La Nation Bénin...
De plus en plus présentes dans
les sociétés contemporaines, les mères célibataires restent confrontées à de
nombreux préjugés. Divorce, abandon par le père des enfants, décès du conjoint
ou encore violences conjugales…, les parcours qui conduisent une femme à élever
seule ses enfants sont multiples.
« Les blessées de guerre »,
c’est ainsi que certaines personnes désignent les mères célibataires, rapporte
Nadia Fagnissè Délé, thérapeute familiale. Une expression qu’elle juge
révélatrice du regard porté sur ces femmes. « Dans une guerre, il n’y a pas de
blessés dans un seul camp », observe-t-elle, estimant que les sociétés ont
tendance à stigmatiser les femmes qui élèvent seules leurs enfants, quelle que
soit la raison de leur situation.
Dans l’imaginaire collectif,
la mère célibataire est parfois perçue comme une femme qui n’aurait pas su
préserver son foyer ou consentir les sacrifices nécessaires au maintien de son
mariage. Pourtant, derrière cette situation se cachent des réalités très
différentes.
Certaines femmes quittent un
mariage marqué par les violences physiques. D’autres fuient le harcèlement et
les pressions de leur belle-famille, parfois jusqu’à la dépression. Il y a
également celles qui subissent des violences économiques, lorsque leur conjoint
leur interdit de travailler tout en étant incapable d’assurer convenablement
les besoins du ménage.
À ces situations s’ajoutent
les femmes qui mettent fin à leur union en raison d’infidélités répétées, ainsi
que celles qui, après le décès de leur mari, sont chassées du domicile
conjugal.
Il existe aussi des cas où la
séparation résulte de choix personnels, notamment lorsque certaines femmes
estiment que les conditions financières de leur conjoint ne correspondent plus
à leurs attentes. D’autres peuvent également quitter leur partenaire pour une
nouvelle relation.
Si les parcours diffèrent, une
réalité demeure : chaque mère célibataire a son histoire. Certaines assument
seules la charge de leurs enfants et se battent quotidiennement pour leur
offrir un avenir meilleur.
Pour Nadia Fagnissè Délé, il
est donc urgent de « déconstruire les préjugés » qui entourent ces femmes et
qui peuvent, par ricochet, affecter leurs enfants. « Un enfant a avant tout
besoin de sécurité affective, de stabilité, d’écoute et de présence parentale
», souligne-t-elle.
Dans certaines familles,
quitter un mariage reste considéré comme une honte. Pourtant, pour des femmes
confrontées à des situations mettant leur vie ou leur équilibre en danger,
devenir mère célibataire peut apparaître non comme un échec, mais comme un choix
de survie.