La Nation Bénin...

Deux et trois roues L’assurance se rapproche des motocyclistes avec Uba Bénin et le Pool Aa Gie

Société

Désormais disponible dans les agences UBA Bénin, l’offre «Assurmoto » veut rapprocher l’assurance des motocyclistes et des conducteurs de tricycles. À partir de 14 772 F CFA par an, le produit combine responsabilité civile, garantie individuelle accident et capital décès. Une réponse à un enjeu aussi quotidien que crucial.

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 04 sept. 2026 à 20h30 Durée 3 min.
#assurances au Bénin

Il suffit de quelques minutes dans les rues de Cotonou et de nombreuses autres localités du pays pour comprendre que la moto n’est pas simplement un moyen de transport au Bénin. Elle est partout. Elle se faufile entre les voitures, s’arrête devant les boutiques, dépose un client devant son bureau, transporte des marchandises, conduit un élève à l’école ou permet à un travailleur de rejoindre son lieu de travail. Pour beaucoup, elle est même l’outil de travail sans lequel toute activité devient impossible. Derrière chaque guidon, il y a donc bien plus qu’un engin. Il y a un revenu, une famille, des responsabilités et parfois toute une économie domestique qui repose sur deux roues. Mais derrière cette extraordinaire mobilité se cache aussi une réalité moins visible qui est celle du risque. Sur une moto ou un tricycle, le conducteur est directement exposé à la chaussée et aux autres usagers, autant qu’il constitue pour eux une menace. Une chute, une collision, un choc avec un véhicule ou un obstacle peut suffire à interrompre une activité, provoquer des blessures graves ou engager la responsabilité financière du conducteur.

Mais autant la moto est partout et va partout, autant elle est à risque. C’est à cette réalité que veulent répondre le Pool Assurances Automobile Gie (Pool Aa Gie) et UBA Bénin. Les deux institutions ont officialisé, jeudi 3 septembre à Azalaï Hôtel de Cotonou, leur partenariat pour garantir l’assurance des deux et trois roues dans le réseau d’agences de la banque. Ce qu’ils ambitionnent, c’est de faire tomber les barrières qui éloignent encore de nombreux motocyclistes de l’assurance, en misant sur deux mots : proximité et simplicité.

Une assurance désormais au guichet de la banque

Le principe est simple. Le Pool Aa Gie dispose du produit d’assurance. UBA Bénin met à disposition son réseau. Le conducteur de moto, de scooter, de moto routière, de quad ou de tricycle peut désormais se rendre dans n’importe qu’elle agence UBA pour y souscrire. Pas besoin d’un parcours compliqué. Deux documents essentiels suffisent. Une pièce d’identité et la carte grise de la moto. Dans certains cas, une convention de vente précisant notamment le numéro de châssis peut également être utilisée.

Commercialisée sous la marque « Assurmoto », l’offre démarre à 14 772 F CFA par an pour les motos de 0 à 125 cm³. D’autres niveaux tarifaires sont prévus selon la puissance de l’engin.

21 107 F CFA pour les motos de 125 à 2 chevaux et 30 841 F CFA pour celles de 3 à 7 chevaux. Mais le véritable intérêt du produit réside dans les garanties proposées. La couverture comprend d’abord la responsabilité civile, garantie obligatoire qui protège les tiers contre les dommages corporels et matériels causés par le véhicule assuré. Elle est annoncée comme illimitée.

Autrement dit, lorsqu’un conducteur assuré est responsable d’un accident causant des dommages à une autre personne, l’assurance intervient pour la prise en charge des conséquences relevant de la responsabilité civile, conformément aux conditions du contrat et au cadre réglementaire. Mais l’offre va plus loin. Elle comprend également, selon ses concepteurs, une garantie individuelle accident du conducteur, destinée à prendre en charge certains dommages corporels subis par le propriétaire ou le conducteur lors d’un accident. À cela s’ajoute une garantie décès toutes causes, avec un capital de cinq cent mille (500 000) F CFA versé aux bénéficiaires en cas de décès de l’assuré, quelle qu’en soit la cause, selon les conditions prévues au contrat. Ce produit d’assurance ne regarde pas seulement ce qui arrive aux autres. Il prend également en considération celui qui est derrière le guidon et ceux qui dépendent de lui.

Faire de l’assurance moto un réflexe de protection

Pour Armand Yèhouénou, administrateur délégué du Pool Assurances Automobile GIE, le lancement constitue l’aboutissement d’un travail engagé plusieurs mois auparavant. Le Pool, explique-t-il, regroupe les sept compagnies d’assurance intervenant sur ce segment et a notamment pour vocation de faciliter le développement de certaines branches de l’assurance automobile et d’améliorer la prise en charge des risques liés à la circulation routière. Et le partenariat avec UBA Bénin s’inscrit dans cette logique. «Parler d’assurance, c’est avant tout parler de protection», rappelle-t-il. Un accident peut entraîner des dommages corporels, des dégâts matériels, des frais médicaux, une perte de revenus et, dans les situations les plus dramatiques, des conséquences durables pour les familles. C’est pourquoi, insiste-t-il, l’assurance des deux et trois roues ne doit pas être perçue uniquement comme une formalité administrative. L’objectif est de « faire de la souscription de l’assurance moto un véritable réflexe de protection, et non une obligation réglementaire ». Car si l’assurance responsabilité civile est une obligation légale, l’enjeu du partenariat est de faire comprendre que l’assurance peut être davantage qu’un document à présenter lors d’un contrôle. Elle peut devenir un mécanisme de protection financière lorsque survient l’imprévisible.

L’obligation d’assurance responsabilité civile automobile n’est pas nouvelle au Bénin. Elle est notamment encadrée par la loi n°65-01 du 4 mars 1965, ainsi que par l’article 200 du Code CIMA, qui impose la couverture en responsabilité civile des véhicules terrestres à moteur. Les motos et tricycles sont donc concernés au même titre que les autres véhicules motorisés. Pourtant, le défi reste celui de l’effectivité de cette couverture. Dans les rues, certains motocyclistes continuent de circuler sans assurance. Parfois par méconnaissance. Parfois parce que la démarche est perçue comme compliquée. Parfois encore parce que le conducteur considère le coût comme une dépense supplémentaire dont il peut se passer. C’est précisément cette dernière perception que les partenaires veulent combattre. Le pari n’est pas de changer la règle. Il est de réduire les obstacles à son application. Et pour cela, la proximité peut faire la différence.


Zone publicitaire

Quand la banque devient aussi une porte d’entrée vers l’assurance

Pourquoi une banque dans une opération d’assurance automobile? La réponse de Charles Koné, directeur général de UBA Bénin, tient en une expression, la bancassurance. UBA dispose d’un réseau d’agences, d’une clientèle diversifiée et d’une organisation dédiée à la bancassurance. À cela s’ajoute une forte composante digitale. Pour la banque, le partenariat représente donc une nouvelle manière d’accompagner ses clients dans leurs besoins quotidiens. Un client qui souhaite acquérir une moto ou un tricycle peut déjà être en relation avec la banque pour ses opérations financières ou pour un éventuel financement. Il peut désormais trouver, au même endroit, une solution d’assurance adaptée à son engin. « L’assurance existe déjà. Mais le partenariat permet de la démocratiser, de la rendre accessible, pratique et de digitaliser les moyens de souscription », souligne Charles Koné.

L’enjeu dépasse d’ailleurs la seule relation entre la banque et son client. Les motos et les tricycles constituent un maillon important de l’économie nationale. Ils permettent aux travailleurs de se rendre sur leurs lieux d’activité, aux commerçants de transporter leurs marchandises, aux livreurs d’assurer leurs prestations et aux conducteurs de taxis-motos de générer des revenus. « Les deux et trois roues transportent la vaillante population béninoise pour vaquer à ses activités », observe le directeur général de UBA Bénin. Difficile, dans ces conditions, de considérer leur assurance comme un sujet secondaire. Une blessure grave peut empêcher le conducteur de travailler pendant plusieurs semaines, voire définitivement. Un dommage causé à un tiers peut, lui aussi, générer une charge financière considérable lorsque le conducteur n’est pas assuré. Et c’est bien là que l’assurance prend tout son sens. Avec la responsabilité civile, le conducteur dispose d’un mécanisme destiné à prendre en charge les dommages causés à autrui dans le cadre prévu par le contrat. Avec la garantie individuelle accident, le conducteur bénéficie également d’une protection personnelle.

Une assurance plus proche, plus simple et plus protectrice

Selon la présentation faite lors du lancement, cette garantie prévoit notamment une prise en charge des frais médicaux jusqu’à deux cent mille (200 000) F CFA, ainsi qu’un capital pouvant atteindre cinq cent mille (500 000) F CFA en cas d’invalidité permanente, selon les conditions du contrat. En cas de décès consécutif à un accident, un capital de cinq cent mille (500 000) F CFA est prévu au bénéfice des ayants droit. Et la garantie vie ajoute une dimension supplémentaire à savoir un capital de cinq cent mille (500 000) F CFA prévu en cas de décès, quelle qu’en soit la cause, selon les conditions contractuelles. Ce n’est donc plus seulement la moto que l’on protège. C’est aussi la capacité du conducteur à faire face aux conséquences d’un accident et, dans les situations les plus dramatiques, à laisser un soutien financier à ses proches. L’offre ne vise pas uniquement les particuliers. Les entreprises qui utilisent des motos pour leurs activités sont également concernées. Sociétés de livraison, distributeurs, opérateurs de terrain, entreprises commerciales ou structures disposant d’un important parc de motos peuvent être confrontés aux mêmes risques.

Anselme Kinho, chef service banque-assurance à UBA Bénin, insiste notamment sur les conséquences que peut avoir un accident pour un employeur. Lorsqu’un employé est victime d’un accident pendant une mission, l’entreprise peut faire face à une perturbation de ses activités, à des charges financières imprévues et à une pression sociale ou morale importante. L’immobilisation d’un collaborateur ou d’une moto peut également affecter la continuité du service. L’assurance devient alors un outil de gestion des risques. Pour les employeurs, l’approche peut consister à assurer les motos appartenant à l’entreprise et utilisées dans le cadre professionnel, tout en sensibilisant les collaborateurs qui utilisent leurs propres motos à la nécessité de disposer d’une couverture. Dans un accident, ll y a le conducteur, le passager éventuel, le piéton, l’automobiliste, le cycliste, le commerçant dont la devanture est endommagée ou encore le propriétaire d’un véhicule heurté. C’est toute cette chaîne que la responsabilité civile cherche à protéger.

Avec une couverture, le risque financier est transféré à l’assureur dans les limites prévues par le contrat et la réglementation. Souscrire est une chose. Être accompagné lorsqu’un sinistre survient en est une autre. Sur ce point, le Pool Aa Gie annonce un service sinistre dédié à la gestion des dossiers de bout en bout, depuis la déclaration jusqu’à l’indemnisation de la victime.

Pour UBA Bénin, cette diversité correspond également à la structure de sa clientèle.  Au terme de la cérémonie, le message porté par les deux partenaires se résume autour de trois notions. La proximité, d’abord, avec la mise à disposition de l’offre dans le réseau d’agences UBA Bénin. La simplicité, ensuite, grâce à une souscription nécessitant principalement une pièce d’identité et la carte grise de l’engin. La protection, enfin, avec une formule qui associe responsabilité civile, individuelle accident et garantie décès toutes causes. Pour Diane Akouete, du Pool Assurances Automobile Gie, c’est finalement tout l’esprit de l’offre. Rendre l’assurance obligatoire plus accessible, mais surtout transformer une obligation réglementaire en véritable outil de protection. L’assurer revient donc à protéger bien davantage qu’un engin. C’est protéger son conducteur. C’est protéger les autres usagers. C’est protéger une activité. Et, lorsque survient le pire, c’est aussi donner à une famille une possibilité d'y faire face.

Zone publicitaire