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Leadership féminin, masculinité positive: Deux approches phares pour lutter contre les Vbg

Société
La Coopération suisse engage le débat sur la masculinité positive pour réduire les Vbg au Bénin La Coopération suisse engage le débat sur la masculinité positive pour réduire les Vbg au Bénin

« Leadership féminin : masculinité positive. Quelles perspectives pour la lutte contre les violences basées sur le genre au Bénin ? ». La question a fait l’objet d’un panel de discussion, ce mercredi 29 novembre à Cotonou. L’initiative s’inscrit dans le cadre du Programme d’appui à l’égalité de genre au Bénin (Paeg), avec le soutien de la Coopération suisse. C'est dans le cadre des «seize jours d’activisme contre les violences basées sur le genre».

Par   Maryse ASSOGBADJO, le 30 nov. 2023 à 09h31 Durée 4 min.
#Le leadership féminin #masculinité positive #lutter contre les Vbg

Les concepts de masculinité positive et de leadership féminin, en lien avec la lutte contre les violences basées sur le genre (Vbg) sont en débat à Cotonou.

Sous la modération d'Hermine Akpona, journaliste à la Radio nationale, panélistes et participants de tous bords ont exprimé leurs avis, livré. Les uns pour donner leurs avis sur la thématique, les autres pour formuler des pistes de solutions. Sur les approches pouvant aider à relever le pari d’une meilleure représentativité des femmes, Salomon Ogouma pense que l’éducation est l’arme primordiale à privilégier. Il préconise également le renforcement de la législation et des politiques favorables aux femmes, avant de les exhorter au dépassement de soi.Si les Vbg persistent, c’est parce qu’elles ont un lien direct avec la pauvreté. Dah Langanfin Glèlè, roi de Cana, commune de Zogbodomey y croit dur comme fer. « Dans certains milieux, les hommes procréent vite alors qu’ils n’exercent aucun métier. Les charges familiales évoluant, ils n’arrivent plus à y faire face. D’où les coups de poing sur leurs femmes dans le foyer », relève-t-il.

Pour réduire les vbg, il pense que les gardiens de la tradition ont leur mot à dire. « Dans les couvents, nous prônons l’éducation. Les femmes deviennent dociles lorsqu’elles en sortent », confie-t- il, promettant la même démarche à l’endroit de ‘’leurs’’ hommes. Geneviève Boko Nadjo, panéliste, épouse le point de vue de Dah Langanfin Glèlè sur les Vbg. Pour aborder le sujet, elle préfère employer l’expression ‘’l‘éducation du genre humain’’, car pense-t-elle comme Simone de Beauvoir, « on ne nait pas femme, ni homme. On le devient ». L’ancienne vice-présidente de la Commission électorale nationale autonome (Céna) encourage avant tout le leadership féminin, l’autonomisation des femmes, et le respect de leurs droits au même titre que les hommes. Sur le plateau de discussion, Daniel Alogbédé est perçu comme un bel exemple de masculinité positive. Le témoignage éloquent qu’il partage avec le public en dit long sur le personnage atypique qu’il incarne en la matière. Salomon Ogouma n’en est pas moins. Lui aussi s’emploie de son mieux à être un « masculin positif». C’est d’ailleurs lui qui situera le public sur les différentes variantes de ce nouveau concept au Bénin. Il en vient à dégager la masculinité co-responsable (l’homme qui aide sa femme dans les tâches ménagères), la masculinité inclusive (celle qui tient compte de tous), la masculinité engagée (qui exige des hommes de s’engager aux côtés des femmes).

Concept ancien-nouveau

Le concept de masculinité positive n’est apparu au Bénin qu’en 2022. Mais il n’est pas si nouveau dans le monde. Il existe depuis la nuit des temps et a toujours guidé nos ancêtres. C’est justement à ce niveau que tout doit être reconsidéré aujourd’hui. Pour y arriver, Geneviève Boko Nadjo propose une reconversion des mentalités. « Tant que les mentalités ne seront pas reconverties, les discours ne serviront à rien. L’effort doit être mis sur les générations montantes. La masculinité positive ne peut être effective que lorsque l’homme a conscience des droits de la femme», fait-elle observer. Il va de soi que le leadership féminin et la masculinité positive peuvent contribuer à réduire les Vbg.

« Il faut que les femmes leaders politiques mettent en avant la masculinité positive, il faut mettre la lumière sur les exemples en la matière, et promouvoir des lois dans ce sens », suggère le panel. Pendant que l’Inf exhorte les parents à faire attention aux sillons qu’ils tracent auprès de leurs enfants en famille, des participants à ce panel soutiennent la mise en place d’une base de données sur les statistiques et l’histoire du Bénin afin d’apprécier le vrai visage de la masculinité positive. A leur tour, les représentants de syndicats misent sur le soutien des partenaires au développement pour tenir le pari. Aux côtés de ceux-ci, les associations professionnelles se tiennent également prêtes.