La Nation Bénin...
Tenante du titre sous pression, la Côte d’Ivoire retrouve le Burkina Faso ce soir à Marrakech dans un huitième de finale à haut risque. Entre voisins aux forces équilibrées et souvenirs récents encore brûlants, ce derby ouest-africain s’annonce indécis, intense et chargé d’enjeux.
Il y a des affiches qui portent en elles bien plus qu’une qualification au troisième tour d’une Coupe d’Afrique des Nations. Le derby ouest-africain Côte d’Ivoire – Burkina Faso de ce mardi 6 janvier à Marrakech fait partie de celles-là. Sur terrain neutre, Éléphants et Étalons s’affrontent pour une place en quart de finale de la Can Maroc 2025. Deux voisins qui se connaissent par cœur, deux sélections aux trajectoires récentes contrastées mais aux ambitions intactes s’affrontent dans un combat qui s’annonce serré jusqu’au bout. Tenante du titre, la Côte d’Ivoire aborde ce rendez-vous avec le statut de favori… mais aussi avec une pression considérable. Triple championne d’Afrique, l’équipe d’Emerse Faé a terminé en tête du groupe F, mais sans véritablement rassurer. Le succès maîtrisé contre le Mozambique (1-0) et le nul face au Cameroun (1-1) ont laissé place à une victoire renversante mais révélatrice contre le Gabon (3-2). Menés 2-0 en 21 minutes, les Éléphants ont montré leurs failles défensives avant de révéler leur caractère et la richesse de leur banc. Ce scénario a mis en lumière les deux visages de cette sélection : des fragilités défensives parfois inquiétantes, mais aussi une force de caractère et une profondeur d’effectif capables de renverser n’importe quelle situation. Au cœur de cette animation offensive, Amad Diallo incarne la principale menace. Déjà auteur de deux buts dans le tournoi et retenu dans l’équipe-type de la phase de groupes de la Caf, l’ailier apporte créativité, percussion et efficacité. Autour de lui, Krasso, Zaha et Yan Diomande offrent des solutions variées, tandis que le milieu Kessié – Sangaré– Seko Fofana assure puissance et projection. Reste la question de l’équilibre défensif, mis à mal face à des transitions rapides, un secteur où le Burkina Faso excelle.
À l’inverse, le Burkina Faso avance avec moins de bruit mais beaucoup de constance. Deuxièmes du groupe E derrière l’Algérie, les Étalons n’ont perdu qu’un seul match dans le tournoi, sur un penalty de Riyad Mahrez. Le reste de leur parcours est marqué par une grande discipline collective et une efficacité pragmatique. Brama Traoré a bâti une équipe patiente, rarement mise en danger, qui sait attendre son moment avant de frapper. Aucune de leurs cinq dernières rencontres n’a vu le Burkina Faso perdre la seconde période, un signe fort de maîtrise émotionnelle. Défensivement, Edmond Tapsoba dirige une arrière-garde solide, bien protégée par un double pivot travailleur. Offensivement, les Étalons ne dépendent pas d’un seul homme. Lassina Traoré, Dango Ouattara, Aziz Ki ou encore Bertrand Traoré offrent des profils complémentaires, capables de déséquilibrer depuis différentes zones. La seule incertitude concerne le poste de gardien, Hervé Koffi ayant quitté le terrain à la mi-temps contre le Soudan, même si aucune blessure n’a été officiellement annoncée. L’histoire récente entre les deux équipes ne permet aucune projection facile. Entre 2021 et 2024, la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso se sont affrontés à quatre reprises, pour un bilan parfaitement équilibré : deux victoires de chaque côté, aucun match nul. Plus frappant encore, chaque succès est revenu à l’équipe évoluant à domicile, que ce soit en match amical ou lors des qualifications pour le Championnat d’Afrique des Nations, conclues par une qualification burkinabè aux tirs au but en 2024. Un précédent qui nourrit un léger avantage psychologique pour les Étalons, même si ce huitième de finale se disputera sur terrain neutre.
Un combat tactique
Sur le plan tactique, l’opposition de styles promet d’être passionnante. La Côte d’Ivoire devrait rester fidèle à son 4-3-3, articulé autour d’un milieu puissant avec Kessié, Sangaré et Seko Fofana, et d’une attaque riche en talents. Amad Diallo, incarne la principale menace créative ivoirienne. Sa capacité à éliminer, frapper de loin et créer le déséquilibre sera essentielle, d’autant plus qu’il sera épaulé par l’expérience de Krasso et Zaha, ainsi que par la percussion de Yan Diomande. Le Burkina Faso, de son côté, devrait s’appuyer sur son 4-2-3-1 bien rodé, avec une défense emmenée par Edmond Tapsoba, véritable patron de l’arrière-garde. Les Étalons misent davantage sur une menace collective que sur un seul finisseur. Ce Côte d’Ivoire – Burkina Faso s’annonce donc comme un véritable test de maturité. Les Éléphants devront prouver qu’ils savent gérer leur statut et leurs temps faibles, tandis que les Étalons tenteront de transformer leur solidité et leur discipline en exploit majeur. Au-delà de la rivalité régionale, c’est une place parmi les huit meilleures nations du continent qui se jouera, dans un duel où l’intensité, la patience et la lucidité pourraient faire la différence.
Des Etalons prêts à franchir un cap