La Nation Bénin...

Processus du retrait d’agrément à la FBF:Un coup de massue pour Augustin Ahouanvoébla et son équipe

Sports
Par   Maurille GNASSOUNOU A/R Borgou-Alibori, le 30 mars 2015 à 05h36

Le dernier Conseil des ministres a autorisé le ministre de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs, Idrissou Affo Safiou, à retirer l’agrément à la Fédération béninoise de football (FBF). Une telle décision qui constitue une première dans l’histoire du sport et du football au Bénin, suscite depuis son annonce dans la nuit du vendredi au samedi dernier, beaucoup d’interrogations.

La dissension qui oppose depuis quelques semaines le ministère de la Jeunesse, des Sports et Loisirs et la FBF, par rapport à la gestion du football béninois vient de prendre une autre tournure. A la faveur du dernier Conseil des ministres, le gouvernement a demandé au ministre Idrissou Affo Safiou de prendre ses responsabilités en l’autorisant à engager la procédure de retrait de l’agrément à la fédération. Selon certaines sources, ce sont les conditions dans lesquelles le Bénin s’est vu infliger deux ans de suspension de toutes les compétitions continentales au niveau des catégories d’âges par la CAF, qui n’aurait pas plu au gouvernement. Pour lui, ce serait trop facile d’admettre que le Bénin a été sanctionné pour faute administrative après avoir triché sur l’âge de ses joueurs. Tel un paquet de crotte reçu sur la tête, cette sanction qui discrédite à plus d’un titre le pays, ne saurait donc rester impunie. Mais encore faudrait-il situer les responsabilités. A cette situation est venue s’ajouter l’indisponibilité de l’instance fédérale à aider le ministre des Sports à concrétiser son appel à l’union de tous les acteurs du football béninois. Autant de griefs pour justifier cette décision qui a surpris les observateurs. Ce qui n’est pas le cas des responsables de la fédération qui avaient déjà vu la chose venir.
En effet, ne supportant plus les interpellations et autres interventions du ministre Idrissou Safiou Affo, qu’ils considérent comme des ingérences intempestives dans la gestion de la fédération et du football béninois, le président Augustin Ahouanvoébla et les membres de son bureau ont, il y a quelques jours, vite fait d’informer la FIFA. L’instance faîtière du football mondial, on se souvient, avait rappelé à l’attention de qui de droit, son principe sacro-saint de non-ingérence de l’Exécutif dans la gestion de la fédération.

Des implications d'une décision

Depuis vendredi 27 mars dernier, le gouvernement est passé à la vitesse supérieure, en demandant au ministre des Sports de retirer l’agrément à la FBF. C’est de son droit le plus absolu de décider de retirer ou d’accorder l’agrément à n’importe quelle fédération sportive. En dehors de la suite qu’il importe de donner à ce dossier, il ne devrait plus se poser de problèmes.
Si cet agrément venait à lui être retiré, la FBF et son bureau n’existeraient plus pour le ministère des Sports. Elle ne devrait plus être représentative du football béninois devant la FIFA et la CAF. Ses actions aussi ne devraient plus engager le ministère. Encore qu’elle n’aura plus le droit d’entreprendre quoi que ce soit dans le cadre de la promotion du football sur le territoire national. De même, le Bénin devrait commencer à mettre entre parenthèse sa participation aux éliminatoires de la prochaine CAN 2017 dont le tirage au sort aura lieu dans quelques jours.
C’est à croire que, parce que la décision ne lui a pas encore été officiellement notifiée, la fédération a fait jouer le week-end dernier, les matches de la 10è journée de la Ligue 1 et ceux de la 7è journée au niveau de la Ligue 2, qu’elle avait déjà programmés. Il restera certainement au ministère, à mettre une organisation en place pour gérer le football béninois en attendant le retour à la normale.
Le président Augustin Ahouanvoébla et les membres de son Comité exécutif chercheront-ils à engager le bras de fer avec l’autorité de tutelle ? Toujours est-il, qu’aussitôt après avoir appris la nouvelle, ils se sont réunis, samedi 28 mars dernier au siège de leur institution à Djassin, à Porto-Novo. C’était pour informer la FIFA et la CAF, puis attendre leurs instructions afin de savoir la conduite à tenir.