La Nation Bénin...
Candidat à la présidence de la
Ligue de football professionnel du Bénin (Lfpb) à la tête de la liste « Vision
et Performance », Joël Debally expose sa vision pour un football béninois plus
structuré, attractif et performant. Professionnalisation de la gouvernance,
mobilisation de nouveaux partenaires, renforcement des ressources financières
des clubs et amélioration de la visibilité du championnat figurent parmi les
priorités de son projet.
La Nation : Vous êtes le
directeur général de Coton FC et vous briguez aujourd’hui la présidence de la
Ligue de football professionnel du Bénin. Qu’est-ce qui motive cet engagement à
l’échelle nationale ?
Joël Debally : Cet engagement
est avant tout guidé par une conviction forte : le football professionnel
béninois doit franchir un nouveau cap. À travers notre programme « Vision &
Performance », nous proposons de professionnaliser davantage, de structurer et
de valoriser la Ligue afin de la rendre plus crédible et plus performante.
Notre ambition est de mettre au service de la Ligue une approche basée sur
l’organisation, la transparence et la performance, afin de répondre
efficacement aux attentes des clubs et des acteurs du football. Au-delà de
cette vision, il y a aussi une dimension personnelle que je tiens à souligner :
la confiance que m’a accordée le président Lionel Talon. Cette confiance m’a
permis d’agir, de prendre des responsabilités et de progresser. Aujourd’hui,
elle m’engage à aller plus loin, au service de tout le football professionnel
béninois.
Fort de votre expérience de
terrain, quel diagnostic faites-vous de l’état actuel du football professionnel
au Bénin, tant sur le plan structurel que financier ?
Le constat est que notre
football fonctionne, mais il ne fonctionne pas encore comme une véritable
industrie. Plusieurs défis majeurs freinent son développement. D’abord,
l’organisation des compétitions reste perfectible. Les calendriers ne sont pas
toujours suffisamment stables, ce qui impacte la crédibilité du championnat et
complique la planification pour les clubs. Ensuite, la situation financière des
clubs est fragile. Ils dépendent encore trop souvent de subventions ou de
soutiens ponctuels, avec peu de revenus structurés issus du marketing, des
sponsors ou des droits de diffusion. Par ailleurs, la professionnalisation est
encore incomplète, du fait d’une structuration administrative insuffisante,
d’un manque de formation des dirigeants et d’outils de gestion encore limités.
Il faut aussi reconnaître un déficit de visibilité et de valorisation du
championnat, qui limite son attractivité auprès du public, des médias et des
investisseurs. Enfin, certains paramètres essentiels comme la qualité de l’arbitrage,
la sécurité dans les stades et l’expérience des supporters doivent encore être
renforcés pour hisser notre Ligue à un standard plus élevé. Mais malgré tout,
nous en sommes convaincus : le potentiel du football béninois est immense. Nous
avons des talents, des clubs engagés, un public passionné. Notre responsabilité
aujourd’hui est de transformer ce potentiel en une véritable valeur sportive,
économique et médiatique.
C’est précisément le sens de
notre programme : structurer, professionnaliser et valoriser durablement notre
football.
Votre liste est baptisée «
Vision et Performance ». Concrètement, quelle est la vision que vous portez à
travers cette équipe et ce label pour les années à venir ?
Notre vision est de faire de
la Ligue de football professionnel du Bénin une référence en Afrique. Elle
repose sur trois piliers essentiels : la rigueur organisationnelle, la solidité
financière et l’attractivité du spectacle sportif. « Vision et Performance »,
c’est donc un projet fondé sur des résultats concrets, une gouvernance moderne
et une ambition continentale.
Quelles sont vos priorités
pour rendre notre championnat à la fois plus attractif pour le public et plus
compétitif sur la scène continentale ?
Notre priorité absolue est
d’organiser un championnat professionnel bien structuré, respectant les dates
prévues et sans incident. C’est la base. Sans organisation crédible, il ne peut
pas y avoir de performance durable. Ensuite, nous allons évaluer le fonctionnement
actuel de la Ligue, aussi bien sur le plan organisationnel que sur celui des
ressources humaines, pour mettre en place une structure plus efficace, plus
réactive et plus professionnelle. En parallèle, nous renforcerons les piliers
du championnat : un calendrier respecté et une meilleure expérience dans les
stades. Au-delà du terrain, il faut aussi rendre notre football attractif
économiquement. C’est pourquoi, avec la Fédération béninoise de football, nous
travaillerons à attirer davantage de partenaires et d’investisseurs afin de
créer de nouvelles opportunités de développement et donner plus de moyens à
notre championnat. Enfin, la visibilité est un enjeu majeur. Nous voulons
améliorer la visibilité du football béninois en nous appuyant pleinement sur
les médias : radios, télévisions, journalistes sportifs. Nous développerons la
diffusion des matchs et des contenus, car aujourd’hui, un championnat fort est
aussi un championnat qui se voit et qui se raconte.
Le modèle économique des clubs
béninois reste fragile et très dépendant des subventions ou de rares mécènes.
Quelles réformes concrètes comptez-vous engager pour aider les clubs à
s’autonomiser ?
L’autonomisation des clubs est
au cœur de notre programme. Nous travaillerons sur plusieurs projets : la
signature de partenariats et de sponsors majeurs, la négociation des droits TV,
la création d’un fonds de soutien aux clubs et la modernisation de la
billetterie numérique.
Notre objectif est de
mobiliser plus de ressources financières pour la Ligue et les clubs afin de
garantir leur stabilité et leur développement.
Joël Debally, président de la liste "Vision et Performance"