La Nation Bénin...

Itinéraire d’un bâtisseur au service de la transmission: Maître Armand Luc Hounsou, la mémoire vivante du judo béninois

Sports
Du tatami de Porto-Novo aux scènes internationales, Maître Armand Luc Hounsou (Extrême gauche) incarne l’héritage  d’une discipline Du tatami de Porto-Novo aux scènes internationales, Maître Armand Luc Hounsou (Extrême gauche) incarne l’héritage d’une discipline

Maître Armand Hounsou appartient à cette lignée rare de bâtisseurs silencieux dont l’œuvre se construit patiemment à la croisée de la passion, de la rigueur et d’un sens aigu du devoir de transmission. 

Par   Abdul Fataï SANNI, le 16 janv. 2026 à 09h15 Durée 2 min.
#judo béninois #Armand Luc Hounsou

Figure tutélaire du judo béninois, expert consultant reconnu sur la scène internationale, Maître Armand Luc Hounsou incarne depuis plus d’un demi-siècle l’âme d’un judo structuré et profondément humain. Franco-béninois, natif de Porto-Novo, capitale politique du Bénin, Armand Luc Hounsou découvre le judo au début des années 1970, alors qu’il était élève au Lycée Béhanzin. A cette époque, le judo béninois n’en est qu’à ses débuts. Sa rencontre avec feu Maître Saka Seydou, pionnier de la discipline, a été un déclic. Sous l’autorité bienveillante mais ferme de ce maître respecté, le jeune Armand Luc s’initie à un art martial qui façonnera durablement son caractère et son rapport au monde. Après l’obtention de la ceinture verte, son parcours se poursuit au Samouraï Club de la Maison des jeunes de Porto-Novo où il gravit méthodiquement les échelons jusqu’à la ceinture noire. Très tôt, le judoka ne se contente pas de pratiquer. Il pense, structure et projette. Cette vision le conduit à fonder le Judo Club Les Dragons qu’il dirigera jusqu’en 1989. Sous son impulsion, le club s’impose rapidement comme une référence nationale, tant par la qualité de la formation dispensée que par l’excellence de ses résultats sportifs.

L’engagement de Maître Armand Luc Hounsou ne se limite pas au cadre du dojo. Il s’inscrit aussi dans l’édification institutionnelle du judo béninois. Son implication à l’Institut national de l’éducation physique et du sport (Ineeps), ainsi que ses fonctions au ministère de la Jeunesse et des Sports où il a la charge de l’encadrement des arts martiaux, témoignent de cette volonté de structuration durable. Nommé secrétaire général de la Fédération béninoise de Judo (Fbj), aux côtés de Maître Pierre Ogoudjobi et de feu Maître Saka Seydou, alors directeur technique national, il participe activement à une période charnière de l’histoire de la discipline.

Zone publicitaire

Exploit sportif

Sous cette impulsion collective, le tout premier championnat national de judo est organisé à Cotonou, au Hall des arts, loisirs et sports. Un événement marqué par la performance exceptionnelle du club Les Dragons de l’Ouémé, sacré dans les sept catégories engagées. Plus qu’un exploit sportif, cette réussite symbolise l’émergence d’un judo béninois désormais structuré, ambitieux et compétitif. Sur le plan international, Maître Armand Luc Hounsou représente dignement le Bénin lors de rendez-vous majeurs, tels que les Goodwill Games, un stage international de judo-sambo à Moscou en 1986, ou encore la première rencontre internationale Bénin–Togo organisée en 1990 à Porto-Novo. Ces expériences enrichissent sa vision technique et pédagogique, renforçant sa conviction que le judo est avant tout une école de vie.

Installé en France, il poursuit son œuvre comme professeur à l’Ecole clermontoise de judo à partir de 2012, tout en multipliant les actions de coopération en faveur de son pays d’origine à travers la création d’un dojo à Glazoué, les dotations en équipements, l'organisation de stages nationaux, et la contribution à la naissance du dojo national Bernard Ahouassou. Aujourd’hui encore, à Beauregard-l’Evêque et à Aubière, Maître Armand Luc Hounsou enseigne avec la même ferveur, fidèle à l’esprit du judo qu’il défend depuis toujours. A travers son parcours, se dessine le portrait d’un homme pour qui la réussite individuelle n’a de sens que si elle s’inscrit dans une œuvre collective. Un bâtisseur discret dont l’héritage continue d’inspirer le judo béninois, au pays comme dans la diaspora.

Zone publicitaire