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Luc Achille Oniloudé, directeur général de l’Atda 4: “La campagne agricole 2024 augure d’une meilleure production”

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Luc Achille Oniloudé Luc Achille Oniloudé

Quelques retards dans la pluviométrie font craindre des résultats peu reluisants pour la campagne agricole 2024-2025. Mais comptant avec les nombreuses mesures prises en amont, et relatées par Luc Achille Oniloudé, directeur général de l’Agence territoriale de développement agricole pôle 4, (Atda4), les fruits pourraient bien tenir la promesse des fleurs. 

Par   Arnaud DOUMANHOUN, le 15 juil. 2024 à 00h29 Durée 4 min.
#Luc Achille Oniloudé, directeur général de l’Atda 4

La Nation : Quelles sont les actions menées en amont pour la réussite de la campagne agricole 2024-2025 ?


Luc Achille Oniloudé : L’année dernière, il y a eu un déficit en Npk. Mais cette année, des cargaisons de Npk ont été réceptionnées par le ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, et mises à la disposition des producteurs. Ainsi, nous avons assuré la disponibilité en intrants, c’est-à-dire des semences. Pour la production d’anacarde, la projection était la mise à disposition des producteurs de 488 000 plants performants pour la campagne en cours, de même que la réhabilitation d’environ 1 000 hectares d’anciennes plantations. Pour le manioc, 1 224 331 tiges ou boutures certifiées sont mises à disposition des producteurs. C’est grâce à l’accompagnement du gouvernement qui a doté l’Agence de 250 millions francs Cfa pour compléter le budget, que l’Agence arrive à accompagner les producteurs de manioc afin qu’ils aient des tiges saines, des boutures saines, en vue de booster la production. En ce qui concerne le soja, cette année, nous avons réussi à décrocher un financement d’un montant de 100 millions francs Cfa pour accompagner la filière.

 

Ne craignez-vous pas que les difficultés de pluviométrie plombent vos efforts ?

 

Il faut aussi noter que la campagne passée, les perturbations au niveau de la pluviométrie ont fait chuter un peu les quantités surtout au niveau du maïs. La non stabilité des quantités de pluie a entraîné la réduction des tonnages au niveau de la région, ce qui, à coup sûr, a aussi entraîné la hausse des prix, parce que le marché, c’est l’offre et la demande. Mais pour la campagne 2024-2025, cela est corrigé par l’introduction des variétés à haut rendement qui permettent d’avoir rapidement du vivrier sur le territoire, afin de satisfaire les besoins, sans oublier que les éleveurs ont aussi ces matières à savoir le maïs, les tourteaux de soja pour nourrir leurs animaux. Avec les espèces hybrides introduites d’abord pour booster le rendement, sur la même superficie, si vous suivez les techniques, vous pourrez avoir quatre ou six fois la production. On est donc sûr qu’on pourrait atteindre les objectifs. On s’est positionné sur le maïs et le riz pour l’instant. Peut-être les années à venir, nous allons nous positionner sur le soja.

Quelles sont les filières qui sont du ressort du pôle 4 ? 

 

Il faut dire que c’est une Agence qui couvre 16 communes et dont la mission, comme celle de toutes les autres Agences de développement agricole, est d’assurer la promotion des filières agricoles. Au niveau du pôle 4, trois filières phares sont à promouvoir. Il s’agit de la filière anacarde, la filière manioc et la filière soja. Mais, d’autres filières qui soutiennent ces filières phares à savoir le maïs, la filière lait et viande, et œuf de table s’y greffent. Le pôle 4 se positionne également pour accompagner les transformateurs à travers la mise à disposition des équipements et matériels de travail. Pour la filière anacarde, nous accompagnons les producteurs d’amendes de cajou. Au niveau du soja, les petites unités sont appuyées à travers quelques équipements pour faciliter la production du fromage de soja, du lait de soja, et en ce qui concerne le manioc aussi, nous nous positionnons pour accompagner les transformateurs avec des équipements motorisés pour faciliter l’épluchage et autres.

Donc, l’Agence a travaillé à mettre en place un mécanisme, un protocole pour identifier les bénéficiaires, pour catégoriser les types de matériels, afin de permettre aux producteurs de quitter un niveau N pour un niveau N plus un. Nous accompagnons le transformateur lambda qui souhaite aller vers une unité plus professionnelle. Nous identifions le type d’équipements à mettre dans son système afin d’améliorer et de faciliter les techniques de transformation. Dans ce cadre, nous sommes en collaboration avec la Sonama qui a des équipements spécifiques. Ainsi, des tracteurs sont mis à la disposition de l’Agence pour faciliter la tâche aux producteurs, et ceci à des prix compétitifs. C’est pour vous dire que la campagne 2024 augure d’une meilleure production que celle de 2023, d’autant plus que les engrais spécifiques Npk, urée, etc., sont mis à disposition à temps, et les accompagnements techniques n’ont pas fait défaut.

 

Qu’en est-il du Conseil agricole?

 

Cette année, nous avons reçu une dérogation spéciale pour positionner des ressources sur le Conseil agricole. Le Conseil agricole avait aussi fait un peu défaut l’année dernière, mais nous avons obtenu une autorisation spéciale pour accompagner les acteurs. Donc, nous serons plus présents sur le Conseil technique spécialisé, c’est-à-dire le Conseil d’accès au marché, le Conseil de gestion des exploitations agricoles, le Conseil des organisations professionnelles agricoles. Je voudrais exhorter les acteurs à se positionner sur tout ce qui a été prévu par le gouvernement afin de pouvoir bénéficier de ces facilités et améliorer leur productivité pour la mise en marché des produits.

 

Quels sont les acquis de la campagne 2023-2024 ?

 

Pour ce qui concerne la filière anacarde, déjà pour la campagne 2023-2024, il a été produit 203844 tonnes de noix d’anacarde. Il a été mis en place 54 000 sachets de biofertilisants pour booster la production. Il a été aussi réhabilité près de 32 000 ha d’anciennes plantations. Pour ce qui concerne le soja, il a été produit 441 468,8 tonnes de soja sur le plan national. A ce niveau également, nous avons accompagné les producteurs avec les biofertilisants, soit 59 686 sachets. Au niveau du maïs, au niveau du pôle, il a été produit 256 341 tonnes de façon globale. Pour la filière manioc, il a été transformé, toutes catégories confondues, que ce soit gari, tapioca et autres, près de 3 990 041 tonnes de manioc.

 

Qu’avez-vous à dire pour conclure cet entretien?

 

Je voudrais demander aux producteurs de toujours se positionner pour capitaliser, utiliser tous les intrants mis à leur disposition par le gouvernement, à travers les subventions et d’être assurés qu’il y aura les techniciens qui vont les accompagner afin que les délais techniques soient respectés pour la réussite de chaque campagne.