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Le Certificat d’études primaires (Cep), premier diplôme du parcours scolaire, a démarré ce lundi 1er juin sur toute l’étendue du territoire national. À Cotonou, dans les centres de composition visités, les candidats ont affiché une sérénité remarquable malgré l’enjeu.
Lundi 1er juin, il est un peu plus de 8 heures dans plusieurs centres de composition de la ville de Cotonou. Sous un ciel clément des centaines d’écoliers prennent place dans les salles de classe des centres d’examen. Certains candidats feuillettent une dernière fois leurs cahiers tandis que d’autres échangent quelques mots avec leurs camarades. Mais les visages sont détendus. La peur souvent associée à ce premier examen national semble avoir laissé place à la confiance malgré que les parents soient tenus loin des salles de composition. Interdiction formelle leur a été faite de franchir le portillon des lieux de composition. À 8 h 30 précises, la première épreuve, celle de la lecture est lancée.
Cette année, selon les statistiques officielles, 286 995 candidats sont inscrits à cet examen. Parmi eux, 138 571 filles et 148 424 garçons. Les candidats sans difficultés majeures sont au nombre de 286 898, répartis dans 847 centres de composition. Quant aux candidats à besoins spécifiques, ils sont 97, dont 36 filles, répartis dans 13 centres. Au total, 860 centres accueillent les candidats sur l’ensemble du territoire national. Le taux d’inscription connaît une progression de 5,56 % par rapport à la session de 2025.
Une organisation maîtrisée dès les premières heures
Au centre de composition de Gbégamey-Sud, l’organisation est bien rodée dès les premières heures de la matinée. Mylène Souhé épouse Aïzo, chef centre, se montre rassurante. Pour elle, toutes les dispositions ont été prises afin que les candidats composent dans les meilleures conditions. « Pour ce qui est de l’organisation du Cep 2026, nous avons reçu à temps tout le matériel nécessaire. Les feuilles de composition, les enveloppes et tous les documents indispensables sont disponibles. Très tôt ce matin, nous sommes allés au commissariat du 11e arrondissement récupérer les épreuves de la journée », explique-t-elle. Son centre accueille 224 candidats dont 116 filles et 108 garçons. Une seule absence y est enregistrée. Après avoir effectué une tournée des salles avant le démarrage des compositions, elle dit avoir constaté la bonne préparation des candidats. « Quand j’ai sillonné les salles, j’ai trouvé des enfants prêts à affronter les épreuves. Cela montre que le travail accompli durant l’année scolaire a porté ses fruits. Ils sont venus confiants », affirme-t-elle.
Si les mathématiques constituent souvent la matière redoutée par de nombreux candidats, l’enseignante et responsable dudit centre reste optimiste. « Les mathématiques sont souvent perçues comme la bête noire des enfants. Mais grâce au travail effectué en classe, aux séances de renforcement organisées notamment avec l’appui de la mairie et au soutien pédagogique dont nous bénéficions, les candidats ont été bien préparés. Je crois sincèrement qu’ils vont s’en sortir », assure-t-elle.
Tous en sécurité !
Pour garantir le bon déroulement de l’examen, un important dispositif sécuritaire est déployé autour des centres. Les forces de l’ordre veillent au respect des mesures de sécurité avant, pendant et après les compositions. Le commissaire-major de police Épiphane Ayahoué souligne l’importance de cette mission. « Nos collaborateurs sont mobilisés pour sécuriser tout le processus du début jusqu’à la fin. Notre rôle est de garantir la tranquillité de tous les acteurs impliqués dans l’organisation de cet examen », indique-t-il. La surveillance ne se limite pas aux abords immédiats des centres. « Nous assurons la sécurité aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur des centres grâce à nos patrouilles. L’objectif est de prévenir toute situation susceptible de perturber le déroulement normal de l’examen et d’empêcher toute intervention de personnes malintentionnées», précise le commissaire-major.
Comme chaque année, les autorités administratives ont tenu à effectuer le déplacement dans plusieurs centres afin d’encourager les candidats. Le chef du 11e arrondissement de Cotonou, Georges Raymond Ayaovi, a ainsi multiplié les visites dans les centres de sa juridiction. Pour lui, cette présence revêt une forte portée symbolique. « C’est le premier jour du Cep et il est normal que les autorités soient aux côtés des enfants pour leur apporter un soutien moral. Nous voulons qu’ils sentent que toute la République est mobilisée derrière eux », explique-t-il. L’autorité locale insiste sur l’importance de cet examen dans la construction de l’avenir du pays. « Ces enfants représentent la relève de demain. Ils ont travaillé toute une année. Les parents ont fait d’importants sacrifices. Notre présence est une manière de leur dire que leurs efforts sont reconnus et que nous croyons en eux », poursuit-il.
Les parents également mobilisés
Dans les centres visités, plusieurs représentants de l'association des parents d’élèves suivent attentivement le déroulement des opérations. Madame Simone Capo-Chichi épouse Bankolé, représentante des parents d’élèves, affiche sa satisfaction. « Tout est en ordre. Les enfants sont arrivés à l’heure. Aucun retard majeur n’a été constaté. Avant les examens, j’ai pris l’habitude de passer dans les écoles pour vérifier les préparatifs et sensibiliser les parents », confie-t-elle. Elle souligne également que les inquiétudes liées aux intempéries ne se sont finalement pas matérialisées. « Nous craignions la pluie ce matin. Heureusement, elle n’est pas tombée. Les enfants ont pu rejoindre leurs centres sans difficulté. Cela a contribué à un démarrage serein », ajoute-t-elle. Victorin Adjanohoun, chef quartier de Saint-Jean Gbediga met en avant le travail de sensibilisation réalisé en amont. Selon lui, les chefs de quartier ont été fortement impliqués dans les préparatifs. « La mairie nous a mobilisés pour accompagner le déroulement des examens. Nous avons participé à certaines opérations d’organisation et nous avons surtout sensibilisé les populations », explique-t-il. Les équipes de sensibilisation ont aussi multiplié les contacts directs avec les familles avant le jour J. « Nous sommes passés de maison en maison pour rappeler aux parents l’importance de faire arriver les enfants à l’heure. Les résultats sont visibles aujourd’hui puisque les candidats sont venus très tôt », se réjouit-il.
Même sérénité à l’École urbaine centre de Cotonou 4
À quelques kilomètres de là, à l’École urbaine centre de Cotonou 4, l’ambiance est tout aussi rassurante. La chef centre, Afia Segbèmon épouse Gankpè fait état d’un démarrage sans incident. « Nous avons quatre salles de composition. Trois accueillent chacune 35 candidats et la quatrième, neuf candidats, soit un total de 114 inscrits », indique-t-elle. Sur cet effectif, une seule absence a été enregistrée. « Nous avons 113 candidats présents. Les épreuves ont été lancées à 8 h 30 comme prévu», précise-t-elle. Là encore, la sérénité des enfants retient l’attention. « Ils étaient très à l’aise. On ne sentait pas de peur particulière. Ils étaient sereins et concentrés. La première épreuve de lecture a bien démarré », constate-t-elle. Comme dans les autres centres, le matériel ici aussi est arrivé à temps et en quantité suffisante.
Au fil des visites dans les centres de composition de Cotonou, on se rend à l’évidence que l’examen a démarré dans des conditions globalement satisfaisantes. Chefs de centres, forces de sécurité, autorités administratives, parents d’élèves et responsables locaux, d’une même voix, saluent une organisation efficace et une préparation minutieuse. Pour ces 286 995 candidats qui franchissent une étape décisive de leur parcours scolaire, le Cep n’est pas seulement un examen. Il constitue le premier grand rendez-vous avec leur avenir. À Cotonou comme partout au Bénin, ce rendez-vous a commencé sous les meilleurs auspices.