La Nation Bénin...
Au terme du premier tour de la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations, les Guépards du Bénin ont arraché leur qualification pour les huitièmes de finale. Une performance diversement appréciée par les acteurs du football béninois présents au Maroc, partagés entre satisfaction mesurée, analyse lucide des insuffisances et espoir d’un exploit face à l’Egypte.
Sabi Mekiré Aminoulaye : « Le bilan global n’est ni mauvais ni nul »
« Il est vrai que face au Sénégal, nous avons subi une lourde défaite. Toutefois, à mon sens, le bilan global n’est ni mauvais ni nul, surtout si l’on tient compte de nos participations antérieures. Nous n’avions jamais obtenu ce type de résultats. Comme je le dis, deux records ont déjà été battus. Une victoire en phase finale de Coupe d’Afrique des nations, et une qualification acquise avant la dernière journée. Toutefois, beaucoup de choses restent à corriger. Nous connaissons nos insuffisances au niveau de l’équipe nationale. Face au Sénégal, nous avons voulu gagner, mais le football ne s’improvise pas. On ne se lève pas à midi pour élever un chien et l’emmener aussitôt à la chasse. Il faut travailler à la base. Le gouvernement doit impérativement se concentrer sur la formation. Le Sénégal, c’est près de vingt années de travail avant de remporter la Can en 2021. Donc, pour cette phase de groupes, je considère que le bilan est bon, et que la suite sera du bonus. Ainsi, contre l’Egypte, ce sera évidemment compliqué. Je ne me souviens pas d’une victoire du Bénin face aux Pharaons. Mais nous n’avons pas de pression excessive. Les objectifs initiaux sont atteints. Cela ne signifie pas qu’il faut baisser les bras. Il faut rester concentrés, corriger les erreurs et surtout faire confiance aux jeunes. L’Egypte dispose de joueurs expérimentés, parfois âgés ; la jeunesse et la vivacité offensive peuvent faire la différence. Avec de l’audace, nous pouvons créer la surprise. »
Alphonse Houénou, acteur sportif : « Nous manquons de tranchant…, il faut du sang neuf »
« Ce premier tour s’achève heureusement par une qualification pour les huitièmes de finale. Nous aurions pu faire mieux mais l’essentiel est acquis. Désormais, il faut oser. L’Egypte n’est pas injouable. En 2019, nous avons éliminé le Maroc sur ses terres, en Egypte ; pourquoi ne pas rêver d’un nouvel exploit au Maroc face aux Pharaons ? Il faut croire en nos chances et faire confiance aux jeunes. Le mérite doit primer ; il faut aligner ceux qui ont réellement envie de jouer, pas ceux venus en touristes. Offensivement, des corrections s’imposent. Nous manquons de tranchant. Il faut du sang neuf, oser davantage. Défensivement aussi, un excès de confiance nous a coûté des buts. A ce niveau, la moindre erreur se paie cash. »
Simin Lafia, secrétaire général d’Elite athlétique club de Parakou (football féminin) :
« L’essentiel était de passer le cap du premier tour »
« Le premier objectif, celui de la qualification, est atteint. En ce sens, le bilan me paraît passable. En trois matches, nous n’avons remporté qu’une seule victoire, mais l’essentiel était de passer le cap du premier tour, et cela a été fait. Désormais, seule la suite compte. Et face à l’Egypte, la tâche sera difficile, c’est une évidence. Mais le football reste un sport d’incertitudes, où tout est possible. Nous avons les arguments nécessaires pour rivaliser. Les joueurs en place ont montré, dans plusieurs compartiments, une attitude et un comportement satisfaisants. Avec les éléments dont dispose cette équipe, il est permis d’espérer. ».
Alphonse Houénou, acteur sportif