La Nation Bénin...
Au premier rapport sexuel, certaines
femmes ne saignent pas. Pourtant, dans certains milieux, l’absence de sang
continue d’être interprétée comme une preuve de rapports sexuels antérieurs.
Une croyance qui peut alimenter les soupçons et les tensions au sein des
couples. Les explications médicales sont pourtant sans ambiguïté : l’hymen ne
permet pas de déterminer la virginité d’une femme.
Le morceau de pagne blanc soigneusement
étalé sur le lit après le mariage.
Pour certains couples et dans certaines communautés, il reste associé à une vieille croyance : celle selon laquelle, le premier rapport sexuel d’une femme vierge doit obligatoirement provoquer un saignement. Mais lorsque le sang n’apparaît pas, le doute peut rapidement s’installer.
Au Bénin, dans certains milieux où les
traditions liées à la virginité demeurent fortement présentes, cette conception
peut conduire à des interrogations, voire à des accusations contre la jeune
épouse. Pourtant, l’absence de saignement lors d’un premier rapport sexuel ne
permet aucunement de conclure qu’une femme a déjà eu des rapports sexuels.
L’hymen ne constitue pas une preuve de
virginité
« L’hymen est une fine membrane située à
l’entrée du vagin. Sa forme, son épaisseur et son ouverture varient d’une femme
à l’autre », explique Seidou Ayamoudou, anesthésiste-réanimateur.
Le premier rapport sexuel ne provoque donc
pas forcément une déchirure de l’hymen ni un saignement. Certaines femmes
peuvent saigner légèrement, d’autres pas du tout. L’anatomie de l’hymen varie
en effet considérablement d’une personne à l’autre.
De même, l’état de l’hymen peut être
modifié avant même tout rapport sexuel. Haliath Saké Yessoufou, infirmière
d’État, rappelle que certaines activités physiques ou certains traumatismes
peuvent affecter le tissu hyménal. « Une femme peut avoir une modification de
son hymen sans avoir eu de rapport sexuel », explique-t-elle.
Des professionnels de santé, dont Mathilde
Delespine, sage-femme française, soulignent également que la pénétration
vaginale n’entraîne pas systématiquement une lésion de l’hymen.
Pas de test fiable de virginité
L’idée selon laquelle un examen médical
pourrait déterminer avec certitude si une femme est vierge est également remise
en cause. L’aspect de l’hymen ne permet pas, à lui seul, d’établir de manière
fiable l’existence ou non de rapports sexuels antérieurs.
Cette réalité reste pourtant méconnue.
« Pour ma première fois, je pensais que je devais forcément saigner. Quand cela ne s’est pas produit, je ne comprenais rien. Mon petit ami aussi était étonné. On se regardait après l’acte », témoigne Roukéya Alassane.
Une situation qui illustre le poids des idées reçues sur la sexualité et le corps féminin.
L’information, contre les préjugés
Pour Haliath Saké Yessoufou, une femme ne
devrait pas être jugée sur la présence ou l’absence de sang lors de son premier
rapport sexuel.
La sensibilisation apparaît ainsi comme un
moyen essentiel de déconstruire ces croyances. Le sang n’est pas une preuve de
virginité et son absence n’est pas une preuve de rapports sexuels antérieurs.
Une meilleure information sur l’anatomie
féminine pourrait contribuer à prévenir les soupçons, les humiliations et les
conflits que ces idées reçues peuvent provoquer dans les couples. Au-delà de
l’hymen, c’est donc la confiance et le respect entre partenaires qui devraient
primer.
Hymen et virginité