La Nation Bénin...
A la veille de leur confrontation inaugurale à la Coupe d’Afrique des nations Maroc 2025, le Bénin et la République démocratique du Congo avancent avec des trajectoires contrastées, que les statistiques éclairent sans toutefois figer l’issue. Entre une Rd Congo historiquement armée et un Bénin résilient en quête de consécration, les chiffres dessinent un duel aux équilibres subtils.
Dans le cadre de la première journée de la Coupe d’Afrique des nations (Can) Maroc 2025, les Guépards du Bénin seront face à la République démocratique du Congo au stade Al Medina de Rabat. Et, à quelques heures de leur confrontation inaugurale, Béninois et Congolais avancent avec des trajectoires contrastées, que les statistiques éclairent sans toutefois figer l’issue. En effet, les deux sélections ne se sont croisées qu’à deux reprises en compétition officielle, lors des éliminatoires de la Coupe du monde 2022. Le 6 septembre 2021, à Cotonou, le Bénin avait arraché un nul (1-1) après l’ouverture du score précoce de Dieumerci Mbokani. Deux mois plus tard, à Kinshasa, les Léopards s’étaient imposés avec (2-0), Mbokani puis Ben Malango scellant le sort de la rencontre. Bilan comptable, une victoire et un nul pour la Rd Congo, trois buts marqués contre un seul encaissé. Un avantage psychologique réel pour la RdC qui abordera ce match avec l’épaisseur d’un palmarès et d’une expérience sans commune mesure. Double championne d’Afrique (1968, 1974), présente pour la 81e fois en phase finale de Can, elle s’appuie sur une constance historique avec six qualifications sur les sept dernières éditions. Sous la houlette de Sébastien Desabre, la dynamique est nettement positive, avec cinq victoires consécutives et une seule défaite sur les onze derniers matches. Les chiffres révèlent toutefois une équipe paradoxale. Si la Rd Congo a atteint les phases à élimination directe lors de cinq de ses six dernières Can, elle reste l’équipe la plus souvent battue dans l’histoire de la compétition (30 défaites) et peine parfois à convertir sa domination en victoires, notamment en phase de groupes où les matches nuls abondent. Sa solidité défensive en qualifications (quatre clean sheets) et la diversité de ses buteurs constituent néanmoins des atouts majeurs.
Le Bénin, ambition contrariée
Pour le Bénin, la Can 2025 marque une cinquième participation, la troisième en Afrique du Nord. Les Guépards portent un fardeau statistique lourd ; aucune victoire en quatorze matches de phase finale dans le temps réglementaire. Pourtant, réduire le Bénin à cette donnée serait injuste. En 2019, les hommes de Gernot Rohr avaient défié la logique, restant invaincus en phase de groupes avant d’éliminer le Maroc aux tirs au but et d’atteindre les quarts de finale. Les éliminatoires ont confirmé un profil combatif avec deux victoires à domicile, deux nuls face au Nigeria et en Libye, et une qualification arrachée à l’issue d’un groupe disputé. Offensivement, Steve Mounié et Andreas Hountondji ont porté l’efficacité béninoise, tandis que la régularité de plusieurs titulaires témoigne d’une ossature stable.
Par ailleurs, les pronostics penchent nettement en faveur de la Rd Congo, forte de sa forme récente et de son héritage. Mais l’histoire récente de la Can rappelle que les chiffres ne suffisent jamais à écrire le scénario. Le Bénin, souvent dos au mur, a fait de la résistance et de la discipline ses armes. Entre la puissance congolaise et l’abnégation béninoise, ce premier choc du groupe D s’annonce comme un révélateur, où la vérité statistique devra composer avec l’imprévisibilité du football africain.
Guépards du Bénin