La Nation Bénin...
Le projet « Renforcement de la résilience sanitaire des communautés vulnérables aux changements climatiques dans la zone sanitaire ABD (Adjohoun, Bonou et Dangbo) » a été officiellement lancé, hier jeudi 3 septembre à Cotonou.
La lutte contre les effets du changement climatique prend une nouvelle dimension au Bénin avec le lancement officiel du projet SAP055. D’un coût global de 9 millions de dollars, soit environ 5,5 milliards de francs Cfa, cette initiative financée majoritairement par le Fonds vert pour le climat cible particulièrement la zone sanitaire ABD, située dans la vallée de l’Ouémé et composée des communes d’Adjohoun, Bonou et Dangbo. Cette zone est considérée comme particulièrement exposée aux inondations, à la variabilité saisonnière et à la hausse des températures. Des phénomènes qui ne sont pas sans conséquences sur la santé des populations. Selon Dr Apollinaire Démangnon Gnanvi, directeur général du Fnec, le changement climatique s’impose désormais comme l’un des déterminants majeurs de la santé publique. Les variations extrêmes de température, la recrudescence des inondations, la dégradation de la qualité de l’air et l’instabilité des saisons influencent, selon lui, la dynamique des maladies au sein des communautés. Le projet entend apporter une réponse aux principales pathologies dont la prévalence est susceptible d’être aggravée par les facteurs climatiques. Il s’agit notamment du paludisme, des infections respiratoires aiguës et des maladies cardiovasculaires. Pour Benjamin Hounkpatin, ministre de la Santé, les groupes vulnérables, notamment les enfants, les femmes enceintes, les personnes âgées et les populations à faibles revenus, sont particulièrement exposés. Les projections réalisées dans le cadre du projet montrent que leur vulnérabilité sanitaire pourrait s’accroître, quel que soit le scénario climatique considéré.
Le programme prévoit ainsi plusieurs interventions destinées à renforcer la capacité des communautés et des formations sanitaires à faire face aux risques. Il est notamment prévu la mise en place d’un centre de surveillance des risques climatiques et sanitaires. Celui-ci devra contribuer à améliorer la détection précoce des maladies et la gestion des urgences sanitaires. Les centres de santé bénéficieront également de systèmes d’approvisionnement en eau potable et en énergie solaire, ainsi que d’équipements biomédicaux adaptés. Ces investissements doivent permettre de renforcer la résilience des infrastructures sanitaires face aux perturbations liées aux changements climatiques.
98 000 bénéficiaires directs
Georges Alé, ministre du Cadre de vie et des Transports, chargé du Développement durable, a indiqué que le programme sera exécuté sur cinq ans pour un coût total de 9 millions de dollars, soit environ 5,5 milliards de francs Cfa. Près de 5 milliards de francs Cfa seront apportés par le Fonds vert pour le climat. La contribution directe du gouvernement béninois s’élève, quant à elle, à près de 600 millions de francs Cfa. Le projet devrait bénéficier directement à près de 98 000 personnes et indirectement à plus de 213 000 habitants de la zone sanitaire ABD. Au-delà des investissements dans les infrastructures sanitaires, le programme comporte un important volet communautaire. Il prévoit notamment des actions portant sur la gestion des eaux stagnantes, la promotion de bâtiments mieux ventilés et la valorisation des jardins botaniques médicinaux. La formation et le renforcement des capacités du personnel de santé, des relais communautaires et des acteurs locaux figurent également parmi les axes prioritaires. L’objectif est de permettre une meilleure anticipation des risques et une réponse plus rapide aux pathologies liées aux variations climatiques.
Les communes mises à contribution
La mise en œuvre du projet reposera également sur une forte implication des collectivités territoriales. Les maires et conseils communaux d’Adjohoun, de Bonou et de Dangbo sont appelés à jouer un rôle déterminant dans l’appropriation des différentes actions et leur déploiement auprès des communautés. Ils devront notamment contribuer à la diffusion des alertes et conseils adaptés, à l’installation et à l’animation des jardins botaniques médicinaux, ainsi qu’à la structuration des groupements de maraîchers, en particulier les femmes et les jeunes. Leur participation aux instances de décision est également encouragée. Pour le ministre Georges Alé, le projet constitue le fruit d’une collaboration entre les institutions publiques, les collectivités, la société civile et les partenaires internationaux. Il s’inscrit dans les priorités du Plan national de développement, du Plan national d’adaptation, de la Politique nationale de santé et des engagements du Bénin au titre de l’Accord de Paris.
Le gouvernement entend ainsi faire de l’expérience de la zone sanitaire ABD un modèle susceptible d’être reproduit dans d’autres zones vulnérables du pays. Pour le Fonds national pour l’environnement et le climat (Fnec), cette démarche traduit la nécessité d’une action concertée entre les secteurs de l’environnement et de la santé afin de mieux protéger les populations face aux effets croissants du changement climatique. Le lancement du SAP055 marque donc une nouvelle étape dans cette approche intégrée, avec l’ambition de faire de l’adaptation climatique un levier de prévention sanitaire et de renforcer durablement la capacité des communautés à faire face aux risques.
Apporter une réponse aux principales pathologies dont la prévalence est susceptible d’être aggravée par les facteurs climatiques