La Nation Bénin...
Le divorce met fin à une relation
conjugale, mais il ne met pas fin à la relation parentale. C’est probablement
l’une des réalités les plus importantes que les parents doivent garder à
l’esprit lorsqu’une séparation devient inévitable. Comment divorcer sans
devenir ennemis ?Comment veiller au bien-être des enfants ensemble malgré le
divorce ?Pour répondre à ces questions nous avons rencontré pour vous Nadia
Fagnisse Délé thérapeute familiale et coach.
La Nation : Le divorce des parents
affecte-t-il toujours les enfants ?
Le divorce n'affecte pas nécessairement tous les enfants de la même manière. Une séparation peut effectivement provoquer de la tristesse, de l’anxiété, de la colère, des difficultés scolaires ou des troubles du comportement. Mais il serait réducteur de considérer automatiquement le divorce comme un traumatisme irréversible.
Ce qui fragilise souvent davantage
l’enfant n’est pas uniquement le fait que ses parents vivent séparément, mais
la manière dont la séparation est vécue et gérée.
Un enfant peut s’adapter relativement bien lorsque ses parents restent disponibles, affectueux, prévisibles et capables de coopérer.
À l’inverse, une séparation très
conflictuelle, marquée par les insultes, les accusations, la manipulation de
l’enfant ou son instrumentalisation dans les conflits conjugaux peut avoir des
conséquences beaucoup plus importantes.
L’enfant peut alors se retrouver dans un
conflit de loyauté : aimer maman peut lui donner l’impression de trahir papa,
et inversement.
Il est donc essentiel de distinguer séparation conjugale et rupture parentale.
Le couple peut prendre fin, mais l’enfant
a toujours besoin de ses deux figures parentales lorsque celles-ci sont
disponibles et sécurisantes.
Pourquoi certains enfants développent-ils des conduites à risque après la séparation des parents ?
Chez certains enfants, notamment les
adolescents, les conséquences de la séparation peuvent se manifester par des
comportements préoccupants :
décrochage scolaire, isolement, agressivité, consommation de tabac ou d’autres substances, conduites à risque, troubles anxieux, voire idées suicidaires.
Il
faut mentionner que toute conduite à risque est souvent un signal de souffrance
qui mérite d’être compris dans son contexte global. L’enfant peut souffrir du
divorce lui-même, mais aussi du conflit parental qui l’accompagne, d’un
sentiment d’abandon, d’une perte de repères, de difficultés économiques, d’un
changement d’établissement scolaire, de la diminution de la disponibilité d’un
parent ou encore d’autres événements familiaux.
Comment prévenir ces revers chez les
parents ?
Quelques attitudes parentales peuvent
jouer un rôle protecteur :
• maintenir
une communication régulière et adaptée à l’âge de l’enfant ;
• préserver
autant que possible ses habitudes scolaires et sociales ;
• éviter
de dénigrer l’autre parent devant lui ;
• éviter
d’utiliser l’enfant comme messager ou intermédiaire ;
• rester
attentif aux changements brusques de comportement ;
• maintenir
des règles éducatives cohérentes entre les deux foyers ;
• recourir
à une personne de confiance ou à un professionnel de l’accompagnement pour
permettre à l’enfant de s’exprimer sans jugement ;
• solliciter
rapidement un professionnel de la santé mentale lorsque la souffrance devient
importante ou lorsque des comportements à risque apparaissent.