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Cuisson propre, eau potable, chaleur : que changeraient les mesures de l’OMS au Bénin ?

Société
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L’OMS estime que six mesures pourraient éviter 1,6 million de décès par an dans le monde. Au Bénin, où une grande majorité des ménages cuisine encore au bois et au charbon, leur application soulève des enjeux très concrets.

Par   Akanni BANKOLE LANIBA (Coll.), le 06 nov. 2026 à 05h12 Durée 4 min.
#Cuisson propre, eau potable, chaleur

Publié le 4 novembre 2026, à quelques jours de la COP31, un rapport de l’OMS estime que six mesures sanitaires et énergétiques pourraient éviter 1,6 million de décès par an dans le monde. La tarification des combustibles fossiles représenterait l’essentiel de ce résultat. Au Bénin, la cuisson au bois et au charbon, ainsi que les difficultés d’accès à l’eau et à l’assainissement, donnent une dimension concrète à ces recommandations.

La cuisson propre, un chantier déjà engagé

 

La cuisson au bois et au charbon expose particulièrement les femmes et les enfants aux fumées domestiques, tout en accentuant la pression sur les ressources forestières. Des alternatives commencent néanmoins à se développer. Depuis 2012, 13 832 foyers améliorés « Wanrou » ont été distribués dans dix communes du nord du pays, touchant plus de 5 600 ménages.

Plus récemment, le PNUD a accompagné la sélection de quatre entreprises chargées de commercialiser 5 000 réchauds et fours améliorés en 2026. Le mécanisme prévoit une subvention de 50 % sur certains équipements.

Le coût reste toutefois déterminant. La recharge d’une bouteille de gaz de 6 kg est fixée à 4 500 FCFA. Pour les ménages aux revenus modestes, l’accès à une solution plus propre dépend donc aussi de leur capacité à financer l’équipement et son approvisionnement régulier.

Eau et assainissement, des besoins persistants

 

Les écarts restent importants dans les services essentiels. Selon la fiche pays 2024 de PS-Eau, les données de 2022 indiquent un accès à l’eau potable de 79,4 % en milieu rural et de 74 % en milieu urbain. Pour l’assainissement de base, les taux sont respectivement de 10 % et 30 %. La défécation à l’air libre concernerait encore 65 % des ruraux et 31 % des citadins.

Ces indicateurs ne mesurent pas exactement les mêmes réalités. Ils révèlent néanmoins l’ampleur des besoins en infrastructures, en hygiène et en services d’assainissement.

 

La chaleur et la fiscalité, deux autres défis

 

Le rapport insiste aussi sur les systèmes d’alerte sanitaire en cas de fortes chaleurs. Au Bénin, les dispositifs documentés concernent notamment les inondations, la sécheresse et les vents violents. L’existence d’un mécanisme spécifiquement consacré aux risques sanitaires liés à la chaleur reste à confirmer auprès des autorités compétentes.

Enfin, la réforme de la tarification des énergies fossiles constitue le volet le plus sensible. L’OMS associe cette mesure à la suppression de subventions jugées inefficaces et à une taxation mieux adaptée. Elle ne se résume donc pas à une hausse mécanique des prix à la pompe. Ses conséquences sur le pouvoir d’achat doivent aussi être prises en compte.