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Droits économiques, sociaux et culturels: 24 jeunes formés pour devenir des acteurs de la Vision Bénin 2060

Société
Conduire l’action gouvernementale pour accompagner les  politiques publiques Conduire l’action gouvernementale pour accompagner les politiques publiques

Réunis du 10 au 14 août dans le cadre d’un camp national de formation, 24 jeunes issus des 12 départements du Bénin renforcent leurs capacités sur les droits économiques, sociaux et culturels (Desc), leurs mécanismes de protection et leur articulation avec la Vision Bénin 2060. Une initiative portée par l’Organisation Changement social Bénin (Csb). 

Par   Josué F. MEHOUENOU, le 12 août 2026 à 07h09 Durée 2 min.
#Changement social Bénin #politiques publiques

« Un droit qu’on ne sait pas réclamer reste une promesse creuse. » Cette conviction résume l’esprit du camp national de formation qui réunit 24 jeunes engagés au sein d’Organisations de la société civile (Osc) actives dans les douze départements du Bénin. Placée sous le thème « Les Desc en arrimage avec la Vision 2060 : théorie, pratique et enseignements », cette formation se veut à la fois un espace d’apprentissage, d’échanges, de mise en pratique et de construction d’un réseau de jeunes défenseurs des droits humains. Pour le président du Conseil d’administration de Changement social Bénin, Ralmeg Gandaho, l’initiative répond à la nécessité de permettre aux acteurs de la société civile de mieux comprendre les orientations nationales de développement afin de pouvoir les accompagner efficacement.

« En tant qu’organisations de la société civile, nous n’avons pas vocation à conduire l’action gouvernementale, mais à accompagner les politiques publiques », a-t-il expliqué, soulignant que les initiatives citoyennes doivent s’inscrire dans une logique d’impact durable. Pendant plusieurs jours, les participants sont plongés au cœur des droits économiques, sociaux et culturels et de leurs mécanismes de protection aux niveaux national, régional et international. Santé, éducation, travail, justice, citoyenneté, égalité des chances et dignité humaine sont ainsi abordés non comme de simples notions juridiques, mais comme des droits qui doivent trouver une traduction concrète dans la vie des populations. Les sessions mettent notamment l’accent sur le cadre normatif des Desc, les mécanismes de protection et le cadre du Comité des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. Des études de cas et des exercices pratiques permettent aux jeunes de mieux identifier les situations de violation des droits et les moyens d’action à leur disposition.

Représentant de la Commission béninoise des droits de l’homme (Cbdh), Adam Aboubakar a insisté sur la responsabilité qui accompagne la connaissance des droits humains. Pour lui, choisir de se former dans ce domaine revient à choisir « un engagement » et à devenir une sentinelle de la justice, de la dignité et de l’égalité. Il a surtout invité les participants à ne pas considérer les droits humains comme des concepts abstraits, mais comme des réalités qui touchent directement la santé, l’éducation, le travail, la liberté d’expression et les conditions d’existence.

De la théorie à l’action

L’une des particularités de cette formation réside dans l’articulation établie entre les Desc et la Vision nationale de développement à l’horizon 2060, Alafia. Une journée entière est consacrée à l’appropriation de cette vision, de ses piliers et de ses orientations stratégiques, avec l’intervention de personnes ressources du ministère de l’Économie et des Finances, notamment de la Direction générale des politiques de développement. Pour les organisateurs, il ne suffit pas que les jeunes connaissent les droits humains. Ils doivent également comprendre le cadre de planification du développement du pays afin de pouvoir analyser les politiques publiques, suivre leur mise en œuvre et contribuer, à leur niveau, à leur amélioration.

L’approche du camp ne se limite pas aux exposés et aux échanges en salle. Les participants sont également appelés à passer à la pratique. Des ateliers de renforcement de la conviction militante, des simulations, des études de cas et des exercices de plaidoyer et de sensibilisation sont au programme. La représentante de l’ambassade de France, Sadio Camara a salué une initiative qui contribue à l’éducation aux droits humains et au renforcement de l’engagement citoyen des jeunes. Elle a relevé la diversité des profils réunis, avec 24 participants issus des douze départements, et les a encouragés à surtout créer des liens durables. Même appel du côté de l’ambassade de Belgique. Annick-Mireille Azandjeme a invité les jeunes à considérer ces journées comme un véritable espace d’échanges et d’apprentissage, une opportunité pour renforcer leurs compétences et repartir avec davantage d’outils pour poursuivre leur engagement. Au-delà des enseignements, le camp prévoit également des visites institutionnelles et touristiques, des moments culturels et des activités favorisant la cohésion entre les participants. Au terme du camp, les 24 jeunes devraient repartir non seulement avec des connaissances renforcées sur les Desc et la Vision Bénin 2060, mais aussi avec des projets concrets à expérimenter dans leurs communautés.