La Nation Bénin...
D'un côté, un tarif plafonné par certains chefs coutumiers. De l'autre, des familles qui dépensent jusqu'à vingt fois plus. Entre tradition, prestige et pression sociale, le coût du mariage traditionnel fait de plus en plus débat.
Avant les cérémonies civile ou religieuse, la dot reste l'acte fondateur de l'union coutumière au Bénin. Mais contrairement aux idées reçues, elle ne représente souvent qu'une partie de la facture. Une fois la réception, les tenues et les musiciens ajoutés, le budget peut rapidement atteindre plusieurs millions de francs cfa.
Face aux exigences jugées excessives, les autorités coutumières de N'Dali et de Pèrèrè ont fixé un plafond : 250 000 Fcfa à N'Dali, 200 000 Fcfa à Pèrèrè, auxquels s'ajoutent une calebasse de colas, 5 000 Fcfa symboliques et un sac de maïs de 100 kg. L'Empereur de Nikki a adopté une mesure similaire sur son territoire.
Dans le reste du pays, aucun plafond n'existe. Le montant dépend des traditions locales et des moyens des deux familles. Chez certaines communautés, les fons par exemple, tissus, bijoux et sodabi destinés à honorer les anciens font partie des exigences coutumières.
La réception coûte souvent plus cher que la dot
Une fois la dot remise, les dépenses ne font généralement que commencer. On parle alors des tenues des mariés, de la location du lieu, des décorations, des musiciens, de la restauration, parfois de l'hébergement des proches. Au final, un mariage traditionnel revient fréquemment entre 2 et 5 millions de Fcfa, voire davantage pour les cérémonies les plus ambitieuses. En haute saison, de novembre à février, les prix grimpent encore.
Une cérémonie que la loi ne reconnaît pas
L'article 142 du Code des personnes et de la famille précise que « la dot a un caractère symbolique », une façon de reconnaître la coutume sans lui donner force de loi. L'article 126 va plus loin. Il ne reconnaît plus légalement les mariages coutumiers, seul le mariage civil ayant valeur juridique.
Cette clarification n'a rien d'anodin. Avant 2004, le Bénin vivait sous un dualisme juridique où le droit coutumier coexistait avec un droit moderne hérité de la colonisation. Dans la pratique coutumière, la dot suffisait à faire le mariage. Une fois versée, le couple était considéré comme uni, sans autre formalité.
Les initiatives du Nord montrent qu'une partie des autorités coutumières veut redonner à la dot sa vocation première. Reste à savoir si elles suffiront à freiner une inflation qui dépasse largement le cadre de la tradition.
Mariage traditionnel au Bénin