La Nation Bénin...
Trois militaires béninois se retrouvent devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).Poursuivis dans une affaire de trafic de médicaments falsifiés, ils sont soupçonnés d'avoir facilité la libération de cargaisons en contrepartie d'argent. Le ministère public a requis cinq ans de prison à leur encontre.
Selon l'accusation, des cargaisons de faux médicaments auraient été interceptées avant d'être remises en circulation contre rémunération. Les trois prévenus, tous militaires, sont soupçonnés d'avoir usé de leur position pour permettre à ces cargaisons de poursuivre leur chemin, une pratique que la Cour devra établir avant de se prononcer.
Cinq ans de prison requis
Lors de l'audience, le ministère public a
demandé à la Cour de retenir la responsabilité des trois militaires. Il a
requis une peine de cinq ans de prison contre chacun d'eux.
Ces réquisitions ne constituent cependant
pas une condamnation. Il appartient désormais aux juges de la CRIET d'apprécier
les éléments du dossier, les arguments de l'accusation et ceux de la défense
avant de rendre leur décision.
Les faux médicaments sévèrement réprimés
Au Bénin, le trafic de médicaments
falsifiés fait l'objet de lourdes sanctions. La loi n°2021-03 portant
organisation des activités pharmaceutiques prévoit notamment une peine de cinq
à dix ans d'emprisonnement pour la fabrication, l'importation, l'exportation,
la fourniture, le stockage, la distribution ou la vente de médicaments contrefaisants,
faux ou falsifiés.
La même peine est prévue pour
l'importation, l'exportation, le stockage, la distribution ou la vente de
médicaments effectués en dehors des procédures prévues par la législation.
Des hommes en uniforme face à la justice
Au-delà du trafic présumé, la qualité des
personnes poursuivies donne une dimension particulière au dossier. Les trois
prévenus appartiennent à l'armée, alors que les forces de défense et de
sécurité sont justement appelées à participer à la lutte contre différentes
formes de trafic.
La CRIET devra désormais déterminer leur
responsabilité individuelle dans les faits qui leur sont reprochés. En
attendant son verdict, les trois militaires restent présumés innocents.