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Capture d'écran d'une publication qui a utilisé la photo[/caption]
« Le délabrement, le manque d’entretien et l’insuffisance de la valorisation des sites touristiques et patrimoniaux sont notoires. Les actions concrètes réalisées restent bien insignifiantes face à l’abondance des sites à mettre en valeur », analyse le gestionnaire de patrimoine Pacôme Comlan Alomakpé. On découvre pourtant dans la plupart des localités du pays, « une richesse immense, des sites touristiques et patrimoniaux divers, variés et énormes. Mais très peu sont valorisés ». Cette situation, indique-t-il, est la conséquence de plusieurs paramètres. Il cite entre autres « l’inconstance de la volonté des autorités de l’Etat central et des collectivités locales, l’insuffisance des ressources humaines et financières affectées pour la cause des sites touristiques et patrimoniaux ». La part du budget national ou communal affectée aux actions de valorisation, d’aménagement ou d’entretien des sites touristiques est très faible, regrette-t-il.
« Les résultats ne sont pas de nature à nous enthousiasmer… »
Des efforts sont en cours depuis 2016. Une volonté politique clairement affichée, d’importantes ressources manifestement engagées pour la cause du patrimoine culturel, relève Pacôme Alomakpè.
« Nous voyons de plus en plus les résultats des projets phares et prioritaires du gouvernement actuel dont certaines villes notamment, Ouidah, Porto-Novo, Abomey portent les marques. J’ajoute à cela, les impacts de certains projets qui existent grâce à l’orientation politique mise en place par l’Etat en matière de valorisation du patrimoine culturel à travers le tourisme ». Ces observations, le spécialiste des questions patrimoniales les relève bien et en vient à la conclusion qu’il y a « une abondance de textes et de promesses … mais les résultats observés ne sont pas de nature à nous enthousiasmer, ni à nous satisfaire ». On pouvait mieux faire quand on sait que les chantiers sont énormes et que tout est à refaire en matière de protection du patrimoine culturel, souligne-t-il.
Contrairement à certains, celui-ci ne désigne pas l’Etat comme l’unique responsable de la situation. « Tous, coupables », lance-t-il. « Les responsabilités se situent à degrés divers. Ce qui incombe aux populations et aux gestionnaires du patrimoine est moindre par rapport à ce qui relève de l’obligation et des engagements de l’administration, qu’elle soit centrale ou décentralisée. Les premiers ne peuvent agir que si les derniers autorisent, motivent, organisent et mettent en place le cadre favorable ».
Pour inverser la tendance, suggère-t-il, il faut à la fois des actions organisées, des actions concertées et des actions renouvelées. Il faut surtout, selon lui, mettre à profit les compétences nationales.
« On doit déployer des moyens et ressources importants pour la cause tout en y faisant un usage et une exploitation conséquents », pense-t-il. Dans cette dynamique, les ressources humaines bien formées et qualifiées doivent être mises à contribution avec une logique de recyclage et d’adaptation aux réalités du marché. Les offres d’une destination moderne et améliorée se distinguent par la qualité des prestations des acteurs qui les proposent, plaide le gestionnaire de patrimoine.
Culture
02 nov. 2022