La Nation Bénin...
Le Conseil des ministres du 4 novembre 2026 a approuvé le Programme d’action du gouvernement 2026-2033, baptisé « Le Bénin plus loin, ensemble». Trois défis majeurs, six filières motrices, une croissance moyenne attendue de 7,7 % et un financement privé à 55 %.
Le septennat a désormais son programme. Réuni mercredi 4 novembre dernier, le Conseil des ministres a approuvé le Programme d’action du gouvernement (Pag) pour la période 2026-2033, intitulé « Le Bénin plus loin, ensemble ». Le porte-parole du gouvernement en a exposé l’architecture. Le document devient la feuille de route de l’action publique jusqu’en 2033.
Il intervient un peu plus de cinq mois après l’entrée en fonction du président Romuald Wadagni, le 24 mai 2026. Le chef de l’État avait ouvert son mandat par des mesures sociales et affiché sa volonté de renforcer la transformation structurelle de l’économie. Le Pag doit inscrire cette action dans une démarche planifiée. Il succède au programme Bénin révélé, qui a couvert la décennie précédente.
Convertir la croissance en mieux-être
L’objectif principal est formulé en une phrase : intensifier le bien-être pour tous et partout au Bénin, en convertissant la croissance en retombées concrètes, sous forme de revenus, d’opportunités et de services. Le gouvernement dit vouloir passer du potentiel à la réalité, c’est-à-dire traduire les performances macroéconomiques en une amélioration perceptible dans chaque foyer. Le président place ainsi la prospérité partagée et durable au centre de son projet.
Le titre du programme porte, selon l’exécutif, une ambition inclusive : étendre le développement à chaque territoire, sans laisser personne de côté. Le porte-parole a résumé la doctrine présidentielle par une formule : « zéro exclusion, 100 % d’opportunités ». Le gouvernement entend, dit-il, bâtir un bouclier social et économique à la fois protecteur et dynamique.
Le Pag puise dans le projet de société présenté par le candidat Wadagni. Il s’adosse aussi aux deux documents de planification de référence du pays : la Vision Bénin 2060 Alafia et le Plan national de développement (Pnd) 2026-2035.
Trois défis, six filières
L’action gouvernementale s’organise autour de trois défis majeurs. Le premier est l’éradication de l’extrême pauvreté. Il repose sur l’articulation de la santé, de la protection sociale, du cadre de vie et des services essentiels de proximité, afin que chaque citoyen puisse s’épanouir quel que soit son lieu de résidence.
Le deuxième vise l’élargissement de la base productive et des opportunités. Le programme mise sur une transformation productive fondée sur la valeur locale, la diversification et la formalisation de l’économie, ainsi que sur la levée des contraintes logistiques, énergétiques et numériques.
Le troisième porte sur la consolidation de la gouvernance, de la cohésion et de la sécurité. Le gouvernement veut un État proche, efficace, protecteur et accessible, une action publique modernisée et une redevabilité renforcée. La justice, la sécurité et le rayonnement international figurent dans ce volet.
Le moteur économique du programme repose sur six filières dites locomotives : l’agriculture, l’industrie, le tourisme, la logistique, l’éducation et le savoir, et l’énergie. L’option revendiquée consiste à s’appuyer sur les avantages comparatifs du pays pour créer la valeur de demain. L’éducation et le savoir sont présentés comme le socle d’une industrie de pointe.
Des chiffres et deux phases
Le cadrage macroéconomique du Pag retient une croissance réelle moyenne de 7,7 % sur le septennat. Le déficit budgétaire global doit rester sous la barre de 3 % du Pib.
Le financement associe l’État et les opérateurs privés. Le secteur public apportera 45 % des ressources, le secteur privé 55 %. Le gouvernement fait de cette répartition le signe d’une alliance public-privé, dans laquelle l’investissement privé porte la majeure partie de l’effort.
L’exécution est découpée en deux phases. La première, dite de mise en service, couvre la période 2026-2029. La seconde, consacrée à la consolidation, ira de 2030 à 2033. L’ensemble doit s’appuyer sur des outils de redevabilité, selon une logique de gestion axée sur les résultats: chaque ressource investie devra produire un résultat mesurable.
Les territoires en fil conducteur
Deux leviers transversaux irriguent l’ensemble. Le premier est la territorialisation, que le porte-parole a présentée comme un fil conducteur cher au président Wadagni. Les interventions publiques seront adaptées aux atouts propres de chacun des six pôles de développement du pays.
Le second est la technologie. Le numérique doit accélérer la modernisation des services publics, la productivité, l’accès aux marchés et le pilotage stratégique de l’action gouvernementale.
Le détail des projets, leur coût global et la liste des indicateurs de suivi n’ont pas été présentés. Le programme fixe le cap et les grands équilibres. Sa première phase, qui s’achèvera en 2029, permettra de mesurer la part des engagements déjà traduite dans les faits.
Le Pag 2026-2033 entrevoit le Bénin plus loin avec l'ensemble de ses enfants