La Nation Bénin...
De petits boîtiers noirs se
font de plus en plus remarquer sur les uniformes des policiers dans la
circulation à Cotonou. Certaines interactions entre policiers et usagers
peuvent désormais laisser une trace vidéo.
Dans la circulation cotonoise,
un conducteur de Tokpa-Tokpa contrôlé par un policier tend un billet de 2 000 F
Cfa. L’agent refuse. Impossible de savoir ce qui motive précisément ce refus.
Mais un détail attire l’attention, une caméra-piéton est fixée à son uniforme.
L’appareil rappelle qu’une partie des échanges entre policiers et usagers peut
désormais être enregistrée. C’est précisément l’un des objectifs du dispositif.
Un dispositif étendu pour
moderniser la sécurité publique
L'origine de l'usage de ces
équipements remonte au Conseil des ministres du 1er mars 2023, qui avait
autorisé l’acquisition de 500 appareils et du système informatique dédié.
Destinés à la Police républicaine et à la Douane, ils visent à prévenir les incidents,
recueillir des preuves et lutter activement contre la corruption.
Expérimentés dès 2024 à
Cotonou, Porto Novo et Parakou, ces équipements s’inscrivent dans le cadre
d’opérations spéciales de la police et d’opérations de contrôle de vitesse avec
radar. Aujourd'hui, les caméras font partie intégrante du matériel des agents
chargés de la circulation dans la capitale économique.
Dissuasion réciproque et
protection mutuelle
L’intérêt de ce boîtier
dépasse la simple surveillance des policiers. En documentant fidèlement les
interactions, il protège également les forces de l'ordre face aux accusations
infondées. Pour l’usager comme pour l'agent, la certitude qu'une scène peut être
enregistrée instaure une traçabilité inédite et exerce un puissant effet
dissuasif contre les comportements déviants ou les tentatives de corruption.
Son utilisation prend
également une dimension particulière dans la lutte contre le rançonnement et la
corruption sur les routes. Récemment, la hiérarchie de la Police républicaine a
de nouveau appelé les agents et les usagers à mettre fin à ces pratiques.
Cette présence vidéo
généralisée pose toutefois des questions juridiques cruciales. Qui peut
consulter les vidéos ? Combien de temps sont-elles conservées ? Un citoyen
a-t-il le droit de réclamer la séquence le concernant pour se défendre ? La
caméra-piéton transforme les contrôles de rue, mais l'utilisation effective de
ces enregistrements doit désormais s'inscrire dans un cadre légal et
transparent.
Caméras-piétons à Cotonou