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Can Maroc 2025: Quand les statistiques révèlent les vrais rapports de force

Sports
Les statistiques dessinent les contours d’une compétition équilibrée, où la rigueur tactique n’a pas étouffé  le talent individuel Les statistiques dessinent les contours d’une compétition équilibrée, où la rigueur tactique n’a pas étouffé le talent individuel

Démarrée dimanche 21 décembre, la 35ᵉ édition de la Coupe d’Afrique des nations a refermé son premier acte sur un bilan statistique équilibré. En 36 rencontres disputées lors de la phase de groupes, 87 buts ont été inscrits, soit une moyenne de 2,41 réalisations par match et 29 buts par journée. Un rendement légèrement inférieur à celui de l’édition 2023 (89 buts), mais révélateur d’un tournoi où l’efficacité offensive se conjugue à une rigueur défensive.

Par   Abdul Fataï SANNI, le 02 janv. 2026 à 09h36 Durée 2 min.
#Can Maroc 2025

La première journée de la Coupe d’Afrique des Nations (Can) Maroc 2025, riche de 29 buts, a donné le ton avec des rencontres ouvertes et des favoris au rendez-vous, à l’image du Maroc, de l’Algérie ou du Sénégal, tout en enregistrant six clean sheets. La deuxième journée a marqué un léger ralentissement offensif (24 buts), traduisant des ajustements tactiques notables et une progression des blocs défensifs. Enfin, la troisième journée, décisive, a été la plus prolifique avec 34 buts inscrits et huit clean sheets, signe d’une maturité collective chez les équipes qualifiées. Sur les plans individuel et collectif, le Nigeria s’est distingué comme la meilleure attaque du premier tour avec huit buts, confirmant le potentiel offensif des Super Eagles. A l’inverse, les Comores et le Botswana ont quitté la phase de groupes sans la moindre réalisation, illustrant les difficultés persistantes de certaines sélections face au haut niveau continental. Défensivement, le Maroc, l’Algérie, l’Egypte, le Sénégal et la Rd Congo ont affiché une solidité remarquable, ne concédant qu’un seul but chacun, tandis que le Gabon, le Botswana et l’Ouganda ont souffert, encaissant sept buts.

Au total, 20 clean sheets ont été recensés sur l’ensemble du premier tour, répartis de manière progressive notamment six lors des deux premières journées et huit lors de la troisième. Ce chiffre traduit l’importance accordée à la discipline tactique et à la gestion des temps faibles, éléments déterminants dans une compétition aussi resserrée. Ce premier tour de la Can Maroc 2025 aura ainsi livré une photographie fidèle du football africain actuel. Et, à l’heure des phases à élimination directe, ces données statistiques dessinent déjà les contours d’un tournoi où la moindre approximation pourrait être fatale, et où l’équilibre entre audace offensive et solidité défensive s’annonce plus que jamais décisif.

Parcours sans faute

Au terme du 1er tour de la Can Maroc 2025, deux nations se sont distinguées par un parcours sans la moindre défaite. Il s’agit du Nigeria et de l’Algérie, seules équipes à avoir enchaîné trois matchs pour autant de victoires. Une performance qui confirme leur statut de sérieux prétendants, tant leur régularité a reposé sur un équilibre maîtrisé entre solidité défensive et efficacité offensive. A l’inverse, le groupe des équipes invaincues, plus fourni, témoigne d’un premier tour marqué par la prudence et le calcul. Le Maroc, le Mali, l’Egypte, le Nigeria, le Sénégal, la Rd Congo, l’Algérie, la Côte d’Ivoire et le Cameroun ont tous terminé la phase de groupes sans connaître la moindre défaite. Une statistique révélatrice d’un tournoi resserré, où la capacité à ne pas perdre s’est parfois avérée plus décisive que celle de gagner. Symétriquement, plusieurs sélections quittent ce premier tour sans la moindre victoire. Le Mali, 2e du groupe A (3 points), malgré trois matches nuls, a accédé aux huitièmes de finale, illustrant parfaitement la logique comptable d’une compétition où la constance peut suppléer l’audace. Les Comores, la Zambie, l’Angola, le Zimbabwe, la Tanzanie, l’Ouganda, le Botswana, la Guinée équatoriale et le Gabon, eux, n’ont jamais levé les bras, payant ainsi leur manque de tranchant offensif ou leurs fragilités défensives. Sur le plan des résultats marquants, le score de 3-0 s’est imposé comme le plus large écart de la phase de groupes, enregistré à quatre reprises. Le Sénégal face au Botswana, l’Algérie contre le Soudan, le Sénégal devant le Bénin et la Rd Congo face au Botswana ont signé ces démonstrations, symboles de la domination nette de certaines équipes. Enfin, avec dix matches nuls, dont quatre vierges, contre vingt-six victoires, ce premier tour a confirmé la tendance d’une Can de plus en plus tactique, où la gestion du risque prime souvent sur la recherche du spectacle. A l’orée des phases à élimination directe, ces enseignements statistiques dessinent déjà les contours d’une compétition où l’efficacité et la maîtrise émotionnelle feront la différence.

L’attaque séduit, la défense gouverne

Sur le plan offensif, le Nigeria s’est affirmé comme la référence de cette phase de groupes. Avec huit buts inscrits, les Super Eagles ont affiché une palette offensive variée et une constance remarquable sur l’ensemble de leurs sorties. Dans leur sillage, le Sénégal et l’Algérie, auteurs de sept réalisations chacun, ont confirmé leur statut de poids lourds continentaux, alliant puissance, vitesse et réalisme dans les zones décisives. Le Maroc et la Tunisie, avec six buts marqués, complètent le cercle des attaques les plus prolifiques, illustrant une capacité à faire la différence sans jamais se découvrir à l’excès. Cette efficacité offensive n’a toutefois pas éclipsé l’importance du travail défensif. Le Maroc, l’Egypte, le Sénégal, la Rd Congo et l’Algérie se distinguent comme les meilleures défenses du premier tour, avec un seul but encaissé. Une performance collective qui repose autant sur la discipline tactique que sur la solidité des derniers remparts, et qui rappelle que les grandes campagnes africaines se construisent d’abord sur une base défensive fiable. Mais à l’opposé, certaines sélections ont peiné à exister offensivement. Les Comores et le Botswana terminent la phase de groupes sans le moindre but inscrit, tandis que le Soudan, le Bénin et la Zambie n’ont trouvé le chemin des filets qu’une seule fois. Un manque de tranchant offensif qui a lourdement pesé sur leurs ambitions, malgré parfois des séquences de jeu encourageantes. Défensivement, l’Ouganda, le Botswana et le Gabon ont souffert, concédant chacun sept buts, quand la Zambie et la Guinée équatoriale en ont encaissé six. Ce premier tour confirme que la réussite passe par l’équilibre et que dans une compétition où les marges sont minces, la conjugaison d’une attaque efficace et d’une défense solide demeure la clé pour espérer aller loin.