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Le patrimoine culturel face au défi climatique: L'Université d'Abomey-Calavi ouvre le débat scientifique

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Anticiper les effets du changement climatique sur les richesses culturelles et naturelles du Bénin Anticiper les effets du changement climatique sur les richesses culturelles et naturelles du Bénin

Un colloque scientifique consacré aux enjeux de préservation et de promotion du patrimoine face au changement climatique, se tient du 3 au 5 novembre prochain à l’Université d’Abomey-Calavi. Une rencontre qui entend faire dialoguer science, culture, environnement et politiques publiques pour mieux protéger la mémoire collective.

Par   Isidore GOZO, le 04 nov. 2026 à 07h20 Durée 3 min.
#Changement climatique

Le patrimoine béninois est-il suffisamment préparé aux bouleversements climatiques ? Comment préserver les monuments, les sites archéologiques, les savoir-faire ancestraux et les traditions culturelles face à l’intensification des risques environnementaux ? Ces interrogations sont au cœur du colloque scientifique international ouvert ce mardi 3 novembre à l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), autour du thème « Le patrimoine, sa préservation et sa promotion à l’épreuve du changement climatique au Bénin ».

Organisée conjointement par l’Institut national des Métiers d’Art, d’Archéologie et de la Culture (Inmaac) et l’Institut national du Cadre de vie (ICaV), cette rencontre de trois jours réunit chercheurs, enseignants-chercheurs, experts, professionnels du patrimoine et acteurs institutionnels en vue d’anticiper les effets du changement climatique sur les richesses culturelles et naturelles du Bénin.

Représentant le recteur de l’Université d’Abomey-Calavi, le professeur Sylvain Dabadé a souligné, à l’ouverture des travaux, la dimension stratégique de cette problématique. Pour lui, le patrimoine dépasse largement la notion d’héritage historique. Il constitue la mémoire vivante d’un peuple, le socle de son identité et une source essentielle de créativité et de développement.

Palais royaux, sites archéologiques, musées, œuvres d’art, langues, rites, architectures traditionnelles et savoir-faire artisanaux composent cette richesse qui constitue au rayonnement culturel du Bénin. Mais cet héritage se trouve désormais confronté à des menaces croissantes notamment l’érosion côtière, les inondations, les fortes chaleurs, l’humidité, les vents violents et la transformation des paysages.

Face à cette réalité, le représentant du recteur a défendu que la protection du patrimoine et la lutte contre le changement climatique constituent un même combat pour la préservation de l’identité nationale et la construction de l’avenir.

Il a notamment plaidé pour le renforcement de l’inventaire et de la documentation numérique des biens patrimoniaux menacés, l’intégration des enjeux culturels dans les politiques d’aménagement du territoire, la promotion des techniques de conservation adaptées aux réalités locales et la valorisation des savoirs endogènes.

De la réflexion à l’action  publique

Le directeur de l’Inmaac, le professeur Romuald Tchibozo, quant à lui, a insisté sur la nécessité de repenser les approches traditionnelles de conservation. Selon lui, les changements climatiques ne constituent plus uniquement une problématique environnementale. Ils représentent également un enjeu culturel, scientifique et social.

Il a rappelé que les inondations, l’élévation du niveau de la mer, les températures extrêmes et les épisodes de sécheresse fragilisent aussi bien les monuments et les sites archéologiques que les matériaux traditionnels et les paysages porteurs de mémoire collective.

Pour le responsable de l’Inmaac, l’ambition du colloque est donc de dépasser le simple diagnostic afin de promouvoir une culture de l’anticipation, de la prévention et de la gestion durable des risques patrimoniaux.

La collaboration avec l’Institut national du Cadre de vie prend, dans cette perspective, toute sa pertinence. Elle permet de croiser les compétences des spécialistes du patrimoine avec celles des professionnels de l’environnement, de l’aménagement et de l'habitat.

Au-delà des échanges académiques, les organisateurs ambitionnent de faire émerger des recommandations concrètes susceptibles d’éclairer les politiques publiques. Les communications s’articulent notamment autour de cinq axes notamment les stratégies climatiques de préservation du patrimoine culturel, le cadre de vie, l’archéologie environnementale, le tourisme et la prévention patrimoniale, ainsi que le rôle des langues dans la transmission culturelle.

Conférences, ateliers scientifiques, projections de films, expositions de posters, présentations de résultats de recherche, table ronde et visite de terrain rythment les trois journées de travaux.

Pour l’Université d’Abomey - Calavi, cette initiative confirme le rôle de la recherche dans la réponse aux grands défis de société. Elle traduit également la volonté de faire de la connaissance scientifique un levier de décision, d’innovation et de développement durable.