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Assassinat et pratiques occultes: La Cour d’appel condamne un accusé à perpétuité

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De nombreux dossiers en examen De nombreux dossiers en examen

La première session de la chambre criminelle de la Cour d’appel de Cotonou a rendu son verdict dans une affaire mêlant assassinat, détournement de fonds et accusations de pratiques occultes. Après réexamen du dossier, la juridiction a infirmé une précédente décision et condamné l’accusé principal à la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que son coaccusé écope de vingt ans de réclusion criminelle.

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 04 juin 2026 à 07h32 Durée 3 min.
#Lutte contre la criminalité

La Cour d’appel de Cotonou a tranché une affaire criminelle particulièrement sensible opposant plusieurs accusés poursuivis dans un dossier où se croisent soupçons de détournement, pratiques de charlatanisme et homicide. Réunie en sa première session criminelle, la juridiction a rendu une décision lourde de conséquences judiciaires, réaffirmant la gravité des faits reprochés aux mis en cause. Selon les éléments exposés devant la Cour, les accusés, désignés sous les lettres X, Y et Z afin de préserver l’anonymat, sont impliqués dans une affaire dont la victime, identifiée sous la lettre A, avait effectué un déplacement au Bénin le 3 décembre 2025 à la demande de son partenaire d’affaires X pour recouvrer des créances liées à une structure dénommée Cisa. Quelques jours après son arrivée, le corps sans vie de la victime avait été retrouvé dans un puits à Avlékété. Une découverte qui avait rapidement orienté les investigations vers un possible assassinat sur fond de conflit financier.

L’enquête a mis en lumière des soupçons de détournement de fonds ainsi que des échanges entre les accusés. Selon les investigations rapportées devant la Cour, X aurait demandé à Y d’attenter à la vie de la victime à travers des pratiques occultes, avant que celle-ci ne trouve finalement la mort au domicile de Y.

Des débats marqués par des versions divergentes

A la suite des faits, le procureur de la République près le tribunal de première instance d’Abomey-Calavi avait engagé des poursuites contre les suspects pour assassinat, pratiques de charlatanisme, association de malfaiteurs, abus de confiance et complicité. Une première décision rendue en matière criminelle avait conduit à leur condamnation, avant que les accusés ne saisissent la Cour d’appel. Au cours des débats, l’épouse de la victime est revenue sur les circonstances ayant conduit son conjoint au Bénin. Elle a soutenu que X avait récupéré puis détourné des fonds appartenant à son mari, établissant selon elle un lien direct entre les intérêts financiers en jeu et l’assassinat. Face à ces accusations, X a reconnu avoir recouvré auprès de débiteurs la somme de cinq millions de francs Cfa pour le compte de la victime, tout en affirmant avoir agi à l’insu de celle-ci. Il a déclaré avoir été agressé, en compagnie de A, par des individus non identifiés.

Pour sa part, Y a admis que X lui avait demandé d’attenter à la vie de la victime par des pratiques occultes, tout en niant avoir posé un acte relevant du charlatanisme. Il a toutefois reconnu avoir reçu de l’argent des mains de X et affirmé que ce dernier l’avait informé du décès de la victime. Les audiences ont également été marquées par les plaidoiries des conseils. L’avocat de Y a sollicité l’acquittement de son client, invoquant l’imprécision de la législation en matière de charlatanisme ainsi que l’absence d’entente criminelle établie avec X. La défense de X, quant à elle, a appelé la Cour à apprécier les faits avec objectivité et à ordonner des investigations complémentaires, notamment pour retrouver le nommé Z présenté comme le commanditaire présumé de l’agression.

Une décision plus sévère en appel

Après avoir examiné les pièces du dossier, entendu les réquisitions du ministère public et les arguments des différentes parties, la Cour d’appel de Cotonou a rendu une décision plus sévère que celle précédemment prononcée. Prononçant son délibéré, la juridiction a infirmé le jugement antérieur et condamné X à la réclusion criminelle à perpétuité, tandis que Y a été condamné à vingt années de réclusion criminelle. Selon la Cour, la gravité des faits et les éléments réunis au dossier justifient une telle décision. A l’annonce du verdict, les condamnés n’ont exprimé aucun remords, selon les indications rapportées à l’audience.

Cette affaire, marquée par l’entrelacement de mobiles financiers et de croyances occultes, remet en lumière la persistance de certaines pratiques criminelles où cupidité et manipulation se côtoient.