme d'action du gouvernement est consacré au secteur de l'énergie à travers quatre projets phares. Premièrement, c'est étendre et augmenter la capacité thermique de notre pays pour rendre encore plus disponible l'électricité au coût abordable. Deuxièmement, c'est la focalisation sur les énergies renouvelables parce qu’on ne peut pas être dans un pays doté naturellement d'énergie solaire et lui tourner le dos comme le fait le tournesol en fin de journée, donc c'est montrer effectivement que nous faisons partie des 121 pays les plus ensoleillés et il faut en tirer parti. Troisième projet phare, c'est bien sûr notre société de distribution nationale et l'ambition est de faire en sorte que cette société soit restructurée et soit capable de répondre aux enjeux d'aujourd'hui et de demain. L'ambition du gouvernement est de transformer structurellement ce pays pour améliorer les conditions de vie de nos concitoyens. Pour cela, il faut que cet intrant qu'est l’électricité, cet intrant stratégique, soit disponible en quantité et en qualité et à l’heure, en prenant en compte les préoccupations environnementales. Le dernier projet phare du gouvernement qui, en plus, a une vision qui va au-delà de la disponibilité simple de cette énergie, c'est de faire en sorte qu’on en fasse une meilleure utilisation. Donc, les quatre projets phares parlent effectivement de la maîtrise de l'énergie et de l'efficacité énergétique. Vous voyez que nous déployons à grands pas ces projets phares avec des réformes audacieuses profondes, parfois difficiles, mais c'est à ce prix que nous allons transformer littéralement ce secteur et je crois que vous avez eu raison de dire que ce secteur est en pleine métamorphose. Monsieur le ministre, on voit que le secteur de l'énergie est au cœur du Pag. Quel visage présentait justement ce secteur à votre arrivée en 2016 ? Je crois que beaucoup s'en souviennent ou beaucoup l'ont oublié déjà, que notre pays était soumis à des délestages sauvages, qui pouvaient durer des jours pour certaines régions, où on n’informait même pas les gens sur les situations, éventuellement leur donner de la visibilité sur quand l'énergie électrique va revenir. On se souvient de l'exemple d'un frigidaire dont les denrées ont pourri parce qu'il n'y a pas d'énergie, des artisans qui ne pouvaient plus faire leur métier; ça me fait rappeler une anecdote: « Je marchais un samedi, il y a un réparateur de télé qui m'aperçoit, me reconnaît et me dit ‘’monsieur le ministre, vous savez, c’est à cause de vous que je ne peux plus mentir à mes clients’’. J’étais interloqué, je ne comprenais pas, il me dit ‘’depuis que le gouvernement de Patrice Talon a ramené l’électricité, je ne peux plus mentir à mes clients. Je disais que c'est à cause des délestages que je n'effectuais par leur travail’’. Et là, on voit à travers un certain nombre d'indicateurs de performance économique que le taux de croissance en l'espace de quatre ans, a décollé durablement, avec toutes les actions concomitantes qui contribuent au développement de notre pays. On voit réellement la place qu'occupe l'énergie électrique dans le développement socio-économique de notre pays. Et cette disponibilité qui s'est accrue se traduit évidemment par une augmentation des activités, qu'elles soient génératrices de revenus, mais je dirais plutôt des activités créatrices de valeur pour notre pays et ça, c'est heureux. En cela, on peut remercier et féliciter un homme qui a une ambition pour ce pays, qui a une vision, qui est déterminé et engagé et ça se traduit aujourd'hui par les résultats que nous observons dans ce secteur. Mais avant vous, le tableau était sombre. Je confirme. Mais aujourd'hui, ces musées sont devenus de vraies centrales et en plus, les souffrances de nos concitoyens à l'époque n'étaient pas seulement du côté de l'électricité parce que par manque d'énergie électrique on ne pouvait pas suffisamment produire de l'eau; ce qui faisait que chaque fois qu'il y avait coupure, et Dieu seul sait qu’il y en avait, je comptais quand même du bureau du ministre de l'Energie une dizaine par jour, qu'est-ce que ça devrait être pour le citoyen moyen. Donc, chaque fois qu'il y avait coupure d’électricité, il y avait coupure d’eau. D’ailleurs, il y avait un indicateur très simple qu'on trouvait dans les salles de bain, chaque fois qu’il y a disponibilité de l'eau, on en mettait en réserve. Aujourd'hui, nos concitoyens s’en souviennent encore. Vous venez de peindre un tableau sombre. Monsieur le ministre, quelle a été la thérapie proposée par le gouvernement? Le mot que vous avez utilisé, thérapie, est bien juste tant les souffrances de nos concitoyens étaient grandes, et l'activité économique on peut le voir à travers les éléments macro économiques, dans notre croissance, était en panne. Le gouvernement, avec une détermination sans pareille mais surtout avec méthode, discernement et une vision désormais claire dans ce secteur, a posé un diagnostic parce qu’on ne peut pas aller en amateur. Il faut qu’on ait tous les éléments sur lesquels nous allons travailler pour transformer ce secteur. Ce que nous avons fait très rapidement dans les semaines qui ont suivi l’avènement de ce gouvernement en mettant en place ce qu'on appelle le Prse, le Plan de redressement du secteur de l'Energie. Quand on se met sur le schéma de diagnostic qui vous amène sur des actions à court, moyen et long termes, ça traduit tout simplement qu’il y a une vision, on veut donner de la visibilité sur l'ensemble des actions. Ce que je peux dire aujourd'hui et on aura l'occasion de revenir dessus, c'est que les résultats que ce gouvernement obtient désormais dans ce secteur prouvent que les décisions prises, dès avril 2016, sont des décisions justes parce que des actions aujourd'hui sont en cohérence avec cette vision et avec le plan d'action qui avait été lancé. Nous l'avons constaté dans cet élément témoin, monsieur le ministre, les groupes loués ont été installés sur les différents sites. Pourquoi ce choix de location ? Pourquoi ne pas opter pour l'acquisition de ces groupes ? Ce qu'il faut noter, c'est dans le cadre des mesures à court, terme, et qui dit court terme, dit mesures d'urgence parce que l'instruction du chef de l'État était claire. C’était de ‘’faire en sorte que pendant les fêtes de fin d'année 2016, mes concitoyens aient la lumière''. Il s'agit de se mobiliser pour qu’en quelques mois, on puisse avoir disponibles des moyens de production. On ne peut pas, pour le court terme, opter pour une solution de moyen ou long terme. Deuxièmement, il y a des sociétés spécialisées dans les urgences, la mobilisation d'urgence qui coûte évidemment très cher, donc ça ne peut pas être un moyen de production à long terme mais ça permet de parer au plus pressé. Nous avons opté pour cette solution pour qu’à partir du mois de mai 2016, on puisse lancer les opérations d'appel d'offres pour pouvoir aboutir au respect scrupuleux des instructions du chef d'État de donner de la lumière à nos concitoyens. Dans le cadre de ces actions à court terme, en plus de l'allocation des moyens de production urgente pour satisfaire ce besoin, nous avons également travaillé à la réhabilitation de plusieurs. Souvenez-vous, que j'avais qualifié en avril 2016, de musées, notamment à Porto-Novo, à Parakou et à Natitingou. Nous avons pu l'obtenir du constructeur de ce moteur pour donner satisfaction le plus rapidement possible, parce qu’il les connaît mieux que quiconque et elles sont aujourd'hui capables de fournir 30 Mw en plus de tout ce que nous avons. Il faut également retenir dans le cadre des mesures à court terme la diversification des sources d'approvisionnement d'énergie électrique; on s’est dit qu'on ne peut pas être dans une situation de souffrance et être contraint encore par un code que nous avons volontairement signé, je veux parler du code bénino-togolais signé avec la création de la Communauté électrique du Benin (Ceb) en 1968. C'était une très bonne initiative en ce temps-là mais les choses ont aujourd'hui évolué. Cinquante ans après, nous sommes dans une vision régionale et nous avons des difficultés dans notre pays ; donc il faut voir comment ménager la chèvre et le chou pour satisfaire nos concitoyens. Cela se traduit comment? Le Bénin a demandé une dérogation spéciale auprès du Conseil interétatique de la Ceb pour pouvoir être en capacité de diversifier ses sources d'approvisionnement, parce que jusque-là, c'était seulement la Ceb qui pouvait alimenter les deux pays. Donc, grâce à cette dérogation que nous avions rapidement obtenue, nous avons pu aller chercher d'autres fournisseurs d'énergie électrique, notamment Paras Energie qui, dès le mois de février 2017, a commencé à fournir 60 Mw supplémentaires pour pouvoir parer au plus pressé en plus des moyens de location d'urgence que nous avions mis en place. Les 30 Mw ont permis aux Béninois de renouer avec l'électricité, des actions qui témoignent de la fin du délestage et c'est pour le bonheur des Béninois certainement ? Quand on parle d'électricité, il faut raisonner en système électrique et qui dit système électrique dit il y a plusieurs pans. Il y a particulièrement trois pans et si l'un de ces pans n'est pas au rendez-vous, il n’y aura pas d’électricité chez vous. Il y a la production, il faut produire cette énergie électrique. Deuxièmement, il y a le transport, il faut pouvoir la transporter, si les moyens de transport sont en panne, l'énergie que vous avez produite, qui est disponible, ne peut pas passer d'un endroit A à un endroit B, et troisièmement, c'est la distribution. Une fois qu'on a transporté l'énergie de son lieu de production dans les zones d'utilisation, compte tenu de son niveau élevé de tension, pour ne pas en perdre beaucoup lors du transport, il faut mettre en place ce qu'on appelle des transformateurs, qui vont permettre de transformer cette énergie élevée en énergie de potentiels plus faibles pour arriver à la maison ou dans la boutique à 220 V, car le transport se fait à 161 000 Volts. Donc, il faut que ces trois pans soient efficaces, opérationnels. Ainsi, nous avons commencé par travailler sur la production, la rendre disponible, mais on ne peut pas travailler en série l’un après l'autre ; on doit fonctionner en parallèle si on veut que nos concitoyens aient à disposition le plus rapidement possible cette énergie électrique en quantité, en qualité et à l’heure. C'est pour ça que, en même temps que nous nous occupions de la production électrique, nous avons engagé aussi des actions pour rendre viable, efficace notre réseau de transport. Je peux vous rappeler que notre réseau de transport, quand on est arrivé en 2016, il y a une bonne partie qui datait des indépendances, donc qui occasionnait évidemment des difficultés. Avec le moindre orage, il y avait des coupures, les élagages qui n'étaient pas forcément faits et qui pouvaient tomber sur des lignes, tout ça créait en fait des difficultés supplémentaires à nos concitoyens; donc nous avons travaillé sur ce deuxième pan également et nous continuons de le faire. Un exemple patent c'est la manière dont on alimentait le Bénin, vous allez être ahuri, c'est que l'énergie qui quittait le Nigeria, passe par Sakété puisqu’il faut savoir qu'historiquement le Bénin est structurellement déficitaire en matière d'énergie électrique et vous allez voir comment on a changé de paradigme par rapport à ça. Cette énergie qui arrivait à Sakété, parce qu’on a une sous-station à Sakété, importante source de transformation, avant d'aller au Nord, traversait Cotonou pour tourner autour de Cotonou, et allait jusqu'à Lomé, montait au Nord du Togo, arrivait à Kara et de Kara va rentrer dans le Nord du Bénin, tout un périple. C’est terrible et comme vous le disiez, il peut y avoir des obstacles, des difficultés de quelque nature que ce soit sur ces lignes, et c'est nos concitoyens notamment du Nord qui en souffraient. Nous avons révolutionné cet aspect-là par deux actions majeures, et je tiens à saluer l'ensemble des Ptf qui nous ont soutenu. Nous avons construit une ligne qui va d’Onigbolo jusqu'à Parakou, qui fait désormais de Parakou un hub en matière d'énergie électrique pour le Nord. Cette ligne de 261 km avec une puissance de 161 Kilovolts donc haute tension permet dorénavant d'aiguiller directement cette énergie dont on a besoin dans le Nord à travers ce que j'appelle une dorsale verticale de notre pays. Nous avions complété par une action non moins importante que nous avons inaugurée courant troisième semaine d'août 2019, c'est la prolongation de cette ligne haute tension qui nous amène jusqu'à Malanville. Avant d’en venir à la construction des lignes, vous avez parlé de la location et l’installation des groupes électrogènes, mais qui ne sont pas restés indéfiniment, la procédure a évolué. Ces groupes, pour la plupart, ont été démobilisés. Monsieur le ministre, pourquoi démobiliser ces sources d'énergie? Cette option a-t-elle montré ses limites? Ne pouvait-on pas continuer avec ces groupes ? Non monsieur le journaliste, on ne pouvait pas continuer. Ce sont des moyens d'urgence. Ce qu'il faut noter, c'est que ce que ce gouvernement a décrit en avril 2016, ce qu'a prévu dans les années qui vont suivre 2016, se traduit exactement et ça c'est un exemple concret; puisque nous nous étions engagés qu’au plus tard fin 2019 il n'y aurait plus de moyens de location pour produire de l'électricité au Bénin. Nous avons tenu ce pari, qui paraissait fou pour certains en 2016 tant il y avait de souffrances les années précédentes, mais nous avons tenu ce pari et ces moyens d'urgence sont démobilisés aujourd'hui complètement, ce qui confirme que nous sommes rentrés dans le moyen et long termes. Monsieur le ministre, nous allons parler du gros morceau Maria Gléta 2… Ce qu’il faut noter encore une fois, c’est la traduction d'une vision, d’un travail méthodique avec discernement et qui de jour en jour, de mois en mois, donne de la visibilité à nos concitoyens à travers des réalisations concrètes. Mais tout ça, c'est grâce à cette ambition, cette détermination, cet engagement de ce gouvernement et du premier d’entre nous qu’est le Chef de l’État, qui s’est traduit par une feuille de route claire qui a été donc dessinée et qui progressivement est en train de porter ses fruits. Pour paraphraser le titre de cette émission je crois que le temps des moissons, est venu et on peut montrer ce qu’on peut continuer à moissonner parce que le meilleur est à venir. Définitivement, nous allons tourner le dos aux souffrances rencontrées par nos concitoyens pendant des décennies dans ce secteur, un secteur qui est éminemment stratégique, qui est la clé, le socle de tout développement socio-économique dans tous les pays du monde. Et celui qui a compris ça a compris beaucoup de choses et est en marche vers le développement de son pays. Et donc, dans les actions moyen terme, il y a effectivement la construction d'un certain nombre d'infrastructures de production d'électricité. C'est le premier projet phare que j'ai cité en début de cette émission. Il faut augmenter, étendre la capacité thermique de production d'électricité pour rendre cette énergie électrique disponible à nos concitoyens et dans le cas des activités industrielles, artisanales, etc. pour créer de la valeur et entraîner un vrai développement dans ce pays. Dans le cas du Pag, la vision est qu'il faut transformer structurellement l'économie de notre pays pour pouvoir à terme arriver à l'amélioration des conditions de vie de nos concitoyens. En fait, c’est cela l’objectif principal et tout ce que nous faisons concourt à cet objectif fixé par le président de la République. Dans le moyen terme qu'on avait déjà prévu en 2016, nous arrivons en 2019 à la concrétisation de la première étape de la construction d'un certain nombre d'infrastructures de production d'électricité, et pour la première fois dans notre pays, vous allez voir que nous allons faire des centrales thermiques mais aussi et surtout nous orientons vers les Energies Renouvelables qui font l'objet du deuxième projet phare du secteur de l'énergie pour le Pag. Maria Gléta 2 est donc née et ce joyau fait la fierté des Béninois parce que cette centrale vient dissiper les peines et ennuis de nos paisibles populations. Monsieur le ministre, sourire aux lèvres, le joyau a été accueilli par les Béninois. Maria Gléta, l'aboutissement paraît tout simple, mais partagez avec nous les difficultés que vous avez eues… Tout d'abord, c'est une fierté nationale. C’est une fierté nationale à mettre à l’actif du Président Talon. On dit souvent dans notre langue que quand on trouve un bon habit sur le corps de son ennemi, il faut quand même avoir l'honnêteté de l'en féliciter. Nous sommes venus de très loin. Mais ce qu'il faut noter, c’est que compte tenu de son engagement, de sa détermination, nous n'avions pas personnellement, en tout cas, moi je n'avais aucun doute sur cet aboutissement ; puisque là, c'est historique cette réalisation dans notre pays. Ce n’est pas que le produit qu'il faut voir, il y a aussi la manière qu’on a mise dedans qui s'est traduite par le fait que donné pour 18 mois, nous sommes arrivés à l'heure, avant l’heure. Prévu pour 110 milliards, nous avons dépensé 90 milliards, moins que ce qui est prévu. Pour ceux qui se souviennent des décennies précédentes, il n’y a pas beaucoup de projets qui peuvent avoir un rendez-vous aussi impressionnant. Troisième élément, ce qu'on appelle le contenu local d’un projet majeur comme celui-là a également été au rendez-vous à travers la mise en place d'un certain nombre d'infrastructures sociocommunautaires pour ne pas dire socio-économiques, puisque ça a permis la construction d'une voie de 3 km qui part du carrefour Tankpè jusqu'à la centrale, qui est complètement pavée aujourd'hui et qui apporte satisfaction à la population ; ça a permis la construction de 25 salles de classe dans la localité et la suppression, en cours d'ailleurs, des toiles d'araignée dans cet environnement, dans ces localités qui aujourd'hui vont voir leur vie complètement changée; ça a permis la construction d'infirmerie et d'un bâtiment pour la Police républicaine et j'en passe. Mais ce qu’il faut noter également, en termes d’impact local, c'est que 80 % des entreprises qui ont travaillé sur ce site sont des entreprises béninoises; ce n'est pas tous les jours qu'on construit une centrale de ce niveau-là, et quand nos concitoyens entrepreneurs, industriels, ont eu l'occasion de s'impliquer dans ce type de construction, ça leur permet aussi de montrer leurs compétences et pour pouvoir compétir je dirais à l'international, et deuxièmement. Il faut également savoir que 90 % du personnel qui a travaillé sur ce site a été du personnel béninois et particulièrement un bon nombre venant des localités environnantes. Dans la fourniture de l’énergie, qu’est-ce qui va changer désormais ? C'est un changement radical qui s'est opéré et qui continue de s'opérer dans notre pays dans le cadre de cette dynamique insufflée dans le secteur. Je disais tout à l'heure que quand on parle d'électricité, il faut parler du système électrique avec ses différents pans ; production, transport et distribution. Au niveau de la production, voilà un pas de géant qui vient d'être réalisé et inauguré au mois d'août dernier, qui va consolider plus que jamais la disponibilité électrique au niveau du Bénin. Le fameux changement de paradigme dont on parle, particulièrement dans le secteur de l'énergie, est en marche à travers cette belle réalisation, qui va permettre en plus des centrales réhabilitées à Porto Novo, Parakou et Natitingou, la turbine à gaz qu'il y a à Maria-Gléta qui a été complètement rénovée de passer de près de 0 Mw à 180 Mw. Ce qui veut dire, désormais si je prends en compte ce qu'on appelle le pic de consommation de notre pays, le pic de consommation c'est le moment de la journée où l'on consomme le plus d'énergie, ça se passe entre 19 heures et 22 heures, notre pic oscille actuellement entre 220 ou 240 MW. Disposer maintenant de 180 MW, c'est historique également dans notre pays, c'est disposer déjà de plus de 60 % de ce pic de consommation. Nous sommes résolument engagés sur cette route de l'autonomisation énergétique de notre pays puisqu’en l'espace de trois ans nous sommes passés de près de 0 % en termes d’autonomie à plus de 60 % aujourd’hui. D’ailleurs, dans la journée, certains jours, nous atteignons même 80% voire 90 % de cette autonomie par exemple un samedi ou dimanche, la consommation dans la journée est en deçà de ce que ça peut être dans la semaine. Donc des fois, on avoisine ces 180 Mw, parfois même moins. Aujourd’hui, le Bénin en l’espace de 2 à 3 ans, a mis en place des réalisations concrètes à travers des réformes importantes. L’exemple de Maria Gléta permet aujourd’hui de dépasser les 60 % d'autonomie. Je vous donne rendez-vous au nom du gouvernement à fin 2021 et le Bénin sera complètement autonome en matière énergétique. Peut-on affirmer aujourd'hui que la centrale de Maria Gléta 2 va impacter sensiblement le processus de création de richesse au Bénin ? C'est, sans aucun doute, parce que ce qu'il faut savoir, avoir les moyens de production propre, il n’y a pas mieux. On ne peut pas parler d'indépendance industrielle ou économique sans parler d'indépendance énergétique et c'est cette voie d’indépendance énergétique qui a été tracée par le Président Patrice Talon et que nous suivons chaque jour. Les résultats que nous engrangeons au fur et à mesure montrent que cette voie qui est tracée est la voie la plus juste, et tous les éléments qui concourent à emprunter sereinement, sûrement, avec détermination cette voie montrent sans aucun doute que nous allons y arriver et que l’impact socio-économique se montre déjà, vous n’avez qu'à voir le taux de croissance en 2018, en 2019 et ce qu'on prévoit pour nous en 2020. Les Béninois sont pressés, certains se demandent s'ils auront Maria Gléta 3 ? Je disais tantôt que ce gouvernement, particulièrement pour ce secteur, travaille avec méthode, discernement; tout ça avec un chapeau qui est la vision; une vision claire avec une feuille de route également claire et sur cette feuille de route, le premier projet phare qui est d'augmenter la capacité de production d'électricité passe par la construction d'infrastructures de production, exemple Maria Gléta 2. Il y a également deux autres centrales thermiques qui sont prévues, notamment une de 120 MW dont nous travaillons aujourd'hui au lancement prochain de l'appel d'offres puisque c’est dans le cadre de producteurs indépendants, c'est l'occasion de vous rappeler le vœu du gouvernement de faire en sorte que les investisseurs privés puissent investir massivement dans ce secteur qui est éminemment capitalistique; donc une deuxième centrale de 120 Mw et une troisième de 25 Mw. Mais à côté de ça, le gouvernement veut avoir un mix énergétique responsable. Cela veut dire être en capacité d'utiliser toutes les possibilités que nous avons en plus de nos possibilités propres pour produire de l'énergie, je veux parler du solaire. C'est pour ça que depuis le 19 décembre dernier nous avons lancé un appel d'offres international pour la construction de quatre centrales solaires de 50 Mw à la fois 2 × 10 Mw et de 2x15 Mw à Bohicon, Parakou, Djougou et à Natitingou. C'est centrales viendront s’ajouter aux premières. On va lancer la construction dans les semaines à venir de 25 Mw à Illoulofin à Onigbolo, une centrale d'envergure solaire financée par l'Union européenne et l'Agence française de Développement, et qui va montrer que l'orientation Energies renouvelables de notre pays n'est pas un vain mot mais qu'elle se traduit dans des actions; vous m'avez parlé de Maria Gléta 2, 3, 4 et des centrales solaires, vous allez en avoir 1,2,3,4 et cinq. Monsieur le ministre, expliquez-nous un peu le fonctionnement des lignes d’interconnexion… Je reviens sur le système électrique avec trois pans: production, transport et distribution. Si l'un de ces pans est défaillant, on ne pourrait pas avoir l'énergie électrique. Donc, le gouvernement fait feu de tout bois. Je disais que ces différents pans doivent être attaqués en même temps, donc en parallèle. Ce qui fait qu’en même temps que nous travaillons pour une disponibilité plus accrue avec des infrastructures propres installées sur notre territoire, nous travaillons également pour rendre fiable le réseau électrique que ce soit haute tension, moyenne tension et basse tension, parce que la situation que nous avions rencontrée à notre arrivée était préjudiciable à la disponibilité accrue de cette énergie. Je donnais l'exemple tantôt, quand l’énergie du Nigeria devait passer par Sakété et aller d'abord au sud du Togo, remontait à Kara avant de rentrer au nord du Bénin. Aujourd’hui, ces souffrances occasionnées par ce type d'aiguillage sont définitivement terminées, puisque nous avions deux projets majeurs qui sont rendus opérationnels aujourd'hui, c'est la ligne qui va d’Onigbolo jusqu’à Parakou, longue de 261 km et 161 000 kv et celle qui va de Parakou jusqu'à Malanville en passant par Bembèrèkè/Kandi. Pendant ces quatre années, nous avons changé la configuration du système électrique béninois notamment en matière de transport par la création de ce que j'appelle la dorsale interne du Bénin qui va du sud jusqu'au nord sans passer d'abord dans un pays voisin. Monsieur le ministre, parlons des moissons parce que nous amorçons le dernier virage. Nous allons aborder les réformes à la Sbee très rapidement… Permettez-moi de terminer sur la précédente préocupation, en l'espace de trois ou quatre ans, nous avions augmenté les longueurs de ligne dans notre pays au niveau haute tension de près de 15 %; nous avons augmenté en termes de basse tension (c'est ça qui permet d'aller chez les gens), près de 20 %. Faites un petit calcul si on divise ça par quatre, même par 10, et on prend ce 10e de tout ce qu'on a réalisé en quatre ans, si depuis 50 ans on faisait le 10e par an, je crois que le Bénin serait au ciel du développement. Sur la question d'impact économique et social de toutes ces évolutions, vous savez qu’en l'espace de quatre ans, nous avons augmenté le nombre de clients à la Sbee de près de 20 %, on est passé de 570.000 clients en 2016 sachant que 2015 c’était plutôt 530.000; à plus de 635.000 clients et nous allons poursuivre. Et tout ce qui a été désagréments pendant les deux dernières années, notamment en matière de pénurie de compteurs est conjugué définitivement au passé puisqu’il y a meilleure disponibilité de ce matériel pour satisfaire le plus possible nos concitoyens. Mais, vous avez posé une question très pertinente sur les réformes, particulièrement de la société nationale de distribution. Nous avons constaté que nos concitoyens ont trop souffert par manque de cette énergie électrique d'une part, mais aussi du fait que la notion clientèle n'était pas au cœur des préoccupations de la Sbee. C’est pour ça d'ailleurs que le gouvernement en a fait un projet phare, la restructuration de la société de distribution à travers un certain nombre de réformes, des réformes profondes, courageuses et parfois difficiles mais nécessaires parce que c'est à ce prix seulement qu'on va restructurer effectivement, efficacement mais surtout durablement, ce secteur notamment la société nationale d’électricité. On a commencé d'abord à mettre en place un contrat-plan, un contrat entre l'État et la Sbee à travers un certain nombre d'indicateurs de performance, que ça soit en matière technique, taux de perte; durée moyenne de connexion, etc. Ce qui nous permet d'ailleurs très rapidement de diviser par 5 la durée moyenne de coupure, et de l'autre côté, le temps moyen de dépannage qu'on a trouvé qui était de 10 à 11 heures est passé à 2,5 h. Là aussi, nous avons divisé cette durée par 5, ce qui montre déjà avec le contrat-plan et les indicateurs de performance que nous avons mis en place, y compris au niveau de ressources humaines, l'efficacité de notre action. Ça commence donc à prendre corps et à produire des résultats. Mais le travail est tel que nous ne pouvions nous contenter d’un contrat plan. C'est pour ça d'ailleurs que le gouvernement avait décidé au-delà de ce qui avait été préconisé dans le cadre de l'accord de don Mca II, pour rendre plus efficace cette entreprise. L’analyse du gouvernement a débouché sur le constat que le mal est profond et nos concitoyens sont impatients et il faut aller vite et en profondeur pour que les résultats soient durables. C’est pour ça que le gouvernement a pris la décision de passer en gestion déléguée cette entreprise nationale. Donc, nous avions effectué un appel d'offres international pour pouvoir recruter une entreprise internationale du secteur qui a fait ses preuves d'efficacité, de performance dans le secteur. Cet appel d'offres international a débouché sur la compagnie canadienne Manitoba Hydro International pour venir, je dirais, distiller ce qui lui a permis d'être performante dans ce secteur au niveau de la distribution et profiter de l'occasion pour faire monter en compétence nos compatriotes pour qu’au bout de la période de gestion déléguée qui est de quatre ans, ils puissent prendre à nouveau les rênes de cette entreprise importante pour pouvoir poursuivre ce chemin de performance attendue et je profite de l'occasion pour rappeler que c'est bien d'une gestion déléguée qu’il s'agit, ce n'est pas une privatisation; la preuve, tous les agents de la Sbee sont toujours en place et nous recherchons à travers cette gestion déléguée une efficacité accrue des performances pour que cette entreprise majeure dans le paysage socio-économique de notre pays puisse devenir une entreprise viable, par rapport à ses missions, une entreprise économiquement équilibrée et une entreprise qui, tout en mettant la clientèle au cœur de ses préoccupations, soit aguerrie pour répondre aux enjeux d'aujourd'hui et de demain. Il y a eu un allègement au niveau de la grille tarifaire, une amélioration des services au profit de la clientèle. Dans ces réformes, nous avons fait en sorte, que le maître- mot, le souci principal soit la clientèle. Il y a eu tant de souffrances notamment au niveau des agences ; j'avais même l'habitude de dire que la Sbee étant une société d'État, société Epic, c'est-à-dire entreprise ou entité publique à vocation industrielle et commerciale, que le « C» était mort et que tout ce que le gouvernement entreprend dans ce domaine aujourd'hui, c'est de tout faire pour que ce « C » soit ressuscité, mais soit ressuscité avec brillance ou avec brio et que la clientèle soit au cœur des préoccupations de l'entreprise et des agents. Nous avions fait des actions qui ont commencé à porter leurs fruits. Je veux parler du réaménagement de certaines agences et ça se poursuit aujourd'hui puis le paiement désormais par Mtn et Moov, la dématérialisation de l'achat de crédit d’électricité, de son lit on peut acheter ses crédits 24h/24, on n’a plus besoin d'aller faire la queue où des fois on vous dit, on est désolé, revenez demain. Le gouvernement de Patrice Talon est en train de révolutionner ce secteur, pour ne pas dire ce pays, et je compte sur vous pour en être des ambassadeurs. Monsieur le ministre, en 2016 vous étiez en colère. Aujourd'hui vous l’êtes toujours? Ma colère s'est transformée en sourire. Grâce à la vision qu'on a pour ce secteur aujourd'hui, à la détermination, à l'engagement du chef de l'État pour une transformation durable de ce secteur et le fait que les actions suivent la parole et que derrière, les réalisations confirment que les choix qui ont été faits sont des choix justes, exemple de ce que j'ai qualifié de musées qui sont devenus aujourd'hui des centrales opérationnelles à Porto-Novo, Parakou et Natitingou. Vous avez vu la réalisation de Maria Gléta, la quantité de ligne de transport et de distribution qu'on a mise en œuvre. Au niveau de la distribution, nous avons fait également une prouesse qui n'est pas beaucoup ressortie, on a entendu les plaintes légitimes de nos concitoyens. Entre novembre et décembre 2019, la Sbee a installé 35.000 compteurs; faisant passer le nombre de clients de 605.000 à 640.000. C'est extraordinaire et il y a suffisamment de compteurs aujourd'hui pour que nous réduisions le délai d'attente entre le moment où on fait une demande et le moment où on vous installe un compteur. Tout ça montre que cette dynamique est plus qu’extraordinaire parce que ça porte des fruits qui permettent d'améliorer les conditions de vie de nos concitoyens à travers l’impact socio-économique que ça peut avoir, notamment quand je prends les artisans. Il y a beaucoup de projets en cours qui vont concourir dans les deux prochaines années à augmenter significativement le nombre de localités éclairées dans notre pays, je prends l'exemple de l'électrification rurale où le gouvernement a mis un point d'honneur à faire en sorte que ce que nous appelions le parent pauvre de notre système électrique puisse rattraper le temps perdu à travers des réformes. Ainsi, en septembre 2018, on a pris un décret portant électrification hors réseau pour faciliter les investissements privés dans le milieu rural. Une des réformes majeures de ce gouvernement dans le secteur de l'énergie c'est le nouveau code de l'électricité qui a été voté le mois dernier à l'unanimité à l'Assemblée nationale et qui va révolutionner le secteur, le précédent code de l’électricité date d’une quinzaine d'années et ne répondait plus aux préoccupations de notre temps et là, il y a dans le nouveau, des innovations extraordinaires dont le cadre réglementaire pour rassurer les investisseurs. Ce cadre réglementaire désormais fait des améliorations en matière de mesures fiscales, en matière d'énergies renouvelables, les composantes, par exemple, pour des installations solaires sont exonérées de droits de douane pour encourager les investisseurs. Il y a également l'autorité de régulation du secteur l’Are qui est, comme disent certains, le gendarme. Elle joue un rôle régalien, important à double volet. D'un côté protéger le consommateur pour qu’il puisse avoir cette énergie dans les meilleures conditions possibles et de l'autre, garantir la viabilité du secteur, c'est-à-dire l'équilibre économique et financier de ce secteur. Pour faire ce travail, il nous faut une structure qui soit autonome et cette autonomie a été donnée à l'Autorité de Régulation de l’Electricité à travers un certain nombre de dispositifs qui lui permettent aujourd'hui de s'autofinancer, à travers un certain nombre de taxes que des parties prenantes peuvent lui verser, cela lui permet d'avoir les moyens de sa politique. Toutes ces réformes doivent conduire durablement à améliorer ce secteur qui, dans quelque temps, doit être un exemple en Afrique parce qu’en même temps que nous travaillons sur l'amélioration de notre système électrique, nous contribuons également à l'intégration régionale. N'oubliez pas que le Bénin est la capitale du Système d'Echange d'énergie électrique ouest africaine (Wapp). C’est d'ailleurs pour ça qu'on est en train de construire à Calavi le dispatching, c'est-à-dire l'endroit où l'on va gérer tout le flux électrique de toute l'Afrique de l'Ouest. Désormais, ce sera du Bénin et à côté, ce sera la création de la salle des marchés parce qu'on crée la bourse de l’électricité, ce qui va permettre d'avoir encore plus de disponibilité puisque l'interconnexion de l'ensemble des 14 pays continentaux de la Cedeao va se terminer l'année prochaine, et donc on va avoir plus de disponibilité et à terme, à moindre coût. L'énergie vient renforcer alors le Bénin qui est une terre d’opportunités Vous avez raison de dire que l'énergie est au cœur du Bénin qui est désormais une terre d’opportunités grâce au président Patrice Talon. Mais ce qu’il faut noter, c'est que le délestage n’existe plus dans notre pays. Le délestage, c'est un phénomène volontaire quand l'offre n'est pas suffisante pour répondre à la demande. Deuxièmement, nous avons beaucoup progressé avec des réalisations majeures et des réformes difficiles mais audacieuses. Il faut féliciter ce gouvernement pour ce courage qu'il a eu pour pouvoir avancer sur ces terrains y compris la mise en gestion déléguée pour profiter des expériences des acteurs majeurs internationaux. Egalement, il faut voir que nous avons grimpé à une vitesse grand V avec 0 % environ d'autonomie énergétique qu'on avait pour arriver à plus de 60 % aujourd’hui. De 0 Mw installé, je ne parle pas des moyens de secours ou d'urgence tenue, nous sommes passés à près de 180 Mw aujourd'hui qui fait que notre autonomie est déjà au moins à 60 % et je vous donne rendez-vous pour fin 2021 pour une autonomie totale. Comme je parle intégration régionale dans quelque temps, ne soyez pas surpris de voir que le Bénin peut vendre de l’énergie. Actualités 09 avr. 2020


Construction d’édifices et aménagement urbain: Les principes qui gouvernent le métier d’architecte urbaniste
Comme toute profession libérale, l’exercice du métier d’architecte urbaniste est régi par des principes et contraintes devant garantir le respect de l’environnement, la santé et la propriété de toute personne. Leurs crayons dessinent toutes sortes de bâtis : baroques, originaux et attrayants ainsi que les villes modernes, dont ils dirigent l’érection suivant des exigences environnementales et vitales. Avec la réception de treize nouveaux membres en novembre dernier, leur nombre est passé désormais à 193 inscrits, pour 89 cabinets agréés. Eux, ce sont les architectes urbanistes à qui incombe la lourde mission de veiller à la construction d’édifices et de cités modernes. Conformément à la directive n°01/2013/CM/Uemoa relative à l’harmonisation des règles régissant la profession d’architecte au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), l’exercice de la profession est subordonné à au moins cinq années d’études à temps plein en architecture après le baccalauréat dans une université ou une grande école d’architecture reconnue par les Etats membres, indique Narcisse Justin Soglo, président du Conseil de l’Ordre national des architectes et urbanistes du Bénin (Onaub).Cette formation, précise-t-il, est sanctionnée par l’obtention du diplôme d’architecte reconnu par les Etats membres, les Ordres nationaux et le Conseil africain et malgache de l’enseignement supérieur (Cames), laquelle est suivie d’un stage professionnel rémunéré de vingt-quatre mois. Droits et devoirs Au Bénin, les nouveaux architectes prêtent serment au cours d’une cérémonie solennelle,se conformant au décret 83-388 du 1er novembre 1983 instituant l’Onaub. Cet acte revêt une importance capitale en ce sens qu’à cette occasion, les professionnels reçoivent les textes régissant leur profession et jurent d’exercer leur profession avec conscience et probité et d’observer les règles et règlements en la matière et ce, dans le respect de l’intérêt public qui s’attache à la qualité architecturale et urbanistique. Ainsi, ils s’inscrivent dans une dynamique collective qui est à la fois conceptuelle, esthétique, environnementale, sociale au sein de la grande famille des architectes et urbanistes, selon Narcisse Justin Soglo. Comme avantage, si les textes étaient respectés, seuls les cabinets d’architecture agréés ont le droit de bénéficier de la commande publique en la matière, laisse-t-il entendre.L’appartenance à l’Onaub fait intégrer d’office l’Union internationale des architectes (Uia), l’Union des architectes d’Afrique (Aua), la Fédération des architectes francophones d’Afrique (Fafa) et la Conférence des ordres des architectes de l’Uemoa. L’admission à l’Ordre national et l’inscription au Tableau y afférent ne confèrent pas que des honneurs aux membres mais aussi des obligations et surtout une attitude responsable. « A l’Ordre national des architectes et urbanistes du Bénin, il n’y a pas que des droits, il y a également des devoirs, beaucoup de devoirs », insiste Narcisse Justin Soglo. Ce qui oblige tout nouvel impétrant à s’engager à respecter les textes aussi bien nationaux qu’internationaux réglementant la profession, notamment ceux relatifs au Code civil, à la protection de l’environnement, des patrimoines historiques, naturels, etc. Vieux de plus de vingt ans, le projet d’un Code de l’urbanisme au Bénin est en voie de se concrétiser, après moult tergiversations. Le texte dont l’avant-projet a fait l’objet d’un atelier de concertation entre les parties prenantes, en octobre 2019 à Cotonou, augure des bouleversements dans l’aménagement et la pratique urbanistiques. Principes Au nombre des principes essentiels, énumère M. Soglo, l’architecte doit faire preuve de compétence. A ce titre, il doit intervenir et améliorer sa compétence dans les domaines de son activité : « Il doit aider au développement de sa profession par sa participation à la formation continue et le partage de ses expériences et appuyer toute mesure propre à améliorer la qualité des services professionnels dans les domaines de son activité », explique-t-il. L’architecte urbaniste, poursuit le président du Conseil national de l’Ordre (Cno), doit faire montre d’une moralité irréprochable, en évitant toute attitude ou situation incompatible avec ses obligations professionnelles ou susceptibles de mettre en doute son intégrité ou de discréditer la profession. Dans la conception et le suivi des travaux de construction ou de rénovation des édifices, d’aménagement urbain, le professionnel est astreint à « tenir compte de ses obligations envers l’homme et son environnement, et des conséquences que l’exécution de ces travaux peut engendrer sur la vie, la santé et la propriété de toute personne ». A travers ce principe, doit-il, au nom de sa compétence et de sa moralité professionnelle, « s’opposer à toute pression tendant à aliéner sa liberté de jugement », indique Narcisse Justin Soglo. Par ailleurs, le professionnel d’architecture est appelé à « favoriser les mesures d’éducation et d’information du public dans les domaines où il exerce, et participer aux actions entreprises par la profession à cet effet ».Avec le réchauffement climatique, les architectes urbanistes sont appelés à œuvrer à la construction d’un habitat durable, c’est-à-dire plus écologique et plus économique. Société 08 avr. 2020


Riposte contre le Covid-19 au Bénin: Le gouvernement entre prudence et protection
Des solutions à la Béninoise. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier les mesures successives prises par le gouvernement pour gérer la pandémie du coronavirus et contrer sa propagation au Bénin. Sans s’aligner sur les mesures prises par les autres pays et sans s’écarter de la réalité, le Bénin réussit pour le moment à gérer au mieux ce mal. Le Bénin n’a pas fermé son aéroport comme bon nombre de pays. Mais ce n’est pour autant qu’il est resté perméable au mal de l’heure. Le Bénin n’a pas opté pour le confinement général ou le confinement des grandes villes ou foyers de contamination, pourtant c’est la mesure phare adoptée par la plupart des pays face au coronavirus. Le chef de l’Etat béninois et son gouvernement ont préféré « des mesures à la Béninoise » pour gérer la crise liée au coronavirus. Les mesures successives prises à ce propos tiennent compte des réalités économiques et même sociopolitiques du Bénin. « Tout porte à croire que le Bénin gère cette crise avec un certain optimisme et c’est tout à notre actif », confie Simon Alexandre Kpédetin. Cet enseignant à la retraite pense que le Bénin fait la différence par ces mesures « incomprises» au départ, mais qui à l’arrivée, « semblent bien meilleures à celles drastiques prises par certains pays ». Ce qui a davantage convaincu cet enseignant, ce sont les propos du président de la République lors de son entretien télévisé. Comme lui, Armande Dangnitchédé, opératrice économique est « heureuse de constater que les mesures prises ne mettent pas à mal le business dans un pays qui vit déjà difficilement les conséquences de cette pandémie ». Pour rappel, le président Patrice Talon avait soutenu lors de son entretien sur la télévision nationale à propos de la crise liée au coronavirus que « certaines mesures n’ont pas le même degré de pertinence partout et d’autres nécessitent même que les acteurs concernés disposent d’un minimum de temps pour s’apprêter ». Il avait aussi déclaré à l’occasion qu’il y a « des actions et des mesures qui ne sont pas soutenables trop longtemps, dans notre contexte et pour lesquelles il faut trouver le bon timing de mise en œuvre». Pour accompagner les réductions de mobilité ou les confinements, illustre-t-il, « les pays riches débloquent des sommes faramineuses et certains font même recours à des solutions monétaires à peine déguisées, voire la planche à billets pour prévenir le chaos socio-économique inévitable autrement ». Malheureusement, le Bénin, à l’instar de la plupart des pays d’Afrique, ne dispose pas de ces moyens, indique-t-il. « Si nous ne tenions pas compte de tout cela, nous pourrions dans notre action, déclencher un chaos qui remettrait même en cause le minimum impératif de la lutte ». Avancer à pas de caméléon Certaines options faites par le gouvernement continuent d’être incomprises au sein de l’opinion publique. Des Béninois s’interrogent sur le leitmotiv de telle ou telle autre décision. Mais à y voir de près, la méthode du gouvernement est toute simple. Il préfère avancer à pas sûrs, au lieu de s’engager dans des décisions difficiles et compromettantes pour la population. C’est ainsi par exemple qu’il faut comprendre l’option du cordon sanitaire de huit puis douze communes, pendant que tout le monde s’attendait à une décision de confinement. Autre illustration, c’est la dernière décision en date, relative au port de masque obligatoire à l’intérieur du cordon sanitaire et l’exigence d’un travailleur par bureau faite aux administrations publique et privées. Pour le chef de l’Etat et son gouvernement, il faut allier prudence et protection. « Si nous ne tenions pas compte de tout cela, nous pourrions dans notre action, déclencher un chaos qui remettrait même en cause le minimum impératif de la lutte », révèle le président au cours de son entretien. Pour lui, « si nous prenons des mesures qui affament tout le monde à la fois et trop longtemps, elles finiront très vite par être bravées et bafouées sans avoir permis d’atteindre les objectifs». Le président s’est voulu par ailleurs formel sur le fait que « les mesures que nous venons de prescrire nous permettront d’empêcher la propagation du virus à l’intérieur du pays, tout en préservant l’activité économique. Un exercice qu’il juge « très difficile qui requiert sérénité, sang-froid et perspicacité ». Société 08 avr. 2020


Rejet de candidature pour les communales de mai 2020: Le Per appelle ses militants au calme
A travers un point de presse, samedi dernier, à son siège à Godomey, le président d’honneur du Parti pour l’Engagement et la Relève (Per) a pris acte de la décision de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et appelé ses militants au calme. « Nous prenons simplement acte de cette décision de la Cena », a déclaré Nathanaël Koty, président d’honneur avant d’ajouter qu’il estime avoir fait tout ce qui était de son devoir, pour remplir les conditions de participation à ce scrutin du 17 mai prochain. Selon lui, le rejet de la candidature qui disqualifie la formation politique pour les communales et municipales du 17 mai 2020 a suscité au niveau des militants un « profond sentiment de découragement, de tristesse et même de désapprobation ». Face à cette situation, il les invite à continuer à garder leur calme et à faire comme lui en s’inclinant devant le verdict de la Cena. Mieux, il n’a pas manqué de saluer le respect des décisions des institutions dont ils ont eu à faire preuve. Il fait plutôt une lecture positive du sort du Per. « Rassurez-vous, le Per n’a pas échoué. Il a plutôt perdu une petite manche de la bataille, mais alignera victoires sur victoires », lance-t-il. Selon lui, il s’agit d’un « inattendu accident de parcours », qui vient subitement couper leur élan et leur détermination à montrer le poids de la formation politique sur l’échiquier national. Evoquant les péripéties de la phase de préparation des dossiers, il a fait savoir que c’est un véritable parcours du combattant que de réussir à mobiliser 3630 dossiers de candidature pour les 546 arrondissements du pays. « Ce n’est pas si aisé d’obtenir les actes, que ce soit les certificats de nationalité, les casiers judiciaires, même les certificats de résidence », relève-t-il. En effet, a-t-il expliqué, même les décisions prises par le gouvernement pour rendre gratuites les légalisations des actes constitutifs des dossiers de candidature n’ont pas été suivies à la base. « Beaucoup de partis politiques ont dû affronter la farouche opposition de certains maires et autres», a-t-il dénoncé. Estimant que certaines défaillances notées dans le montage des dossiers de candidature ne sont pas le fait des partis, Nathanaël Koty a préconisé que la Cena fasse preuve de clémence et indulgence en les considérant comme des circonstances atténuantes. Politique 08 avr. 2020


Riposte contre le Covid-19: La dynamique des élus locaux d’Abomey-Calavi
Les élus locaux d’Abomey-Calavi s’engagent contre le Covid-19. Dans la localité, chacun déploie sa stratégie pour prêter main forte au gouvernement dans la riposte contre la pandémie la plus meurtrière depuis la deuxième guerre mondiale. Non sans difficultés. Le coronavirus fait des dégâts et les personnes les plus averties en ont conscience. C’est ce qui justifie l’implication des chefs quartiers dans la riposte contre le mal. A Calavi, les élus locaux ne ménagent aucun effort pour épargner leurs administrés de cette pandémie sans précédent. « Nous faisons le tour des maisons pour sensibiliser les gens. Au premier rang de la sensibilisation, le major central de Calavi et les délégués de quartier », explique Luc Honfo, conseiller local. A ce jour, le Bénin compte officiellement 26 cas testés positifs au coronavirus. Un cas de plus est un cas de trop qui ajoute à la psychose nationale. Les chefs quartiers savent que la sensibilisation à la base est primordiale. « Nous misons sur les règles d’hygiène et la protection des gens vulnérables ainsi que des enfants. Les gens sont réceptifs à nos messages parce qu’ils tiennent également à leur vie », témoigne-t-il. La population de Calavi est consciente de la situation. « A force d’expliquer l’ampleur du phénomène, les gens ont compris qu’il faut installer devant leurs maisons les dispositifs de lavage des mains à l’eau et au savon », poursuit-il. Par contre, la tâche est très rude pour certains élus locaux. « Malgré tout ce que l’on dit sur la maladie, les gens refusent toujours d’y croire. Ils préfèrent se fier aux supputations sur les réseaux sociaux, arguant que l’alcool et le climat béninois suffisent à anéantir le mal», se désole Christophe Hodonou, chef quartier Sèmè.« Si la mairie avait compris tôt en mettant à contribution les crieurs publics et en donnant les moyens aux chefs quartiers, les administrés sauront qu’ils ne doivent pas minimiser le risque », relève-t-il. Gratitude Corneille Michel Zomalèto, chef quartier Fandji anciennement appelé Zone des cultures annuelles (Zoca), décerne un satisfecit au chef de l’Etat et à son équipe pour leurs efforts contre le Covid-19. « Je tiens à remercier le président de la République et son gouvernement pour leur vision. Je salue également la Police républicaine sans laquelle, je ne pourrai pas réussir la mission actuelle contre le Covid-19. Si la décision du gouvernement de fermer momentanément les bars, les églises est bien suivie, c’est grâce aux patrouilles de cette unité », se réjouit-il. Fandji est considéré comme un quartier huppé de Calavi. Toutefois, tous ses habitants n’ont pas les mêmes niveaux de compréhension. « Ici vivent assez de cadres. J’ai à faire avec des gens qui comprennent assez vite les enjeux. Avec ceux-là, le message passe vite. Le reste des administrés à savoir, les menuisiers, les zémidjan, les artisans, il faut les aborder avec patience», explique-t-il. Chez lui, la sensibilisation est un réflexe. Il adhère à la vulgarisation des mesures contre la pandémie au profit de toutes les cellules sociales. « Etant donné que je reçois du monde chez moi dans le cadre de l’établissement des pièces d’état civil, je passe systématiquement les consignes du ministère de la Santé, puisqu’à l’heure actuelle, je ne peux pas réunir plus de quinze personnes », fait-il observer. « Si j’invitais les gens à l’école primaire publique Zoca, ils répondront à l’appel, mais c’est interdit actuellement. Je leur conseille de mettre un seau d’eau et du savon devant leurs maisons et de sensibiliser à leur tour leurs enfants », développe-t-il. La sensibilisation ne se limite pas à ses quatre murs : « Il y a un groupe de conducteurs de taxi-motos qui prend ses quartiers à un rond-point non loin de ma maison. Je vais les voir pour leur parler des mesures d’hygiène à respecter. Il faut reconnaître que cette cible de la société ne saisit pas parfois vite les messages ». La principale difficulté des chefs quartiers pour l’heure, c’est le manque de moyens pour combler toutes les attentes des administrés. « Tout le monde veut respecter les mesures, mais certains évoquent le manque de moyens pour se mettre à disposition les outils nécessaires dans le cadre de la prévention», relève-t-il. Quoique relativement modique, le prix des masques est un gros souci pour les populations démunies. « Les masques deviennent rares en pharmacie et les gens n’arrivent toujours pas à s’en procurer. Sortir 200 F ou 400 F Cfa est parfois un casse-tête », souligne-t-il. Si les populations sont mieux informées des menaces du coronavirus et des mesures prises par le gouvernement dans le cadre de la prévention et de la lutte, c’est aussi grâce à la presse à qui le chef quartier Fandji, Corneille Michel Zomalèto adresse sa gratitude. Des mots qui dopent sans doute le moral des journalistes en ces temps où ils risquent leur vie, la peur au ventre pour aller au contact des réalités liées au Covid-19 sur le terrain afin d’aider les populations. Société 08 avr. 2020


Riposte contre le Covid-19 dans le Borgou: Les mesures gouvernementales évaluées
Le Comité départemental de défense et de sécurité du Borgou a tenu, hier lundi 6 avril à la préfecture de Parakou, une séance. C’est pour procéder à l’évaluation et à l’analyse de la mise en œuvre des mesures gouvernementales contre la propagation de la pandémie du coronavirus dans le Borgou. A Parakou et dans les autres communes du Borgou, la plupart des populations donnent l’impression de ne pas avoir encore bien appréhendé la menace que constitue la pandémie du coronavirus pour l’humanité. La séance tenue, lundi 6 avril à la préfecture de Parakou, par le Comité départemental de défense et de sécurité sous la présidence du préfet, Djibril Mama Cissé, sonne donc comme un rappel à l’ordre à l’égard des populations. Cela, même si au cours de leur rencontre, les membres du comité se sont surtout focalisés sur la fermeture des frontières et des lieux de culte dans le département. En effet, dans le cadre de la riposte contre le Covid-19, la fermeture des frontières est l’une des instructions données par le gouvernement aux préfets de tous les départements du Bénin. A cet effet, il a été demandé que les étrangers soient strictement interdits d’accès sur le territoire national. « En ce qui concerne la fermeture des frontières, il a été constaté que le travail se fait par la Police républicaine, même s’il y a encore quelques difficultés à régler », a rassuré le préfet Djibril Mama Cissé. Il a été demandé, rappelle-t-il, que les étrangers soient systématiquement refoulés. « Seuls les nationaux ont donc le droit de rentrer sur le territoire», poursuit-il. Par rapport à la fermeture des lieux de culte, le préfet a fait une mise en garde. « Quiconque se mettrait en travers des mesures qui ont été prises par le gouvernement sera prêt à en subir les conséquences », a-t-il averti. Il a renouvelé son souhait de voir les populations prendre conscience de la menace que constitue la pandémie du coronavirus. « Nous n’avons pas encore enregistré de cas dans le Borgou. Mais, selon les dernières informations, même si la situation n’est pas aussi alarmante que ça, elle est devenue un peu plus préoccupante. Nous n’allons pas attendre d’enregistrer des cas dans le Borgou, avant de prendre les dispositions qui s’imposent», a fait observer le préfet. Pour lutter contre cette pandémie ou la contenir, il invite au respect des mesures barrières. Les commerçants interdits d’animer le marché de Guinangourou La fermeture des frontières ordonnée par le gouvernement pour lutter contre la propagation du coronavirus n’est pas sans conséquences sur le plan commercial. Alors que des commerçants venus des localités voisines et même de Parakou s’apprêtaient hier, comme tous les lundis, à animer le marché de l’arrondissement de Guinangourou, dans la commune de Pèrèrè, les policiers ont pris position pour les en empêcher. Ils se sont plaints auprès du chef de l’arrondissement, Alassane Maman Touré. Ce dernier a alors contacté le commissaire de police de l’arrondissement qui lui a fait comprendre que c’est suite aux instructions qu’il a reçues de sa hiérarchie. Ainsi, les marchés de Guinangourou et de Yinsi, deux arrondissements situés près de la frontière avec le Nigeria, ne doivent plus s’animer jusqu’à nouvel ordre. L’animation des marchés des localités frontalières de Pèrèrè avec le Nigeria, estime-t-on, pourrait conduire à une cohabitation entre les populations béninoises et nigérianes. D’où un risque de contamination qu’il faut éviter. Selon le maire de Pèrèrè, Mariétou Tamba, cette mesure d’interdiction de l’animation de ces marchés n’a qu’un but préventif. MG Actualités 07 avr. 2020


Selon le directeur de la Communication à la présidence de la République: Patrice Talon, incontestablement un grand homme d’Etat
Ce lundi 6 avril, le président Patrice Talon boucle quatre années de gestion à la tête du pays. Il reste bien des facettes du président du Bénin peu connues du grand public que le directeur de la Communication à la présidence de la République s’est évertué à dévoiler au cours d’un entretien, dimanche 5 avril, sur la Télévision nationale. Incompris il y a quatre ans du fait de sa rupture d’avec les anciennes pratiques, de sa détermination à construire un pays qu'il tient à développer, Patrice Talon ne l’est plus aujourd’hui. Quatre ans après, l'impopularité cède à une meilleure compréhension de ses actions. Il est même adulé pour sa méthode et son style de gouvernance qui contrastent avec ceux auxquels les Béninois étaient habitués. Cela ne fait pas de lui « un homme sans cœur». Bien au contraire, il a bon cœur. « Patrice Talon tel qu’on ne le connaît pas ». C’est ce que Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la communication à la Présidence de la République s’est évertué à expliquer ce dimanche au peuple béninois à travers un entretien télévisé. « Rigueur, exigence et grandes ambitions ». C’est ainsi que ce collaborateur du président Patrice Talon résume son chef. La rigueur, il se l’applique et l’imprime à tous ses collaborateurs, au quotidien, dans la gestion du pays et partout, révèle-t-il. Au fond, dira le directeur de la Communication à la Présidence de la République, ceux qui connaissent Patrice Talon du moins l’autre Patrice, celui qui a fait fortune dans les affaires avant de prendre les rênes du pouvoir d’Etat ne sont pas surpris par sa méthode. Il a été de tout temps un homme de rigueur qui s’impose par la méthode et porte de grandes ambitions. Toutes choses qu’il invite aujourd’hui ses compatriotes à adopter pour le bien commun. « N’allez jamais le voir avec des certitudes », lance Wilfried Léandre Houngbédji qui assure que même les détails les plus fins, il peut vous les ressortir. L’exigence pour obtenir des résultats. C’est l’autre trait caractéristique du chef de l’Etat dont le leitmotiv, c’est que le Bénin n’est pas un petit pays, mais une grande nation pour laquelle, « nous avons le droit de rêver grand ». Patrice Talon lui-même « se remet perpétuellement en cause » et se montre critique vis-à-vis de lui-même. « Quand on ne le connaît pas, on peut penser qu’il est méchant. Il n’y a pas une once de méchanceté dans ce qu’il fait. Son souci, c’est de faire que le pays décolle enfin», nuance son directeur de la communication. C’est plutôt « un homme chaleureux, de grand cœur », indique-t-il. Avec lui, pas de place pour l’à-peu-près. C’est un homme entier. Quand on ne le connaît pas, on peut penser qu’il est méchant, mais il n’a jamais envisagé le mal pour quelqu’un, dira-t-il, toujours pour dévoiler cette face peu ou pas connue du chef de l’Etat. « C’est parce que nous n’avons pas su faire de la rigueur et de l’exigence. Il n’est pas du tout insensible. Le seul souci qui le motive, c’est que les hommes soient appliqués et que les normes soient au cœur de notre action», résume l’invité de la Télévision nationale. Des exemples et des anecdotes Des exemples et des anecdotes, il en avait plus d’un, pour illustrer tout au long de son échange combien grand d’esprit est le président Patrice Talon, combien belles sont ses ambitions, même s’il se montre intraitable sur le fait que les Béninois sont tous égaux et doivent être traités sans distinction de catégories ni favoritisme. « Le sens de la rigueur, il l'applique à tout le monde », fait savoir son collaborateur. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, «nos compatriotes ont compris beaucoup de choses » à son propos, soutient l’invité. En tout cas, il est formel sur le fait que l’homme n’est pas asocial et qu’il refuse juste d’habituer les gens à la facilité, mais préfère leur faciliter la vie. Autre chose, « il refuse le populisme qui ne sert qu’à flatter l’égo d’un homme » et ne veut pas se comporter comme « un vulgaire politicien qui ne pense qu’à lui et à sa réélection ». Wilfried Léandre Houngbédji pense que Patrice Talon préfère se laisser apprécier « à l’aune des résultats du Pag » et que cette attitude paie bien. Patrice Talon, pour ce qui est du plan politique n’aurait jamais commandé une activité populaire pour le louanger. Celles-ci se font selon le désir de ses soutiens et alliés politiques, mais jamais à sa demande. Et quand il s’est agi d’en faire de trop pompeuses, « il a dit qu’il n’en voulait pas et a demandé d’arrêter » l’utilisation de son effigie à des fins d’exposition. « La conviction du président, c’est que tous les pays ont les moyens de leur développement à condition de faire le sacrifice nécessaire. Les moyens existent. Il faut savoir les dénicher et les utiliser à bon escient ». Patrice Talon est aussi un adepte du déroulement optimal des projets. A ceux qui ont pu juger les initiatives de son gouvernement uniquement sur les maquettes, il a apporté de la matière à travers des réalisations et une démarche méthodique. Pêle-mêle, pour finir cet entretien télévisé de 57 minutes, Wilfried Léandre Houngbédji est revenu sur plusieurs sujets comme le supposé endettement du Bénin, les rapports du président de la République avec ses prédécesseurs vivants et bien d’autres sujets qui ont permis de décrypter la méthode et le style du président de la République. Ce qui lui a permis de soutenir qu’en définitive, l’homme est beaucoup plus incompris et mal jugé sur certaines de ses actions. Pourtant, Patrice Talon est d’une simplicité sans pareille, à l’écouter. On retiendra, in fine, et c’est l’invite qui chute l’entretien, que Patrice Talon n’attend qu’une chose essentielle de ses compatriotes :«Il faut toujours performer». Actualités 06 avr. 2020


Délabrement des temples vodoun à Abomey: L’amertume des dignitaires
Au moment où certains acteurs des religions endogènes se battent pour la réhabilitation du vodoun, d’autres tendent à freiner cet élan. Ignorant les actions qui doivent se mener pour le rayonnement de cette entité, des dignitaires laissent les temples des divinités végéter dans un état piteux. Il est 12 heures 30 minutes et l’astre du jour au zénith. Devant un temple vodoun dans un faubourg d’Abomey, la chaleur est étouffante. A quelques mètres du logis de cette divinité, un tas d’ordures accueille. Il est renforcé par la cohabitation de divers animaux domestiques qui y font leurs besoins. En approchant la chambrette, nous piétinons un sachet emballé. Une odeur fétide nous envahit. C’était de l’excrément humain. Presque autour du temple, se trouvent de tels sachets. Un acte d’incivisme de la population riveraine ! Au fond du temple, repose un vodoun protecteur. La porte n’y est plus. Les poteries poussiéreuses et cassées repoussent le regard. La motte de terre sur laquelle reposent les porteries est presque inexistante. La toiture qui coiffe le mur déjà délavé n’est plus au complet et laisse voir les poutres. Notre guide qui requiert l’anonymat, explique qu’ailleurs, la situation est plus critique. « D’autres divinités de la localité ont leurs murs croulants ou des temples inexistants », a-t-il révélé. Honteuse situation pour certains Une situation gênante pour certains dignitaires. Pour Baba Guèdègbé, dignitaire du culte Sègbolissa et membre du Conservatoire vodoun sur le plateau d’Abomey, les temples sales et délabrés choquent et heurtent la sensibilité. « Je n’aime même pas entendre parler de ces genres de temple. Ce n’est pas beau à voir. C’est hideux et repoussant. Je suis chagriné quand je vois ces sottises au niveau des temples vodoun », se désole-t-il. « Le temple du vodoun est un lieu sacré et doit être par conséquent entretenu. C’est un lieu saint où l’on invoque le destin (le Sê). Cet endroit ne doit jamais ressembler à une porcherie. Et il n’est même pas bien d’invoquer le vodoun au milieu d’un tas d’ordures. On doit le tenir toujours propre et sain », poursuit-il. En tant que gardien des temples, Hounnon Mintogbédji, dignitaire du culte Sakpata à Sèhouè, confie être frustré quand il voit de tels temples. « Je me demande si je suis réellement au Bénin, un pays qui est le berceau du vodoun ?», s’offusque-t-il. Dah Ahinadjè Houncassoudonon y voit une situation invivable renforcée par des pesanteurs aussi bien internes qu’externes. « Nous sommes un pays en voie de développement et le mode de succession dans le «Hountomè» a un peu de problème aujourd’hui. Lorsqu’un Hounnon va dans le «Hounmamè», après ses obsèques, on consulte l’oracle pour désigner son successeur. Après ce travail, celui qui est choisi ou celui qui est désigné par les esprits ne connaissait rien du domaine. Bon nombre d’entre ces personnes désignées se disent que leur père ou grand-père n’avait rien laissé pour s’occuper du vodoun. Or, d’habitude, les parents laissent des terres, des femmes. Ils prennent ces femmes et revendent les terres. Mais, s’agissant de l’entretien comme cela se doit de ce qui leur est revenu de façon naturelle, ils trouvent que les parents n’ont rien laissé. Mais ils acceptent parce qu’ils recherchent souvent les honneurs liés à la fonction. Ainsi, ce qui les intéresse, ce sont les accoutrements de la tradition, les colliers et perles et passer de temple vodoun en temple de Vodoun les jours de cérémonies. Ils sont seulement intéressés par la boisson, le manger et plus rien. Et ceux-là, ce sont souvent des Hounnon de 10 Janvier, les Hounnon de Cotonou. Vous ne les voyez jamais au niveau des temples des vodoun dont ils sont serviteurs. Ils ne sont pas animés du désir qui devrait les amener à arranger ni à mieux s’occuper des temples de leur vodoun», se désole-t-il. En poursuivant, il incrimine les dirigeants. Selon lui, « les autorités ne se montrent guère bienveillantes par rapport à cette situation. Car elles aident les religions exotiques à travailler et à paraître quelque chose d’extraordinaire à côté de ce que nous voyons chez nous ». L’un dans l’autre, certains dignitaires ne maîtrisent pas leur fonction. Selon Baba Guèdègbé, l’état piteux dans lequel se trouvent la plupart des temples est renforcé par la paresse et la pauvreté de certains dignitaires et leur désamour vis-à-vis de ce qui leur est légué par leurs ancêtres. Pour sa part, Hounnon Mintogbédji incrimine les désignations fantaisistes de dignitaires vodoun. « Je mets dans désignations fantaisistes la non désignation du successeur avant la mort du prédécesseur et la non consultation du Fâ avant la désignation à la mort de ce dernier ou la désignation de quelqu’un qui n’a pas du tout un penchant pour la culture. Lorsque la désignation est faite de cette manière, attendez-vous à voir le bordel que vous constatez aujourd’hui», explique-t-il. « On peut aussi ajouter la négligence de certains dignitaires intronisés qui croient pouvoir hériter du gain facile, mais une fois intronisés, se rendent compte du contraire», ajoute-t-il. Dah Ahinadjè revient sur l’intronisation et renchérit que « la manière d’introniser les acteurs de la tradition aujourd’hui est bancale et n’a rien d’authentique pour pouvoir conférer sacralité, force et puissance. D’autres vont se faire introniser dans les cours des roitelets qui ne répondent qu’à des titres de souvenirs dans la tradition. Celui qui veut introniser n’est pas vodounon (prêtre du vodoun) ni vodounsi (adepte du vodoun) et dit qu’il va t’introniser. Qu’est-ce qu’il connait du vodoun ? Qu’est-ce qu’il pourra te dire ?» L’invite à une prise de conscience Ces différents acteurs du culte endogène reconnaissent que les temples vodoun doivent être entretenus. Pour eux, le vodoun ne répond pas promptement aux prières quand il est installé dans un milieu malpropre et impur. « Le vodoun est saint et doit être respecté. Si l’on peut l’adorer et le respecter, on sera toujours un être saint et respecté dans la société. Car nous adorons un esprit qui est par essence pur et saint. C’est même pourquoi le vodoun Zomandonou avait exigé à sa naissance à avoir le plus luxueux temple, un temple long et attrayant », précise Baba Guèdègbé. « Lorsque vous devenez serviteur d’un vodoun, vous devez apprendre à servir ce vodoun. Pour servir ce vodoun, la première des choses à faire, c’est tenir son lieu saint, propre. Mais voilà que les gens ne veulent pas le faire », fait savoir Dah Ahinadjè. Confiant que le monde de la tradition ne peut faire son assainissement que dans la tradition et par la tradition, il invite les vodounon à prendre conscience afin de mieux apprendre et maîtriser ce qu’est le vodoun pour un service noble. Le vodoun est un patrimoine cultuel et identitaire de tous les peuples d’Afrique noire. Et le promouvoir n’a pas besoin de tapages. Mintogbédji demande l’accompagnement de l’Etat à travers le ministère de la Culture et de tous ceux qui ont un penchant pour la culture pour le développement du monde du vodoun. « Ce n’est pas quelque chose qu’on peut corriger d’ici à là mais avec le temps, ça peut l’être. Quand on va commencer par faire des séances de sensibilisation, beaucoup prendront conscience et vont oeuvrer à garder les temples propres. Car souvent, il y a l’ignorance qui les tue», conclut Baba Guèdègbé. Société 03 avr. 2020


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