La Nation Bénin...
La
Société de gestion des marchés autonomes (Sogema) a été dissoute, ce mercredi
26 juin, au terme du Conseil des ministres. Et c’est désormais l’Agence
nationale de gestion des marchés (Anagem) qui remplace cette société qui gérait
seulement les principaux marchés de Cotonou.
Avec
la création de l’Agence nationale de gestion des marchés (Anagem), la Société
de gestion des marchés autonomes (Sogema), qui avait sous sa tutelle les
marchés de Dantokpa, Ganhi et Gbogbanou, n’avait plus sa raison d’être. La
construction de nouveaux marchés sur toute l’étendue du territoire national et
l’opérationnalisation de l’Anagem ne pouvaient que logiquement entrainer la
disparition de cette société, autrefois objet de contentieux entre l’Etat
central et la mairie de Cotonou. Le dernier voulant qu’au nom de la
décentralisation, toutes les infrastructures marchandes lui soient transférées
par le premier. Une situation restée sans issue. Mais il n’est plus nécessaire
de revenir sur cette page sombre de la décentralisation puisque la Sogema
n’existe plus. En Conseil des ministres, ce mercredi 26 juin, il a été décidé
de sa dissolution. Par voie de conséquence, un liquidateur a été désigné aux fins
de gérer ses derniers jours notamment en ce qui concerne ses actifs et ses
passifs. L’Anagem récupère alors le patrimoine de la Sogema mais sa compétence
s’étend à tous les marchés du Bénin. Selon le Conseil des ministres, la
nouvelle agence peut faire recours à des compétences au niveau de la société
dissoute, selon ses besoins.
En fait, l’Agence nationale de gestion des marchés est l’agence mise en place par l’Etat du Bénin pour assurer la gestion des marchés dans le prolongement du Programme d’action du gouvernement qui prévoit la construction de marchés de détails, d’un marché de gros et d’un pôle commercial.
Compétences
élargies
L’Anagem est placée sous la tutelle du ministère de l’Industrie et du Commerce. Selon ses statuts et le décret 2022-394 portant sa création, elle a vocation à gérer les infrastructures marchandes de l’État et des communes, mettre en œuvre, sur tout le territoire national, la politique publique de gestion des marchés et équipements marchands, les travaux de développement et de maintenance desdits équipements. Elle est ainsi chargée de la gestion et du développement des marchés, de l’assistance à l’exploitation durable des marchés et équipements marchands suivant les normes établies en la matière, en concertation, le cas échéant, avec les communes d’implantation des marchés. Elle s’occupe aussi de la gestion des opérations dans les marchés, en ce qui concerne notamment l’organisation des différents secteurs, l’attribution des espaces, la collecte des redevances, la sécurité, la maintenance, l’entretien, les péages, la collecte et le traitement des déchets. L’Anagem a également les compétences pour la passation des marchés publics relatifs aux infrastructures marchandes, aux équipements et à leur exploitation, la sélection des opérateurs chargés de gérer les marchés et la gestion des mandats de délégation, l’identification et la mobilisation des partenaires et des ressources, et plus généralement toutes les opérations entrant dans l’objet social ou susceptibles d’en favoriser le développement.
Dans
la dynamique de l’entrée en fonction de l’Anagem, le gouvernement avait déjà
acté la contractualisation par entente directe avec la Société Semmaris pour
l’assistance technique à l’opérationnalisation de l’Agence nationale de gestion
des marchés (Anagem). Cette société qui accompagne ce processus, jouit d’une
expérience de plus de cinquante ans dans la gestion et l’exploitation de l’un
des plus importants marchés alimentaires de gros dans le monde, situé en région
parisienne et dénommé «Marché international de Rungis ». A ce titre, informait
le Conseil des ministres, elle a développé une expertise et un savoir-faire
unique lui permettant d’offrir l’assistance technique à l’opérationnalisation
de l’Agence nationale de gestion des marchés. C’est donc cette expérience
accumulée au long des années qui sera mise au service de la structure en charge
de la gestion des marchés construits par le gouvernement dans plusieurs villes,
pour une première phase.
Il
faut préciser que l’Anagem est créée en soutien au programme de construction de
35 marchés modernes urbains et régionaux, afin d’instaurer un cadre de
gouvernance pour assurer la gestion efficace de ces infrastructures marchandes,
en concertation avec les communes d’implantation. Le premier marché moderne,
celui de Cadjèhoun, est d’ailleurs mis en service. L'ouverture des autres est
déjà programmée pour les prochains jours.