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Gaani 2026: Massada, le don des femmes qui apaise l'empereur

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Le défilé du Massada évoque l’organisation de la communauté Le défilé du Massada évoque l’organisation de la communauté

Dans les sociétés Boo, Bissa et Tchienga, le Massada est non seulement une fête du beurre de karité mais aussi un acte sacré porté par les femmes. Gardiennes de la mémoire et médiatrices entre la nature et l’homme, elles transforment l’abondance de la terre en gratitude, en paix et en transmission. À travers la préparation et le défilé, le Massada évoque l’organisation d’un peuple et la force silencieuse de celles « qui donnent tout ». 

Par   Christian HOUNONGBE, le 28 août 2026 à 07h08 Durée 3 min.
#Gaani 2026

Dans les sociétés Boo, Bissa et Tchienga, la femme est plus que la gardienne du foyer.  Elle est protectrice de la vie, gardienne de la mémoire et médiatrice entre la nature et l’homme. C’est dans cet esprit que s’est inscrit le Massada, une manifestation populaire qui a mobilisé des dizaines de femmes dans les rues et au palais impérial de Nikki, mercredi 26 août dernier. « Lorsque la terre se montre généreuse et que les karités offrent leurs fruits en abondance, les femmes répondent par le Massa qui n’est pas seulement une fête», explique Cosme Orou Logouma, un fils du royaume de Nikki. Selon lui, c’est une reconnaissance, une célébration de l’abondance et une leçon d’humilité face aux forces invisibles qui gouvernent la nature. En effet, le Massada est marqué par un processus en deux phases: la préparation et le défilé. D’abord la préparation. Au cours de cette phase, les femmes s’organisent, prient, puis partent ensemble vers la brousse. Elles reviennent chargées de noix de karité, symbole de vie et d’espérance. Ensuite vient le défilé. C’est un acte collectif où chaque génération a sa place. La femme âgée guide, rassure et enseigne. Les jeunes femmes apprennent, portent, chantent et perpétuent. Les sages prient, les notables observent, et toute la communauté se rassemble.

Le beurre qui parle et la fable qui enseigne

Les poèmes transmis racontent cette femme Boo qui « marche sans boussole, mais avec l’âme droite ». « Elle broie lentement, sans machine. La femme transforme lentement. Le beurre ne parle pas. Mais il parle par son odeur. Cette odeur adoucit le roi ». « Le beurre éclaire la nuit. La nuit devient palais. Le palais devient paix », raconte le secrétaire de la Cour impériale. Dans "La Fable de Massada", le vieux Tambour rappelle à la Fourmi qui ricane que "ce beurre n’est pas qu’un gras de cuisine. Il est mémoire, feu, remède et discipline. Il éclaire la nuit, nourrit l’enfant, apaise les douleurs, honore les vivants." La "femme Bissa" prolonge ce portrait : parée de patience et de savoir ancestral, elle est "le baume qui apaise, la stabilité qui tient la famille debout, l’ombre fraîche où le guerrier repose". Sous son panier se cache l’histoire d’un peuple.  À travers le Massada, le beurre de karité devient symbole. Symbole du travail silencieux, de la patience et de la transmission. « Elle ne demande rien, mais elle donne tout. Elle donne tout, et c’est elle qui fait le roi. Sans la femme, il n’y a pas de victoire. Sans la douceur, il n’y a pas de force. Massada, c’est donc le don de la femme : un don de terre, de main, et de paix », raconte la légende.